Topic: Amende record contre BNP Paribas ou le racket de l'ogre impérialiste américain contre ses plus proches alliés

Les Etats-Unis ont décidé traitreusement de déclarer une guerre économique à leurs meilleurs alliés : les européens.

En décidant arbitrairement et de façon tout à fait opposée aux coutumes et au droit international de braquer sur instruction gouvernementale la première banque européenne, les américains se sont décidés, seuls, d'ouvrir un nouveau front dans leur guerre internationale contre le monde entier. Là, ils s'attaquent à leurs meilleurs amis, sans raison apparente, à part la simple opportunité de voler une entité qui leur paraît solvable pour amoindrir un peu leur déficit public abyssal, et montrer aux gauchistes et aux nationalistes américains qu'ils sanctionnent "des banques" suite à la crise financière provoquée par d'autres banques américaines.

Le montant de l'amende est évidemment totalement disproportionné et totalement exorbitant des normes antérieures de mises à l'amende de banques qui auraient fraudé, menti ou commis des crimes financiers. Évidemment, les banques américaines sont préservées de telles amendes, ce qui montre l'iniquité de cette "justice" gouvernementale, qui provoque de graves attentats à la concurrence loyale entre les différents acteurs. Pour les banques américaines qui ont plongé le monde dans la crise, mis de façon éhontée des millions d'américains dans la rue de façon illégale (affaire des "robot-signeurs"), ce ne furent que quelques centaines de millions de dollars. Pour Crédit Suisse, qui a incité des dizaines de milliers d'américains à frauder le fisc, à peine un peu plus de 2 Md$ d'amende...

Là, que reproche-t-on à BNP ? D'avoir permis des transactions avec des pays que les Etats-Unis ont déclaré leurs ennemis, l'Iran, le Soudan et Cuba, sur la base de lois extraterritoriales, donc totalement hors de l'orbite acceptable de ce que prévoit le droit international. Motif : ces transactions ont été faites en dollars et le droit américain pourrait donc s'appliquer, quel que soit l'endroit d'où elles ont été faites...

En conséquence, on sort les battes de baseball et on frappe fort sur ses propres alliés, alors que la France s'est faite la meilleure alliée géopolitique des Etats-Unis ces dernières années (réintégration otanienne, Syrie, Russie, etc.).

Les conséquences de cette volonté américaine de racketter leurs propres alliés aura des conséquences très graves sur la relation transatlantique, et les américains seront dans les prochains épisodes de leurs volonté de régenter le monde, beaucoup plus isolés.

Les Etats-Unis montrent une nouvelle fois que ce sont d'indécrottables impérialistes qui aiment le rapport de force avec l'étranger, mais ils le sont parfois si bêtement que même leurs meilleurs alliés finiront par les abandonner à eux-mêmes, voire se retourneront contre eux, et renforceront les autres pôles de puissance mondiale, la Russie, elle-même en pleine hallucination collective, nationaliste et autoritaire, la Chine, dont l'autoritarisme pseudo-communiste et la croissance de puissance géopolitique ne se démentent pas.

La France et l'Europe prendront des mesures implicites de rétorsion, et nous entreront dans une spirale négative de rivalités européo-américaine. Intelligente stratégie, à l'heure où le renforcement des liens transatlantiques aurait été important pour faire front commun devant les autres impérialismes, russe notamment.

Nous verrons la tournure que prendra cette affaire qui porte un coup fatal à la cohésion du monde occidental et à l'image de la justice américaine, qui s'apparente plus à un système de dictature juridique et à un bras armé honteux de la puissance économique et militaire de ce pays, qu'à une véritable justice indépendante et équitable.

Et à ceux qui nous expliqueront "qu'aux Etats-Unis, c'est pas comme chez nous", il est simple de rétorquer que nous devrions également prendre des mesures et des décisions "qui sont comme ça chez nous". Et évidemment, leur traité transatlantique, ils pourront se le carrer dans l'oignon car les peuples ne laisseront pas faire.

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

Re: Amende record contre BNP Paribas ou le racket de l'ogre impérialiste américain contre ses plus proches alliés

Ca semble pas mal bouger sur ce dossier qui irrite la relation franco-américaine pourtant fortement raffermie depuis que Hollande est Président. Je suis agréablement surpris que le gouvernement se soit décidé à sortir de sa réserve (Le Guen, Fabius, etc.).

Reste qu'on entend déjà comment les américains vont se défausser : "on ne peut rien faire, c'est la justice, la séparation des pouvoirs, etc.)". Reste que si rien n'évolue et que BNPP est ainsi mise à l'amende à ce niveau, il faudra reconsidérer avec un regard nouveau beaucoup de dossiers importants et ce serait très dommage...

http://www.challenges.fr/economie/20140 … -unis.html

La France mobilisée pour éviter une amende record à la BNP aux Etats-Unis

Publié le 04-06-2014 à 08h05Mis à jour à 09h20

Inquiet des conséquences économiques d'une amende de 10 milliards de dollars prononcée contre la banque française, François Hollande va plaider le 6 juin auprès de Barack Obama pour une sanction raisonnable et proportionnée.




Les autorités françaises, jusqu'au chef de l'Etat, montent au créneau pour préserver BNP Paribas d'une trop lourde sanction aux Etats-Unis, craignant pour la banque elle-même mais aussi pour l'économie dans son ensemble.



Cette affaire mobilise jusqu'à l'Elysée. Le président, François Hollande, a ainsi l'intention de l'évoquer jeudi 5 juin au soir avec son homologue américain, Barack Obama, lors d'un dîner organisé à l'occasion des commémorations du 70e anniversaire du Débarquement en Normandie.

"Le dossier sera évoqué (pendant le dîner) avec Obama", a annoncé une source diplomatique française. Cette question "figurera obligatoirement à l'ordre du jour et ils en discuteront", a-t-elle ajouté.
"La sanction doit être proportionnée"

Avant cette rencontre, le gouvernement français est sorti pour la première fois de son silence mardi 3 juin pour contester le montant de la pénalité avancé par la presse américaine et souligner que la France défendrait la banque.

"S'il y a eu une faute, il est normal qu'il y ait une sanction mais la sanction doit être proportionnée et raisonnable. Ces chiffres-là ne sont pas raisonnables", a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, à la chaîne de télévision France 2.

Le chef de la diplomatie française n'a pas hésité à mettre dans la balance les négociations en cours sur l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et les Etats-Unis (TTIP).

"Ce partenariat commercial ne peut être établi que sur une base de réciprocité. Or, là, vous auriez l'exemple d'une décision injuste et unilatérale. Donc c'est un sérieux et grave problème", a-t-il insisté.

Le ministre des Finances, Michel Sapin, est aussi monté au créneau en avertissant que la France était "prête à réagir fermement pour protéger ses intérêts fondamentaux", c'est-à-dire la stabilité de son système financier, si la justice américaine ne se montrait pas équitable.

"Nous ne sommes pas là pour défendre une banque qui a reconnu des actes répréhensibles". "Nous sommes là pour protéger la stabilité du système financier en France, pour s'assurer de sa capacité à financer correctement l'économie", a déclaré Michel Sapin dans une interview mise en ligne mardi 3 juin au soir sur le site du quotidien économique Les Echos.

Si l'amende devait atteindre la somme de 10 milliards de dollars, la première banque française par la capitalisation pourrait voir ses fonds propres être nettement rabotés, alors que les établissements bancaires vont prochainement faire l'objet de tests de résistance.
Impact sur l'accès au crédit

De plus, cela amputerait sensiblement sa capacité à octroyer des prêts à ses clients puisque les nouvelles règles du secteur conditionnent le niveau des crédits accordés au montant des fonds propres.

Or, la BNP est une des principales banques de la zone euro et s'avère essentielle pour la reprise économique européenne.

C'est notamment pourquoi le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, s'est rendu la semaine passée à New York pour rencontrer le procureur de Manhattan, Cyrus Vance, a rapporté mardi le New York Times.

"Les autorités françaises s'inquiètent d'abord d'un tel niveau de sanction pour la banque et de son impact sur l'accès au crédit", a indiqué à l'AFP une source proche du dossier.

Car, outre les conséquences sur le système économique, l'enjeu est aussi important pour BNP Paribas d'un point de vue commercial.

La possibilité de maintenir des opérations en dollars, monnaie de référence des échanges internationaux, est en effet cruciale pour conserver sa clientèle internationale.

BNP Paribas et la Banque de France n'ont pas souhaité commenter ces informations.

Outre la France, d'autres pays ont aussi commencé à évaluer les retombées de la sanction qui menace BNP Paribas.

Selon les médias belges, la Belgique, qui possède 10,3% du groupe, pourrait ainsi être privée de dividendes et voir la valeur de sa participation dans le groupe réduite alors qu'elle cherche à s'en défaire.

En France, l'amende pourrait avoir des retombées sur l'impôt que verse la banque, un des principaux contributeurs à l'impôt sur les sociétés, alors même que le gouvernement français cherche à redresser les finances publiques.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)