Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

FDL a écrit:

Le redressement productif vu par Montebourg ou comment mettre en jeu 20 000 emplois sur un coup de tête

C'est atterrant.

Franchement, Montebourg ne sert à rien hormis jeter l'anathème régulièrement sur tel ou tel chef d'entreprise ou tel ou tel investisseur.

Cela en devient ridicule. Quant à investir nationalement dans Florange, j'ai bien peur que les risques pointés dès l'annonce de la création de la BPI ne se concrétisent très rapidement: pressions locales pour sauver les canards boiteux (d'ailleurs les responsables des collectivités locales font actuellement un intense lobbying pour être associés aux décisions de la BPI), sauvetage "politique" d'outils industriels plus ou moins condamnés à moyenne échéance (les errances passées du Crédit Lyonnais, de l'informatique française à l'école (Bull et Thomson), le semi-échec du minitel, la liste des projets colbertistes en relativement longues).

Et l'acier de Florange, loin des sources d'approvisionnement de minerais de fer venu du Brésil destiné à fournir une industrie automobile de l'Est qui va mal, très mal, c'est sauver une cause perdue...

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

Mittal se moque de la France et contrairement à ce qui est dit ici, le site de Florange, dans sa totalité, est rentable.

C'est justement pour cela que les éventuels repreneurs veulent reprendre tout le site et pas simplement la partie qui est moins rentable (parce qu'elle l'est) que les autres.

La menace de Mittal renforce justement, à mon avis, les propos de Montebourg, qui démontre en avoir des grosses comme ça.

Il a tout à fait raison de mon point de vue : cela permettrait de sauver un site opérationnel et rentable et de montrer à Mittal, qui a un passé chargé en termes de décisions anti-sociales, qu'on est prêt au rapport de force. Et si Mittal met en cause toutes ses activités en France, la France ne se laissera certainement aps faire non plus et l'on pourrait envisager nationaliser l’ensemble de la filière en France, en la privatisant par la suite à un groupe plus engagé dans le patriotisme économique.

Je trouve cela éminemment louable que l'Etat reprenne la main sur les dossiers que l'on avait laissé dans la période précédente sans gestion autre que communicationnelle et qu'à travers cela, on démontre avoir une véritable politique économique, quitte à engager le rapport de force avec les fossoyeurs de la vie de leurs salaréis dont ils ne font que peu de cas.

Et ce qui me choque et même m'énerve, c'est l'émotion qui accompagne un processus de rapport de froce avec des ultra riches qui n'ont rien à secouer de leurs salariés, et qu'on oublie sans une once d'empathie les centaines de salariés ainsi mis sur le carreau par des gens qui se goinfrent de milliards.

Last edited by OneAgain (26-11-2012 12:31:04)

Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

OneAgain a écrit:

Mittal se moque de la France et contrairement à ce qui est dit ici, le site de Florange, dans sa totalité, est rentable.

Ah. T'as une source?

La Croix a écrit:

ArcelorMittal met en avant les problèmes de surcapacités d’acier en Europe, évaluée autour de 25 %, et son plan « d’optimisation des actifs » , vise à arrêter les sites qu’il juge insuffisamment rentables. En juillet, seulement 16 hauts-fourneaux les 25 que compte le groupe en Europe étaient ainsi en fonctionnement, selon le directeur financier Aditya Mittal.

S'ajoutent les problèmes d'endettement spécifiques à Arcelor Mittal.

Reste donc à trouver un terrain d’entente avec ArcelorMittal sur la cession de la « filière chaude » de Florange, c’est-à-dire les hauts-fourneaux et l’aciérie, sans que cela apparaisse comme une nationalisation du site. D’autant que le groupe ne veut pas se désengager de la partie du site qui fabrique des aciers spéciaux.

« Le ton a changé et la négociation est très ouverte » , souligne une source proche du dossier. En Belgique, ArcelorMittal vient pourtant de dire non à une demande similaire : il a annoncé en début de semaine qu’il ne céderait pas deux de ses hauts-fourneaux, eux aussi déjà arrêtés, comme le demandaient les syndicats qui veulent créer un petit sidérurgiste indépendant avec l’aide des pouvoirs publics.

Vu la taille d'un tel sidérurgiste et son positionnement, il ne serait probablement pas rentable.

En juillet, un rapport rédigé par Pascal Faure, vice-président du conseil général de l’économie, à la demande du gouvernement, estimait que le site de Florange est « viable, rentable et fiable » , à condition d’y investir entre 400 et 500 millions d’euros. La création d’un site pilote de captage et de stockage de CO2, dont le coût est évalué à 650 millions d’euros, est également évoquée. Mais l’Europe, qui devait apporter 200 millions, a refusé en juillet de s’y associer, faute de rentabilité suffisante. Depuis, les discussions se poursuivent à Bruxelles.

Bruxelles aurait tort quand Montebourg a raison?..

La Croix encore a écrit:

Florange est l’un des derniers sites sidérurgiques français comprenant des hauts-fourneaux (voir encadré). Ils servent à produire l’acier brut à partir de minerai de fer et de carbone. C’est ce qu’on appelle la filière « à chaud » ou « amont ».

Elle comprend plusieurs étapes de production, toutes implantées à Florange : une usine d’agglomération, pour préparer le minerai de fer à haute température ; une « cokerie », pour cuire le charbon ; des hauts fourneaux, dans lesquels sont mélangés le fer aggloméré et le coke pour produire de la fonte liquide ; une aciérie, qui transforme cette fonte en acier brut (plaques épaisses, appelées brames ou rouleaux plus fin, appelés coils).

C’est une partie de cette filière qu’ArcelorMittal envisage de fermer. Selon le PDG du géant de l’acier, Lakshmi Mittal, cette phase amont est soumise à rude concurrence, car elle se trouve en situation de surcapacité sur le continent européen. Aujourd’hui, seule la cokerie de Florange continue de fonctionner, le groupe en ayant besoin pour alimenter en coke son usine de Dunkerque, dont la cokerie est trop petite pour faire tourner les trois fourneaux à plein.

UNE PHASE AVALE STRATÉGIQUE POUR ARCELORMITTAL
En revanche, le site de Florange comprend d’autres installations de traitement et de finition de l’acier, dite « filière aval » qui, elles, fonctionnent normalement. Il s’agit d’opérations (« électrozingage », « galvanisation à chaud », « étamage ») visant à rendre l’acier utilisable par les clients, notamment l’industrie automobile (avec un traitement contre la corrosion par exemple).

Ces activités sont alimentées par d’autres hauts-fourneaux du groupe, notamment ceux de Dunkerque, qui figurent parmi les plus importants d’Europe. Pour ArcelorMittal, elles sont stratégiques, car elles captent une part importante de la valeur ajoutée des produits et parce que Dunkerque ne possède pas ces lignes de finition.

Je veux bien tes sources et l'explication en quoi le site de Florange serait rentable? Si tu as des informations aussi sur la manière dont il est possible juridiquement d'imposer à un industriel de vendre la totalité d'un site alors qu'il souhaite en vendre une partie. Si tu as aussi des informations sur la manière dont Bruxelles va acceuillir une nationalisation, je suis preneur.

http://www.la-croix.com/Actualite/S-inf … -01-859368

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Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

Tous les syndicalistes affirment que ce site était rentable lorsque les décisions le concernant ont été prises.

Pour le reste, avec une prise de contrôle de l'Etat, suivie d'une revente à un opérateur privé, l'Etat peut faire ce qu'il veut et notamment obliger Mittal à vendre tout le site.

Faut-il rappeler que l'Etat fédéral américain avait quasiement nationalisé plusieurs entreprises au moment de la crise, notamment General Motors et AIG, deux énormes mammouth ?

Jusqu'à quand l'Europe résumera-t-elle sa politique à se lier les mains par rapport à ce que font les autres grandes puissances économiques ?

Nous devons pouvoir agir comme bon nous semble chez nous. N'en déplaire aux assoiffés de licenciements inappropriés qui se fichent de la vie de ces centaines et milliers de salariés et ouvriers qui se sont abimés la santé pour un salaire limité et que l'on veut mettre à la rue aujourd'hui.

Enfin un gouvernement qui se soucie d'eux autrement que pour profiter de leur situation afin de se faire une communication à bon comptes.

Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

OneAgain a écrit:

Tous les syndicalistes affirment que ce site était rentable lorsque les décisions le concernant ont été prises.

Une source effectivement très objective.

Les spécialistes du marché de l'acier et Bruxelles indiquent tous que le site n'est pas rentable. Notamment parce que les hauts fourneaux sont rentables quand ils sont à proximité d'un port. Ils ont tort? Et les délégués syndicaux CGT de Florange ont raison?

Franchement pour bien connaître le milieu syndical, j'ai de sérieux doute sur l'expertise des syndicats (hormis dans les instances nationales).

OneAgain a écrit:

Pour le reste, avec une prise de contrôle de l'Etat, suivie d'une revente à un opérateur privé, l'Etat peut faire ce qu'il veut et notamment obliger Mittal à vendre tout le site.

Hmmm, objectif de 3% de déficit et annonce de 30 mrds d'€ de réductions de dépenses, c'est certain le timing est merveilleux pour annoncer une nationalisation. Et pourquoi nationaliser uniquement ce site industriel? D'autres sites industriels ferment ou sont menacés, comment on sélectionne ceux qu'on nationalise?

OneAgain a écrit:

Faut-il rappeler que l'Etat fédéral américain avait quasiement nationalisé plusieurs entreprises au moment de la crise, notamment General Motors et AIG, deux énormes mammouth ?

AIG n'a pas grand chose à voir. Quant à GM, on en a déjà parlé au dessus dans ce thread et le sauvetage de GM s'est accompagné de restructurations inimaginables en France. Quoiqu'il en soit, cela n'a rien à voir: Arcelor n'est pas en situation de banqueroute, elle anticipe en fermant un site de production sur la totalité de l'outil industriel qu'elle a dans le monde. A la limite, elle agit pour ne pas être nationalisée dans le futur...

OneAgain a écrit:

Jusqu'à quand l'Europe résumera-t-elle sa politique à se lier les mains par rapport à ce que font les autres grandes puissances économiques ?
Nous devons pouvoir agir comme bon nous semble chez nous. N'en déplaire aux assoiffés de licenciements inappropriés qui se fichent de la vie de ces centaines et milliers de salariés et ouvriers qui se sont abimés la santé pour un salaire limité et que l'on veut mettre à la rue aujourd'hui.

Une usine fait un produit qui n'a plus de marché, elle le fait plus cher que d'autres sites, le site ferme. C'est terrible pour les salariés, mais plutôt que d'essayer de sauver des postes condamnés, il conviendrait peut être de sauver ces employés en leur permettant de se former à un autre métier.

OneAgain a écrit:

Enfin un gouvernement qui se soucie d'eux autrement que pour profiter de leur situation afin de se faire une communication à bon comptes.

Mais c'est de la pure communication. Montebourg fait la même chose que Sarko à Gandrange.

D'ailleurs, pourquoi le gouvernement donne l'impression de ne s'intéresser qu'aux grosses boîtes dont les salariés sont largement les moins à plaindre quand un plan de sauvegarde est engagé. En général, leurs indemnités de licenciement sont de plusieurs dizaines de milliers d'€ et ils sont souvent suivi pendant un ou deux ans par des cabinets spécialisés.

Les salariés de boîtes moyennes, les hordes de CDD et d'intérimaires dont le contrat n'est pas renouvelé, qui ne trouvent pas de nouveau contrat, le gouvernement (celui-ci ou le précédent) n'en parle quasiment jamais: c'est moins joli. Et pourtant, la forte hausse du chômage, ce ne sont pas les salariés d'Arcelor Mittal ou de PSA...

Enfin, je suis prêt à prendre les paris que Montebourg va montrer les dents et ensuite ne rien faire. Comme avec Peugeot à Aulnay en gros...

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Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

sabaidee a écrit:

Enfin, je suis prêt à prendre les paris que Montebourg va montrer les dents et ensuite ne rien faire. Comme avec Peugeot à Aulnay en gros...

Pardon, Montebourg a conditionné l'aide à la financière de PSA à la révision du plan de départ à Aulnay...

Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

OneAgain a écrit:

Pardon, Montebourg a conditionné l'aide à la financière de PSA à la révision du plan de départ à Aulnay...

Et, la fermeture du site est annulée?..

Que de la com', exactement ce que je disais.

Les Echos du 25 octobre a écrit:

Lors de la réunion tripartite tenue au ministère du Redressement productif entre les représentants de la direction, de l'Etat et des syndicats, la dimension même du plan -8000 postes -n'a pas fait, pour l'instant l'objet d'une baisse. « Nous sommes déçus de ce point, car Arnaud Montebourg avait laissé espéré des avancées sur ce plan », souligne Ricard  Madeira, délégué CFDT. Philippe Varin « n'a strictement rien cédé au gouvernement et le gouvernement en la présence d'Arnaud Montebourg n'a strictement rien demandé », a rajouté Jean-Pierre Mercier, délégué CGT.

http://www.lesechos.fr/entreprises-sect … 504184.php

CQFD: Montebourg n'a rien fait hormis faire de grandes envolées et pointer du doigt la famille Peugeot. Il en fait des caisses sur le sort de 8 000 salariés, alors que les pertes d'emplois "invisibles" (PME, intérims, CDD) se comptent en centaines de milliers et eux n'ont pas les commissions de reclassement, les cabinets d'outplacement, les indemnités des salariés de PSA ou d'Arcelor...

Et pendant que Montebourg pointe des boucs émissaires, on n'avance que pouic sur les secteurs d'avenir, l'innovation, la R&D... etc.

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

Juridiquement l'Etat peut exproprier. C'est lourd et c'est cher, car il faut une juste indemnité pour le propriétaire, mais ça tombe bien on ne sait plus quoi faire de nos excédents.

Cela dit, je pense que le risque est principalement à la revente. Si personne n'en veut, qu'en fait l'Etat (qui déjà passe pour une bille) ? Sachant que s'il fait un prix d'ami, il y a à mon avis (mais je ne suis pas un spécialiste) un risque d'aide d'Etat devant être autorisée au préalable par Bruxelles.

"Moult a appris qui bien connut ahan"

Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

L'Etat veut pas vraiment du site mais il veut faire peur à Mittal.
A l'origine c'est lui qui ne voulait pas céder l'usine mais la fermer purement et simplement pour ne pas laisser à la concurrence une usine en état de marche.
La consommation d'acier augmente et augmentera dans le futur c'est pour ça que les syndicats disent que le site est rentable à mon avis et ils n'ont pas tort. Seulement produire en France c'est cher et, de l'avis de Mittal, ça n'en vaut pas le coup quand la demande est ailleurs.
Autant je comprends ce raisonnement, autant je trouve inacceptable de laisser volontairement sur le carreau des salariés pour protéger son pré carré et entraver la concurrence. En l'occurrence, je trouve que c'est bien joué de la part de Montebourg d'agiter le chiffon rouge de la nationalisation. A la fin, je parie sur une reprise par le russe ou par l'autre acheteur qui s'est manifesté.

"Je suis aussi perplexe qu'avant mais à un niveau beaucoup plus élevé."

Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

doublon

Last edited by Trèfle (27-11-2012 09:52:54)

"Je suis aussi perplexe qu'avant mais à un niveau beaucoup plus élevé."

Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

Trèfle a écrit:

L'Etat veut pas vraiment du site mais il veut faire peur à Mittal.

Et de quelles mesures dispose l'Etat hormis l'expropriation de tout ou parties des activités de Mittal en France?

Or, l'Etat n'a pas particulièrement des millions d'€ à consacrer au rachat de Florange ou de milliards à consacrer au rachat des activités françaises d'Arcelor. Quand bien même Bruxelles l'autoriserait, ce qui n'est pas gagné...

Trèfle a écrit:

A l'origine c'est lui qui ne voulait pas céder l'usine mais la fermer purement et simplement pour ne pas laisser à la concurrence une usine en état de marche.

Arcelor souhaite fermer son haut fourneau, la partie chaude de l'usine, qui fabrique les aciers les plus basiques, qui n'est pas du tout rentable. Mais ils souhaitent en revanche garder l'activité aciers spéciaux, la partie froide de l'usine, où l'on produit les aciers les plus techniques à forte valeur ajoutée. Il est probable que garder la partie froide évite qu'elle ne tombe dans les mains d'un concurrent, mais surtout elle est rentable.

Trèfle a écrit:

La consommation d'acier augmente et augmentera dans le futur c'est pour ça que les syndicats disent que le site est rentable à mon avis et ils n'ont pas tort. Seulement produire en France c'est cher et, de l'avis de Mittal, ça n'en vaut pas le coup quand la demande est ailleurs.

Fédération française de l'acier a écrit:

Au 1er semestre 2012, le Marché européen de l'acier a reculé de 10% par rapport au 1er semestre 2011.

La consommation d'acier n'augmente pas et rien n'indique qu'elle se rétablisse. Mais avant tout, il faut distinguer les types d'acier produits et leur localisation géographique, le haut fourneau de Florange produit un acier de faible technicité qui sert à fabriquer des carosseries d'automobile (d'où une usine dans l'Est à proximité des usines Peugeot). Or, le marché automobile s'écroule en Europe.

La localisation géographique de l'usine est aussi importante, pour faire de l'acier, il faut du fer et du charbon, on ne produit quasiment plus ni de fer, ni de charbon en Europe et il faut donc les importer (Brésil en général), ajouter 600 km de transport terrestre n'a aucun sens et c'est pour cela que seuls les usines sidérurgiques en bord de mer survivront (Dunkerque et Fos dans le cas Arcelor).

De plus, le marché européen de l'acier est en forte baisse. Et l'Acier est un produit qui s'exporte peu et si la demande mondiale d'acier se maintient, une usine comme Florange n'en bénéficie pas:

Fédération française de l'acier a écrit:

Tous produits et toutes qualités d'aciers confondus, les prix sur le marché français d'août 2011 à août 2012 sont en repli de 5,5%.

http://www.acier.org/menu-left/statisti … iques.html

Trèfle a écrit:

Autant je comprends ce raisonnement, autant je trouve inacceptable de laisser volontairement sur le carreau des salariés pour protéger son pré carré et entraver la concurrence.

Cela a l'air beaucoup plus compliqué que ça, il s'avère que Mittal investit fortement à Dunkerque et ferme les sites les moins rentables de l'Est de la France, c'est une décision stratégique avant d'être une décision d'entrave à la concurrence.

Trèfle a écrit:

En l'occurrence, je trouve que c'est bien joué de la part de Montebourg d'agiter le chiffon rouge de la nationalisation. A la fin, je parie sur une reprise par le russe ou par l'autre acheteur qui s'est manifesté.

Vu les handicaps dont souffre ce site de Florange, je ne suis pas certain que les sidérurgistes se pressent au portillon de la reprise, surtout s'il ne s'agit que de récupérer de l'acier bas de gamme.  Je ne suis pas certain qu'il y ait un acheteur potentiel quant à moi.

Après, à moyen terme, un ministre chargé de l'industrie qui tance publiquement des investisseurs étrangers et français, c'est inédit et ça va moyennement inciter les éventuels investisseurs à mettre leurs billes sur un pays dont les coûts de production sont élevés, dont la fiscalité n'est pas la plus basse et où le droit du travail est l'un des plus rigide au monde...

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

Mittal ne respecte pas la France : nous, députés, soutenons la fermeté de Montebourg

Modifié le 27-11-2012 à 11h18

À l’initiative de Philippe Doucet, député-maire d’Argenteuil, et de Laurent Baumel, député-maire de Ballan-Miré, 40 députés socialistes signent la tribune ci-dessous de soutien à la proposition du Ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, en faveur du contrôle public temporaire du site Arcelor Mittal de Florange.

Mittal ne respecte pas notre pays
Aujourd’hui, Mittal ne respecte pas notre pays. Par des conditions de reprise intenables, il empêche le gouvernement de trouver des repreneurs sérieux et voue à l’échec les tentatives de sauvetage de Florange et de ses emplois.



En 2006, Mittal a mené une OPA hostile pour absorber Arcelor, fleuron européen de la sidérurgie. Depuis, il n’a respecté ni ses engagements, ni la France. Le site de Gandrange a été fermé en 2009. Le site de Florange n’a bénéficié d’aucun investissement pour accroître sa compétitivité. L’industriel indien complète lui-même le tableau : il se livre aujourd’hui à un chantage à l’emploi en impliquant les autres sites français de production.



Nous, députés de la Nation, considérons qu’il est temps d’arrêter de considérer comme la seule qui vaille la parole d’un dirigeant industriel dont les intérêts ne sont manifestement pas ceux de la France, de son tissu industriel, de ses emplois.



Pallier les défaillances de l'industriel indien



Nous, députés de la Nation, affirmons que l’État fait son devoir en envisageant de pallier aux défaillances de l’industriel indien. Il est temps de sortir de la chimère d'une économie sans usine, sans machine, comme si l'immatériel pouvait remplacer le travail de l'ouvrier, du contremaître, de l'ingénieur et son savoir-faire.



Nous, députés de la Nation, considérons que la sauvegarde des 2500 emplois d’un site rentable dans une région malheureusement touchée depuis longtemps par la crise doit être une priorité de l’action publique.



Nous soutenons la position d'Arnaud Montebourg



C’est pourquoi, nous soutenons la proposition de contrôle public temporaire du site dans les conditions qu’Arnaud Montebourg a déjà évoquées publiquement notamment avec l’accompagnement d’un partenaire industriel.



Pour parvenir au sauvetage du secteur automobile américain, Barack Obama s’est appuyé, en 2009, sur une intervention publique forte dans un pays où ce type d’intervention ne s’inscrit pas dans l’histoire industrielle. Sa réussite prouve que c’est par une action pragmatique et non pas idéologique que l’on peut intervenir dans l’économie de la mondialisation. Cela ne remet pas en cause l’attractivité du pays et montre la détermination du gouvernement dans sa politique industrielle.



Le 22 janvier 2012, François Hollande déclarait dans son discours du Bourget : "Nous devrons montrer nos armes." En effet.





Les signataires :


Philippe Doucet, Laurent Baumel, Chaynesse Khirouni, Hervé Féron, Dominique Potier, Jean-Yves Le Déaut, Hugues Fourage, Corinne Narassiguin, Patrice Prat, Christophe Borgel, Christian Assaf, Jean-Paul Bacquet, Yann Galut, Julie Sommaruga, Arnaud Leroy, Christian Franqueville, Sébastien Pietrasanta, Vincent Burroni, Jean-Louis Destans, Nicolas Bays, Christophe Castaner, Joëlle Huillier, Eric Jalton, Stéphane Travert, Dominique Chauvel, Isabelle Bruneau, Monique Rabin, Laurent Kalinowski, Jean-Michel Villaumé, Martine Martinel, Estelle Grelier, Suzanne Tallard, Cécile Untermaier, Anne-Yvonne Le Dain, Olivier Dussopt, Sandrine Doucet, Chantal Guittet, Jean-Jacques Cottel, Catherine Troallic.

Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

OneAgain a écrit:

Nous, députés de la Nation, n'avons jamais travaillé, n'avons aucune compétences en matière de gestion d'une entreprise et serons les premiers à pleurer pour des investissements industriels.

Beaucoup plus significatif que 40 apparatchiks:

Le Monde a écrit:

Alors que le président d'Arcelor Mittal doit être reçu mardi 27 novembre à l'Elysée, Boris Johnson, le maire conservateur de Londres, a raillé les socialistes qui régissent la France comme des "révolutionnaire sans-culottes".

Au sommet du G20 de Los Cabos au Mexique, le premier ministre britannique, David Cameron, avait déjà dit vouloir "dérouler le tapis rouge" aux entreprises françaises qui refuseraient de payer les 75 % d'impôts que François Hollande s'apprêtait alors à instaurer.

"Les sans-culottes semblent s'être emparés du gouvernement à Paris", a cette fois déclaré M. Johnson lors d'une réunion de chefs d'entreprise en Inde. "Je n'ai aucune hésitation à dire ici, venez à Londres, mes amis", en français dans le texte, rapporte le Financial Times.

M. Johnson, qui n'a pas hésité à décrire la sculpture monumentale à l'entrée du parc olympique de Londres, réalisée par ArcelorMittal, comme un incompréhensible "liseron géant", choisit désormais de dire plutôt qu'il "symbolise la fusion et l'amitié entre l'Inde et Londres".

"N'ATTENDEZ PAS D'ÊTRE PERSÉCUTÉS"

Déclarant avoir été surpris de lire dans les journaux indiens, ce mardi matin, les accusations de mensonge et de chantage proférées par le ministre du redressement productif Arnaud Montebourg et ses souhaits de départ sous-entendus, alors que le groupe emploie 20 000 personnes en France, le maire de Londres invite le numéro un mondial de l'acier à se réfugier outre-Manche.

"Après la sortie de M. Montebourg – qui est vraiment en rogne avec ce qui se passe dans la zone euro, et on ne peut guère lui en vouloir –, n'attendez pas d'être persécutés par les sans-culottes à Paris", a conseillé M. Johnson. "N'attendez pas d'être mis dans les charrettes [qui servaient à transporter les condamnés à l'échafaud] par le régime de M. Hollande. Venez à Londres."

M. Johnson, qui se rendra également à Hyderabad et à Bombay, n'a pas tari d'éloges sur les investisseurs indiens au Royaume-Uni et insisté pour que les deux parties concluent un accord de libre-échange.

Il a également redit son inquiétude concernant les tentatives visant à restreindre l'immigration indienne à la suite des mesures prises par le gouvernement britannique pour réprimer des abus de visas d'étudiants. "Là où il y a une ambiance un peu rebutante, nous devons la dissiper pour mettre un terme à tout cela", a t-il assuré.

Déjà installé dans l'une des plus vastes et plus chères demeures de Londres, Lakshmi Mittal serait, selon le Sunday Times, le résident du Royaume-Uni le plus riche de tous les temps. Outre le mariage de sa fille au château de Versailles, son implication en 2002 dans un scandale lié au financement du Parti travailliste lui avait valu un surplus d'attention des médias.

http://www.lemonde.fr/economie/article/ … _3234.html

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

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Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

Hahaha ! On croirait qu'il va dégainer une arme.

http://md0.libe.com/photo/473306/?modified_at=1353975416&ratio_x=03&ratio_y=02&width=476

Ça pourrait faire un mème excellent.

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

La stratégie du gouvernement et du Président de la République a parfaitement fonctionné. L'objectif est atteint : il n'y aura pas de plan social à Florange. En augmentant la mise, médiatiquement, et en jouant le rapport de force en pointant la possibilité d'une nationalisation, Arnaud Montebourg a accru l'espace de négociation avec Lakshmi Mittal. 180 millions d'euros seront mis sur la table sur 5 ans pour moderniser le site. Une vallée économique est préservée. 638 emplois sont sauvés, 2000 sont préservés. Une telle solution n'était pas imaginable il y a à peine une semaine ; le site devait fermer. C'eût été des pertes d'emplois et d'activités locales induites, des pertes de savoir faire et de compétences. "Le rôle de Montebourg, c'est de faire du bruit utile pour les négociations", analyse Eddy Fougier, chercheur associé au CNRS. Arnaud Montebourg et son cabinet ont donc bien fait leur boulot. Il a payé de sa personne, il a "dépensé du capital politique" pour arriver à ce résultat.

Le résultat est raisonnable et à juste titre intermédiaire, entre l'inaction économique, le laisser-faire et la solution, ultime, d'une nationalisation. La question a manifestement été tranchée avec la hauteur de vue de Jean-Marc Ayrault à Matignon. Montebourg et tous qui l'ont soutenu dans cette affaire, savaient bien que nous n'en reviendrions à une telle extrémité (la nationalisation) que si et seulement si Mittal voulait totalement se défausser de ses responsabilités. Et par son audace, Montebourg a d'abord et avant tout rappelé Mittal à ses responsabilités, et à la table des négociations, lui qui a si souvent joué par le passé de promesses qui n'engagèrent que ceux qui les crurent.

Comme l'avait dit Théodore Roosevelt (l'autre Roosevelt, celui qui a dirigé les Etats-Unis au début du XXè siècle) : "parlez doucement avec un gros bâton, vous irez loin". L'affaire Mittal est la doctrine Roosevelt dite du "big stick" appliquée à la négociation de procédure collective.

Je vois une certaine presse déjà supputer "un désaveu de Montebourg par le gouvernement". Sauf que la question n'est pas de s'interroger sur la situation personnelle d'Arnaud Montebourg, mais plutôt celle des 680 emplois sauvés, voir les résultats d'une tactique médiatique pleine de risques pour Montebourg naturellement, mais qui a juste abouti au résultat souhaité. J'entends également les syndicats qui auraient préféré la solution ultime, celle de l’expropriation contre indemnisation. Ils jouent là une partie de leur rôle : celui de maintenir la pression afin que M.Mittal respecte ses engagements.

En sens inverse, la question des adaptations du site n'a pas été exclue des négociations. Le tissu productif français doit être préservé mais il doit aussi s'adapter aux défis qui se posent à ses divers secteurs.
Le secteur de l'acier a connu des mutations très importantes aux cours des 40 dernières années avec la montée en puissance des pays émergents (ou devrait-on dire "émergés"), la baisse des prix mondiaux, la baisse de la demande des pays occidentaux, la montée en gamme, la nécessité permanente de renouveler l'outil industriel. Mais si suppressions d'emplois il doit y avoir en parallèle à ces adaptations, cela doit se faire dans la protection de chacun. Ainsi, en l'espèce, il a été décidé qu'il n'y aura que des suppressions d'emplois par départs à la retraite non remplacés. Et plus globalement, je vous suggère cet article de chefs d'ETI du secteur sur le fond du sujet : http://www.latribune.fr/opinions/tribun … debat.html

Et si Mittal ne respecte pas ses promesses, tout le monde restera mobilisé et nul le reculera pour agir.
Et même si je sais que je suis suspect de subjectivité, ce matin je ne vois que des raisons de me réjouir.

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"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

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Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

Joli dessin de Vidberg, comme souvent :

http://vidberg.blog.lemonde.fr/files/2012/12/059_d%C3%A9mission.gif

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

Mouais, c'est un peu facile... Attendez 5 ans pour juger des résultats...

En tout cas, Montebourg a joué un rôle exceptionnel dans cette affaire. Il a rappelé avec force que l'Etat pouvait agir lorsque l'on se moquait de la France. Sa menace a permis de sauver des centaines d'emplois à Florange et depuis son entrée en fonction, il a sauvé plusieurs dizaines de milliers d'emplois. Il a des très grosses couilles et on a besoin de gens comme ça !

Ceux qui tiennent un discours affirmant qu'il n'y a jamais rien à faire oublient un élément essentiel : des entreprises meurent de problème temporaires qui, s'ils avaient été surmontés temporairement ou si une solution de reprise avait été trouvée à temps, pouvait revenir dans la course et se redresser après une réadaptation. Ces entreprises qui meurent alors qu'elles auraient pu être redressées à horizon d'un, deux, cinq ans, ce sont des destructions économique irréversibles, des destructions de compétences, des destructions de tissus sociaux qui auraient pu être sauvés. Donc son rôle consiste à aider les entreprises à franchir les mauvaises passes en attendant le rétablissement de leur activité. Sans cela, la perte est définitive, alors que de très nombreux exemples montrent qu'il est possible de sortir d'une situation difficile et de redresser des barres d'entreprises en difficulté.

Last edited by OneAgain (04-12-2012 13:52:34)

Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

OneAgain a écrit:

En tout cas, Montebourg a joué un rôle exceptionnel dans cette affaire. Il a rappelé avec force que l'Etat pouvait agir lorsque l'on se moquait de la France.

C'est marrant parce que la plupart des commentateurs s'accordent à dire que c'est plutôt Mittal qui s'en sort bien. Montebourg s'est fait désavouer sur le fond (nationalisation), comme sur la forme (l'alternative trouvée a été présentée par Ayrault).

OneAgain a écrit:

Sa menace a permis de sauver des centaines d'emplois à Florange et depuis son entrée en fonction, il a sauvé plusieurs dizaines de milliers d'emplois. Il a des très grosses couilles et on a besoin de gens comme ça !

Nan, mais sérieux, faut arrêter l’idolâtrie là: il n'a rien sauvé pour l'instant, les salariés eux-mêmes sont circonspects sur les promesses de Mittal. Quant au dizaines, centaines de milliers, que dis-je?, millions d'emplois sauvés... euh... Doux a fait faillite, PSA maintient son plan de fermeture d'Aulnay, Lejaby ferme toutjours et Mittal semble l'avoir emporté et surtout le chômage continue à monter.

S'il est trop tôt pour juger, pour l'instant en tout cas, il n'est guère convaincant.

OneAgain a écrit:

Ceux qui tiennent un discours affirmant qu'il n'y a jamais rien à faire oublient un élément essentiel : des entreprises meurent de problème temporaires qui, s'ils avaient été surmontés temporairement ou si une solution de reprise avait été trouvée à temps, pouvait revenir dans la course et se redresser après une réadaptation. Ces entreprises qui meurent alors qu'elles auraient pu être redressées à horizon d'un, deux, cinq ans, ce sont des destructions économique irréversibles, des destructions de compétences, des destructions de tissus sociaux qui auraient pu être sauvés. Donc son rôle consiste à aider les entreprises à franchir les mauvaises passes en attendant le rétablissement de leur activité. Sans cela, la perte est définitive, alors que de très nombreux exemples montrent qu'il est possible de sortir d'une situation difficile et de redresser des barres d'entreprises en difficulté.

Oui, enfin, y'a surtout plus d'entreprises qui ferment quand même parce qu'elles ont eu une mauvaise stratégie, de mauvais produits qui ne trouvent pas de débouchés ou parce que leur production est obsolète.

Aider certaines entreprises pourquoi pas? Les nationaliser même temporairement est encore différent mais pourquoi pas non plus?

Après dire qu'aider une entreprise permet nécessairement de la sauver, la longue liste des interventions très coûteuses de l'Etat dans le secteur marchand (Mauroy et le maintien sous perfusion des charbonnages de France, le Crédit Lyonnais, l'informatique à la française de Thomson dans les années 1980) amènent aussi la preuve que l'intervention de l'Etat ne sauve pas toujours une entreprise ou un secteur.

Mais effectivement, de telles interventions, comme celle de Sarko pour Alstom ont parfois du sens...

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

sabaidee a écrit:

Doux a fait faillite, PSA maintient son plan de fermeture d'Aulnay, Lejaby ferme toutjours et Mittal semble l'avoir emporté et surtout le chômage continue à monter.

S'il est trop tôt pour juger, pour l'instant en tout cas, il n'est guère convaincant.

Naturellement parmi le grand nombre de dossiers, il t'es loisible de ne te focaliser que sur les plus difficiles et les moins redressables. Mais il y a eu beaucoup de réussites, moins médiatisées...

Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

OneAgain a écrit:

Naturellement parmi le grand nombre de dossiers, il t'es loisible de ne te focaliser que sur les plus difficiles et les moins redressables. Mais il y a eu beaucoup de réussites, moins médiatisées...

Lesquelles?..

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

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Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

Greg a écrit:

La stratégie du gouvernement et du Président de la République a parfaitement fonctionné. L'objectif est atteint : il n'y aura pas de plan social à Florange. En augmentant la mise, médiatiquement, et en jouant le rapport de force en pointant la possibilité d'une nationalisation, Arnaud Montebourg a accru l'espace de négociation avec Lakshmi Mittal. 180 millions d'euros seront mis sur la table sur 5 ans pour moderniser le site.

C'est beau ce que dit Greg, comme toujours. Sauf que voilà, le Monde vient de se procurer une copie de l'accord secret sur Florange et il s'avère que sur les 180 millions d'euros d'investissements promis sur cinq ans, seuls 53 seront consacrés à des "investissements stratégiques".

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
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Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

Après avoir menacer Mittal de nationalisation, ça fait quand même pschit je trouve !

Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

630 emplois ont été sauvés. Que demande-t-on de plus, à part les jusqu'au boutistes gauchistes dont la droite agite d'ailleurs les arguments quand ça l'arrange en toute malhonnêteté intellectuelle ?

Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

OneAgain a écrit:

630 emplois ont été sauvés. Que demande-t-on de plus, à part les jusqu'au boutistes gauchistes dont la droite agite d'ailleurs les arguments quand ça l'arrange en toute malhonnêteté intellectuelle ?

Momentanément sauvés.

Dis? Tu me les indiques les dizaines de milliers d'emplois que Montebourg a sauvé de ses petits bras musclés avec ses grosses "cojones"?..

Last edited by sabaidee (04-12-2012 18:53:18)

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Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

Ceux qui critiquent Ayrault : Vous étiez pour la nationalisation ?

Cours d'économie Prep ENA
https://analysecoblog.wordpress.com/

Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

Rayan a écrit:

Ceux qui critiquent Ayrault : Vous étiez pour la nationalisation ?

Personnellement, non. Cela ne sert strictement à rien d'investir à fonds perdus dans des emplois qui étaient de toute manière condamnés depuis 2003 au moins. De manière générale, dépenser des milliards pour sauver des emplois, on fait ça depuis près de quarante ans et cela ne marche pas. En revanche, si l'on commençait à privilégier le sauvetage des salariés plutôt que de vouloir sauver les emplois, ce serait un grand pas...

En revanche, ce n'est pas la première fois que je ne comprends pas la méthode du gouvernement Ayrault: prôner quelque chose et revenir ensuite dessus, cela revient à 1) frustrer les ouvriers de Florange et 2) effrayer d'éventuels investisseurs étrangers. C'est comme les pigeons, comme la taxation des oeuvres d'art, comme la "liberté de conscience des maires", on ne sait pas trop où l'on va.

Last edited by sabaidee (04-12-2012 19:15:27)

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

Je suis assez d'accord avec toi sur le fond.

Pour ce qui est de la comm du gouvernement, l'alternative consisterait à ne pas laisser les ministres s'exprimer publiquement et à avoir le débat derrières des portes closes. Je préfère que toutes les options soient publiques et que sur cette base, le débat puisse avoir lieu dans le pays. Il faut assumer les contradictions. Ensuite, le PM et le PR tranchent. Mais je comprends que cette méthode froisse ou en inquiète certains qui préféreraient une parole plus autoritaire de l'exécutif.

Last edited by Rayan (04-12-2012 20:17:06)

Cours d'économie Prep ENA
https://analysecoblog.wordpress.com/

Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

Greg a écrit:

J'entends également les syndicats qui auraient préféré la solution ultime, celle de l’expropriation contre indemnisation. Ils jouent là une partie de leur rôle : celui de maintenir la pression afin que M.Mittal respecte ses engagements.

Ils jouent drôlement bien leur rôle, les syndicats. Sont plus vrais que nature, z'ont vraiment l'air fâché. (Mais bon, c'est que du faux, hein.)

Le Monde a écrit:

Florange : Edouard Martin déclare la guerre à Jean-Marc Ayrault

(...)

Malgré le froid glacial, on sentait Edouard Martin s'échauffer au fil des minutes, devant la presse qui buvait ses paroles. Que pense-t-il du retrait de la candidature d'ArcellorMittal du projet européen Ulcos ? "C'est un deuxième coup de poignard. La trahison continue, répond-il, la voix dure. On avait cru atteindre le comble du cynisme avec Sarkozy. Eh bien, on n'avait pas encore atteint le paroxysme ! On a deux ennemis maintenant : Mittal et le gouvernement !" Soudain, la voix d'Edouard Martin se casse. Il reprend, en ravalant des sanglots : "On a joué le jeu. On a voulu montrer à Paris qu'on pouvait être des partenaires. Ayrault, hier soir, n'était donc pas au courant de la trahison de Mittal ?", s'interroge-t- il, à nouveau saisi par la fureur. Puis il interpelle directement François Hollande : " j'en appelle au président de la République et je lui dis : est-ce que vous êtes tranquille avec votre conscience ?"

"IMBÉCILE OU COMPLICE"

Mais c'est le Premier ministre qui a eu droit aux coups les plus rudes d'Edouard Martin. "Il n'y a qu'Ayrault et les imbéciles pour croire [Mittal]. Soit Ayrault est un imbécile soit il est complice", a-t-il asséné, affirmant "regretter" d'être allé la veille à Matignon. (...)

(L'article entier sur le site du Monde.)

Ouch, être comparé à l'ennemi de classe proto-fasciste, ça doit faire mal ça.

"Moult a appris qui bien connut ahan"

Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

Pour tous ceux qui se mettent dans tous leurs états à propos de nationalisations partielles : http://lexpansion.lexpress.fr/entrepris … 64579.html

AIG, GM...: Les Etats-Unis sont-ils un exemple en matière de nationalisation?

Par Julie de la Brosse - publié le 12/12/2012 à 15:36

Alors que le débat sur les nationalisations fait rage en France, les Etats-Unis ont achevé mardi leur sortie du capital de l'assureur AIG avec un bénéfice net de près de 23 milliards de dollars. De quoi consacrer l'idée du sauvetage public des entreprises? Le cas GM incite à plus de prudence...

En plein débat français sur la possibilité de nationaliser ou pas le site ArcelorMittal de Florange, les Etats-Unis viennent de refermer avec succès la parenthèse de la nationalisation de l'ex n°1 mondial de l'assurance, AIG. Le trésor américain a en effet cédé mardi les dernières actions qu'il détenait dans ce groupe après en avoir possédé jusqu'à 92%. Ce qui porte à près de 23 milliards de dollars le gain net réalisé par les différentes entités publiques ayant participé à l'opération. Un succès peu évident au départ compte tenu des sommes engagées et de l'opprobre qui frappait l'assureur, ses dirigeants et sa stratégie. A tel point que le patron de la Fed, Ben Bernanke, ne cachait pas à l'époque sa colère d'être obligé de secourir un tel mastodonte "too big to fail".

Le sauvetage d'AIG en 2008 a en effet mobilisée le montant faramineux de182 milliards de dollars de fonds publics. Au final, après moult cessions et mises de titres sur le marché, le Trésor américain devrait gagner autour de 5 milliards de dollars - un chiffre qui pourrait encore varier en fonction du cours exact auquel le Trésor va se séparer des 234 millions d'actions - tandis que la Fed a déjà récupéré 17,7 milliards après la vente en septembre dernier du portefeuille d'actifs Maiden Lane III.
Ce que sont devenus les 700 milliards de dollars du TARP

Il y a maintenant un peu plus de 4 ans, les Etats-Unis adoptaient le plus grand plan de sauvetage de l'histoire, en injectant pas moins de 700 milliards de dollars pour éviter la faillite de nombreuses banques, compagnies d'assurances et entreprises en difficultés du pays. Pour savoir à quoi ont servi ces sommes, et si elles ont bien été remboursées par les 240 entreprises aidées, le site "Bailout Tracker" du site ProPublica.org procède à un suivi en temps réel du plan de sauvetage. A la date du 10 décembre, la perte s'élevait à 163 milliards de dollars, soit un peu plus de 1% du PIB américain.

"C'était controversé, c'était risqué, mais aujourd'hui on peut affirmer que le gouvernement a récupéré son argent", disait le mois denier Robert Willumstad, le patron d'AIG. Symbole des excès de Wall Street ayant mené à la crise, AIG avait été sauvé de la faillite en septembre 2008, au lendemain même de celle Lehman Brother, grâce à un prêt de la banque centrale (Fed), qui avait dû être complété par d'autres interventions des pouvoirs publics dans les mois suivants. La Fed avait assumé initialement le fardeau de ce sauvetage (85 milliards), avant que le département du Trésor ne prenne le relais pour en devenir le principal dépositaire.

Vivement critiquée pour ses prises de risques inconsidérées, notamment sur le marché des subprimes, l'assureur a fini par retrouver la voie de la rentabilité en 2010 - contre 100 milliards de pertes en 2008- après avoir diminué de moitié ses effectifs (116.000 contre 57.000 aujourd'hui), et cédé la moitié de ses actifs (1000 milliards contre 550 milliards aujourd'hui). On comprend que la surprise soit belle pour l'administration Obama, qui a pris la suite de l'administration Bush sur ce dossier. "Le sauvetage d'AIG est quelque chose que le gouvernement n'aurait jamais dû avoir à faire, disait encore récemment Timothy Geithner, secrétaire du Trésor américain, mais nous n'avions pas de meilleure option pour sauver l'économie américaine".

La nationalisation n'a toutefois pas fait que des heureux. A commencer par les assureurs concurrents, qui n'ont pas reçu un tel soutien public durant la crise (encore que les aides du Tarp ont été par ailleurs très généreuses). Même si elle s'avère une bonne affaire, la nationalisation-sauvetage réussie d'AIG ne convaincra donc pas les nombreux Américains qui s'insurgent contre ce type d'intervention publique contraire aux lois du marché. Et ce d'autant plus que le bilan de la nationalisation de General Motors est encore plus controversé, au point d'avoir été un thème de la campagne présidentielle américaine.
General Motors coûte cher au fisc

L'Etat fédéral US a en effet consacré quelque 50 milliards de dollars pour restructurer le géant automobile après l'avoir mis en faillite en 2009. A l'actif de ce portage public, le Trésor public affirme qu'il a permis de sauver plus d'un million d'emplois dans la filière. De plus, si GM est ressorti très amaigri de l'opération - tant en effectifs qu'en nombre de marques - il est aussi rapidement redevenu très rentable grâce à un coût du travail divisé par trois. Au point que le groupe a investi depuis 5 milliard de dollars dans des nouveaux projets et réembauché 15.000 personnes. Mais l'opération devrait être beaucoup moins favorable pour le contribuable américain.

La suite : http://lexpansion.lexpress.fr/entrepris … 64579.html

Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

Bien sûr, le gouvernement devrait prendre exemple sur les US, nationaliser Peugeot et s'occuper lui-même de virer x milliers de personnes. Montebourg n'a d'ailleurs que le souci de rentabilité en tête lorsqu'il brandit la nationalisation au visage d'industriels ramollis.

"Je suis aussi perplexe qu'avant mais à un niveau beaucoup plus élevé."

Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

Trèfle a écrit:

Bien sûr, le gouvernement devrait prendre exemple sur les US, nationaliser Peugeot et s'occuper lui-même de virer x milliers de personnes. Montebourg n'a d'ailleurs que le souci de rentabilité en tête lorsqu'il brandit la nationalisation au visage d'industriels ramollis.

C'est sûr que Renault n'a pas licencié à tour de bras en France et délocalisé un peu partout, même si l'ex-Régie est encore partiellement publique à 15%.

L'expansion a écrit:

De plus, si GM est ressorti très amaigri de l'opération - tant en effectifs qu'en nombre de marques - il est aussi rapidement redevenu très rentable grâce à un coût du travail divisé par trois. Au point que le groupe a investi depuis 5 milliard de dollars dans des nouveaux projets et réembauché 15.000 personnes. Mais l'opération devrait être beaucoup moins favorable pour le contribuable américain.

L'Etat américain a nationalisé temporairement, mais 1) il y avait toujours un marché pour l'automobile aux Etats Unis (ce qui n'est probablement pas le cas des aciers produits à Florange), 2) GM et consorts ont licencié à tour de bras, puis réembauché mais à des conditions nettement moins favorables que précédemment en termes de retraites et d'assurance maladie et 3) les US ont le privilège du dollar et peuvent parfaitement s'endetter pour racheter une entreprise (ce qui n'est pas le cas de la France assujetti à un certain nombre de règles en matière de déficits publics).

Comparaison n'est pas raison.

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Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

Assez marrant de voir Tapie s'acharner contre Montebourg en affirmant que ce dernier aurait voulu le mettre out sur la reprise de GHM (groupe hersant média)...

Je trouve plutôt normal que Montebourg se méfie de Bernard Tapie : un homme qui a mis sur le carreaux des milliers de salariés par le passé, qui a touché une très grosse somme (plus de 300 millions d'euros !) dans des conditions fort contestables (il y a quand même une procédure judiciaire contre Christine Lagarde ouverte à la Cour de Justice de la République pour cette affaire...) et qui a même fait de la prison ! 

Dans ce que dit Tapie, il semble que le cabinet de montebourg a voulu faire valoir plusieurs offres concurrentes... Dans ce genre de procédure, ça semble normal non ?

Nanard va utiliser ses nouveaux joujoux pour faire des campagnes politiques (et il commence déjà :-D).

Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

Je me permets un petit retour en arrière sur 2012, c'est toujours intéressant...

Greg sur Florange a écrit:

La stratégie du gouvernement et du Président de la République a parfaitement fonctionné. L'objectif est atteint : il n'y aura pas de plan social à Florange. En augmentant la mise, médiatiquement, et en jouant le rapport de force en pointant la possibilité d'une nationalisation, Arnaud Montebourg a accru l'espace de négociation avec Lakshmi Mittal. 180 millions d'euros seront mis sur la table sur 5 ans pour moderniser le site. Une vallée économique est préservée. 638 emplois sont sauvés, 2000 sont préservés. Une telle solution n'était pas imaginable il y a à peine une semaine ; le site devait fermer. C'eût été des pertes d'emplois et d'activités locales induites, des pertes de savoir faire et de compétences.

Le projet Ulcos semble sérieusement compromis...

Les Echos a écrit:

La Commission Européenne a présenté les 23 projets innovants d'énergie renouvelable qu'elle a retenu et qu'elle va co-financer pour 1,2 milliard d'euros. L'argent consacré à ces projets de démonstrations provient de la vente de quotas d'émission de CO2, si bien que « les pollueurs financent les innovateurs », s'est félicité Connie Heedegard, Commissaire européen en charge du climat. (...) Dans l'idéal, Bruxelles souhaiterait financer deux ou trois projets pilote dans la séquestration du carbone. Le projet Ulcos a donc encore des chances, mais compte-tenu de son mauvais classement de départ, ses chances sont nettement amoindries en 2013. A moins d'une forte pression politique sur Bruxelles. En tout cas, l'enveloppe d'aide risque d'être moins généreuse, s'il faut la partager avec d'autres programmes. « Oui, on peut dire qu'Ulcos a raté 264 millions d'euros de financement européen, et n'aura sans doute plus une telle opportunité », confirmait hier un responsable européen. En dépit de l'annonce par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault du renouvellement de son engagement et de celui d'ArcelorMittal sur le projet. (...)L'interview de Henri Blaffart, vice-président de la division acier plat carbone Europe chez ArcelorMittal : « Il était tout à fait clair que le projet Ulcos n'était pas prêt »

http://www.lesechos.fr/entreprises-sect … 521825.php

Greg sur Peugeot a écrit:

L'Etat de son côté doit prendre toute la mesure de son rôle de stratège et doit mettre PSA en situation de ne plus faire les erreurs stratégiques de la dernière décennie en associant les constructeurs aux grandes orientations énergétiques de la Nation française pour les prochaines décennies. Cela implique naturellement un amoindrissement de l'indépendance du constructeur dans ses choix, mais c'est pour PSA le prix d'une aide éventuelle des contribuables français à son redressement et c'est aussi le seul moyen de garantir le maintien de l'emploi industriel automobile sur le sol français.

Pour mémoire, l'Etat est actionnaire de 15% de Renault et plusieurs de ses représentants siègent au conseil d'administration de l'ex-Régie...

L'Expansion a écrit:

Après PSA, c'est au tour de Renault de tailler - drastiquement- dans ses effectifs. La direction du constructeur tricolore a annoncé ce mardi 15 janvier aux syndicats qu'elle prévoyait de supprimer 7500 emplois en France d'ici à fin 2016. Soit 14 % des effectifs français (45.000 personnes environ). Tous les secteurs seraient touchés : ingénierie, tertiaire, fabrication.

http://lexpansion.lexpress.fr/entrepris … 68719.html

A quoi auront donc servi les rodomontades de Montebourg?

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Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

Cela dit, les 7 500 suppressions d'emplois ne concernent (pour l'instant ?) que des départs en retraite et pré-retraites. Il n'y a pas de licenciements prévus. 
Ce qui permet à Montebourg d’être satisfait : http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2013/0 … isfait.php

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
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Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

FDL a écrit:

Cela dit, les 7 500 suppressions d'emplois ne concernent (pour l'instant ?) que des départs en retraite et pré-retraites. Il n'y a pas de licenciements prévus. 
Ce qui permet à Montebourg d’être satisfait : http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2013/0 … isfait.php

Evidemment, c'est très satisfaisant de penser que c'est à l'assurance-vieillesse, à l'Etat donc, qu'il conviendra de financer la restructuration industrielle de Renault.

Ton "pour l'instant" est très judicieux... Je trouve assez étonnant le décalage de réaction avec PSA, Arcelor et autres Petroplus.

Montebourg commence-t-il à comprendre des choses?

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Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

Je viens d'acheter une tablette Archos. Ca déchire.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

Android je suppose.

Quel modèle ?

Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

GEN101 XS.

Oui, Android.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
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Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

Merci.

Tu ne veux pas faire un fil spécial sur les tablettes (ou il y en a un et j'aurais oublié) ?
J'aurais des trucs à dire.

Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

Tu as celle-ci : http://forum-scpo.com/forum-scpo/topic1 … tiles.html ou celle-là http://forum-scpo.com/forum-scpo/topic9 … hones.html

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
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Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

Merci, j'ai répondu là
http://forum-scpo.com/forum-scpo/topic1 … tiles.html

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Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

Il paraît, selon Greg, que la situation économique de la France va mieux, que les lendemains qui chantent sont pour bientôt, que les indicateurs sont au vert, que la route droite en pente forte va se redresser (pour plagier Raffarin), en gros qu'on va bientôt être sauvés de l'Apocalypse, pauvres misérables pécheurs que nous sommes.
Je crois en Montebourg, Ministre tout-puissant, pourfendeur de Mittal et de Peugeot, et en Greg, son porte-parole unique, notre Sauveur, qui a été conçu du Saint Hollande, est né de la Vierge Royal, a souffert sous Sarkozy etc.

Le Figaro - AFP a écrit:

Goodyear veut fermer son usine d'Amiens

La direction de Goodyear a annoncé au cours d'un comité central d'entreprise qui se tient au siège français du fabricant de pneus américain, à Rueil-Malmaison, sa décision de fermer son site d'Amiens qui emploie actuellement 1250 salariés. 1173 postes sont menacés par cette décision.

Dans un communiqué, la direction estime que la fermeture de l'usine "est la seule option possible après cinq années de négociations infructueuses". La CGT a aussitôt appelé à la grève et à un rassemblement sur le site d'Amiens de tous les salariés de Goodyear en France le 12 février, date d'une nouveau Comité central d'entreprise où devraient être exposés les détails du projet.

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
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Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

FDL, ne caricature pas mon propos.
Je dis que depuis un moment maintenant (disons quelques mois) les chiffres sont meilleurs qu'avant, et meilleurs qu'attendus (à part peut-être les chiffres de la croissance du T4 américain, tombés hier). Pas que tout va bien.

Et pendant que tu t'agites (prop) contre tout ce que peut faire ce gouvernement depuis l'alternance, je trouve que les mesures prises vont dans le bon sens et que l'on sent en tout cas que tout le monde est au boulot pour faire avancer une politique vers des caps clairement définis. Réduction du déficit, mise en place de la BPI, Pacte de compétitivité, CICE (et son préfinancement), accords sur le marché du travail... Je vois d'ailleurs que d'autres mesures et d'autres consultations sont en cours. Par ailleurs, chaque dossier de plan social est suivi de près et le plus souvent, cela permet d'éviter des licenciements secs.

En ce moment, l'économie mondiale est un peu au milieu du gué. Nous sommes sortis des gros problèmes originels de la crise. Les Etats européens ont tous engagé les réformes qui leur permettent de revenir dans les clous de situations budgétaires acceptables. Les dévastations financières sont en passe d'être surmontées, tant sur les marchés (dans les cours) que dans les comptabilités des banques. Il reste encore certainement quelques inconnues dans les bilans, mais après un choc de désendettement mondial, ces derniers se sont globalement assainis. Mais la crise laisse des traces sur la croissance des pays développés, qui ont besoin de nouveaux relais de croissance pour repartir de l'avant. Nous avons en France beaucoup d'épargne. Il faut l'investir. Il faut des projets. Il faut que les Français bâtissent de nouveaux projets. Recherche, développement, innovation, créations d'entreprises, emplois. C'est à travers ces déterminants, qu'il faut inciter de toutes nos forces, chacun, chaque Français, à prendre des décisions économiques qui sont bénéfiques à leurs concitoyens. De ce point de vue, l'achat "made in France", le choix du consommateurs est aussi un levier dans la main de chaque citoyen pour orienter "l'agrégat global".
Nous sommes au milieu du gué mais il me semble de grandes décisions ont été prises, qui suscitent une certaine unanimité au sein des organisations syndicales, professionnelles et patronales

On peut toujours faire mieux et je suis sur que ce Gouvernement aimerait avoir des résultats le plus vite possible. Mais on inverse pas une logique en aussi peu de temps. S'il s'agissait d'un paquebot, lancé à pleine vitesse vers un iceberg, je dirais qu'il vient de s’arrêter. Il faut encore faire demi tour, mais déjà, le bateau semble être en voie d'être sauvé. Il connaîtra encore des remous, c'est certain, et à maints égard la remontée assez rapide de l'euro ces derniers jours/semaines (on est à 1,365$vs1€ aujourd'hui, c'est trop, particulièrement à un moment où toutes les banques centrales injectent des liquidités pour empêcher leur monnaie de monter et de freiner leurs exportations) pose des problèmes. Mais nous avons pour l'heure mis une fin à une politique complètement desaxée qui a miné pendant des années le moral et les grands déterminants de l'économie.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

Greg a écrit:

On peut toujours faire mieux et je suis sur que ce Gouvernement aimerait avoir des résultats le plus vite possible. Mais on inverse pas une logique en aussi peu de temps. S'il s'agissait d'un paquebot, lancé à pleine vitesse vers un iceberg, je dirais qu'il vient de s’arrêter.

Non, le gouvernement écoute l'orchestre...

BFM aujourd'hui a écrit:

Quelles sont les prévisions et les préoccupations de 100 grandes entreprises françaises ? L’Observatoire de BFM Business et le cabinet manageyourself apportent des réponses en livrant, ce vendredi 1er février, dans l’émission Good Morning Business, les résultats du "Baromètre des grandes entreprises 2013".

Cette enquête inédite s’est basée sur les réponses des grandes entreprises françaises du CAC40, du SBF120 ainsi que les grosses sociétés à capital familial. Elles ont été questionnées sur leurs perspectives d’activité, d’investissement, d’embauche et de rentabilité. L'originalité de ce baromètre et de séparer la France et l’étranger.

Les résultats marquent la défiance des grandes entreprises face à l’économie française : 19% seulement d'entre elles comptent en effet augmenter leurs investissements en France en 2013, alors qu’elles sont 62% à l’envisager à l’étranger. (...)

De même, en terme d’embauche, les grands groupes vont soit stabiliser leurs effectifs en France (45%) soit les diminuer (43%). Seule une faible part (12%) souhaite les augmenter. Les perspectives d’emploi à l’international sont en revanche plus favorables : 32% des entreprises comptent embaucher, et 44%vont maintenir le niveau de leurs effectifs.

La différence est aussi très nette concernant la rentabilité : 44% des entreprises pensent l’augmenter en France. Mais, concernant l’étranger, elles sont 75%.

Seule bonne nouvelle: tant dans l’Hexagone (51%) qu’à l’international (82%) les entreprises anticipent une hausse de l’activité dans leur secteur. "En France comme à l’étranger, il y a un socle d’activité", observe Emmanuel Lechypre.

La deuxième partie du baromètre, portant sur les préoccupations et priorités des entreprises, permet de mieux comprendre la défiance des entreprises face à l’économie française.

Ainsi, les contraintes fiscales et sociales constituent la première préoccupation des entreprises, 98% des sondées citant ce facteur comme une source de préoccupation. Les récentes hausses d’impôts ont en effet particulièrement touché les grands groupes et explique aussi leurs réticences à investir et à embaucher en France.

La poursuite du ralentissement économique (96%) est la deuxième grande source de préoccupation des entreprises, devant deux enjeux macroéconomiques, le taux de change euro/dollar (66%) et la crise en zone euro (64%). En interne, les grands groupes sont particulièrement préoccupés par les coûts de production (69%).

http://www.bfmtv.com/economie/exclusif- … 38126.html

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

Le gros problème est et demeure la gouvernance de l'euro. A 1.35 euro le dollar, on se tire une balle dans le pied. (élasticité prix de nos exports de 1.1 contre 0.3 pour l'Allemagne, on se demande à qui profite l'euro fort ? Et je parle du moyen terme, donc pas de l'effet valeur sur les imports)

Cours d'économie Prep ENA
https://analysecoblog.wordpress.com/

Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

Rayan a écrit:

Le gros problème est et demeure la gouvernance de l'euro. A 1.35 euro le dollar, on se tire une balle dans le pied. (élasticité prix de nos exports de 1.1 contre 0.3 pour l'Allemagne, on se demande à qui profite l'euro fort ? Et je parle du moyen terme, donc pas de l'effet valeur sur les imports)

Oui et non. Effectivement, US et Japon poursuivent une politique monétaire ultra-expansionniste. Certes, on peut les suivre sur ce terrain (et encore nos taux directeurs sont déjà très bas), mais concrètement, faire tourner la planche à billet aura un impact direct sur le taux d'inflation et sur le pouvoir d'achat des retraités, des fonctionnaires et des chômeurs (leurs revenus sont maintenant quasi-totalement désindexé de l'inflation).

C'est ambivalent en fait: l'inflation a aussi un impact rapide sur le pouvoir d'achat et qui n'est pas nécessairement positif, surtout si l'Etat entend se désendetter (en gros, cela revient à peu près au même que l'augmentation de la fiscalité, mais c'est moins visible). Quant à la non-élasticité des exportations françaises, elle est due notamment à des problèmes structurels (positionnement dans le commerce international, en gamme, manque d'innovation...etc) qu'on ne résoudra pas à court-terme j'en conviens.

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

sabaidee, ce raisonnement théorique est un peu "vieux" et inopérant ; il ne tient en outre pas compte de l'utilité dans certaines situations, d'un certain niveau d'inflation. Il est bon pour un cours de première année pour expliquer les grands principes des mécanismes monétaires, mais il est loin de la réalité.

Il est théorique et vieux (cette bonne vieille équation de Fischer...) mais il est en outre inopérant dans les circonstances actuelles puisque malgré les deux LTRO, les rachats de titres de dettes par la BCE (SMP en 2010, OMT depuis l'été 2012) les taux directeurs aux plus bas historiques (0,75%), malgré une augmentation importante du bilan de la BCE, l'inflation européenne est au plus faible, plus faible encore que ce qu'elle n'était avec des taux directeurs plus élevés. Autrement dit, l'équation de Fischer est beaucoup trop générale et ne tient pas compte d'un myriade de facteurs qui impactent à la hausse ou à la baisse le niveau général des prix.

D'autre part, l'économie européenne sort d'une période de déleveraging quasi-déflationniste. Croissance implique une certaine inflation, qui incite non seulement à consommer mais aussi à investir. Il ne faut pas dépasser 3% d'inflation, mais ce serait bien que l'on ait déjà 3% d'inflation. En ce moment on à un tout petit peu plus de 2%, ce qui est suicidaire pour une zone euro qui a besoin d'incitation à croître, qui plus est dans un contexte où toutes les Banques centrales du monde ont un comportement interventionniste, chacune à sa manière : Banque Populaire de chine, Fed, BoJ, BoE et même la Banque Nationale Suisse combattent l'élévation et favorise une sous-évaluation chronique (pour la BPC et la Fed), voire conjoncturelle (BoJ, BoE) voire même défensive (BNS).

Là encore, sur ce sujet, l'idéologie et la peur, la rigidité des statuts de la BCE empêche le pragmatisme, la réalité, et la prise en compte des stratégies des autres zones monétaires et de ce que nous sommes la seule zone à avoir abandonné une véritable prise sur le "jeu monétaire mondial"...

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

Greg a écrit:

sabaidee, ce raisonnement théorique est un peu "vieux" et inopérant ; il ne tient en outre pas compte de l'utilité dans certaines situations, d'un certain niveau d'inflation. Il est bon pour un cours de première année pour expliquer les grands principes des mécanismes monétaires, mais il est loin de la réalité.

C'est naturel, cette morgue suffisante ou tu la travailles?

Greg a écrit:

Il est théorique et vieux (cette bonne vieille équation de Fischer...)

Elle est toujours d'actualité, mais vu qu'il n'y a quasiment plus de marché du crédit, ce sont les bilans des banques centrales qui deviennent gigantesques. Or, à un moment, il faudra bien que BCE, BOJ, BOE et Fed stérilisent d'une manière ou d'une autre une partie de leur énorme bilan.

les échos a écrit:

La base monétaire de la Fed, de la Banque du Japon et de la Banque d’Angleterre a été multipliée par trois par rapport à son niveau pré-Lehman, alors que celle de la BCE a doublé.

Quand les banques auront fini de rembourser leurs dettes auprès de la BCE que crois-tu qu'elles vont faire de leurs réserves, les laisser dormir, alors qu'une inflation à 2,5% rogne leur épargne? Non, elles vont probablement chercher à les loger quelque part, ce qui aura un effet de bulle sur le marché qu'elles vont viser (immobilier? Matières premières agricoles? Actions et obligations d'entreprises?).

Greg a écrit:

mais il est en outre inopérant dans les circonstances actuelles puisque malgré les deux LTRO, les rachats de titres de dettes par la BCE (SMP en 2010, OMT depuis l'été 2012) les taux directeurs aux plus bas historiques (0,75%), malgré une augmentation importante du bilan de la BCE, l'inflation européenne est au plus faible, plus faible encore que ce qu'elle n'était avec des taux directeurs plus élevés. Autrement dit, l'équation de Fischer est beaucoup plus générale et ne tient pas compte d'un myriade de facteurs qui impactent à la hausse ou à la baisse le niveau général des prix.

Sauf que le taux d'inflation est aux alentours de 2,5% soit au-dessus de l'objectif de 2%. Mais surtout, il ne relance absolument pas la croissance.

greg a écrit:

D'autre part, l'économie européenne sort d'une période de déleveraging quasi-déflationniste. Croissance implique une certaine inflation, qui incite non seulement à consommer mais aussi à investir. Il ne faut pas dépasser 3% d'inflation, mais ce serait bien que l'on ait déjà 3% d'inflation. En ce moment on à un tout petit peu plus de 2%, ce qui est suicidaire pour une zone euro qui a besoin d'incitation à croître.

Là tu nous es dans le fantasme, le fait est que la baisse des taux et les programmes de création monétaire enclenchés par la BCE n'ont aucun impact sur la croissance car les banques ne prêtent plus d'argent et ne font plus face à une demande de crédits des investisseurs privés (particuliers et entreprises).

Que le taux d'inflation soit à 2 ou 3%, le fait est (et je me répète), les fonctionnaires, les pensionnés et les chômeurs dont les revenus sont désindexés de l'inflation subiront une perte de pouvoir d'achat à peu près équivalente. Je ne dis pas que c'est bien ou mal, je ne joue pas à faire peur, je dis simplement qu'avec 2,5% d'inflation, si tes revenus n'augmentent pas, tes revenus baissent réellement de 2,5%.

Admettons que l'on atteigne 3% d'inflation, dans quel monde vis-tu pour croire que fonctionnaires, retraités, personnes au RSA, au chômage ou étudiants boursiers ne vont pas demander un ajustement de leurs revenus au taux d'inflation? Qui entraînera à son tour de l'inflation etc.

Je ne dis pas que l'inflation est mal (c'est ce que je dis depuis le début), mais qu'en revanche, ce n'est pas un phénomène magique et neutre qui amène automatiquement de la croissance (demande aux japonais si la création monétaire amène nécessairement de l'inflation et de la croissance)...

greg a écrit:

Là encore, sur ce sujet, l'idéologie et la peur ont remplacé le pragmatisme, la réalité, et la prise en compte des stratégies des autres zones monétaires...

Ouais, la BCE c'est rien que des peureux cons et ils n'ont pas compris que toi t'as tout compris. D'ailleurs, c'est uniquement pour t'embêter et embêter Hollande qu'ils essayent de maintenir l'inflation à un taux raisonnable....

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

Sus aux voyous, le chevalier blanc Montebourg est de nouveau à la charge !

http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2013/0 … mittal.php

100

Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

Mon dieu, la honte... (cf les deux derniers paragraphes de sa lettre) : http://www.liberation.fr/economie/2013/ … tan_883268

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)