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Re: Le fil des articles tout pourris

Télérama a écrit:

“C dans l'air” et ses experts “vieux, blancs, réacs”

L'émission de France 5, présentée par Yves Calvi, ne brille pas par la diversité de ses commentateurs. Une poignée d'hommes tient l'antenne avec un discours martial et sans nuances.

[..]

http://television.telerama.fr/televisio … 1459247621

Télérama, c'est comme Libé. Il ne cesse de fustiger la présence de vieux blancs réacs rances et nauséabonds dans les médias, le théâtre etc. alors que son comité de rédaction est composé entièrement de... blancs :

Wikipédia a écrit:

Parmi les journalistes qui ont collaboré ou collaborent à ce magazine : Emmanuelle Anizon, Louis-Marie Barbarit, Philippe Barbot, Henriette Bichonnier, Rosita Boisseau, Patrick Brion, Emmanuel Carrère, David Carzon, Hugo Cassavetti, Olivier Céna, Marie Colmant, Michel Contat, Nicolas Delesalle, Jean-Luc Douin, Aurélien Ferenczi, Christine Ferniot, Michèle Gazier, Laurence Granec, Louis Guichard, Marine Landrot, Martine Laval, Thierry Leclère, Valérie Lehoux, Michel Lengliney, Pierre Lepape, Jean-Marc Loubier, Jacques Marquis, Francis Mayot, Olivier Milot, Pierre Murat, Anne-Marie Paquotte, Frédéric Péguillan, Antoine Perraud, Philippe Piazzo, Alain Rémond, Laurent Rigoulet, Gilbert Salachas, Richard Sénéjoux, Jacques Siclier, Emmanuel Tellier, Claude-Marie Trémois.

C'est tellement blanc qu'on se croirait à une réunion du KKK.
Je subodore beaucoup de phobies chez Télérama : une gérontophobie doublée d'une leucophobie et d'une réacophobie. Je vais saisir le Défenseur des droits (Jacques Toubon, un vieux blanc chauve mais pas réac, donc ça va).

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

Re: Le fil des articles tout pourris

Tu ne pourrras guère le saisir que sur les deux premiers points, la réacophobie est totalement tolérée par notre droit. Je ne connaissais pas le terme de leucophobie, nul doute qu'il est promis à un grand avenir sur Fdsouche, tu devrais le mettre sur des tshirts pour compléter la gamme babtou solide

Last edited by Barney (30-03-2016 12:51:41)

It ain’t what you don’t know that gets you into trouble. It’s what you know for sure that just ain’t so.

"Un terroriste ne mérite pas de mourir. Il mérite de vivre l'enfer. A perpétuité. Et seule la déchéance de la nationalité le permet." Greg

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Re: Le fil des articles tout pourris

Totalement tolérée par notre droit. Comme l'islamophobie, donc.
Leucophobie, c'est la peur du blanc. J'ai cherché sur Google. Il est promis sans doute à un bel avenir, oui.
Je ne porte pas de t-shirts babtous solides.

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

Re: Le fil des articles tout pourris

Je ne sais pas ce que le mot islamophobie veut dire, je refuse de l'utiliser pour cette raison. Les discriminations sur le fondement de la religion d'une personne sont interdites par la loi.

It ain’t what you don’t know that gets you into trouble. It’s what you know for sure that just ain’t so.

"Un terroriste ne mérite pas de mourir. Il mérite de vivre l'enfer. A perpétuité. Et seule la déchéance de la nationalité le permet." Greg

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Re: Le fil des articles tout pourris

C'est ce mot dont nos chers dirigeants nous bassinent à longueur de journée et qui se retrouve dans cette campagne de com' pourrie : tous unis contre la haine.

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
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Re: Le fil des articles tout pourris

Chouette ! On (enfin, un sociologue à la mords-moi-le-noeud) a trouvé une nouvelle phobie dans notre déjà vaste cage aux phobes ! C'est la glottophobie, la peur des accents, qui conduit à des discriminations, du racisme, de la souffrance, du burn-out, ce que vous voudrez.
Tous victimes tous victimes ouais ouais !

L'Express a écrit:

Langues, accents: les discriminations oubliées

Comme le racisme ou l'homophobie, la discrimination linguistique revient à rejeter un individu pour ce qu'il est. La différence, c'est qu'en France, nous n'en avons pas conscience. Le sociolinguiste Philippe Blanchet défend cette thèse novatrice.

Selon vous, rejeter quelqu'un pour sa manière de parler, c'est comme le rejeter pour sa couleur de peau ou sa religion. Est-ce aussi grave que cela ?

Oui. Une discrimination consiste à traiter les gens de manière différente en s'appuyant sur des critères arbitraires et injustes, donc illégitimes. D'ailleurs tous les textes internationaux de protection des droits humains interdisent explicitement les discriminations linguistiques.

En quoi une discrimination linguistique est-elle illégitime ?

Car la manière dont vous parlez est un attribut de votre personne, au même titre que votre nationalité ou votre sexe. Rejeter votre manière de parler, c'est donc rejeter votre personne même. C'est pourquoi, dans mon livre, je préfère parler de glottophobie que de discrimination linguistique. Cela permet d'établir un parallèle avec la xénophobie ou l'homophobie, de faire comprendre que c'est un droit de l'homme qui est bafoué. Quand on traite les individus différemment selon leur manière de parler, ce sont les êtres humains que l'on discrimine. 

Comment en êtes-vous venu à vous intéresser à ce sujet ?

Sans doute parce que ma grand-mère m'a raconté son enfance. Dans son école de Marseille, au début du XXè siècle, les petites filles surprises à parler provençal devaient nettoyer les toilettes. Et les récidivistes étaient contraintes de les lécher "puisqu'elles avaient de la merde dans la bouche !". Cela m'a paru intolérable.

Mais aujourd'hui, les enseignants ne recourent plus à ce genre de méthodes...

Non, mais la glottophobie prend d'autres formes. Je pense à ce jeune élève nouvellement arrivé en France, à qui l'enseignant a demandé comment il s'appelait. Il a répondu "Ahmed" en prononçant fortement le h. Savez-vous ce qu'on lui a répondu ? "Non. En France, on ne prononce pas les h. Tu t'appelles Amed. Répète : Amed !" L'enseignant n'en avait sans doute pas conscience, mais en refusant son prénom, c'est l'enfant lui-même qu'il rejetait, ainsi que ses parents, sa langue et sa culture. L'élève a d'ailleurs fondu en larmes.

Je pense à ce couple de réfugiés renvoyé des urgences d'un hôpital public parce qu'il parlait très mal français. Ou à cet étudiant qui souhaitait devenir enseignant. Alors qu'il avait toutes les compétences académiques requises, un membre du jury lui a déclaré : "Avec l'accent que vous avez, vous ne serez jamais professeur de lettres". Je pense encore au recteur de Bretagne, qui s'est opposé à ce que la devise "liberté, égalité, fraternité" soit inscrite et en français et en breton sur les frontons des lycées de cette région.

Mais promouvoir les langues régionales ne menace-t-il pas l'unité nationale ? Voyez la Catalogne espagnole ou la Flandre belge, qui réclament leur indépendance. 

Ce risque existe, c'est vrai, puisque toute langue sert non seulement à communiquer, mais aussi à se définir en tant que groupe. Mais il n'est pas automatique et il est quasi nul en France. La preuve : il existe plusieurs milliers de langues dans le monde et moins de 200 Etats. Pour ma part, je défends le droit à la diversité culturelle dans des sociétés plurielles. 

Si les gens abandonnent l'auvergnat ou l'alsacien, c'est qu'ils le veulent bien...

Vous imaginez vraiment que les gens décident spontanément, en toute liberté, de ne plus transmettre leur langue ? Bien sûr que non : on a créé les conditions pour les inciter à agir ainsi. De fait, dans notre pays, la promotion sociale n'a été rendue possible possible qu'en français. Les familles en ont conclu que, dans l'intérêt de leurs enfants, mieux valait ne plus leur parler la langue ancestrale méprisée. Il faut vraiment être naïf _ ou intellectuellement malhonnête _ pour affirmer que le "choix" des populations s'est effectué sans pression extérieure.

Mais n'a-t-on pas a rendu service aux enfants des paysans? En leur apprenant le français, on leur a permis de s'instruire, d'accéder à de meilleurs métiers. On les a rendus égaux.

Obliger un enfant à utiliser la langue d'un autre pour avoir droit à la promotion sociale, c'est une curieuse définition de l'égalité. Et c'est un argument terrible ! C'est comme si on disait à un Juif qu'il doit devenir catholique pour devenir fonctionnaire. Votre réaction est cependant significative : comme la plupart de nos compatriotes, vous avez intégré l'idéologie glottophobe, particulièrement répandue dans notre pays.

Comment cela ?

En France, ce phénomène est doublement ignoré. D'une part, la société considère que se moquer de quelqu'un pour son accent ou sa manière de parler n'est pas grave. D'autre part, les textes qui prohibent les discriminations ne comprennent pas le critère linguistique. Pire : lorsque la France ratifie des textes internationaux sur ce sujet, elle le fait avec des réserves sur ce chapitre ou ne les applique pas. 

C'est normal. Notre constitution comprend un article 2 qui stipule : "Le français est la langue de la République".

Non, ce n'est pas "normal". C'est discriminatoire car le français n'est qu'une des langues de France. Dans l'immense majorité des pays, il existe plusieurs langues officielles. 

D'où vient selon vous notre relative indifférence à cette discrimination ? 

A des raisons historiques. Sous l'Ancien Régime, l'unité du pays était symbolisée par la personne du roi. Depuis 1789, c'est la langue qui joue ce rôle. Pour cette raison, elle est devenue une religion d'Etat, dont le coeur sacré est l'orthographe et l'école le bras armé. Pas question d'écrire chariot avec deux r, par exemple, même si c'est le cas pour tous les autres mots dérivés de char ! On n'est plus dans le rationnel, on est dans le passionnel.

Les enseignants seraient donc responsables ?

Oui, même s'ils n'en ont pas toujours conscience. De fait, ils inculquent aux élèves les normes linguistiques des dominants et en font le critère majeur de la réussite ou l'échec. Ils créent chez les enfants une insécurité linguistique, en leur faisant croire qu'ils parlent "mal".

N'est-ce par le rôle de l'école d'aider les enfants à ne plus commettre de fautes de français ? 

Les "fautes" ne sont que des variations stigmatisées. On recense entre 3000 et 30 000 langues dans le monde. La plupart fonctionnent sans normes prescrites, et cela se passe très bien. 

Mais une langue sans normes prescrites est-elle une vraie langue ?

Bien sûr. Dès qu'un parler permet de communique, c'est une langue. Et affirmer le contraire, c'est de la glottophobie. 

Tout de même, le langage des langues de banlieue, ce ne sont pas des vers de Racine !

Non. Mais prouvez-moi par un argument rationnel que l'un est "meilleur" que l'autre.

Quand j'entends : "Vas-y, je te kiffe trop", cela m'émeut moins que : " Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ; Un trouble s'éleva dans mon âme éperdue"... 

Vous, peut-être. Mais ce n'est pas rationnel : c'est de l'affect ! Pourquoi les uns auraient-ils le droit d'imposer leur subjectivité et de définir ce que doit être la norme? C'est comme si je vous disais que votre chambre doit être peinte en vert et non en blanc. Le sociologue Pierre Bourdieu l'a très bien montré : la "bonne" langue est celle qu'utilise l'élite de la société_ et qui entend garder le pouvoir.

Vous allez plus loin : vous établissez un parallèle entre notre politique linguistique et le colonialisme...

Je ne suis pas ni le premier ni le seul. En 1880, Jules Ferry déclare : "Les races supérieures (....) ont pour devoir de civiliser les races inférieures". En 1889, on peut lire dans le Manuel du Maître destiné "aux élèves des provinces où l'on ne parle pas français" : "Nous amènerons insensiblement les populations soumises à notre domination à (...) accepter notre langue et notre civilisation." C'est un fait : en construisant la France moderne autour d'une seule langue, on a mené une politique de colonisation intérieure de populations considérées comme inférieures et parlant des sous-langues. 

Votre analyse peut choquer. En avez-vous conscience ?

Bien sûr. Il y a au moins deux raisons à cela. D'une part, la glottophobie est difficile à dénoncer car ceux qui ont le pouvoir en sont les agents et les bénéficiaires : les enseignants, les élites politiques et économiques, les intellectuels et, pardonnez-moi de vous le dire, les journalistes parisiens... D'autre part, les Français ont été formatés par leur éducation et ont subi dans ce domaine un discours d'ordre hégémonique qui a perturbé la conscience des locuteurs. De nombreux Provençaux considèrent sincèrement leur langue comme un parler inférieur alors que le provençal a été langue d'Etat, langue de droit, langue de littérature, et qu'il a même été couronné par un prix Nobel en la personne de Frédéric Mistral _ ce qu'évidemment, on se garde bien d'enseigner dans nos écoles.

De la même manière qu'on avait convaincu certains Noirs qu'ils étaient des sous-hommes, les victimes de la glottophobie ont fini par intégrer le discours dominant qu'on leur a asséné. Il y aurait une "hiérarchie" entre les langues ; le français serait "supérieur" aux autres langues du pays, qui ne seraient d'ailleurs que des "patois", etc. Très peu de gens se rendent compte que ce discours est à la fois arbitraire et critiquable. Au contraire : de simples vérités scientifiques sont considérées comme blasphématoires. Mentionner que le français a longtemps été en Corse ou en Bretagne une langue étrangère choque, alors qu'il s'agit d'un simple rappel historique ! 

N'êtes-vous pas choqué d'entendre le nationaliste Jean-Guy Talamoni parler en corse devant son assemblée?

Pas du tout. Interdire à un élu d'une collectivité territoriale d'utiliser la langue historique de son territoire, c'est typiquement de la glottophobie. Parler sa langue est un droit fondamental.

Mais pas dans une assemblée de la République !

Si. Sauf si la République est glottophobe... 

A vous suivre, on devrait donc pouvoir se marier en breton en Bretagne ou être jugé en alsacien en Alsace... 

Bien sûr. Il n'y a qu'en France que l'on trouve cette situation bizarre. Quel problème cela pose-t-il ?

Celui-ci, entre autres : un fonctionnaire ou un informaticien venu de Savoie ne pourra pas exercer son métier s'il est muté en Alsace... 

Mais si car personne ne l'obligera à parler alsacien ! Comme beaucoup de Français, vous confondez langue commune et langue unique. Je le répète : je défends le plurilinguisme. Je trouve donc très bien que l'on continue à parler français en Alsace. Je demande simplement que l'on n'empêche pas ceux qui le souhaitent d'y parler alsacien. 

Cela ne revient-il pas à encourager les replis identitaires ?

Notre pays, me semble-t-il, souffre surtout d'un éthnonationalime français. Dois-je rappeler que le Front national recueille 30 % des voix, avec un programme explicitement discriminatoires pour les étrangers ? Il existe certes des petits partis régionalistes d'extrême droite, mais je n'en connais pas qui obtienne de tels scores avec des programmes similaires. La plupart des mouvements régionalistes sont humanistes. En France, le communautarisme le plus fort est bel et bien le communautarisme français.

Ce n'est pas du communautarisme, c'est de l'universalisme !

Comme le dit le linguiste et philosophe Tzvetan Todorov, "l'universalisme est un ethnocentrisme qui s'ignore". La communauté française est une communauté comme les autres, mais elle se prétend "universelle". Qui sommes-nous pour nous prétendre "universels", nous poser en modèle pour l'humanité et affirmer que nous avons une langue supérieure aux autres ? A l'étranger et pour nombre de Français plurilingues, croyez-moi, cette prétention est vécue comme une arrogance. Il est temps d'adopter une politique linguistique humaniste. 

Concrètement ? Concrètement, cela veut dire modifier l'article 2 de la Constitution, encourager le plurilinguisme et reconnaître la glottophobie dans la loi sur les discriminations. La France ne peut pas se présenter comme "la patrie des droits de l'homme" et en ignorer l'un d'entre eux.

Discriminations : combattre la glottophobie (Textuel, 192 pages, 14.90 euros).

http://www.lexpress.fr/actualite/societ … 77999.html

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

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Re: Le fil des articles tout pourris

Winner sur toute la ligne.

L'Obs a écrit:

Les identitaires sont-ils vraiment républicains ?

Entretien avec Beligh Nabli, auteur de "la République identitaire".

La République, c’est une certaine idée de l’universel, de la tolérance, de l’ouverture. L’identité, c’est souvent le repli sur soi, la crispation sur une représentation figée de soi-même et de son histoire. De plus en plus d’intellectuels et d’hommes politiques cherchent pourtant aujourd’hui à cadenasser la première avec la seconde. Dans la «République identitaire» (préfacé par Michel Wieviorka), Beligh Nabli, directeur de recherche à l’IRIS et enseignant à Sciences-po en droit public, analyse ce qui lui semble une dérive dangereuse.

BibliObs. Les gens qui défendent la République pensent qu’elle est faite pour émanciper. Vous écrivez: «La société française est plus multiculturelle que jamais mais demeure enserrée dans un ordre républicain qui se veut unitaire.» Pour vous, elle est donc un corset?

Beligh Nabli. Vivre ensemble suppose des règles, des valeurs et des normes communes: c’est la raison d’être de la Loi de la République, «expression de la volonté générale», celle du «peuple un et souverain». Si l’allégeance à une quelconque communauté infra ou transnationale est impensable, le problème réside dans le fait que les responsables politiques agitent l’épouvantail communautariste tout en nouant des relations étroites avec des représentants de communautés présumées. Pire, certains s’adonnent à des formes de pratiques clientélistes/communautaristes, tout en tenant un discours national-républicain. Le rapport du FN aux harkis est un exemple caractéristique, mais loin d’être isolé.

Je crois aussi dans l’idéal républicain comme projet d’émancipation des individus (porté en particulier par l’école), mais cette promesse républicaine n’est pas tenue pour un trop grand nombre de nos concitoyens... Du reste, la mobilisation qui anime actuellement la Place de la République ouvre la voie à un possible et authentique «Printemps républicain», progressiste et social, rien à voir avec l’appel éponyme d’essence laïco-identitaire lancé par «Marianne», «Causeur» et consorts. Ces derniers sont tenants d’un identitarisme plus réactionnaire que progressiste, dévoyant le principe de laïcité de la loi de 1905 puisque leur objectif consiste à étendre la neutralisation religieuse à l’espace public.

Cette rigidité contraste avec l’assouplissement et l’ouverture de notre propre ordre juridique qui consacre à la fois l’unité de la République et des différenciations assimilables à de réelles discriminations positives (justifiées par des situations particulières ou la satisfaction de l’intérêt général), mais reconnaît aussi l’existence d’un droit local d’Alsace-Moselle (dérogatoire en matière de laïcité), d’une citoyenneté européenne, de «langues régionales», de «populations d’outre-mer», de «Lois du pays» de Polynésie, et même d’une «citoyenneté de Nouvelle-Calédonie»…

Qu’êtes-vous en train de nous dire ? Qu’il faut continuer sur ce chemin et reconnaître une citoyenneté à géométrie variable au sein du peuple français ?

Certainement pas. L’enjeu réside au contraire dans l’adoption d’une position pragmatique qui consiste à ne pas nier le pluralisme identitaire de notre société tout en réussissant à définir une «identité Une», c’est-à-dire commune, inclusive et supérieure.

Aujourd’hui, la définition de cette identité Une (et non unique) par le discours politico-médiatique dominant se résume le plus souvent à l’identité majoritaire sans réussir à inclure les identités minoritaires. Est-ce qu’être français, ça doit forcément être lié au fait d’avoir des origines blanches, rurales, et catholiques? Pourquoi tout rapporter à la question des origines et des racines, alors que la tradition républicaine française fait reposer la citoyenneté sur la volonté ? La République est un volontarisme, non un essentialisme ou un culturalisme.

Dans votre livre, vous restez très général. Vous êtes virulent à l’égard de cette «république identitaire», que vous dénoncez, mais vous ne dites jamais explicitement qui la promeut. Pourquoi cette prudence?

Ma posture n’est pas celle de la mise en accusation, mais j’identifie bel et bien deux types d’acteurs particuliers de cette République identitaire.

La République identitaire se caractérise par la montée d’un anti-intellectualisme – synonyme notamment d’un rejet des sciences sociales – alors que le système médiatique a consacré des figures journalistiques et «intellectuelles» identitaristes engagées dans une bataille culturelle décomplexée, de l’écrivain d’extrême droite Renaud Camus (et son «Grand Remplacement») au politologue de gauche Laurent Bouvet (et son «insécurité culturelle»), en passant par l’académicien symbolique de ce mouvement: Alain Finkielkraut.

Cette vision de la France et du monde (qui joue d’ailleurs le jeu des «terroristes-ennemis de la République») a largement investi le champ politique. La polarisation de l’ordre politique et social autour des questions identitaires en général et de la question de l’identité nationale en particulier traverse l’ensemble de l’échiquier politique et participe au brouillage idéologique actuel qui remet en cause les clivages traditionnels entre extrême droite, droite et gauche. Ainsi, des membres du gouvernement actuel (MM. Valls et Cazeneuve) n’ont pas hésité à souligner «les racines chrétiennes de  la France», s’alignant ainsi sur un discours identitaire dont l’origine remonte à l’extrême-droite.

Vous écrivez «l’identité expliquerait tout, y compris le vote ou le passage à l’acte terroriste». Cela signifie que selon vous, à l’inverse, on ne peut faire aucun lien entre l’identité et le comportement dans les urnes ou le terrorisme?

Qu’un lien présumé ou réel existe, c’est une chose ; qu’on l’érige en critère décisif est plus gênant, voire dangereux. Vouloir expliquer des phénomènes sociaux, politiques ou criminels à travers le prisme des «origines» témoigne d’une dérive culturaliste, voire essentialiste. Cette paresse intellectuelle se vérifie dans la tentative d’explication du «basculement djihadiste» de jeunes Français, qui ignore par trop le terreau social, le sentiment de vide (spirituel et politique), voire la volonté de rédemption qui les précipite dans cette forme de nihilisme radical et criminel. Il suffit ici de rappeler que les attentats de Paris et de Bruxelles ont été commis, non pas par des théologiens ou mêmes d’anciens fervents pratiquants, mais surtout par d’ex-délinquants qui ont grandi dans des familles déstructurées et des territoires défavorisés. L’exclusion favorise la radicalisation…

A propos d’Islam, vous dénoncez la «présomption d’anti-républicanisme qui pèse sur les musulmans». Tout le monde sera d’accord là-dessus : il ne faut pas laisser le soupçon s’instiller contre tout un groupe, il faut lutter contre les amalgames, etc. Mais, du même coup, vous ne parlez pas du fait inverse, tout aussi vrai : il existe également des Français aujourd’hui, qui luttent contre la République au nom de l’Islam…

Permettez-moi d’abord de noter que l’unanimisme autour de la «République» a quelque chose de factice: non seulement cette idée demeure largement indéterminée, mais il est permis de s’interroger sur l’éthique de conviction de certains républicains autoproclamés. Sans revenir sur la stratégie de la «banalisation-républicanisation» du FN ou la mue de l’UMP en «Les Républicains», le déficit d’exemplarité de nos représentants sape la crédibilité du discours républicain. Et l’affaire Cahuzac laisse penser que la gauche est loin du dévouement à la chose publique et du respect de la «vertu civique» inhérente à la morale républicaine…

Quant à votre question, il est indéniable que, chez les djihadistes, il y a une volonté de cibler en particulier la République française, perçue à la fois comme porteuse d’une laïcité oppressante (par exemple à travers les lois d’interdiction du voile à l’école et du niqab dans l’espace public) et comme une puissance interventionniste dans le monde musulman. Ce discours vengeur et victimaire tente de mobiliser les musulmans à travers une vision instrumentale  de l’Islam érigée en idéologie totalitaire au service d’une «volonté de puissance» incarnée par le projet de Califat. Il n’empêche, de fait, les musulmans sont les premières victimes, au sens symbolique et réel du terme, de cette entreprise politico-criminelle.

Vous évoquez la dérive djihadiste comme un phénomène qui «demeure marginal». Certes, mais il ne semble pas du tout en déclin. Que faut-il faire pour lutter contre cette dérive ?

L’objet de cet essai est l’emprise de la question identitaire – y compris à travers le débat sur la laïcité – sur l’ordre politique et social, c’est pourquoi le phénomène djihadiste n’est qu’une illustration de cette polarisation.

Le djihadisme est un radicalisme, dont les racines puisent notamment dans nos propres failles, dans la crise systémique que subit la République elle-même. Déconstruire les fantasmes et l’attractivité du discours djihadiste suppose aussi de nous reconstruire. Notre société est traversée par un vide idéologique et spirituel prolongé par le creusement des inégalités sociales et territoriales. Elles forment autant de terreaux fertiles à la radicalisation djihadiste de notre jeunesse.

Dans votre conclusion vous expliquez la difficulté aujourd’hui, à trouver un «nous» qui rassemble. Ce serait quoi un «nous les Français», idéal?

Il y a un «fait multiculturel» – à ne pas confondre avec la «doctrine multiculturaliste» – qu’on ne saurait nier. Sa reconnaissance doit s’accompagner de l’affirmation de valeurs supérieures car communes. L’adhésion à ce socle commun suppose de restaurer la cohésion sociale et (donc) de replacer la question de l’égalité au cœur de notre projet de société. La lutte contre les inégalités sociales et les discriminations ne s’affiche plus sur l’agenda politique officiel.

Peut-on offrir l’austérité budgétaire et la flexi-sécurité comme seul horizon à une jeunesse plongée dans le marché global ? Il faut également dépasser la logique mémorielle et commémorative pour inscrire la République dans une logique dynamique de revitalisation de sa matrice progressiste, celle-là même qui est inscrite dans notre devise: liberté, égalité, fraternité.

Or ce triptyque est actuellement fragilisé: notre société vit avec le spectre d’une dérive liberticide; l’action publique en faveur de la lutte contre les inégalités et les discriminations est soit neutralisée, soit inefficace – alors que ces inégalités ne cessent de croître; enfin, la fraternité demeure l’impensé de notre devise, alors même que la solidarité pourrait être un rempart contre l’individualisme consumériste, et devenir le ciment de ce Nous.

Propos recueillis par François Reynaert

La République identitaire – ordre et désordre français,
par Beligh Nabli, Editions du Cerf, 174 p., 19 euros.

http://bibliobs.nouvelobs.com/idees/201 … cains.html

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
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Re: Le fil des articles tout pourris

Article bien pourri (pas du tout orienté, hein) de l'AFP, repris par le Figaro. Le "Palestinien qui succombe'", c'est le terroriste...

Le Figaro - AFP a écrit:

Attentat de Jérusalem: un Palestinien succombe

Un Palestinien a succombé à ses blessures à la suite de l'attentat à la bombe contre un bus à Jérusalem mardi, a annoncé mercredi l'hôpital où il était soigné. "Le blessé, gravement atteint lors de l'attaque à Jérusalem, est mort des suites de ses blessures", a indiqué l'hôpital Shaare Tzedek de Jérusalem.

Il s'agit d'Abdel Hamid Abu Sorour, 19 ans, du camp de réfugiés d'Aïda à Bethléem en Cisjordanie, un territoire palestinien occupé par Israël, selon le ministère de la Santé palestinien. Dans le camp d'Aïda où ses proches recevaient les condoléances, des posters du Hamas célébraient la mémoire du jeune homme, le présentant comme un "martyr combattant des Qassam", la branche armée du mouvement islamiste, et "l'auteur de l'opération dans le bus 12 à Jérusalem".

Le Hamas qui avait dès lundi, comme d'autres groupes armés palestiniens, "salué" l'attentat n'a toutefois pas revendiqué cette attaque. La police a expliqué lundi "qu'une bombe a explosé dans la partie arrière du bus, provoquant un incendie" et blessant une vingtaine de passagers.

Depuis, aucune nouvelle information n'a filtré, la justice israélienne ayant décrété un ordre de censure sur tous les détails, comme cela est souvent le cas après des attaques. Depuis mardi, les médias spéculaient sur le fait qu'un des blessés pourrait être l'auteur de l'attaque.

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/ … ccombe.php

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

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Re: Le fil des articles tout pourris

C'est davantage un "article" excessivement drôle qu'un article tout pourri, ce qui est déjà un grand avantage.

Le mouvement Nuit debout aime les livres et le fait savoir. Il a donc mis en œuvre un projet rebelle, iconoclaste et dérangeant : une "bibliothèque participative et non marchande". Une "biblioguérilla", une "Debouthèque". Comme la Nuit debout est un mouvement "horizontal", sans hiérarchie et égalitariste, tout le monde doit avoir accès à la culture. Ainsi, on fait des dons de livres et on procède à des échanges, sans intermédiaire marchand (car beurk le capitalisme).
Mais attention, chez Nuit debout, on a des convictions. Les livres échangés doivent être conformes à l'idéologie prônée par le mouvement. Ainsi, vous n'y trouverez pas de Finkielkraut (hohoho), de Zemmour, de Chantal Delsol etc. Quant aux nauséabonds, qu'ils ne songent même pas à y trouver du Maurras ou... je ne sais pas... du Carl Schmitt. Pas de ça chez Nuit debout. Le problème (car il y a toujours un hic), c'est que les gens ne font pas très attention aux consignes. Résultat : la biblioguérilla, qui se rêvait en bibliothèque prolétaire avec du Lordon, du Badiou, du Rancière etc., se retrouve envahie par les Marc Lévy, les Guillaume Musso, voire pire ! Des Jean d'Ormesson ou des livres carrément racistes et sexistes, comme "le Guide de la parfaite épouse", qu'une féministe indignée a recommandé de brûler, dans la belle tradition des autodafés. Car nous savons bien que ceux qui prônent le plus la tolérance sont toujours les plus intolérants.
Bref, un autre rêve qui prend l'eau par la faute des réactionnaires rances et nauséabonds. Encore un coup des fascistes !

L'Obs (mais ça aurait pu être Libé ou Slate), a écrit:

BiblioDebout : livre sexiste, roman de gare... Devons-nous censurer les titres proposés ?

Par Camille Debout

LE PLUS. L’idée de créer une bibliothèque dans le cadre du mouvement Nuit Debout est née au sein de SavoirsCom1, un collectif qui défend des politiques publiques permettant l'émergence et le développement des communs de la connaissance. Sur le modèle de la People's Library d'Occupy Wall Street, une petite dizaine de passionnés se sont lancés le défi de créer une bibliothèque participative. Témoignage.

L’idée de créer une bibliothèque dans le cadre du mouvement Nuit Debout est née au sein de SavoirsCom1, un collectif qui défend des politiques publiques permettant l'émergence et le développement des communs de la connaissance.

SavoirsCom1 a vu l’opportunité de passer de la théorie à la pratique. Nuit Debout est un mouvement horizontal, ouvert, qui défend une certaine idée de l'existence commune et essaie d'inventer d'autres formes du social. Nous aimons tous les livres et les bibliothèques et y avons vu l'occasion de faire de la "biblioguérilla" : de monter une bibliothèque participative, non-marchande, fondée sur la circulation des idées et des livres.

Nous avions aussi en tête le modèle de la People's Library d'Occupy Wall Street, qui fonctionnait aussi comme ça. Le mouvement américain pacifique qui dénonçait les abus du capitalisme financier en septembre 2011 avait, lui aussi, sa bibliothèque, qui a compté jusqu’à 4.500 livres.

D'où notre principe, très simple. BiblioDebout est alimentée par des dons de livres et fonctionne sur l'échange :

"Amenez-un livre, prenez-en un, partagez-le. La seule obligation, c'est de le lire !".

Les livres créent du lien et transcendent les divisions

Cet espace est un Commun. Pour pouvoir nourrir (intellectuellement), il a tout autant besoin d'être nourri. Sa force repose dans l'effort et l'énergie de toutes et tous, des personnes qui assurent les permanences le soir autant que celles qui apportent des livres.

Qu'on soit en accord avec les idées véhiculées par Nuit Debout n'est pas la question : les livres créent du lien et transcendent les divisions.

BiblioDebout est un espace vivant. Il évolue avec les gens qui le font et défont tous les jours. Il est habité par les espoirs, les questionnements et les désaccords de tout le monde. Depuis sa naissance, BiblioDebout en a parcouru, du chemin. Nous voulons partager ces réflexions avec le plus grand nombre, car ce n'est qu'ainsi que nous continuerons à avancer : ensemble.

Un premier rendez-vous le samedi 9 avril

Le premier rendez-vous s’est déroulé le samedi 9 avril. Nous étions cinq ou six à vouloir s’embarquer dans ce projet de bibliothèque improvisée place de la République à Paris. Il y avait des membres du collectif SavoirsCom1, des bibliothécaires et des amoureux des livres, tous convaincus par le bienfait de la libre circulation des livres et des idées.

Chacun avait amené quelques livres et l'une d'entre nous avait des contacts dans l'édition, ce qui nous a permis d'avoir un beau fonds de départ. Les éditions La Découverte, qui proposent principalement des ouvrages de sciences humaines et d'essais d'actualité, nous ont même donné une sélection de livres, tout comme les éditions de l'Échappée et la librairie Quilombo. L'éditeur C&F nous a aussi donné plusieurs ouvrages de référence sur les communs.

Ni un vide-grenier, ni une librairie, ni une collecte de fonds

La place de la République accueille depuis le début du mouvement Nuit Debout une multitude d’expériences sociales et politiques. Qu’il s’agisse des commissions, des prises de paroles ou de l’organisation, toutes sont des expériences de politique concrètes autour de certaines grandes idées : démocratie directe, confiance en l'intelligence collective, voire autogestion.

Nous avons donc commencé par installer notre bibliothèque participative sur un banc. Puis, avec l’aide de la Quadrature du net, nous avons construit un petit stand éphémère composé de quelques planches de bois. Sur notre installation de fortune, nous avons accroché des pancartes explicatives :

"Cette Bibliothèque est un Commun. Prenez un livre, donnez-en un".

BiblioDebout n’est ni un vide-grenier, ni une librairie, ni une collecte de fonds. C’est un espace qui permet à ces biens particuliers que sont les livres de circuler. Ainsi, et pour qu'elle se maintienne, la bibliothèque doit être entretenue par tous les gens qui y puisent et y déposent. C'est en ce sens qu'elle est "un commun", qu'elle appartient à tout le monde : parce que son maintien dépend de chacun, pas uniquement de nous.

Nous nous relayons sur le stand pour assurer une présence

Installés depuis quelques jours, la moitié du temps sous la pluie, nous avons été rapidement obligés de considérer l’achat d’une bâche. Pour la financer, nous avons installé une petite cagnotte sur le coin du stand. Très vite, le rapport aux autres a changé.

Certains donnaient une pièce en passant, sans même jeter un coup d’œil aux livres. D’autres posaient une pièce et repartaient avec un bouquin, comme s’ils l’avaient acheté. Ce n’est évidemment pas le système que nous voulions créer. Comme cela nuisait à notre projet participatif, nous avons retiré la cagnotte.

Notre collectif compte aujourd'hui une soixantaine de personnes. Une partie des membres se relaie sur le stand pour assurer une présence sur la place. D'autres contribuent à BiblioDebout en créant le site, les outils de discussions... Par ailleurs, d'autres BiblioDebout sont nées à Toulouse, Lyon, Marseille ou Saint-Brieuc.

Un deuxième week-end moins convaincant

Notre premier week-end sur la place de la République était une vraie réussite. Il faisait beau, les gens étaient intéressés et intéressants. Ils déposaient plein de livres, dont beaucoup en rapport avec l'esprit du mouvement, et les échanges se faisaient assez naturellement.

Nous invitions les gens à (re)venir partager les livres qui les ont marqués, pour que ces œuvres vivent une autre vie, avec quelqu'un d'autre. Et les gens (re)venaient, partageant des bouts de chemin de vie avec tout le monde à travers les livres. C’était vraiment canon.

Le deuxième week-end, il y avait également beaucoup de monde mais l'esprit avait changé. Les romans de gare et les titres dépassés se sont accumulés. On assistait davantage à une brocante qu'à un échange vivant d'idées et de trésors personnels. Nous nous sommes donc posés la question de la suite et de savoir comment faire revenir cet esprit bon enfant des débuts.

Après BiblioDebout, la Debouthèque

C’est avec ce souci que nous avons commencé à penser à installer une "Debouthèque", qui permettrait aux personnes de venir lire sur place certains écrits qui nous semblaient plus importants et davantage en lien avec le mouvement. Ainsi, la météo et la créativité aidant, nous avons pensé à dédier cette Debouthèque à un espace de lecture éphémère.

Les arguments "pour" ne manquaient pas : c’est l’occasion de partager un moment entre lecteurs, c’est aussi l’assurance de conserver des titres précieux… Mais les arguments "contre" non plus : qui sommes-nous pour estimer la valeur d’un contenu ? Freiner le flux de l’échange va desservir notre propos... À ce jour, nous n’avons toujours pas réellement tranché.

L'histoire du "Petit guide de la parfaite épouse"

Une autre question fondamentale, proche de la précédente, s'est rapidement imposée à nous : devons-nous faire un choix parmi les livres donnés ? Devons-nous accepter des publications racistes ou politiquement totalement opposés à Nuit Debout ? Que faire des livres potentiellement sexistes ?

Là encore deux réflexions s’opposent.

Nous avons été directement confrontés à cette problématique lorsque nous avons reçu un livre intitulé "Petit guide de la parfaite épouse".

Sans trop y réfléchir, nous l’avions mis dans un cageot que nous avons baptisé "L’enfer" de la BiblioDebout, où on avait mis, au début et par plaisanterie, Jean d'Ormesson. Personne parmi les animateurs de BiblioDebout ce soir ne l'avait lu : s'agissait-il d'un ouvrage purement sexiste ou était-ce du second degré ? Le premier weekend, nous y avions aussi mis un DVD complotiste qui revenait sur les évènements du 11 Septembre.

Quand nous partons de la place, nous laissons certains ouvrages sur la place – car nous ne pouvons pas tout porter ! – pour qui voudra les prendre. Nous ramenons les autres chez nous.

Ce soir-là donc, nous avions donc laissé le "Petit guide de la parfaite épouse" pour mort quand une jeune femme féministe est arrivée et nous a reproché de mettre ce livre sur la place. Le ton est rapidement monté entre elle et la personne de permanence ce soir-là. La jeune femme, énervée, a fini par dire qu'il fallait brûler ce livre.

Finkielkraut est-il lu pour être mieux contredit ?

Cet accrochage nous a fait nous interroger sur le rôle que nous devions jouer dans la sélection proposée.

Certains sont pour effectuer une sélection parmi les titres proposés, d’autres estiment qu’elle va à l’encontre des valeurs défendues par notre initiative et Nuit Debout.

Mais les bibliothécaires parmi nous font remarquer qu'un livre existe dans un contexte et dans des usages qu'on ne peut pas prévoir, et que celui qui repart avec un livre de Finkielkraut ne dit pas s’il a prévu de s’en servir pour mieux contredire son auteur. Nous avons également l'idée de créer un espace dédié, intitulé "(Se) changer les idées" où ces livres pourraient servir de source de débats.

BiblioDebout est une expérience concrète

Ces débats que nous avons entre nous, sur la place et la liste de diffusion, ainsi que ceux qui prennent place au sein des assemblées depuis le début de Nuit Debout, sont extrêmement enrichissants. Confronter nos idéologies à la réalité permet d’avancer politiquement.

BiblioDebout est une expérience concrète, un cas pratique, qui permet de confronter nos idées à une réalité plus complexe que ce que nous avions parfois envisagé.

C’est là que notre initiative prend tout son sens : que ce soit à travers les livres ou à travers les débats, notre objectif est de susciter une réflexion politique en chacun dans un espace pacifique et vivant, nourri par tout-e un chacun-e.

http://leplus.nouvelobs.com/contributio … poses.html

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

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Re: Le fil des articles tout pourris

Facepalm puissance 10 000. Encore un soi-disant expert à la mords-moi-le-noeud qu'on a dégoté dans les poubelles de Slate

Libé a écrit:

Scott Atran : «L’EI représente le discours contre-culturel le plus fort au monde»

Ramadi (Irak), le 16 janvier. Pour reprendre ce bastion sunnite à l’Etat islamique, il a fallu raser la ville. Photo Thaier Al-Sudani. Reuters
Pour l’anthropologue franco-américain, l’Etat islamique n’est pas que le foyer du terrorisme international ou une régression passéiste. Il est aussi une «révolution» basée sur un nouvel ordre politique et religieux qui aimante toute une génération.

    Scott Atran : «L’EI représente le discours contre-culturel le plus fort au monde»

Militairement, l’Etat islamique ne gagnerait plus de terrain. Idéologiquement, il recruterait moins de combattants. Que représente réellement l’EI ? Personne ne sait encore précisément, les experts se déchirent même sur son nom : faut-il dire Etat islamique ou Daech ? Pour l’anthropologue franco-américain Scott Atran, ce débat sémantique n’est que billevesées ou plutôt déni d’une réalité. Dans son essai qui vient de paraître, l’Etat islamique est une révolution (éd. Les liens qui libèrent), il estime que cette entité idéologique et religieuse à l’attrait dévastateur, installée dans une zone géographique aux contours flous, s’érige en contre-modèle de l’Occident. Directeur de recherches au CNRS mais aussi enseignant à l’université d’Oxford et celle du Michigan, Scott Atran cultive le cosmopolitisme des méthodes. L’anthropologue recourt aussi aux méthodes de la psychologie, la sociologie ou à l’imagerie neurologique. Tous les moyens sont bons pour comprendre ce que l’Occident ne voudrait pas voir.
Pourquoi l’EI est-il une révolution selon vous ?

L’EI est un mouvement politique, religieux et moral, dont l’ampleur est historique et géopolitique. Et comme les Occidentaux ne le comprennent pas, ils utilisent la notion de terrorisme, qui est complètement dénuée de sens. Cette incompréhension se traduit aussi par la notion de «lavage de cerveaux» ou de nihilisme. Quand on ne comprend pas, on préfère nier. Alors qu’il faudrait, au contraire, chercher pourquoi ce mouvement existe, comment il a réussi à conquérir en moins de deux ans des centaines de milliers de kilomètres. Comment a-t-il pu attirer des individus venant d’une centaine de pays différents ? Comment ce mouvement parvient-il à provoquer de la violence un peu partout dans le monde ? L’Etat islamique représente le discours contre-culturel le plus important au monde.
Vous insistez d’ailleurs sur l’aspect très actuel de l’EI, le moteur ne se réduit pas à un passéisme…

Comme ils le déclarent eux-mêmes, ils ne veulent pas revenir aux pigeons voyageurs, ils ont une parfaite maîtrise des réseaux sociaux. Ils font, certes, référence à un âge d’or qui n’a jamais existé. Mais, comme toute révolution, l’EI a pour vocation d’être universelle, globale. Il représente le côté obscur de la mondialisation : il a le même public, la même audience, la même cible, mais propose une alternative à ce qu’il voit comme une hégémonie occidentale. Pour lui, la Chine et la Russie font partie de ce même système occidental.

L’Etat islamique n’existe que par ses deux composantes principales : d’une part, les volontaires et les convertis qui sont ceux qui sont le plus engagés, et, d’autre part, les enjeux locaux que l’EI prétend pouvoir résoudre en créant une communauté unie des Arabes sunnites. Cette communauté donnera le signe d’une reconquête du monde avec l’avènement d’un islam salafiste, celui des «origines».
C’est l’idée même du califat ?

Pour Al-Zarqaoui, chef tué en 2006 en Irak, la bonne stratégie était de déclarer immédiatement le califat. Cela attirerait les volontaires. Et ce serait un piège pour les Etats-Unis et ses alliés qui seraient entraînés dans une bataille sans fin qu’ils ne pourraient pas remporter. Leurs défaites successives ne feraient que légitimer encore plus le califat. Tout cela se vérifie aujourd’hui. L’idée même de califat fait fantasmer plus de musulmans qu’on ne l’imagine. Il déclenche dans les imaginaires de la région des images positives. Nous ne voyons, nous, que le côté violent, mais ceux qui vont sur place racontent aussi des aspects joyeux et festifs, comme chez tous les pionniers.
Pourquoi les Occidentaux continuent-t-ils à sous-estimer l’EI ?

Parce qu’ils ne veulent pas prendre au sérieux la force spirituelle et morale de l’EI. Avec mon équipe, nous avons mené quantité de tests psychologiques et neurologiques qui prouvent la puissance de cette force spirituelle. En fait, cette puissance paralyse les opposants. Nous venons de faire une expérience en Espagne, avec des milliers de participants, qui montre que plus on croit que la force spirituelle de l’EI est puissante, moins nous sommes aptes à défendre nos propres valeurs. Cela a un effet paralysant sur nos sociétés démocratiques. Et plus encore sur des sociétés moyennes orientales. Mais si on réussit à les contenir matériellement assez longtemps, on pourra alors commencer à remettre en question leurs bases spirituelles.
Vous citez des exemples historiques, ce n’est pas la première fois que nous assistons à des conflits asymétriques…

Depuis la Seconde Guerre, les insurgés et les révolutionnaires ont vaincu des armées et des polices ayant des effectifs jusqu’à dix fois supérieures. Ils gagnent grâce à la force de leur engagement. Mais, quand je dis qu’on peut commencer à attaquer leurs bases spirituelles, c’est en pensant aux nazis, qui étaient certainement les meilleurs soldats, les plus convaincus, les plus engagés. Mais la puissance économique des Etats-Unis et la grande puissance d’aspiration de l’Union soviétique ont fini par en venir à bout.
Il faut donc une force matérielle décuplée pour affronter les forces spirituelles ?

Oui, l’EI a aussi l’avantage de la position défensive, toujours plus facile à mener que l’initiative offensive. Ainsi, les Etats-Unis comptent sur 12 bataillons, c’est-à-dire près de 50 000 soldats de l’armée irakienne pour déloger de Mossoul 8 000 combattants de l’EI. Mais, je ne pense pas qu’ils vont réussir en l’état. Ces coalitions armées manquent totalement de coordination. Il y a tout un système de quota, il doit y avoir tant d’officiers sunnites et tant de Kurdes. On ne choisit pas les commandants en fonction de leur talent mais en fonction de leurs confessions, de leur parenté ou de leur ethnie. Sans compter le clientélisme. C’est ainsi que quelques centaines de soldats de l’EI ont réussi à libérer des prisonniers sunnites à Mossoul alors qu’une armée de 18 000 hommes était postée là. Les Etats-Unis et leurs alliés parviennent juste à contenir le califat, en apportant une aide massive à l’armée irakienne. Ils ont commencé à grignoter le territoire de l’EI, mais ce grignotage est extrêmement destructeur. Chaque parcelle reprise a un coût humain exorbitant. Pour récupérer Ramadi, il a fallu transformer cette ville en champ de ruines. C’est le prix pour chasser l’Etat islamique. On ne peut absolument pas envisager cela pour Mossoul, qui est une ville d’un million d’habitants. C’est d’ailleurs ce que les Russes avaient fait à Grozny pour pacifier les Tchétchènes.
Est-ce que l’une des grandes forces de l’EI n’est pas aussi de parvenir à recruter au sein même de nos sociétés ?

C’est fondamental et très déstabilisant pour les Occidentaux. Leur stratégie est de profiter du chaos partout où il règne, comme dans certains pays d’Afrique, et de l’instiguer là où il n’est pas encore. Il s’agit de créer aussi du chaos dans nos sociétés occidentales en ciblant par des attentats des lieux de la société civile : théâtres, restaurants, salle de concert, autant d’endroits qu’il est impossible de défendre de façon absolue. Non seulement on traumatise les esprits mais, à plus long terme, on mine la confiance que les citoyens peuvent avoir en leur gouvernement. La première responsabilité d’un gouvernement est, en effet, de protéger ses citoyens. Le contrat est rompu. Le plus pervers et le plus efficace est d’utiliser des nationaux pour ces attentats. C’est le plus sûr moyen de retourner les communautés les unes contre les autres. Ce n’est plus un ennemi extérieur mais intérieur. C’est aussi le moyen d’éliminer ce qu’ils appellent des «zones grises», ces zones ou les fidèles et les infidèles coexistent. L’engrenage est imparable. Une société va commencer alors à réagir contre ses musulmans, la démonstration est faite, on ne peut pas se mélanger. Et le système est le même au niveau géopolitique, comme si les interventions militaires et les bombardements justifiaient après coup la violence initiale. Ce fut malheureusement exactement le piège dans lequel est tombé l’Etat français au lendemain des attentats du 13 Novembre. Tout ce que les bombardements ont détruit est réapparu très vite à un autre endroit. Et cela a rallié encore plus la population locale à l’EI.
Comment contrer cette force idéologique ?

Comment est-on venu à bout de l’idéologie nationale socialiste ? Les nazis auraient très bien pu conquérir le monde. L’EI est beaucoup plus faible que l’Etat nazi, mais il est beaucoup plus diffus. On ne peut jamais le détruire définitivement, car il ne repose pas sur des bases militaires, sur des structures matérielles. Dès que l’on détruit une installation, elle renaît très vite ailleurs. Les Américains en 2007-2008 ont envoyé des forces supplémentaires en Irak, les islamistes ont alors perdu 80 % de leurs effectifs, 10 à 15 de ses meilleurs commandants étaient assassinés chaque mois, mais ils ont survécu, ils ont réussi à s’enraciner en Syrie et à revenir encore plus forts en Irak peu de temps après. Donc les interventions militaires loin de les vaincre sont comme le carburant de leur force spirituelle.

Au Japon et en Allemagne à la fin de la Seconde Guerre mondiale, on a réussi à retourner les populations entières, à les diriger sur d’autres objectifs. Mais il faut un minimum d’identité nationale, la population doit avoir un nombre de valeurs communes et fortes.
Ce n’est pas le cas dans cette partie du Moyen-Orient ?

Non, la zone sunnite visée par l’EI est au contraire occupée par une société tribale, où l’idée d’Etat-nation n’a justement jamais fonctionné. La société sunnite n’est pas hiérarchisée comme la société chiite. Il n’y a pas de clergé, c’est une société fragmentée. Donc je pense qu’il faut renoncer à toute idée de rétablir l’Etat-nation en tant que telle dans cette région. Il faut sûrement imaginer un foyer, un Etat sunnite. Il faut laisser aux sunnites- et cela ne doit pas venir de nous, surtout pas - une lueur d’espoir qui ne soit pas portée uniquement par Daech. Le monde a basculé en 1979, avec l’invasion soviétique en Afghanistan et la Révolution iranienne. Cette année marque la fin de la domination européenne sur le Moyen-Orient.
Ne plus réfléchir à partir du modèle d’Etat-nation est très difficile pour des Occidentaux ?

Surtout pour des Français. Pour les Américains, le concept de nation est identifié à des idées, à des valeurs, mais pour les Français, cette identité est attachée à la terre et aux liens historiques du sang. C’est aussi pour cette raison que je qualifie l’EI d’Etat révolutionnaire : remettre en question l’Etat-nation est une révolution. Ils inventent un mouvement qui leur est propre, avec d’autres constructions morales, religieuses et métaphysiques totalement différentes des nôtres.

http://www.liberation.fr/debats/2016/05 … de_1450037

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

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Re: Le fil des articles tout pourris

Greguesque.

Libération a écrit:

La meute contre Black M : ah, les braves gens !
Par Dominique Sopo, président de SOS Racisme — 16 mai 2016 à 14:42

Après la charge lancée par l'extrême droite contre la venue du rappeur pour commémorer le centenaire de la bataille de Verdun, le président de SOS Racisme exprime colère et stupeur face à ceux qui se cantonnent à leurs peurs.

L’air empeste. Saturé des effluves de peurs indicibles et de défiances sinon de haines inavouables, il porte en lui l’insupportable. Dans le clair-obscur que dessinent la crise politique, morale et économique du pays d’un côté, les tâtonnements des nouvelles générations et des nouveaux paradigmes de l’autre, un fait extraordinaire a surgi voici quelques jours. Une fièvre hystérique tout autant que sidérante s’est déclenchée du côté des cérémonies de commémoration du centenaire de la bataille de Verdun.

Fulgurante, l’affection est partie de l’extrême droite. A l’annonce d’un concert du rappeur Black M en marge desdites cérémonies, les fascistes et les réactionnaires patentés se sont respectivement dressés comme une seule croix gammée et comme un seul maurassien pour dénoncer l’affront fait aux morts. Ces gens aiment tellement les morts.
Haïr et condamner

Routine habituelle dira-t-on. Car enfin, que l’extrême droite s’émeuve puis s’époumone face à la présence de Black M en un lieu et à une date symboliques de notre roman national, voilà qui n’a rien de très surprenant. Rappeur, noir et musulman : dans ce cloaque politique, trois illégitimités à opposer et trois bonnes raisons de haïr et de condamner.

Mais, réalité inquiétante, la haine endémique se mua en rejet épidémique selon les axes discursifs des leaders de l’extrême droite. En quête de respectabilité, ces derniers ne pouvaient se permettre la grossièreté raciste. Ils choisirent alors d’exhumer les propos passés de Black M.

Lorsqu’il avait 20 ans, il qualifia la France de «conne». Héritière d’une Collaboration qui consista à être allemand au moment où il fallait le plus être français, l’extrême droite feignit de s’en émouvoir, tout à sa fibre patriotique autoproclamée.

En 2010, il scanda avec son groupe Sexion d’Assaut d’intolérables propos homophobes. Lui et les membres du groupe s’en excusèrent et l’affaire fut considérée comme close par les associations LGBT. L’extrême droite, avec à sa tête Marion Maréchal-Le Pen naguère soutien enthousiaste à la très homophobe Manif pour tous, ne manqua pas sur le mode du scandale de remettre lesdits propos en lumière.

Ce sont pourtant ces contenus qu’allèrent puiser dans l’égout frontiste des cercles bien plus larges, a priori formellement éloignés des rivages bruns de notre vie politique. Se levèrent ainsi les chœurs imbéciles et haineux composés notamment de celles et ceux qui, depuis plusieurs années et au nom de la République, traquent chez les noirs, les arabes et les jeunes de quartier populaire la trace de leur barbarie. Je ne parle pas ici de celles et ceux qui critiquèrent le choix d’un concert de rap en parallèle de la commémoration de la bataille de Verdun.
Amplifier et déformer

Cette critique-là, je ne la partage pas mais elle s’entend et ne manque pas d’arguments. Je parle de celles et ceux qui s’engouffrèrent et finalement s’abîmèrent dans l’abject, contribuant au passage à offrir une victoire à l’extrême droite. Car en quelques heures et avec une frénésie donnant la nausée, tous ces braves gens, qui n’avaient pour la plupart manifesté jusque-là aucun intérêt pour la commémoration à venir de la bataille de Verdun, s’emparèrent d’un sujet qu’ils amplifièrent sans en atténuer aucune des déformations initiales. Mais le plus stupéfiant fut la mauvaise foi carabinée. Aussi glissants que des savonnettes, toute invalidation d’une critique contre Black M valut chez eux l’émergence d’une nouvelle critique.

Après tout, Black M ne pouvait pas ne pas être indigne de cette commémoration. Il fallait bien qu’il fût coupable de quelque méfait, peu importait lequel. Pour se défaire du désagréable soupçon d’un racisme ou d’une peur larvés et en général inavoués à leur propre conscience, ils présentèrent des invocations désincarnées à leur dégoût du racisme, qu’ils condamnent (pensez donc, ce sont de braves gens !) mais sans jamais pour nombre d’entre eux le voir nulle part, sauf à la rigueur en référence à des temps révolus, voire immémoriaux.

Black M a tenu des propos répréhensibles dans le passé et s’en est excusé ? Pas grave, marqué à vie ! Comme si l’on avait jusqu’à aujourd’hui enfermé Jacques Chirac dans la figure du raciste pour avoir évoqué «le bruit et les odeurs» en 1991. Ou comme si l’on s’émouvait de la présence de Michel Sardou à une commémoration pour avoir chanté en 1976 le très rafraichissant et inoubliable titre Au temps béni des colonies. Arrêtons-là l’énumération. Elle pourrait s’étendre ad nauseam.
Au secours, Daech arrive !

Mais Black M a une triple particularité : il est noir, musulman et chez nos braves gens symbolise les quartiers populaires. Ce qui est vu, parfois à juste titre, comme un simple dérapage chez ceux que l’on estime faire partie du cercle des siens se mue en trait inné d’une barbarie enfin révélée chez l’Autre, moteur à angoisse. Il a dit «koufar» dans une chanson ? Au secours, Daech arrive ! La chanson étant un des plus gros tubes français de ces dernières années, il était enfin temps de découvrir que le terme entendu par plusieurs millions de Français relevait du scandale. Que dis-je ? Du péril ! Il a chanté que la France était «conne» ? Tremblez ! L’ennemi n’est même plus à nos portes, il est déjà dans nos banlieues. La rumeur dit qu’il roderait déjà à proximité du périph extérieur.

Que dire à nos braves gens ? Ceci : ayez honte de cette pente à laquelle vous vous êtes abandonnés. Avez-vous ressenti le ridicule consistant à vous lancer dans la chasse frénétique aux textes d’un rappeur pour nourrir, avec un brevet de «rapologie» forgé à partir de quelques recherches sur Google, une position grotesque, sinon malveillante ? Ce que vous ne supportez pas, au fond, c’est la France qui change. Je n’ignore d’ailleurs pas les craintes que peut susciter le changement dont une part irréductible relève de l’inconnu. Après tout, ces craintes nous traversent tous, à des degrés divers et selon des modalités qui renvoient à nos trajectoires individuelles, familiales, sociales ou culturelles. Mais ce qui distingue celui qui fait progresser la société de celui qui la leste de ses refus et de ses peurs, c’est le rapport à l’Autre et le degré d’optimisme.
Oui avec la tête, non avec le cœur

Ce que vous ne supportez pas non plus, c’est cette partie de la France que vous refusez d’entendre lorsqu’elle essaie de verbaliser son mal-être du racisme, de la suspicion ou de la pauvreté. Cette France-là vous parle mais vous ne l’entendez même pas. Quand elle énonce sa soif d’égalité et de dignité, pensez-vous qu’il suffise de dire oui avec la tête pour que nul ne s’aperçoive que vous dites non avec le cœur ?

Car faut-il être fermé pour ne même pas avoir retenu les mots, beaux dans leur simplicité, de Black M sur la France à la suite de la sinistre polémique dont vous fûtes. Faut-il être fermé pour ne pas avoir lu ce qu’était sa fierté – que vous vous emploierez sans doute à nier – d’avoir été sollicité pour participer à un petit moment du roman national. Cette fierté, c’est celle après laquelle courent des centaines de milliers, des millions de gamins. Et c’est celle que vous contribuez à nouveau à leur soustraire, tout à votre ivresse de l’écrasement et du maniement d’une chicote qu’en toute hypocrisie vous appelez «République».

Vous prétendez renforcer la République, vous approfondissez la déréliction. Vous pouvez certes continuer à vous inventer des périls chaque semaine, à croire qu’il n’y en a pas suffisamment de réels. La semaine dernière, avec Black M, rappeur pour jeunes adolescents, le péril était noir. Quel sera le trait du prochain péril menaçant la civilisation ? Musulman ? Arabe ? Rom ?

La civilisation est belle et inattendue. Et elle sera en France faite de blancs, de loulous, d’arabes, de chrétiens, de noirs, d'asiatiques, de vieux, d'athées, de juifs, de musulmans, de jeunes, de roms et de bobos. Tous citoyens, pleinement. Aurez-vous l’honneur et le bonheur de participer à l’épanouissement de cette France-là ?
Dominique Sopo président de SOS Racisme

http://www.liberation.fr/debats/2016/05 … ns_1452944

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

362

Re: Le fil des articles tout pourris

La dernière phrase est magnifique...

Le Parisien a écrit:


VIDEO. Election : un président d'extrême droite pour l'Autriche ?
Norbert Hofer, candidat du parti extrémiste FPÖ, est favori du second tour de la présidentielle aujourd'hui.

Le sourire est éclatant, le visage avenant. L'air affable d'un gendre idéal aux manières soignées. Bref, un candidat apparemment comme les autres. Et pourtant... A 45 ans, Norbert Hofer pourrait devenir aujourd'hui le nouveau président de l'Autriche, à l'issue du second tour du scrutin présidentiel.

Sa victoire serait historique à plus d'un titre. L'homme est le candidat du Parti de la liberté d'Autriche, le FPÖ, un parti d'extrême droite.

Une situation inédite

Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, les Autrichiens pourraient se choisir un président issu d'une telle formation. Dans cet Etat fédéral, le pouvoir du président est bien moindre que celui de son homologue français, mais il a un poids symbolique important. D'autant plus qu'il est lui aussi élu au suffrage universel.

Hofer, ingénieur en aéronautique, peut y croire : il est arrivé largement en tête du premier tour du scrutin avec plus de 35 % des voix, loin devant l'austère Alexander Van der Bellen, 72 ans et ex-patron des écologistes (21,3 %). Quel que soit le résultat , le président ne sera donc pas issu des rangs conservateurs ou sociaux-démocrates, les deux partis traditionnels de gouvernement. Une situation inédite dans l'histoire de ce pays.

Un déficit de notoriété transformé en atout

Bien peu avaient misé sur le succès de ce père de quatre enfants à la chevelure grisonnante impeccable, quasi inconnu du grand public, puisque les sondages le créditaient au début de l'année de moins de 10 % des intentions de vote ! Un déficit de notoriété qu'il a su transformer en atout, en se présentant comme le « candidat de la nouveauté » et en n'hésitant pas à parler de lui et à évoquer son handicap : il s'appuie sur une canne pour marcher, depuis un accident de parapente en 2003.

Hofer n'a toutefois rien d'un novice en politique. Pendant plus de vingt ans, il a occupé des responsabilités dans l'ombre du FPÖ, et plus récemment de son chef Heinz-Christian Strache, ou comme vice-président du Parlement autrichien depuis 2013.

Redoutable « patte de velours »

Quel est le secret de sa réussite ? « Sa patte de velours », souligne le quotidien « Österreich », dont l'une des plumes explique qu'il engrange des voix « grâce à son aspect sympathique ». Cela ne l'a pas empêché d'étriller son adversaire, qu'il aime faire passer pour arrogant et pontifiant. Le Vert Van der Bellen, ancien membre du parti social-démocrate, n'a cessé de battre campagne au centre pour tenter de rassembler l'électorat modéré. En retour, le FPÖ l'a caricaturé en « gauchiste en habits bourgeois » et en pourfendant ses positions en matière d'immigration. De fait, les Verts ont toujours défendu une société ouverte et multiculturelle qui fait figure d'épouvantail et de sujet de prédilection pour le parti d'extrême droite.

Campagne focalisée sur les flux migratoires

Car la campagne de ce pays prospère de 8,5 millions d'habitants, qui a accueilli 90 000 demandeurs d'asile lors de la crise des réfugiés, fin 2015, a été focalisée sur les flux migratoires. Un sujet que le FPÖ, parti d'extrême droite européen parmi les mieux implantés (allié au FN de Marine Le Pen sur les bancs du Parlement européen), a su placer au cœur du débat. Faute de sondage entre les deux tours, les observateurs restent prudents sur l'issue du scrutin même si Norbert Hofer fait figure de grand favori.

En cas de victoire, il s'installera au palais Hofburg, à Vienne. C'est aussi depuis l'un des balcons du siège du pouvoir autrichien qu'Hitler a proclamé l'Anschluss, c'est-à-dire l'annexion de l'Autriche au IIIe Reich, en mars 1938.

http://www.leparisien.fr/international/ … 818511.php

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
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Re: Le fil des articles tout pourris

Mais comment peut-on être aussi demeuré ? Et comment ne pas être un "hater d'internet", comme dit Barney, quand on lit ça ?

Le Monde a écrit:

La France Black-blanc, par François Bégaudeau

A quelques jours de cet Euro indécis, une chose au moins est sûre : l’éventuelle victoire des Bleus ne pourra être rapportée à la gloire de la France black-blanc-beur. Au mieux pourra-t-on parler d’une victoire black-blanc. Pour les « beurs », on repassera, puisque aucun n’apparaît dans la liste des 23 sélectionnés [le Franco-marocain Adil Rami a été rappelé après la blessure de Raphaël Varane].

Cela mérite-t-il d’être relevé, même dans une chronique spécialisée dans le coupage de cheveux en quatre ? A priori, non. Il n’est pas écrit que la sélection doive représenter les minorités. Ce qu’on lui demande, c’est de gagner, et tant pis si cela se fait avec un échantillon de joueurs non représentatif de la totalité de l’humanité.

Mais justement les seuls critères sportifs auraient dû conduire Deschamps à retenir Benzema et Ben Arfa, les deux joueurs français les plus doués de leur génération, bien que le second n’ait pas fait preuve de l’exceptionnelle constance du premier, avant-centre titulaire du plus grand club du monde depuis six ans.

D’autres paramètres ont prédominé. Ce n’est pas nous qui faisons une fixette sur le sujet, c’est eux. C’est Manuel Valls, qui, alors qu’on ne lui demandait rien, a fait savoir qu’il s’opposait à la participation de Benzema à la fête. C’est son impayable ministre des sports qui, entre une sortie sur les prières à la mi-temps dans les vestiaires de banlieue et une autre sur les footballeuses voilées, a jugé préférable que le néodélinquant madrilène restât à la maison en juin.
Scissions contemporaines

Les gouvernants en question ont-ils fait pression sur le sélectionneur, comme de Gaulle passait des coups de fil au directeur de l’ORTF ? Ça ne se passe plus comme ça. Ça ne passe plus par le pouvoir politique. L’équipe de France est moins une garde républicaine qu’une marque qu’il faut faire fructifier, et dont les communicants s’échinent à vendre l’image. Dans la continuité de l’irréversible diminution de la part du sport dans le sport, l’objectif est de former des équipes plus sympathiques que performantes.

L’Euro français ne sera une réussite économique que si les Bleus bénéficient d’un gros capital sympathie au sein du peuple hôte. Or, le peuple hôte, les sondages le montrent, ne veut pas de Benzema. N’en a jamais voulu, et encore moins depuis qu’il embête le plus petit à la récré. Les manageurs de la marque bleue étaient donc fondés à craindre que la seule présence du joueur vaudrait à l’équipe entière une impopularité susceptible de la dévaluer sur le cours de l’image. On a préféré assurer.

Depuis Knysna – où, au prix d’un amalgame éloquent, beaucoup sont convaincus que Benzema était présent –, on préfère virer les fautifs avant que la faute ne survienne, aussi vrai qu’on a condamné le prévenu avant son procès.

Il est très révélateur des scissions contemporaines que cette stratégie de communication assume le risque de casser le lien entre les Bleus et la population maghrébine. A deux semaines de cet Euro indécis, une seconde chose est au moins sûre : en cas de victoire, il y aura aussi peu d’Arabes aux Champs-Elysées que place de la République le 11 janvier. Cela sera noté, comme un instituteur remplit le cahier d’absences. La communauté sera taxée de communautarisme. Une nouvelle fois, une communion nationale aura produit de la division.

    François Bégaudeau (Ecrivain)

http://www.lemonde.fr/euro-2016/article … 1464773592

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
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Re: Le fil des articles tout pourris

FDL a écrit:

Mais comment peut-on être aussi demeuré ? Et comment ne pas être un "hater d'internet", comme dit Barney, quand on lit ça ?

Le Monde a écrit:

La France Black-blanc, par François Bégaudeau

A quelques jours de cet Euro indécis, une chose au moins est sûre : l’éventuelle victoire des Bleus ne pourra être rapportée à la gloire de la France black-blanc-beur. Au mieux pourra-t-on parler d’une victoire black-blanc. Pour les « beurs », on repassera, puisque aucun n’apparaît dans la liste des 23 sélectionnés [le Franco-marocain Adil Rami a été rappelé après la blessure de Raphaël Varane].

Cela mérite-t-il d’être relevé, même dans une chronique spécialisée dans le coupage de cheveux en quatre ? A priori, non. Il n’est pas écrit que la sélection doive représenter les minorités. Ce qu’on lui demande, c’est de gagner, et tant pis si cela se fait avec un échantillon de joueurs non représentatif de la totalité de l’humanité.

Mais justement les seuls critères sportifs auraient dû conduire Deschamps à retenir Benzema et Ben Arfa, les deux joueurs français les plus doués de leur génération, bien que le second n’ait pas fait preuve de l’exceptionnelle constance du premier, avant-centre titulaire du plus grand club du monde depuis six ans.

D’autres paramètres ont prédominé. Ce n’est pas nous qui faisons une fixette sur le sujet, c’est eux. C’est Manuel Valls, qui, alors qu’on ne lui demandait rien, a fait savoir qu’il s’opposait à la participation de Benzema à la fête. C’est son impayable ministre des sports qui, entre une sortie sur les prières à la mi-temps dans les vestiaires de banlieue et une autre sur les footballeuses voilées, a jugé préférable que le néodélinquant madrilène restât à la maison en juin.
Scissions contemporaines

Les gouvernants en question ont-ils fait pression sur le sélectionneur, comme de Gaulle passait des coups de fil au directeur de l’ORTF ? Ça ne se passe plus comme ça. Ça ne passe plus par le pouvoir politique. L’équipe de France est moins une garde républicaine qu’une marque qu’il faut faire fructifier, et dont les communicants s’échinent à vendre l’image. Dans la continuité de l’irréversible diminution de la part du sport dans le sport, l’objectif est de former des équipes plus sympathiques que performantes.

L’Euro français ne sera une réussite économique que si les Bleus bénéficient d’un gros capital sympathie au sein du peuple hôte. Or, le peuple hôte, les sondages le montrent, ne veut pas de Benzema. N’en a jamais voulu, et encore moins depuis qu’il embête le plus petit à la récré. Les manageurs de la marque bleue étaient donc fondés à craindre que la seule présence du joueur vaudrait à l’équipe entière une impopularité susceptible de la dévaluer sur le cours de l’image. On a préféré assurer.

Depuis Knysna – où, au prix d’un amalgame éloquent, beaucoup sont convaincus que Benzema était présent –, on préfère virer les fautifs avant que la faute ne survienne, aussi vrai qu’on a condamné le prévenu avant son procès.

Il est très révélateur des scissions contemporaines que cette stratégie de communication assume le risque de casser le lien entre les Bleus et la population maghrébine. A deux semaines de cet Euro indécis, une seconde chose est au moins sûre : en cas de victoire, il y aura aussi peu d’Arabes aux Champs-Elysées que place de la République le 11 janvier. Cela sera noté, comme un instituteur remplit le cahier d’absences. La communauté sera taxée de communautarisme. Une nouvelle fois, une communion nationale aura produit de la division.

    François Bégaudeau (Ecrivain)

Les gouvernants font toujours pression sur le sélectionneur de l'Equipe de France de foot.
C'était le cas aussi sous l'ère Domenech, avec Roselyne Bachelot, faudrait que l'écrivain de l'article se mette un peu à jour…!

Et toi FDL, qu'est-ce qui te choque dans cet article ?

Le fait que des joueurs "beurs " ne soient pas représentés? Je signale que Valbuena, un de mes joueurs préféré, n'est pas présent non plus, dans cette équipe, et j'en suis triste, vu tout ce qu'il a apporté à l'EDF...

"Rédupliquer, c'est être ce qu'on dit." (S.Kierkegaard)

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Re: Le fil des articles tout pourris

zaza's birthday a écrit:

Et toi FDL, qu'est-ce qui te choque dans cet article ?

Tu l'as vraiment lu ?

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
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366

Re: Le fil des articles tout pourris

Quelqu'un a pensé à greffer un cerveau au pauvre Cantona ?

Libération a écrit:

  Cantona «La non-sélection de Benzema est injuste, ça m’incite à me poser des questions»

Eric Cantona s’explique dans «Libération» après la polémique suscitée par ses propos dans le «Guardian» où il laissait entendre que la mise à l’écart du Madrilène et de Ben Arfa avant l’Euro pouvait être liée à leurs origines. L’ancien Mancunien en profite pour souligner l’absence de diversité dans les hautes instances du foot français.

C’est peu dire que l’interview donnée vendredi par Eric Cantona dans le Guardian a valu à l’ancienne star de Manchester United et des Bleus, devenue acteur et auteur de documentaires, les foudres d’une partie de l’opinion publique ou des médias : évoquant «le nom bien français» du sélectionneur des Bleus, Didier Deschamps, il avait laissé entendre que les mises à l’écart de Karim Benzema - mis en examen dans une affaire de chantage à la sextape envers son coéquipier chez les Bleus Mathieu Valbuena - et de Hatem Ben Arfa pouvaient répondre à des considérations racistes, que Deschamps aurait ainsi relayées sans en être à l’initiative.

Accusé d’avoir tenu des propos diffamatoires et de jeter de l’huile sur le feu des communautarismes, se sentant mal compris, Eric Cantona nous a contacté dimanche afin de préciser sa pensée et de reprendre la main sur les interprétations de ses propos. Il se trouve que l’interview fracassante donnée mercredi dans le quotidien espagnol Marca du principal concerné, Karim Benzema, meilleur joueur français de sa génération accusant Deschamps «d’avoir cédé à la pression d’une partie raciste de la France», donne à la prise de parole de Cantona un caractère divinatoire et un poids phénoménal. Elle fait surtout sauter le couvercle que les instances du football et les politiques avaient mis sur l’affaire de la sextape, dossier empoisonné depuis le départ qui a valu au président de la Fédération française de foot (FFF), Noël Le Graët, de recevoir des courriers terribles, les uns réclamant la suspension définitive de Karim Benzema - «Il faudrait que je dise quoi ? A mort l’Arabe ?» a déclaré Le Graët en janvier sur l’Equipe 21 - et les autres s’étonnant d’une sanction frappant un joueur qui n’a pas été condamné à ce jour, au mépris de la présomption d’innocence. Eric Cantona a été recontacté mercredi pour réagir aux propos de Benzema dans Marca.

La prise de parole de Karim Benzema vous a-t-elle étonné ?

Absolument pas. Je remarque que tout comme moi, il n’a accusé à aucun moment Deschamps de racisme [«Je ne sais pas si c’est une décision individuelle de Didier car je m’entends bien avec lui, ainsi qu’avec le président Noël Le Graët», a précisément déclaré Benzema, ndlr]. Mais il dit qu’il a cédé à la pression de l’opinion publique, une pression qui se traduit en termes d’ambiance et de posture politique. Et je remarque aussi que Benzema a été victime de raccourcis incroyables, du type «Benzema dit que Deschamps est raciste». Comme ça, on évite de poser les questions.

Trouvez-vous que Karim Benzema a eu un certain courage ?

Oui, parce qu’il est toujours en activité et qu’il est sélectionnable chez les Bleus. Non, parce qu’il est normal qu’il s’exprime et agisse comme un citoyen français avant de se penser comme un joueur. Un citoyen qui répond à la problématique suivante : comment barrer la route aux extrêmes ?

La question peut vous paraître étrange, mais vous sentez-vous redevable d’une forme de solidarité envers des joueurs d’une dimension comparable à celle que vous aviez quand vous étiez sur les terrains ?

Je parle comme un citoyen. Après, il est clair que si on m’enlève un joueur comme Benzema, on me prive d’une partie du plaisir. Je trouve ça injuste, ce qui m’incite à me poser des questions.

Avez-vous été surpris de l’ampleur de la polémique qui a suivi votre interview au Guardian ?

Je ne m’attends à rien. Et puis je m’en tape, très sincèrement. Après, je sais que l’on vit une époque où ce genre de chose monte très vite et très fort, ça dure vingt-quatre heures, parfois quarante-huit, durant lesquelles les abrutis s’expriment. Après ils oublient, ils passent à autre chose, et c’est le moment où la réflexion entre en jeu.
Moi, j’adore que l’on me mette en situation de me poser des questions. C’est la fonction de l’art et l’art me nourrit. Ça permet de susciter, de déclencher, d’apprendre aussi.

Quel était le sens de votre comparaison entre Deschamps et les mormons ?

Mais pourquoi a-t-on parlé d’insulte ? Pourquoi ai-je lu ensuite que les mormons étaient consanguins ? Comme si j’accusais Deschamps d’être consanguin ! Ils sont 14 millions dans le monde, le mormonisme est reconnu comme une religion, pas comme une secte. Et pour ceux qui l’ignorent, de nombreux Noirs en sont membres, de grands hommes d’affaires, des sportifs, des scientifiques, des artistes… Quand on insinue que je suis raciste et antifrançais quand je compare Deschamps à un mormon, on insulte les mormons et on fait preuve de discrimination envers eux ! J’ai juste dit qu’une grande majorité de mormons se mariaient entre eux par conservatisme : beaucoup d’autres religions sont dans ce cas-là, la religion catholique par exemple.
Autre chose : j’ai lu et entendu que j’étais anti-français parce que j’ai plaisanté sur le fait que Deschamps a un nom français pouvant venir de plusieurs générations. Mais Karim Benzema, c’est un nom français aussi. A consonance maghrébine, oui, et vous conviendrez avec moi que ça ne change rien au fait qu’il soit français. Hatem Ben Arfa, que j’ai défendu dans le Guardian, c’est un nom français également. Mais alors, pourquoi ne dit-on nulle part que je suis pro-français ? Par définition, les Français d’origine maghrébine ont un nom français. Donc, Deschamps, Benzema et Ben Arfa ont des noms français, les origines des deux derniers ne devant en aucun cas les desservir dans un contexte politico-social particulier. J’attaquerai en justice tous ceux qui ont tenus des propos mensongers et insultants à mon égard.

La fédération a qualifié vos propos de «stupides», qu’est-ce que vous…

(Il coupe) Ils se sont servis de moi pour effacer l’ardoise et cette ardoise, c’est l’affaire des quotas [en 2011, la FFF a évoqué en interne la mise en place de quotas de jeunes joueurs ayant un grand-parent étranger, ce fait pouvant leur permettre plus tard de rejoindre une autre sélection que l’équipe de France, ndlr]. Ça leur permet d’éloigner ce souvenir dans l’esprit des gens. Des joueurs d’origine maghrébine, il y en a, là on parle terrain, c’est le plus souvent objectif.
En dehors, en revanche, c’est subjectif : les dirigeants d’origine maghrébine ou d’Afrique noire, ils sont où ? Et les entraîneurs de Ligue 1 d’origine maghrébine ? Alors que ce sont eux qui forment les gamins ! Ils sont assez forts et compétents pour s’occuper des jeunes joueurs, et ils ne le sont plus quand ces mêmes joueurs passent professionnels ?

Concernant Benzema, Didier Deschamps n’a jamais prétendu avoir pris une décision sportive : il est mis en examen dans une tentative de chantage visant un coéquipier, tentative présumée qui a de plus eu lieu dans le cadre d’un rassemblement des Bleus à Clairefontaine. N’acceptez-vous pas cette justification ?

Je dirais que c’est une possibilité. Qui ne me retire pas le droit de m’interroger. La FFF est sous tutelle du ministère des Sports et deux membres du gouvernement, le ministre des Sports Patrick Kanner et le Premier ministre Manuel Valls, ont publiquement réclamé la mise à l’écart de Benzema durant l’Euro. Ces éléments sont suffisants pour émettre un doute sur l’indépendance des choix du monde sportif rapport à la politique.

Si l’on remonte votre raisonnement un cran plus loin, vous soupçonnez Valls ou Kanner de calcul politique par rapport aux origines de Karim Benzema…

Là encore, je n’affirme rien. Je pose la question. La suspension de Benzema en équipe de France est tombée le 10 décembre, entre les deux tours des élections régionales. Depuis les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher, les choses ont changé, l’ambiance a changé, le regard que l’on porte sur la communauté d’origine maghrébine a changé. On mélange tout, on parle de déchéance de nationalité, les assignations à résidence pleuvent. On vit une période où on sanctionne une communauté… ou plutôt une période où on a envie de la sanctionner. Pour en revenir à Benzema, il est présumé innocent. S’il est lavé de tout soupçon cet automne, il aura manqué l’Euro quand même. Quant à Ben Arfa, il n’est coupable de rien. Sauf d’être l’un des deux ou trois meilleurs joueurs français.

Oui, mais Deschamps est sélectionneur, il est libre de choisir qui il veut…

Bien sûr. Après, vous croyez qu’il peut dire autre chose que «j’ai suivi des nécessités sportives, etc.» ? J’ai quand même le droit de me poser des questions. Tenez, il paraît qu’il va m’attaquer en justice. C’est bien la première fois qu’il passera d’une position défensive à une position offensive, il verra si c’est si facile… [Une remarque ironique, Cantona ayant été un attaquant brillant quand Deschamps se dévouait, en tant que joueur, aux tâches défensives, ndlr] Avec son agent et son avocat, ils ne seront pas trop de trois pour réfléchir et distinguer ce qui relève de la diffamation du fait de mettre le problème sur la place publique. Ça n’a rien à voir, mais puisqu’on parle de son agent [JeanPierre Bernès], je tiens à dire que ce même agent s’occupe aussi des intérêts de certains joueurs [sousentendu : Didier Deschamps a le pouvoir de valoriser ces joueurs en les sélectionnant chez les Bleus, ce qui ferait la bonne fortune de son agent, ndlr]. Vous trouvez ça normal ? Quand on dirige une fédération, on écarte tout soupçon, me semble-t-il.

On vous a prêté l’intention de régler des comptes anciens avec Didier Deschamps…

Je n’ai de comptes à régler avec personne. Je parle d’une chose, et ensuite je parle d’une autre. Quand je m’attaque aux banques en demandant aux gens de retirer leur argent, je n’ai aucun compte à régler avec les banques.

Le football ne doit-il pas être protégé d’enjeux aussi lourds que les communautarismes ? Doit-il, à l’inverse, être utilisé pour montrer l’exemple, quitte à entrer sur un terrain que ses acteurs maîtrisent mal ?

En France, les politiques se sont emparés en 1998 du «Black-Blanc- Beur » [les champions du monde tricolore étaient censés refléter une société multiethnique et harmonieuse, ndlr], ils peuvent bien s’emparer du reste… J’ai beaucoup travaillé sur le sujet en réalisant des documentaires : de Mussolini à Pinochet, en passant par les pays de l’Est, les politiques ont toujours utilisé le foot puisque c’est un sport de masse. Là, avec le cas du champion du monde du Bayern Munich d’origine ghanéenne Jérôme Boateng, victime d’une remarque raciste d’un responsable d’un parti populiste expliquant que les Allemands «ne voudraient pas de lui comme voisin», il s’est passé quoi ? Le fait que son parti soit minoritaire n’y change rien : la politique se sert du sport. Bien sûr que le foot doit montrer l’exemple : c’est un vecteur d’intégration extraordinaire. Zinédine Zidane est devenu samedi le premier entraîneur français à remporter la Ligue des champions après l’avoir gagnée comme joueur : il ouvrira une voie.

Dernière critique vous ayant touché après l’interview du Guardian : vous jouez avec le feu, appuyant là où ça fait mal aujourd’hui - les communautarismes, en gros. Pourquoi fallait-il soulever le couvercle ?

Parce que c’est la grandeur d’une démocratie. C’est sain. Que tout le monde puisse m’écouter, que je puisse écouter tout le monde et que ça concourt à une forme d’enrichissement mutuel.

http://www.liberation.fr/sports/2016/06 … ns_1456741

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

Re: Le fil des articles tout pourris

Ce fil semble avoir été déplacé par erreur dans le sous-forum consacré aux masters.

« gnagnagnagna » (FDL)
« gnagnagna google gnagnagna » (Pierre-L)

Re: Le fil des articles tout pourris

Oui, c'est ma faute . Je pensais créer une nouvelle discussion si des personnes étaient intéressées pour débattre de cette polémique.
Je vais demander à Greg de remettre ce fil à sa place. smile

"Rédupliquer, c'est être ce qu'on dit." (S.Kierkegaard)

Re: Le fil des articles tout pourris

Ca y'est ! J'ai rétabli l'ordre ! big_smile

Oui Cantona est bête !

Quant à  son " Après, il est clair que si on m’enlève un joueur comme Benzema, on me prive d’une partie du plaisir. Je trouve ça injuste, ce qui m’incite à me poser des questions."

On le prive de son plaisir, le pauvre ! C'est injuste ? Mais toutes les sélections sont injustes et nous privent du plaisir de voir un joueur qu'on aime bien, quand celui-ci n'est pas sélectionné en EDF ! Oui, nous aussi on aurait bien aimé voir jouer Valbuena (vachement pénalisé dans cette affaire), Benzema, etc . C'est DD qui a tranché et j'approuve ! Je crois que c'est la mort dans l'âme que DD a dû prendre cette décision.

"Rédupliquer, c'est être ce qu'on dit." (S.Kierkegaard)

370

Re: Le fil des articles tout pourris

Ce n'est pas un article mais c'est tout comme.
Pour l'Obs, les Réunionnais sont des immigrés et la France est la métropole du Sénégal et du Congo. Ils ne doivent pas être au courant que le temps des colonies est fini...

https://scontent-cdg2-1.xx.fbcdn.net/v/t1.0-9/13412971_10154314227421542_6592834287092125485_n.jpg?oh=734d60e3a4580862c6955aed1ee599be&oe=57CF0AAF

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

Re: Le fil des articles tout pourris

FDL a écrit:

Ce n'est pas un article mais c'est tout comme.
Pour l'Obs, les Réunionnais sont des immigrés et la France est la métropole du Sénégal et du Congo. Ils ne doivent pas être au courant que le temps des colonies est fini...

https://scontent-cdg2-1.xx.fbcdn.net/v/t1.0-9/13412971_10154314227421542_6592834287092125485_n.jpg?oh=734d60e3a4580862c6955aed1ee599be&oe=57CF0AAF

C'est lamentable .

"Rédupliquer, c'est être ce qu'on dit." (S.Kierkegaard)

372

Re: Le fil des articles tout pourris

Article bien pourri de Laberration qui tente de relativiser l'attaque de Necker par ces cloportes de casseurs dégénérés, en oubliant que s'il y a des établissements auxquels il ne faut pas s'en prendre, ce sont bien les hôpitaux.

Laberration a écrit:

L'hôpital Necker a-t-il vraiment été «dévasté» par les «casseurs» ?

Unanime, la classe politique s'est émue des dégradations commises mardi sur la façade de l'hôpital des enfants malades. Au risque d'en exagérer la nature.

Un hôpital «dévasté» : les mots sont de Manuel Valls, invité ce mercredi matin sur France Inter. Au lendemain d’une manifestation parisienne sous haute tension contre le projet de loi travail, le Premier ministre a dénoncé avec force l’action des «casseurs» au cours du défilé, et notamment les incidents qui se sont déroulés aux abords de l’hôpital Necker pour les enfants malades, dans le XVe arrondissement de la capitale.

Dans la classe politique, la condamnation a été unanime. Côté gouvernement, Marisol Touraine, la ministre des Affaires sociales, a parlé d’une «attaque insupportable», assurant, sur France Info, que «personne ne pouvait ignorer que c’était un hôpital auquel on s’en prenait et qu’on attaquait». Et d’ajouter : «Il y a des enfants qui entraient dans les blocs opératoires et certains n’étaient pas encore endormis, ce sont des choses qui sont choquantes.»

Son homologue de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, est allé plus loin, en s’en prenant aux «hordes de manifestants violents» et aux «sauvageons» qui ont brisé les «vitres de l’hôpital Necker» alors «qu’il y a l’enfant des policiers [assassinés lundi à Magnanville, ndlr] qui s’y trouve». Nicolas Sarkozy, sur Twitter, s’est fendu de ce message : «#Necker : je demande que soit engagée la responsabilité civile et financière de la CGT.»

Mercredi matin, Manuel Valls s’est rendu sur place avec Marisol Touraine pour apporter son soutien aux équipes médicales de l’établissement. L’Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP), de son côté, a déposé une plainte contre X pour «dégradation de biens publics et mise en danger de la vie d’autrui». Vingt-quatre heures après les faits, Libération fait le point sur un dossier devenu symbolique.
Que s’est-il passé ?

Il est près de 15h30 quand le cortège de tête, constitué notamment de plusieurs centaines de manifestants cagoulés et équipés pour harceler les forces de l’ordre, arrive à l’angle du boulevard du Montparnasse et de la rue de Sèvres, au niveau du métro Duroc. Les affrontements avec les CRS, qui n’ont pas cessé depuis le départ de la manifestation place d’Italie, reprennent de plus belle. Des militants radicaux, tout de noir vêtus, lancent des projectiles en direction de forces de l’ordre situées sur leur gauche, qui répliquent à coups de grenades lacrymogènes.

L’hôpital Necker, juste à côté du cordon des forces de l’ordre, n’est clairement pas la cible de la majorité des manifestants. S’il est tout à fait probable que des pierres ou des canettes de bière aient pu endommager sa façade, c’est surtout les coups de marteau portés par un ou deux manifestants qui ont causé la majorité des dégâts. On le voit sur cette vidéo tournée par un journaliste du Monde (à partir de 4’20"). A noter, par ailleurs, l’intervention d’un homme qui tente d’arrêter l’individu en lui disant : «Hé, c’est un hôpital de gosses.»

Les échauffourées au milieu du carrefour durent assez longtemps, peut-être une vingtaine de minutes. Sur cette vidéo, on voit même des «casseurs» détacher des plaques entières de bitume à coups de marteau, pour s’en servir ensuite de projectiles. Il faut l’intervention du canon à eau de la préfecture de police, qui scinde le cortège en deux, pour repousser la tête de manifestation plus en avant, vers le boulevard des Invalides.
Quels sont les dégâts ?

Les principaux dégâts concernent des bris de vitres, au niveau du rez-de-chaussée de l’établissement. Une quinzaine de parois, côté rue, ont ainsi été fracturées, sans par ailleurs céder. Mais «personne n’est entré dans l’hôpital, il n’y a pas de dégâts à l’intérieur», explique le professeur Noël Garabédian, présent sur place mardi. Il souligne en outre que les patients et les équipes médicales ont été «extrêmement choqués par cet épisode traumatisant».

Aussi gratuits et stupides qu’ils puissent être, ces actes sont donc loin d’avoir laissé derrière eux un bâtiment «dévasté», comme l’a dit Manuel Valls. Ce qui fut en revanche le cas de nombreux commerces sur le parcours de la manifestation. Quant aux «enfants qui entraient dans les blocs opératoires et certains n’étaient pas encore endormis», comme le souligne Marisol Touraine, difficile de savoir s’ils ont entendu précisément les coups de marteau, au milieu d’une ambiance où se mêlaient cris des manifestants, jets de grenades lacrymogènes et surtout tirs de grenades assourdissantes, au volume sonore bien plus important.

http://www.liberation.fr/france/2016/06 … rs_1459622

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

373

Re: Le fil des articles tout pourris

Ce qui ne doit pas justifier, au passage, la casse d'autres bâtiments, que ce soit des magasins, des commissariats ou autres. C'est tout aussi déplorable.

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
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Re: Le fil des articles tout pourris

Rire des articles de Bruno Petit-Petit, c'est voter nazi (cf. dernière phrase, magnifique).
Du très grand Bruno.

Challenges a écrit:

Eldin au Petit Journal: pourquoi c'est inquiétant pour la politique

Le Petit journal de Canal Plus sera présenté par Cyril Eldin, qui va succéder à Yann Barthès. Une succession lourde de sens quant au traitement moderne de l'actualité politique à la télévision.

Le Petit journal, devenu grand, risque de redevenir petit. Yann Barthès est mort, vive Cyril Eldin. Car il est dit qu’à la rentrée prochaine, sur Canal Plus, le trublion du grand journal, titulaire de l’emblématique chronique politique "Eldin reporter", sera le nouveau présentateur d’un Petit journal appelé à redevenir séquence intégrée au Grand journal. Signe des temps. Marque de l’époque. Finie la déconstruction du politique à heure de grand écoute, bienvenue à la gaudriole politique à la papa. A l’aube d’une saison télévisuelle qui sera aussi celle d’une année d’élection présidentielle, il est donc légitime de s’interroger: on sait ce que l’on perd avec Barthès, et l’on pressent avec angoisse de savoir ce que l’on va gagner avec Eldin. Et les larmes perlent… Forces de l’esprit Canal, où êtes vous?

Pourquoi pleurer Barthès et se lamenter d’Eldin? A première vue, ne s’agit-il pas de la même chose télévisuelle? La politique réduite à un tas de misérables petits secrets de communication, dérisoire, vaine et finalement méprisable. Voire haïssable? Barthès et Eldin même combat?

Mais non. Barthès et Eldin, ce n’est pas la même chose.

Le premier fait dans la férocité déconstructive. Il informe. Prévient. Alerte. Eclaire. Le second fait dans le comique de caméra visible. Il désinforme. Piège. Triche. Truque. Le premier exerce une mission de service public, le second fait du divertissement. Le premier éclaire de sa férocité, le second noircit de sa dérision. Le premier est nécessaire parce que suffisant, le second est suffisant, mais pas nécessaire.

Dans son genre, Yann Barthès est un héritier de Thierry Le Luron. Qui pointe les travers de la société politique livrée à la tyrannie de la communication politique pensée comme un cosmétique inauthentique. Barthès est féroce, qui ne laisse rien passer. Capable, comme l’était Le Luron, de démasquer les imposteurs et les impostures avec un air de dandy désabusé, sous des airs de premier communiant sortant du déjeuner de famille célébrant l’événement.

Le Luron déconstruisait la politique par ses imitations décapantes de Giscard ou Mitterrand, occupant dans l’espace public des années 70 et 80 une place cent fois plus importante que celle d’un éditorialiste récurrent au journal de 20 heures. Barthès fait de même avec ses déconstructions d’éléments de langage de la communication politique à la française. Et comme Le Luron, sa distance apparente et son élégance épatante sont est les meilleures garanties de son implication.

Il n’y avait que le Petit journal, par exemple, pour déconstruire le retour en politique de Jean-François Copé, démontrant par un montage habile de l’ensemble de ses prestations que ce dernier, loin d’être devenu sincère, authentique, vrai, ayant renié les péchés de la com’ pour la com’, demeurait en vérité inchangé, accumulant les éléments de langage et les trucs pour camoufler sa tragique réalité.
La télé de la déconstruction politique

Plus que le décryptage à la télé, Barthès a inventé la télé de la déconstruction politique, certes limitée à raison du caractère d’infotainment du Petit journal, où se mélange reportages et sketchs, où le temps est compté, où la légèreté prime, mais le travail accompli a ouvert une brèche dans la manière de traiter la politique à la télévision qui mériterait de susciter l’attention des responsables de chaines consacrées à la couverture institutionnelle de l’actualité.

Cyril Eldin ne s’inscrit pas dans cette perspective. Avec lui, la politique devient un jeu prétexte à le mettre en valeur. Un divertissement pour le divertissement. Contempler Eldin prendre en otage des politiques qui sont d’autorité placés dans une situation où ils ont tout à perdre et rien à gagner, c’est assister à la dégradation de la politique. Jouer son jeu, accepter de se compromettre, c’est prendre le risque de passer pour un clown de la télé face à ses électeurs. Ne pas le jouer, refuser la règle du jeu inégale dictée par Eldin, c’est s’exposer à passer pour un mauvais coucheur.

On sait le paradoxe qui consiste à célébrer Barthès et critiquer Eldin: c’est le Petit journal de Yann Barthès qui a inventé Eldin, en lui confiant une première séquence, Face à Eldin. Mais ce paradoxe n’est que temporel. Par la suite, Eldin est passé au Supplément, où il a relancé le micro-trottoir politique, pratique héritée de John-Paul Lepers, créateur du genre sous les années Jospin. Au départ, il s’agissait de faire encore œuvre de déconstruction, une fois par semaine. A l’arrivée, devenue quotidienne au Grand journal, la séquence s’est dépouillée de son sens initial. Eldin n’a plus pour objectif de révéler une vérité humaine de la politique, ses grandeurs et ses petitesses, saisie par la caméra au détour d’un moment, mais de mettre en scène son épopée de comédien dans un univers dont il serait le huron.

A force de jouer à Eldin qui fait du Eldin qui fait du Eldin, le comédien ne fait plus du journalisme politique décalé, mais du Guignol à l’ancienne. Et ne comprend pas que prendre la pose avec Marine Le Pen et s’amuser avec elle, rire avec elle, c’est grave, car c’est construire une image qui n’est pas la vérité, loin de toute exigence de déconstruction.

Voilà pourquoi il est légitime de s’inquiéter du processus de succession qui mène Cyril Eldin à s’asseoir dans le fauteuil de Yann Barthès. Le Petit journal de la déconstruction politique s’adressait à un public plutôt jeune, connecté, en phase avec l’époque. L’influence du Petit journal ne se limitait pas à sa seule audience quotidienne du soir. C’était là sa force. En outre, le programme s’adressait à un public qui ne regarde plus (voire n’a jamais regardé pour les plus jeunes) les antiques journaux de 20h de TF1 et France, dont l’audience vieillit, année après année, et ne se renouvelle guère. 20 millions de Français regardaient les JT de 20h au début des années 90, ils ne sont plus que dix en 2016.

Ici se mesure l’enjeu de la succession Barthès-Eldin à Canal Plus. D’une certaine façon, le Petit journal pouvait constituer une porte d’entrée citoyenne vers l’intégration des jeunes ou moins en jeunes, en politique. Même travaillant en férocité, Barthès contribuait à entretenir le lien entre un certain type de public et la politique. Il donnait sens. Eclairait. Eveillait. Avec Eldin, qui ne fait que de la dérision pour la dérision, cette porte d’entrée risque de se refermer. D'où l'inquiétude. Rire des politiques avec Eldin, c'est voter Trump aux Etats-Unis, ou Le Pen en France.

http://www.challenges.fr/politique/2016 … tique.html

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Re: Le fil des articles tout pourris

L'infâme Quatremer. Toujours plus loin dans la bêtise et l'abjection. A l'image du dessin dont il parle et qu'on retrouve dans le lien.

Libération a écrit:

Jo Cox: qui sème la haine?

Ce dessin de mon ami Pierre Kroll, paru au lendemain du meurtre de la députée travailliste Jo Cox, résume parfaitement l’état du débat britannique . Son assassin l’a tué en criant «Britain first», un cri qu’il a répété devant le juge: «mort aux traitres, liberté pour le Royaume-Uni». Exactement comme le font les islamistes qui hurlent «Allahou akbar» en commettant leurs horreurs... Certains expliqueront qu’il s’agit d’un fou, que les pro-leave n’y sont pour rien, les mêmes d’ailleurs qui refusent toutes circonstances atténuantes aux tueurs se revendiquant de Daesh...

Car il faut le dire clairement: ceux qui font campagne en prônant le nationalisme, en stigmatisant l’immigré, en accusant les «élites» d’être inféodées à une Union européenne qui ne serait autre qu’un «IV Reich» ou une nouvelle «UESSR», ceux-là poussent les esprits faibles à la violence. Quand ils ne la justifient pas par avance. Ainsi, Nigel Farage, le leader europhobe de UKIP, expliquait le 17 mai dernier: «il est légitime de dire que si le peuple sent qu’il perd complètement le contrôle, et nous avons perdu complètement le contrôle de nos frontières comme membre de l’Union européenne, et si le peuple sent que son vote ne change rien, alors la violence est le prochain pas». Marine Le Pen, la patronne du FN, n’a pas dit autre chose le 17 juin à Vienne en retrouvant ses amis de l’alliance brune européenne: «méprisés par leurs élites inféodées à Bruxelles, les classes populaires ont parfois recours elles-aussi à une forme de violence» (1). Mais il suffit de lire ce qui circule sur le net pour se rendre compte de la violence que véhicule la campagne des europhobes. Une violence certes verbale, mais qui a fini, comme toujours, par se traduire par des actes.

On n’a encore jamais vu un pro-européen, un démocrate-chrétien ou un social-démocrate commettre un attentat ou tuer son voisin: certaines idéologies, totalitaires en ce qu’elles désignent toujours des boucs-émissaires, sont mortelles et le nationalisme haineux en est une. Son retour, en Europe, au XXIème siècle, est aussi inquiétant que la montée de l’islamisme.

(1) Ces deux perles ont été dénichées par un citoyen européen franco-britannique, Evan O’Connel.

http://bruxelles.blogs.liberation.fr/20 … -la-haine/

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Re: Le fil des articles tout pourris

Le dessin est simpliste, mais le propos de Quatremer est plutôt juste. On ne peut évidemment pas comparer Daesh à ces crétins du BNP ou à Farage, mais à force d'instiller la haine à travers du populisme de très très bas étage, on finit par provoquer ces conneries. Le discours mou de centre droit ou de centre gauche ou le discours technocratique bruxellois n'a pas cet inconvénient, à ceci près qu'il fait naitre le populisme susmentioné.

It ain’t what you don’t know that gets you into trouble. It’s what you know for sure that just ain’t so.

"Un terroriste ne mérite pas de mourir. Il mérite de vivre l'enfer. A perpétuité. Et seule la déchéance de la nationalité le permet." Greg

377

Re: Le fil des articles tout pourris

Euh non. La manœuvre est très grossière, tellement qu'elle en devient contre-productive : faire reposer la faute sur les mouvements qualifiés de populistes d'extrême-droite etc., sinon de nazis, pour des raisons évidentes, alors qu'on ne sait même pas encore exactement ce qui a motivé le geste du meurtrier.
Le plus moche là-dedans, en dehors du meurtre évidemment, c’est l’instrumentalisation de ce fait divers par le camp pro-UE et anti-Brexit (soit la majorité de la classe politique et médiatique).

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Re: Le fil des articles tout pourris

Le meurtrier a déclaré devant le juge "mort aux traitres, liberté pour le Royaume-Uni", je vois mal ce qu'il te faut de plus. Désolé qu'il n'ait pas crié Allahu Akbar, ça aurait simplifié ta reflexion. Alors ouais, désolé que les pro-Brexit instrumentalisent ce "fait divers" (tu utiliserais également ce terme pour Breivik?), si tu ne comprends pas pourquoi je vois mal comment te l'expliquer.

It ain’t what you don’t know that gets you into trouble. It’s what you know for sure that just ain’t so.

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379

Re: Le fil des articles tout pourris

Non, pour Breivik, j'utiliserais "attentat terroriste". Là, c'est un fait divers.
Et tu n'as pas envisagé la possibilité du... "déséquilibré" ? Ou tu préfères n'utiliser ce terme que pour les islamistes ?

Last edited by FDL (21-06-2016 12:06:34)

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
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Re: Le fil des articles tout pourris

FDL a écrit:

Non, pour Breivik, j'utiliserais "attentat terroriste". Là, c'est un fait divers.
Et tu n'as pas envisagé la possibilité du... "déséquilibré" ? Ou tu préfères n'utiliser ce terme que pour les islamistes ?

Barney il y a UNE SEMAINE FDL UNE SEMAINE a écrit:

Je suis d'accord sur le fait qu'il faille nommer l'islamisme radical, en revanche je vois mal ce qui te gêne dans l'emploi du terme "homophobie". L'islam radical se caractérise notamment par l'homophobie, qui est mise en valeur dans les pays qui appliquent la charia. Je ne vois absolument pas d'incompatibilité ou d'opposition entre les deux termes.
Et pareil pour le fait qu'il s'agit d'un mec instable, violent et bipolaire, de toute façon ils le sont tous. Tu ne peux pas renter dans une boite de nuit ou une salle de concert et tuer des dizaines de personnes sans avoir un gros problème psy. Ca n'atténue en rien les causes liées à l'islam radical.
Mais sur le fond on est d'accord, les démocrates américains sont dans un déni presque aussi stupide que celui des républicains sur les armes. Les mecs sont vraiment pas sortis de l'auberge.

A toi de voir qui a des problèmes de constance dans ses messages. Je sais que ça t'emmerde de reconnaître FDL qu'un tarré a tué une députée et qu'il l'a fait en raison d'une idéologie d'extrême droite. Seuls les tarrés islamistes radicaux sont capables de tels trucs. Donc pour toi les motivations du déséquilibré d'extrême droite ne sont pas claires, même après qu'il te mette le nez dedans en déclarant devant son tribunal pourquoi il a tué Jo Cox. En revanche garde des accusations d'hypocrisie pour toi, dans cette conversation il n'y en a qu'un seul qui refuse de regarder la réalité en face.

Last edited by Barney (21-06-2016 12:58:19)

It ain’t what you don’t know that gets you into trouble. It’s what you know for sure that just ain’t so.

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Re: Le fil des articles tout pourris

Non, ce n'est pas clair. Pour trouver des types qui crient "Britain first", il suffit de faire la tournée des poivrots du coin de la rue. Ce ne sont pas pour autant forcément des nazis sortis du ventre fécond de la bête immonde des heures les plus sombres et les plus rances de notre histoire nauséabonde.
Peut-être qu'il a été armé et embrigadé par une organisation terroriste d'extrême-droite pour tuer la députée (j'en doute fortement car quel serait le but ?). Peut-être qu'il s'agit d'un "loup solitaire" (là, pour le coup, l'expression est justifiée, alors qu'elle ne l'est pas, ou très rarement, en ce qui concerne les islamistes) timbré échappé de son asile. Peut-être autre chose [mettre ici la version que vous voudrez : complotisme etc.].
Donc padamalgam stp. tongue

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Re: Le fil des articles tout pourris

Barney a écrit:

Et pareil pour le fait qu'il s'agit d'un mec instable, violent et bipolaire, de toute façon ils le sont tous. Tu ne peux pas renter dans une boite de nuit ou une salle de concert et tuer des dizaines de personnes sans avoir un gros problème psy.

A ce sujet: http://www.lepoint.fr/dossiers/societe/ … -ils-fous/

« gnagnagnagna » (FDL)
« gnagnagna google gnagnagna » (Pierre-L)

Re: Le fil des articles tout pourris

FDL a écrit:

Non, ce n'est pas clair. Pour trouver des types qui crient "Britain first", il suffit de faire la tournée des poivrots du coin de la rue. Ce ne sont pas pour autant forcément des nazis sortis du ventre fécond de la bête immonde des heures les plus sombres et les plus rances de notre histoire nauséabonde.
Peut-être qu'il a été armé et embrigadé par une organisation terroriste d'extrême-droite pour tuer la députée (j'en doute fortement car quel serait le but ?). Peut-être qu'il s'agit d'un "loup solitaire" (là, pour le coup, l'expression est justifiée, alors qu'elle ne l'est pas, ou très rarement, en ce qui concerne les islamistes) timbré échappé de son asile. Peut-être autre chose [mettre ici la version que vous voudrez : complotisme etc.].
Donc padamalgam stp. tongue

Ben je sais pas, aux US par exemple San Bernardino et Orlando étaient le fait de gens qui ont "prêté allégeance" à Daesh mais sans que l'organisation n'ait été impliquée dans la planification de ces actions. Alors certes la différence c'est que Daesh appelle activement à tuer des gens, ce qui n'est pas le cas pour ce type. Mais là encore, ce n'est pas mon propos, ni celui que tu dénonces, qui constate simplement qu'à force de distiller la haine à travers le populisme on trouve des timbrés pour prendre les trucs bien plus sérieusement. Des types qui crient Britain first il y en a beaucoup, des gens qui tirent sur une députée, la poignardent ensuite, puis devant leur juge déclarent "mort aux traitres" il y en a beaucoup moins, tu en conviendras certainement si tu décides d'arrêter la mauvaise foi.

It ain’t what you don’t know that gets you into trouble. It’s what you know for sure that just ain’t so.

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384

Re: Le fil des articles tout pourris

Ben oui, j'en conviens. Et heureusement d'ailleurs. Mais cela ne suffit pas pour l'imputer aux pro-Brexit, voire au FN (coucou Canal+). Une campagne distillant la peur et la haine, on l'a eue aussi du côté des anti-Brexit, puissance mille d'ailleurs (encore un peu et ils nous promettent l'apocalypse et l'arrivé de l'antéchrist). Ce n'est pas pour autant qu'une députée de l'Ukip s'est fait trucider aux cris de "Bruxelles first".

Quant aux terroristes d'Orlando et San Bernadino, ils ne sont pas tombés de nulle part, non. Ces attentats requièrent toujours préparation, soutien et aide (logistique etc.), que ce soit Daesh ou une autre organisation. Le concept de loup solitaire n'est pas valide.

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
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Re: Le fil des articles tout pourris

Pour San Bernardino et Orlando à ma connaissance et à celle des services concernés, il n'y a pas eu de soutien logistique de qui que ce soit d'autre que les personnes qui ont commis ces attentats, celles qui leur ont vendu légalement ces armes sans vérifier un instant de quoi il retournait, et plus globalement le système qui permet ce délire. A peu près le même délire que le mec qui a voulu poignarder un policier dans un commissariat et s'est fait descendre en somme, avec probablement un peu plus de préparation. Mais dans les cas américains la logistique est comparable à tous les mass shootings qui se produisent tous les deux mois, c'est rudimentaire et on peut tout à fait parler de loups solitaires (jusqu'à preuve du contraire).

La situation est différente en France parce que se procurer des armes est plus compliqué et requiert des complicités par définitions illégales.

Par ailleurs je suis désolé mais tu ne peux pas comparer en termes de peur et de démagogie les campagnes pro et anti Brexit. Les anti Brexit ont dit beaucoup de conneries, j'en conviens et je suis pour la peine bien placé pour le savoir. Mais à aucun moment ils n'ont fait appel à des notions aussi abrasives que celle de l'invasion de sa patrie par des hordes de réfugiés/immigrés/étrangers. Edit: En gros je suis d'accord sur la campagne axée sur la peur, en revanche sur la haine non, dsl. La haine de qui ? Le discours technocratique bruxellois a plein d'inconvénients, mais on ne peut pas le taxer d'être porteur de radicalité. D'ailleurs si tu te relis, c'est exactement ce que tu dis.

Last edited by Barney (21-06-2016 14:49:05)

It ain’t what you don’t know that gets you into trouble. It’s what you know for sure that just ain’t so.

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Re: Le fil des articles tout pourris

C'est marrant, quand même, les standards changeants.

Un mec essaie de rouler sur des militaires, dit "Allah Akbar", c'est un terroriste islamiste.

Un mec commet un assassinat politique, dit "Britain first", c'est un fait divers.

Il y aurait sans doute une investigation à mener sur le pouvoir magique des mots "Allah Akbar". Des mots qui ne sont certainement pas utilisés tous les jours hors d'un contexte terroriste.

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016

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Re: Le fil des articles tout pourris

Barney, dans le cadre des attentats terroristes islamistes, la théorie du loup solitaire ne fonctionne pas et ce, quel que soit le pays (les US ou la France).
Breivik était un loup solitaire. Pas les islamistes. Je te renvoie à Terreur dans l'hexagone de Gilles Kepel ou à ces liens par exemple :

https://fr.express.live/2016/06/16/myth … solitaire/

http://www.atlantico.fr/decryptage/selo … 40670.html

Pour le discours haine/peur, si tu veux, pas de haine du côté des anti-Brexit (encore que les discours tels que ceux de Quatremer suintent bien la haine) mais de la peur et des menaces. Le résultat est tout aussi anxiogène. D'ailleurs, le message principal des pro-Brexit, c'est : nous allons recouvrer notre indépendance et notre liberté, alors que celui des anti, c'est : si vous sortez, vous allez le payer cher.

Broz : la finalité n'est pas la même. Dans le cas des attentats terroristes islamistes, l'objectif (enfin, l'un des objectifs) est de distiller la peur parmi la population pour qu'elle se soumette. Crier Allah est grand participe pleinement de cette volonté de terreur : c'est la volonté d'Allah, on ne peut rien contre lui, il est tout-puissant et il punira ceux qui s'élèvent contre sa volonté.
Le meurtre de Jo Cox, ce n'est pas un attentat. Le but n'est pas de terroriser la population. On ne sait d'ailleurs même pas à 100% s'il s'agit d'un assassinat politique (il y a de grands risques, certes, mais laissons l’enquête avancer) ; pour l'instant, ça reste un fait divers. Le cri Britain fisrt est d'ailleurs très égoïste : les Britanniques d'abord, quand le cri de ralliement des islamistes a des visées hégémoniques.

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

Re: Le fil des articles tout pourris

Non FDL, le concept de loup solitaire est tout à fait valable, je pense juste que les articles que tu cites n'ont pas très bien compris ce qu'il signifie. Le loup solitaire partage évidemment des liens idéologiques avec le groupe radical dans l'intérêt duquel il oeuvre, donc il est évident qu'il y a eu contact avec certains environnements, soit par le biais d'internet, soit autrement. Ce qui fait le loup solitaire, c'est l'absence de chaine de commandement, ce qui rend le travail des services de sécurité plus compliqué. Ce qui fait la différence entre Orlando et Mohammed Merah, ou l'Hyper Casher.

Dans le cas d'Orlando il n'y a nul doute que la propagande de Daesh ou autre a joué son oeuvre, mais jusqu'à présent on a pas trouvé la moindre trace de contact entre le terroriste et l'organisation. Donc en dehors de la motivation et des cibles, cette attaque présente absolument toutes les caractéristiques d'un grand nombre de mass shootings aux US, avec une volonté de faire un maximum de victimes et de mourir à la fin. L'utilisation du terme "loup solitaire" n'est pas fait pour masquer l'islamisme radical du terroriste, mais pour insister sur une mutation des types d'actions, par définition plus difficiles à prévenir puisque les services de renseignement ne disposent pas de communications à intercepter.

Bien entendu il s'agit aussi parfois d'une stratégie de défense de ces services de renseignement pour se couvrir, comme dans l'affaire Merah. Donc il faut effectivement être circonspect lorsqu'on parle d'action menée par un loup solitaire, mais prétendre que le loup solitaire n'existe pas pour les attentats islamistes, c'est faux. Par ailleurs la comparaison avec Breivik ne te sert pas outre mesure, Breivik aussi se réclamait d'une certaine propagande, certes sans commune mesure en termes d'impact avec celle de Daesh, mais dans le principe c'est la même : un individu radicalisé par une propagande radicale et qui agit indépendamment de toute chaine de commande ou logistique. Je précise, pour éviter tout faux procès, que ça ne relativise en rien ni ne minimise en rien les dangers de l'islam radical.

En ce qui concerne le discours des pro et anti Brexit, tu as une façon très très romancée de le présenter. Personnellement je vois plutôt une campagne sur l'Europe mère de tous les maux, y compris l'immigration (qui n'y est pourtant absolument pas liée dans le cas du RU), contre effectivement une campagne sur les conséquences économiques pour le RU d'une sortie de l'UE (qui a également ses biais, puisqu'en réalité le Brexit serait tellement différé dans le temps et remplacé par des accords de libre échange en tout point similaires qu'on peut douter des conséquences réelles du vote). Il n'y a pas un message positif contre un message négatif, mais deux messages assez identiques en ce qu'ils sont totalement centrés sur les brittaniques eux-même, sans la moindre vision d'ensemble ou le moindre intérêt pour la chose commune européenne.

edit : et il n'y a pas plus de "théorie du loup solitaire" que de "théorie du genre". Dans certains cas il y a des loups solitaires, dans d'autres non. Ce n'est pas parce que le terroriste a commis les actes seuls qu'il est un loup solitaire (cf. Merah) et inversement (cf. San Bernardino). Mais encore une fois, le contexte US est beaucoup plus propice aux actions de loups solitaires, d'une part parce que leurs services de renseignement sont peut être plus performants que les notres (je ne suis pas totalement sûr de moi là dessus), mais surtout je pense parce qu'il y est beaucoup plus simple de se procurer de quoi aller tuer plein de gens.

Last edited by Barney (22-06-2016 16:49:16)

It ain’t what you don’t know that gets you into trouble. It’s what you know for sure that just ain’t so.

"Un terroriste ne mérite pas de mourir. Il mérite de vivre l'enfer. A perpétuité. Et seule la déchéance de la nationalité le permet." Greg

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Re: Le fil des articles tout pourris

Je suis désolé d'insister mais pour le terrorisme islamiste, la théorie (c'est pourtant bien une théorie, tout comme le genre) du loup solitaire n'existe pas. Pour la bonne et simple raison que les attentats perpétrés se situent dans un contexte d'intimidation et de conquête d'une sphère, d'une mouvance (je ne dis pas "organisation", car il y en a plusieurs, Daesh n'étant que l'une d'entre elles ; je ne dis pas non plus "communauté" car ce serait trop restreint) à laquelle on prête allégeance et au nom de laquelle on tue pour qu'elle puisse, in fine, établir sa domination sur le monde. Il n'y a pas d'action en dehors de cette mouvance. Il ne peut donc pas y avoir de "loup solitaire" qui agirait de manière indépendante.
Le loup solitaire présuppose que le terroriste se radicalise seul et agit seul dans un but égoïste. C’est ce qu'a fait Breivik. Il a écrit son propre manifeste de 2 000 pages et a agi en son nom, sachant qu'il n'a pas pu rallier à sa cause les organisations d'extrême-droite (cf. Utoya de Laurent Obertone, entre autres). Son idéologie, c'était le breivikisme, pas l'hitlérisme.
Dans le cas des islamistes, il y a toujours un réseau, quel qu'il soit.

Gilles Kepel a écrit:

La théorie du loup solitaire est une imbécilité. Elle a été mise en place par des pseudo-universitaires et quelques journalistes qui les suivaient, qui ne travaillent pas et qui ne connaissent pas la réalité des textes et de l’action des jihadistes. C’est un pur fantasme, ça n’a jamais existé. Il y a des individus qui agissent éventuellement seul ou à deux mais ils font partie de réseaux, ils ont été inspirés. Pour ceux qui ont pris la peine de s’intéresser à ce qu’a fait Daech, cette théorie ne tient bien sûr pas une seconde.

http://www.rfi.fr/france/20150110-charl … ihadiste-/

Wassim Nasr a écrit:

Le couple de policiers assassinés à son domicile, lundi soir, à Magnanville, a t-il été la cible d'un tueur isolé ? Pour Wassim Nasr, journaliste à France 24 spécialiste des réseaux djihadistes, "il faut arrêter de parler de cette théorie des loups solitaires". "Dans l'histoire des attentats terroristes djihadistes dans le monde, il n'y en a pas", a justifié l'auteur de Etat Islamique, le fait accompli (éd. Plon), au micro d'Europe 1 mardi.

Soutiens logistiques. Selon lui, en effet, "on découvre à chaque fois qu'il y a des ramifications, des contacts, des soutiens logistiques" entre ces auteurs d'attentats et Daech. "Il y a toujours, en arrière-plan, des gens qui aident." C'est pourquoi le journaliste préfère, lui, "parler plutôt de meutes". Dans l'assassinat du couple de policiers, le principal suspect, Larossi Abballa, a en outre été "adoubé" par l'organisation Etat islamique, qui a revendiqué son acte terroriste. "Dans la revendication, l'EI le qualifie de soldat du califat, ce qui n'est pas rien", explique Wassim Nasr. Ce terme signifie que l'auteur présumé "connaissait des gens qui sont déjà dans les rangs de l'Etat islamique".

http://www.europe1.fr/societe/wassim-na … es-2772026

Sur Orlando :

https://fr.express.live/2016/06/16/myth … solitaire/

http://www.causeur.fr/terrorisme-orland … 38729.html

Mateen avait d'ailleurs fait allégeance à Daesh, soit dit en passant : http://www.lefigaro.fr/international/20 … direct.php

http://www.slate.fr/story/119413/omar-m … me-orlando

Tu tombes dans le piège en parlant de "mass shooting" et en le mettant donc sur le même plan que des meurtres de masse comme ceux qui touchent régulièrement les écoles ou le drame qui avait touché une église luthérienne (de mémoire).
La libre circulation des armes pose problème, nous sommes d'accord, mais cela ne concerne pas tant que ça les attentats islamistes. Ces derniers s'en trouveront peut-être facilités (et aux US, les terroristes pourront sans doute se passer du soutien logistique) mais même dans les pays où la vente d'armes est interdite (ex : la France), les terroristes n'ont aucun mal à s'en procurer, justement grâce aux réseaux. Sans compter que les armes à feu ne sont pas indispensables pour commettre des attentats, un simple couteau suffit : ex : Magnanville ou encore le chef d'entreprise quoi avait été décapité par Yassin Salhi.

Je ne comprends pas trop ce passage :

Barney a écrit:

Il n'y a pas un message positif contre un message négatif, mais deux messages assez identiques en ce qu'ils sont totalement centrés sur les brittaniques eux-même, sans la moindre vision d'ensemble ou le moindre intérêt pour la chose commune européenne.

Le débat est très manichéen, au contraire, qu'on se place du côté des pour ou du côté des contre. Il est assez logique que les pro-Brexit centrent le débat sur les Britanniques puisque le référendum concerne la sortie du Royaume-Uni de l'UE, donc leurs arguments sont centrés autour des bénéfices espérés de cette sortie pour le Royaume-Uni. Les conséquences pour l'UE sont secondaires, je ne vois pas pourquoi les pro-Brexit s'en soucieraient (il y a d'ailleurs sans doute parmi eux une bonne partie qui espère que le Brexit fera imploser l'UE, afin de repartir sur de nouvelles bases). 
Concernant les anti-Brexit, l'un des princiupaux arguments, au contraire, se focalise sur les conséquences pour l'UE et là encore, c'est parfaitement logique puisqu'ils sont pro-Européens. J'ai noté, cela dit, une exception, mais elle est vraiment isolée : c'est Viktor Orban qui appelle les Britanniques à rester dans l'UE car il compte sur leur euroscepticisme pour réformer l'UE de l'intérieur. C'est un calcul politique. Pas sûr qu'il fonctionne.

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
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Re: Le fil des articles tout pourris

Je pense FDL qu'on est simplement pas d'accord sur la définition de ce qu'est un loup solitaire et de ce que cela implique. Le loup solitaire est celui qui agit seul sans soutien logistique ou ordre d'une chaine de commandement, autrement dit celui qui ne communique pas avec l'organisation pour passer à l'acte. Ca ne veut pas dire qu'il n'est pas influencé par leur idéologie, ça ne veut pas dire qu'il n'a pas accès à leur propagande et ça ne veut pas dire qu'il a créé sa propre idéologie, ni qu'il agit dans un but égoiste, je ne sais pas d'où tu sors ça. Ca veut simplement dire qu'il agit seul, ce qui rend plus compliqué le travail des services de renseignement. Les services de renseignement auraient pu intercepter les communications entre Merah et son opérateur qui lui a donné consigne de frapper des écoles et potentiellement l'ambassade de l'Inde à Paris. Les services de renseignement auraient pu choper des communications entre les Kouachi et leur contact en Syrie. Pareil pour Abaoud.

En revanche dans le cas d'Orlando, même si le mec a prêté allégeance à Daesh avant son action (ce qui n'a pas la moindre conséquence sur le fait qu'il s'agisse d'un loup solitaire ou non), c'est beaucoup plus difficile à détecter, puisqu'apparemment il n'a jamais eu le moindre contact avec qui que ce soit chez Daesh. Du coup, la seule chose qu'on peut trouver, c'est des consultations de sites internets ou la fréquentation de certains endroits, probablement fréquentés par pas mal d'autres salafistes. Ca rend plus compliqué le travail des forces de sécurité, surtout lorsqu'il s'agit d'anticiper un potentiel passage à l'acte. C'est très difficile de savoir quels sont l'état des préparatifs. C'est également plus difficile de judiciariser une affaire ou de remonter la chaine de commandement. Ca a des conséquences très pratiques, qu'on ne peut pas nier.

Keppel a écrit son texte à la lumière des attentats en France, qui il faut le dire n'ont quasi exclusivement pas été l'oeuvre de loups solitaires (et Abballa n'en est très probablement pas un). Mais la description de ce qu'il s'est passé à San Bernardino et à Orlando est tout à fait différente de ces actions. Pas d'entrainement à l'étranger, pas de communication avec qui que ce soit chez Daesh, pas de financement à travers qui que ce soit chez Daesh ou le banditisme, pas de complicités extérieures aux personnes qui ont commis ces massacres, pas d'appartenance passée à un réseau. On voit bien les différences. Tu peux faire fi de les ignorer, mais elles sont réelles.

Par ailleurs sur la comparaison avec les mass shootings, tu me sors un argument qui n'est pas très très loin de celui de la NRA. La réalité c'est que l'attentat d'Orlando est très compliqué à placer dans une seule catégorie. C'est effectivement un attentat comme on en a vu à Paris, mais c'est également une tuerie de masse en tous points identique dans le mode opératoire à ce qu'on observe régulièrement aux US. Donc si, la libre circulation des armes, dans le contexte américain, a beaucoup à voir avec les attentats islamistes, puisque les deux plus récents attentats y sont directement liés (et je pense que ça va continuer). Je ne sais pas à quel point il est facile de se procurer une arme à Paris pour commettre un attentat, mais cela suppose de disposer de complicités (qu'on peut essayer de surveiller) et surtout cela permet d'initier une action judiciaire, la seule qui permette de réellement mettre un terroriste hors d'état de nuire avant qu'il ne passe à l'action. Donc les situations sont plutôt différentes pour moi, tu ne peux pas l'ignorer au prétexte qu'il suffit d'un couteau ou d'une voiture à un terroriste pour qu'il tue des gens.

Pour finir, encore une fois, il n'y a pas de "théorie du loup solitaire". Juste un cas de figure, bien existant, où un individu est passé à l'acte sans avoir eu de contacts détectables avec l'organisation en question ou de soutien logistique. A partir du moment où on observe cette situation, on lui donne un nom, point. Refuser qu'une telle situation puisse exister pour des raisons  idéologiques (que je ne comprends pas trop d'ailleurs, je ne vois pas ce que ça change qu'il y ait ou non des loups solitaires), c'est refuser de regarder la réalité en face.

Pour le débat sur le Brexit, je ne suis pas certain d'avoir été clair. Pour moi les arguments des Pro-exit et Pro-remain ont été similaires sur un point : ils sont centrés sur les britanniques. C'est faux de dire que les pro-remain ont parlé des conséquences pour l'Europe, tant leur campagne est axée sur les bénéfices de l'UE pour le Royaume-Uni. Qu'il s'agisse purement de business pour les torries ou de droits sociaux pour le labour, les pro-remain n'ont pas parlé des avantages pour les Français, Allemands ou le "peuple européen", mais uniquement des conséquences pour les britanniques.

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Re: Le fil des articles tout pourris

Je pense que la lecture de cet article peut être éclairante sur les différents concepts de "loup solitaire" à "attaquant solitaire".

http://www.cf2r.org/fr/notes-actualite/ … itaire.php

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Re: Le fil des articles tout pourris

Non, en effet, nous ne sommes pas d'accord sur la définition. La tienne en reste au soutien logitique et à la chaîne de commandement alors que la mienne est plus large.

Du coup, la seule chose qu'on peut trouver, c'est des consultations de sites internets ou la fréquentation de certains endroits, probablement fréquentés par pas mal d'autres salafistes.

La "seule chose"... C'est déjà essentiel. Ne sous-estime pas le pouvoir d'influence des sites internet et plus encore les endroits fréquentés par des salafistes (essentiellement des mosquées, puisque tu ne l'as pas dit).

Keppel a écrit son texte à la lumière des attentats en France, qui il faut le dire n'ont quasi exclusivement pas été l'oeuvre de loups solitaires (et Abballa n'en est très probablement pas un).

Comme ton lien, d'ailleurs (texte écrit en janvier 2015). D'ailleurs, je dois avouer qu'il me laisse très dubitatif. Quand je lis ça par exemple :

"Les « loups solitaires » à proprement parler. Ces derniers ont des contacts avec des activistes, essentiellement via les réseaux sociaux."

Je me dis WTF. Un loup solitaire qui est en contact avec des activistes n'est pas solitaire, par définition. Il fait partie d'une meute... L'expression même de "loup solitaire" est d'ailleurs sujette à caution, car un loup fait toujours partie d'une meute. Mais je pinaille.

Mais la description de ce qu'il s'est passé à San Bernardino et à Orlando est tout à fait différente de ces actions. Pas d'entrainement à l'étranger, pas de communication avec qui que ce soit chez Daesh, pas de financement à travers qui que ce soit chez Daesh ou le banditisme, pas de complicités extérieures aux personnes qui ont commis ces massacres, pas d'appartenance passée à un réseau. On voit bien les différences. Tu peux faire fi de les ignorer, mais elles sont réelles.

Soit dit en passant, pour le réseau, on ne sait pas, puisque c'est le sujet de l'enquête, justement. La communication avec l’étranger ou la complicité restent encore à établir, tu t'avances beaucoup, quand même.
Mais là encore, tu en restes à la logistique ou la chaîne de commandement alors que tu négliges, il me semble, l’essentiel : l’appartenance à une mouvance (la meute) qui sert d'inspiration pour un but identique pour tous les terroristes : l'instauration du califat. C'est pourquoi Daesh parle de "soldats du califat".   
Ensuite, tu peux dire que ma définition est trop large. Peut-être. Mais pour moi, la tienne est trop restrictive.

C'est effectivement un attentat comme on en a vu à Paris, mais c'est également une tuerie de masse en tous points identique dans le mode opératoire à ce qu'on observe régulièrement aux US. Donc si, la libre circulation des armes, dans le contexte américain, a beaucoup à voir avec les attentats islamistes, puisque les deux plus récents attentats y sont directement liés (et je pense que ça va continuer).

Moui, enfin les tueries de masse sur ce même mode opératoire, tu en as partout dans le monde. Je sais très bien qu'aux US, elles s'en trouvent facilitées du fait de la libre commercialisation des armes (et je suis contre, donc contre NRA). Mais cela n'est pas suffisant pour réduire la tuerie d'Orlando à une tuerie de masse "classique" (désolé pour l'expression) qui touche les écoles américaines. Dans un cas, c'est l’idéologie qui prime, dans les autres, ce sont d'autres facteurs (nihilisme, coup de folie, vengeance...).

(que je ne comprends pas trop d'ailleurs, je ne vois pas ce que ça change qu'il y ait ou non des loups solitaires)

Cette théorie cède à la facilité et à la fatalité (c'est un loup solitaire, il a eu un coup de folie, c'est un déséquilibré, ça arrive)
en sous-estimant la puissance de l’influence de l'islamisme radical, au nom du padamalgam. C'est la raison pour laquelle Flanby, dans ses discours (mais il n'est pas le seul) ne nomme jamais l'islamisme. Le loup solitaire, dans ce cas, est très pratique.

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Re: Le fil des articles tout pourris

Article méprisant et suintant la haine d'un petit hystérique délirant qui ne supporte pas de voir que ce crétin de peuple dont il dénie d'ailleurs la légitimité voire l'existence n'a pas voté comme lui le voulait.
Tu voulais un exemple de haine du côté des anti-Brexit, Barney, le voilà (en plus de Quatremer(de) ).


Le Figaro a écrit:

Brexit : le coup de gueule de Gaspard Koenig


FIGAROVOX/TRIBUNE : Gaspard Koenig a appris le Brexit dans l'avion entre Londres et Paris. En colère, le philosophe libéral déclare qu'il hait les nations, les barbelés des frontières et propose l'indépendance de Londres.

Ancien élève de l'École Normale Supérieure, agrégé de philosophie, Gaspard Koenig est président du think-tankGenerationLibre. Son dernier livre, Le révolutionnaire, l'expert et le geek. Combat pour l'autonomievient de paraitre aux éditions Plon.

J'ai appris le Brexit sur un vol transatlantique à destination de Londres, où je réside depuis 6 ans. Le steward venait nous voir toutes les demi-heures pour nous donner des nouvelles: Brexit, Remain, Brexit… Puis le commandant de bord a pris la parole pour annoncer les chiffres officiels. Les passagers étaient plus livides que pendant les pires turbulences.

    Que les esprits cosmopolites du monde entier fassent de Londres leur pays, un pays libre, jeune, ouvert et prospère.

Comme souvent, le pays de l'Habeas Corpus nous offre une leçon de démocratie: une promesse électorale tenue, un référendum clair, une participation conséquente, un Premier ministre qui démissionne dans la foulée. Et une décision qui, aussi désastreuse qu'elle soit pour l'économie britannique, sera strictement mis en oeuvre. Tout le contraire du traitement du référendum français sur la Constitution européenne. La volonté des citoyens est respectée.

    Je hais les nations, épiphénomène sanglant de l'histoire humaine, et méprise les nationalistes.

La respecter n'empêche pas de la critiquer. En passant la frontière du Royaume-Uni à Heathrow, d'où les étoiles européennes disparaîtront bientôt, ma décision était prise: plier bagage. Quand 17 millions de personnes vous demandent de partir, il faut en tirer les conséquences. Une bonne partie des 300 000 Français vivant au Royaume-Uni fera probablement de même, de gré ou de force. Nous pensions vivre dans un pays ouvert, tolérant, respectueux des libertés. Or ces derniers mois, les incidents se sont multipliés: chauffeurs de taxi soudain agressifs, remarques sur l'accent, insultes murmurées. Ce référendum a fait ressurgir l'autre Angleterre, celle des hooligans et des Little Englanders. Cela semble méprisant? Oui. Je hais les nations, épiphénomène sanglant de l'histoire humaine, et méprise les nationalistes. La «souveraineté nationale», c'est un os à ronger lorsqu'on a perdu la seule souveraineté qui compte: celle de soi-même.

    La « souveraineté nationale », c'est un os à ronger lorsqu'on a perdu la seule souveraineté qui compte : celle de soi-même.

Qui se réjouit du Brexit? Le quarteron des blonds platines: Boris Johnson, Donald Trump, Marine Le Pen, Geert Wilders. On va recommencer à trier les humains en fonction de leurs livrets de famille et à les parquer derrière les barbelés des frontières. Le nativisme bat son plein. Et il ne rate pas sa cible: l'Europe avec tous ses défauts reste un projet libéral, kantien, visant à construire l'état de droit et le marché par-delà les différences culturelles. Oui à la démocratie, non au «peuple», fiction de romancier.

    Qui se réjouit du Brexit ? Le quarteron des blonds platines : Boris Johnson, Donald Trump, Marine Le Pen, Geert Wilders. Oui à la démocratie, non au « peuple », fiction de romancier.

Mais puisque l'on joue au jeu des sécessions, allons jusqu'au bout. Appliquons la logique des «communautés intentionnelles», comme on dit au Québec. Qui a voté pour rester dans l'Europe? L'Irlande du Nord, L'Ecosse, Londres. Et les jeunes (de manière écrasante: 75% des 18-24 ans, et la majorité des moins de 50 ans). Pourquoi ne prendraient-ils pas leur indépendance eux aussi? La charismatique leader du SNP, le parti indépendantiste écossais, a d'ores et déjà appelé à un second référendum pour l'Ecosse. Et une petition circule déjà en ligne pour faire de Londres un Etat autonome! Après tout, plutôt que de partir, pourquoi ne pas nous approprier Londres? «Take back control», qu'ils disaient. Chiche. Que les esprits cosmopolites du monde entier fassent de Londres leur pays, un pays libre, jeune, ouvert et prospère.

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/20 … koenig.php

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
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Re: Le fil des articles tout pourris

Savourez, c'est du BHL.

La Règle du jeu a écrit:


Etrange défaite à Londres

Dans ce texte paru dans le Monde du 25-26 juin, le directeur de La Règle du jeu analyse le sens historique du Brexit.

Ce Brexit, c’est la victoire, non du peuple, mais du populisme.

Non de la démocratie, mais de la démagogie.

C’est la victoire de la droite dure sur la droite modérée, et de la gauche radicale sur la gauche libérale.

C’est la victoire, dans les deux camps, de la xénophobie, de la haine longtemps recuite de l’immigré et de l’obsession de l’ennemi intérieur.

C’est, dans tout le Royaume Uni, la revanche de ceux qui n’ont pas supporté de voir les Obama, Hollande et autres Merkel donner leur avis sur ce qu’ils s’apprêtaient à décider.

C’est la victoire, autrement dit, du souverainisme le plus rance et du nationalisme le plus bête.

C’est la victoire de l’Angleterre moisie sur l’Angleterre ouverte sur le monde et à l’écoute de son glorieux passé.

C’est la défaite de l’autre devant la boursouflure du moi, et du complexe devant la dictature du simple.

C’est la victoire des partisans de Nigel Farage sur une « classe politico médiatique » et des « élites mondialisées » censées être « aux ordres de Bruxelles ».

C’est la victoire, à l’étranger, de Donald Trump (le premier, ou l’un des premiers, à avoir salué ce vote historique) et de Poutine (dont on ne redira jamais assez que la dislocation de l’Union Européenne est son rêve et, probablement, l’un de ses projets).

C’est la victoire, en France, des Le Pen et autres Mélenchon qui rêvent d’une variante française de ce Brexit alors qu’ils ignorent, l’un comme l’autre, jusqu’à la première lettre de l’intelligence française, de l’héroïsme français, de la radicalité et de la rationalité françaises.

C’est la victoire, en Espagne, de Podemos et de ses indignés de carton-pâte.

En Italie, du mouvement 5 étoiles et de ses clowns.

En Europe centrale, de ceux qui, ayant touché les dividendes de l’Europe, sont prêts à la liquider.

C’est la victoire, partout, de ceux qui n’attendaient que l’occasion de tirer leur épingle du jeu européen et c’est le commencement, par conséquent, d’un processus de délitement dont nul ne sait ce qui va, maintenant, pouvoir l’arrêter.

C’est la victoire de la foule de Métropolis sur le déjeuner des canotiers.

C’est la victoire des casseurs et des gauchistes débiles, des fachos et hooligans avinés et embiérés, des rebelles analphabètes et des néonationalistes à sueurs froides et front de bœuf.

C’est la victoire de ceux qui, à la façon, encore, de l’inénarrable Donald hurlant dans un claquement de moumoute jaune en guise de lasso : « we will make America great again ! », songent à mettre un mur, eux aussi, entre « les musulmans » et eux.

Cela pourra se dire en engliche, en rital, en franglais.

Cela va se dire en grognant, en cognant, en virant, en renvoyant à la mer, en interdisant de rentrer ou en proclamant bien fort le dérisoire et fiérot: « je suis Anglais, moi, Monsieur » – ou Ecossais, ou Français, ou Allemand, ou n’importe quoi d’autre.

Ce sera, toujours, la victoire de l’ignorance sur le savoir.

Ce sera, chaque fois, la victoire du petit sur le grand, et de la crétinerie sur l’esprit.

Car « les Grands », amis Britanniques, ce ne sont évidemment pas les « ploutocrates » et les « bureaucrates » !

Ce ne sont même pas ces « privilégiés » dont on rêve partout, ces temps-ci, comme chez vous, de voir la tête au bout d’une pique !

Et ceux que le Brexit a dégommés en dégommant l’appartenance à l’Europe, ce ne sont même pas, hélas, les « oligarques » dénoncés par les batteurs d’estrades !

Les grands, ce sont les amis et inspirateurs de la vraie grandeur des peuples.

Les grands, ce sont les inventeurs de cette chimère splendide, nourrie au lait des Dante, des Goethe, des Husserl ou des Jean Monnet, qui s’est appelée l’Europe.

Et ce sont ces grands-là que vous êtes en train de raccourcir.

Et c’est l’Europe comme telle qui est en train de se dissoudre dans le néant de votre ressentiment.

Que cette Europe ait pris sa propre part au procès de sa mise à mort, c’est vrai.

Que cette étrange défaite soit aussi celle d’un corps exsangue et qui se moquait de son âme, de son histoire, de sa vocation, que cette Europe que l’on achève fût moribonde depuis des années car incarnée dans des dirigeants ternes et déjà fantomatiques dont l’erreur historique était de croire que la fin de l’Histoire était advenue et que l’on pouvait s’endormir du sommeil du dernier des hommes pourvu que l’on ait lancé l’arrosage automatique, c’est certain.

Bref, que la responsabilité de la catastrophe incombe aussi à des politiques qui ont préféré, en fidèles auditeurs de leurs spin doctors et de leurs maîtres sociologues, caresser les événements dans le sens du poil de la non-Histoire, flûter les grondements des orages redoutés et s’enfermer dans une novlangue dont les mots ont toujours servi à taire plutôt qu’à dire, c’est, encore, une évidence.

Mais que la majorité du referendum d’aujourd’hui, et ceux qui l’applaudissent, ne viennent pas nous raconter qu’ils plaidaient, en secret, pour l’on ne sait quelle « Europe des peuples ».

Car ce Brexit ce n’est pas la victoire d’une « autre » Europe, mais de « pas d’Europe du tout ! ».

Ce n’est pas l’aube d’une refondation, mais le possible crépuscule d’un projet de civilisation.

Ce sera, si l’on ne se reprend pas, le sacre de l’Internationale grise des éternels ennemis des Lumières et des adversaires de toujours de la démocratie et des droits de l’homme.

L’Europe était, certes, indigne d’elle-même.

Ses dirigeants étaient pusillanimes et paresseux.

Ses professeurs étaient routiniers, et leur art de gouverner était alangui.

Mais ce qui vient en lieu et place de ce jardin des Fizzi-Contini, c’est une zone pavillonnaire mondialisée où, parce qu’il n’y aura plus que des nains de jardin, l’on oubliera qu’il y eut Michel-Ange.

Mieux : entre ceux qui se résigneraient à laisser pourrir ce monde dans les poubelles trumpiennes de la « grande Amérique » à guns et santiags, ou dans la fascination d’un poutinisme qui réinvente les mots de la dictature ou, depuis ce matin, dans la désolation d’une Grande Bretagne tournant le dos à sa propre grandeur, entre ceux-là, donc, et les contemporains d’une fournaise d’où sortirent les plus effroyables démons de l’Europe, il n’y a que l’épaisseur d’une vie d’homme.

Le choix est donc clair.

Ou les Européens se ressaisissent – ou ce jour sera celui d’une Sainte-Alliance des hussards noirs de la nouvelle réaction trouvant son baptême du Jourdain sur les bords de la Tamise.

Ou ils sortent par le haut, c’est-à-dire par des mots forts doublés par un acte majeur, de cette crise sans précédent depuis 70 ans – ou, dans le large spectre que couvrent les langages pré totalitaires modernes et où la grimace le dispute à l’éructation, l’incompétence à la vulgarité et l’amour du vide à la haine de l’autre, c’est le pire qui surgira.

http://laregledujeu.org/2016/06/25/2945 … a-londres/

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

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Re: Le fil des articles tout pourris

Article rance et nauséabond de l'Obs, pour abonnés mais on peut en lire suffisamment, qui attaque sous la ceinture en opposant homosexualité et fascisme (un homosexuel d'extrême-droite ne peut être qu'une aberration. Ah ?). Comme si l'un devait forcément exclure l’autre.

L'Obs a écrit:

Renaud Camus, des backrooms gays au "grand remplacement"

Qui se souvient que l'écrivain polémique, idole des fachos, était dans les années 1970 une figure de la cause homosexuelle et un auteur adoubé par la gauche intellectuelle ? Retour sur un parcours marginal, de Roland Barthes à Robert Ménard.

A l’Espace Champerret, Radio Courtoisie célèbre son anniversaire et Renaud Camus fait salle comble. "Le plus grand écrivain français d’aujourd’hui", s’enflamme le patron de la station, Henry de Lesquen. […] Ce dimanche 12 juin, Renaud Camus vient donner une "causerie" sur son thème fétiche, "le grand remplacement", thème qui lui vaut la popularité d’un Drucker dans les cénacles avant-gardistes de l’extrême droite.

Résumons : la France est colonisée par "l’empire arabo-musulman", le "peuple français indigène" risque de disparaître, submergé par des hordes de "néo-Français", nos gouvernants sont des "collabos" et "le ramadan est le Festival de Cannes de cette colonisation – on voit nos collaborateurs s’empresser dans les mosquées". Icône facho, acclamée ici à Paris, ou quinze jours plus tôt à Béziers, lors des rendez-vous de la droite dure, organisés par Robert Ménard. […]

La bouillie xénophobe de Renaud Camus

Henry de Lesquen n’a bien sûr pas tout dit de l’œuvre de Renaud Camus. Il ne s’agirait pas de brusquer les auditeurs de Radio Courtoisie, parmi lesquels beaucoup de militants de la Manif pour tous, catholiques pratiquants et fervents opposants au mariage gay. Lesquen lui-même ne se désole-t-il pas de voir le Front national transformé en "lupanar pédérastique" ?
Chroniqueur à "Gai Pied"

Passe encore que Renaud Camus "en soit", comme disaient nos arrière-grand-mères, passe encore qu’il l’assume. Mais savent-elles, ces belles âmes, les "horreurs" écrites par Camus dans sa jeunesse ? Savent-elles qu’il fut chroniqueur au magazine "Gai Pied", figure du milieu homo ? Ont-elles lu "Tricks", publié en 1979, récit circonstancié des rencontres d’un soir de Camus, au Palace ou dans les backrooms de Manhattan et du Sept ? […]

Ses "tricks", Renaud Camus les aimait velus, teint mat et cheveux noirs. Plutôt Omar Sharif que Helmut Berger. Ouvrons le livre au hasard. A la date du 28 avril 1978 :
"Il s’est étendu contre moi, déjà bandé. Son sexe était assez épais, ses fesses plutôt volumineuses, glabres, mais pas molles, […] Puis il m’a sucé le sexe, assez longtemps. J’ai sucé le sien […]

"Tricks" fait aussi sensation en raison de sa préface, signée Roland Barthes, que des exégètes liront comme un coming out déguisé. Prestigieux parrainage, pareil à un anoblissement, et qui vaudra longtemps à Camus la mansuétude de l’intelligentsia parisienne. […]

A la fête de Radio Courtoisie, Renaud Camus signe des dédicaces à côté de Bruno Mégret, ancien leader du Front national. Comment passer de Barthes à Mégret, d’Aragon à Ménard ? […] De "Gai Pied" à Radio Courtoisie, des libertaires radicaux aux conservateurs les plus rigides, des parades homos à San Francisco aux grand-messes de l’extrême droite à Béziers, le parcours de Camus interpelle, comme le reflet d’une époque qui a troqué les joies du LSD pour celles des week-ends en famille.

Favorable au mariage homo, mais sans enthousiasme, l’intéressé dit voir "une unité totale" entre tous ses textes. Amis et anciens amis, eux, identifient deux moments clés : le départ dans le Gers, en 1992, et surtout "l’affaire", en 2000, quand il fut accusé d’antisémitisme pour avoir critiqué dans son "Journal" la "surreprésentation" d’intervenants juifs dans une émission de France-Culture. D’anciens écrits ouvrent peut-être une autre piste. Résumons : Camus a eu dans sa vie deux obsessions : le cul et "l'invasion arabo-musulmane". Et s'il existait un lien entre les deux ?

http://tempsreel.nouvelobs.com/politiqu … ement.html

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Re: Le fil des articles tout pourris

FDL a écrit:

pour abonnés

MP.

Last edited by Isidore Barbeblanche (03-07-2016 21:30:21)

« gnagnagnagna » (FDL)
« gnagnagna google gnagnagna » (Pierre-L)

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Re: Le fil des articles tout pourris

Merci.

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
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Re: Le fil des articles tout pourris

Ça vole vraiment très bas...

L'Obs a écrit:

Aid el-Fitr : je suis français et musulman. Aujourd'hui, j'ai honte de mon pays

Par Béchir Bouderbala
Citoyen engagé

LE PLUS. Ce mercredi 6 juillet, les musulmans du monde entier ont célébré l'Aïd el-Fitr, soit la fin du Ramadan. Pour notre contributeur Béchir Bouderbala, français et musulman, c'est un moment de joie souvent rompu par la méconnaissance qu'ont ses concitoyens de sa religion. Explications.

Patriote, je le suis avec la vigueur et la nécessité qui s'imposent. Musulman, je le suis aussi, avec toutes les concessions que l'on peut parfois faire pour participer d'une culture et d'une génération nouvelle (décaler les prières quand on les fait, boire un verre d'alcool une fois de temps en temps...).



Mais il y a une chose laquelle j'aurais du mal à tergiverser, c'est le Ramadan.



Le ramadan : valeur refuge sociologique de l'Islam "de France"



Le ramadan est le mois dans l'année où les musulmans doivent s'abstenir de boire et de manger du lever jusqu'au coucher du soleil et ont aussi interdiction d'entretenir des relations sexuelles ou encore de fumer. Disons, pour faire simple, qu'il fait partie des piliers de l'Islam et que de ce fait il est fondamental pour tout bon musulman.



C'est ainsi, par exemple, qu'on a eu du mal à comprendre ces attentats abjects, ignobles de fanatiques à Médine. Historiquement et religieusement, ces attentats trouvent leurs racines dans la conception du ramadan qui fut considéré longtemps comme un mois de "djihad".



Les historiens rappelleront les nombreuses victoires musulmanes durant le ramadan, celle de Badr en 624 entre les partisans de Mahomet et une caravane marchande, la conquête de la Mecque en 630...



Sa pratique est vivement recommandée car elle permet de laver des pêchés et de "purifier l'âme". Le mois du ramadan permet aux pratiquants de mettre leur piété à l'épreuve et de renforcer l'appartenance à la religion. Avec notre modernité, l'aspect guerrier a disparu au profit, justement, de plus d'altruisme, de plus d'abnégation, de plus de respect et de plus de partage.



Avec le filtre que constitue la société française et certains tabous qui sont levés (celui de l'alcool, du tabac que l'on retrouve aujourd'hui aussi bien à Tunis qu'à Doha d'ailleurs), l'Islam modernisé, du moins l'Islam dit "de France" (qui existe déjà) s'est réfugié dans cette valeur du Ramadan.



Nos amis ne savent pas de quoi il s'agit, c'est regrettable



En plus du jeûne, il est de bon goût de lire la totalité du Coran soit au travers de récitations, soit au travers de lectures personnelles. L'essentiel étant de comprendre le texte. Mais je vous rassure, le Coran n'est pas un livre fermé pour qui n'a pas le teint basané.



Ainsi, vous pouvez aller dans n'importe quelle bonne librairie ou dans une bibliothèque sympa (ou à défaut demander à vos amis musulmans, vous en avez forcément et ils ont forcément un Coran) et tout un chacun peut lire, comprendre, et découvrir un pan de la culture mondiale non négligeable.



La société française de 2016  souffre d'un retard culturel immense sur ces questions parce que les "Textes fondateurs" lus au Collège ne sont pas complets, que la différence est toujours considérée comme une faiblesse. J'ai énormément d'amis qui me posent des questions, chaque année sur le ramadan, les deux fêtes de l'Aïd. Force est de constater qu'un étudiant en droit à la Sorbonne n'est, face à ce sujet, pas mieux placé qu'un éditorialiste bien connu ou qu'une caissière à Monoprix.



Un retard culturel qui se justifie... culturellement et politiquement



Ceci s'explique d'abord par la guerre d'Algérie, la spécificité de notre extrême-droite, notre fierté culturelle et notre difficulté à nous accepter la culture d'autrui (il suffit de voir notre niveau en anglais...).



Cette exception culturelle est une mauvaise chose, on peut très bien se sentir fier d'être Français tout en découvrant la culture d'autrui.



Le problème est d'ailleurs parfois bien plus politique que simplement culturel.



Quand en France, Alain Juppé attaque en justice un utilisateur de Twitter parce qu'il s'est moqué de lui dans un photomontage, Justin Trudeau au Canada fait une vidéo de trois minutes pour exprimer ses souhaits de bonheur et de réussite aux musulmans.







Aujourd'hui, quand au Canada Justin Trudeau fait de nouveau une vidéo, cette fois pour souhaiter Aid Moubarak, "Le Monde" ressort un article des Décodeurs intitulé "Quel est le poids de l'Islam en France ?", "Courrier International" s'interroge sur "Les rituels de l'Aïd El Fitr" et "Metronews" fait de même. Côté politique, c'est le mutisme complet.



Je me sens (pour une fois) honteux d'être français



Comment voulez-vous qu'un musulman français se sente Français ? Moi, aujourd'hui, je me sens pour une fois honteux d'appartenir à une nation qui ne reconnaît pas nos différences et qui se morfond dans une régression amère, dans une forme de médiocrité et une insuffisance intellectuelle. Ce n'est pas grand chose, en réalité... Ne pas souhaiter une fête, ça peut arriver à tout le monde.



Mais le problème soulevé est bien plus large... D'apprendre qu'un futur (peut-être) président de la République n'a pas lu le Coran est une aberration. D'apprendre qu'un simple citoyen ne s'est jamais intéressés aux différentes cultures nationales est aussi une aberration. Un peu d'ouverture d'esprit tout de même !



Je suis un musulman laïc qui a eu des cours de catéchisme, fête Shana Tova avec ses amis juifs, va au Dojo Zen avec ses amis bouddhistes. Et je n'ai pas honte de dire que j'ai pris le soin de lire la Torah, que j'aime les écrits athéistes de Bakounine ou d'Alain qu'il m'arrive de citer à foison.



Je ne vous en demande pas tant, mais qu'on se le dise, ce n'est pas parce que je ne bois pas de sirop d'érable que je n'ai pas le droit, qu'on me souhaite à moi aussi Aid Moubarak.



On est 5 millions de musulmans dites-vous ? Alors cette ligne communautariste, je la dédie à ces musulmans tous très différents mais qu'on met dans une même catégorie à longueur de débats. Et si on utilisait notre nombre et notre prétendue unité pour faire pression dans le bon sens ? J'aimerais bien qu'on s'accorde tous pour dire qu'on ne votera pour aucun candidat à la présidentielle ou aux législatives qui ne nous aura souhaité bonne fête de l'Aïd.



Moi en tout cas, c'est ce que je compte faire : si le respect de la culture d'autrui n'est pas une donnée politique fort, l'appel de l'électorat ne se refuse pas.

http://leplus.nouvelobs.com/contributio … -pays.html

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"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
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Re: Le fil des articles tout pourris

Bruno, quoi...

Challenges a écrit:

Victoire des Bleus et de Griezmann, défaite des Le Pen et Mélenchon
Bruno Roger-Petit

La victoire de la France face à l'Allemagne dans l'Euro provoque un moment de communion populaire que seul le football procure. Et comme tout est politique, cette victoire des Bleus et de Griezmann est aussi une défaite pour les archaïques et réacs de tous bords, de Le Pen à Mélenchon.

Tout est politique. Même le France-Allemagne de cet Euro 2016. Oui, ce match est un événement de portée politique majeure. Pas seulement parce que François Hollande s’affiche à chaque match des Bleus, non, cela va bien au-delà. En vérité, cette victoire contre l’Allemagne, ce moment où le football est roi, ne signe pas seulement la victoire de Griezmann et des Bleus, il signe aussi la défaite des Le Pen, Mélenchon, et autres archaïques de tous horizons, de gauche comme de droite, qui détestent le football qui rassemble.

On reprend, d’un point de vue politique, ce France-Allemagne de légende.

Nous sommes jeudi soir, le match est à peine terminé que déjà sur iTélé, Pierre-Louis Basse, la grande voix du foot des années Europe 1, en tire la conclusion politique qui s’impose. "Ce sont quand même des moments de fraternité chouette. On pourrait le dire", commence-t-il. Et de poursuivre, face à un interlocuteur qui s’étonne de cette sortie qui, d’un coup, associe football et politique, Griezmann et sociologie: "La politique elle nous rattrape toujours l’extrême droite par exemple, qui revendique ne pas aimer cet euro, on le comprend, parce que ces moments de fraternité, c’est fort. Des Irlandais qui boivent des coups avec des Italiens, c’est fort. C’est pas la guerre qu’on veut, c’est vivre ensemble, avec toutes nos différences". On salue ici le propos de Pierre-Louis Basse, qui situe impeccablement la dimension politique du football. Dans la société. Au cœur de la société. Et qui dit la vérité des heures que nous sommes en train de vivre, à travers l’épopée des Bleus de Didier Deschamps dans cet Euro.
"Une revendication sociale"

Arrigo Sacchi, le grand entraîneur du Milan AC et de la Squadra des années 90, eut un jour un mot formidable pour dire le rôle politique du football. "Le foot est une revendication sociale". Il entendait ainsi signifier que ce sport relève de l’identification, quel que soit le niveau et l’échelle où il est pratiqué. L’amateur de football projette son identité personnelle dans une identité collective, qui transcende les individus. L’histoire du football français, par exemple, en porte la marque. Clubs des villes communistes, avec Le Havre AC ou le Saint-Etienne des années Manufrance et Sanguedolce. Clubs des curés, avec l’AJ Auxerre et son stade qui ne s’appelle pas Abbé Deschamps par hasard. Club de l’industrie automobile, avec le FC Sochaux des Peugeot, dont l’emblème est un lion semblable à celui de la marque. Et l’on pourrait ainsi multiplier les références, en France où ailleurs, qui valide l’axiome de Sacchi.

Chaque fois qu’il faut fédérer une communauté, lui donner corps, rassembler et unir, on invente un club de football. Nécessairement, les équipes nationales n’échappent pas à ce phénomène. Et mieux encore, elles en constituent le climax. Le football ,c’est comme la Nation de Jaurès, c’est aussi le dernier des pauvres, ce qui rassemble encore quand on se sent exclu de tout.
Plus que la France Black-Blanc-Beur

Il fallait voir, ce jeudi soir, la foule venue sur les Champs-Elysées célébrer la victoire des Bleus, ce formidable rassemblement populaire dépassant les antagonismes, sans distinction de classe, d’origine, de culture et de couleur. C’était plus que la France Black-Blanc-Beur, la France de toutes les France. Et tout cela grâce à deux buts de Griezmann, deux arrêts de Lloris, un centre de Pogba, la hargne de Sissoko et une victoire contre l’ennemi héréditaire en football, l’Allemagne, terrassée à l'image de son géant gardien de but Neuer. Il n’y a que le football pour offrir de tels rassemblements populaires, de ces moments de communion fraternelle transcendant tous les clivages, toutes les oppositions, toutes les haines. C’est peu. Et c’est beaucoup. C’est ce qu’avait compris et traduit aussi un autre grand nom de l’histoire du football, Bill Shankly, qui disait: "le football n’est pas une question de vie et de mort, c’est bien plus important que cela".

Rédigeant ces lignes, on sait que l’on s’expose à la récrimination habituelle, cette sempiternelle rengaine des hostiles à la vertu fédératrice du football, qui rabâcheront, derrière les Finkielkraut et Zemmour, les Le Pen et les Dupont-Aignan, les Mélenchon et Nuit debout, que la France unie 2016 de Griezmann est une illusion, comme l’était la France Black-Blanc-Beur de 1998. Sauf que ce n’est pas le sujet. Il est des illusions nécessaires à la cohésion nationale, et le football est l’un de ces derniers vecteurs encore dispensateurs de vivre ensemble. « La revendication sociale », encore et encore. L’envie de vivre ensemble, encore et toujours. L’envie de descendre dans la rue pour une autre cause qu’un deuil national suite à des attentats ou des luttes contre un projet de loi porté par Manuel Valls. Célébrer la victoire contre l’Allemagne en demi-finale de l’Euro, c’est aussi affirmer, malgré tout, la volonté de vivre ensemble. De partager. De communier.

C’est l’époque, les grands moments de communion nationale ne sont plus inspirés par le souvenir du sacre de Reims ou le récit de la Fête de la fédération mais par une victoire de l’équipe de France contre l’Allemagne. Oui, c’est populaire, totalement populaire, absolument populaire, mais cela ne mérite ni mépris, ni opprobre.

Voilà pourquoi les identitaires n’aiment pas le football. Les souverainistes non plus. Les nationalistes encore moins. Et voilà aussi pourquoi à l’extrême gauche, on ne l’aime pas non plus. Les communistes aimaient et aiment encore le football, mais pas les mélenchonistes et les militants les plus farouches des gauches de la gauche, la rupture culturelle mérite d’être notée. Idem pour certains écologistes qui continuent de dénoncer le football, royaume de l’argent fou et des fausses valeurs, sans prendre en considération sa part de revendication sociale.
Ces personnes qui fêtent Knysna

Pour tous ces courants, le football est un ennemi parce que les valeurs qu’il emporte vont à rebours de ce que souhaitent ceux qui, à droite et à l’extrême droite, à gauche et à l’extrême gauche, jugent qu’il est utile à leur combat d’entretenir les oppositions et les divisions, les antagonismes et les ostracismes, les rancœurs et les haines. Ceux-là, le football ne les intéresse que dans la mesure où il sert leur dessein. Quand il génère des polémiques à n’en plus finir, divisant et clivant à l’infini, il est formidable. Mais quand il rassemble, c’est le drame. Plutôt Benzema que Griezmann. Plutôt Nasri que Pogba. Plutôt Ribéry que Giroud.

Voilà pourquoi Marine Le Pen et Eric Zemmour, Alain Finkielkraut et Michel Onfray, chacun pour la défense de leur chapelle respective, préféreront toujours une tragédie semblable à celle de Knysna, le naufrage de la Coupe du Monde 2010, à une victoire de l’équipe de France contre l’Allemagne dans l’Euro 2016, ce grand moment de l’histoire du sport français.

Knysna, Ribéry et Evra à la dérive, Domenech à la ramasse, c’était formidable, qui permettait aux uns de dénoncer les ravages politiques et culturels engendrés par l’immigration, les petits caïds, les voyous, l’insécurité culturelle, et aux autres de stigmatiser les milliardaires mal élevés du football, le foot opium du peuple, la sous culture qui abrutit les masses… Divisons, divisons, il en restera toujours quelque chose…

Avec le France-Allemagne de cet Euro 2016 se clôt une décennie de malheurs et de heurts autour des Bleus, prétexte à tous les déchaînements possibles des mélancolies françaises. Pour tous ces gens-là, archaïques et réactionnaires de tous horizons, le génial Griezmann, le probable successeur de Kopa, Platini et Zidane est une malédiction. Les Français peuvent encore s’aimer grâce au football. Que la défaite est cruelle...

http://www.challenges.fr/france/2016070 … nchon.html

Pour mémoire :

http://img15.hostingpics.net/pics/167170BRP.png

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
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Re: Le fil des articles tout pourris

Craignez, oui, craignez les attaques des "vieilles dames qui font pchiii" !
Je pense qu'on devrait les ficher S.

Libération a écrit:

A Nice, la crainte d’une nouvelle montée de haine

La communauté musulmane redoute les effets pervers de l’attaque du 14 Juillet, dans cette ville où cohabitent bon an mal an de nombreux habitants issus de l'immigration et des groupuscules identitaires.

La terrasse du First est presque pleine. La prière du samedi soir s’achève dans la salle voisine, et les habitués du quartier s’installent pour un thé à la menthe. Le snack, sur une place au pied des barres d’immeubles, est le point de ralliement pour manger un morceau, discuter surtout. Plus personne ne regarde l’écran de télévision à l’intérieur, bloqué depuis la veille sur les chaînes d’info en continu. Le profil de Bouhlel, les habitants du Bateco le connaissent déjà : l’auteur de la tuerie du 14 Juillet a vécu ici pendant plusieurs années avec sa femme, avant leur séparation.

Depuis l’attaque, ce quartier du nord de la ville, plutôt tranquille d’ordinaire, subit l’assaut des médias de toute la planète (lire aussi page 7) qui filment chaque recoin, questionnant tout le monde sur le tueur, sur sa famille, ses habitudes… Mais rarement sur la douleur des habitants du secteur, où plusieurs personnes ont aussi perdu des proches. «On est tous victimes, veut rappeler Mourad. Je suis niçois et très touché par ce qui s’est passé.» Dans la journée, le trentenaire est descendu sur la promenade des Anglais pour se recueillir en mémoire des morts. «A un moment, une vieille dame m’a regardé et m’a lancé un "pchiii".» Le débat s’oriente sur la suite des événements : avoir peur d’être désormais montré du doigt ? «Je n’ai peur de rien, tranche Lhassan. On n’a rien à voir avec ça, on est nés en France. Je ne pense pas que Nice soit une ville où les gens pourraient faire n’importe quoi et cibler une communauté. Les politiciens voudraient bien, mais cet amalgame ne marchera pas avec la plupart des gens.»
«Aucune pitié»

Jusqu’à présent, la cohésion de la ville a tenu tant bien que mal, malgré un contexte propice aux heurts : face à une communauté importante issue de l’immigration, des groupuscules identitaires occupent le terrain politique depuis des années. L’une de leurs figures emblématiques des années 2000, Philippe Vardon, est aujourd’hui conseiller régional (FN).

Devant sa tasse de café, un vieil habitué du First, encore très choqué, ne veut pas croire que la stigmatisation va s’aggraver : «Une personne raciste, on peut la faire changer d’avis par des actes, grâce à la bienfaisance. C’est ce que nous dit l’imam.» Pour l’instant, c’est surtout le chagrin qui lui ôte la force de retourner sur la promenade des Anglais. «Pas avant deux ou trois mois, explique-t-il. Tous ces attentats, ça me serre le cœur.» Un homme à la table voisine se souvient des lendemains difficiles, des montées de haine qu’il faut subir à chaque attaque terroriste. «Déjà, après l’assassinat d’Hervé Cornara [un patron d’une entreprise de transport de l’Isère tué par Yassin Salhi l’an passé, ndlr], on m’a fait des réflexions du genre "est-ce que tu as des bombes dans ton colis ?"» Karim, un chauffeur de poids lourd au chômage, confirme : «Pour un musulman, ça va être un handicap de plus pour trouver du travail.» A Nice, l’auteur du massacre était lui aussi chauffeur-livreur. Il n’y a pas longtemps, une copine de sa mère, voilée, transportait un gâteau d’anniversaire dans le tramway. «Elle s’est fait agresser par un groupe de jeunes. Ils lui ont demandé si c’était une bombe et ont mis le gâteau en bouillie. Depuis hier, j’ai dit à ma mère de ne pas sortir de chez elle.»

Dans les Arènes de Cimiez, un quartier cossu de Nice, France et son amie Jeannine n’ont rien changé à leurs habitudes. Comme chaque dimanche, elles sont venues chercher de la fraîcheur à l’ombre des oliviers. Après l’attentat, elles espèrent du gouvernement plus de «sévérité et d’autorité» à l’encontre des «personnes qui ne se plient pas à nos lois et qui se rebellent contre le pays qui les héberge». Leurs cibles : les «Maghrébins» qui, à leurs yeux, «veulent dominer la France, faire leur loi». Bien sûr, de nombreuses personnes issues de l’immigration ont trouvé la mort jeudi, sur la promenade, et Jeannine veut éviter les «amalgames». Mais il est «très difficile de trier le bon grain de l’ivraie», dit-elle. Avant de plaider pour un «contrôle plus strict des frontières» et de n’avoir «aucune pitié» à l’encontre «du terroriste et de ses coreligionnaires». «Bah, il est déjà mort», pointe France. «Oui, mais il faut rétablir la peine de mort pour qu’ils aient une épée de Damoclès au-dessus de la tête», réplique-t-elle. France propose plutôt de rouvrir des «bagnes, comme à Cayenne».
«On ne peut rien dire»

Un peu plus loin, dans le parc, quatre retraités attendent qu’une place se libère sur le terrain de pétanque. Jacques, lunettes fumées et chemise ouverte au vent, serre les dents pour ne pas «dire ce qu’[il] pense vraiment». Avant de se lâcher quand on l’interroge sur le risque d’amalgame : «A 80 %, "ils" sont d’accord entre eux. Mais on ne peut rien dire parce qu’on se fait traiter de racistes !» Au bout du banc, sous sa casquette, Alain, 75 ans, tique un peu. «On n’est pas vraiment d’accord entre nous, plaide-t-il. Cette société est dans le creux. Ça finira par s’estomper mais ça laissera des traces.»

A Nice, cité composée d’une multitude de «villages» qui se fréquentent peu, c’est la promenade des Anglais qui fait le trait d’union. Jérémy, fonctionnaire de 34 ans, y repasse pour la première fois depuis le drame. Jeudi, pour renter chez lui, il a slalomé au milieu des corps. «J’ai regardé BFM TV pendant trente-six heures non-stop, raconte-t-il. J’ai beaucoup pleuré.» «C’est émouvant de voir les peluches des enfants, les gerbes de fleurs», soupire-t-il devant un des mausolées improvisés sur le front de mer. La «prom», pour lui, doit rester cet endroit «où l’on fait la fête». «Je veux en ramener des images positives», appuie-t-il. Les potentielles tensions entre Niçois l’inquiètent, mais Jérémy reste optimiste : «La plupart des gens sont solidaires, ils savent que c’est l’acte d’un fou et que ça dépasse l’entendement.»

http://www.liberation.fr/france/2016/07 … ne_1466816

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)