Re: Le fil des excellents articles d'opinion

Je suis contre les quota ethniques, quels qu'ils soient. Je suis justement beaucoup plus cohérent que toi, parce que je ne m'intéresse pas qu'aux quotas qui ne bénéficieraient pas aux gens de mon profil type. Je ne feins pas d'ignorer les quotas ethniques de discrimination positive auxquels je suis fondamentalement opposé. C'est la différence avec ton hypocrisie.

Et quand je faisais remarquer que les dirigeants de la FFF sont tous blancs, c'est au contraire très intéressant dans un milieu qui est composé en très grande partie d'anciens joueurs, lorsqu'on voit le profil des joueurs actuels. Oui FDL, le racisme s'observe aussi de cette façon et oui on peut raisonner en termes de couleur de peau, ça n'a rien d'interdit. Ca ne veut absolument pas dire qu'il faille mettre en place des quota ethniques (auxquels je suis opposé, j'espère que c'est bien compris), mais ça démontre qu'il y a un biais, de la même façon que les femmes constituent la majeure partie de certaines professions sans jamais  y parvenir à des postes de direction.

Concernant Anelka et Houiller, non évidemment je ne sais pas quels sont les propos qui ont été tenus et bien évidemment Houiller bénéficie d'une présomption d'innocence. Mais j'ai au moins la décence de ne pas qualifier une accusation de "délirante" sans fondement. Ca n'a pas l'air de te poser de problème alors que tu ignores tout des personnes dont tu parles et du sujet en question.

It ain’t what you don’t know that gets you into trouble. It’s what you know for sure that just ain’t so.

"Un terroriste ne mérite pas de mourir. Il mérite de vivre l'enfer. A perpétuité. Et seule la déchéance de la nationalité le permet." Greg

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Re: Le fil des excellents articles d'opinion

De la part d'un type comme Anelka dont on connaît les antécédents, non, je n'ai aucun scrupule, en effet.

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

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Re: Le fil des excellents articles d'opinion

Régis de Castelnau a écrit:

Orlando, Magnanville, de quoi le déni est-il le nom?

Une bonne partie de nos élites politiques rechigne à nommer la réalité. Osons l’écrire : les crimes d’Orlando et Magnanville ont été perpétrés par des islamistes. Et nous sommes bien en guerre contre eux.

La tuerie d’Orlando a brusquement relancé un jeu de rôle indécent et irresponsable. Mais surtout révélateur de ce qui travaille notre société face au défi islamiste.
La manif pour tous coupable ?

Les « faiseurs d’opinion » de la bien-pensance se sont précipités pour faire porter la responsabilité du massacre à ceux qui n’en pouvaient mais. Avec finalement un seul objectif, lui dénier tout caractère islamiste. Alors, au passage on a tapé sur ceux à qui on voue une haine totale, et dont on considère qu’ils sont pires que le diable, ces compatriotes qui rechignent devant la mondialisation austéritaire et le sociétalisme galopant. Vous savez ceux qui étaient opposés au mariage gay, qui ne veulent pas de la GPA, ont été choqués par les galopades sur les tombes de Verdun, et n’apprécient pas les éructations homophobes de Black M. Les fanas des heures sombres, quoi.

Le vainqueur du concours d’ignominies est cet élu EELV qui n’a pas hésité à twitter : «  La différence entre la Manif pour tous et #Orlando ? Le passage à l’acte». Pour l’accompagner, on a retrouvé la troupe des lyncheurs excités qui n’avaient pas de mots assez durs contre Monseigneur Barbarin et l’Eglise. Un islamiste se réclamant de Daech massacre 50 personnes dans une boîte homosexuelle, c’est évidemment de la faute de Christine Boutin et de Ludovine de la Rochère. Ces insulteurs-là ne veulent surtout pas que l’on aborde la question des motivations du tueur.

Les petits marquis de l’ultragauche, qui savent bien que cette position  est intenable, vont trouver une autre astuce pour exonérer l’islamisme et mettre les homos sur la défensive. On nous expliquera ainsi doctement sur la radio du service public que tout ça c’est quand même de la faute des homosexuels devenus «homonationalistes » et pratiquant un «racisme anti-musulman» (sic!).  On reste sans voix, estomaqué par un tel culot absurde, ce qui est probablement l’objectif recherché.
Peur de nommer l’islam

Du bout des lèvres, le Président de la République et le ministre de l’Intérieur ont bien voulu concéder qu’il s’agissait d’un acte terroriste. Mais on ne saura pas s’il est l’œuvre de l’ETA, de l’IRA, ou des Brigades Rouges. Un débat pénible sera lancé sur le fait de savoir s’il fallait parler de massacre homophobe ou de massacre islamiste. Les deux bien sûrs puisqu’il s’agit d’un crime islamiste ET homophobe. Et si l’on veut vraiment rendre compte de la réalité, la bonne formulation est : un attentat islamiste donc homophobe. Mais cela on ne l’entendra pas, par ce que ce serait blasphémer et stigmatiser une religion « de paix et d’amour ». Ce n’est pas la foi de la grande majorité des musulmans qui vivent leur religion paisiblement dans notre pays qui est en cause. Mais l’islam -et d’ailleurs plutôt « les islams »- qui est une religion organisée, dotée de textes qui jouent un rôle essentiel, avec une articulation des rapports entre le spirituel et le temporel qui lui sont propres. On doit bien constater que la condamnation de l’homosexualité, dont elle n’a certes pas le monopole, y prend encore des absolument terribles. Dix des pays où l’islam est religion d’État pratiquent la peine de mort pour les homosexuels, sans parler des courants intégristes puissants et riches qui inondent tranquillement les communautés musulmanes de prêches incitant à l’homophobie. Comme le démontre de façon extraordinaire la vidéo de l’imam d’Orlando justifiant la mise à mort des homosexuels. Une religion est aussi une idéologie, et l’islam intégriste d’aujourd’hui est une idéologie mortifère.
Un crime homophobe. Point.

Pour éviter de prendre ce problème de face, Jean-Luc Mélenchon nous aura gratifié d’un long texte chantourné commençant par cette phrase : «Ce n’est pas l’assassin qui donne son sens au crime, ce sont les victimes. Ils ont été tués parce qu’ils étaient homosexuels ». Pardon ? Cher Jean-Luc mesurez-vous l’inanité de cette proposition, et son caractère déplaisant ? Alors comme ça, la Shoah, la solution finale n’était pas un crime nazi, seulement antisémite ? L’assassinat des deux fonctionnaires de Magnanville serait seulement l’expression d’une haine  anti-flics ? Il faut être sérieux.

Alors pourquoi, ce déni, ce refus de caractériser, de dire les choses, d’expliquer le réel, et enfin de nommer l’ennemi. Car malheureusement, nous sommes en guerre, confrontés à une nouvelle forme d’agression menée par des gens dotés de moyens, disposant de territoires, pourvus d’une idéologie et qui poursuivent des objectifs précis. Et pourtant nous ne devrions pas la craindre, nos ennemis sont faibles, leur projet voué à l’échec, ils n’ont aucune puissance économique, aucune culture forte, aucun véritable projet autre que celui de faire triompher une idéologie folle. Leur seule force est notre peur, celle qui s’exprime dans ce refus de nommer l’ennemi.
Le remords de l’homme blanc

Il y a ceux qui craignent et on peut les comprendre, le défi que lance dans ces circonstances l’existence d’une forte communauté musulmane économiquement dominée et issue de pays que nous avons colonisés et avec lesquels les rapports ne sont pas toujours faciles. Ceux que  l’accusation de racisme tétanise, et qui sont travaillées, probablement à juste titre, par le remords de l’homme blanc. À cette culpabilisation-là, s’ajoute celle d’avoir importé une main-d’œuvre bon-marché que la disparition du travail rend difficile à assimiler.

Il y a aussi ceux qui finassent et jouent l’apaisement en se disant qu’après tout la nuisance du terrorisme, n’est pas si terrible, qu’elle permet de mettre en place des lois liberticides pour faire tenir tranquille les partageux, et surtout continuer les petit business lucratifs avec les émirats et l’Arabie Saoudite. Quand en plus c’est au travers d’un traditionnel alignement servile sur les États-Unis, c’est encore meilleur. Le gouvernement socialiste depuis 2012 y est particulièrement à son affaire. Alors oui, incontestablement dans la catastrophe qui frappe le Moyen-Orient, la France n’a pas les mains très propres

Il y a encore ceux qu’il serait excessif de qualifier de « collabos », mais qui se sont construits grâce à leurs postures, des petites niches matériellement, mais aussi symboliquement lucratives. Edwy Plenel étant évidemment le premier d’entre eux.
Une fois la guerre commencée…

Il y a enfin ceux que l’on appelle les « islamo-gauchistes », mais qui sont d’abord et avant tout des gauchistes de toujours. Armés  d’un dogmatisme sans faille, et au nom de concepts qu’ils n’ont pas compris, ils plaquent sur le réel des grilles d’analyse souvent absurdes. La phrase « vos guerres, nos morts » n’est finalement que l’écho de celle que leurs prédécesseurs lançaient aux résistants pendant la Deuxième guerre mondiale : « n’oubliez pas que sous l’uniforme SS, il y a un travailleur allemand ».

Pourtant à tous ceux-là, et aux autres, on rappellera ce que disait George Orwell le 8 mai 1940 deux jours avant l’offensive allemande contre la France.

« Une fois la guerre commencée, la neutralité n’existe plus. Toutes les activités sont des activités de guerre. Qu’on le veuille ou non, on est obligé d’aider son propre camp ou celui de l’ennemi. En ce moment, les pacifistes, les communistes, les fascistes, etc. aident Hitler. Ils ont tout à fait le droit de le faire, à condition de penser que la cause de Hitler est meilleure et d’en accepter les conséquences. Si je prends parti pour la Grande-Bretagne et la France, c’est parce que je préfère rejoindre les plus anciens impérialismes- décadents, -comme Hitler a raison de les  appeler- que les nouveaux, beaucoup plus sûrs d’eux-mêmes et donc beaucoup plus impitoyables. »

Une fois la guerre commencée, la neutralité n’existe plus, autre façon de dire que la barricade n’a que deux côtés. Et à ceux qui pensent que nous avons des responsabilités dans ce qui arrive Orwell répond également, et en fait même la clé de cet engagement nécessaire :

«Seulement, pour l’amour de Dieu, ne prétendons pas que nous nous lançons dans cette guerre avec des mains propres. Si nous voulons garder le droit de nous défendre, il faut que notre conscience se rende bien compte que nos mains ne sont PAS propres. »

http://www.vududroit.com/2016/06/orland … il-le-nom/

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

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Re: Le fil des excellents articles d'opinion

Hah. Le déni, c'est de nier que le fondement idéologique est le même entre les réacs religieux d'un camp ou de l'autre, entre les crétins de la Manif pour tous et le mec d'Orlando, ou entre Breivik et Le Pen. La différence, c'est que les Manif pour tous ou les Le Pen ne sont pas des révolutionnaires, ou bien ce sont des pleutres, ou bien ils ne sont pas autant déséquilibrés (ils le sont quand même un peu).

Faut assumer, les mecs.

Méga-mégalol sur l'idée qu'on ne "nommerait pas le problème". Allume ta télé, ouvre un journal, tu vas les trouver, tes éditos anti-Islam.
Et encore plus de lol sur la foule de points Godwin.

Et dire que ça ça va dans un thread dénommé "excellents articles d'opinion".

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016

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Re: Le fil des excellents articles d'opinion

Euh non, il n'y a absolument aucun point commun entre la Manif pour tous et les terroristes islamistes. Mais vraiment aucun.
Mais bon, on appelle au padamalgam alors qu'on ne se gêne pas pour en faire quand ça concerne les cathos.
Et l'on ne nomme pas le problème, en effet. Il suffit d'écouter les discours d'Obama et de Clinton.

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
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Re: Le fil des excellents articles d'opinion

Le Figaro a écrit:

Jacques Julliard : « Qu'est-ce que l'islamo-gauchisme ? »

FIGAROVOX/ARCHIVES - La gauche se divise sur le Burkini. L'historien Jacques Julliard dans ses carnets du Figaro avait livré une puissante réflexion sur l'islam et la gauche. Elle peut être éclairante dans le débat actuel.

Historien des gauches, éditorialiste à Marianne, Jacques Julliard est l'une des grandes figures de la vie intellectuelle en France.

Il y a un problème de l'islamo-gauchisme. Pourquoi et comment une poignée d'intellectuels d'extrême gauche, peu nombreux mais très influents dans les médias et dans la mouvance des droits de l'homme, ont-ils imposé une véritable sanctuarisation de l'islam dans l'espace politique français? Oui, pourquoi ces intellectuels, pour la plupart agnostiques et libertaires, se sont-ils brusquement pris de passion pour la religion la plus fermée, la plus identitaire, et, dans sa version islamiste, la plus guerrière et la plus violente à la surface du globe? Pourquoi cette étrange intimidation, parée des plumes de la morale? Pourquoi ne peut-on plus parler de l'islam qu'en présence de son avocat?

Le résultat est stupéfiant, aberrant. On vient en effet d'assister, en l'espace de deux ou trois ans, à la plus incroyable inversion de presque tous les signes distinctifs de la gauche, ceux dans lesquels traditionnellement elle se reconnaît et on la reconnaît.

    Longtemps, la laïcité fut pour la gauche le marqueur par excellence pour s'opposer à la droite.

Au premier rang d'entre eux, la laïcité. Longtemps, elle fut pour elle le marqueur par excellence pour s'opposer à la droite.

Or voici que brusquement, elle est devenue suspecte à une partie de l'extrême gauche intellectuelle, qui a repris sans vergogne à son compte les errances de Nicolas Sarkozy sur la prétendue «laïcité ouverte». Car la laïcité de papa, dès lors qu'elle s'applique à l'islam, et non plus au seul catholicisme, apparaît soudain intolérante, voire réactionnaire. Pis que cela, elle charrierait avec elle de vagues relents de revanche catholique! Depuis que l'Église s'y est ralliée, elle serait devenue infréquentable!

Or la République à son tour est devenue suspecte. N'a-t-elle pas une connotation presque identitaire, «souchienne» disent les plus exaltés, pour ne pas dire raciste? N'est-elle pas le dernier rempart de l'universalisme occidental contre l'affirmation bruyante de toutes les minorités? N'est-elle pas fondée sur ce qui rapproche les hommes plutôt que sur ce qui les distingue? Un crime majeur aux yeux des communautaristes.

    la République à son tour est devenue suspecte.

Il ne reste plus qu'à faire entrer le dernier suspect: c'est le peuple lui-même! N'est-ce pas Frédéric Lordon, un des porte-parole des Nuits debout (2 000 participants) qui attribue à son mouvement le mérite d'avoir «lavé» la place de la République de ses passions tristes, la commémoration officielle, la panique (un million de personnes)? Tout est dit, tout est enfin avoué.La récusation du peuple par les bobos, qu'ils soient modérés, façon Terra Nova, ou extrémistes, façon islamo-gauchiste, est un fait politique de grande importance, propre à transformer, selon le mot lumineux de Léon Blum, un parti de classe en parti de déclassés.

Il y a quelque chose d'insolite dans le néocléricalisme musulman qui s'est emparé d'une frange de l'intelligentsia. Parce que l'islam est le parti des pauvres, comme ils le prétendent? Je ne crois pas un instant à ce changement de prolétariat. Du reste, allez donc voir en Arabie saoudite si l'islam est la religion des pauvres. Je constate plutôt que l'islamo-gauchisme est né du jour où l'islamisme est devenu le vecteur du terrorisme aveugle et de l'égorgement.

    Il ne reste plus qu'à faire entrer le dernier suspect : c'est le peuple lui-même !

Pourquoi cette conversion? Parce que l'intelligentsia est devenue, depuis le début du XXe siècle, le vrai parti de la violence. Si elle préfère la Révolution à la réforme, ce n'est pas en dépit mais à cause de la violence. Sartre déplorait que la Révolution française n'ait pas assez guillotiné. Et si je devais établir la liste des intellectuels français qui ont adhéré au XXe siècle, les uns à la violence fasciste, les autres à la violence communiste, cette page n'y suffirait pas. Je préfère citer les noms des quelques-uns qui ont toujours témoigné pour la démocratie et sauvé l'honneur de la profession: Camus, Mauriac, Aron. Il doit y en avoir quelques autres. Je laisse le soin aux psychologues et aux psychanalystes de rechercher, dans je ne sais quel réflexe de compensation, une explication de cette attirance des hommes de plume et de parole pour le sang, en un mot de leur préférence pour la violence.

L'autre explication, je l'ai déjà suggéré, c'est ce qu'il faut bien appeler la haine du christianisme. Il est singulier de voir ces âmes sensibles s'angoisser des progrès de la prétendue «islamophobie», qui n'a jamais fait un mort, hormis les guerres que se font les musulmans entre eux, quand les persécutions dont sont victimes par milliers les chrétiens à travers le monde ne leur arrachent pas un soupir. Singulier que le geste prophétique du pape François, ramenant symboliquement de Lesbos trois familles de migrants musulmans, ne leur ait pas tiré un seul applaudissement. Ils ont abandonné la laïcité, mais ils ont conservé l'anticléricalisme. Pis, l'antichristianisme.

Quant à moi, qui continue de croire plus que jamais à la République, au peuple, à la laïcité, au Sermon sur la montagne, je ne laisserai jamais dire que cette gauche-là représente la gauche.

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/20 … chisme.php

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
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Re: Le fil des excellents articles d'opinion

Encore un excellent entretien de Mathieu Bock-Côté sur la domination de la gauche morale. On sait déjà tout ça mais c'est toujours bon à relire.

Le Figaro a écrit:

Mathieu Bock-Côté : «Pour la gauche française Christiane Taubira a un rôle quasi-prophétique»

FIGAROVOX/ENTRETIEN - L'ancienne Garde des Sceaux a accordé un entretien à Libération dans lequel elle donne sa vision du pays. Pour Mathieu Bock-Côté, Christiane Taubira est l'égérie de la gauche multiculturelle et progressiste.

Mathieu Bock-Côté est docteur en sociologie, chargé de cours aux HEC à Montréal et chroniqueur au Journal de Montréal et à Radio-Canada. Ses travaux portent principalement sur le multiculturalisme, les mutations de la démocratie contemporaine et la question nationale québécoise. Il est l'auteur d' Exercices politiques(VLB éditeur, 2013), de Fin de cycle: aux origines du malaise politique québécois(Boréal, 2012) et de La dénationalisation tranquille (Boréal, 2007). Son dernier livre, Le multiculturalisme comme religion politique, vient de paraître aux éditions du Cerf.

FIGAROVOX. - Christiane Taubira fait la couverture de Libération. L'ancienne garde des Sceaux est présentée comme une égérie et une autorité morale. Existe-t-il une gauche Taubira? Comment la définissez-vous? Que représente-t-elle dans le pays?

Mathieu BOCK-COTE. - Posons la question autrement: la gauche peut-elle aujourd'hui ne pas être taubirienne? J'entends par là que dans les pays occidentaux, la gauche idéologique, celle qui domine dans les universités, dans les médias, dans les tribunaux, est globalement acquise à l'idéologie diversitaire. Ces dernières années, on a vu des francs-tireurs émerger dans la vie publique et ils ont fait grand bruit. Ils transgressaient les codes du politiquement correct et on a fait sonner contre eux les sirènes d'alarme fêlés de l'antiracisme. On ne doit pas oublier, néanmoins, que ces dissidents sont très peu nombreux.

    La gauche multiculturaliste n'en finit plus d'accuser les uns et les autres de faute morale.

Le principal atout de cette gauche est moins politique qu'idéologique: elle maîtrise encore aujourd'hui les codes de la respectabilité médiatique. C'est elle qui décide si un commentateur est un homme éclairé ou si c'est un dangereux polémiste. C'est elle qui décide si un parti est républicain ou s'il est populiste: c'est elle aussi qui juge si un parti républicain dérive vers le populisme. En gros, elle a encore le pouvoir de tracer le périmètre de la respectabilité démocratique et fait tout ce qu'elle peut pour chasser ceux qu'elle considère comme des intrus: on le voit avec le mauvais sort réservé à Éric Zemmour ou à Alain Finkielkraut. La présence de Zemmour dans l'espace public est considérée comme un scandale. Il en allait de même de celle de Finkielkraut à l'Académie française. Et quand Macron va rencontrer Philippe de Villiers, on l'accuse d'avoir commis une faute de goût: on lui pardonnera peut-être, mais on lui reprochera de s'être sali. La gauche multiculturaliste n'en finit plus d'accuser les uns et les autres de faute morale. Elle distribue de telles accusations très généreusement.

    Ceux qui veulent être à gauche sont pris avec un gros problème : ils trouveront toujours plus à gauche qu'eux dans leur famille politique pour les accuser en fait d'être de droite.

Évidemment, on en trouve à gauche pour défendre la nation, l'autorité, l'héritage, la civilisation française: on parle de la gauche républicaine ou chevènementiste. Par ailleurs, c'est d'un politologue marqué à gauche, Laurent Bouvet, que nous vient l'analyse très fine de l'insécurité culturelle. Mais ceux qui assument cette position à gauche sont accusés de dériver à droite - la gauche n'est jamais parvenue à accepter la légitimité de la droite, elle la croit toujours en défaut d'humanité. Ceux qui veulent absolument être à gauche sont pris avec un gros problème: ils trouveront toujours plus à gauche qu'eux dans leur famille politique pour les accuser en fait d'être de droite. Il y a toujours de nouvelles réalités à déconstruire: celui qui ne veut pas suivre le mouvement passe à droite malgré lui. Pour rester à gauche, il faut donner régulièrement des gages. Manuel Valls en a fait l'expérience ces temps-ci avec la question du burkini: il est diabolisé dans son propre camp.

    L'offense pour la gauche, c'est de ne pas se rallier au grand récit de la culpabilité occidentale, qui justifie toutes les déconstructions. Tu ne discrimineras point, tel est le grand commandement.

Permettez-moi d'insister: la véritable offense pour la gauche, aujourd'hui, c'est de ne pas se rallier au grand récit de la culpabilité occidentale, qui justifie toutes les déconstructions. Tu ne discrimineras point, tel est le grand commandement de l'époque: on voudrait bien s'y rallier mais on comprend vite que la défense de la moindre différence passe désormais pour une discrimination. Et ceux qui refusent de réduire la France à un espace juridique et administratif neutre, historiquement désincarné et culturellement asséché, sont soupçonnés des pires sentiments et des nostalgies les plus inavouables. Assimiler les immigrés à la nation? On y verra du néocolonialisme à l'endroit des banlieues. Soyons attentifs au choix des mots: doit-on comprendre que la décolonisation ne s'achèvera que lorsque la France sera complètement dénationalisée? En fait, toutes les normes collectives sont passées dans le tordeur d'un nouvel anticolonialisme: c'est aussi le cas de la laïcité, soit dit en passant.

    Pour la gauche taubirienne, la diversité est l'horizon indépassable de notre temps. C'est en s'y convertissant que l'Occident trouvera enfin sa rédemption.

La gauche taubirenne prétend piloter un grand changement de civilisation. Pour la gauche taubirienne, la diversité est l'horizon indépassable de notre temps. C'est en s'y convertissant que l'Occident trouvera enfin sa rédemption, en se délivrant d'un héritage toxique, allergique à l'altérité, incapable de s'ouvrir positivement à la différence. Celui qui ne se reconnaît pas dans ce programme est accusé d'entraver la marche de l'histoire - au sens propre, c'est un réactionnaire. C'est le bois mort de l'humanité. On ne lui accordera pas trop d'égards.

Alors pour répondre directement à votre question, je dirais que la gauche taubirienne, qui est une gauche multiculturaliste convertie au fondamentalisme des droits de l'homme aura le haut du pavé dans les prochains temps: c'est en adoptant cette posture que la gauche française croit pouvoir maintenir ses acquis et reconquérir le terrain perdu. C'est en dramatisant les enjeux qu'elle croit pouvoir renverser une situation historique qui semble d'abord condamner la gauche à une véritable éclipse politique.

Plus la France semblera au bord d'un basculement vers une forme ou une autre de fascisme, plus la gauche taubirienne se présentera comme la seule capable de la sauver d'un aussi funeste destin. On entendra beaucoup parler, dans les prochains mois, des années 1930: ou voudra nous faire croire qu'elles reviennent. Encore une fois.

La garde des Sceaux dénonce la «violence» et le racisme, selon elle, sous-jacent de la droite et de la presse de droite à son égard. Une telle stratégie de victimisation peut-elle fonctionner?

    Le paradoxe de l'antiracisme, c'est qu'il racialise les rapports sociaux et pousse à la traduction du désaccord dans le langage du racisme.

Paul Yonnet l'avait noté dès le début des années 1990: le paradoxe de l'antiracisme, c'est qu'il racialise les rapports sociaux et pousse à la traduction du désaccord dans le langage du racisme. C'est ainsi que dans un monde occidental, si on veut disqualifier moralement quelqu'un et le condamner à un ostracisme médiatico-politique, il faut l'accuser de racisme. On notera, soit dit en passant, que la définition du racisme ne cesse de s'étendre au rythme où le véritable racisme s'éteint: la mouvance antiraciste ne voudrait pas être mise au chômage.

    Quand vous vous prenez pour le Bien et le Juste majusculaires, vous ne pouvez pas comprendre qu'on ne soit pas d'accord avec vous.

Par ailleurs, Christiane Taubira incarne bien ce qu'on pourrait appeler l'agressivité victimaire. Elle multiplie les invectives, elle écrase ses adversaires de son mépris, mais s'offusque d'être simplement combattue politiquement. Comment ose-t-on ne pas s'incliner devant une conscience aussi majestueuse? S'attendait-elle à ce que ses adversaires la remercie de les avoir corrigés? Quand on lui riposte, elle s'étonne et se demande de quel droit on la confronte aussi ouvertement. Quand vous vous prenez pour le Bien et le Juste majusculaires, vous ne pouvez pas comprendre qu'on ne soit pas d'accord avec vous. Évidemment, Christiane Taubira a subi des attaques odieuses. Mais elle n'est pas en droit de réduire l'hostilité qu'elle suscite aux quelques propos racistes dont elle a été victime.

Vous demandez si une telle stratégie peut fonctionner? Elle fonctionne déjà à gauche. Le grand entretien dans Libération confirme Christiane Taubira dans un rôle presque prophétique. C'est elle qui est invitée à donner le ton à la gauche de demain: la gauche a erré, elle saura, elle, la remettre sur le bon chemin, parce qu'elle n'aurait jamais trahi ses idéaux.

Christiane Taubira met en garde contre les divisions de la gauche qu'elle présente comme le dernier rempart contre l'extrême droite… Que cela vous inspire-t-il?

    Des forces obscures hanteraient les couches profondes de notre civilisation, et la droite voudrait les réveiller.

Quand on lit Christiane Taubira, on en arrive rapidement à la conclusion suivante: la droite, c'est le parti des salauds. Je la cite dans son entretien à Libération : «La droite fait commerce de l'anxiété, de l'angoisse, de la désespérance, c'est-à-dire d'un désespoir dynamique qui se renouvelle, s'entretient. La droite en fait commerce lucidement et cyniquement». Elle a manifestement perdu son art de la nuance lors de cet entretien. Des forces obscures hanteraient les couches profondes de notre civilisation, et la droite voudrait les réveiller. Parlons-nous toujours de politique, ou décrivons-nous un film d'horreur?

    La gauche a psychologiquement besoin d'affronter l'extrême-droite Pour se donner un supplément d'âme, elle a besoin d'un monstre à terrasser.

Il y a une psychologie du progressisme qu'il faudrait prendre la peine d'étudier. La gauche a psychologiquement besoin d'affronter l'extrême-droite ou ceux qu'elle imagine hypnotisée par ses sorciers pour exister. La gestion prosaïque des affaires courantes ne la satisfait pas moralement, ce qui peut se comprendre puisque la politique est une activité existentielle. Alors pour se donner un supplément d'âme, elle a besoin d'un monstre à terrasser. Le camp du bien a besoin d'avoir en face de lui le camp du mal. La gauche taubirienne a besoin de cette surexcitation morale pour agir politiquement. Elle n'est pas étrangère au fanatisme: c'est souvent ce qui arrive quand on croit avoir le monopole de la vertu.

    C'est l'éternel retour de l'antifascisme, qui n'a plus besoin de fascisme à combattre pour se lancer en croisade.

C'est l'éternel retour de l'antifascisme, qui depuis longtemps, n'a plus besoin de fascisme à combattre pour se lancer en croisade. Évidemment, le vocabulaire évolue (on parle moins de fascisme, aujourd'hui, que du populisme, ou d'un esprit réactionnaire, qu'on accable de phobies) mais l'ennemi à abattre demeure mentalement le même. Il faudra faire un jour l'histoire des personnalités politiques et des intellectuels qui ont été fascisés d'une manière ou d'une autre par la gauche idéologique: on y trouverait bien des hommes comme le général de Gaulle, Winston Churchill, Raymond Aron ou Soljenitsyne qui ont pourtant incarné admirablement la défense des plus hautes vertus de la civilisation. On en trouverait bien d'autres.

Elle accuse également la droite de s'identifier à l'extrême droite…

    Dans l'esprit d'une certaine gauche, la division entre la droite et l'extrême-droite est artificielle : la première avancerait masquée, la deuxième n'aurait même pas honte de ses passions hideuses.

Dans l'esprit d'une certaine gauche, la division entre la droite et l'extrême-droite est artificielle: la première avancerait masquée, la deuxième n'aurait même pas honte de ses passions hideuses. Et toujours, la première serait tentée de céder à la seconde, d'aller la rejoindre sur ses terres, de se soumettre à ses obsessions. Il y aurait un continuum de l'horreur: la droite y serait simplement un peu moins avancée que l'extrême-droite. Mais fondamentalement, la droite serait occupée à exploiter cyniquement ou avec conviction la moins belle part de l'être humain: elle mènerait une politique régressive, à laquelle il faudrait faire barrage par tous les moyens. La droite déshumaniserait l'homme.

Notez une autre formule couramment utilisée: on dénonce souvent la droite décomplexée. Qu'est-ce à dire? Que la droite ne serait admissible dans la cité qu'à condition d'être complexée? Qu'une droite décomplexée serait une droite décivilisée? Ou encore, qu'une droite décomplexée ne serait rien d'autre que l'extrême-droite? La droite n'est-elle que l'extrême-droite avec un corset? Et d'où doit donc venir ce complexe qui contiendrait la moins belle part, sinon de la gauche, à qui on confie une mission civilisatrice? Et quand on dit d'un homme qu'il est très à droite, c'est une manière de dire qu'il est trop à droite - c'est-à-dire trop éloigné de la gauche. C'est seulement dans la mesure où la droite sera sous la tutelle morale et philosophique de la gauche qu'elle sera admissible dans la cité. Sans cela, il faudrait la refouler dans ses marges.

    La gauche ou la droite ne devraient pas être connotés positivement ou négativement, mais devraient seulement désigner des traditions politiques reconnaissant mutuellement leur légitimité.

La seule droite moralement admissible dans la cité est celle qui a renoncé à toute forme de conservatisme. C'est celle qui a intériorisé les prescriptions morales de la gauche et qui leur adjoint une préoccupation comptable: l'homme qui occupe ce créneau, la gauche dira qu'il représente la droite humaniste, celle qui devrait donner des leçons à son propre camp. Je vous laisse décider qui on peut entrer ou non dans cette case.

Mais j'y reviens: on voit encore ici à quel point le débat politique est piégé dans les catégories sémantiques venues de la gauche. On ne voit pas trop comment en sortir. Théoriquement, la gauche ou la droite ne devraient pas être connotés positivement ou négativement, mais devraient seulement désigner des traditions politiques reconnaissant mutuellement leur légitimité. Il n'en est pas ainsi dans la réalité.

Mais une chose me semble certaine: la droite, si on veut à tout prix l'appeler ainsi, pour exister, doit cesser de quêter à la gauche un certificat de respectabilité et assumer sa propre tradition intellectuelle: c'est-à-dire qu'elle devrait assumer une anthropologie des limites, un désir de transmission culturelle et un attachement à l'héritage historique d'un peuple. Elle devrait aussi témoigner d'une conception tragique de l'histoire et renouer avec un certain sens de la verticalité sans lequel la souveraineté est condamnée à l'impuissance. Au fondement de tout, elle définit l'homme comme un hériter, et refuse cette étrange idée selon laquelle il devrait se désincarner pour s'émanciper. La droite sans le conservatisme historique n'est rien d'autre qu'une gauche qui prétend mieux savoir compter que les socialistes.

Il y a une semaine Julien Dray déclarait que François Hollande doit être «le candidat de la France métissée» face au «bloc réactionnaire». La gauche est-elle en train de réactiver sa stratégie des années 80 qui reposait sur deux piliers: antiracisme et diabolisation de l'adversaire. Cela peut-il fonctionner?

    Pour détourner une formule de Cioran, on dira de la droite qu'elle a souvent l'allure d'un frondeur paralytique.

Cela peut fonctionner, car la conversion conservatrice de la droite n'est pas profonde: elle peut encore se laisser intimider facilement. Je devine qu'ils sont nombreux, à droite, à apprécier les discours musclés de Nicolas Sarkozy, mais combien croient vraiment l'ancien président de la République? Sont-ils nombreux à le croire sincère? La droite, à plusieurs reprises depuis cinquante ans, a capitulé devant l'hégémonie idéologique du progressisme. Et même quand elle se permet quelques audaces rhétoriques, elle s'empresse de les neutraliser dès qu'elle entre aux affaires. Pour détourner une formule de Cioran, on dira de la droite qu'elle a souvent l'allure d'un frondeur paralytique.

    La seule stratégie pour la gauche multiculturaliste, terranoviste, c'est d'hystériser le débat public.

Mais allons plus loin: la seule stratégie pour la gauche multiculturaliste, terranoviste, c'est d'hystériser le débat public. L'État de droit est en danger, les libertés publiques sont compromises, les immigrés sont persécutés: seule la gauche peut sauver la France de la déchéance morale. Il s'agit de polariser à l'extrême la société en la divisant en deux blocs irréconciliables: celui de la lumière contre celui de la noirceur, celui du vivre-ensemble contre celui du rejet de l'autre, celui de la diversité heureuse contre celui de l'homogénéité forcée. Reste à voir dans quelle mesure le système médiatique a encore une emprise sur les mentalités et les comportements politiques. On devine qu'elle est encore grande.

Les attentats en série qui touche la France depuis deux ans ont-ils bouleversé la donne? En quoi?

    Il n'est plus possible de faire croire que l'islamisme ne menace pas la France, ou que l'immigration massive est une chance formidable qu'il s'agit simplement de saisir.

Il n'est plus possible de faire croire que l'islamisme ne menace pas la France, ou que l'immigration massive est une chance formidable qu'il s'agit simplement de saisir. Ceux qui s'entêtent à tenir néanmoins un tel discours sont méprisés par le peuple - le discrédit des médias en témoigne. Ceux qui refusent de nommer la guerre dans laquelle nous sommes collectivement engagés comme civilisation voient leur crédibilité fondre très rapidement. Le déni de réel a ses limites et il existe encore dans notre monde des hommes non-réformés, qui voient ce qu'ils voient et qui ne reconnaissent pas dans l'aveuglement une vertu. La France est attaquée, elle est le théâtre d'un affrontement qui engage tout l'Occident. Elle cherche, péniblement, à se défendre. Elle renoue avec la part la plus tragique du politique.

Qu'est-ce qui a changé? Les passions fondamentales irriguent à nouveau la cité. Ceux qui s'imaginent gagner une crédibilité politique en misant tout sur les questions économiques et sociales se discréditent sans même s'en rendre compte. Il y a des limites à se montrer étranger au contexte historique. Les Français sentent leur pays menacé par la guerre civile, leur civilisation compromise et pendant ce temps, on en trouve pour les traiter de paranoïaques, pour les traiter de fous. On chantera peut-être leurs louanges dans les journaux bien réputés: ils échouent le test de l'histoire. Ceux qui s'entêtent à pratiquer une politique strictement gestionnaire et refusant d'embrasser la question identitaire se rendent coupables d'une faillite morale. La question identitaire n'a rien d'une illusion entretenue par des démagogues: à travers elle, c'est la question des fondements d'un pays qui se pose. Que faire d'un peuple français qui ne se croit pas interchangeable avec un autre pays et qui entend conserver son mode de vie, sa culture, et qui entend poursuivre son histoire?

En 2012, La stratégie Terra Nova qui préconisait au PS de privilégier les jeunes, les femmes et surtout les minorités au détriment des ouvriers avait réussi à Hollande. Peut-il reproduire cette stratégie aujourd'hui?

    Une bonne stratégie électorale suppose d'abord et avant tout une certaine acuité sociologique.

Une autre stratégie est-elle possible pour la gauche? Une bonne stratégie électorale suppose d'abord et avant tout une certaine acuité sociologique. Et le fait est que les classes populaires ont largué la gauche, et à quelques exceptions près, la gauche s'en fiche - rares sont ceux qui sont encore sensibles à la mythologie ouvriériste. Le monde ouvrier n'est plus sa base sociale depuis longtemps: depuis la fin des années 1960, en fait, elle a constaté la défection des classes populaires, qui demeurent accrochées à une conception protectrice de la politique. Elle n'hésite pas à pratiquer le mépris de classe, d'ailleurs. Le peuple serait rongé par des passions noires. Mieux vaut le voir se perdre dans la protestation populiste: il se condamne ainsi aux marges de la cité et à l'impuissance politique. Sur le fond des choses, la France périphérique espère une restauration de la nation et des cadres civilisateurs abandonnés depuis trop longtemps: elle réclame une politique conservatrice mais personne ne veut vraiment lui offrir. Pour reprendre l'analyse de Vincent Coussedière, le peuple est en dissidence.

    La France périphérique réclame une politique conservatrice mais personne ne veut vraiment lui offrir. Pour reprendre l'analyse de Vincent Coussedière, le peuple est en dissidence.

Mais je le redemande: la gauche peut-elle faire autrement? François Hollande se convertirait demain à la critique féroce du multiculturalisme, qui le croirait vraiment? S'il disait comprendre que la souveraineté nationale est indispensable et qu'il veut conséquemment suivre à sa manière l'exemple du Brexit, il susciterait l'hilarité générale. Ne soyons pas de mauvaise foi: François Hollande, bon tacticien politique, croit au primat du socio-économique sur l'historico-identitaire. Peut-il mener une autre stratégie? Et puisque la question identitaire s'impose malgré tout, il en revient donc à l'imaginaire fondateur du progressisme: la défense de la démocratie contre la vague réactionnaire qui toujours, menacerait ses acquis et la défense de l'avenir contre la nostalgie du passé. François Hollande aurait peut-être été un honorable président de temps de paix. Les circonstances ont voulu qu'un homme avec son tempérament et ses convictions ne cadrait pas avec les exigences de l'époque. Il faut moins le maudire, je devine, que s'en désoler.

Assiste-t-on au retour ou au contraire au crépuscule de l'idéologie multiculturelle?

L'idéologie multiculturaliste est aujourd'hui contestée médiatiquement par quelques francs-tireurs, mais elle demeure dominante, ne nous faisons pas d'illusion. Elle ne revient pas sur la scène: elle ne l'a jamais quittée. Néanmoins, malgré ses contradictions, la France résiste au multiculturalisme: cela, le monde entier le comprend. Certains s'en réjouissent, d'autres s'en désolent, mais on sent bien que la France est le théâtre principal d'un grand affrontement qui porte sur la définition même du monde occidental. La France demeure la nation politique par excellence.

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/20 … sation.php

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

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Re: Le fil des excellents articles d'opinion

On remercie Bock-Côté de nous rassurer : le racisme, le vrai racisme, ça n'existe plus vraiment. D'ailleurs, est-ce que ça a vraiment existé ? L'esclavage, c'était pas vraiment raciste, en fait, puisqu'il y avait des esclaves blancs.

Pis c'est vrai, faut pas hystériser le débat, faudrait même qu'on ferme un peu sa gueule sur tous ces sujets, c'est pas très important et on s'en branle, arrêtez de me faire chier.

J'adore aussi comment le mec se réclame du peuple et tout. C'est assez magnifique et ça illustre bien les différents complexes qui le rongent.

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016

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Re: Le fil des excellents articles d'opinion

Le toujours excellent Christophe Guilluy.

Le Point a écrit:

Christophe Guilluy : "Nous allons vers une période de tensions et de paranoïa identitaire"
C'est l'un des essais les plus décapants de la rentrée. Interview du géographe auteur du livre "Le Crépuscule de la France d'en haut".

Pour Christophe Guilluy, "derrière le revenu universel, il y a l’idée que le Français d’en bas veut profiter du système et ne pas travailler. C’est un mépris de classe ! Les gens modestes ne veulent pas tendre la main".

Que les politiques en campagne, ou sur le point de l'être, jettent au feu leurs programmes devenus obsolètes à peine imprimés. On leur conseille vivement la lecture du dernier livre de Christophe Guilluy, Le Crépuscule de la France d'en haut (Flammarion). Cet essai peut faire office de boussole. Les politiques y verront tout ce qu'ils ignorent sur la France périphérique et tout ce qui explique les raisons de l'abstention et du vote FN. Les responsables de gauche ne sont pas épargnés par le géographe, qui leur impute les ravages du discours sur l'ouverture et le multiculturalisme au sein des classes populaires, lesquelles idées valent toujours pour les autres et jamais pour eux, socialistes et représentants bobos de la France métropolitaine. Entretien.

Le Point.fr : Dans ce livre, vous ringardisez le concept de l'élite au sens classique, c'est-à-dire issue de l'ENA, que Bruno Le Maire voudrait supprimer. Vous insistez davantage sur le rôle néfaste d'une nouvelle bourgeoisie, les bobos, se voulant supérieurs moralement et puissants du fait de leur patrimoine immobilier, de leur mobilité et de leur affirmation culturelle. Expliquez-nous…

Christophe Guilluy : Il n'y a pas de complot, mais il y a des comportements qui sont économiques. Les bobos entendent préserver une position sociale, jouir de leur patrimoine immobilier, conserver leurs revenus et en faire profiter leurs enfants. S'ils peuvent ne pas scolariser leur progéniture dans le collège du coin fréquenté par des immigrés, ils le feront, sans le dire, en contournant la carte scolaire. C'est pour cette raison que je les qualifie de « Rougon-Macquart déguisés en hipster ». Ils adoptent les schémas classiques de la bourgeoisie avec en plus le discours « cool » sur l'ouverture à l'altérité. D'ailleurs, les dindons de la farce ont été les jeunes issus de l'immigration qui ont cru à ce discours de gauche. Ils n'ont pas compris, ou alors tardivement, que c'était le discours de la bourgeoisie. Quand on regarde le degré d'ouverture au PS, dans la presse ou au cinéma, des endroits où l'on prône la diversité, on constate que la dominante est blanche – avec quelques alibis de couleur. Il y a une guerre des représentations qui est terrible. Dans certaines banlieues, les jeunes sont dans une victimisation constante précisément parce que la gauche leur a enlevé la possibilité de penser le rapport de classes. Ils ne savent pas qu'en Picardie un jeune ouvrier, en zone rurale, aussi défavorisé qu'eux, peut travailler dans l'agroalimentaire pour 600 euros par mois. Ils ne le savent pas, car la gauche a réussi à leur faire croire au mythe du « grand méchant Blanc raciste » responsable de leurs maux.
Les bobos ? Des Rougon-Macquart déguisés en hipster

Selon vous, il existe une France périphérique, comme il existe une Amérique périphérique, une Angleterre périphérique… Le rapport aux élites, le niveau éducatif et les fonds culturels sont pourtant différents. Qu'est-ce qui les fédère ?

Pour les électeurs de Trump, du FN, du Brexit ou de l'AfD en Allemagne, le dénominateur commun est la sortie de la classe moyenne, en dépit, parfois, des différences de niveau de vie. Le sentiment partagé est celui de ne plus être intégré économiquement. Le modèle mondialisé produit les mêmes problèmes territoriaux, culturels et politiques partout dans le monde, avec une fracture entre les métropoles et le reste du pays, qui devient « périphérique ». La petite classe moyenne est devenue la nouvelle classe populaire. On les retrouve dans les petites villes, les villes moyennes, les zones rurales. À tort, certains voudraient opposer le rural à l'urbain. C'est une conception erronée de la fracture, car on peut être urbain à Guéret ou à Montluçon… Toutes ces catégories, ouvriers, petits employés, retraités et paysans, ont désormais un discours commun sur la mondialisation, ce qui n'était pas le cas jusqu'ici. L'ouvrier était opposé au paysan. Le premier votait à gauche, le second à droite. Bref, nous étions dans une partition politique claire. Aujourd'hui, ils vivent là où statistiquement il y a le moins de créations d'emploi. Les notes prospectives montrent qu'il y aura encore plus de concentration de l'emploi dans les métropoles. Par ailleurs, les logiques foncières font que ces Français ne peuvent pas louer ne serait-ce qu'un studio à Paris ou en proche banlieue. Ils restent donc sur place, chez eux, ce qui provoque une sédentarisation de masse.
La petite classe moyenne est devenue la nouvelle classe populaire.

En dépit des injonctions à la mobilité ?

Absolument. Ceux qui bougent vivent dans les grandes métropoles et appartiennent à une France hyper mobile. Le jeune de catégorie supérieure a le choix de bouger à l'étranger ou au sein même de la métropole. Or, une majorité de Français, faute de pouvoir se déplacer, vivent dans le département où ils sont nés. La sédentarisation est effective aussi bien pour les jeunes que pour les actifs ou les plus âgés. Vu d'en haut, on qualifie ce phénomène de « repli ». En réalité, ces classes populaires sont pragmatiques. Initialement, elles n'étaient pas contre la mondialisation ni contre le libéralisme. Dans les banlieues, si le discours de Macron produit des résultats, les jeunes choisiront donc Macron – ce qui ne les empêchent pas d'être attachés à l'État providence. Ces Français n'attendent plus le discours politique ou intellectuel pour voir ce qui se passe dans leur vie.

D'aucuns, politiques et journalistes, font en effet état d'un rejet de l'autre au sein de cette France périphérique. Que constatez-vous ?

Cette attitude est celle de ceux qui veulent juste contrôler un environnement, car dans une société multiculturelle l'autre ne devient pas soi, sans pour autant être un ennemi. L'angoisse autour de la question des flux migratoires est intéressante à analyser. Dans les banlieues, on constate l'émergence d'une petite bourgeoisie maghrébine qui vieillit. Parallèlement, il y a une arrivée de Subsahariens dans ces quartiers. On observe une volonté de la part de cette petite bourgeoisie maghrébine de se mettre à l'écart, de ne pas se mélanger. Certains n'hésitent d'ailleurs pas à le dire clairement aux bailleurs sociaux : ils ne veulent pas vivre à proximité de ces populations subsahariennes. Ce n'est pas du racisme. Il s'agit juste de vivre dans un endroit qui n'est pas en proie à une trop forte instabilité démographique. En plus des difficultés liées à la vie quotidienne, ils ne veulent pas gérer ce qui relève du multiculturel.

Que dites-vous à ceux qui prônent le multiculturalisme comme facteur de paix et d'ouverture ?

C'est une supercherie ! Un discours d'ouverture tenu par l'intelligentsia, qui n'est jamais, s'agissant d'elle, dans la véritable ouverture ethnique et sociale.

Peut-on imaginer, un jour, un front commun de ces France périphériques ?

La France d'en haut veut toujours que les histoires se finissent bien. Nous sommes des adultes, et pas des enfants, alors nous nous devons d'avoir un discours de vérité. Nous allons vivre une période complexe avec des tensions sociales sans aucun débouché politique, en plus d'une paranoïa identitaire. C'est le problème de la société multiculturelle : nous sommes tous paranos. Il y a les vraies tensions et les suspicions vis-à-vis de l'autre du fait de sa différence. Les classes populaires sont aujourd'hui toutes en « marronnage » et il sera difficile de revenir en arrière.
Nous sommes, s’agissant de l’élite, dans la logique d’un monde fermé

Par quoi passe cette émancipation que vous appelez le « marronnage » ?

Cette France quitte les affiliations traditionnelles et brise ses chaînes. Les ouvriers votaient à gauche, les ruraux à droite, les banlieues à gauche… En regardant les choses une à une, il y a une rupture. Les ouvriers ont été les premiers à sortir de la classe moyenne, puis une partie des employés, les ruraux et les banlieusards. Le localisme se développe en fonction d'une rationalité économique et sociale. Ces gens vivent sur des territoires où il y a peu d'emplois. Les champs du possible sont donc restreints, d'où la sédentarisation et de nouveaux réseaux de solidarité. Ce n'est pas le rêve hippie des années 1960 ! Ce qui se joue est l'adaptation à un monde nouveau.

Avec le FN, il y a encore une filiation…

Oui, mais ils choisissent le parti qui n'a pas le pouvoir et celui qui est le plus éloigné de la représentation politique. Donc, le plus désaffilié. Ils sont encore dans la logique de voter, donc encore un peu dans le système. Il y a aussi les autres, tous ceux qui ne votent plus. Et parmi eux, on retrouve ceux qui ont voté au référendum de 2005. Les politiques ont fait fi de leur avis en faisant voter le traité par la voie parlementaire. Ces mêmes politiques ont pris de haut les électeurs du Brexit, en réclamant, pour certains, un nouveau vote. Ce discours de classe, pour le coup, est toujours sur le même mode : « Ces gens d'en bas, moins éduqués, ne savent pas voter ou votent mal. »
Le revenu universel est un mépris de classe !

Le sentiment de classe est-il encore vrai au sein de cette France périphérique ?

Ce que je décris n'est pas une nouvelle classe ouvrière. C'est juste une nouvelle perception du monde. En revanche, ces gens ressentent fortement le mépris de classe. La défiance vis-à-vis des médias en est l'illustration. La part des ouvriers représentés à la télé est extrêmement faible. Nous sommes, s'agissant de l'élite, dans la logique d'un monde fermé, d'où mon titre « Le Crépuscule de la France d'en haut ». On ne fait plus société, la rupture est totale. Jadis, le monde d'en haut était exemplaire. Il soutenait un modèle qui intégrait économiquement tout le monde, et tout le monde était gagnant. Les Français d'en bas n'ont jamais eu de problèmes avec les riches. Les postures anti-riches sont des postures bourgeoises. Le monde d'en haut, aujourd'hui, a choisi un modèle qui profite à peu de Français. Mais ce schéma va basculer de façon radicale. À moins de se poser les bonnes questions : quel est le destin de ces gens dont on n'a pas besoin, car, qu'ils produisent ou non, cela ne change rien à la courbe du PIB ?

Le revenu universel est pour vous une fausse bonne idée. Pourquoi ?

Les promoteurs de ce revenu universel sont dans une logique de péréquation et de redistribution. Derrière, il y a l'idée que le Français d'en bas veut profiter du système et ne pas travailler. C'est un mépris de classe ! Les gens modestes ne veulent pas tendre la main. Ils veulent être fiers d'éduquer leurs enfants grâce au fruit de leur travail.

Vous parlez de rapports de domination entre cette classe boboïsée et les immigrés…

Le rapport de classe est de moins en moins visible et laisse place à un rapport culturel. Dans la nouvelle bourgeoisie, une femme de ménage d'origine immigrée n'est pas vue comme une employée, mais plutôt comme « Fatoumata » qui vient du Mali et qu'on aide beaucoup en lui donnant 800 euros par mois… C'est très confortable. La rationalité économique maintient cette nouvelle bourgeoisie dans un état réel de bourgeoisie. Le discours de la société ouverte est celui de la loi du marché avec une main-d'œuvre immigrée à disposition. Cela, à la rigueur, ne me poserait pas de problème s'il y avait réellement ouverture et absence de supériorité morale au sein de cette nouvelle bourgeoisie métropolitaine, mais, quand on regarde de près, l'exemplarité fait défaut.

http://www.lepoint.fr/chroniques/christ … tc=INT-500

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

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Re: Le fil des excellents articles d'opinion

Enfin un article intéressant sur ce livre que la quasi-totalité des médias (qui se sont arrêtés à la couverture) nous a présenté comme un simple brûlot anti-sarkozyste. 

Le Figaro a écrit:

Mathieu Bock-Côté : après la polémique, ce qui restera du livre de Patrick Buisson

FIGAROVOX/CHRONIQUE - L'essai de Patrick Buisson a déclenché les passions, mais sous l'angle des confidences à l'endroit de l'ancien président. Pour Mathieu Bock-Côté, La cause du peuple est d'abord et avant tout un livre d'analyse politico-philosophique de notre époque.

Mathieu Bock-Côté est docteur en sociologie, chargé de cours aux HEC à Montréal et chroniqueur au Journal de Montréal et à Radio-Canada. Ses travaux portent principalement sur le multiculturalisme, les mutations de la démocratie contemporaine et la question nationale québécoise. Il est l'auteur d'Exercices politiques(VLB éditeur, 2013), de Fin de cycle: aux origines du malaise politique québécois(Boréal, 2012) et de La dénationalisation tranquille (Boréal, 2007). Son dernier livre, Le multiculturalisme comme religion politique, vient de paraître aux éditions du Cerf.

«Un brulot». Un «livre à charge». Un «règlement de comptes», ajoutèrent certains. C'est ainsi qu'on a accueilli La cause du peuple (Perrin, 2016), le dernier livre de Patrick Buisson, en prenant bien la peine de rappeler, comme à l'habitude, tout son parcours idéologique, comme s'il fallait mettre en garde le commun des lecteurs contre lui. Ces mises en garde faites, on a tout fait pour réduire cet ouvrage à une compilation de confidences et d'indiscrétions, comme s'il se livrait à la manière d'un petit tas de secret sur la Sarkozie. En gros, ce serait un livre de ragots. Comment ne pas voir là une autre preuve que la plupart du temps, les journalistes ne lisent pas vraiment les livres dont ils parlent? Ou s'ils les ont lu, qu'ils se fichent bien de l'essentiel. Ou alors, peut-être ont-ils décidé d'enterrer celui qu'on veut à tout prix faire passer pour un mauvais génie? Chose certaine, ils ne se sont pas intéressés à l'analyse de notre situation historique que Buisson a pris la peine d'élaborer sur plus de 400 pages, avec un bonheur d'écriture indéniable: on se contentera d'y coller une sale petite étiquette radioactive pour en faire un infréquentable personnage. Le vrai pouvoir de la gauche médiatique, c'est de décerner des certificats de respectabilité auxquels on prête encore de la valeur.

    Patrick Buisson nous propose surtout, dans cet ouvrage, une puissante analyse de notre temps.

Et c'est dommage. Très dommage. Car La cause du peuple est probablement un des livres les plus importants paru ces dernières années - j'ajouterais, un des plus passionnants. Si Buisson joue à sa manière le rôle du chroniqueur des années Sarkozy, qu'il a accompagné de 2005 à 2012 en voulant en faire le héraut de la France telle qu'il se l'imagine, il nous propose surtout, dans cet ouvrage, une puissante analyse de notre temps. Il croise la psychologie politique, la philosophie politique et l'anthropologie politique et son regard va très en profondeur. Il s'agit de faire un portrait de l'époque à travers la présidence d'un homme qu'il aurait souhaité frappé par la «grâce d'État» mais qui n'est jamais vraiment parvenu à faire quelque chose de son incroyable énergie, comme s'il était paralysé par son désir de reconnaissance par les branchés et les élégants, représentés à ses côtés par son épouse. Sarkozy, pour Buisson, est d'abord l'histoire d'un talent gâché, d'une immense déception. C'est l'histoire d'un homme qui aurait préféré l'agitation à l'action, en confondant l'hyperactivité médiatique et le travail de fond. Il n'aura pas su saisir la part sacrée du politique, la symbolique sacrificielle du pouvoir. Le pouvoir devait le conduire dans la jet-set mondiale où il jouirait, enfin riche, de son ascension sociale parfaitement réussie.

    L'identité nationale ouvrait, pour Buisson, sur la part symbolique et anthropologique de la communauté politique.

On le sait, Patrick Buisson a été grand stratège du sarkozysme électoral en 2007, c'est-à-dire d'une campagne misant sur la transgression du politiquement correct en mettant de l'avant la notion d'identité nationale, longtemps concédée par la droite «républicaine» à la droite populiste. Buisson en était convaincu: il fallait mener la guerre culturelle à une gauche depuis trop longtemps hégémonique dans le monde des idées. Mais cette notion n'avait rien d'un hochet rhétorique chez lui. Au contraire, à travers elle, il était possible de renouer avec la part conservatrice de la droite et plus fondamentalement, de sortir d'une vision strictement économique de l'homme, qui passe souvent pour la seule rationnelle, surtout à droite, où on croit répondre aux besoins de l'âme humaine avec une approche strictement comptable. L'identité nationale ouvrait, pour Buisson, sur la part symbolique et anthropologique de la communauté politique: cette part, qui se dérobe à l'artificialisme sociologique, est probablement la plus importante. L'identité nationale permettait de faire une brèche dans une mythologie progressiste glosant sans cesse sur les valeurs républicaines pour mieux occulter l'identité historique de la France.

    Il y a dans le cœur humain un désir de permanence qu'on doit respecter.

C'est cette part que Buisson cherchera à mettre de l'avant pendant cinq ans, en invitant Nicolas Sarkozy à se l'approprier. Qu'il s'agisse de la question de l'autorité de l'État, de l'immigration ou des questions sociétales, Buisson revient toujours à la charge en rappelant une chose fondamentale: le peuple français fait une expérience pénible de sa désagrégation: ce constat est vrai pour l'ensemble des peuples occidentaux. Il voit ses symboles s'égrener, ses repères se brouiller, son identité s'émietter. Il se sent de plus en plus devenir étranger chez lui. Ses aspirations profondes sont étouffées, et mêmes déniées. On les présente comme autant d'archaïsmes ou de phobies alors qu'il s'agit d'invariants anthropologiques que la civilisation avait traditionnellement prise en charge et mise en forme. La vocation du politique, nous dit Buisson, est d'abord conservatrice: il s'agit de préserver une communauté humaine, qui est une œuvre historique vivante, et non pas toujours de la réformer pour l'adapter à la mode du jour. Il y a dans le cœur humain un désir de permanence qu'on doit respecter. Lorsqu'on le nie, on pousse l'homme à la solitude extrême, puis à la détresse.

    C'est l'histoire du rapport entre le progressisme et le peuple dans la modernité.

Buisson souhaite reconstituer le peuple français, et pour cela, il croit nécessaire de renouer politiquement avec lui. Alors que les élites ne savent plus défendre une souveraineté de plus en plus vidée de sa substance, il faut aller directement au peuple pour reconstituer une véritable puissance publique. C'est en puisant directement dans la légitimité populaire que Buisson entend régénérer le pouvoir, le déprendre des nombreuses gangues qui l'enserrent comme le droit européen ou international ou encore, les nombreux corporatismes qui entravent la poursuite de l'intérêt général. Mais, ajoute-t-il, la gauche ne pense pas trop de bien de ce retour au peuple, puisque depuis très longtemps, elle se méfie des préjugés du peuple, qui se montre toujours trop attaché à ses coutumes: elle rêve d'une démocratie sans le peuple pour la souiller de ses mœurs. C'est l'histoire du rapport entre le progressisme et le peuple dans la modernité. Dans le cadre de la campagne de 2012, Buisson cherchera quand même à convaincre Nicolas Sarkozy de miser sur une politique référendaire qui pourrait faire éclater le dispositif annihilant la souveraineté. Il n'y parviendra pas vraiment, même s'il poussera le président-candidat à renouer avec une posture transgressive.

    Mais un peuple n'est pas, quoi qu'en pensent les théoriciens des sciences sociales, une construction artificielle qu'on peut créer et décréer par décret.

Mais un peuple n'est pas, quoi qu'en pensent les théoriciens des sciences sociales, une construction artificielle qu'on peut créer et décréer par décret. Et c'est en puisant dans son histoire qu'il peut renaître, en retrouvant ses racines les plus profondes. L'histoire est chose complexe: les formes qu'elle a engendrées peuvent se métamorphoser, renaître, et c'est dans cette optique que Buisson revient sur la question des racines chrétiennes de la France. Formée dans la matrice du christianisme, la France s'est couverte au fil de l'histoire d'églises, avant de les déserter assez brutalement au vingtième siècle - il faut dire qu'on a aussi cherché violemment à lui arracher ses racines chrétiennes avant cela. Dans un monde marqué par l'esprit de conquête d'un certain islam, par une immigration massive et par une déliaison sociale de plus en plus brutale, la France est prête à se réapproprier son héritage chrétien à la manière d'une «ressource politique immédiatement disponible» (p.322). Le catholicisme s'offre non plus nécessairement comme une foi mais comme une culture ayant permis aux Français d'accéder à la transcendance et vers laquelle ils peuvent se retourner à la manière d'une identité civilisationnelle.

    Buisson fait le portrait de la misère d'une époque qui a le culot de se croire presque irréprochable alors qu'elle pousse les hommes à une solitude violente.

On me pardonnera de le redire, mais on aurait tort de voir dans cet ouvrage essentiel une bête charge contre un homme désaimé. En fait, quiconque recense La cause du peuple est condamné à ne rendre que partiellement compte de l'exceptionnelle réflexion qui s'y trouve. Buisson, en fait, fait le portrait de la misère d'une époque qui a le culot de se croire presque irréprochable alors qu'elle pousse les hommes à la misère affective et spirituelle et finalement, à une solitude si violente qu'elle représente peut-être la pire misère qui soit. En creux, il formule un programme de redressement qui est moins fait de mesures ciblées que d'un appel à renouer avec une idée de l'homme autrement plus riche que celle qui domine en modernité avancée: il n'y aura pas de réforme politique sans réforme intellectuelle et morale, dirait-on. L'homme politique ne doit plus voir devant lui une société flottant dans un éternel présent où se meuvent des individus bardés de droits mais un peuple historiquement constitué. Et il doit moins se présenter comme un habile gestionnaire du présent que comme un homme incarnant le passé, le présent et l'avenir d'une civilisation.

    Si Nicolas Sarkozy savait parler et faire de bons discours, il ne savait finalement pas incarner sa fonction et encore moins son pays.

Si Nicolas Sarkozy savait parler et faire de bons discours, il ne savait finalement pas incarner sa fonction et encore moins son pays. À lire Patrick Buisson, c'était un comédien de talent qui n'avait pas de vocation sacrificielle. Buisson a échoué a en faire le grand homme qu'il aurait peut-être pu être. Pouvait-il en être autrement? On comprend pourquoi la figure du général de Gaulle hante les pages de La cause du peuple. Mais il ajoute: «de n'avoir pas réussi la mission que je m'étais donnée ne prouve rien. D'autres, je le sais, viendront après moi pour dire et redire que ne font qu'un la cause du peuple et l'amour de la France» (p.442). Un pays dure tant que dure dans le cœur des hommes le désir qu'il persévère dans son être: la flamme de la résistance doit toujours être portée pour un jour le faire renaître mais il arrive qu'ils soient bien peu nombreux à la maintenir. Ce qui habite Patrick Buisson, manifestement, c'est l'espérance d'une renaissance française.

La cité a quelque chose de sacré: à travers elle, l'homme fait l'expérience d'une part essentielle de lui-même, qui le transcende, qui le grandit, qui l'anoblit. «Aimer la France, dit-il, ce n'est pas aimer une forme morte, mais ce que cette forme recèle et manifeste d'impérissable». Et Buisson ajoute: «Ce n'est pas ce qui mourra ou ce qui est déjà mort qu'il nous faut aimer, mais bien ce qui ne peut mourir et qui a traversé l'épaisseur des temps. Quelque chose qui relève du rêve, désir et vouloir d'immortalité. Quelque chose qui dépasse nos pauvres vies. Et qui transcende notre basse époque. Infiniment» (p.442-443). La cité est gardienne d'une part de l'âme humaine et elle ne saurait bien la garder sans un véritable ancrage anthropologique. Mais elle ne saurait, heureusement, se l'approprier complètement et il appartient aux hommes qui croient à la suite du monde de la cultiver, d'en faire le cœur de leur vie, pour transmettre ce que l'homme ne peut renier sans se renier lui-même, pour honorer ce qu'on ne saurait oublier sans s'avilir intimement.

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/20 … uisson.php

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

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Re: Le fil des excellents articles d'opinion

Il faut aller au Québec pour trouver des analyses de qualité.

Le Figaro a écrit:

Mathieu Bock-Côté : «La gauche mondaine a décidé de talibaniser François Fillon»

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Fillon serait-il pire que Sarkozy ? La question est ouvertement posée à gauche, remarque Mathieu Bock-Côté. Pour le sociologue, celle-ci croit que, face à l'islamisme et au catholicisme, elle pourra derechef «sauver» la République.

Mathieu Bock-Côté est docteur en sociologie, chargé de cours aux HEC à Montréal et chroniqueur au Journal de Montréal et à Radio-Canada. Ses travaux portent principalement sur le multiculturalisme, les mutations de la démocratie contemporaine et la question nationale québécoise. Il est l'auteur d' Exercices politiques (VLB éditeur, 2013), de Fin de cycle: aux origines du malaise politique québécois(Boréal, 2012) et de La dénationalisation tranquille (Boréal, 2007). Son dernier livre, Le multiculturalisme comme religion politique, vient de paraître aux éditions du Cerf.

Pendant des mois, François Fillon a traîné en troisième place, dans la primaire de la droite et du centre. On reconnaissait la rigueur de sa réflexion, notamment développée dans son ouvrage Faire, qui fut aussi un succès de librairie, et on s'était surpris de sa capacité à rallier des soutiens inattendus, parmi ceux-là celui de Sens commun, qui a voulu traduire politiquement la récente poussée du conservatisme sociétal à la française. Il n'en demeurait pas moins exclu du grand duel entre un Nicolas Sarkozy posant à l'homme providentiel et un Alain Juppé prenant plutôt la pose du grand rassembleur d'une nation en quête d'apaisement et de modération. On le considérait comme un honnête homme, mais pas comme une bête politique de race. Éternel second, Fillon faisait un dernier tour de piste avant d'en finir avec une vie publique honorable.
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    De nombreux électeurs de droite se sont sentis cocufiés par le quinquennat de 2007-2012.

Manifestement, cette alternative déplaisait au grand nombre, qui s'est manifesté dimanche. Sarkozy avait beau adopter une ligne politique probablement conforme aux attentes identitaires profondes de l'électorat de droite, il n'était tout simplement plus cru. De nombreux électeurs de droite se sont sentis cocufiés par le quinquennat de 2007-2012. L'homme s'était fait élire sur un programme pour rapidement le trahir, et le récent ouvrage de Patrick Buisson, La cause du peuple, aura fourni l'analyse la plus profonde de la déception causée par le sarkozysme, qui conjuguait l'esprit bling bling et l'inconstance idéologique. Alain Juppé, toutefois, avec son identité heureuse et son flirt avec le progressisme bon chic bon genre, n'offrait pas une option convaincante. L'homme n'était pas sans valeur, mais la droite voulait-elle vraiment voter pour le chouchou de la presse de gauche?

    Fillon refuse la politique histrionique. Le commun des conservateurs semble apprécier.

Il y avait donc une insatisfaction à convertir en énergie politique pour un sursaut inattendu ou si on préfère, pour une alternative de droite à l'intérieur de la droite. Dans l'impasse d'une lutte à deux complètement paralysée, il a su saisir l'occasion, d'autant qu'il avait peu à peu embrassé plus large que son programme économique initial. L'électorat de droite a jeté un nouveau regard sur lui. D'un coup, ses défauts d'hier furent convertis en qualité. On le croyait fade: on veut maintenant le voir décent, capable de conserver sa dignité à la politique dans une époque qui la souille avec la démagogie, qu'elle soit de droite ou de gauche. On le croyait exagérément austère: on s'est soudainement félicité de la grande distance qu'il conserve avec la politique-spectacle, qui fait de la vie démocratique une sous-section du showbiz. On le croyait aride: on s'est félicité de voir un homme refuser de promettre un avenir radieux à bas coûts et plutôt rappeler qu'il n'y aura jamais de redressement sans qu'on y donne du sang et des larmes. Fillon refuse la politique histrionique. Le commun des conservateurs semble apprécier.

    L'insulte est trouvée : Fillon serait même pire que Sarkozy.

La gauche rêvait de Juppé. Son rêve s'est fracassé. La surprise passée, elle s'est ressaisie en lançant son vieux cri de guerre: halte à la droite! L'insulte est trouvée: Fillon serait même pire que Sarkozy. Malgré les apparences, il serait même plus à droite que ce dernier. On ne peut imaginer quelque chose de plus répugnant, sachant que le simple fait d'être à droite est condamnable, et qu'on ne saura se le faire pardonner que si on cherche à plaire sans cesse à la gauche. La seule droite tolérable est la droite complexée, qui se sait en déficit moral face à la gauche et qui a mauvaise conscience de ne pas être dans le camp du bien. La meilleure droite, c'est celle qui ne veut pas être de droite. Dès lors que la droite assume son conservatisme, qu'il soit identitaire, culturel ou social, et renonce au cadre asphyxiant de la pensée comptable et technocratique, on juge qu'elle sort du domaine où elle peut être respectable et honorable.

    Dans l'esprit de la gauche mondaine, c'est le scénario idéal : contre l'islamisme et contre le catholicisme renaissant, elle pourra de nouveau sauver la République !

Avec Fillon, la gauche croit avoir une occasion en or. Car non seulement Fillon est à droite, même s'il s'agit d'une droite tranquille, pour reprendre l'excellente formule d'Alexis Brézet, mais en plus, il assume son catholicisme, sans pour autant le claironner. En fait, la gauche médiatique s'est décidée à le définir ainsi. Elle croit toucher ainsi la corde sensible de l'anticléricalisme dans sa base électorale en plus de se donner un avantage moral dans la joute à venir. Dans l'esprit de la gauche mondaine, c'est le scénario idéal: contre l'islamisme et contre le catholicisme renaissant, elle pourra de nouveau sauver la République! Elle se dresserait contre la réaction religieuse, quelle qu'elle soit. Par la bande, la gauche idéologique en profite encore une fois pour relativiser le danger de l'islamisme, auquel elle cherche toujours un mal équivalent qui émanerait de la société française. Hier, c'était l'islamophobie. Maintenant, ce serait le catholicisme à la Fillon. Entre l'exhibitionnisme identitaire de l'islam militant et le catholicisme du dimanche de la France de province, il y aurait une équivalence morale. La gauche jouera alors à se faire des peurs. C'est son jeu préféré: c'est dans l'univers des fantasmes qu'elle se meut le mieux.

    On a donc décidé de talibaniser Fillon. Ou de le tariqramadaniser, selon la formule qu'on préférera.

Dans l'esprit de la gauche postmoderne, tout ce n'est pas conforme à la morale soixante-huitarde est réactionnaire. Fillon, qui campe sur les valeurs traditionnelles de la France de province, est donc décrété suspect: sur les nouvelles questions sociétales, il ne cocherait pas systématiquement les bonnes cases. On a donc décidé de talibaniser Fillon. Ou de le tariqramadaniser, selon la formule qu'on préférera. On en fait le candidat de l'ordre moral. On multiplie les comparaisons injurieuses à son endroit. On ne se contente pas de le critiquer. On veut le disqualifier moralement. En faire un personnage rétrograde. Un danger pour la démocratie. Comme d'habitude, pourrait-on dire: la gauche a besoin d'avoir un monstre devant elle pour se mobiliser. On multipliera les comparaisons qui se veulent injurieuses. Fillon serait comme Thatcher: il manquerait de cœur. Il serait comme Poutine: ce serait un sympathisant des dictateurs. Il serait comme Benoît XVI: ce serait un homme rétrograde sur le plan des mœurs.

Qu'on l'apprécie ou non, le conservatisme de Fillon n'a pourtant rien d'un fondamentalisme. On ne trouvera nulle part dans son programme la trace de ce qu'on pourrait appeler un catholicisme de combat. Ce n'est ni sa doctrine, ni sa sensibilité. Mais pour une certaine gauche, il suffit de ne pas être ouvertement hostile au catholicisme pour en être un dévot imbécile. En lui-même, le catholicisme semble fondamentalement suspect. La gauche semble incapable de combattre son adversaire sans en faire un ennemi. Peut-être est-ce l'héritage de l'esprit révolutionnaire. Elle n'admet pas une diversité de points de vue sur la cité. Il y a la vérité, il y a l'erreur, il y a le bien, il y a le mal, et il ne faudrait jamais de compromis entre les deux. Dans ses rêves les plus fous, elle ne vainc pas la droite, elle l'éradique. Depuis dimanche, elle veut écraser l'infâme qui a le visage de François Fillon.

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/20 … fillon.php

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

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Re: Le fil des excellents articles d'opinion

Tiens, regarde FDL, c'est Claude Askolovitch, un de tes épouvantails, qui sauve les trolls comme toi :

Claude Askolovitch a écrit:

La médiocrité est consubstantielle à la liberté; elle est même sa preuve; c’est au droit d’être médiocre, ou trivial, ou insuffisant, qu’on étalonne une liberté. L’infinie stupidité de quelques commentaires politiques et les pratiques de ce métier sapent sans doute le débat public. Mais la prétention d’un pouvoir à abolir cette médiocrité ruinera aussi bien cette liberté. Le nietzschéen président, qui veut «nuire à la bêtise» –il me cita un jour cette phrase, et elle m’a marquée, sur lui–, ne la vaincra pas; s’il le pense, il révèle une ambition inquiétante. Il ne suffit pas d’avoir raison pour ne pas avoir tort. Ce n’est pas une pirouette.

http://www.slate.fr/story/145833/macron … picks=true

Tu comprends maintenant pourquoi tu as encore le droit de poster sur ce forum, crapule.

roll

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

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Re: Le fil des excellents articles d'opinion

Tiens, regarde FDL, c'est Claude Askolovitch, un de tes épouvantails, qui sauve les trolls comme toi :

Claude Askolovitch a écrit:

La médiocrité est consubstantielle à la liberté; elle est même sa preuve; c’est au droit d’être médiocre, ou trivial, ou insuffisant, qu’on étalonne une liberté. L’infinie stupidité de quelques commentaires politiques et les pratiques de ce métier sapent sans doute le débat public. Mais la prétention d’un pouvoir à abolir cette médiocrité ruinera aussi bien cette liberté. Le nietzschéen président, qui veut «nuire à la bêtise» –il me cita un jour cette phrase, et elle m’a marquée, sur lui–, ne la vaincra pas; s’il le pense, il révèle une ambition inquiétante. Il ne suffit pas d’avoir raison pour ne pas avoir tort. Ce n’est pas une pirouette.

http://www.slate.fr/story/145833/macron … picks=true

roll

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

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Re: Le fil des excellents articles d'opinion

Un article laudateur sur Micron de la part de ce propagandiste écervelé qui déverse sa logorrhée dans l'un des pires médias qui existent. Pourquoi ne suis-je pas étonné que tout cela t'excite ?

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)