Topic: Rendre plus sexy mon dossier ?

Bonjour à tous,

Depuis plusieurs mois je suis de plus en plus convaincu que je veux rentrer à Science Po (en Affaires Publiques), parce que la politique m'intéresse plus que jamais, et que j'ai envie de tenter l'ENA.

Seulement, mon dossier n'est pas terrible :

J'ai obtenu un Bac L Mention Bien (14.2)
Puis je suis rentré en Double Licence Philosophie - Droit à Paris 1... Et c'est là que le bat blesse : Je n'ai pas travaillé sérieusement en droit pendant mes deux premières années (voire pas du tout dans certaines matières), et je suis passé grâce à mes notes de philo. Je me retrouve donc avec des notes aussi ridicules qu'un 7 en Droit Administratif, ou un 9 en Droit Constitutionnel...

Là je suis en 3eme année, et j'ai de meilleures notes en Droit, mais pas extraordinaires non plus (11 à peu près).

De plus, la double licence ne me permettait pas d'effectuer des voyages à l'étranger, et je n'ai fait ni stages ni séjours associatifs.

Donc je suis là pour vous demander conseil : Comment rendre plus attirant mon dossier ?

En rentrant dans une IEP de province en en y obtenant de bonnes notes ? (Rentrer en deuxième année sur concours par exemple) Ou encore en faisant un master de droit en tentant de décrocher une mention ? ...

Quant à la vie associative j'ai envie de m'engager pour des organisation de défense de droits de l'homme (Unesco), mais je me demande si du coup le jury ne jugera pas que je serais davantage destiné au master consacré...

En gros, comment rattraper des mauvaises notes en licence de droit ?

Merci wink

Re: Rendre plus sexy mon dossier ?

Si c'est la politique qui t'intéresse, laisse tomber l'ENA. Je suis très sérieux. Il y a des formations qui y amènent bien plus directement, et particulièrement à Paris 1.
En tout cas ne le mentionne pas dans ta lettre. Vu les notes que tu as eu dans des matières "stratégiques", cela risque de te faire mal voir auprès d'un jury.
Pour ce qui est d'améliorer ton dossier, les notes ne s'inventent pas, donc tu peux au mieux agrémenter de lettres de reco et d'expériences professionnelles/associatives (tu as encore le temps d'en réaliser).

Last edited by Rayan (21-12-2011 20:18:19)

"What we have today is a generation of people that have been raised believing in Evolution, which says rights come from the government.", Kent Hovind

Re: Rendre plus sexy mon dossier ?

Rayan a écrit:

Si c'est la politique qui t'intéresse, laisse tomber l'ENA. Je suis très sérieux. Il y a des formations qui y amènent bien plus directement, et particulièrement à Paris 1.

A quelles formations penses-tu en particulier ?
L'ENA n'est-elle pas la voie royale pour un "destin politique" réel ? (La grande majorité des hauts responsables politique de la Ve République étant passé par elle)

En tout cas ne le mentionne pas dans ta lettre. Vu les notes que tu as eu dans des matières "stratégiques", cela risque de te faire mal voir auprès d'un jury.

Tu me conseillerais donc de tenter de rentrer en Affaires Publiques sans mentionner que je souhaite tenter l'ENA ? N'est-ce pas pourtant l'ambition de la plupart des candidats à ce master ?

Pour ce qui est d'améliorer ton dossier, les notes ne s'inventent pas, donc tu peux au mieux agrémenter de lettres de reco et d'expériences professionnelles/associatives (tu as encore le temps d'en réaliser).

En ce qui concerne les notes justement, tu penses qu'obtenir un master 1 avec mention en droit pourrait contrebalancer mes mauvaises notes de L1 et L2 ? Ou peut-être un IEP de province suffirait (surtout que la formation générale m'intéresse beaucoup... J'en viens à regretter de pas avoir tenté d'IEP post bac)

(Désolé pour ce topic très égo-centré, mais je trouve que l'accès à l'information concernant les "hautes" études est curieusement élitiste, et ce forum est le seul moyen que j'ai trouvé pour le moment... tongue)

Re: Rendre plus sexy mon dossier ?

Q.D. a écrit:
Rayan a écrit:

Si c'est la politique qui t'intéresse, laisse tomber l'ENA. Je suis très sérieux. Il y a des formations qui y amènent bien plus directement, et particulièrement à Paris 1.

A quelles formations penses-tu en particulier ?
L'ENA n'est-elle pas la voie royale pour un "destin politique" réel ? (La grande majorité des hauts responsables politique de la Ve République étant passé par elle)

Pour avoir un destin politique, l'idéal est surtout de passer par Sciences Po et de s'investir en politique au sein d'associations tout en en militant, ne serait-ce que pour le réseau principalement. Si la plupart des responsables politiques actuels sont passés par l'ENA, c'est en grande partie car l'école offrait alors une très bonne connaissance des rouages de l'Etat, dans une perspective très franco-centrée, associée à des prises de fonctions dans des ministères, dès la sortie, ou dans des postes de conseillers au sein de cabinet (après deux ou trois années en tant qu'administrateur civil ou dans le corps de la préfecturale).

Aujourd'hui, l'ENA est entrain de changer - ou tout du moins depuis une dizaine d'années, par touches successives, pour être globalement précis.

- La scolarité à l'ENA a énormément évolué, en intégrant la dimension européenne.
- Les cours ont été sensiblement transformés, en donnant plus de places aux stages.
- Le pantouflage est très difficile à effectuer.

Aujourd'hui, il y a une obligation d'effectuer trois stages : un stage dans une organisation européenne, un stage en entreprise dans un département d'affaires publiques ainsi que, pour finir, le traditionnel stage en préfecture.

Les activités exercées, tant dans la prise de décision (ou l'aide à la prise de décision) que dans la rédaction de notes administratives à trois heures du matin, en urgence, pour le dircab, relèvent de l'exercice politique puisque cette prise de décision est soumise à des facteurs (temps, contraintes législatives ou du supérieur, conciliation avec les orientations voulues par le gouvernement), mais ne relèvent pas d'un destin politique.

La composante politique est néanmoins inhérente, par nature, au fonctionnement de l'Etat. Elle en est même indissociable, à ceci près que l'obligation de neutralité conduit à faire passer et concilier à la fois les orientations politiques personnelles, et à la fois celles de l'Etat de manière très subtile.

Il est assez important de le rappeler, car il semblerait que tu ne voies l'ENA que comme instrument pour entrer en politique, alors que la plupart des énarques n'aspirent qu'à - c'est une vocation parait-il - servir l'Etat et non pas devenir par suite des hommes politiques.

En tout état de cause, aujourd'hui il n'y a plus que 3% des énarques qui, après 10 ans de service de l'Etat, se consacrent véritablement à une carrière politique, laquelle, pour l'instant, ne donne pas grand résultat : la plupart des personnalités émergentes, aujourd'hui, en politique, ne sont plus issues de l'ENA à l'imge d'un Harlem Désir, Benjamin Lancar ou Mickael Camilleri.

Ce chiffre extrèmement faible témoigne de la mutation profonde qui s'est opérée depuis les années 1985/1990, mutation par laquelle les énarques se sont vu confisquer l'instrument d'Etat à des fins personnelles (le pantouflage, tant décrié, ou le parachutage politique...) au profit d'une formation fabriquant véritablement des personnes au service de l'Etat, de l'intérêt des citoyens, et non pas pour une carrière en politique.

Q.D. a écrit:

En tout cas ne le mentionne pas dans ta lettre. Vu les notes que tu as eu dans des matières "stratégiques", cela risque de te faire mal voir auprès d'un jury.

Tu me conseillerais donc de tenter de rentrer en Affaires Publiques sans mentionner que je souhaite tenter l'ENA ? N'est-ce pas pourtant l'ambition de la plupart des candidats à ce master ?

Je conseille aussi de ne pas mentionner que l'on veut passer l'ENA et trouver rapidement un vrai projet professionnel. Comme il est souvent fait remarquer, ce genre de lettre de motivation ne passe absolument pas le screening du jury pour t'envoyer aux oraux - et encore plus avec la nouvelle formule sobrement intitulée par mes propres soins "note de Synthèse 2012".

Par suite, c'est la porte ouverte à un massacre par le jury de l'oral, dont certains sortent de l'ENA, et pour qui cette conception est désormais impossible à avoir et à évoquer. Dans l'hypothèse ou tu réussirais à avoir Sciences Po, le même discours, tenu au grand O de l'ENA, te sera rédhibitoire, le jury ne recherchant absolument pas ce type de profils et personnalités.

Par ailleurs, passer l'ENA n'est absolument pas l'ambition de la plupart des personnes se présentant au master AP : Il y en a qui veulent travailler dans un département d'affaires publiques d'une entreprise, d'autres qui veulent travailler dans la territoriale, d'autres veulent faire du conseil et viennent d'une école de commerce, mais qui, avant de rentrer dans la vie active, veulent avoir un background "affaire publique" pour être complets. D'autres encore choisissent de se spécialiser. Dans la culture, l'énergie, les collectivités territoriales ; autant d'autres domaine concernés par les affaires publiques...

Au final, je ne suis pas certain que "passer des concours" soit la vocation de la majorité des admis en 4A AP, d'une part, d'autre part, pour ceux ayant vendu ce projet (à leurs risques - souvent des ingés ou des littéraires) une très grande majorité a abandonné cette idée avant la fin du 1er semestre - ça se voit très facilement en un entretien s'ils vont poursuivre ou non leur projet - souvent en s'apercevant du gap à franchir entre leur niveau réel pour atteindre ce qui est attendu le jour des concours, certains découragés par les 5h de concours blancs, ou comme tant d'autres parce qu'ils ont découvert différentes opportunités... Le jury les ayant de ce fait admis en sachant pertinemment qu'ils abandonneraient rapidement cette idée. Mais également admis parce que la personnalité, le potentiel, le dynamisme ont joué pour chacun d'entre eux dans la décision finale.

Les profils qui visent l'ENA, qui le mettent en avant dans leur motivation, et qui sont admis, sont principalement des ENS Cachan ou des khâgneux sous-a à Ulm ; candidats pour qui passer des concours relève de l'habitude ; candidats dont il n'est pas déraisonnable de penser qu'ils présentent de sérieuses chances de réussite aux concours par la suite ; candidats qui sont aussi admis, car leur personnalité montrée au moment de l'oral, a donné envie au jury de leur permettre d'intégrer la rue Saint Guillaume.

Q.D. a écrit:

Pour ce qui est d'améliorer ton dossier, les notes ne s'inventent pas, donc tu peux au mieux agrémenter de lettres de reco et d'expériences professionnelles/associatives (tu as encore le temps d'en réaliser).

En ce qui concerne les notes justement, tu penses qu'obtenir un master 1 avec mention en droit pourrait contrebalancer mes mauvaises notes de L1 et L2 ? Ou peut-être un IEP de province suffirait (surtout que la formation générale m'intéresse beaucoup... J'en viens à regretter de pas avoir tenté d'IEP post bac)

(Désolé pour ce topic très égo-centré, mais je trouve que l'accès à l'information concernant les "hautes" études est curieusement élitiste, et ce forum est le seul moyen que j'ai trouvé pour le moment... tongue)

Si par "mauvaises notes" tu appelles "avoir un 0/20 et un 2/20 et des notes qui varient entre 5 et 17/20 sur tout le cycle de licence", c'est indéniable que ça va te plomber, mais ce n'est pas non plus rédhibitoire... La mention en M1 sera regardée et peut rattraper l'ensemble. Ce qui comptera sera la progression, que tu peux mettre en avant dans ta lettre de motivation, pour expliquer (positivement) tes mauvais résultats.

Last edited by kobayashi (22-12-2011 05:06:02)

"Un gamin de 18 ans tutoie une mama en boubou, oubliant qu'on ne donne plus du camarade dans le coin depuis une paie."

Re: Rendre plus sexy mon dossier ?

Alexilaiho passant par là pourra sans doute compléter mon propos.

Sinon, la lecture du discours de F. Sauvadet, Ministre de la Fonction Publique, anonçant la prochaine réforme du concours de l'ENA pour 2013, te sera très éclairant, notamment lorsqu'il parle de recruter des "managers", et non pas des "hommes politiques" au sens carriériste du terme, au sein d'un parti.

Ou alors prends exemple sur Lancar, mais tente plutôt HEC que Sciences Po, des personnes de ce genre étant difficilement appréciées et acceptées rue Saint Guillaume. (Il faut dire qu'il fait tout pour, aussi...)

PS:

- Si tu es en L3, tu peux envisager jusqu'à une admission en fin de M2, donc 3 tentatives, et à chaque fois améliorer ton dossier. Avec les anciennes versions, c'était souvent deux tentatives pour l'avoir. (les 10-16% de sélectivité aidant...)

- A HEC, les admissions via le CAD sont très souvent du niveau M2. Il est rare de voir des M1 le réussir du 1er coup, et encore plus des L3...

(Je parle d'HEC, car il y a une majeure prep'ENA avec celle de l'ENS Ulm, piste au demeurant intéressante a creuser - même si les HEC y sont très minoritaires par rapport aux ENS/ScPo/M1)

Last edited by kobayashi (22-12-2011 02:36:35)

"Un gamin de 18 ans tutoie une mama en boubou, oubliant qu'on ne donne plus du camarade dans le coin depuis une paie."

Re: Rendre plus sexy mon dossier ?

Tu parles de quelle formation à Paris 1 Rayan ? Pour moi SciencesPo reste la voie royale pour exercer dans le milieu politique (conseiller ou élu).

Re: Rendre plus sexy mon dossier ?

Il y a de moins en moins de Scpo Paris purs.
N'importe quelle formation à vrai dire...une maîtrise de droit suffit quand tu as un "réseau"...Quand tu n'en as pas, tu fais comme moi, tu bosses, tu rentres à Scpo, tu bosses encore et tu vas aussi haut que tu peux...le réseau vient forcément après si t'es un minimum sociable...
Ceci étant dit, par formations, j'entendais des formations spécialisées dans la collaboration d'élus (il y a un m2 de science politique "administration public" à P1). La barrière entre collaborateur et élu pouvant être franchie après un certain nombre d'années...et de rencontres.

Mais posez vous déjà la question du "Pourquoi la politique ?" et "Qu'est-ce que c'est réellement/concrètement "la politique" ?"

Last edited by Rayan (23-12-2011 10:19:49)

"What we have today is a generation of people that have been raised believing in Evolution, which says rights come from the government.", Kent Hovind