Topic: L'Europe soumise par Goldman Sachs, ce syndicat international du crime économique et financier

Est-il normal de confier l’Europe à des anciens banquiers de Goldman Sachs ?
Recruter des banquiers comme pompiers de l’Europe, telle semble être la politique des dirigeants européens, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel en tête.

Mario Draghi nouveau président de la Banque centrale européenne (BCE), Loukas Papadimos nouveau 1er ministre grec et Mario Monti nouveau 1er ministre italien, trois financiers promus dont deux anciens responsables de la sulfureuse banque Goldman Sachs qui a aidé la Grèce à dissimuler des milliards d'euros d'emprunts d'Etat...


Mario Draghi, Loukas Papadimos, Mario Monti, trois banquiers formés initialement aux Etats-Unis, sans parler de l’économiste portugais Antonio Borges qui a été mis en place à la tête du département Europe du FMI par DSK ou de Paul Achieltner, conseiller du directeur général du Fonds Européen de Stabilité Financière (FESF) président du géant allemand de l'assurance Allianz et qui a travaillé douze ans pour la banque d'affaires américaine...

Aujourd’hui, leur rôle va être sans doute de préserver les intérêts des banques dans l’actuelle crise européenne. Leur programme est tracé d'avance, quoi qu'en pensent les peuples, réduction des dépenses publiques, diminution des prestations sociales, réforme libérale de l'économie.

Mario Draghi a fait ses études chez les Jésuites. Il est licencié en économie et commerce à l'université de Rome "La Sapienza" en 1970 et diplômé du Massachussetts Institute of Technology (MIT). Il a été de 1991 à 2001 directeur général du Ministère du Trésor, chargé des privatisations. A ce titre, il a été membre du conseil d'administration de plusieurs banques et sociétés en phase de privatisation (Eni, IRI, Banca Nazionale del Lavoro-BNL et IMI). De 2002 à 2005 il est le vice-président pour l'Europe de Goldman Sachs, la quatrième banque d'affaires mondiale. Il est devenu gouverneur de la Banque d’Italie en 2006.

Loukas Papadimos est diplômé lui aussi du Massachussetts Institute of Technology. Il a été professeur à l’Université américaine de Columbia avant de devenir conseiller économique de la Banque de réserve fédérale de Boston. De 1994 à 2002, il a été gouverneur de la Banque de Grèce, poste qu’il occupait lorsque la Grèce s’est « qualifiée » pour l’euro, grâce à des comptes falsifiés par Goldman Sachs. Puis, il a été vice-président de la BCE. Il vient d’être nommé, sur pression de l’Union européenne et du G20, premier ministre de Grèce avec le soutien des deux partis dominants dont le parti socialiste grec (PASOK).

Mario Monti est diplôme de l’Université de Yale. Il a étudié le comportement des banques en régime de monopole. Puis il a été durant dix ans commissaire européen, de 1994 à 2004, d’abord « au marché intérieur et aux droits de douane » (ou plutôt à leur suppression…) puis à la concurrence. Membre de la Trilatérale et du groupe de Bilderberg - selon Wikipédia - il a été nommé conseiller international de Goldman Sachs en 2005. Il vient d’être nommé sénateur à vie et l’Union Européenne avec le G20 viennent de l’imposer comme président du conseil italien.

Un gouvernement Goldman Sachs aux commandes de l’Europe

La banque Goldman Sachs est surnommée aux Etats-Unis « government Sachs » tant elle est influente sur le gouvernement américain. Le secrétaire au Trésor de Clinton, Robert Rubin, qui procéda à la dérégulation financière, venait de Goldman Sachs. Tout comme le secrétaire au Trésor de Bush, Hank Paulson, qui transféra aux Etats les dettes pourries des banques, lors de la crise financière.

L’actuel président de Goldman Sachs, Llyod Blankfein, aime à dire qu’il « fait le métier de dieu ». En fait, Goldman Sachs est au cœur de la prédation financière en étant impliquée dans de nombreux scandales financiers : celui des « subprimes », celui de la tromperie de ses clients (à qui elle recommandait d’acheter des produits financiers sur lesquels elle spéculait à la baisse), celui du maquillage des comptes grecs.

La nomination de ces trois hommes clarifie d’une certaine façon les choses. Avec la BCE notamment, ils défendent non pas l’intérêt des citoyens et contribuables européens, mais l’intérêt des banques. Une étude britannique citée récemment par le journal Les Echos a le mérite de quantifier nettement le processus en cours. Cette étude indique que grâce aux « plans de sauvetage » de la Grèce et au mécanisme européen de stabilité financière mis en place par la BCE, le FMI et l’UE, l’exposition de chaque foyer de la zone euro va passer de 535 € aujourd’hui à 1.450 € demain !

Le « sauvetage » de la Grèce et de l’Italie, est donc en fait une gigantesque opération de socialisation des pertes du système bancaire. Il s’agit de transférer l’essentiel de la dette grecque - mais aussi espagnole et irlandaise - des mains des banquiers vers celles des contribuables. Il sera ensuite possible de faire assumer les frais de l’inévitable restructuration de ces dettes par les budgets publics européens.

Comme le disent les Indignés espagnols, « ce n’est pas une crise, c’est une escroquerie ! ». Le Parlement européen a voté le « paquet gouvernance » qui réforme le pacte de stabilité en renforçant les contraintes sur les budgets nationaux et les sanctions contre les pays en infraction. Le Conseil européen a parachevé le travail par la suite. Enfin, avec l’accord européen du 26 octobre dernier, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, ont voulu faire croire à l’opinion publique européenne qu’on était sur la bonne voie.

Mais pour se donner enfin les moyens de résoudre durablement la crise, nous avons besoin d’un changement radical de tous les traités, d’une modification des statuts de la BCE, d’une « règle d’or » pour un minimum de niveau social, fiscal et environnemental en Europe.

Or, rien n’indique que nous allons dans ce sens. Une mesure pourtant simple et efficace n’a même pas été prise par les chefs d’Etat européens : que la BCE prête aux Etats à 1,25 % comme elle le fait aux banques privées qui, elles, prêtent ensuite à 18 % à la Grèce. Cette mesure ne cesse d’être refusée par l'Allemagne et par la BCE, qui se retranchent derrière le traité de Lisbonne qui l'interdit…

Autre mesure renvoyée une nouvelle fois aux calendes grecques : une simple taxe sur les transactions financières, qui la plupart du temps sont purement spéculatives et n’apportent rien à l’économie réelle, suffirait à redresser les finances publiques de tous les états européens...

C’est pourquoi aujourd’hui, une avancée réelle pour obtenir une modification des traités allant dans le bon sens, ne peut advenir que si un gouvernement français futur montrait une vraie fermeté dans sa politique de récupération de souveraineté, en particulier monétaire, cette vraie fermeté consistant à être prêt si nécessaire à sortir de l'Union européenne…

Pour rappel, cette entreprise, que dis-je, ce syndicat du crime économique, bancaire et financier a :

- orchestré la falsification des comptes grecs
- organisé la crise financière dans le but de mettre à terre certaines de ses concurrentes dans un armaggeddon prévu par la Goldman sachs qui avait
- vendu des produits exotiques à ses clients, tout en spéculant dessus à la baisse
- Puis organisé l'expulsion massive de ses débiteurs en difficultés au moyen de "robot-signeurs", hors de tout cadre humain légal
- Manoeuvré depuis des décennies pour être présente au plus haut sommet de l'Etat américain, pour s'assurer la docilité des administrations présidentielles successives, tout en orientant la législation américaine dans le sens de ses intérêts
- organisé des cellules de spéculation baissière sur les marchés à abattre, ou à racheter à bas prix
- gère de façon prédatrice les stocks de certains minerais échangés sur les marchés, et est réputé pour organiser une viscosité, une lenteur dans l'approvisionnement effectif afin de manipuler les cours de ces matières premières, tout en s'assurant un monopole juteux sur le stockage de ces matières premières échangés virtuellement sur les marchés, sans qu'il soit fait de livraison effective (caractéristique des échanges de matières premières purement spéculatives).

J'ai probablement oublié des méfaits de ce gouvernement financier mondial de fait qui vient de faire main basse sur la Banque Centrale Européenne, et sur une Italie qui se fait actuellement littéralement extorquer sur les marchés de dette primaire et secondaire. Et nous autres incapables européens, nous nous laissons faire béatement.

Si les occupy wall street et autres indignés européens avait quelques leçons de léninisme, ils iraient directement s'emparer des places fortes que sont les locaux de cette banque, partout dans le monde, ainsi que dans leurs antennes dans d'autres organismes de guerre économique que sont les agences de notations. Et la légitimité insurrectionnelle réduirait en cendres ces ennemis de l'humanité.

Hélas, les syndicats, perdus dans leurs vieilles lunes et leurs vieux exutoires, continuent de s'attaquer aux Etats par le moyen de la grève qui touche les peuples. Ils feraient mieux d'aller manifester devant les responsables les plus haut placés du merdier dans lequel nous sommes. Et assurément, la goldman sachs, ainsi que d'autres banques d'affaires sont de plus justes objets de dénonciation que ces pauvres Etats en difficulté.

Last edited by Gambetta (19-11-2011 02:40:39)

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

Re: L'Europe soumise par Goldman Sachs, ce syndicat international du crime économique et financier

Gambetta a écrit:

Est-il normal de confier l’Europe à des anciens banquiers de Goldman Sachs ?

[...]Si les occupy wall street et autres indignés européens avait quelques leçons de léninisme, ils iraient directement s'emparer des places fortes que sont les locaux de cette banque, partout dans le monde, ainsi que dans leurs antennes dans d'autres organismes de guerre économique que sont les agences de notations. Et la légitimité insurrectionnelle réduirait en cendres ces ennemis de l'humanité.

Pour une fois j'agréé tout à fait à ce constat, en revanche quant à l'efficacité et la légitimité insurrectionnelle...

"Si le peuple pense mal, changeons le peuple..."

Re: L'Europe soumise par Goldman Sachs, ce syndicat international du crime économique et financier

Gambetta je suis quasiment en tous points d'accord avec ton propos (aussi d'accord que l'on peut l'être sans avoir lu plus d'une ligne et demie, titre inclus) et celui de l'article, mais ça aurait été plutôt cool si tu avais pu le mettre dans un des 54 threads déjà dédiés au sujet de près ou de loin.

un habitus de brave comptable

Re: L'Europe soumise par Goldman Sachs, ce syndicat international du crime économique et financier

Je veux que ces ordures, s'ils tapent "Goldman Sachs" avec un autre mot clef sur Google lisent la haine que le peuple leur accorde, et le sort que les actuels indignés et peut-être futurs insurgés leur réservent.
Je veux qu'ils sachent que travailler dans ce syndicat du crime constitue une honte qui les suivra jusqu'à leur dernier souffle. Cette avant-garde du crime mondial doit se sentir menacée dans la rue et partout où ils se trouveront avec des gens qui savent où ils exercent. Comme le disait si bien Pierre Charon, éminent sénateur, "la peur doit changer de camp".

Last edited by Gambetta (19-11-2011 15:32:56)

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

Re: L'Europe soumise par Goldman Sachs, ce syndicat international du crime économique et financier

Broz a écrit:

Gambetta je suis quasiment en tous points d'accord avec ton propos (aussi d'accord que l'on peut l'être sans avoir lu plus d'une ligne et demie, titre inclus) et celui de l'article, mais ça aurait été plutôt cool si tu avais pu le mettre dans un des 54 threads déjà dédiés au sujet de près ou de loin.

Pour une fois je suis d'accord avec Broz (qui étonnamment ne défend pas Gambetta).

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Re: L'Europe soumise par Goldman Sachs, ce syndicat international du crime économique et financier

Non mais LOL. Vous voulez pas vous renseigner un minimum sur GS, mieux qu'au travers d'articles wikipédia, avant d'écrire n'importe quoi? Que des anciens banquiers talentueux accèdent au pouvoir en tant de crise de confiance des marchés, ce n'est pas particulièrement surprenant. Et oui, GS recrute des gens talentueux (plus que les journalistes écrivant ce genre d'article torchon), qui parfois réussissent par la suite dans d'autre domaines. Again, rien d'extraordinaire.

Re: L'Europe soumise par Goldman Sachs, ce syndicat international du crime économique et financier

Que des anciens banquiers talentueux accèdent au pouvoir en tant de crise de confiance des marchés, ce n'est pas particulièrement surprenant.

Tu veux parler sans doute de l'actuel PM grec qui a participé à la falsification des comptes de la Grèce quand celle-ci frappait à la porte de l'UE peut-être ?

On ne doit pas avoir la même définition du talent.

Last edited by Arken (21-11-2011 04:07:15)

Re: L'Europe soumise par Goldman Sachs, ce syndicat international du crime économique et financier

L'actuel PM grec n'a pas travaillé chez GS. Ce sont Mario Monti et Mario Draghi qui étaient chez GS. Le PM grec était vice Pdt de la Banque centrale grecque.

Il se dit cependant qu'il a en effet participé à ce dispositif. C'est plus Draghi qui est accusé d'avoir participé à ce maquillage car il était Vice président de GS pour l'Europe à ce moment là. Mais pour le moment, rien ne prouve qu'il a personnellement participé à la création du montage.

Pour info, je me souviens très bien que le problème du trucage des comptes grecs était connu depuis la première moitié des années 2000 et avait fait l'objet de discussions à divers Conseil de Chefs d'Etats européens à cette époque. On avait préféré rester silencieux à l'époque, et de ce point de vue, l'ensemble des Etats européens ont leur responsabilité.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: L'Europe soumise par Goldman Sachs, ce syndicat international du crime économique et financier

+1

Exactement, Greg. C'est pourquoi ces accusations rapides (GS a bossé pour tel gouv, untel y bossait, donc untel est coupable) sont bien trop faciles.

Pour une histoire de GS, Money and Power, de Cohan, résume très bien l'implication de la banque dans les cercles du pouvoir. La problématique est bien plus complexe que 1) c'est des pourris, 2) ils contrôlent tout. En réalité, un bon nombre d'accusations contre GS ne sont pas encore reconnues fondées. Et bien des employés ignorent le fonctionnement d'autres parties de la banque. A moins d'être directement impliqué dans une transaction, le secret s'applique, y compris entre collègues.

Ah oui, statistique moins connue: chaque partner donne en moyenne qqc comme €2 millions par an à des NGOs. Un peu plus, y compris en % de leur income, que la plupart des bobos qui se rangent dans les 99%.

Greg a écrit:

Pour info, je me souviens très bien que le problème du trucage des comptes grecs était connu depuis la première moitié des années 2000 et avait fait l'objet de discussions à divers Conseil de Chefs d'Etats européens à cette époque. On avait préféré rester silencieux à l'époque, et de ce point de vue, l'ensemble des Etats européens ont leur responsabilité.

Re: L'Europe soumise par Goldman Sachs, ce syndicat international du crime économique et financier

Humm, il n'empêche néanmoins que GS a un nombre de casseroles assez impressionnantes, et son rôle dans la crise des subprimes reste inexcusable.

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Re: L'Europe soumise par Goldman Sachs, ce syndicat international du crime économique et financier

loup des steppes a écrit:

Ah oui, statistique moins connue: chaque partner donne en moyenne qqc comme €2 millions par an à des NGOs. Un peu plus, y compris en % de leur income, que la plupart des bobos qui se rangent dans les 99%.

La charité n'est pas la justice sociale.

"Les hommes qui disent que les femmes sont frigides sont de mauvaises langues" Guitry

Re: L'Europe soumise par Goldman Sachs, ce syndicat international du crime économique et financier

Nul ne conteste la compétence reconnue des membres de GS, en l'occurence il s'agit là d'une circonstance aggravante plus que d'un alibi... Cette banque brillante symbolise pour son malheur l'efficacité purement financière d'un certain système, usant de toutes les failles et prêt à toutes les turpitudes pour quelques millions de commission de plus, ainsi que les liens pas toujours très clairs qui l'unissent aux cercles dirigeants. La responsabilité des uns n'exonère en rien celle des autres, certes. Au final aucun des employés de ce secteur financier, et pas seulement au sein de GS, n'ignore le fondement prédateur du système financier et la disproportion des rémunérations...

"Si le peuple pense mal, changeons le peuple..."

Re: L'Europe soumise par Goldman Sachs, ce syndicat international du crime économique et financier

loup des steppes a écrit:

€2 millions par an à des NGOs.

Hein ?!
Mais attends, ils touchent combien par an ces escrocs ?

Tous les parrains mafieux, et même les organisations terroristes donnent pas mal d'argent aux oeuvres sociales (et ils vont même à l'Eglise - ou à la Mosquée - le dimanche !).

Last edited by Scientiste (22-11-2011 01:57:45)

Re: L'Europe soumise par Goldman Sachs, ce syndicat international du crime économique et financier

Scientiste a écrit:
loup des steppes a écrit:

€2 millions par an à des NGOs.

Hein ?!
Mais attends, ils touchent combien par an ces escrocs ?

Tous les parrains mafieux, et même les organisations terroristes donnent pas mal d'argent aux oeuvres sociales (et ils vont même à l'Eglise - ou à la Mosquée - le dimanche !).

Scientiste, tu fais partie de "Occupy Forum-Scpo" ?

Re: L'Europe soumise par Goldman Sachs, ce syndicat international du crime économique et financier

Il faudrait sortir de la dialectique méchants banquiers / gentils militants anti-système. Tout le monde conviendra que les banques sont à la base des outils et comme tous les outils elles ne sont pas bonnes ou mauvaises : tout dépend de l'usage que l'on en fait.

Si aujourd'hui des banquiers se hissent au sommet des institutions, c'est parce que celles-ci (et les hommes à leur tête, surtout) leur ont cédé toujours plus de terrain au cours des dernières décennies, par complaisance, manque de courage ou intérêt personnel. Les peuples aussi ont leur part de responsabilité car tant que la croissance était au rendez-vous personne n'a jamais bronché.

Ca n'a pas toujours été comme ça. Bien au contraire. Cette tendance s'est intensifiée aux Etats-Unis sous Reagan, qui à peine arrivé à la présidence nomma Regan, banquier chez Merrill Lynch, secrétaire du Trésor. Sous Bush père, ce fut Nicholas Brady, ancien de la banque d'investissement Dillon Read and co. (aujourd'hui groupe UBS). Sous Clinton fut nommé Robert Rubin, ancien de Goldman Sachs et de Citigroup. L'apothéose sous Bush fils avec la nomination de Paulson, CEO de Goldman Sachs, au poste de secrétaire du Trésor.

La France a suivi ce mouvement en l'adaptant à ses institutions, à partir des annés 1970. Allez faire un tour sur la page Wikipédia Inspection Générale des Finances, c'est édifiant. Une telle porosité - voire une osmose, franchement - entre banques et grands corps d'Etat est incroyable.

Au-delà de ces considérations il y a quand même une remarque technique à faire. Pompidou (faux gaulliste et vrai directeur général de la banque Rotschild) et le ministre Giscard passèrent en 1973 la fameuse loi scélérate dont voici l'article 25 : "Le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l'escompte de la Banque de France."

Ainsi l'Etat français supposément souverain ne peut pas financer sa dette via la banque centrale et on est obligé d'emprunter sur les marchés. D'où le pouvoir des agences de notation, etc. Bien sûr, cela permet de contenir l'inflation et de conjurer l'effet "planche à billets" en période de crise, mais le pays est pieds et poings liés.

L'Europe et Maastricht n'ont rien arrangé, puisque la loi Pompidou-Giscard a été reprise par les traités. Elle s'applique ainsi à tous les signataires... L'Allemagne l'a carrément inscrite dans sa constitution.

Il eût suffi d'un peu de courage pour abroger cette loi tant qu'il en était encore temps. Aujourd'hui c'est trop tard, le train est lancé, nous sommes dedans et le marché est au poste de pilotage.

Mais ce n'est pas parce que Goldman Sachs est méchante. C'est parce que les hommes sont lâches et qu'ils ont choisi de faire la mauvaise utilisation des outils qu'ils ont eux-mêmes créés.

Re: L'Europe soumise par Goldman Sachs, ce syndicat international du crime économique et financier

Oreste a écrit:

Au-delà de ces considérations il y a quand même une remarque technique à faire. Pompidou (faux gaulliste et vrai directeur général de la banque Rotschild) et le ministre Giscard passèrent en 1973 la fameuse loi scélérate dont voici l'article 25 : "Le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l'escompte de la Banque de France."

Ainsi l'Etat français supposément souverain ne peut pas financer sa dette via la banque centrale et on est obligé d'emprunter sur les marchés.

L'Etat aurait pu se contenter d'emprunter auprès du marché domestique. La création des OAT en 1985 a conduit à emprunter auprès de créanciers internationaux.

Et puis, surtout, ce pauvre Pompidou ne pouvait prévoir que les finances publiques seraient en déficit constant pendant les 40 années suivantes...

+ 1000 sur le bouc émissaire que sont devenus les traders et autres banquiers

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Re: L'Europe soumise par Goldman Sachs, ce syndicat international du crime économique et financier

Enfin ça prête un peu à sourire quand on sait l'effet semblable qu'entraîne une dévaluation (que la France a su fort bien manier) + est-ce que cet article ne s'applique qu'au marché primaire ?
En ce moment, la BCE rachète des OAT sur le marché secondaire c'était peut-être aussi le cas de la BdF à l'époque. L'article en question laisse en tout cas le champ libre à des arrangements de ce type. Il y aussi les accepter comme collatéral pour le refinancement des banques commerciales ce qui revient au même.

Dans tous les cas on était très loin d'être pieds et poings liés en 1973 au niveau de notre politique monétaire, c'est sans commune mesure par rapport à la situation actuelle.

"Je suis aussi perplexe qu'avant mais à un niveau beaucoup plus élevé."

Re: L'Europe soumise par Goldman Sachs, ce syndicat international du crime économique et financier

Il ne faudrait pas verser dans l'angélisme non plus. Si les traders et autres banquiers de la finance "pure" ne sont pas seuls responsables bien évidemment (au premier chef les politiques qui ont entrentenus le confort de budgets sans cesse plus déficitaires) il est indéniable que leur rôle dans la plupart des crises récentes est loin d'être négligeable et que leur comportement (l'anecdote de l'utilisation faite par certaines banques des aides US en 2008) est un scandaleux contre exemple d'éthique et de morale. A l'heure où l'on exige de chacun un comportement "efficace" pour la collectivité et vertueux il serait aberrant de tolérer sans broncher un tel système vampire. Ce sera pourtant le cas je pense...

"Si le peuple pense mal, changeons le peuple..."

Re: L'Europe soumise par Goldman Sachs, ce syndicat international du crime économique et financier

gustave a écrit:

Nul ne conteste la compétence reconnue des membres de GS, en l'occurence il s'agit là d'une circonstance aggravante plus que d'un alibi...

"Le talent est un titre de responsabilité". Ca s'applique parfaitement.

"Moult a appris qui bien connut ahan"

Re: L'Europe soumise par Goldman Sachs, ce syndicat international du crime économique et financier

Et oui, GS recrute des gens talentueux

Cela pourrait bien changer.

Je connais quelqu'un à HEC, pas de gauche pour un sou je précise, qui a finalement refusé, après avoir passé toutes les étapes du recrutement, un poste doré chez Goldman Sachs (74 K€/an s'il vous plaît), et choisissant finalement un poste dans une grande entreprise française du CAC 40, moins bien payé, parce que, m'a-t-elle dit, "eux au moins ils créent de la valeur".

Décision extrêmement honorable à mes yeux, qui ne doit, à mon avis, pas être si isolée que cela, vu l'image à juste titre fort dégradée de cette entité. Certains préfèrent garder leur intégrité, plutôt que de se souiller dans des organisations qui apparaissent aujourd'hui très douteuses aux yeux du grand public du fait de certaines de leurs actions passées.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: L'Europe soumise par Goldman Sachs, ce syndicat international du crime économique et financier

Je fais malheureusement confiance au "système" pour perdurer et croître jusqu'à ce que des freins soient mis en place. Il en est comme de la vitesse, tant qu'il n'y a pas de radars et de gendarmes il y a peu d'évolution. En l'occurence tant que les outils existeront sans contrôle il y aura des utilisateurs! Il n'est que de voir le comportement des acteurs économiques actuel!

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Re: L'Europe soumise par Goldman Sachs, ce syndicat international du crime économique et financier

Cette décision est honorable, mais avec 1000 candidats pour un poste, elle n'a aucun effet systémique. Par ailleurs, le salaire élevé versé (c'est plus que ça en front office, btw) compense un nombre d'heures travaillées bien plus important que dans une boîte du CAC 40... considération que ton ami s'est bien gardé de mentionner. Il a peut être tout simplement choisi d'avoir du temps libre, et fait passer cela pour un choix éthique. C'est une observation cynique, mais qui non négligeable.
D'ailleurs, pourquoi avait-il  postulé, à l'origine?  Il était forcé? La réputation de GS a tant changé que ça entre ses rounds? ça ne tient pas.
Bref, si je suis d'accord avec toi sur le fait que certains sont rebutés par la réputation de certaines banques, il y a un monde de là à ce qu'elles n'attirent plus le talent.

Greg a écrit:

Et oui, GS recrute des gens talentueux

Cela pourrait bien changer.

Je connais quelqu'un à HEC, pas de gauche pour un sou je précise, qui a finalement refusé, après avoir passé toutes les étapes du recrutement, un poste doré chez Goldman Sachs (74 K€/an s'il vous plaît), et choisissant finalement un poste dans une grande entreprise française du CAC 40, moins bien payé, parce que, m'a-t-elle dit, "eux au moins ils créent de la valeur".

Décision extrêmement honorable à mes yeux, qui ne doit, à mon avis, pas être si isolée que cela, vu l'image à juste titre fort dégradée de cette entité. Certains préfèrent garder leur intégrité, plutôt que de se souiller dans des organisations qui apparaissent aujourd'hui très douteuses aux yeux du grand public du fait de certaines de leurs actions passées.

Re: L'Europe soumise par Goldman Sachs, ce syndicat international du crime économique et financier

PARIS--(Dow Jones)--Les marchés actions européens devraient baisser encore à court terme, dans la mesure où la récession doit être davantage prise en compte et où les révisions en baisse des bénéfices s'accélèrent, avertit Goldman Sachs. La banque s'attend à un point bas au cours du premier semestre 2012. Pour ces raisons, Goldman déclasse les banques et les biens et services industriels en Europe de "neutre" à "sous-pondérer" tandis que les ressources de base, l'alimentation et les boissons, et l'automobile passent de "surpondérer" à "neutre". Le secteur technologique est relevé de "sous-pondérer" à "neutre" et la santé, de "neutre" à "surpondérer". La banque a ajouté que ces changements traduisaient également sa préférence pour une exposition aux marchés émergents et aux producteurs, plutôt qu'aux consommateurs, de matières premières.

Goldman Sachs dégrade donc "l'ensemble" des actifs économique européens.

C'est bien une guerre à laquelle nous assistons, et nous ne voulons pas le voir.

Alors que les choses commencent à reprendre un chemin positif, on voit là que TOUT est mis en oeuvre pour maintenir l'Europe la tête sous l'eau par cette organisation puissante et tentaculaire.

Les Etats européens doivent réagir et nationaliser l'ensemble des actifs de cette entité "ennemie" présents sur notre sol. Les sous-humains qui composent cette organisation doivent avoir peur.

Et les marchés doivent rester sourd aux attaques informationnelle de ces c******* sur notre économie.

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Re: L'Europe soumise par Goldman Sachs, ce syndicat international du crime économique et financier

Espionnage économique : Goldman Sachs prise en flagrant délit par Wikileaks
La plus puissante banque d’affaires du monde, l’américaine Goldman Sachs, voulait utiliser les informations géopolitiques confidentielles de l’agence de renseignements privée américaine Stratfor pour faire du délit d’initié et spéculer sur les marchés de valeurs et les Bons du trésor de certains États. C’est la principale information qui ressort d’une avalanche d’emails de la Stratfor qui ont été « hackés » le 26 décembre dernier par les « Anonymous », et que Wikileaks vient de publier. Cinq millions de messages électroniques remontant à la période 2004 – 2011, qui révèlent l’implication de cette société texane dans des activités illicites d’espionnage d’activistes pour le compte de l’administration US et de multinationales comme Dow Chemical, Lockheed Martin, Northrop Grumman, Raytheon, mais aussi de recyclage d’argent sale, et donc, de spéculation financière.



L’an dernier, après deux années d’incubation, l’ex-haut dirigeant de Goldman Sachs, Shea Morenz, et le fondateur et président de Stratfor, George Friedman (fils d’un Hongrois survivant de l’holocauste), ont mis sur pied un fonds d’investissement dénommé Stratcap. Et c’est ce même Friedman qui explique de quoi il s’agit, dans un email confidentiel du 5 septembre dernier :

« Stratcap utilisera nos informations et nos analyses pour commercer dans le domaine des instruments géopolitiques, en particulier des bons du trésor, des devises ou équivalents sur les marchés des Pays émergents. »

Dans le même email (marquée comme « Réservé à l’usage interne, ne pas diffuser ou mentionner à l’extérieur »), Friedman explique comment le dirigeant de Goldman Sachs a eu l’idée de StratCap en y investissant plus de 2 millions de dollars (en plus d’autres financements directement destinés à Stratfor) et comment Morenz est entré au Conseil d’administration de cette même Stratfor :

« Nous avons déjà fourni des conseils à d’autres Hedge Funds : désormais, grâce à Morenz, nous en avons un à nous. »

Le fonds StratCap, qui devait être opérationnel sur les marchés financiers au printemps 2012, vient donc s’ajouter à la liste déjà longue de scandales et d’activités troubles dans lesquels est impliquée la super-banque américaine pour laquelle ont travaillé Romano Prodi (ex-Premier ministre italien), Mario Draghi (actuel directeur de la Banque centrale européenne), et Mario Monti (actuel Premier ministre italien).



Enrico Piovesana