Topic: Wolfgang Schauble et Angela Merkel, fossoyeurs de l'Europe
Grèce: "pas besoin" d'une participation des créanciers publics (Schäuble)
Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a estimé jeudi que les créanciers publics de la Grèce n'avaient "pas besoin" de contribuer davantage à son sauvetage en participant à l'effacement d'une partie de sa dette.
"Il n'y a pas de besoin pour le secteur public de participer davantage", a expliqué M. Schäuble lors d'un entretien à la télévision n-tv, soulignant qu'un prêt de 110 milliards d'euros avait été accordé à Athènes en mai 2010 par ses créanciers publics et qu'un autre prêt était en cours de négociations, contre certaines conditions.
Les créanciers privés "ont gagné suffisamment avec les taux" élevés sur les obligations grecques, et doivent maintenant accepter des pertes, a-t-il justifié, alors que les négociations entre la Grèce et les banques et fonds d'investissements sur une réduction de sa dette, une des condition au versement d'une aide supplémentaire au pays, n'ont toujours pas abouti.
La Banque centrale européenne (BCE) notamment est appelée par certains à accepter des pertes sur les obligations grecques qu'elle détient, pour partager cette charge avec les créanciers privés, ce qu'elle refuse.
"La BCE a pris ses responsabilités en toute indépendance" et "fait en sorte que les liquidités ne manquent pas", a déclaré M. Schäuble, en référence au prêt géant sur une période de trois ans qu'elle a accordé aux banques de la zone euro en décembre. Et ce tout en continuant à respecter l'objectif d'inflation qui lui a été fixé, a-t-il souligné.
Il a une nouvelle fois insisté sur le fait que les pays en difficulté de la zone euro ne doivent pas compter sur la seule aide extérieure mais réaliser les réformes structurelles nécessaires pour se sortir de la crise et a adressé un satisfecit à l'Italie qui, depuis le changement de gouvernement à sa tête, a agi dans le bons sens selon lui.
En fin de matinée, le patron de la première banque allemande Deustche Bank, Josef Ackermann, a déclaré qu'un accord était "très proche" entre le gouvernement grec et ses créanciers privés
C'est une question de "jours ou de semaines", a-t-il déclaré, répétant des propos tenus vendredi dernier au forum économique mondial de Davos.
M. Ackermann, l'un des patrons du lobby bancaire international IIF, qui représente le camp des créanciers privés dans les négociations pour un effacement partiel de la dette publique d'Athènes détenue par le secteur privé, a indiqué qu'une décote de "70% ou plus" sur la valeur de leurs obligations grecques était désormais en jeu pour les banques.
après :
Merkel soutient l'adoption de «Deutschlandbonds»
Par Patrick Saint-Paul
Publié le 17/01/2012 à 19:18La chancelière allemande Angela Merkel.
Berlin précise que les obstacles à une mutualisation de la dette dans la zone euro n'existent pas au sein de l'Allemagne.
La chancelière allemande a la solidarité sélective. Angela Merkel ne veut pas entendre parler d'eurobonds, qui permettraient à l'Italie d'emprunter moins cher en profitant du AAA allemand. En revanche, la chancelière vient d'apporter son soutien à l'adoption de «Deutschlandbonds», des bonds allemands visant à gommer les disparités entre les Länder les plus riches et les plus pauvres.
La chancelière veut permettre un refinancement moins coûteux pour les Länder. Les États-régionaux aux finances les plus fragiles, tels que le Schleswig-Holstein, empruntent à des taux d'intérêt bien plus élevés que la riche Bavière ou que l'État fédéral. Le ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, propose de mutualiser la dette des États-régionaux allemands en échange d'un engagement des Länder de réduire leur endettement à 60% de leur produit intérieur brut.
«L'idée de Wolfgang Schäuble de proposer des incitations et, dans une certaine mesure, des récompenses pour réduire le niveau d'endettement est très intéressante», a jugé Merkel.
Berlin précise que les obstacles à une mutualisation de la dette dans la zone euro n'existent pas au sein de l'Allemagne. En septembre, la Cour constitutionnelle de Karlsruhe avait jugé les eurobonds contraires à la loi fondamentale et aux traités européens.
La stratégie allemande est claire : mettre les autres Etats européens sous pression extrême pour les affaiblir, et profiter au maximum de l'euro fort pour imposer leur modèle d'exportation (dont 65% s'oriente vers l'Europe...) afin de tirer le meilleur parti politique et économique de la situation.
A la guerre économique mondiale, l’Allemagne ajoute une guerre économique européenne larvée. Ils préfèrent plomber leurs alliés et partenaires plutôt que de favoriser une sortie de crise dans les pays périphérique de l'UE, qu'ils maintiennent au bord de la faillite, comme on maintient quelqu'un de que l'on essaie de noyer entre la vie et la mort en lui laissant reprendre un peu de souffle en deux moment où l'on lui replonge la tête sous l'eau. Et pendant ce temps, les peuple de Grèce et du Portugal subissent de plein fouet cette crise : les retraités, fonctionnaires, chômeurs, ont vu leurs revenus diminuer du tiers voire de la moitié, mais ce n'est pas suffisant pour ces asphyxiateurs économique ! Le cadet des soucis de Merkel et Schauble.
Les banques privées ont fini par céder sur les abandons de créances grecques, et alors que la Banque centrale pourrait très bien abandonner un peu de ses créances, cet imbécile de Schauble s'y oppose. Tout comme ces conservateurs s'opposent à un grand plan de relance européen qui aurait pu accompagner sur des projets l'action de la BCE (cette dernière ayant goinfré en décembre les banques européennes de liquidités à bas coût qui permettent aux Etats d'obtenir les financements dont ils ont besoin pour le financement de leur dette, ce qui a permis de dé-serrer l'étau de la crise financière). Mais il est certain que sans projets, cet argent est une monnaie de singe qui ne sert qu'à financer les dépenses de fonctionnement des Etats au travers des banques plutôt que de se porter sur des projets d'innovation.
Ce faisant, ces deux conservateurs extrémistes menacent la pérennité de l'Europe. Mais l’Allemagne y tire son avantage. Une stratégie de l'armaggedon en quelque sorte, où si tous les Etats européens sont en difficulté, l'Allemagne elle, tire par contraste profit de cette situation en renforçant son leadership économique et par là même son leadership politique.
Hélas, en face, il n'y a pas de répondant. Sarkozy avait, au sommet du 9 décembre, baissé sa culotte devant Merkel, car il a besoin de son soutien pour les présidentielles (soutien qu'il a d'ailleurs obtenu), en aboutissant à cet accord incomplet et unijambiste qui a d'ailleurs coûté son triple A à la France (cf le document de Standards ans Poor's), en laissant de côté la solution des euro-bonds et de la relance européenne et en ne se concentrant que sur une rigueur imposée par ce gouvernement allemand, comme l'Allemagne nazie dictait sa loi à l'Europe entre 1940 et 1944.
Ultime insulte, face à laquelle Merkel a finalement du rétropédaler (non pas parce qu'elle estimait effectivement que Schauble avait outrepassé ses droits, mais parce que cette demande allemande était passé dans le domaine public trop tôt et que cela aurait pu affecter l'image de ce gouvernement), la demande d'une mise sous tutelle économique effective de la Grèce par l'UE. Ce mec s'est cru sous les très riches heures de la domination allemande sur le reste de l'Europe.
Au total, l'Europe est dans la main de deux conservateurs qui préfèrent laisser l'Europe au bord du gouffre et ses partenaires au bord de la faillite, plutôt que de rechercher une solution conclusive à cette crise.
Il est temps de faire la politique de la chaise vide face à cette stratégie suicidaire, afin de permettre une renégociation de ce pacte budgétaire imbécile, et une inflexion de la politique allemande, notamment en ouvrant les yeux du peuple allemand sur la façon de faire de son gouvernement, un gouvernement qui menace l'existence même de l'Union européenne. Car à force de vouloir faire durer cette crise, il est possible qu'à l'arrivée, l'euro devienne effectivement trop coûteux à maintenir pour les Etats en difficulté financière. Car avec cette stratégie du diktat allemand, on comprend Paul Krugman qui déclarait pas plus tard que cette semaine que "s'il est autant possible d'aller vers la faillite avec la couronne suédoise qu'avec l'euro, il est plus facile de sortir de la crise avec la couronne qu'avec l'euro" et ce, non pas parce qu'il serait impossible de sortir de la crise avec l'euro, mais parce que le gouvernement conservateur allemand fait tout pour maintenir ses partenaires dans la difficulté !