Topic: La question de la représentation et la crise de représentativité

Je voudrais revenir sur la question de la représentation et de la représentativité.

L'on entend de plus en plus dans les médias et l'opinion publique, tel un marronnier, le fait que nous sommes dans une crise à la fois de représentativité des élites politiques et de confiance de la part des citoyens vis-à-vis de ces dernières. Cela tendrait à affirmer que le député doit être "à l'image de" la population et non plus le représentant de la Nation. Dès lors, représenter signifierait traduire la diversité de la société.

Mais si nous partons du postulat de base selon lequel le représentant représente la Nation entendue comme cet être abstrait et collectif transcendant les appartenances particulières, la mise en place de quota est-elle légitime? La féodalité était fondée sur le principe de liens personnels tout le contraire de l’État moderne. On ne légifère pas pour le particulier puisque la loi est générale, abstraite et impersonnelle.

Quid donc des quotas au regard de cette définition de la représentation?

Re: La question de la représentation et la crise de représentativité

Il ne me semble pas que ce soit le fil le plus approprié pour cette discussion ô combien intéressante et essentielle.
J'avais écrit un long texte sur le sujet cet été et qui doit paraître dans un bouquin collectif de jeunes engagés à gauche. Pour aller vite, la conception de 1789 d'une nation fictive remplaçant le corps du Roi est une conception qui eu pour objectif d'établir une distance entre le peuple et ses représentants et de faire que certains corps du peuple (en l'occurrence, la bourgeoisie industrielle) s'accaparent le pouvoir comme s'il était lié à leur état de naissance. 1789 est pleine de contradiction, elle est à la fois libération et, comme l'écrivain le disait dans Le Guépard, empreinte de cette idée selon laquelle "Il faut que tout change pour que rien ne change".
Bref, dans le Préambule de 46, on en vient (enfin !) à une conception concrète du peuple : ce sont les travailleurs, les retraités, les chômeurs, les enfants, les femmes... Qu'il appartient tous de représenter et qui sont tous légitimes à revendiquer une part égale de la souveraineté nationale.
Telle est ma position sur la question de la représentation (d'ailleurs les deux sens : délégation et miroir ont toujours cohabité dans l'univers politique, il ne faut pas croire que nous modernes l'ayons inventé...).
Maintenant, je ne suis pas favorable aux dispositifs de discrimination positive pour un pays comme la France (c'est un bien autre débat aux E-U) parce que j'admets que l'égalité se construit et ne se décrète pas.
J'ai écrit très vite le soir mais voilà en quelques mots mon humble réponse à ta très légitime question. Discussion à poursuivre !

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Re: La question de la représentation et la crise de représentativité

J'avais préalablement posté mon intervention dans le fil sur le gouvernement Ayrault puisque l'on discutait de la question de la représentativité liée au rapport Jospin. Mais cela n'est pas un casus belli

Poursuivons la discussion...