Re: Le fil des excellents articles d'opinion

FDL, lui, ne s'amuse pas, il se cultive. Il ne jouit pas, il exulte. Il n'a pas d'envies, que des centres d'intérêt. Bref, il vit la seule vie qui, au fond, vaut d'être vécue.

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Last edited by Broz (30-11-2015 19:05:31)

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016

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Re: Le fil des excellents articles d'opinion

Vis ma vie de FDL.

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

Re: Le fil des excellents articles d'opinion

Je ne sais pas si c'est excellent, mais ça a le mérite d'être intéressant :

Paul Berman dans le Monde a écrit:

« Il n’y a pas de causes sociales au djihadisme »
LE MONDE | 30.11.2015 à 06h41 • Mis à jour le 30.11.2015 à 15h48


Nous, les modernes, croyons en la doctrine des « causes profondes », selon laquelle de fortes pressions sociales sont toujours à l’origine de la rage meurtrière, mais les poètes de l’Antiquité ne voyaient pas les choses de cette manière. Ils considéraient la rage meurtrière comme un trait constant de la nature humaine. Ils pensaient, comme l’a écrit André Glucksmann, que « le principe destructeur nous habite ». Ou alors ils attribuaient cette fureur à des dieux irascibles dont les motivations, emportées et fantasques, ne nécessitaient aucune explication.

Pour les poètes, n’importe qui était susceptible de plonger dans une rage meurtrière – un peuple vaincu, une femme blessée ou une victime des dieux. C’est la rage elle-même qui suscita leur attention, non pas ses origines ou ses causes supposées. Ils consacrèrent toute leur science, poétique, à l’examen de la fureur : à ses rythmes, ses mètres, son vocabulaire, ses nuances, ses degrés d’intensité. L’Enéide est aussi bien une traversée de la Méditerranée qu’un parcours à travers les différentes mutations de cette rage.

Nous, les modernes, préférons néanmoins les chercheurs en sciences sociales aux poètes, parce que nous pensons fondamentalement que le monde est soumis à une certaine logique impersonnelle de cause à effet, que les sciences sociales précisément nous révèlent. Nous sommes convaincus que, si un mouvement terroriste se déchaîne à travers le monde, sa cause est nécessairement à chercher dans un principe de destruction extérieur aux terroristes eux-mêmes.

Nous nous tournons alors vers les spécialistes en sciences sociales qui, apparemment, n’ont aucune difficulté à en cerner la cause : c’est une question d’identité professionnelle. Que nous disent les économistes ? Que la folie terroriste a bien une cause profonde : la pauvreté. Et les géographes ? Que c’est l’aridification du Moyen-Orient qui a provoqué cette vague de terrorisme. Il y a autant de « causes profondes » du terrorisme islamiste qu’il y a d’experts en sciences sociales. Et elles disent tout et son contraire.

On nous explique que la cause profonde du djihad islamiste est l’invasion et l’occupation militaire de puissances étrangères, comme en Tchétchénie et en Palestine, alors même qu’à Rakka, et ailleurs qu’en Syrie, ce sont les djihadistes eux-mêmes qui représentent des occupants étrangers. On nous dit que le chaos qui suivit le renversement des dictateurs ayant sévi pendant des décennies est à l’origine des mouvements terroristes, comme en Libye, alors que, dans le cas des terroristes marocains, c’est la frustration suscitée par l’impossibilité de renverser la monarchie qui est en cause. On nous explique que c’est le despotisme du général Sissi qui a entraîné l’explosion du terrorisme en Egypte, mais que c’est la fin du despotisme de Ben Ali qui en est la cause en Tunisie. On nous dit que le sionisme est la cause du terrorisme islamiste partout dans le monde, mais, en Syrie, les leaders mondiaux de l’antisionisme nous ont fait comprendre que, au final, ils préféraient se massacrer entre eux.

Contradictoires et fantasques

Avant 2011, on considérait que la présence américaine en Irak était à l’origine du terrorisme qui sévissait dans une partie du monde ; après 2011, c’est le retrait américain qui en est devenu responsable. Les inégalités économiques expliquent tout… comme les contrariétés de la vie dans les républiques égalitaires scandinaves. Le chômage explique tout ? Pourtant des terroristes surgissent au Royaume-Uni, où le taux de chômage est remarquablement bas. Le manque d’éducation explique tout ? Pourtant l’Etat islamique est dirigé par un homme diplômé en sciences islamiques, qui est à la tête du réseau de propagande sur Internet et sur les médias sociaux le plus sophistiqué du monde.
On nous dit que l’islamophobie est la cause du terrorisme islamiste – alors que l’immense majorité des terroristes islamistes viennent de pays musulmans où l’islamophobie n’est vraiment pas le problème. Ailleurs dans le monde, en France, par exemple, c’est l’exigence intolérante faite aux immigrés de se conformer à la culture française qui aurait fait naître le terrorisme islamiste ; au Royaume-Uni, ce serait au contraire le refus multiculturaliste d’exiger d’eux une adaptation.

Les causes profondes du terrorisme islamiste se révèlent, au bout du compte, aussi nombreuses que les divinités antiques, et aussi contradictoires et fantasques qu’elles. Il se pourrait que ce soit la doctrine des causes profondes elle-même, telle qu’elle se trouve développée en sciences sociales, qui échoue totalement à cerner les causes du terrorisme.
Les investigations des sciences sociales réussissent à peine à identifier ce que Glucksmann appelait des « circonstances favorables », qu’il serait certainement crucial de connaître, si seulement nous parvenions à distinguer les interprétations valides des interprétations fallacieuses. Et pourtant, même la synthèse la plus pertinente et la mieux renseignée des circonstances favorables ne pourra jamais nous amener au cœur du sujet, à savoir la rage.

Doctrine antipoétique

C’est pourquoi la doctrine des causes profondes est profondément erronée. Elle encourage à prêter attention à tout sauf aux rythmes, aux mètres, au vocabulaire, aux intensités émotionnelles et aux nuances de la rage terroriste elle-même, c’est-à-dire à l’idéologie islamiste et à ses modes d’expression. La rage terroriste repose sur la haine, et la haine est une émotion qui est aussi un discours, en l’occurrence un discours élaboré composé de tracts, de poèmes, de chants, de sermons et de tout ce qui peut alimenter un système idéologique parfaitement huilé. Pour comprendre le discours, il faut disposer de ce que l’on pourrait appeler une « poétique ».

Or, la doctrine des causes profondes est antipoétique. En cela, elle représente une régression par rapport à la poésie antique. Elle nous empêche de comprendre ceux-là mêmes qui veulent nous tuer. Pire : la doctrine des causes profondes nous induit à penser que la rage insensée, étant le résultat prévisible d’une cause, ne saurait être vraiment insensée. Pire : la doctrine des causes profondes nous conduit au soupçon que nous pourrions nous-mêmes en être la cause.

Après les attentats du 11 septembre 2001, de nombreuses personnes ont considéré que l’Amérique avait eu ce qu’elle méritait. Il y a dix mois en France, on entendait que les caricaturistes de Charlie Hebdo l’avaient bien cherché, que les juifs l’avaient bien cherché. Et on commence déjà à entendre la même rengaine à propos des supporteurs du Stade de France, des gens venus dîner au restaurant ou écouter du rock. De cette manière, la doctrine des causes profondes, qui promeut une certaine forme d’aveuglement, nous enlève jusqu’à l’envie de résister.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/201 … 2kryhtp.99

Paul Berman est un écrivain et essayiste américain. Il est notamment l’auteur des Habits neufs de la terreur (Hachette Littératures, 2004) et de Cours vite camarade ! (Denoël, 2006). The New York Review of Books, The New Republic, ou la revue d’études juives Tablet ont publié ses articles. Historien de la gauche, il en a critiqué les positions à l’égard de l’islam radical, qui sont à ses yeux trop conciliantes. En 2003, il a défendu l’idée de la guerre en Irak, tout en condamnant la manière dont elle a été conduite par l’administration Bush.

It ain’t what you don’t know that gets you into trouble. It’s what you know for sure that just ain’t so.

"Un terroriste ne mérite pas de mourir. Il mérite de vivre l'enfer. A perpétuité. Et seule la déchéance de la nationalité le permet." Greg

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Re: Le fil des excellents articles d'opinion

De mon pote Laurent Bouvet :

Le Figaro a écrit:

Laurent Bouvet : et si la gauche redevenait patriote ?

FIGAROVOX/ENTRETIEN - Après les attentats du 13 novembre, François Hollande a joué la carte du patriotisme. La gauche serait-elle en train de se réconcilier avec la nation ? La réponse de Laurent Bouvet.

Laurent Bouvet est professeur de science politique à l'UVSQ-Paris Saclay. Son dernier ouvrage, L'insécurité culturelle, est paru chez Fayard.

LE FIGARO. - François Hollande a joué la carte du patriotisme n'hésitant pas à manier certains symboles (drapeau, Marseillaise, etc.) dont la gauche avait laissé le monopole à la droite et à l'extrême droite. Le président de la République peut-il réconcilier la gauche avec la nation?

Laurent BOUVET. - Il est difficile de le dire aussi tôt après les événements que nous venons de vivre. On constate toutefois que ceux-ci ont produit un choc et une inflexion très importante du discours de François Hollande lui-même sur cette question.

D'abord, comme vous le dites, en termes de réappropriation des symboles nationaux. Ce qui n'était pas évident, même après les attentats de janvier 2015, tant à gauche, on considère depuis longtemps qu'ils sont synonymes de nationalisme, et donc, dans la période contemporaine, du FN.

Ensuite, en termes de propositions - celles faites par le président de la République dans son discours devant le Congrès -, puisqu'il s'agit de rompre avec le discours tenu depuis des années à gauche en matière de sécurité et de gestion des frontières.

Enfin, parce que derrière ces éléments, et alors qu'on aborde des élections régionales puis en 2017 présidentielle et législatives qui vont certainement voir le FN s'installer nationalement comme l'une des trois grandes forces politiques du pays, paraissent pour la première fois en mesure de produire des effets en profondeur sur toute la gauche, en faisant bouger les lignes de clivages au-delà des traditionnelles questions économiques et sociales.

C'est un peu la revanche de Ségolène Royal qui en 2007 avait été moquée par son propre camp pour ses envolées patriotiques…

Elle avait été, en effet, dans le cadre de sa campagne de 2007, la candidate du PS qui avait tenté cette réappropriation. Mais ça n'avait pas fonctionné. Ségolène Royal avait même dû subir, au sein du PS et à gauche, non seulement des quolibets mais des accusations de nationalisme.

Elle est de longue date une des rares personnalités de premier plan au sein du PS qui ne réduise pas systématiquement toute «l'offre politique» à des considérations économiques et sociales mâtinées de questions sociétales destinées à tel ou tel électorat de niche.

Si la cote de popularité de François Hollande bondit de 20 points, le PS se prépare à une débâcle dans les urnes. Comment expliquez-vous ce décalage?

La remontée spectaculaire de la cote de popularité du président de la République est évidemment due à son rôle d'incarnation de la Nation dans les moments exceptionnels que nous vivons.

Il n'est donc pas du tout évident que cette popularité fonctionnelle puisse être convertie en adhésion électorale que ce soit par le président lui-même, en vue de 2017, et a fortiori par le PS pour les régionales.

Outre que le bilan - sans même parler du projet possible - de François Hollande ne se résumera pas à sa réaction aux attentats, le PS peut très largement apparaître comme distinct du chef de l'Etat lors des élections régionales. Ne serait-ce, par exemple, qu'en cas de fusion des listes pour le second tour entre le PS et les autres partis de gauche, notamment ceux qui protestent contre l'état d'urgence ou font parfois preuve d'ambiguïté à propos de l'islamisme - comme c'est le cas au Front de gauche ou à EELV.

La gauche peut-elle résoudre ses contradictions?

C'est, au-delà des circonstances exceptionnelles actuelles, l'un des enjeux des prochaines années. Comme si les événements dramatiques que nous avons vécus avaient précipité un processus déjà à l'œuvre. Celui de la clarification des clivages idéologiques à gauche autour des questions économiques et sociales d'une part, autour des questions d'identité et de souveraineté de l'autre.

Une clarification que se déroulait jusqu'ici surtout en fonction du premier, avec d'un côté une gauche sociale-libérale, réformiste et partisane de la diminution du poids de l'Etat dans l'économie, engagée dans la construction européenne et le libre-échange, et de l'autre, une gauche étatiste et interventionniste, plus protectionniste et favorable à une réorientation de la construction européenne.

S'y ajoute aujourd'hui, de manière de plus en plus nette, le clivage entre une gauche républicaine, consciente du défi islamiste et prête à défendre une identité française construite sur des principes de souveraineté nationale et d'adhésion à la devise républicaine ainsi qu'à la laïcité, et une autre gauche, à la fois libertaire et critique de l'Etat républicain, internationaliste et multiculturaliste.

Le problème est évidemment que ces clivages ne se recoupent pas et qu'ils ne se retrouvent pas dans des organisations clairement définies et identifiées. Ce qui rend particulièrement difficile et illisible «l'offre politique» de la gauche comme «camp» face à la droite et au FN. Même si ces deux autres «camps» ont aussi leurs clivages internes bien entendu.

A long terme, la survie de la gauche passe-t-elle justement par un retour aux principes de l'Etat-nation?

De deux manières au moins, la gauche française ne pourra pas ignorer la question nationale, celle du lien entre identité et souveraineté, celle aussi du sens de la solidarité et de ce qu'est une frontière, comme celle de la place de la religion dans la société, dans les années qui viennent.

D'abord parce que si elle continue de se focaliser uniquement sur l'économique et le social alors que d'autres forces politiques «parlent» à nos concitoyens de cette question nationale, cela conduit à laisser à ces forces politiques un immense champ de manœuvre, et donc la possibilité d'imposer leur vision de l'identité ou leur conception de la souveraineté. C'est ce qui se passe depuis des années avec le FN.

Ensuite parce que les événements eux-mêmes, le monde dans lequel nous vivons, hic et nunc, est un monde dans lequel toutes ces questions déterminent au moins autant sinon plus que l'économie les actions de groupes humains entiers. L'ignorer ou le minorer, c'est se condamner à le subir de manière plus dure encore.

C'est donc bien de survie qu'il s'agit.

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/20 … triote.php

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
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Re: Le fil des excellents articles d'opinion

Au moins, nous partageons d'être souvent d'accord avec la ligne Laurent Bouvet...

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

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Re: Le fil des excellents articles d'opinion

Mathieu Bock-Côté synthétise ce dont j'ai déjà de nombreuses fois parlé (et il m'est arrivé d'en faire les frais ici) : gauche olfactive, antifascisme d'opérette, "faire le jeu du FN", diabolisation, euphémisation voire minimisation des faits, psychiatrisation, survivance des thèses soixante-huitardes, connivence entre médias et politiques, abandon des classes populaires et des symboles, progressisme vu comme fatalité...
Mais ce sont sans doute des insanités grotesques.

Le Figaro a écrit:

Mathieu Bock-Côté : les limites de l'antifascisme carnavalesque

FIGAROVOX/TRIBUNE - Mathieu Bock-Côté revient sur les moyens déployés par les partis de gouvernement pour lutter contre le FN ; ceux-ci ne contribuent qu'à le faire progresser.

Mathieu Bock-Côté est docteur en sociologie et chargé de cours aux HEC à Montréal. Ses travaux portent principalement sur le multiculturalisme, les mutations de la démocratie contemporaine et la question nationale québécoise. Il est l'auteur d'Exercices politiques (VLB éditeur, 2013), de Fin de cycle: aux origines du malaise politique québécois (Boréal, 2012) et de La dénationalisation tranquille: mémoire, identité et multiculturalisme dans le Québec post-référendaire (Boréal, 2007). Mathieu Bock-Côté est aussi chroniqueur au Journal de Montréal et à Radio-Canada.

Les formules sont convenues et un peu creuses, mais elles sont encore utilisées, comme si elles étaient rassurantes, et même réconfortantes: la poussée du Front national aux élections régionales est accueillie par des cris indignés qu'on veut aussi douloureux. Pour les uns, l'intolérance progresse et la percée du FN confirmerait en fait l'avilissement moral des Français. Pour les autres, les années 1930 pointent leur museau. Dans tous les cas, la démocratie serait en danger contre lequel il faudrait se mobiliser. Les éditorialistes, pour l'essentiel, partagent cette grille d'analyse, qui reconduit, pour l'essentiel, les catégories de l'antifascisme des dernières décennies. Et un peu partout, la presse étrangère, avec quelques nuances, reprend ces catégories et annonce une poussée historique de l'extrême-droite en France.

Le moins qu'on puisse dire, c'est que ce cri de scandale ne nous aide pas vraiment à comprendre sa progression. Il confirme la vétusté de l'appareil conceptuel utilisé pour penser le populisme européen. Mais quoi qu'on en pense, on ne pourra pas toujours rabattre la vie politique contemporaine sur la Deuxième guerre mondiale. On cherche souvent, pour confirmer la disgrâce démocratique du Front national, à l'associer à différentes figures de la droite antiparlementaire de la première moitié du vingtième siècle. Mais l'opération est moins scientifique que rhétorique: elle vise à confirmer la culpabilité originelle d'un mouvement politique condamné à représenter l'ennemi de la République, même quand il prétend s'y rallier et cherche à y donner des gages.

Mais dans les faits, la référence à l'extrême-droite est de moins en moins opérante: il faut sans cesse redéfinir cette notion pour y faire entrer ceux qu'on veut y associer à tout prix. Politologues et sociologues en élargissent sans cesse la définition. Mais aujourd'hui, elle sert moins à décrire qu'à décrier. Elle a surtout pour fonction d'assurer l'exclusion politique de ceux à qui on l'accole, à tort ou à raison et en vient presque à relever de la démonologie. De ceux à qui on accolera l'étiquette, on dira qu'ils sentent le soufre, ou encore, qu'ils ont des idées nauséabondes. C'est l'argument olfactif. On renifle l'adversaire, on l'accuse de puer, on le transforme en ennemi, et on le chasse du domaine public. On conviendra qu'il ne suffit plus à détourner massivement les Français du FN. On atteint probablement aujourd'hui les limites d'un antifascisme anachronique.

On aura aussi cherché, depuis quelques années, à l'étendre à tous ceux qui contestaient d'une manière ou d'une autre l'idéologie multiculturaliste et les vertus du sans-frontiérisme. On a voulu extrême-droitiser la droite lorsqu'elle ne cherchait plus à respecter les critères de respectabilité édictés par la gauche. On a réservé le même sort aux intellectuels qui s'inquiétaient de la dénationalisation de la société française et qui ne célébraient pas systématiquement la diversité à la manière d'une richesse. On les accusera de «faire le jeu du Front national». Il fallait les censurer et maintenir en vie le fantasme médiatique d'une France à la diversité heureuse. Notre époque serait merveilleuse: qui en doutera sera accusé de complaisance réactionnaire.

Il ne fallait donc pas prendre au sérieux les raisons profondes qui poussaient un nombre croissant d'électeurs vers ce parti. On connaît la formule longtemps ânonnée: par exemple, il n'y aurait pas vraiment d'insécurité en France, mais un sentiment d'insécurité. Il fallait conséquemment dénoncer ceux qui l'entretenaient. De la même manière, on fustigera ceux pour qui la crise de l'école n'était pas simplement le fruit d'une nostalgie réactionnaire, mais une réalité de mille manières documentée. La simple référence à l'identité nationale, d'ailleurs, sera progressivement disqualifiée: on n'y verra qu'une crispation identitaire symptomatique d'une fragilité psychologique malheureuse. Il n'y aurait pas de déclin français, seulement un déclinisme délirant alimenté par des idéologues qu'on désignera à la vindicte publique.

Depuis une quinzaine d'années, on le sait, on a assisté à la multiplication des phobies. Elles contribuent à la psychiatrisation de la vie politique. La dissidence est associée à une forme de dérèglement psychique, et on assistera à la multiplication des interdits moraux et idéologiques. L'inquiétude devant l'immigration massive ou le multiculturalisme sera assimilée à la xénophobie. Celle par rapport à la difficile intégration de grandes populations musulmanes en France sera quant à elle assimilée à l'islamophobie. La critique de l'intégration européenne relèvera de l'europhobie. À ce catalogue des phobies, il faudrait aussi ajouter l'homophobie et la transphobie, dont on a beaucoup parlé ces dernières années. Le nouveau régime issu de mai 68 exige qu'on s'enthousiasme devant sa promesse d'un avenir diversitaire radieux ou qu'on passe pour fou. Devant le déni de réel des élites médiatiques, certains cherchent la protestation la plus vigoureuse, même si elle est excessive.

L'idéologie soixante-huitarde, qui prend forme aujourd'hui à travers la sacralisation de la diversité, a besoin du mythe du fascisme pour poursuivre son implantation. Il lui permet d'associer ainsi aux pires horreurs du vingtième siècle la simple défense des valeurs traditionnelles et des institutions qui les pérennisaient. Dès lors, le progressisme dominant propose son alternative funeste: multiculturalisme ou barbarie. Le désaccord populaire est toujours rabattu sur le fascisme, comme s'il représentait la dernière étape avant la conversion décomplexée à l'extrême-droite. En fait, il s'agit de désarmer mentalement le commun des mortels devant ce qui est quand même une entreprise sans précédent d'ingénierie sociale et identitaire visant à modifier en profondeur l'identité du peuple français et de la civilisation européenne.

Encore aujourd'hui, on peine à traduire politiquement les clivages nés dans la dynamique des radical sixties. Qu'on le veuille ou non, la distinction entre la gauche et la droite structure encore la vie politique, surtout en France qui, à sa manière l'a inventé. Elle n'est pas sans profondeur anthropologique non plus: la gauche et la droite ne sont pas des notions complètement insensées. Mais il faut bien convenir que ce clivage n'est pas parvenu à donner une véritable forme politique aux enjeux qui touchent à la nature même de la communauté politique. Ils ne s'expriment vraiment clairement qu'avec les référendums européens, pour ensuite se dissiper une fois que le système partisan reprend ses droits. Une frange importante du peuple, dans les circonstances, semble privilégier une politique tribunicienne pour se faire entendre, même si, paradoxalement, elle l'isole politique dans les marges.

On s'est demandé cet automne pourquoi les intellectuels avaient aujourd'hui plus d'influence que les politiques dans la vie publique. Naturellement, leur parole est plus libre. Ils ne sont pas en position de responsabilité. On les suspecte moins, conséquemment, de dissimuler une part de réalité et d'être lié par une attache partisane. Mais l'essentiel était ailleurs: ne cherchant pas à s'inscrire dans un clivage politique usé, ils parviennent plus aisément à réaliser les synthèses nécessaires et à formuler une vision de l'époque et de ses enjeux délivrée de l'écartèlement habituel et exagéré entre ce que la gauche et la droite de gouvernement croient devoir être. Plus souvent qu'autrement, ils expriment une forme de conservatisme qui est peut-être d'abord et avant tout un patriotisme de civilisation. Ce créneau est aujourd'hui idéologiquement majoritaire en France, même s'il demeure vitupéré médiatiquement.

Si on laisse de côté le grand récit antifasciste maintenu artificiellement en vie par le système médiatique, on découvre une autre histoire de l'émergence du populisme européen. Sa vitalité politique repose sur un double abandon dont se sont rendus coupables les partis de gouvernement. La droite a sacrifié le patriotisme conservateur qui était la marque distinctive du RPR des bonnes années pour se convertir à un libéralisme moderniste qui n'a jamais suscité l'enthousiasme au-delà du cercle étroit des élus de la mondialisation heureuse. La gauche a renoncé à la défense du peuple pour se convertir à la cause de la diversité et à la sacralisation des minorités, en leur prêtant la vertu rédemptrice autrefois réservée au prolétariat. Le Front national a récupéré ces deux créneaux.

En un mot, les élites françaises ont sacrifié la fonction protectrice du politique, ou sa part conservatrice, si on préfère. Elles ont ainsi renoncé à certaines aspirations fondamentales au cœur de la cité. Elles ont négligé le besoin d'enracinement au cœur de l'âme humaine. Les enjeux sociétaux ont émergé ces dernières années. Ils rappellent que la politique ne saurait être victime de réductionnisme économique sans s'appauvrir existentiellement. Les hommes, quoi qu'on en pense, ne se représentent pas la société comme une simple association contractuelle d'individus sans liens véritables entre eux. Ils veulent habiter un monde commun, noué dans l'histoire et la culture. Mais on a assisté, à bien des égards, à sa dissolution dans la seule logique des droits.

Plus encore, les grandes réformes sociétales ont été présentées comme relevant de la fatalité historique. Ce sentiment d'impuissance entretenu par le mythe de la fatalité historique revalorise, par effet de contraste, ceux qui croient que la politique n'est pas sans lien et qui misent sur cette dernière pour infléchir autrement le cours de l'histoire, et reconstruire ce qui n'aurait pas dû être déconstruit. Les partis politiques qui prétendent, d'une manière ou d'une autre, sortir la politique de la seule logique de l'extension des droits et du traitement gestionnaire des problèmes sociaux risquent retrouvent aisément un écho populaire. Ils laissent croire, en quelque sorte, que l'homme a une maîtrise sur son destin, même s'ils font preuve souvent de démagogie en laissant croire que cette volonté est toute-puissante et peut s'affranchir des pesanteurs de l'époque.

On s'est émerveillé, ces dernières semaines, de la réhabilitation de la Marseillaise et du Tricolore, suite aux carnages du 13 novembre. Personne ne s'en désolera, naturellement. Il y avait là une forme de sursaut patriotique absolument admirable, à mille lieux du réflexe pénitentiel dans lequel le système médiatique se complaît spontanément. Mais une certaine autocritique aurait été la bienvenue: pourquoi les élites, et les élites de gauche, en particulier, avaient-elles abandonné les symboles nationaux? Car le Front national avait moins confisqué la nation qu'on ne lui avait concédée. C'est moins sur son programme spécifique qu'il est parvenu à croître, au fil des ans - d'autant que ce programme est assez changeant et ne se caractérise pas exactement par un souci de rigueur - que sur un désir de nation auquel il était à peu près le seul à répondre explicitement, aussi déformée sa réponse soit-elle.

Il faut voir plus large. C'est à une crise de légitimité qu'on assiste, en fait. Une crise de régime, si on veut, qui touche toutes les sociétés occidentales même si encore une fois, même si c'est en France qu'elle prend une portée civilisationnelle. La France devient le théâtre des grandes contradictions qui traversent le monde occidental. Le pouvoir semble impuissant à affronter une crise de civilisation à peu près sans précédent et se contente de disqualifier ceux qui le rappellent à ses devoirs et l'invitent à ne pas se contenter d'incantations humanitaires devant des problèmes comme la crise des migrants. Il se permet même de persécuter ceux qui dénoncent son impuissance. Ainsi, ils sont de plus en en plus nombreux à défiler régulièrement devant les tribunaux pour avoir nommé la part de réel qui heurte l'idéologie dominante. C'est, à certains égards, le seul ressort qui lui reste.

Il y a certainement d'excellentes raisons de s'opposer au Front national, mais la réduction de sa progression à la renaissance d'une forme de fascisme intemporel, qui serait la tentation diabolique de la civilisation européenne, n'en est pas vraiment une. Elle rassure certainement une frange significative des élites politiques et intellectuelles, qui peuvent dès lors prendre la pose avantageuse de la résistance contre la bête immonde, mais elle rend à peu près incompréhensible et inintelligible le pourrissement de la situation qui a pourtant propulsé le Front national au rang de premier parti de France. Et pour tout dire, la meilleure manière de lui faire barrage ne consiste certainement pas à pousser encore plus loin la politique qui a contribué à sa croissance.

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/20 … ct_premium

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
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Re: Le fil des excellents articles d'opinion

Je suis désolé de t'avoir offensé, FDL, tu ne profères pas d'insanités, mais bien souvent tu t'en fais le relais, ce qui n'est certes pas la même chose.

En l'espèce cet article commence bien, et tout à coup... Par exemple il explique comment on a cherché à extrême-droitiser la droite ; en fait la droite a largement assumé son évolution idéologique, c'était même une stratégie avouée de siphonnage. Pareil pour "faire le jeu du FN" : il me semble que c'est plutôt un meme de droite.

Je pourrais commenter chaque paragraphe comme ça, y compris les élucubrations sur l'idéologie de 68, grand moulin à vent réactionnaire, mais je n'ai pas le temps, je n'ai qu'une connexion téléphone, donc c'est bof.

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016

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Re: Le fil des excellents articles d'opinion

Broz a écrit:

Je suis désolé de t'avoir offensé, FDL, tu ne profères pas d'insanités, mais bien souvent tu t'en fais le relais, ce qui n'est certes pas la même chose.

Pas de soucis. :)

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

Re: Le fil des excellents articles d'opinion

FDL a écrit:
Broz a écrit:

Je suis désolé de t'avoir offensé, FDL, tu ne profères pas d'insanités, mais bien souvent tu t'en fais le relais, ce qui n'est certes pas la même chose.

Pas de soucis. smile

C'est toujours un plaisir de lire cette très belle amitié qui vous lie. smile

"Rédupliquer, c'est être ce qu'on dit." (S.Kierkegaard)

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Re: Le fil des excellents articles d'opinion

A l'inverse, voici l'article d'un homme intelligent.

Marianne a écrit:

Pas d'amalgame !

Jacques Julliard
Ma conviction, la voici : quand le peuple et la classe politique parlent du Front national, ils ne parlent pas de la même chose.

Non, ce n'est pas possible. Il n'y a pas 28 % de fascistes en France. Quelque chose ne colle pas dans le ton apocalyptique des titres et des commentaires au lendemain des régionales du dimanche 6 décembre. Il est vrai qu'au chapitre des apocalypses à répétition nous sommes servis depuis un mois. Il y a eu d'abord le 13 novembre et la perspective pour la France de vivre en permanence sous la menace du terrorisme le plus barbare. Quelques jours après, réunion à Paris de la conférence sur le climat : nous voici, nous-mêmes ou nos enfants, menacés d'être grillés vifs dans les prochaines décennies. Et voilà que depuis ce dimanche le fascisme est à nos portes. « Ça se rapproche », titre Libé. Le samedi, on nous assurait que le Front national n'était pas fasciste. Le lundi, le drapeau brun flottait sur la marmite.

Ma conviction, la voici : quand le peuple et la classe politique parlent du Front national, ils ne parlent pas de la même chose.

Qu'est-ce que le Front national pour le peuple, et notamment pour la fraction du peuple qui vote pour lui ? Un parti de classe, plus populaire et plus prolétarien que le Parti communiste ne le fut jamais au faîte de sa splendeur : 46,5 % des ouvriers, 41,5 % des employés, 41,4 % des chômeurs, une place croissante chez les paysans et une forte domination chez les jeunes (34,8 % chez les 18-24 ans). Le vote du Front national représente l'idéal rêvé de la sociologie bipolaire du marxisme : l'alliance du prolétariat et des classes moyennes contre les classes dirigeantes. A l'inverse, la « résistance » républicaine, comme dirait Jean-Christophe Cambadélis, est constituée par les cadres moyens et supérieurs, les patrons, les bobos, les intellectuels à haut revenu.

Sociologiquement, nous sommes dans la lutte des classes du milieu du XXe siècle. Et le programme du Front national, revu par Marine Le Pen et Florian Philippot, ne dément pas cette posture : défense de l'emploi et des services publics, retraite à 60 ans, protectionnisme, hostilité à l'Europe libérale, laïcité. C'est, à des détails près, le programme de la CGT, du Parti communiste et du Front de gauche. La seule différence notable porte sur l'immigration et la sécurité ; c'est là, à n'en pas douter, que se fait la décision chez les électeurs : 28 % pour le FN, contre 4 % au Front de gauche, soit un rapport de un à sept. C'est dire que c'est là le point décisif ; il ne sert à rien de tenter de l'escamoter en se retranchant derrière le conditionnement économique et social.

A l'inverse, qu'est-ce que le Front national pour la classe politique ? Un parti fasciste ou protofasciste. Depuis quelques jours, on entend beaucoup évoquer Vichy, la Résistance, les bruns - c'est-à-dire le nazisme. C'est en brun que le FN est représenté sur les cartes en couleurs du Monde. Au soir du premier tour, on a même avancé que le FN était contraire à notre Constitution : en ce cas, il faut l'interdire au plus vite.

En finira-t-on un jour avec cet increvable antifascisme inventé lors du congrès d'Amsterdam (1932) par Willy Münzenberg, qui était quelque chose comme le ministre de la Culture du Komintern et le nonce apostolique de Staline auprès des infidèles ? Voilà bientôt un siècle qu'on nous le sert à toutes les sauces. Inénarrable couteau suisse multi-usage, témoin de la paresse d'esprit et de l'ignorance crasse de gens qui n'en persistent pas moins à se prétendre intellectuels.

L'antifascisme universel n'est pas seulement inopérant. Il est néfaste, car il dispense de réfléchir à la nature des phénomènes nouveaux que nous rencontrons. A quoi bon analyser ce qui se passe, à la façon de Marx ou de Tocqueville, de Max Weber ou de Raymond Aron, de Gramsci ou de Furet, puisque de toute façon on retombera toujours sur une variante du fascisme de papa ! Aujourd'hui, le néoantifascisme de ces frères ignorantins s'appelle dénonciation de ce racisme et de cette islamophobie, dont on accable les électeurs du Front national, et plus généralement le peuple. Voulez-vous que je vous le dise ? Le vote Front national est pour partie croissante une réponse au mépris dans lequel les élites tiennent aujourd'hui le peuple, et le clivage que l'on a vu éclater dimanche soir était, hélas, un clivage de classe. Il pouvait pourtant espérer, ce peuple, que l'admirable sang-froid dont il fait preuve depuis janvier, son refus de répondre aux provocations, à la violence émanant de l'islamisme radical, lui vaudraient quelque satisfecit. Pas du tout. Nos professeurs de morale attendent toujours le pogrom antimusulman qui justifierait rétrospectivement la suspicion dans laquelle ils tiennent depuis des années les classes populaires.

En attendant, tout peut arriver dimanche. Les socialistes peuvent sortir vainqueurs de plusieurs triangulaires. En somme, nous ne sommes pas à l'abri d'une bonne surprise ! Pourtant, je ne peux m'empêcher de voir dans le retrait unilatéral en faveur des candidats de droite comme un suicide en direct du Parti socialiste. Et un formidable aveu d'impuissance.

Il est temps, si l'on veut le combattre efficacement, d'analyser à nouveaux frais ce phénomène d'extrême droite qui ne touche pas seulement la France mais l'Europe tout entière ; faire la part de ce qui relève des effets de la mondialisation sur les classes populaires, de leur paupérisation relative par rapport à un capitalisme prédateur et de ce que Laurent Bouvet appelle l'insécurité culturelle. Ce phénomène de désappropriation identitaire, fruit d'un brassage de populations d'ampleur inédite, n'a rien à voir avec le fascisme. S'il vous plaît, pas d'amalgame ! On ne vaincra pas le Front national sans l'identifier.

http://www.marianne.net/pas-amalgame-100238669.html

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
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Re: Le fil des excellents articles d'opinion

Le Figaro a écrit:

Paul-François Paoli : «L'appel aux valeurs républicaines, ce bouche trou de la pensée»

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN - A la veille du deuxième tour des régionales, l'auteur de Quand la gauche agonise, a accordé un entretien fleuve à FigaroVox. Il dénonce l'instrumentalisation des valeurs républicaines par une gauche qui a oublié sa propre histoire.

Paul-François Paoli est chroniqueur littéraire au Figaro et essayiste. Son dernier essai Quand la gauche agonise paraît le 25 janvier 2016 aux Editions du Rocher


Après le premier tour des élections régionales, nous avons assisté à un retour du Front républicain face au FN. Quel est le sens politique de ce front contre front?

Nous assistons à un chantage plus effréné que jamais concernant ces «valeurs républicaines» qui, bien souvent, servent de mantra à des hommes politiques en mal d'inspiration. Et comme d'habitude c'est la gauche qui demande des comptes à la droite, comme si elle était la dépositaire de la quintessence républicaine. Ce qui est intéressant dans l'affaire est l'incroyable mauvaise foi d'un camp politique que la défaite historique qu'il vient de subir ne rend pas plus modeste. Qui a, ces dernières années, bradé les symboles républicains auxquels les Français sont, dans leur ensemble, attachés, sinon la gauche? Souvenons-nous des sifflets du stade de France lors du fameux match France Algérie, en 2002. La gauche écolo-socialo communiste de l'époque, acquise au thème de la repentance coloniale, y était allée de sa «compréhension». Quelques semaines plus tard, Jean Marie Le Pen accédait au second tour des présidentielles. Souvenons-nous des régulières railleries des Verts concernant les défilés du 14 juillet ou des protestations de Mme Dominique Voynet contre La Marseillaise ce «chant guerrier archaïque». Souvenons-nous des milliers de supporters algériens, notamment à Marseille et à Paris qui, durant le dernière coupe du monde de football, ont brandi leur drapeau en clamant leur identité algérienne alors qu'ils sont, pour beaucoup, Français de droit. Protestation ou étonnement à gauche? Mais vous rêvez. A l'époque, Mme Aurélie Filippeti avait même trouvé sympathique ces débordements. Et elle ne fut pas la seule. De son côté, le philosophe Alain Badiou, icone de la gauche intellectuelle, ne s'est pas gêné, au lendemain de l'attentat contre Charlie hebdo pour exprimer tout le mépris que lui inspirent le drapeau tricolore et l'idée de république française dans une tribune du Monde, parue le 28 janvier 2014. C'est un secret de polichinelle: la gauche- à l'exception de Jean Pierre Chevènement, Le Drian et quelques autres- n'aime pas une République française toujours trop française à son goût.

Après les attentats du vendredi 13 novembre, la gauche s'est cependant réappropriée certains symboles: le drapeau, la Marseillaise et même l'idée de frontière …

François Hollande et Manuel Valls ont été habiles sur ce plan là. Hollande est un maître de l'ambivalence et sa culture politique n'est peut être pas très éloignée de celle d'un Jacques Chirac. L'un et l'autre ont en commun cet habillage républicain qui peut toujours servir en état de crise. Du reste on ne voit pas très bien ce qu'il aurait pu faire d'autre. Les symboles républicains, depuis le drapeau jusqu'à la Marseillaise, rassurent les Français. D'un autre côté il est aussi un fossoyeur du principe républicain, notamment quand il revient agiter le thème du droit de vote des étrangers, une sorte de chiffon rouge symbolique qui affaiblit l'idée même de citoyenneté nationale.

Pour la gauche et même une partie de la droite, l'idée de la préférence nationale défendue par le FN exclut ce parti du champ républicain…

Certains s'insurgent contre toute idée de préférence nationale, laquelle serait par nature anti républicaine. Ils oublient que la République radicale socialiste a, entre les deux guerres, renvoyé des dizaines de milliers d'ouvriers italiens ou polonais dans leurs foyers avec l'accord de la CGT qui souhaitait réserver l'emploi aux travailleurs français. Ils oublient le fameux décret-loi du 2 mai 1938 sur la police des étrangers signé par le président du conseil Edouard Daladier et le garde des sceaux Paul Reynaud, tous deux membres du part radical qui œuvra durant le Front populaire. Le rapport au président de la République française stipulait ceci: «Et tout d'abord la France ne veut plus chez elle d'étrangers «clandestins», d'hôtes irréguliers: ceux-ci devront dans le délai d'un mois fixé par le présent texte, s'être mis en réglé avec la loi, ou s'ils préfèrent, avoir quitté notre sol». Dans le décret lui-même il était écrit ceci: «Pour déceler et identifier les étrangers clandestins et ceux qui ne sont pas en règle, il nous aura paru indispensable d'étendre à tout logeur professionnel ou bénévole l'obligation de déclarer qu'il héberge un étranger. Rien de vexatoire dans une telle obligation, simple mesure d'ordre dont on aperçoit toute la portée pratique, comme toute l'efficacité». La délation n'est plus anti républicaine quand c'est la gauche républicaine qui l'instaure. De même: la déchéance de la nationalité n'est plus antirépublicaine dès lors que c'est François Hollande qui la propose. Dans ce pays il suffit que la gauche mette en œuvre une disposition proposée par la droite pour qu'elle devienne aussitôt compatible avec les «valeurs républicaines». C'est une chance quand on prétend donner aux autres des leçons de valeurs. Mais n'est-ce pas à la droite, aujourd'hui, de demander des comptes aux socialistes sur ce qu'ils ont fait de la République?

La gauche de la troisième République se reconnaitrait-elle dans la gauche d'aujourd'hui?

Je ne crois pas car il y a eu la rupture de Mai 68. La gauche hollandaise est acquise est thèmes sociétaux de la post modernité, notamment la parité des sexes et le mariage pour tous. On imagine mal Pierre Mendès France ou Guy Mollet défiler pour le mariage gay. En réalité la gauche hollandaise a vidé le principe républicain de sa substance. La république chère à Mendès France, pour évoquer celui qui fut une des grandes figures de la gauche française au XX e siècle, était indissociable de la souveraineté nationale et d'une certaine conception de la vertu.

Une certaine presse de gauche accuse les intellectuels d'avoir basculé à droite. La gauche conserve-t-elle vraiment l'hégémonie culturelle?

La gauche est entrain de perdre l'hégémonie culturelle et cela constitue un événement de la plus grande importance. Et ce pour la première fois depuis la Libération! Il ne va plus de soi désormais qu'un intellectuel soit de gauche en France, ce qui constitue un changement inoui. Le lien, quasiment génétique, entre la gauche et l'intelligentsia est entrain de rompre. D'où l'affolement de la gauche institutionnelle. Elle a déjà égaré le monde ouvrier en route et voilà qu'elle se retrouve sans ténors intellectuels! Qui plus est, comme je l'explique dans mon prochain essai , la république des bons sentiments, le dernier grand penseur que la gauche pouvait revendiquer, à savoir Michel Foucault, dont l'œuvre entre dans la Pléiade, fut un des plus grands fossoyeurs de la gauche, aussi bien républicaine que social démocrate ou marxiste. Michel Foucault a déconstruit les fondamentaux du progressisme qui reposent sur la croyance au Progrès et en la Raison. Pour lui la notion de valeur républicaine n'avait aucun sens. Ni celle de nation et encore moins celle d'Etat. Les grands thèmes sociétaux, notamment celui de la théorie du genre ou du mariage pour tous, lui doivent beaucoup. A gauche on se croit intelligent en se référant en même temps à Michel Foucault, qui a ruiné toute idée de morale et aux valeurs républicaines, qui sont très moralisatrices. Si la droite politique était tant soit peu intellectualisée elle enfoncerait le clou et renverrait la gauche politique à son néant philosophique.

Sur le plan intellectuel les lignes bougent, sur le pan politique c'est plus compliqué …

Les politiques sont en retard sans doute. La droite politique n'a pas pris la mesure du bouleversement en cours et Eric Zemmour a raison de dire qu'ils sont, pour beaucoup, incapables de penser par eux mêmes, sans l'autorisation normative de la gauche. D'où la surenchère réthorique sur les «valeurs républicaines», ce bouche trou de la pensée. Alain Juppé va vers la gauche et liquide les fondamentaux du gaullisme quand les Français se radicalisent à droite, c'est étonnant quand on y pense!

Les élections régionales vont-elles accoucher d'une recomposition ou d'un grand brouillage idéologique?

Il est possible qu'un bouleversement se produise au niveau des Républicains car je ne vois pas comment faire tenir ensemble une base qui pense majoritairement comme Nadine Morano et des notables qui ont une peur bleue d'être réprouvés par les médias. Churchill plaisantait avec Staline au Kremlin qui est un des plus grands criminels du XX e siècle, mais eux ont peur de discuter avec les responsables du Front national, on croit rêver!

http://www.lefigaro.fr/vox/religion/201 … pensee.php

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
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Re: Le fil des excellents articles d'opinion

Les bons articles de Slate, c'est (très) rare, mais ça existe. Ici sur le mépris de classe des politiciens (notamment Mèche Folle) à l'égard des sans-dents.

http://www.slate.fr/story/111495/lecon- … -femme-rsa

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
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Re: Le fil des excellents articles d'opinion

Le Figaro a écrit:

Le FN, René Girard et la théorie du bouc émissaire

FIGAROVOX/TRIBUNE - Vincent Coussedière estime que le Front national est en passe de fracturer un système qui l'a érigé en bouc-émissaire.

Vincent Coussedière est agrégé de philosophie et auteur d'Éloge du populisme (Elya éditions).

Les «élites» françaises, sous l'inspiration et la domination intellectuelle de François Mitterrand, on voulu faire jouer au Front National depuis 30 ans, le rôle, non simplement du diable en politique, mais de l'Apocalypse. Le Front National représentait l'imminence et le danger de la fin des Temps. L'épée de Damoclès que se devait de neutraliser toute politique «républicaine».

Cet imaginaire de la fin, incarné dans l'anti-frontisme, arrive lui-même à sa fin. Pourquoi? Parce qu'il est devenu impossible de masquer aux français que la fin est désormais derrière nous. La fin est consommée, la France en pleine décomposition, et la république agonisante, d'avoir voulu devenir trop bonne fille de l'Empire multiculturel européen. Or tout le monde comprend bien qu'il n'a nullement été besoin du Front national pour cela. Plus rien ou presque n'est à sauver, et c'est pourquoi le Front national fait de moins en moins peur, même si, pour cette fois encore, la manœuvre du «front républicain», orchestrée par Manuel Valls, a été efficace sur les électeurs socialistes. Les Français ont compris que la fin qu'on faisait incarner au Front national ayant déjà eu lieu, il avait joué, comme rôle dans le dispositif du mensonge généralisé, celui du bouc émissaire, vers lequel on détourne la violence sociale, afin qu'elle ne détruise pas tout sur son passage. Remarquons que le Front national s'était volontiers prêté à ce dispositif aussi longtemps que cela lui profitait, c'est-à-dire jusqu'à aujourd'hui. Le parti anti-système a besoin du système dans un premier temps pour se légitimer.

Nous approchons du point où la fonction de bouc émissaire, théorisée par René Girard (1) va être entièrement dévoilée et où la violence ne pourra plus se déchaîner vers une victime extérieure. Il faut bien mesurer le danger social d'une telle situation, et la haute probabilité de renversement qu'elle secrète: le moment approche pour ceux qui ont désigné la victime émissaire à la vindicte du peuple, de voir refluer sur eux, avec la vitesse et la violence d'un tsunami politique, la frustration sociale qu'ils avaient cherché à détourner.

Les élections régionales sont sans doute un des derniers avertissements en ce sens.

Y-a-t-il une solution pour échapper à une telle issue? Avouons que cette responsabilité est celle des élites en place, ayant entonné depuis 30 ans le même refrain. A supposer cependant que nous voulions les sauver, nous pourrions leur donner le conseil suivant: leur seule possibilité de survivre serait d'anticiper la violence refluant sur elles en faisant le sacrifice de leur innocence. Elles devraient anticiper la colère d'un peuple qui se découvre de plus en plus floué, et admettre qu'elles ont produit le système de la victime émissaire, afin de détourner la violence et la critique à l'égard de leur propre action. Pour cela, elles devraient cesser d'ostraciser le Front national, et accepter pleinement le débat avec lui, en le réintégrant sans réserve dans la vie politique républicaine française. Pour cela, elles devraient admettre de déconstruire la gigantesque hallucination collective produite autour du Front national, hallucination revenant aujourd'hui sous la forme inversée du Sauveur. Ce faisant, elles auraient tort de se priver au passage de souligner la participation du Front national au dispositif, ce dernier s'étant prêté de bonne grâce, sous la houlette du Père, à l'incarnation de la victime émissaire.

Il faut bien avouer que nos élites du PS comme de Les Républicains ne prennent pas ce chemin, démontrant soit qu'elles n'ont strictement rien compris à ce qui se passe dans ce pays depuis 30 ans, soit qu'elles l'ont au contraire trop bien compris, et ne peuvent plus en assumer le dévoilement, soit qu'elles espèrent encore prospérer ainsi. Il n'est pas sûr non plus que le Front national soit prêt à reconnaître sa participation au dispositif. Il y aurait intérêt pourtant pour pouvoir accéder un jour à la magistrature suprême. Car si un tel aveu pourrait lui faire perdre d'un côté son «aura» anti-système, elle pourrait lui permettre de l'autre, une alliance indispensable pour dépasser au deuxième tour des présidentielles le fameux «plafond de verre». Il semble au contraire après ces régionales que tout changera pour que rien ne change. Deux solutions qui ne modifient en rien le dispositif mais le durcissent au contraire se réaffirment.

La première solution, empruntée par le PS et désirée par une partie des Républicains, consiste à maintenir coûte que coûte le discours du front républicain en recherchant un dépassement du clivage gauche/droite. Une telle solution consiste à aller plus loin encore dans la désignation de la victime émissaire, et à s'exposer à un retournement encore plus dévastateur. Car le Front national aura un boulevard pour dévoiler qu'il a été la victime émissaire d'une situation catastrophique dont tout montre de manière de plus en plus éclatante qu'il n'y est strictement pour rien. En ce sens, si à court terme, la déclaration de Valls sur le Front national, fauteur de guerre civile, a semblé efficace, elle s'avérera sans doute à plus ou moins long terme, comme le stade ultime de l'utilisation du dispositif de la victime émissaire, avant que celui-ci ne s'écroule sur ses promoteurs mêmes. Car sans même parler des effets dévastateurs que pourrait avoir, a posteriori, un nouvel attentat, sur une telle déclaration, comment ne pas remarquer que les dernières décisions du gouvernement sur la lutte anti-terroriste ont donné rétrospectivement raison à certaines propositions du Front national? On voit mal alors comment on pourrait désormais lui faire porter le chapeau de ce dont il n'est pas responsable, tout en lui ôtant le mérite des solutions qu'il avait proposées, et qu'on n'a pas hésité à lui emprunter!

La deuxième solution, défendue par une partie de Les Républicains suivant en cela Nicolas Sarkozy, consiste à assumer des préoccupations communes avec le Front national, tout en cherchant à se démarquer un peu par les solutions proposées. Mais comment faire comprendre aux électeurs un tel changement de cap et éviter que ceux-ci ne préfèrent l'original à la copie? Comment les électeurs ne remarqueraient-ils pas que le Front national, lui, n'a pas changé de discours, et surtout, qu'il a précédé tout le monde, et a eu le mérite d'avoir raison avant les autres, puisque ceux-ci viennent maintenant sur son propre terrain? Comment d'autre part concilier une telle proximité avec un discours diabolisant le Front national et cherchant l'alliance au centre?

Curieuses élites, qui ne comprennent pas que la posture «républicaine», initiée par Mitterrand, menace désormais de revenir comme un boomerang les détruire. Christopher Lasch avait écrit La révolte des élites, pour pointer leur sécession d'avec le peuple, c'est aujourd'hui le suicide de celles-ci qu'il faudrait expliquer, dernière conséquence peut-être de cette sécession.

(1) René Girard: La violence et le sacré

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/20 … ssaire.php

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

Re: Le fil des excellents articles d'opinion

FDL a écrit:

C'est de cela dont

http://1.bp.blogspot.com/_mJ93h3oAFvc/Sw0f1N7ZLAI/AAAAAAAABjc/HbkPV7U-pXs/s1600/pere_fouettard.jpg

« "Jean-Marie Le Pen's racism {{citation needed}}" est quand même énorme. » (Free French)
« Tu as beau prendre de haut tout le monde ici » (FDL)

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Re: Le fil des excellents articles d'opinion

Merci la gauche.

Le Figaro a écrit:

Paul-François Paoli : «Je suis Corse et je suis Français»

FIGAROVOX/HUMEUR - Paul-François Paoli réagit à la victoire des nationalistes en Corse. Pour lui, l'île de beauté doit assumer sa double identité corse et française dans un esprit de solidarité avec la France.

Paul-François Paoli est chroniqueur littéraire au Figaro et essayiste. Son dernier essai Quand la gauche agonise paraît le 25 janvier 2016 aux Editions du Rocher.

Etrange phénomène: ceux qui nous ont ressassé, des semaines durant, qu'une région tombant dans la nasse du Front national serait un territoire perdu de la République restent muets devant la victoire de nationalistes en Corse dont certains ne se cachent guère de vouloir en finir avec la République française au nom de l'identité historique du peuple corse. Où sont passés les artificiers des valeurs républicaines, toutes les belles âmes qui ont injurié les électeurs du FN? Si celui ci s'approprie la culture républicaine c'est pour mieux trahir ses valeurs expliquent nos artificiers anti fascistes. Mais quand les identitaires antillais ou corses revendiquent haut et fort leur communautarisme aux relents francophobes les voilà qui ont l'aval, plus ou moins tacite, d'une gauche, à commencer par les Verts, qui n'a cessé de flatté le nationalisme en Corse. La corsisation des emplois, qui n'est que la version corsiste de la préférence nationale est-t-elle républicaine? Ou est passé le Front de gauche, si prompt à dénoncer «l'islamophobie» lepéniste? Comme si on ne savait pas que l'électeur nationaliste corse était au moins aussi islamophobe que lui. On peut être étonné du peu de réaction des hommes politiques. Soit ils ne prennent pas la Corse au sérieux, soit ils ne veulent pas comprendre ce qui est entrain d'arriver. La victoire nationaliste en Corse sonne le glas d'un certain républicanisme français. La France, qui a la prétention d'intégrer des millions d'étrangers vivant sur son sol, n'est pas parvenue, en 250 ans d'histoire commune, à faire de la Corse une région de France à part entière. Il faut donner raison aux nationalistes sur un point fondamental: aussi administrativement Française soit elle, la Corse, dans son tréfonds, n'est pas française et ne l'a jamais été. Il suffit d'aller en Corse pour ressentir que l'on est, en Corse, ailleurs qu'en France.

Les commentateurs confondent la Corse et ces générations de Corses qui sont devenus Français. Si les élites corses ont été francisées sous la III République- souvenons-nous du fameux serment de la Place St Nicolas du 4 décembre 1938 où les corses juraient de vivre et mourir français- sur un plan anthropologique, la Corse profonde n'est pas devenue française. Elle a ses propres lois, notamment celle d'un clan familial sacralisé, qui ne sont pas celles de la France et de son Etat. C'est cette Corse là qui vient de l'emporter en Corse, comme il fallait s'y attendre, après 50 ans de labourage idéologique nationaliste. En Corse, comme aux Antilles, c'est la même idéologie du ressentiment historique qui prédomine, une idéologie que la gauche et notamment les Verts a contribué à développer. Les nationalistes corses n'ont pas besoin d'avoir lu Pierre Bourdieu, ils font du Bourdieu sans le savoir, comme Mr Jourdain faisait de la prose. Ils sont parvenus à convaincre la jeunesse insulaire que la Corse est un pays opprimé par un Etat jacobin à la fois méprisant et impuissant.

Rien n'est plus significatif à cet égard que la question de la langue. Les nationalistes demandent la parité du corse et du français et, sur le plan du sens commun, on ne voit pas pourquoi il faudrait leur donner tort. Pourquoi la langue corse n'aurait elle pas le droit d'être co-officielle en Corse? Ce serait bien la moindre des choses! Sauf que le sens commun, ici, est trompeur car les Corses, dans leur grande majorité, ne lisent pas le Corse spontanément. Un journal comme Corse matin qui diffuse depuis des années les thèses nationalistes ne se risque pas à éditer une version quotidienne rédigée en Corse. Pourquoi ne donne t'il pas l'exemple? Pourquoi les éditeurs corses ne traduisent t'ils pas Jérôme Ferrari, prix Goncourt 2012, en corse? La parité culturelle ne s'institue pas et les grands écrivains corses, depuis Angelo Rinaldi à Jean Noel Pancrazi, en passant par Ferrari, sont des écrivains de langue française. Même Marc Biancarelli, écrivain corsiste de talent, se fait éditer en français chez Actes sud. Si la défense de l'identité corse est légitime, l'idée que la culture française est une aliénation relève de l'intégrisme identitaire. Elle concourt à renforcer la seule vraie aliénation qui soit: celle de la sous culture mondialisée d'exportation américaine qui folklorise les cultures nationales et régionales.

L'identité culturelle de la Corse est double, tout à la fois corse et française et les corses eux mêmes sont, pour beaucoup, mariés a des continentaux. Les intégristes jacobins en perte de vitesse et les intégristes nationalistes récusent cette dualité. Pour les premiers, être corse et breton n'est qu'un particularisme obscur, tandis que pour les intégristes corses à la Talamoni, être français est incompatible avec le fait d'être Corse. Ces deux intégrismes amènent la Corse dans l'impasse. En Corse ce sont désormais les identitaires qui règnent. Ils aspirent à parler, penser et rêver en corse, tout en réclamant des services publics à la française! S'ils étaient cohérents ils proposeraient la sécession avec la France, laquelle ne pourrait être crédible que si les Corses qui vivent majoritairement hors de l'ile, venaient apporter leur concours au développement de ce pays qui en a tant besoin, vérolé qu'il est par le chômage, l'assistanat et la criminalité. Sur le plan théorique, une Corse indépendante qui assumerait sa double identité corse et française ne serait pas, en soi, une aberration, si elle parvenait à accroitre une population vieillissante. Mais les nationalistes croient ils vraiment que l'on peut faire de 300. 000 insulaires, dont le tiers n'est pas corse, une nation digne de ce nom? Ne vont-ils pas se contenter de transformer la Corse en lobby communautaire dont la fonction sera de faire pression sur Paris?

Contrairement aux nationalistes algériens, irlandais, écossais ou catalans, les nationalistes corses, dans leur majorité, ne veulent pas de l'indépendance. Ils veulent défranciser la Corse mais conserver les avantages de l'Etat providence. Cette ambivalence est aussi inacceptable que déloyale. Soit la Corse va à l'indépendance et tout est possible, même le pire, une guerre civile entre intégristes identitaires et corses français, soit elle assume sa double identité corse et française dans un esprit de solidarité avec la France en guerre contre l'islamisme. C'est le parti de la raison qui doit l'emporter. La solidarité nationale à l'endroit de la Corse n'a de sens que si les insulaires se sentent, eux aussi, solidaires de la France. Les vrais problèmes de la Corse ne sont pas identitaires- les corses peuvent parler et lire le corse tant qu'ils veulent s'ils le veulent-ils sont économiques et démographiques mais aussi civilisationnels car la Corse sera confrontée à l'islamisme comme tout l'Occident. Les continentaux devraient s'intéresser à la Corse car l'ile, qui a été un des laboratoires de la République est aujourd'hui l'expression de son échec. Aux Français d'en tirer les conséquences et de revenir à Renan: la nation est un plébiscite de tous les jours. Elle est une communauté de destin assumée. En Corse cette communauté de destin n'est plus assumée car l'ethno narcissisme des nationalistes la met en danger. Souvenons nous de ce fabuleux passage de Coke en Stock ou le capitaine Haddock ne parvient pas à s'endormir dans la couchette de son bateau parce qu'il ne sait pas ou mettre sa barbe, sous le drap ou au dessus! La Corse va-t-elle devenir la barbe urticante d'une France en guerre contre l'islamisme? Est ce le moment, alors que Daesh est aux portes de l'Europe, de se désolidariser les uns les autres?

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/20 … ancais.php

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

Re: Le fil des excellents articles d'opinion

Une position sur la laïcité comme arme contre le terrorisme à laquelle je souscris à 100%.

http://www.slate.fr/story/112221/non-le … e-gere-pas

Non, le terrorisme islamique ne se «gère» pas!

Bruno Bertrand et François Braize et Jean Petrilli

France
23.01.2016 - 12 h 45

mis à jour le 23.01.2016 à 12 h 45

Se limiter au bras armé dans l’appréciation de ce qu’il nous faut faire est une erreur d’analyse et nous enferme dans une logique d’impuissance.

Bras armé du totalitarisme religieux de Daech, le terrorisme n’est pas le cœur du sujet: il est comme le doigt du sage qui montre la lune! Nous sommes en guerre, par les armes et par le combat idéologique, contre un fondamentalisme religieux, inspirateur et commanditaire du terrorisme, et ce dernier doit être détruit avec lui. En outre, il ne faut pas se tromper sur le diagnostic et les remèdes face au radicalisme islamiste, y compris non violent, et il faut en tirer toutes les conséquences en termes d’exigence et de fermeté laïques, en particulier à l’école où tout se joue.

1.Nous sommes en guerre, et la laïcité est notre arme

Sur l’idée de guerre, certains ergotent, d’autres mégotent, beaucoup font de la sémantique, même lorsque leurs pères considéraient, parfois avant tout le monde, qu’en Algérie c’était bien une guerre, et alors que, déjà, elle fut aussi autre que conventionnelle. Jusqu’à même voir soutenir que le terrorisme ne peut pas être détruit, mais doit être «géré». Position aussi réaliste que celle de ceux qui prétendaient qu’il fallait négocier avec Hitler pour éviter la guerre! Le terrorisme n’est que le bras armé d’une entreprise totalitaire religieuse et barbare qui a pris la forme d’un Etat, Daech. Se limiter au bras armé, le terrorisme, dans l’appréciation de ce qu’il nous faut faire est une erreur d’analyse et nous enferme dans une logique d’impuissance.

Nous sommes en guerre parce que l’on nous l’a déclarée bien avant que la France envoie une seule bombe sur l’Irak ou la Syrie, ou un seul soldat au Mali. Le programme de l’Etat islamique et de ses affidés et coreligionnaires est simple: conquérir la planète pour Allah et la soumettre à sa volonté, la «charia» pour tous par le rétablissement du grand Califat, si possible mondial, avec destruction de ceux qui ne se soumettent pas. Mohamed Sifaoui et Abdenour Bidar notamment, avec d’autres telle Malika Sorel, sur la question du voile, le répètent à longueur d’émissions ou de colonnes de journaux.

Daech a un projet, politique, idéologique et religieux, pervers et assassin, qui a pour objet l’asservissement généralisé, la destruction de nos valeurs et de notre civilisation humaniste et hédoniste et, ce, au nom de l’islam. Pour savoir cela, il suffit d’écouter ou de lire ce qui a été déclaré depuis plusieurs années par les théoriciens de l’islam radical. Et de regarder ce qu’ils font, ou font faire, en application: décapiter, lapider, fouetter, massacrer des innocents comme au Bataclan, tuer des journalistes comme ceux de Charlie Hebdo, remplir des charniers de yézidis comme à Sinjar, asservir les femmes, détruire les lieux de culture... L’entreprise barbare islamique semble sans limite. Et il faudrait négocier, lever les armes, «gérer»? Mais négocier quoi? Admettre un petit peu de charia pour tous? On croit à une plaisanterie, mais non, certains osent. Esprit de Munich, quand tu les tiens...

Et, en prime, la cohorte désolante des «idiots utiles» continue, face au totalitarisme le plus hideux, comme si de rien n’était, d’attribuer la responsabilité, exclusive ou principale, de la situation à aux sociétés occidentales... Cela doit conduire à s’interroger sur le concept de causalité et de conscience mystifiées.

Donc, nous sommes bien en guerre parce qu’on nous la fait. Mais cela doit être bien clair aussi, nous ne sommes pas en guerre contre les musulmans, pas plus que contre les autres croyants... Il n’y a que des extrémistes de droite qui peuvent prendre le risque de se lancer dans une guerre de religions entre l’islam et l’Occident qui serait, lui, chrétien.

Néanmoins, soyons lucide, les horreurs de janvier et de novembre 2015 ont à voir avec l’islam et il est impossible de l’en dédouaner même par des slogans faciles. L’islamisme radical est une idéologie religieuse et politique qui est l’expression achevée, en quelque sorte un «idéal type dégénéré», de l’esprit de conquête et de prosélytisme qu’affectionnent toutes les religions, à la stricte proportion de leur immaturité en matière de modernité. Donc, oui, nous sommes en guerre contre l’islam radical totalitaire et ce dernier fait bien partie de l’islam. Qui oserait dire que les abominations et massacres commis par les catholiques au XVe siècle, ce n’était pas l’église catholique?

Mais ce n’est pas tout. Ce n’est pas que de cela dont il s’agit: c’est aussi du combat contre l’obscurantisme, qu’il va nous falloir mener toujours davantage pour ne pas sombrer avec un angélisme navrant et mortel. C’est un combat idéologique qui est pacifique, mais qui doit être résolu. Ce combat idéologique requiert une laïcité pleine, puisqu’il faut «bien nommer les choses pour ne pas ajouter au malheur du monde», du même niveau que celle que la IIIe République naissante avait identifié comme indispensable face à une église catholique hégémonique et ne voulant, elle aussi à l’époque, rien lâcher.

Dans ce combat, notre arme est la laïcité. Plus aucune concession, plus aucun accommodement soi-disant raisonnable. La religion est une affaire privée, celle de la liberté de conscience, et l’affaire des lieux de culte, lieux de son expression collective. Sinon, on admet le prosélytisme affiché ou insidieux et on baisse la garde face à des désirs de conquêtes toujours plus importantes. Doit-on les admettre sans barguigner? Nous ne le croyons pas.

On peut, à cet égard, avec Elisabeth Badinter, considérer que la gauche a trahi la République en abandonnant le combat laïque pour faire place à un œcuménisme naïf, une simple neutralité. Neutralité bienveillante pour les malveillants? La laïcité n’est pas neutre, elle est le combat pour l’émancipation des citoyens, et ce dès l’école, contre tous les obscurantismes, qu’ils soient islamique ou autres. La droite, aussi, a trahi cet idéal républicain, voire même plus que la gauche, mais, elle, la laïcité républicaine n’est pas dans ses gènes historiques.

Il va donc falloir mener, et encore plus, le combat laïque car le fondamentalisme religieux islamique est le terreau idéologique du terrorisme. Ce combat des idées contre l’asservissement de la femme qu’il faudrait voiler et soumettre (puisqu’elle est impure!), ce combat aussi contre la barbarie vis-à-vis des animaux qu’il faudrait égorger vifs sans étourdissement préalable (on ne sait pourquoi, sinon que les dogmes des cultes musulmans et israélites le requièrent...), ce combat également contre l’obscurantisme anticonceptionnel ou anti-homosexuel (on voit trop bien pourquoi), ce combat même pour la culture! Bref, cette «guerre» contre le primat du religieux sur nos vies, il va falloir aussi la mener sans faiblesse, ni relâche, et en même temps que la guerre par les armes contre les barbares, mais sans confondre les deux. Cela suppose des analyses et des consciences lucides, non mystifiées.

2.Combattre les «consciences mystifiées»

Pour combattre sans aucune chance de succès l’intégrisme islamique qui veut conquérir et asservir le monde, rien de tel que de se tromper de diagnostic sur les causes et sur les remèdes. Et là, il faut bien le dire, c’est, depuis le 13 novembre et au fur à mesure que l’horreur s’estompe, un festival. Des analyses énormes de non-sens se répandent dans les médias, dans les réseaux sociaux et même dans le débat politique.

On ne parle même pas ici des idiots qui affectionnent la théorie du complot bien commode pour leurs insuffisances intellectuelles. On ne parle pas non plus des thèses simplistes qui essentialisent en terroristes tous les musulmans ou, à l’inverse, emploient à tour de bras le concept commode «d’islamophobie» pour paralyser toute critique de l’islam. On ne parle pas ici, enfin, de tous ceux qui se sont demandé si la France pouvait bombarder ses propres enfants engagés en Syrie avec Daech (!). Non, on parle ici de journalistes, d’intellectuels et de politiques qui, par idéologie voire incompétence, ajoutent l’insuffisance au caractère dramatique de la situation,  tant sur la causalité que sur les remèdes, flirtant ainsi parfois avec le ridicule.

Dans la théorie juridique, et cela intéresse aussi l’art de la rhétorique, deux approches existent en matière de causalité: celle dite de la causa proxima, issue du droit romain, qui identifie comme cause d’une situation, le fait, l’acte, l’événement le plus rapproché qui ainsi a, directement et immédiatement, déclenché cette situation. Cette conception de «droit pur» est plutôt celle du juge judiciaire. Plus «politique», le juge administratif s’est fait, quant à lui, le chantre de la théorie de la «causalité adéquate», et, ainsi, il va chercher, dans la chaîne des évènements, le fait ou l’acte qui lui paraît, même s’il est très en amont, avoir fait naître le dommage.... et parfois même permet la possibilité de sa réparation!

S’agissant du terrorisme et de la radicalité, on jurerait que le Conseil d’Etat a fait des émules avec la «causalité adéquate», car il semble aujourd’hui y avoir autant de causes au terrorisme et à la radicalisation que d’experts qui en parlent, tous aussi «savants». L’opportunisme et la rhétorique font leur office, même contre la raison et le bon sens.

Certains plaident que la désespérance sociale des quartiers et des populations issues de l’immigration qui les peuplent est «LA» cause et qu’il suffit de mettre d’autres paquets de milliards dans les cités et/ou de réduire le chômage pour que tout se règle. Pas de chance, bon nombre des radicalisés islamistes sont issus des classes moyennes, voire aisées, et pour certains des fils de «Gaulois» convertis. Franchement, comment croire que Daech et ses semblables s’arrêteront dès qu’on aura repeint de nouveau les cités ou/et qu’on sera descendu à un chômage à 5%?

D’autres considèrent que « LA» cause est dans le comportement de l’Occident et de la France au Moyen-Orient. Pas de chance non plus, l’appel au terrorisme et les processus de radicalisation sont bien antérieurs à toute intervention française au Mali ou en Syrie. D’autres remontent à la colonisation... D’autres considèrent qu’on a affaire à des fous qu’il suffirait de psychiatriser, etc.

En fait, si l’on réfléchit bien, TOUS, en parlant de la cause de la radicalisation et du terrorisme qui a leur faveur, parlent surtout de «LEUR» cause, celle qu’ils défendent, et étalent ainsi ce que Marx appelait une «conscience mystifiée» par une idéologie. 

En réalité, il semble bien que, s’agissant des individus radicalisés à l’extrême, la causalité de leur radicalisation est très complexe et que de nombreux facteurs entrent en jeu pour conduire un jeune Français à en massacrer d’autres et à se faire exploser. Mais au fondement premier, comment le nier, il y a une entreprise religieuse totalitaire abominable –l’islam radical salafiste–, largement partagée dans le monde islamique et y compris par des Etats, et qui les instrumentalise.

En conséquence, il nous semble que chez chacun des jeunes Français qui rejoignent cette funeste entreprise, les facteurs causals sont dosés de manière variable en fonction de chaque histoire personnelle. Privilégier un seul de ces facteurs de causalité au gré de ses préférences n’est pas honnête et est, en outre, inacceptable s’il s’agit de ne pas voir, ou de gommer, l’existence de l’entreprise politique et religieuse totalitaire. Ce serait comme ne regarder, pour les nazis, que les parcours personnels individuels, sans vouloir voir, ni donc s’attaquer, à l’entreprise totalitaire. Ridicules ou complices, voilà le véritable diagnostic sur les consciences mystifiées. On va le vérifier avec les remèdes.

Des voix se font entendre pour critiquer vertement les mesures qui sont prises dans le cadre de l’Etat d’urgence, ou en préparation, au motif de soi-disant «atteintes graves» aux libertés. Regardons y de plus près. Réclament-elles que l‘état d’urgence soit surveillé dans sa mise en œuvre par le juge, les médias, le Parlement? C’est déjà le cas et c’est normal et les médias regorgent de la parole donnée aux «victimes» des assignations à résidence. Réclament-ils que nos plus hautes institutions protectrices des libertés vis-à-vis «d’exactions» éventuelles de l’exécutif donnent leur avis sur certaines des mesures envisagées? Ce fut aussi le cas, comme annoncé au Congrès, et le Conseil d’Etat a donné son avis et indiqué au gouvernement comment procéder au regard des exigences de l’Etat de droit. Mais que veulent-elles alors, au juste?

Certains contestent en fait l’état d’urgence et ses mesures d’application, ou auraient voulu qu’il soit limité à douze jours. Cela paraît irresponsable. En effet, trois semaines après les attentats, l’on a découvert à Lyon des explosifs cachés dans le bosquet d’un parc public pour échapper sans nul doute aux perquisitions, puis furent déjoués des attentats en préparation à Orléans et Montpellier, avant que d'autres attaques ne se produisent encore ces derniers jours à Paris contre un commissariat ou contre un enseignant juif à Marseille.

D’autres contestent que la liberté de manifester dans les rues soit réduite pendant l’état d’urgence, prenant le risque de voir disperser l’action des forces de l’ordre. D’autres contestent que notre Constitution ait à prévoir dans ses dispositions «l’état d’urgence», comme si c’était un danger de constitutionnaliser!

Certes, il nous faut rester un Etat de droit et une démocratie pour ne pas tomber dans le piège de Daech et de ses semblables. Et il faut pouvoir débattre dans un pays libre. Mais où ont ils vu, nos contestataires, que ces mesures nous faisaient sortir de l’Etat de droit? Sur celles qui sont en œuvre dans le cadre de l’état d’urgence (assignations à résidence, perquisitions administratives), faisons confiance aux juges et au contrôle en temps réel du Parlement, voire à nos médias qui en seront gourmands, pour débusquer d’éventuelles erreurs afin qu’elles soient corrigées. Mais, félicitons nous des armes et documents saisis, des personnes débusquées ainsi que des poursuites judiciaires engagées par dizaines à la suite des perquisitions administratives. Au besoin, améliorons la situation au regard des exigences de l’Etat de droit.

Nous limiterons notre analyse au cas de l’état d’urgence et à la question de savoir s’il faut inscrire cette procédure dans la Constitution, laissant délibérément de côté la question très controversée de la déchéance de nationalité, qui mériterait un autre texte à elle seule.

A l’heure actuelle, notre Constitution prévoit dans ses dispositions «l’état de guerre» et «l’état de siège», mais pas «l’état d’urgence» qui n’est prévu que par une loi ordinaire, antérieure à la Constitution de 1958, «instituant l’état d’urgence et en déclarant l’application en Algérie». Cette loi est liée à certaines circonstances, le début de la guerre en Algérie, et elle en porte les stigmates. Il faudrait la garder comme ça, outil bancal non constitutionnalisé? A la merci de la première QPC venue? On laisserait quelques islamistes, qui peuvent être aussi férus de droit, ils l’ont prouvé et se plaisent à user de tous les outils de la démocratie, s’exercer à ça?

Lorsque la Constitution prévoit des états ou pouvoirs d’exception, c’est pour fixer une organisation spécifique des pouvoirs publics et de leurs moyens d’action face à ces situations, ainsi que les limites à ces pouvoirs spéciaux et le niveau de garantie des libertés que, dans ce cas, notre texte suprême entend néanmoins maintenir, principalement par l’intervention du Parlement vis-à-vis du pouvoir exécutif.

Et, en effet, ces dispositifs sont «bordés», tout d’abord par la garantie tenant à leur niveau constitutionnel, c’est à dire une valeur supérieure à la loi: ni le gouvernement, ni le Parlement ne peuvent ainsi s’affranchir du dispositif constitutionnel. Rien de tel pour «l’état d’urgence», qui ne relève que d’une loi ordinaire et pourrait donc subir, en termes de garantie des libertés, les avanies d’une majorité politique réactionnaire.

Au contraire, «état de guerre», «état de siège» et pouvoirs d’exception de l’article 16 ne peuvent voir les garanties et limites figurant dans la Constitution modifiées qu’à la majorité des trois cinquièmes des députés et sénateurs, comme pour toute réforme constitutionnelle, alors que pour une loi ordinaire, une majorité parlementaire simple le peut. Il y a donc, du strict point de vue de la protection des libertés, tout intérêt à inscrire les dispositifs d’exception dans la Constitution. Et c’est valable pour le dispositif applicable à «l’état d’urgence» comme de trop rares voix se sont senties autorisées, ou ont été admises à le dire dans le grand concert médiatique en forme de pétaudière permanente. Dire qu’il est dangereux de constitutionnaliser peut être considéré très sérieusement comme une ânerie d’étudiant de première année de droit public.

Mais, au surplus, n’est-il pas stupide, en 2016, de demander le maintien en l’état d’une loi de circonstance adoptée pour le maintien de l’ordre en Algérie au milieu des années 50? En effet, le dispositif dit «d’état d’urgence» de la loi de 1955 date d’un autre âge et n’est pas adapté à la menace que nous subissons ni en termes d’efficacité, ni en termes de durée, ni en termes de protection des libertés.

Il prévoyait par exemple, par son article 7 que l’autorité administrative est habilitée «à prendre toutes mesures pour assurer le contrôle de la presse et des publications de toute nature ainsi que celui des émissions radiophoniques, des projections cinématographiques et des représentations théâtrales». Très heureusement, la loi du 20 novembre dernier, qui a prorogé l’état d’urgence décrété le 14 novembre par le Président, a abandonné cette disposition scélérate. De même, cette loi a abrogé l’article 12 de la loi de 1955 qui autorisait l’autorité militaire, par sa justice propre, militaire (!), à se substituer aux cours d’assises pour juger des crimes. Il y aurait intérêt à constitutionnaliser ces avancées pour qu’aucun Parlement ne soit tenté d’y revenir par une loi ordinaire. Quel journaliste, expert ou commentateur a souligné tout cela?

Mais il va falloir aussi, en même temps que d’inscrire «l’état d’urgence» dans la Constitution, moderniser son dispositif et l’adapter aux enjeux et spécificités de la guerre que nous avons à subir et aux menaces qui ne s’arrêtent pas à douze jours, ni forcément à trois mois, tout en assurant la préservation des libertés. Au gouvernement de tenir compte des recommandations proposées par le Conseil d’Etat dans son avis sur le projet de loi constitutionnelle et d’améliorer encore les conditions et garanties dans sa mise en œuvre. Le débat parlementaire sur le projet de loi constitutionnelle devrait aussi le permettre en mettant à profit constructif les propositions sérieuses qui ont pu être faites par des personnalités reconnues.

Au delà des débats en cours, il faudrait aussi s’interroger, comme l’a fait Mohammed Sifaoui, sur la question de savoir si le fondamentalisme religieux radicalisé doit avoir, en tant que totalitarisme ayant une ambition de haine et d’asservissement, droit de cité dans un monde qui se veut pacifié, ou si, au contraire, ce totalitarisme doit être criminalisé. Il faudra un jour sortir de notre torpeur béate et traiter cette question. A cet égard, l’idée de «Pacte républicain constitutionnel opposable» devrait permettre de réduire, voire d’exclure, tous ceux qui veulent attenter à ce qu’ont d’essentiel la République et la démocratie, qu’ils soient citoyens, partis politiques ou associations confessionnelles.

3.Appliquer rigoureusement le principe de laïcité à l'école

Le combat contre le fondamentalisme islamiste totalitaire, d’ailleurs, qu’il appelle à la violence ou pas, requiert une application rigoureuse des principes laïques et de la loi puisque, rappelons le, dans un Etat de droit tel que le nôtre, la loi de la République prime sur le religieux.

De plus en plus nombreux sont ceux qui demandent que la République se ressaisisse de ce point de vue. L’Association des maires de France vient de le faire récemment dans un guide de préconisations, que ce soit sur les revendications confessionnelles à l’école ou s’agissant de l’installation de crèches dans les bâtiments publics. Ce nous paraît être aussi l’évidence, comme pour l’immense majorité des français.

Pourtant, de ce point de vue, le récent «Livret sur la laïcité» lancé par la ministre chargée de l’Éducation nationale, qui reflète sa position et celle de l’Observatoire de la laïcité sur les signes religieux ostensibles portés par les parents accompagnateurs de sorties scolaires, nous parait devoir être reconsidéré pour ne plus faire aucune concession au prosélytisme religieux dans l’enceinte scolaire publique.

La lecture de ce livret, antérieur aux évènements du 13 novembre mais postérieur à Charlie Hebdo, laisse pantois et interloqué sur un certain de nombre de points qu’il conviendra de corriger sans délai, sauf pour le gouvernement à tenir un double discours de fermeté apparente, menton en avant, et de faiblesse insigne sur les propositions concrètes. Ces sujets d’étonnement et de mécontentement sur le «Livret» sont au nombre de trois, pour les principaux.

D’abord, le débat entre science et religion, que le «Livret» prescrit de ne pas voir trancher par l’école et ses enseignants, science et religion ne devant pas être confrontés, ni hiérarchisés. On reste stupéfait d’une telle proposition de la ministre chargée de l’Éducation nationale, et non de l’éducation confessionnelle, mais, page 17 du Livret, cette lâcheté est consommée. A quand, aussi, l’admission du discours anti-contraception, anti-IVG ou anti-mariage pour tous au sein de l’école pour faire plaisir à tous les obscurantismes? La France, par cette prescription, rejoint ainsi certains Etats américains qui placent sur le même plan la science et l’intelligent design cher aux créationnistes!

Mais le Livret comporte deux autres points très critiquables qui relèvent d’une seule et même philosophie: la non-application du principe de laïcité aux intervenants extérieurs et aux parents accompagnateurs des sorties scolaires au motif que le principe de laïcité ne s’applique qu’aux agents du service public. En effet, parents, accompagnateurs et intervenants extérieurs ne sont pas soumis à ce principe, non plus que les élèves, en l’état de notre droit et de la jurisprudence du Conseil d’Etat. D’ailleurs, dans cette approche, il a fallu qu’un texte législatif intervienne en 2004 pour que le principe de laïcité s’applique aux élèves qui n’ont pas, non plus, la qualité d’agents du service public mais d’usagers de celui-ci.

Cette situation conduit à une incohérence majeure au sein de l’école et ne peut produire chez les enfants que de l’incompréhension: il leur est interdit, à eux et à leurs enseignants, d’arborer des signes religieux ostensibles et on les laisse exposés à la présence de ces signes tout autour d’eux portés par les parents, les accompagnateurs et les intervenants extérieurs. Où est la cohérence? Que devient le combat pour l’émancipation des jeunes consciences citoyennes en devenir?

Il est primordial de dépasser cette difficulté car l’école doit demeurer, encore davantage aujourd’hui et demain qu’hier, depuis cette funeste année 2015, un véritable sanctuaire de ce point de vue. Comme nous l’avons esquissé sur ces pages, il serait parfaitement possible, sans devoir prendre de nouvelles lois, ni faire «suer» les textes existants, de revenir sur cette situation incohérente.

En effet, le Code de l’éducation prévoit un certain nombre de dispositions législatives sur lesquelles le gouvernement pourrait, selon nous, se fonder pour revenir à toute la cohérence souhaitable en matière d’application du principe de laïcité au sein de l’école.

Il s’agit des dispositions qui définissent «la Communauté éducative», qui englobe les parents et les intervenants, outre les enseignants et personnels auxiliaires de l’éducation. Il suffit de décider que toutes les composantes de la communauté éducative sont soumises au principe de laïcité applicable à l’école publique et, ce, au titre du «devoir d’Etat» que cette laïcité constitue, en application de l’article L141-1 du code de l’éducation. De fait, a priori sans loi nouvelle, en se fondant sur ces articles, il est donc possible juridiquement d’en avoir le courage. Qu’attend-on?

Mais le combat idéologique à mener contre un prosélytisme religieux fondamentaliste envahissant appelle aussi d’autres mesures de courage, que ce soit dans les universités, ou même dans les entreprises, face à des revendications confessionnelles et communautaristes de plus en plus insupportables quant on a présent à l’esprit ce qu’elles représentent.

Ce ne sont pas les croyants ordinaires et donc modérés qui, sans cesse, avancent ainsi leurs pions dans ce que les fondamentalistes appellent, souvenons nous-en en permanence, le «ventre mou» qu’il considèrent être l’Europe. Continuons à les laisser faire, en particulier à l’école, leur marché de demain, et on devra, navrés mais trop tard et comme des benêts devant le choix des urnes, laisser un jour l’extrême droite s’en occuper.

Bruno Bertrand et François Braize et Jean Petrilli

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: Le fil des excellents articles d'opinion

Je ne partage pas toutes ses positions, mais je partage toujours sa visions humaniste du monde, et j'adhère parfaitement à sa méthodologie de la pensée complexe, transverse, ouverte et universelle.

Une passionante interview d'Edgar Morin :

http://acteursdeleconomie.latribune.fr/ … ation.html

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

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Re: Le fil des excellents articles d'opinion

Quand la touriste blonde innocente de Muray vire sa cuti.

Le Figaro a écrit:

«Entre bobos et barbus, ma rue Jean-Pierre Timbaud»

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN- Géraldine Smith vient de publier un passionnant essai sur une rue de Paris, sorte de précipité des fractures françaises. Où l'on mesure le déni d'une partie de la société.

Géraldine Smith est l'auteur de Rue Jean-Pierre Timbaud, une vie de famille entre bobos et barbus (Stock, 2016).

LE FIGARO. - Pourquoi avoir décidé de consacrer un livre à une rue de Paris?

Parce que la rue Jean-Pierre Timbaud a été d'abord le lieu de mes espoirs, puis de ma déception. Raconter son histoire sur vingt ans m'a permis de faire le point, de savoir où j'habite -non plus au propre mais au figuré. Nous avons vécu dans ce coin de Paris entre 1995 et 2007. Nos enfants sont allés à l'école catholique, mitoyenne d'une mosquée salafiste réputée pour son radicalisme et d'un centre pour enfants juifs handicapés. Quand nous nous sommes installés, j'étais enthousiasmée par la diversité sociale, religieuse et culturelle de ce quartier qui ressemblait à la «France plurielle» que j'appelais de mes vœux. Mais au fil des ans, je m'y suis sentie de plus en plus mal à l'aise, au point d'être contente d'en partir. Dans ce livre à la première personne, je décris mon quotidien de mère de famille, celui de nos enfants, les matchs de foot dans la cour de récré, les fêtes d'anniversaire… Les raisons de l'échec, qui m'est resté en travers de la gorge, émergent de ce récit d'une façon très concrète. C'est comme si je donnais à mon problème qui, bien sûr, n'est pas seulement le mien, une adresse à Paris.

À vous lire, le choix de vous installer rue Jean-Pierre Timbaud puis en Seine-Saint-Denis semble orienté par la volonté d'une mixité sociale et culturelle. Cette mixité, était-ce, pour vous, un désir théorique ou réalité vécue?

Avant d'avoir des enfants, j'ai travaillé comme journaliste en Afrique. Mon mari, un Américain ayant appris le français à 25 ans, continue d'y passer le plus clair de son temps en reportage. Nous ne voulions pas élever nos enfants dans une bulle. Donc, nous étions ravis d'habiter des quartiers moins homogènes, à tous points de vue, que, par exemple, ceux de la Rive Gauche. La Seine est une ligne de démarcation bien réelle. Je raconte dans le livre avoir accompagné une sortie de CM1 au parc du Luxembourg: la majorité des enfants de Belleville n'avaient jamais traversé le fleuve. Un dimanche, venant de Pantin pour une promenade dans le Marais, mon propre fils me fait remarquer que, de l'autre côté, «les Blancs sont majoritaires». Il n'en avait pas l'habitude.

La liquéfaction de la sociabilité dans votre quartier semble ne pas avoir de facteur unique. Tout paraît céder en même temps: l'école, la civilité, la sécurité, la sociabilité élémentaire qu'incarnent, dans notre imaginaire, les boulangeries et les cafés. Le développement de l'islam radical est-ce selon vous un symptôme ou la cause profonde de cette liquéfaction?

Tout ne cède pas en même temps. Les difficultés de l'école publique ou la petite délinquance n'avaient rien de nouveau. C'est ma perception de la rue qui change brusquement. Au moment où j'ouvre enfin les yeux, après un incident mineur - un homme en qamis m'insulte parce que je bois un Coca sur le trottoir -, je découvre tout à la fois des réalités anciennes et nouvelles. J'ai l'impression que la présence d'une mosquée salafiste est pour beaucoup dans la désintégration mais c'est en partie une illusion optique: l'slam radical est lui-même d'abord une conséquence avant de devenir une cause. Il révèle un malaise qu'il va ensuite exacerber.

Prenez la cohabitation entre les sexes. Quand un boulanger sert systématiquement les hommes avant les femmes, quand les petits commerces sont remplacés par des librairies islamiques et les magasins de mode ne déclinent plus dans leurs vitrines que la gamme très réduite du voile intégral, l'atmosphère de la rue s'en ressent forcément. De même quand des petits groupes prosélytes abordent des jeunes du quartier pour leur intimer de se joindre à la prière, non pas une fois par semaine mais tous les jours. Les premières victimes de cette évolution ne sont pas les gens comme moi, qui peuvent partir en vacances, obtenir des dérogations à la carte scolaire ou, si rien n'y fait, déménager. Ce sont ceux sans recours ni moyens, comme ce pizzaiolo qui baisse les rideaux parce qu'on lui enjoint de ne plus vendre que du Coca arabe. Ou Malika, une Marocaine vivant là depuis 1987 et qui regrette avec amertume la liberté vestimentaire disparue de sa jeunesse. Mais ce n'est pas forcément dans la nature de l'Islam de devenir ainsi un rouleau compresseur civilisationnel. La religion agressive n'est pas un archaïsme, une survivance ancestrale qui renaîtrait de ses cendres au beau milieu de Paris. Au contraire, c'est une production moderne, made in France, qui sert d'exutoire à ce qui ne va pas chez nous pour trop de gens depuis trop longtemps. Pour certains, c'est la seule issue quand l'ascenseur social est cassé. Je me souviens du père algérien de Massiwan, un camarade de classe de notre fils. Cet homme est l'archétype de l'immigré modèle: poli, travailleur, toujours en costume-cravate… Il inscrit son fils à toutes les activités gratuites de la mairie. Il surveille ses devoirs, l'empêche de trainer avec les racailles. Or, que me dit-il quand je le croise un jour: “Quand mon fils me regarde, il voit quoi? Un père qui a ‘bien travaillé' toute sa vie et qui ne peut même pas lui offrir un ballon de foot! La vérité, il a honte de ses parents… Vous voyez, je ne sais pas où tout cela va nous emmener”. Parfois cela mène à l'islamisme de la deuxième génération, à force de frustration et de rage.

Alain Finkielkraut (dont le père avait son atelier rue Jean-Pierre Timbaud) aime à citer cette phrase de Charles Péguy, «le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit mais d'accepter de voir ce que l'on voit». Diriez-vous que vous vous êtes volontairement aveuglée?

Oui, tout à fait. J'avais tellement envie que ça marche! Je n'ai jamais eu peur de perdre mon identité en m'ouvrant aux autres. Les couleurs de peau et les religions m'importent peu. J'apprécie les gens pour ce qu'ils sont et, si leur fréquentation devait me changer, pourquoi pas! Personne n'a une identité dans sa poche, comme un passeport, une fois pour toutes. Mais j'ai mis du temps à m'avouer qu'il n'en allait pas ainsi pour tout le monde, que la tolérance n'était pas le bien le mieux partagé dans notre quartier et, de ce fait, que la convivialité n'y était pas au rendez-vous. Par exemple, mon fils et ses camarades ne sont jamais partis en voyage avec leur classe, en sept ans, parce qu'une majorité des parents musulmans ne voulaient pas que leurs filles voyagent avec les garçons. J'ai râlé intérieurement mais je n'ai rien fait, par peur de passer pour «réac» sinon islamophobe. Je racontais cette anecdote il y a quelques jours à une institutrice qui m'a dit: “Nous avons eu le même problème dans mon établissement, et nous l'avons résolu en négociant avec les parents des filles un compromis: deux mères musulmanes pratiquantes, voilées, ont chaperonné le voyage. Au moins, les enfants n'ont pas été pénalisés.” C'est un pis-aller, certainement pas une solution idéale mais au moins, cela a donné une chance aux enfants d'apprendre à «vivre ensemble» pendant une semaine.

Vos parents dans votre livre montrent une grande ouverture dans les gestes et un discours «réac» dans les mots. Diriez-vous qu'une partie de la génération qui a suivi a fait l'inverse: de grands discours mais peu de choses dans les actes? Quel rôle a joué, selon vous, l'antiracisme et la victimisation de «l'Autre» dans ce refus de voir la réalité?

Ce serait sans doute trop abusif de mettre dans le même sac toute une génération, celle de mes parents ou la mienne. Il y a toujours eu des «réacs» à la fois dans leurs mots et dans leurs gestes, et d'autres qui ne l'étaient pas. Mais il est vrai que ma génération a biberonné le rejet du «franchouillard» et, par opposition, l'éloge du métissage. À tel point que, jusqu'à très récemment, la Marseillaise et le drapeau français avaient de facto été abandonnés au Front national. En même temps, moi sans doute plus que mes parents, j'ai fermé les yeux sur le fait que le dogme religieux, l'infériorité supposée des femmes, l'homophobie ou le chauvinisme national faisaient partie de la culture de bien des immigrés. Ma génération a transformé en une relique intouchable «la culture de l'Autre» alors que la nôtre devait être librement négociable! J'ai mis du temps à me demander pourquoi un Camerounais raciste ou macho devrait être moins critiquable qu'un Français «de souche» soutenant le FN. Dans ce monde courbe où nous prenons nos désirs pour des réalités, on passe avec un sourire gêné sur le racisme ou la misogynie d'un immigré alors qu'on n'a pas de mots assez durs pour le moindre beauf bien de chez nous. Le problème n'est pas que nous ne soyons pas tous d'accord sur les maux qui rongent notre société. Au contraire, ce serait étonnant voire malsain. Mais qu'on ne soit pas d'accord avec soi-même, qu'on refuse de voir ce à quoi on ne veut pas croire, c'est vraiment problématique. Mon livre dit à chaque page que la «petite» vie quotidienne nous livre une somme de vérités qui valent plus que «la» vérité détachée de notre vécu, celle qu'on porte en bandoulière comme une amulette politique, son fétiche de «bien- pensant».

Votre fils se désole à un moment que ses camarades de classe «se prennent tous pour leur origine». Comment articuler les racines familiales et culturelles (l'homme n'est pas un voyageur sans bagage) et les ailes de l'universalisme?

On comprend immédiatement ce qu'il a voulu dire mais ce n'est pas si facile de mettre le doigt dessus. Il me semble qu'il pointait la fuite en retraite identitaire de ses camarades de classe. Vous avez évidemment raison, nous partons tous dans la vie avec un «bagage» familial, social, religieux, national, etc. D'ailleurs, précisément pour cette raison, les immigrés ne sont pas toujours un «cadeau» pour les pays où ils s'installent puisqu'ils fuient des lieux où ce «bagage» pose problème d'une façon ou d'une autre. En même temps, ils sont des pionniers prêts à recommencer à zéro, à se réinventer dans un contexte différent. Seulement, si les conditions se prêtent si peu à faire du neuf à partir du vieux que même la deuxième génération ne se sent pas chez elle dans le pays où elle est née, le parcours des parents «en direction de la France» est pour ainsi dire anéanti, il ne compte pour rien. Les copains de Max, en l'occurrence tous nés à Belleville, se réfugient dans un ailleurs imaginaire, leur «origine», un pays où ils n'ont souvent jamais mis les pieds, une langue et une culture qu'ils ne connaissent pas forcément. Ils se prennent pour leur origine à défaut de se sentir acceptés tels qu'ils sont là où ils sont.

Vos enfants vivent-ils à Paris?

Non, ils étudient tous les deux aux Etats-Unis. Leur identité a changé de la façon que je viens de décrire: ils sont maintenant à la fois français et américains, pas seulement du fait de leur double nationalité ou de leur bilinguisme mais de cœur et d'esprit. Leur parcours américain les a changés à bien des égards mais il y a toujours un petit Bellevillois qui sommeille en eux, comme chez leurs anciens copains à Paris qui s'identifient comme «BLV» sur les réseaux sociaux. Mais le vieux et le neuf posent moins de problèmes pour nos enfants aux États-Unis. Leur «francitude» ne vient pas nier leur «américanité» ou s'y opposer comme un paradis perdu. En plus de leurs études, ils se sont inscrits à la fac de français «pour rester dans le bain». Personne ne leur reproche leur origine, ne leur demande de choisir entre deux identités qui ne font qu'une chez eux. Ils seraient bien en peine de le faire. Depuis l'Ohio où il est maintenant, mon fils continue de soutenir le PSG!

Quelles sont les réactions de vos amis qui vivent dans cette rue depuis la sortie de votre livre?

Les réactions sont aussi diverses que la rue mais, très largement, positives. Ceux qui apparaissent dans le récit sont contents que leur témoignage se trouve maintenant sur la place publique. À tort ou à raison, ils avaient l'impression d'être invisibles. D'autres m'écrivent ou m'interpellent pour ajouter leur grain de sel, dans un sens ou dans l'autre. Bien entendu, ceux qui ne se reconnaissent pas dans mon récit m'accusent d'avoir caricaturé leur quotidien. Sur les réseaux sociaux, quelques rares personnes disent que «je délire»: pour moi, ceux-là ne voient pas ce qui se passe dans leur rue parce qu'ils «coexistent» avec ceux qui ne leur ressemblent pas, mais ne partagent avec eux aucune forme de convivialité. Autant dire qu'on est dans les jeux de miroirs habituels des perceptions individuelles. Cependant, quand vous travaillez sur vingt ans, quand vous avez vécu sur place et interrogé beaucoup de gens pour croiser les regards, il n'est pas facile de vous reprocher, sérieusement, d'avoir inventé une réalité.

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2016 … imbaud.php

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

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Re: Le fil des excellents articles d'opinion

Très bon, comme toujours.

Le Figaro a écrit:

Mathieu Bock-Côté : «L'homme sans civilisation est nu et condamné au désespoir»

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN - A l'occasion de la sortie de son nouveau livre, Mathieu Bock-Côté a accordé un entretien fleuve à FigaroVox. L'intellectuel québécois y proclame son amour de la France et fait part de son angoisse de voir le multiculturalisme détruire les identités nationales.

Mathieu Bock-Côté est docteur en sociologie et chargé de cours aux HEC à Montréal. Ses travaux portent principalement sur le multiculturalisme, les mutations de la démocratie contemporaine et la question nationale québécoise. Il est l'auteur d'Exercices politiques (VLB éditeur, 2013), de Fin de cycle: aux origines du malaise politique québécois (Boréal, 2012) et de La dénationalisation tranquille: mémoire, identité et multiculturalisme dans le Québec post-référendaire (Boréal, 2007). Mathieu Bock-Côté est aussi chroniqueur au Journal de Montréal et à Radio-Canada. Son dernier livre, Le multiculturalisme comme religion politique vient de paraître aux éditions du Cerf.

En tant que Québécois, quel regard portez-vous sur la société française?

Je m'en voudrais d'abord de ne pas dire que j'aime profondément la France et que j'hérite d'une tradition très francophile, autrefois bien présente chez nous, qui considère encore un peu votre pays comme une mère-patrie. La France, en un mot, ne nous est pas étrangère. Vous me pardonnerez ces premiers mots, mais ils témoignent de mon affection profonde pour un pays avec lequel les Québécois entretiennent une relation absolument particulière. En un mot, j'ai le sort de la France à cœur!

La pénétration de l'idéologie multiculturelle, que vous dénoncez dans votre livre, est-elle en France aussi forte que dans les pays d'Amérique?

Le multiculturalisme prend un visage tout à fait singulier au Canada. Au Canada, le multiculturalisme est inscrit dans la constitution de 1982, imposé de force au Québec, qui ne l'a jamais signé. Il a servi historiquement à noyer le peuple québécois dans une diversité qui le privait de son statut de nation fondatrice. Pierre Trudeau, le père de Justin Trudeau, était radicalement hostile au peuple québécois, à son propre peuple, qu'il croyait traversé par une tentation ethnique rétrograde. C'était faux, mais c'était sa conviction profonde, et il voulait désarmer politiquement le Québec et le priver de sa prétention à constituer une nation.

Dans l'histoire du Canada, nous étions un peuple fondateur sur deux. Avec le multiculturalisme d'État, on nous a transformés en nuance identitaire parmi d'autres dans l'ensemble canadien. Il faut rappeler ces origines oubliées du multiculturalisme canadien à ceux qui n'en finissent plus d'idéaliser un pays qui a œuvré à oblitérer sa part française.

Je vous donne au passage ma définition du multiculturalisme, valable au-delà du contexte canadien: c'est une idéologie fondée sur l'inversion du devoir d'intégration. Traditionnellement, c'était la vocation de l'immigré de prendre le pli de la société d'accueil et d'apprendre à dire nous avec elle. Désormais, c'est la société d'accueil qui doit se transformer pour accommoder la diversité. La culture nationale perd son statut: elle n'est plus qu'un communautarisme parmi d'autres. Elle devra toutefois avoir la grandeur morale de se dissoudre pour expier ses péchés passés contre la diversité.

Retour au Canada. Au fil du temps, le multiculturalisme canadien s'est autonomisé de sa vocation antiquébécoise et en est venu à représenter paradoxalement le cœur de l'identité canadienne. Il a remplacé ce qu'on pourrait appeler l'identité historique canadienne par une identité idéologique fondée sur la prétention. Ce qui tient lieu d'identité commune au Canada aujourd'hui, et cela plus encore depuis l'arrivée au pouvoir de Justin Trudeau, que la France regarde étrangement d'un air enamouré, c'est le sentiment d'être une superpuissance morale, exemplaire pour l'humanité entière, une utopie réussie représentant non seulement un pays admirable, mais la prochaine étape dans le progrès de l'humanité.

L'indépendantiste québécois que je suis a un regard pour le moins sceptique devant cet ultranationalisme canadien qui conjugue la fierté cocardière et l'esprit post-moderne.

Plus largement, au Canada, le multiculturalisme sert de machine à normaliser et à banaliser les différences les plus extrêmes, les moins compatibles avec ce qu'on appellera l'esprit de la civilisation occidentale ou les mœurs occidentales. C'est le pays du communautarisme décomplexé, c'est aussi celui où on peut prêter son serment de citoyenneté en niqab avec la bénédiction des tribunaux et du premier ministre, qui y voit une marque admirable de tolérance.

C'est le pays qui banalise sous le terme d'accommodements raisonnables un relativisme généralisé, qui peut aller très loin. C'est le pays où certains iront même jusqu'à dire que le niqab est peut-être même le symbole par excellence de la diversité canadienne, puisque son acceptation par les élites témoigne de la remarquable ouverture d'esprit de ceux qui le dirigent et des institutions qui le charpentent. Pour le dire autrement, le Canada pratique un multiculturalisme à la fois radicalisé et pacifié.

En France, le multiculturalisme semble moins agressif ...

Il domine aussi l'esprit public mais n'est pas nécessairement revendiqué par les élites, qui entretiennent, à travers la référence aux valeurs républicaines, l'idéal d'une nation transcendant sa diversité. On sait bien que la réalité est autre et que la référence républicaine s'est progressivement désincarnée et vidée de sa substance nationale depuis une trentaine d'années.

En fait, la France fait une expérience tragique du multiculturalisme. Elle se délite, se décompose sous nos yeux, et la plupart de mes interlocuteurs, ici, me confessent avoir une vision terriblement pessimiste de l'avenir de leur pays. J'ajoute, et je le dis avec tristesse, que les Français semblent nombreux, lorsque leur pays est attaqué, à se croire responsable du mauvais sort qu'ils subissent, comme s'ils avaient intériorisé pleinement le discours pénitentiel occidental, qui pousse nos nations à s'autoflageller en toutes circonstances.

Le multiculturalisme s'est imposé chez vous par une gauche qui, depuis le passage du socialisme à l'antiracisme, au début des années 1980, jusqu'à la stratégie Terra Nova, en 2012, a été de moins en moins capable de parler le langage de la nation, comme si cette dernière était une fiction idéologique au service d'une majorité tyrannique désirant écraser les minorités.

Il s'est aussi imposé avec l'aide des institutions européennes, qui sont de formidables machines à dénationaliser les peuples européens.

La droite, par ailleurs, toujours prompte à vouloir donner des gages au progressisme, a peu à peu abandonné aussi la nation, ou s'est du moins contentée de la définir de manière minimaliste en en évacuant l'histoire pour retenir seulement les fameuses valeurs républicaines.

Le multiculturalisme est la dynamique idéologique dominante de notre temps, et cela en Amérique du nord comme en Europe occidentale. Chez les élites, il suscite la même admiration béate ou la même passion militante. Il propose toujours le même constat: nos sociétés sont pétries de stéréotypes et de préjugés, elles sont fermées à la différence et elles doivent se convertir à la diversité pour enfin renaître, épurées de leur part mauvaise, lavées de leurs crimes. Pour emprunter les mots d'un autre, le multiculturalisme se présente comme l'horizon indépassable de notre temps et comme le seul visage possible de la démocratie.

La gauche européenne, en général, y voit d'ailleurs le cœur de son programme politique et idéologique.

Je note autre chose: le multiculturalisme est partout en crise, parce qu'on constate qu'une société exagérément hétérogène, qui ne possède plus de culture commune ancrée dans l'histoire et qui par ailleurs, renonce à produire du commun, est condamnée à entrer en crise ou à se déliter. Lorsqu'on légitime les revendications ethnoreligieuses les plus insensées au nom du droit à la différence, on crée les conditions d'une déliaison sociale majeure.

Mais devant cette crise, le multiculturalisme, loin de s'amender, loin de battre en retraite, se radicalise incroyablement. Pour ses thuriféraires, si le multiculturalisme ne fonctionne pas, c'est qu'on y résiste exagérément, c'est que les nations historiques, en refusant de s'y convertir, l'empêchent de transformer pour le mieux nos sociétés selon les termes de la promesse diversitaire.

Il faudra alors rééduquer les populations pour transformer leur identité et les amener à consentir à ce nouveau modèle: on cherche, par l'école, à fabriquer un nouveau peuple, ayant pleinement intériorisé l'exigence diversitaire. On cherchera à culpabiliser les peuples pour les pousser à enfin céder à l'utopie diversitaire.

C'est la tentation autoritaire du multiculturalisme, qui est tenté par ce qu'on pourrait appeler une forme de despotisme qui se veut éclairé.

Quels sont les points communs et différence avec la France?

L'histoire des deux pays, naturellement n'est pas la même. La France est un vieux pays, une vieille culture, une vieille civilisation qui se représente généralement comme un monde commun à transmettre et non comme une utopie à exporter, même si la révolution française a eu un temps cette tentation.

En un mot, la France a des ressources inouïes pour résister au multiculturalisme même si elle ne les mobilise pas tellement le discours culpabilisateur inhibe les peuples et les convaincs que l'affirmation de leur identité relève de la xénophobie et du racisme.

Mais encore une fois, il faut le dire, c'est le même logiciel idéologique qui est à l'œuvre. Il repose sur l'historiographie victimaire, qui criminalise les origines de la nation ou réduit son histoire à ses pages noires, sur la sociologie antidiscriminatoire, qui annihile la possibilité même d'une culture commune, dans la mesure où elle n'y voit qu'une culture dominante au service d'une majorité capricieuse, et sur une transformation de la démocratie, qui sera vidée de sa substance, dans la mesure où la judiciarisation des problèmes politiques et le transfert de la souveraineté vers le gouvernement des juges permet de désarmer institutionnellement un peuple qu'on soupçonne de céder au vice de la tyrannie de la majorité.

En un mot, si l'idéologie multiculturaliste s'adapte à chaque pays où elle s'implante, elle fait partout le même diagnostic et prescrit les mêmes solutions: c'est qu'il s'agit d'une idéologie, finalement, qui pose un diagnostic global et globalement négatif sur l'expérience historique occidentale.

Vous définissez aussi le multiculturalisme comme la créature de Frankenstein du marxisme. Mais cette idéologie est née dans les pays anglo-saxons de culture libérale. N'est-ce pas paradoxal?

Je nuancerais. Le multiculturalisme comme idéologie s'est développée au cœur des luttes et contestations qui ont caractérisé les radical sixties et les radical seventies et s'est alimenté de références idéologiques venant des deux côtés de l'Atlantique. Par ailleurs, de grands intellectuels français ont joué un rôle majeur dans la mise en place de cette idéologie, née du croisement d'un marxisme en décomposition et des revendications issues de la contre-culture. Michel Foucault et Alain Touraine, par exemple, ont joué un grand rôle dans la construction globale de l'idéologie multiculturaliste. En fait, je dirais que la crise du progressisme a frappé toutes les gauches occidentales. Chose certaine, il ne faut pas confondre l'idéologie multiculturaliste avec une simple expression globalisée de l'empire américain. C'est une explication trop facile à laquelle il ne faut pas céder.

En France, vieux pays jacobin qui a fait la révolution, le multiculturalisme reste contesté malgré la conversion de la majorité de nos élites …

Il est contesté partout, il est contesté au Québec, il est contesté en Grande-Bretagne, il est contesté aux États-Unis, il est aussi contesté chez vous, cela va de soi. Sur le fond des choses, le refus du multiculturalisme repose sur le refus d'être dépossédé de son pays et de voir la culture nationale transformée en identité parmi d'autres dans une citoyenneté mosaïque. Il serait quand même insensé que la civilisation française devienne optionnelle sur son territoire, certains pouvant s'en réclamer, d'autres pas, mais tous cohabitant dans une fausse harmonie que de vrais propagandistes nommeront vivre-ensemble.

Le drame de cette contestation, c'est qu'elle est souvent inhibée, disqualifiée ou criminalisée. La simple affirmation du sentiment national a longtemps passé pour de la xénophobie plus ou moins avouée, qu'il fallait combattre de toutes les manières possibles. D'ailleurs, la multiplication des phobies dans le discours médiatique, qui témoigne d'une psychiatrisation du débat public: on veut exclure du cercle de la respectabilité démocratique ceux qui sont attachés, d'une manière ou d'une autre, à l'État-nation.

On ne sortira pas de l'hégémonie multiculturaliste sans réaffirmer la légitimité du référent national, sans redonner ses lettres de noblesse à un patriotisme enraciné et décomplexé.

Depuis quelques années, on observe également en France la percée d'un féminisme identitaire qui semble tout droit inspiré de Judith Butler. Quelle a été son influence au Québec et plus largement en Amérique du Nord? Ce féminisme est-il une variante du multiculturalisme?

Ce féminisme est dominant dans nos universités et est particulièrement influent au Québec, surtout dans une nouvelle génération féministe très militante qui voit dans la théorie du genre l'expression la plus satisfaisante d'une certaine radicalité théorique qui est pour certains une drogue dure. La théorie du genre, en d'autres mots, est à la mode, très à la mode (et elle l'est aussi plus généralement dans les universités nord-américaines et dans les milieux culturels et médiatiques), et il est mal vu de s'y opposer. Il faut pourtant dire qu'elle est portée par une tentation nihiliste radicale, qui entend tout nier, tout déconstruire, au nom d'une liberté pensée comme pure indétermination. C'est le fantasme de l'autoengendrement. La théorie du genre veut éradiquer le monde historique et reprendre l'histoire à zéro, en quelques sortes, en abolissant la possibilité même de permanences anthropologiques.

On peut certainement y voir une autre manifestation de l'héritage des radical sixties et de l'idéologie diversitaire qui domine généralement les départements de sciences sociales et au nom de laquelle on mène la bien mal nommée lutte contre les discriminations - parce qu'à force de présenter toute différence à la manière d'une discrimination, on condamne toutes les institutions à la déconstruction. Devant Judith Butler, la tentation première est peut-être de s'esclaffer. Je comprends cela. Il faut pourtant prendre son propos très au sérieux, car sa vision des choses, et plus largement, du courant néoféministe qu'elle représente, est particulièrement efficace dans les milieux qui se veulent progressistes et craignent par-dessus tout de ne pas avoir l'air assez à gauche.

Depuis les attentats de janvier 2015, le débat autour de l'islam divise profondément la France. Cette question est-elle aussi centrale en Amérique du Nord? Pourquoi?

Elle est présente, très présente, mais elle est l'est de manière moins angoissante, dans la mesure où les communautarismes ne prennent pas la forme d'une multiplication de Molenbeek, même si la question de l'islam radical et violent inquiète aussi nos autorités et même si nous avons aussi chez certains jeunes une tentation syrienne.

Mais la question du voile, du voile intégral, des accommodements raisonnables, se pose chez nous très vivement - et je note qu'au Québec, on s'inquiète particulièrement du multiculturalisme. Nos sociétés sont toutes visées par l'islamisme. Elles connaissent toutes, aussi, de vrais problèmes d'intégration.

Généralisons un peu le propos: partout en Occident, la question de l'Islam force les pays à se poser deux questions fondamentales: qu'avons-nous en propre, au-delà de la seule référence aux droits de l'homme, et comment intégrer une population qui est culturellement très éloignée, bien souvent, des grands repères qui constituent le monde commun en Occident?

Cela force, à terme, et cela de manière assez étonnante, plusieurs à redécouvrir la part chrétienne oubliée de notre civilisation. Non pas à la manière d'une identité confessionnelle militante, évidemment, mais tout simplement sous la forme d'une conscience de l'enracinement.

Les musulmans qui arrivent en Occident doivent accepter qu'ils arrivent dans une civilisation qui a longtemps été le monde chrétien, et où sur le plan symbolique, l'héritage chrétien conserve une prédominance naturelle et légitime.

Cela ne veut pas dire, évidemment, qu'il faille courir au conflit confessionnel ou à la guerre des religions: ce serait désastreux.

Mais simplement dit, la question de l'islam nous pousse à redécouvrir des pans oubliés de notre identité, même si cette part est aujourd'hui essentiellement culturalisée.

L'islamisme et ses prétentions hégémoniques ne sont-ils pas finalement incompatible avec le multiculturalisme qui suppose le «vivre ensemble»?

L'islamisme a un certain génie stratégique: il mise sur les droits consentis par les sociétés occidentales pour les retourner contre elles. Il se présente à la manière d'une identité parmi d'autres dans la société plurielle: il prétend s'inscrire dans la logique du multiculturalisme, à travers lui, il banalise ses revendications. Il instrumentalise les droits de l'homme pour poursuivre l'installation d'un islam radical dans les sociétés occidentales et parvient à le faire en se réclamant de nos propres principes. Il se présente à la manière d'une identité parmi d'autres qui réclame qu'on l'accommode, sans quoi il jouera la carte victimaire de la discrimination. C'est très habile. À travers cela, il avance, il gagne du terrain et nous lui cédons. Devant cela, nous sommes moralement désarmés.

Il faudrait pourtant se rappeler, dans la mesure du possible, que lorsqu'on sépare la démocratie libérale de ses fondements historiques et civilisationnels, elle s'effrite, elle se décompose. La démocratie désincarnée et dénationalisée est une démocratie qui se laisse aisément manipuler par ses ennemis déclarés. D'ailleurs, au vingtième siècle, ce n'est pas seulement au nom des droits de l'homme mais aussi au nom d'une certaine idée de notre civilisation que les pays occidentaux ont pu se dresser victorieusement contre le totalitarisme. Du général de Gaulle à Churchill en passant par Soljenitsyne, la défense de la démocratie ne s'est pas limitée à la défense de sa part formelle, mais s'accompagnait d'une défense de la civilisation dont elle était la forme politique la plus achevée.

Comment voyez-vous l'avenir de la France. Le renouveau conservateur en germe peut-il stopper l'offensive multiculturaliste de ces 30 dernières années?

On dit que la France a la droite la plus bête du monde. C'est une boutade, je sais, mais elle est terriblement injuste.

Je suis frappé, quant à moi, par la qualité intellectuelle du renouveau conservateur, qui se porte à la fois sur la question identitaire et sur la question anthropologique, même si je sais bien qu'il ne se réclame pas explicitement du conservatisme, un mot qui a mauvaise réputation en France.

Je définis ainsi le conservatisme: une philosophie politique interne à la modernité qui cherche à la garder contre sa tentation démiurgique, contre la tentation de la table-rase, contre sa prétention aussi à abolir l'histoire comme si l'homme devait s'en extraire pour se livrer à un fantasme de toute puissance sociale, où il n'entend plus seulement conserver, améliorer, transformer et transmettre la société, mais la créer par sa pure volonté. Le conservatisme rappelle à l'homme qu'il est un héritier et que la gratitude, comprise comme une bienveillance envers le monde qui nous accueille, est une vertu honorable. C'est une philosophie politique de la finitude.

Réponse un peu abstraite, me direz-vous. Mais pas nécessairement: car on aborde toujours les problèmes politiques à partir d'une certaine idée de l'homme. Si nous pensons l'homme comme héritier, nous nous méfierons de la réécriture culpabilisante de l'histoire qui domine aujourd'hui l'esprit public dans les sociétés occidentales. Ce que j'espère, c'est que la renaissance intellectuelle du conservatisme en France trouve un débouché politiquement, qui normalement, ne devrait pas être étranger à l'héritage du gaullisme. Pour l'instant, ce conservatisme semble entravé par un espace politique qui l'empêche de prendre forme.

Et pour ce qui est du multiculturalisme, on ne peut bien y résister qu'à condition d'assumer pleinement sa propre identité historique, ce qui permet de résister aux discours culpabilisants et incapacitants. Il faut donc redécouvrir l'héritage historique propre à chaque pays et cesser de croire qu'en l'affirmant, on bascule inévitablement dans la logique de la discrimination contre l'Autre ou le minoritaire. Cette reconstruction ne se fera pas en quelques années. Pour user d'une image facile, c'est le travail d'une génération.

Le multiculturalisme peut-il finalement réussir le vieux rêve marxiste de révolution mondiale? La France va-t-elle devenir les Etats-Unis ou le Canada?

À tout le moins, il s'inscrit dans la grande histoire du progressisme radical et porte l'espoir d'une humanité réconciliée, délivrée de ses différences profondes, où les identités pourraient circuler librement et sans entraves dans un paradis diversitaire. On nous présente cela comme une sublime promesse: en fait, ce serait un monde soumis à une terrible désincarnation, où l'homme serait privé de ses ancrages et de la possibilité même de l'enracinement. L'homme sans histoire, sans culture, sans patrie, sans famille et sans civilisation n'est pas libre: il est nu et condamné au désespoir.

En un sens, le multiculturalisme ne peut pas gagner: il est désavoué par le réel, par la permanence de l'authentique diversité du monde. Il pousse à une société artificielle de carte postale, au mieux ou à la décomposition du corps politique et au conflit social, au pire. Et il est traversé par une vraie tentation autoritaire, chaque fois. Mais il peut tous nous faire perdre en provoquant un effritement de nos identités nationales, en déconstruisant leur légitimité, en dynamitant leurs fondements historiques.

Et pour la France, permettez-moi de lui souhaiter une chose: qu'elle ne devienne ni les États-Unis, ni le Canada, mais qu'elle demeure la France.

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/20 … espoir.php

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

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Re: Le fil des excellents articles d'opinion

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"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
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Re: Le fil des excellents articles d'opinion

Peut-être que Jacques Juillard pourrait se faire un peu mieux le héraut du silence.
En ne parlant plus.

EDIT : et lol l'article précédent, je ne l'avais pas vu, il est magique. Un parfait gloubi-boulga d'absurdités et d'éléments de langage.

Preuve est à nouveau faite que "excellent" et "d'opinon" sont deux mots incompatibles.

Last edited by Broz (02-05-2016 17:41:16)

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016

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Re: Le fil des excellents articles d'opinion

Rien à ajouter.

Le Figaro a écrit:

Racines chrétiennes de l'Europe : réponse à Pierre Moscovici

FIGAROVOX/TRIBUNE - Pierre Moscovici, commissaire européen en charge de l'économie, a déclaré le 8 mai qu'il ne «croyait pas aux origines chrétiennes de l'Europe». Pour Maxime Tandonnet, la négation de l'histoire, de la connaissance des faits et du passé est devenue l'un des piliers de l'Europe moderne.

Maxime Tandonnet décrypte chaque semaine l'exercice de l'État pour FigaroVox. Il est l'auteur de nombreux ouvrages, dont Histoire des présidents de la République, Perrin, 2013. Son dernier livre Au coeur du Volcan, carnet de l'Élysée est paru en août 2014. Découvrez également ses chroniques sur son blog.

Pierre Moscovici, commissaire européen en charge de l'économie, a déclaré le 8 mai qu'il ne «croyait pas aux origines chrétiennes de l'Europe». Le débat n'est pas nouveau. Il avait dominé les travaux de rédaction de la «Constitution européenne» en 2005. A l'époque, la France et le président Jacques Chirac étaient en pointe du refus d'inscription de cette notion dans le texte, s'opposant à la Pologne, l'Italie, l'Allemagne. Finalement, l'idée d'inscrire les racines chrétiennes dans la Constitution européenne avait été écartée. Puis, cette dernière avait été rejetée par les référendums français de mai et hollandais de juin 2005.

D'un point de vue historique, la négation des racines chrétiennes de l'Europe est une contre-vérité. L'Europe est née sur les ruines de l'empire l'Empire romain dont le christianisme était devenu la religion officielle à la suite de la conversion de Constantin en 312. Elle est issue d'une longue épreuve d'affrontement entre des peuples germains convertis au christianisme pour la domination politique sur le continent. Le baptême de Clovis en 532, puis l'alliance des Carolingiens avec le pape ont constitué des étapes décisives de l'apparition de l'Europe. L'Empire de Charlemagne, proclamé en 800, qui couvre grosso modo un territoire correspondant à l'Europe occidentale, se confond avec la chrétienté. Il en est le protecteur et le bras armé. Il se donne pour objectif la conversion des peuples voisins (saxons, Frisons, Avars) et le début de la reconquista de l'Espagne musulmane.

Jusqu'au XVIIIe siècle, pendant au moins treize siècles, le christianisme est, de fait, le ciment des sociétés européennes. Dans les périodes obscures du Moyen-âge, de chaos, d'invasions, de destructions, le savoir est préservés dans les monastères et les abbayes. Les croisades pour la reconquête des «lieux saints» obsèdent les esprits pendant deux siècles. La légitimité du monarque est «de droit divin». La féodalité est soudée par des liens de vassalité, d'essence religieuse. Le christianisme et ses rituels imprègnent profondément la vie quotidienne. Le clergé dispense l'enseignement, soigne les malades, assiste les pauvres, encadre l'existence quotidienne. L'intervention divine est l'explication de tout événement: épidémie, guérison, bonne ou mauvaise récolte, défaite ou victoire militaire... D'ailleurs, s'il est une caractéristique commune au patrimoine architectural de l'Europe, c'est bien la présence partout des églises.

Quand M. Moscovici affirme «ne pas croire aux racines chrétiennes de l'Europe», il se situe sur un terrain inapproprié. Le sujet ne relève pas de la croyance mais du savoir. De fait, il prononce des paroles de nature idéologique. Il porte un jugement personnel sur une question qui est de l'ordre factuel. Dans son esprit, la négation des racines chrétiennes de l'Europe vaut reconnaissance du caractère multiculturel de l'Europe et de sa vocation à intégrer la Turquie. Il opère une confusion, classique, entre histoire et idéologie. Or les deux ne sont pas forcément liées. Rien ne l'empêcherait d'admettre la vérité historique - l'Europe a des racines chrétiennes - et d'ajouter que de son point de vue, l'Europe doit changer, poursuivre sa déchristianisation et sa marche vers une société multiculturelle.

De fait, la négation de l'histoire, au sens de la connaissance des faits, du passé, des racines, est devenue l'un des piliers de l'Europe moderne. Il n'est pas innocent que l'histoire chronologique ait été largement bannie de l'enseignement et des manuels scolaires. La droite au pouvoir n'est pas exempte de tout reproche. N'a-t-elle pas supprimé en 2010 l'enseignement de l'histoire en terminale scientifique au prétexte d'un rééquilibrage entre les filières? Aujourd'hui, le latin et le grec disparaissent du programme des collèges. La «mémoire» n'existe que pour aviver la mauvaise conscience. La connaissance de l'histoire, voire la simple curiosité historique, factuelle, bien au contraire, paraissent vouées à s'effacer. La logique dominante est celle de la table rase, héritée des idéologies totalitaires du XXe siècle. L'entreprise de déculturation bat son plein: l'histoire politique et littéraire, les langues anciennes, l'orthographe. L'idéal, conscient ou inconscient, est d'engendrer peu à peu un homme neuf, un Européen parfait, apuré de son patrimoine culturel, religieux, intellectuel. C'est-à-dire un homme réduit à sa fonction de consommateur et d'agent économique, privé des outils de l'esprit critique et qui se prêtera plus facilement à toutes les manipulations idéologiques y compris extrémistes, de droite comme de gauche.

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/20 … covici.php

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
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Re: Le fil des excellents articles d'opinion

Causeur a écrit:

Black M: la victoire de Verdun
L’antiracisme obsédé par les races

Élisabeth Lévy

Si le concert de Black M prévu pendant la commémoration de la bataille de Verdun a finalement été annulé, c'est uniquement parce que ce rappeur s'est permis d'insulter la France. Seuls ses défenseurs, antiracistes autoproclamés, convoquent sa couleur de peau dans le débat.

La première fois une tragédie, la deuxième fois une farce. Et la troisième – ou en l’occurrence la centième –, comment la qualifier ? Une énorme galéjade ? Le canular du siècle ? Je l’avoue, la nouvelle poussée de fièvre antifasciste, à propos de l’annulation du concert de Black M à Verdun, me tire des larmes de rire. À chaque nouvelle déclaration indignée pour défendre un chanteur de variété rap pour ados qui, dans sa jeunesse, chantait sa détestation de son pays de kouffars, je n’en crois pas mes oreilles : là, ils le font exprès, ça ne peut pas être sérieux. Ces gens bien habillés, de gauche (ou de la bonne droite qui n’a pas tardé à rallier cette croisade hautement comique), ne peuvent pas croire aux fadaises qu’ils débitent au kilomètre. Pour l’instant, ma préférée, c’est la ministre de la Culture qui a parlé d’ « ordre moral nauséabond », on notera une certaine recherche dans l’assemblage des mots-clés. Juste après, arrive le secrétaire d’Etat aux Anciens combattants, dont on aimerait savoir ce qu’il avait fumé quand il a déclaré : « C’est  le début du totalitarisme et je dis que c’est vraiment le fascisme qui nous attend »… Mais entre Jack Lang, Christiane Taubira, Benoist Apparu et quelques autres, la compétition pour la plus grosse énormité sur le sujet est serrée.

Faire la fête à Verdun, il fallait l’inventer

On dirait bien que tout ce monde ne touche plus terre, en tout cas, pas celle de France, pour ne pas comprendre à quel point l’invitation du rappeur heurtait la décence commune et la mémoire des poilus, et ceci, bien au-delà du FN, et même de la droite – sauf à considérer que Natacha Polony ou Régis de Castelnau soient de droite. Beaucoup de Français de toutes origines et de tous horizons ont le cœur serré quand on évoque les soldats sacrifiés de Verdun. « Faire la fête » à Verdun, il fallait l’inventer. Et après ce sera quoi, le festival d’Auschwitz ? Rave à Austerlitz ? (Ah non, c’est vrai, on ne commémore pas les victoires…) Mais qu’en plus, on choisisse un artiste qui exprime pour son pays des sentiments aussi délicats que Black M montre en quelle estime on tient la nation que l’on prétend honorer et rassembler. Il est proprement scandaleux que la Mission du centenaire, bras armé et financier de l’Etat pour les célébrations, ait accordé 67 000 euros de subventions à un événement qui n’a strictement rien à voir avec l’histoire.

Significativement, notre Voltaire du 9-3 n’a trouvé, pour mobiliser ses partisans, qu’un argument : « Venez, on va bien s’amuser ! ». Sans doute a-t-on eu peur d’ennuyer les jeunes gens (Français et Allemands) conviés pour leur édification, et pour incarner en quelque sorte un devoir de transmission, avec trop de discours et trop de gravité. Tout ce passé, sans la moindre touche festive, cela devait sembler atrocement ringard aux organisateurs.

Antifas de tréteaux

C’est une classique, plus nos antifas de tréteaux se sentent minoritaires, plus ils enragent, trépignent et insultent. Tout en rivalisant de dinguerie dans la dénonciation de la « haine raciste » qui les aurait obligés à annuler le concert, ses initiateurs se rejettent la responsabilité de l’idée les uns sur les autres. Le maire de Verdun, Samuel Hazard jure qu’elle vient de Paris, la Mission du centenaire qu’elle émane de l’agglomération du Grand Verdun et la rumeur parisienne que l’Elysée n’y est pas étranger. C’est pas moi, c’est l’autre. Face à une bronca qui ne vient évidemment pas de la seule extrême droite, ils ont prudemment – et sagement – capitulé en rase campagne mais bien sûr, ils n’assument ni l’invitation, ni son annulation. Et pour noyer le poisson de leur défaite, ils traitent tous leurs contradicteurs de fascistes. N’empêche, peut-être se sont-ils dits qu’une manif d’anciens combattants au milieu des célébrations, ce ne serait pas génial pour la photo.

Le plus désopilant, comme me le souffle l’ami Gérald Andrieu, c’est que ces antiracistes de choc sont en réalité des racialistes primaires. Parmi les détracteurs de Black M, pas un seul n’a évoqué la couleur de sa peau. Tous se sont référés à ses chansons et déclarations. En revanche, ses défenseurs ne voient pas en lui un chanteur passible de critique, mais un Noir, et seulement un Noir – donc une victime.  Et comme ils ne voient que cela, ils croient que tout le monde est comme eux et que ceux qui attaquent Black M sont forcément des racistes. Au fait, qui est obsédé par la race ?

La lâcheté a gagné

En réalité, ces éructations qui visent à masquer leur défaite en rase campagne n’ont plus la moindre importance et du reste, nos résistants ne semblent pas avoir pris de mesures particulières pour combattre le fascisme qu’ils voient à nos portes (si ça devait vraiment se produire, mieux vaut ne pas trop compter sur eux). La bonne nouvelle, en plus de leur capitulation elle-même, c’est qu’ils ont réussi à démonétiser complètement les invectives qu’ils aiment le plus. Etre traité de facho, ça fait maintenant rigoler tout le monde. Et tant pis si, à Verdun, ce n’est pas le bon sens, mais la lâcheté qui a gagné. En attendant, en fait de reconquête, nos honorables gouvernants ont surtout réussi à montrer qu’ils n’avaient pas la moindre idée de qui sont ceux qu’ils gouvernent.

http://www.causeur.fr/black-m-verdun-an … 38243.html

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Re: Le fil des excellents articles d'opinion

Et pour compléter (notamment sur le procédé politicien, qui explique la volonté de clivage délibéré de Flanby) :

Brighelli dans le Point a écrit:


Black M et les petits calculs du PS

Il ne chantera pas à Verdun pour l'hommage aux Poilus. Le gouvernement proteste avec une spontanéité qui cache peut-être quelque chose, estime Brighelli.

Je ne reviendrai pas sur le racisme, l'homophobie, la musulmanerie affectée de tel ou tel rappeur. Que les cités aiment exalter les machos répugnants, insulter les Juifs ou, pire, maltraiter les « pédés » ; que le rap — mais aussi le foot ou les sports de combat — soit la caisse de résonance de ces comportements répugnants ; que Black M et son ancien groupe Sexion d'assaut tiennent des propos qui devraient être passibles des tribunaux ; que le racisme anti-Blancs ne soit pas l'apanage du Parti des Indigènes de la République et de son égérie, Houria Bouteldja ; que les fanatiques de Mahomet soient aussi les fans de Dieudonné et du gansgta rap — tout cela est évident.

Non : je voudrais juste réfléchir quelques instants sur la merveilleuse unanimité qui s'est dégagée en quelques heures après l'annulation du concert programmé puis déprogrammé par le maire de Verdun.

Comment faire l'apologie du FN

« Victoire de l'extrême droite », a conclu Claude Askolovitch — et la plupart de ses confrères. C'est une analyse un peu courte. Le fait que le secrétaire aux Anciens Combattants, Jean-Marc Todeschini, le ministre perpétuel de la Culture, Jack Lang, et la ministre actuelle de la Rue de Valois, Audrey Azoulay — touchante unanimité —, aient poussé de hauts cris en protestant tous ensemble contre le climat d'intolérance qui se serait soudain abattu sur la France me paraît suspect. Même Rama Yade, qui ne sait plus à qui demander un poste, y est allée de son couplet affolé. Il n'y a guère que deux magazines, Marianne et Causeur , qui aient suspecté dans cette lamentable affaire une opération pré-présidentielle du PS.

Recette pour légitimer François Hollande comme seul rempart à une extrême droite d'autant plus dangereuse qu'il est évident, de jour en jour, qu'elle n'est plus exactement l'épouvantail fascisto-nazi que l'on aimerait qu'elle soit. Comme de toute évidence le chômage n'aura pas baissé d'ici l'année prochaine, quelles que soient les contorsions imposées aux comptables de Pôle emploi, comme le réel échappe chaque jour davantage au gouvernement, c'est sur le terrain idéologique que l'on déplace le débat. L'impopularité du président de la République atteint des sommets ? Pas grave : il est le rempart contre la nazification du pays…

Petits penseurs

Évidemment, le rêve de tous ces petits penseurs de la petite politique (a pulitichella, disent les Corses, qui s'y connaissent en manœuvres et en arrière-pensées) est que Hollande, religitimé en rassembleur des valeurs immortelles de tolérance et de niaiserie, se retrouve au second tour face à Marine Le Pen — dans l'hypothèse où Sarkozy, qui compte bien ne faire qu'une bouchée de Juppé dans une France radicalement divisée en gauche-droite sans ouverture aucune vers le centre, n'arriverait que troisième, puisque Bayrou lui chipera justement ce qu'il resterait de démocrates raisonnables… Divine surprise !

Pour cela, il faut absolument diaboliser le FN — vieille rengaine à succès —, mais surtout créer une atmosphère de pré-guerre civile en clivant au maximum le pays. Plus on augmentera la menace à droite, plus les moutons de Panurge viendront se (re)faire tondre à gauche.

Le rappeur manipulé

Tout cela dépasse largement le cas isolé et peu passionnant d'un rappeur invité à chanter des refrains ineptes sur les tombes des soldats morts pour la France — et pas pour la « liberté d'expression », comme a cru bon de le dire le secrétaire aux Anciens Combattants : il y en a qui devraient reprendre rapidement des cours d'histoire — mais bon, vu ce que les programmes du collège Najat en font, de l'histoire et du reste…

Il est tout de même sidérant que les médias (sauf à supposer qu'ils sont aux ordres du gouvernement — ce qui est évident pour certains — ou qu'ils succombent à sa propagande, ce qui doit être vrai pour d'autres) aient entonné en chœur le refrain de la liberté d'expression menacée. D'un côté, nous nous passerions bien de l'expression d'un Black M, et le fait qu'il ait du succès auprès de jeunes décérébrés n'a jamais été une preuve de pertinence, sauf à penser que la politique se fait dans les bacs des disquaires et sur les sites de téléchargement. D'un autre côté, lesdits médias auraient pu se renseigner sur l'effet qu'a produit, de façon instantanée, dans un certain peuple de gauche attaché aux valeurs républicaines, l'annonce de la venue de cet éructeur de la pensée molle à Verdun. Les sites d'enseignants — presque tous d'ex-électeurs de Hollande — ont explosé sous les protestations. Les signataires de la pétition sur Change.org n'étaient pas tous, loin s'en faut, des fascistes. Et si le standard de la municipalité de Verdun et son maire ont reçu des menaces que je suis le premier à condamner, le sentiment dominant dans l'opinion était la stupéfaction face au choix d'un aboyeur de banlieue pour rendre hommage aux morts de la Grande Guerre.

Pendant ce temps-là, les Anglais montent un anniversaire, au 1er juillet, de la bataille de la Somme, et convoquent le Hallé Orchestra qui jouera des morceaux de Ravel, Holst, Elgar, Butterworth, Stefan, Vaughan-Williams et Stravinsky — des morceaux composés durant la Première Guerre mondiale. Bonne idée — mais les Anglais n'ont pas à réélire de président de la République l'année prochaine, et pas d'épouvantail à agiter. Ils se contentent d'avoir du goût — parce que Ravel ou Elgar, franchement, c'est un peu mieux qu'un rappeur qui balance entre la variété débile et la canaillerie institutionnalisée.

http://www.lepoint.fr/invites-du-point/ … 5_1886.php

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"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
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Re: Le fil des excellents articles d'opinion

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"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
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Re: Le fil des excellents articles d'opinion

Cet article n'a rien d'excellent, il exprime une opinion qui est tout aussi médiocre que ce que l'auteur reproche aux footballeurs; à défaut de connaître quelque chose à ce dont il parle, il débite stéréotypes et clichés à longueur de lignes, tant et si bien qu'on ne prend même plus la peine de compter les idioties.

Le racisme devient le plus impardonnable des crimes, sans qu'il n'y ait le moindre élément qui sous-tienne ce discours. Et vas-y qu'on te parle des salaires des footballeurs comparés à ceux des patrons du CAC40, alors qu'on sait très bien en termes économiques qui des deux types d'acteurs a une rémunération plus adaptée à sa performance. Tu peux cracher sur slate autant que tu veux, ton article c'est le degré 0 de la réflexion.

Last edited by Barney (07-06-2016 13:17:32)

It ain’t what you don’t know that gets you into trouble. It’s what you know for sure that just ain’t so.

"Un terroriste ne mérite pas de mourir. Il mérite de vivre l'enfer. A perpétuité. Et seule la déchéance de la nationalité le permet." Greg

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Re: Le fil des excellents articles d'opinion

Il n'y a pas le moindre élément ? Ben mon vieux. Il suffit d'accuser quelqu'un de racisme et de lui coller un procès (sens propre ou figuré) pour que cette étiquette lui colle à la peau à vie. Ce n'est pas pour rien que cette accusation est la préférée des victimes professionnelles qui en font un vrai commerce (coucou les associations antiracistes).
Par exemple, Finkilekraut n'a jamais été condamné pour racisme et pourtant, il passe pour raciste auprès de nombreuses personnes peu évoluées intellectuellement.

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
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Re: Le fil des excellents articles d'opinion

Ca a collé à vie pour qui ? Les associations antiracistes collent des procès à tour de bras parce que c'est leur mode d'existence. Ce que je vois c'est plutôt des accusations de malversations (Woerth) ou d'agression sexuelle, viol ou harcèlement (Tron, Baupin, DSK) qui torpillent la vie d'hommes politiques, et à raison pour ceux qui sont reconnus coupables. L'accusation de racisme n'ostracise personne, la preuve avec les dirigeants frontistes qui perdent leurs procès à tour de bras et qui sont toujours là. La même pour Zemmour et autres débilos. Quant à Finkie, on peut difficilement dire qu'il est en état de mort sociale, à moins que la mort sociale signifie passer à la télé toutes les deux semaines. Au bout d'un moment il faut arrêter de dire n'importe quoi.

I rest my case, cet article est nul.

It ain’t what you don’t know that gets you into trouble. It’s what you know for sure that just ain’t so.

"Un terroriste ne mérite pas de mourir. Il mérite de vivre l'enfer. A perpétuité. Et seule la déchéance de la nationalité le permet." Greg

Re: Le fil des excellents articles d'opinion

"Je n'aime pas être tenu responsable de mes propos, je vais donc geindre à qui mieux mieux quand on me traite de raciste suite à des propos racistes que j'ai tenus."

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016

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Re: Le fil des excellents articles d'opinion

Barney a écrit:

Ca a collé à vie pour qui ? Les associations antiracistes collent des procès à tour de bras parce que c'est leur mode d'existence. Ce que je vois c'est plutôt des accusations de malversations (Woerth) ou d'agression sexuelle, viol ou harcèlement (Tron, Baupin, DSK) qui torpillent la vie d'hommes politiques, et à raison pour ceux qui sont reconnus coupables.

Pourquoi en rester à la vie des hommes politiques ? Ces accusations de racisme peuvent potentiellement toucher n'importe qui, ex. Deschamps. Ou alors des individus lambdas, qui seront traités de racistes parce qu'ils auront jeté un regard de travers.

L'accusation de racisme n'ostracise personne,

Euh... Lol.

la preuve avec les dirigeants frontistes qui perdent leurs procès à tour de bras et qui sont toujours là.

Les dirigeants frontistes (d'ailleurs, une minorité. Le Pen fille et Philippot par exemple n'ont jamais été condamnés) font de la provocation un fonds de commerce. C'est justement parce qu'ils sont condamnés qu'ils sont toujours là. Mais le cas s'applique surtout à Le Pen père.
Mais encore une fois, pourquoi en rester aux politiques ?

La même pour Zemmour et autres débilos.

Qui sont les autres débilos, par curiosité ?

Quant à Finkie, on peut difficilement dire qu'il est en état de mort sociale, à moins que la mort sociale signifie passer à la télé toutes les deux semaines. Au bout d'un moment il faut arrêter de dire n'importe quoi.

Non, à peine. Il suffit de voir comment il a été accueilli au dépotoir de la République, par exemple, et d'entendre le genre d’insultes qui ont fusé.

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

Re: Le fil des excellents articles d'opinion

FDL a écrit:
Barney a écrit:

Ca a collé à vie pour qui ? Les associations antiracistes collent des procès à tour de bras parce que c'est leur mode d'existence. Ce que je vois c'est plutôt des accusations de malversations (Woerth) ou d'agression sexuelle, viol ou harcèlement (Tron, Baupin, DSK) qui torpillent la vie d'hommes politiques, et à raison pour ceux qui sont reconnus coupables.

Pourquoi en rester à la vie des hommes politiques ? Ces accusations de racisme peuvent potentiellement toucher n'importe qui, ex. Deschamps. Ou alors des individus lambdas, qui seront traités de racistes parce qu'ils auront jeté un regard de travers.

Et Deschamps est en état de mort sociale ? Laurent Blanc impliqué dans l'affaire des quotas raciaux, ou Willy Sagnol qui déclare qu'il y en a marre des noirs athlétiques en Ligue 1, ils sont en état de mort sociale ? Ils ont été exclus de leurs clubs ou fédérations à l'époque ? Ca a eu un impact pour eux ? Tu sais un peu de quoi tu parles ou tu te contentes juste de troller sur un sujet auquel tu ne connais pas grand chose et qui ne t'intéresse pas, sauf quand il est repris par le Figaro ou Fdesouche ?

Et lol lol lol lol lol sur les individus lambdas traités de racistes pour avoir jeté un regard de travers, je crois que ça résume parfaitement tes fantasmes, beaucoup moins la réalité. J'aimerais bien que tu précises ta pensée sur ce point, genre avec des exemples concrets. Et fais très attention en marchant dans la rue FDL tu pourrais te faire piquer ton téléphone ou te faire traiter de raciste.

Quant à Finkie, on peut difficilement dire qu'il est en état de mort sociale, à moins que la mort sociale signifie passer à la télé toutes les deux semaines. Au bout d'un moment il faut arrêter de dire n'importe quoi.

Non, à peine. Il suffit de voir comment il a été accueilli au dépotoir de la République, par exemple, et d'entendre le genre d’insultes qui ont fusé.

Ah donc être en état de mort sociale c'est se faire insulter par des militants à Nuit debout qui ne représentent à peu près personne ? Finkie arpente les médias avec un niveau intellectuel déclinant de jour en jour depuis 10 piges, sans que personne ne se pose la question de continuer à l'inviter ou pas, d'ailleurs. Il est académicien, reconnu par la nation et dispose d'un espace tout à fait considérable pour s'exprimer. C'est peut être mérité, je pense que ça l'était à une certaine époque, aujourd'hui j'en suis moins sûr. En revanche je pense qu'il est totalement ridicule de prétendre que le mec est ostracisé par le système, à moins de prétendre que le système c'est Nuit debout et un monde universitaire qui vit séparé de la société, et que tout le reste - médias et institutions - représentent les marginaux.

Pour en revenir au fond de la chose, cette phrase selon laquelle l'accusation de racisme équivaut à une condamnation à mort sociale est (1) totalement ridicule parce qu'infondée, il n'y a pas un seul exemple valable et (2) assez dégueulasse, dans le contexte actuel où l'expression raciste libre de toute poursuite n'a jamais été facile, grace aux réseaux sociaux et à internet en général. Je peux te trouver en l'espace de 5 minutes une dizaine de pages Facebook proférant des insultes racistes à l'égard de NVB ou de Taubira, les créateurs de ces pages ne risquent absolument rien. Alors renverser le problème en prétendant que le risque principal c'est l'accusation de racisme, et non pas le racisme lui même, c'est se foutre de la gueule du monde. Libre à toi de souscrire à cette pensée de déchetterie.

Last edited by Barney (08-06-2016 10:28:30)

It ain’t what you don’t know that gets you into trouble. It’s what you know for sure that just ain’t so.

"Un terroriste ne mérite pas de mourir. Il mérite de vivre l'enfer. A perpétuité. Et seule la déchéance de la nationalité le permet." Greg

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Re: Le fil des excellents articles d'opinion

Le problème, Barney, c’est que tu t'en tiens aux personnalités qui bénéficient d'un statut qui les protège quelque peu de la mort sociale. Alors que cette dernière est bien le but visé. On a voulu virer Zemmour de tout l'espace médiatique, par exemple. Mais ça ne réussit pas à chaque fois, en raison justement de ce statut.
L'entretien ne porte pas que sur les célébrités. Effectivement, Finkielkraut n'est pas en état de mort sociale, justement du fait de son parcours, son aura, sa notoriété etc. Mais pense aux individus qui n'ont pas la chance d'être protégés de la sorte. Allez, au hasard, Robert Redeker, à l'époque simple professeur de philosophie qui, après la publication d'une tribune il y a quelques années, avait été accusée d'islamophobie, avait dû subir une fatwa et vivre dans la clandestinité, suivi en permanence par des gardes du corps. Si ça ne s'appelle pas une mort sociale, ça... Car ça ne fonctionne pas qu'avec les accusations de racisme. Il y a aussi le chantage à l'antisémitisme, l'islamophobie, la pédophilie etc. etc.
Ça peut également toucher des personnes un peu plus installées, comme Richard Millet par exemple (qui est en état de mort sociale actuellement).

Les Deschamps, Blanc ou Sagnol n'ont pas subi l'hallali car les accusations de racisme à leur encontre sont tellement débiles et issues de cerveaux si atrophiés (les Benzema, Cantona, Debbouze...) que même les associations antiracistes, pourtant à l'affût comme des vautours, n'ont pas osé les suivre. Mais il suffit qu'elles se liguent et que leurs actions soient bien relayées par les médias pour que la machine fonctionne à fond.

Enfin, quant à savoir si je sais de quoi je parle ou non, je pense que je serai toujours plus facilement suspect de racisme que toi, pour des raisons évidentes, notamment auprès des tarés du CRAN ou du PIR qui, s'ils sont assez faibles numériquement, bénéficient d'une totale impunité et de relais médiatiques puissants.

Pour terminer, je ne vois pas où tu as lu que l’accusation de racisme serait le risque principal et non le racisme lui-même. Au contraire, Redeker les met sur le même plan. Il dénonce à juste titre les accusations délirantes de racisme qu'on ressort à tout va sans aucune justification.

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Re: Le fil des excellents articles d'opinion

Ce qui me fait un peu marrer dans ton discours, c'est que tu ne t'es jamais privé, ici, de relayer d'autres types d'accusations sans fondements, de dénigrements "d'habitude" et "d'évidence", différents de la question du racisme, ni d'exprimer ta haine de tel ou tel type d'opinions ou de personnes qui ne te correspondent pas. Tu ne t'es jamais privé d'injurier des personnalités qui avaient le malheur de te déplaire. Tu ne t'es jamais empêché de recourir aux mêmes méthodes de dénigrement massif que celles pour lesquelles tu t'indignes ici et pour lesquelles tu bénéficies également, comme tu dis, et sauf exception lorsque tu dépasses clairement les limites acceptables, d'une forme d'impunité, parce que je suis certainement trop démocrate, trop libéral, et peut-être parfois trop faible, etc.

Sur le sujet présent, je ne suis pas en désaccord sur le fond lorsque ces accusations de racisme sont balancées à l'emporte-pièce. C'est aussi insupportable que le fait d'entendre des propos racistes. En revanche, certains parmi ceux que tu cites ont bel et bien tenus des propos racistes (que je distingue clairement de la critique, par exemple, de l'Islam, pour moi tout à fait fondée, tout comme celle contre toute forme de religion d'ailleurs...). Par exemple, Finkie, qui s'en tire pas si mal, et que j'écoute attentivement avec plaisir les samedis matins, a tenus des propos racistes lorsqu'il a parlé d'une équipe black black black... Idem pour Zemmour... Ils ne sont pas vraiment en état de mort sociale... Et ça ne nous empêche pas de continuer à les écouter, à être parfois d'accord, parfois franchement en désaccord, etc.

Au fond, la seule mort sociale, c'est celle que s'inflige lui même celui qui n'ose plus exprimer ses idées, non parce qu'on le lui interdit (il n'est aujourd'hui plus matériellement possible de faire taire quelqu'un avec Internet - ils n'ont qu'à ouvrir un blog, ouvrir un compte sur je-ne-sais-quel réseau ou media social...) mais parce qu'il sait qu'elles le disqualifieront d'office aux yeux des autres.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: Le fil des excellents articles d'opinion

Alors sur la stupidité des accusations de racisme à l'encontre de Sagnol, par exemple :

Article de FTV Info de 2014 a écrit:

(...) Mais Willy Sagnol ne s'arrête pas là et se lance dans une description discutable du jeu du "joueur typique africain". Il le décrit comme "un joueur pas cher quand on le prend, prêt au combat généralement, qu’on peut qualifier de puissant sur un terrain". Et l'ancien international français d'ajouter : "Mais le foot ce n’est pas que ça, c’est aussi de la technique, de l’intelligence, de la discipline. Il faut de tout. Des Nordiques aussi, c’est bien les Nordiques, ils ont une bonne mentalité." Des déclarations qui ont provoqué de nombreuses réactions, de l'indignation des associations antiracistes au soutien des commentateurs du ballon rond.

http://www.francetvinfo.fr/sports/foot/ … 37237.html

Willy Sagnol a été démis de ses fonctions cette année en raison de ses mauvais résultats avec les Girondins de Bordeaux, jusqu'alors il a été soutenu par son club. Est-ce que Sagnol est raciste, je sais pas. Mais ses propos en question l'étaient très clairement. Sagnol n'a pas perdu quoi que ce soit, ni son job, ni son statut, rien.

Passons au cas de Laurent Blanc et à l'affaire des quotas, je te suggère la lecture de cet article : http://www.france24.com/fr/20110501-fra … t-enquete. La palme à sa phrase sortie en commission "Les Espagnols, ils m'ont dit: +Nous, on n'a pas de problème. Nous, des Blacks, on n'en a pas". Est-ce que Laurent Blanc est raciste ? Ici encore j'en sais rien, mais ses propos l'étaient très clairement et son soutien à des quotas ethniques également. Laurent Blanc va se faire débarquer du PSG en raison de ses mauvais résultats en Ligue des champions, mais sinon on ne va pas dire qu'il a payé socialement pour ses propos, tout juste s'est-il excusé.

Alors oui, l'attaque sur Deschamps est pitoyable et totalement injustifiée. Mais elle ne sort pas de nulle part et les cas de la FFF, de Sagnol et de Blanc sont très différents. Aucun des deux n'a payé en quoi que ce soit leurs sorties racistes. Voilà pour la vacuité de tes arguments concernant le foot, mais je ne te blâme pas de ne pas suivre ce sport autant que d'autres peuvent le faire.

Mais du coup tu comprendras que je rigole doucement lorsque je lis Redeker se plaindre de cette violence ultime et irréparable que serait l'accusation de racisme, la bombe nucléaire de la diffamation. Ca doit faire marrer Eric Woerth ou DSK. Et le fait même de mettre sur le même plan la violence du racisme et de l'accusation de racisme indique bien à quel point votre perception de la réalité est pétée.

Last edited by Barney (08-06-2016 14:08:55)

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"Un terroriste ne mérite pas de mourir. Il mérite de vivre l'enfer. A perpétuité. Et seule la déchéance de la nationalité le permet." Greg

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Re: Le fil des excellents articles d'opinion

Greg a écrit:

Ce qui me fait un peu marrer dans ton discours, c'est que tu ne t'es jamais privé, ici, de relayer d'autres types d'accusations sans fondements, de dénigrements "d'habitude" et "d'évidence", différents de la question du racisme,

Je veux bien que tu me donnes des exemples.

ni d'exprimer ta haine de tel ou tel type d'opinions ou de personnes qui ne te correspondent pas.

Je ne ressens de haine pour personne. J'ai en revanche beaucoup de mépris pour les donneurs de leçons qui prétendent savoir ce qui est bon pour le peuple alors qu'ils ont 50 de QI, les sales types et les têtes à claques qui prennent les gens pour des demeurés.
Mais je n'ai aucune animosité contre ceux qui ne pensent pas comme moi, bien au contraire.

Tu ne t'es jamais privé d'injurier des personnalités qui avaient le malheur de te déplaire.

Quand je les insulte (si je les insulte), c’est en raison de leur comportement, leurs actes ou leurs paroles offensants à l'égard des gens, dont moi. Et quand je me sens insulté, je réponds, ce qui est assez normal. L'insulte n'est jamais gratuite dans ma bouche, c'est toujours mérité.

tu bénéficies également, comme tu dis, et sauf exception lorsque tu dépasses clairement les limites acceptables, d'une forme d'impunité, parce que je suis certainement trop démocrate, trop libéral, et peut-être parfois trop faible, etc.

Hahahahahahahaha ! Tu es sans doute le garçon le moins démocrate du monde, mon Greg. En témoigne ici même ton activité favorite, la censure. Chose que j'ai dû pratiquer 2-3 fois en je ne sais combien d'années de modération.

Par exemple, Finkie, qui s'en tire pas si mal, et que j'écoute attentivement avec plaisir les samedis matins, a tenus des propos racistes lorsqu'il a parlé d'une équipe black black black...

Non, je ne dirais pas que c'est du racisme. Il n'a pas dit que les joueurs noirs jouaient moins bien que les blancs pour je ne sais quelle raison génétique. Il a dénoncé une surreprésentation des joueurs noirs par rapport à un discours qu'on nous serine depuis des années qui consiste à dire : il faut que [mettre ici la mention de ce que vous voudrez : équipe de France, entreprise etc. etc.] soit représentatif de la diversité (sous-entendu ici : diversité des cultures, des origines...) de la société française. Or, s'il fallait qu'elle fût le reflet exact de cette diversité dans des proportions qui y correspondent à peu près, l'équipe de France devrait compter environ 3 noirs sur onze joueurs. Georges Frêche avait d'ailleurs dit à peu près la même chose.   
Moi, j'ai toujours trouvé ces idées de quotas et de discrimination positive profondément débiles. Je suis pour la promotion au mérite, pas à la couleur de peau ou que sais-je. Si les onze meilleurs joueurs de football de France sont blancs, l'équipe de France sera intégralement blanche et ça ne me posera pas de problèmes. S'ils sont tous noirs, l'équipe de France sera intégralement noire et ça ne me posera pas plus de problèmes. Du moment qu'ils sont les meilleurs.
Il y a aussi, plus qu'une question de couleur finalement, ce problème de la surreprésentation de la culture caillera de banlieue, qui parle forcément aux "jeunes" comme on dit mais qui ne reflète absolument pas la France et sa culture dans son ensemble.

Au fond, la seule mort sociale, c'est celle que s'inflige lui même celui qui n'ose plus exprimer ses idées, non parce qu'on le lui interdit (il n'est aujourd'hui plus matériellement possible de faire taire quelqu'un avec Internet - ils n'ont qu'à ouvrir un blog, ouvrir un compte sur je-ne-sais-quel réseau ou media social...) mais parce qu'il sait qu'elles le disqualifieront d'office aux yeux des autres.

Hmm, pas vraiment. Ça, ce serait plutôt la soumission à un ordre moral, un politiquement correct (quel qu'il soit, d'ailleurs) oppressant et puissant au sein de telle ou telle communauté. Si la personne s'abstient de donner son avis par peur de déplaire, elle reste intégrée dans la communauté en se soumettant. Si elle le donne et déplaît, elle se met en marge et n'a plus de "lien social" avec cette communauté.
Non, pour moi, la mort sociale, c'est soit le cas de figure dont je viens de parler, soit la volonté délibérée de faire taire quelqu'un. Et c’est justement un des grands débats actuels de savoir comment faire taire définitivement quelqu'un sur Internet et les réseaux sociaux. C'est pour cela que FB, Twitter et autres sont régulièrement visés par les pouvoirs publics, les groupes de pression et les associations.

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Re: Le fil des excellents articles d'opinion

Barney a écrit:

Alors sur la stupidité des accusations de racisme à l'encontre de Sagnol, par exemple :

Article de FTV Info de 2014 a écrit:

(...) Mais Willy Sagnol ne s'arrête pas là et se lance dans une description discutable du jeu du "joueur typique africain". Il le décrit comme "un joueur pas cher quand on le prend, prêt au combat généralement, qu’on peut qualifier de puissant sur un terrain". Et l'ancien international français d'ajouter : "Mais le foot ce n’est pas que ça, c’est aussi de la technique, de l’intelligence, de la discipline. Il faut de tout. Des Nordiques aussi, c’est bien les Nordiques, ils ont une bonne mentalité." Des déclarations qui ont provoqué de nombreuses réactions, de l'indignation des associations antiracistes au soutien des commentateurs du ballon rond.

http://www.francetvinfo.fr/sports/foot/ … 37237.html

Willy Sagnol a été démis de ses fonctions cette année en raison de ses mauvais résultats avec les Girondins de Bordeaux, jusqu'alors il a été soutenu par son club. Est-ce que Sagnol est raciste, je sais pas. Mais ses propos en question l'étaient très clairement. Sagnol n'a pas perdu quoi que ce soit, ni son job, ni son statut, rien.

Mais en quoi le sont-ils ? Parce qu'il parle de joueur typique africain pas cher, prêt au combat et puissant ? Et alors ? Il fait une généralité en parlant de "type" pour présenter le joueur africain. Bon, c'est critiquable, comme toute généralité, mais franchement, de là à sortir les grands mots en parlant de racisme... D’ailleurs, je ne pense pas qu'il dénie toute intelligence aux joueurs africains. Il dit qu'il ne faut pas se limiter à la puissance de jeu. Ca ne signifie pas pour autant que les joueurs africains en soient nécessairement dénués. Il faut de tout dans une équipe : puissance, intelligence de jeu, tactique, etc., c'est ce qui fait sa force.
Après, sur les "Nordiques", il parle d'une "autre mentalité" et alors ? Un Sénégalais qui aura passé toute sa vie à Dakar et un Biélorusse à Minsk n'auront pas la même mentalité, la même culture etc., ça me paraît évident. C'est ce qui constitue la richesse de la diversité, justement, non ?

Passons au cas de Laurent Blanc et à l'affaire des quotas, je te suggère la lecture de cet article : http://www.france24.com/fr/20110501-fra … t-enquete. La palme à sa phrase sortie en commission "Les Espagnols, ils m'ont dit: +Nous, on n'a pas de problème. Nous, des Blacks, on n'en a pas". Est-ce que Laurent Blanc est raciste ? Ici encore j'en sais rien, mais ses propos l'étaient très clairement et son soutien à des quotas ethniques également. Laurent Blanc va se faire débarquer du PSG en raison de ses mauvais résultats en Ligue des champions, mais sinon on ne va pas dire qu'il a payé socialement pour ses propos, tout juste s'est-il excusé.

Le lien ne fonctionne pas. Blanc reprend des propos tenus par les Espagnols. Il dit que les blacks en équipe de France sont grands, costauds et puissants. Bon, s'il s'avère que ces joueurs le sont effectivement, so what ?

Alors oui, l'attaque sur Deschamps est pitoyable et totalement injustifiée. Mais elle ne sort pas de nulle part

En effet, elle sort de cerveaux atrophiés comme celui de Benzema qui cherche n'importe quelle excuse alors que la raison est simple : son comportement et ses propos ne peuvent pas lui permettre de représenter la France. point final. Elle vient aussi du cerveau d'antiracistes professionnels comme Cantona ou Debbouze qui font leur miel sur ce genre de polémiques.

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Re: Le fil des excellents articles d'opinion

Mais tu le fais exprès ? Sagnol dit en gros que les joueurs noirs sont puissants sur le terrain, par opposition aux joueurs européens qui sont techniques, intelligents et disciplinés. Il oppose les joueurs typiques africains aux joueurs nordiques, en leur apposant un stéréotype clairement négatif dans son discours, et tu ne vois pas là où on peut parler de racisme ? Tu veux bien sortir de ta mauvaise foi 5 minutes stp, je déteste être pris pour un con.

Pour Blanc tu ne vois absolument pas de problème avec ce qu'il dit, parce qu'il s'agit de propos rapportés ? Et son soutien à des quota ethniques, tu n'y vois pas de problème ? T'es le premier à t'opposer à la discrimination positive sur des critères ethniques (à raison), et là tu ne vois absolument pas de problème ? Refuser de selectionner tel ou tel joueur à cause de son ethnie, ça ne te semble pas être une forme de racisme ?

Dans l'équipe de France tu as des joueurs blacks ou métisses parmi les plus techniques dont on dispose, Payet, Pogba, Coman par exemple. Tu as des joueurs qui on un très très bon sens du placement tactique et que tu ne peux pas résumer à des "grands, costauds et puissants". Je vais arrêter cette discussion parce que ta mauvaise foi combinée à ton ignorance crasse m'énervent de plus en plus.

Last edited by Barney (09-06-2016 09:34:33)

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Re: Le fil des excellents articles d'opinion

C'est aussi choquant que lorsque Thuram disait en 98 : "Allez les blacks, on fait une photo entre nous". Phrase qui est passée totalement inaperçue, n'est-ce pas ?
Mais bon, comme tu voudras.

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Re: Le fil des excellents articles d'opinion

FDL a écrit:

C'est aussi choquant que lorsque Thuram disait en 98 : "Allez les blacks, on fait une photo entre nous". Phrase qui est passée totalement inaperçue, n'est-ce pas ?
Mais bon, comme tu voudras.

Exactement, le foot est un milieu bien raciste, et Thuram a pas été emmerdé non plus. Tu confirmes ce que je dis. Sauf que toi, le racisme ne te gêne que d'un côté, de l'autre c'est l'accusation de racisme qui t'ennuie. En termes de cohérence on repassera.

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Re: Le fil des excellents articles d'opinion

On avait déjà eu cette discussion il y a quelque temps. Le racisme ne me gêne pas que d'un côté. Seulement, il est très consensuel, et tout à fait normal, soit dit en passant, de fustiger le racisme touchant les minorités (qui ne le sont d'ailleurs pas partout) alors que le racisme en sens inverse est passé sous silence, quand il n'est pas nié. Alors forcément, comme personne ou presque n'en parle, du moins dans les grands médias dits de référence, je le fais. Et l'on pense qu'il n'y a que celui-là qui m’intéresse. Mais moi, c’est le racisme en général qui me déplaît, qu'il soit anti-noir ou anti-blanc ou qu'il s'agisse des fausses accusations de racisme. Le problème étant que ce racisme à l'envers ne doit pas être évoqué, sous des prétextes fallacieux (ne pas stigmatiser, on ne peut pas être raciste vis-à-vis d'une communauté si celle-ci est numériquement majoritaire et donc non-oppressée etc. etc.).
C'est pourquoi je passe effectivement plus de temps à dénoncer le racisme d'organisations comme le CRAN ou le PIR qui sont d'authentiques racistes et qui, pourtant, n'ont jamais été inquiétées. Pas seulement racistes d'ailleurs, comme on peut le voir avec cette militante du PIR qui félicite les auteurs de l'attentat de Tel Aviv : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/ … l-aviv.php
Bravo à l'excellent Gilles Clavreul. On attend toujours les réactions indignées de notre chère classe politique.

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"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
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Re: Le fil des excellents articles d'opinion

Racisme ?

Bacary Sagna a écrit:

J'ai des personnes roumaines qui travaillent chez moi. C'est un peuple qui me plaît et qui a une belle mentalité

http://www.huffingtonpost.fr/2016/06/08 … mg00000001

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
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Re: Le fil des excellents articles d'opinion

Quand un weeaboo vante la docilité de la femme asiatique et loue son attitude respectueuse, même s'il couche ça dans des termes très flatteurs, un peu que je vais le traiter de raciste et de sexiste et de beauf, ouais. Je vois pas pourquoi ce serait différent avec Sagna.

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016

Re: Le fil des excellents articles d'opinion

Je vois pas pourquoi la classe politique s'indignerait d'un tweet imbécile d'une personne qui ne représente qu'elle-même et qui n'a aucune dimension médiatique. Je parie que tu as levé les yeux au ciel quand tu as vu que Hollande avait daigné répondre aux élucubrations d'Ibrahimovic.

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016

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Re: Le fil des excellents articles d'opinion

Broz a écrit:

Je vois pas pourquoi la classe politique s'indignerait d'un tweet imbécile d'une personne qui ne représente qu'elle-même et qui n'a aucune dimension médiatique. Je parie que tu as levé les yeux au ciel quand tu as vu que Hollande avait daigné répondre aux élucubrations d'Ibrahimovic.

Tu t'es trompé de thread.
Cette personne est une militante du PIR. J'attends très logiquement la même réaction que la classe politique dans son ensemble avait déployée pour fustiger l'insulte raciste qu'avait proférée une militante FN à l’encontre de Taubira en la traitant de guenon.
L'affaire Ibrahimoutche, pour le prononcer à la Flanby, est différente. Il n'y a pas eu de propos polémiques dans l'entretien d'Ibra, juste des déclarations provocantes fidèles au personnage qu'il joue. Et de mémoire, c'est Mèche Folle qui a réagi, pas Flanby. Et effectivement, j'ai levé les yeux au ciel car ces propos ne méritaient pas de commentaires du porte-parole du gouvernement, qui se rabaisse au niveau de l'anecdotique.

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

Re: Le fil des excellents articles d'opinion

FDL a écrit:
Broz a écrit:

Je vois pas pourquoi la classe politique s'indignerait d'un tweet imbécile d'une personne qui ne représente qu'elle-même et qui n'a aucune dimension médiatique. Je parie que tu as levé les yeux au ciel quand tu as vu que Hollande avait daigné répondre aux élucubrations d'Ibrahimovic.

Tu t'es trompé de thread.
Cette personne est une militante du PIR. J'attends très logiquement la même réaction que la classe politique dans son ensemble avait déployée pour fustiger l'insulte raciste qu'avait proférée une militante FN à l’encontre de Taubira en la traitant de guenon.
L'affaire Ibrahimoutche, pour le prononcer à la Flanby, est différente. Il n'y a pas eu de propos polémiques dans l'entretien d'Ibra, juste des déclarations provocantes fidèles au personnage qu'il joue. Et de mémoire, c'est Mèche Folle qui a réagi, pas Flanby. Et effectivement, j'ai levé les yeux au ciel car ces propos ne méritaient pas de commentaires du porte-parole du gouvernement, qui se rabaisse au niveau de l'anecdotique.

C'est bien ce que je dis. Faudrait qu'on arrête de considérer des tweets comme ayant la moindre importance. Honnêtement, je m'en branle qu'elle soit membre du PIR, une organisation qui n'existe médiatiquement que parce qu'il y a des gens comme toi pour s'en émouvoir. Il n'y a pas lieu de réclamer un commentaire du gouvernement quand un quelconque imbécile profère des propos racistes, sexistes, ou généralement désagréables sur Twitter parce que sinon on ne serait pas rendus.
La seule différence en ce qui concerne l'affaire Taubira, c'est que c'était 1) une candidate à une élection qui a émis ce propos, et 2) qu'elle visait directement une personne du gouvernement. Donc bon. Si tu demandes à un politique il te répondra en te disant "ouais c'est minable", mais va pas réclamer un communiqué pour dénoncer un tweet.

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016

Re: Le fil des excellents articles d'opinion

Mais c'est quand même incroyable, tu m'expliques que l'accusation de racisme est tout aussi grave que le racisme lui-même, que c'est utilisé tout le temps pour démolir des mecs (et que ça peut arriver à n'importe qui, lol). Je te donne des exemples où c'est passé crème (Sagnol, Blanc), et la seule réponse que tu as à nous offrir c'est : ouin ouin il y a aussi des racistes dans les minorités ? Mais ouais mec, mais ça on le sait ! Ca rend pas ton article initial moins pourri, PIR ou pas PIR, on s'en tape.

It ain’t what you don’t know that gets you into trouble. It’s what you know for sure that just ain’t so.

"Un terroriste ne mérite pas de mourir. Il mérite de vivre l'enfer. A perpétuité. Et seule la déchéance de la nationalité le permet." Greg

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Re: Le fil des excellents articles d'opinion

Broz a écrit:

Faudrait qu'on arrête de considérer des tweets comme ayant la moindre importance.

Ah, dans ce cas, ok. Je suis d'accord.

une organisation qui n'existe médiatiquement que parce qu'il y a des gens comme toi pour s'en émouvoir.

Comme le FN, finalement. smile

Il n'y a pas lieu de réclamer un commentaire du gouvernement quand un quelconque imbécile profère des propos racistes, sexistes, ou généralement désagréables sur Twitter parce que sinon on ne serait pas rendus.

Je suis tout à fait d'accord. Plus qu'un commentaire du gouvernement (dont je me fiche éperdument aussi), je réclame la fin du deux poids deux mesures. On ne dit rien sur le tweet félicitant les terroristes, très bien, mais dans ce cas, on ne dit rien non plus sur les racistes qui traitent Taubira de guenon.

La seule différence en ce qui concerne l'affaire Taubira, c'est que c'était 1) une candidate à une élection qui a émis ce propos,

Peut-être, je ne sais plus. Je vais prendre un autre exemple alors : la petite fille d'une dizaine d'années qui avait dit "mange ta banane", quelque chose dans ce style, ce qui avait scandalisé tout le monde.
Ça aussi, ça avait fait un peu de bruit : http://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/ … 17329.html

et 2) qu'elle visait directement une personne du gouvernement.

Mouais, et alors ? La militante est française, membre d'une organisation malheureusement toujours autorisée en France, la moindre des choses aurait été de sommer le PIR de se désolidariser de ces propos. Elle loue quand même un acte qui a provoqué la mort de 5 personnes.

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Re: Le fil des excellents articles d'opinion

Barney a écrit:

Mais c'est quand même incroyable, tu m'expliques que l'accusation de racisme est tout aussi grave que le racisme lui-même, que c'est utilisé tout le temps pour démolir des mecs (et que ça peut arriver à n'importe qui, lol). Je te donne des exemples où c'est passé crème (Sagnol, Blanc), et la seule réponse que tu as à nous offrir c'est : ouin ouin il y a aussi des racistes dans les minorités ? Mais ouais mec, mais ça on le sait ! Ca rend pas ton article initial moins pourri, PIR ou pas PIR, on s'en tape.

Mais je ne veux pas faire de comparaison en disant qu'un tel est plus grave que l'autre. Mais oui, les accusations de racisme délirantes sont pléthoriques (tiens, encore un exemple que tu avais oublié : http://www.europe1.fr/sport/accuse-de-r … -2531781). Encore un : http://www.europe1.fr/medias-tele/un-ca … re-2694295 etc. etc. etc.

Ça peut arriver à n'importe qui, oui et non. Il faut être de préférence mâle, blanc, hétéro. Thuram, Benzema, Rokhaya Diallo etc. ne sont pas racistes, eux, non non. Après, il peut y avoir des exceptions, comme Sagnol.

Il y a des racistes dans les minorités mais la raison pour laquelle je fais ouin ouin, c'est que ça ne choque personne. Au contraire, c’est même autorisé. Alors toi, tu le sais peut-être mais les grands médias "de référence" ne s'attardent pas dessus, c'est ça qui est révoltant.
Et non, je ne me tape pas du PIR ou du CRAN, qui ont des capacités de lobbying puissantes, la preuve.

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Re: Le fil des excellents articles d'opinion

Ah oui ok, donc en fait le cas de Sagnol est une exception. Dans ta bouche le racisme n'est un problème que lorsqu'il vient du PIR ou de Diallo. Tu ne postes que là dessus, et sur les dérives des accusations racistes, que tu mets au même niveau que les actes racistes qui sont, comme le cas de Sagnol, des exceptions. Un beau cumul d'incohérence et d'égoïsme.

Malgré ses attaques débiles contre Deschamps, Cantonna pointe des sujets de réflexion intéressants. Comment peut on en arriver à une ligue professionnelle de football dont les instances sont intégralement blanches, dont les dirigeants sont intégralement blancs (ça à la limite on peut l'expliquer), qui en arrive à imaginer et plannifier très sérieusement de mettre en place des quotas ethniques pour réduire le nombre de noirs dans le foot français ? Mais toi FDL ce qui va t'intéresser c'est l'accusation infondée sur Deschamps et ou les propos de Thuram, le reste de toute façon tu t'en fous totalement, soit tu n'y connais rien, soit tu ne te sens pas concerné.

Par exemple pour Houiller, qui soit dit en passant est une grosse ordure, tu ne sais absolument rien des propos qui lui sont reprochés et tu ne sais absolument pas si l'accusation est délirante. Lorsqu'Anelka (qui est un crétin, là n'est pas la question) lui reproche des phrases du type "vous les noirs quand on vous donne de l'argent, vous ne foutez plus rien", tu n'as pas la moindre idée du caractère délirant ou non du machin. Bref, ton biais sur ces questions est juste énorme, il serait peut être temps que tu le reconnaisses.

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Re: Le fil des excellents articles d'opinion

Barney a écrit:

Tu ne postes que là dessus,

Je poste là-dessus parce que c'est un sujet tabou dans nos "élites" politiques et médiatiques.

Comment peut on en arriver à une ligue professionnelle de football dont les instances sont intégralement blanches, dont les dirigeants sont intégralement blancs (ça à la limite on peut l'expliquer),

Non, ça, ce n’est pas intéressant parce que cela revient à raisonner en termes de couleur de peau, ce qui n'a strictement aucun intérêt, en plus d'être facteur de troubles communautaires et de divisions.

qui en arrive à imaginer et plannifier très sérieusement de mettre en place des quotas ethniques pour réduire le nombre de noirs dans le foot français ?

Tout comme, dans le monde de l'entreprise, dans le théâtre etc., on en arrive à planifier très sérieusement de mettre en place des quotas ethniques pour réduire le nombre de blancs. Mais là, ça ne te dérange pas. Question cohérence aussi...

Mais toi FDL ce qui va t'intéresser c'est l'accusation infondée sur Deschamps et ou les propos de Thuram

Oui, car ces accusations débiles parasitent le débat public du fait de la place démesurée accordée à des crétins style Debbouze ou Cantona.

Par exemple pour Houiller, qui soit dit en passant est une grosse ordure, tu ne sais absolument rien des propos qui lui sont reprochés et tu ne sais absolument pas si l'accusation est délirante.

Je me suis fondé sur l’article qui lui était consacré.

Lorsqu'Anelka (qui est un crétin, là n'est pas la question) lui reproche des phrases du type "vous les noirs quand on vous donne de l'argent, vous ne foutez plus rien", tu n'as pas la moindre idée du caractère délirant ou non du machin. Bref, ton biais sur ces questions est juste énorme, il serait peut être temps que tu le reconnaisses.

Parce que tu le sais, toi, s'il a vraiment prononcé cette phrase ?

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
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