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Re: Crise financière de 2011 : crise économique réelle ou système financier défaillant ?

En fait, pour le moment, la Chine n'a pas du tout dit qu'elle allait effectivement intervenir. Je pense que l'Europe n'a pas outre mesure besoin de l'aide chinoise ; l'épargne européenne est élevée, c'est une donnée qu'il faut prendre en compte dans l'analyse d'une dette.

Quant à la question de savoir si une intervention chinoise "menacerait" notre souveraineté : la Chine détient déjà 1130 Md$ de bons du trésor US et je ne crois pas que cela ait affecté de quelque manière la souveraineté américaine. JC Juncker a été clair sur ce point : pas de concession politique. Je pense que l'Europe n'a pas tant que cela à se soucier des interventions éventuelles d'Etats extra-européens. S'ils viennent c'est bien, mais nous n'allons pas faire des courbettes pour quémander quelques milliards que nous pouvons très bien trouver dans notre propre économie.

Plus inquiétant est que l'on a l'impression, au regard des émissions obligataires de l'Italie (à 6% !), que le marché se détourne de la Grèce pour attaquer l'Italie, alors que l'Italie est bien plus capable de gérer sa dette que ce que ne l'étais la Grèce. MF Global, un courtier américain spécialisé dans les matières premières, et exposé aux dettes européennes (particulièrement italienne), a déposé le bilan. Endetté, l'organisme a fait les frais des abaissements de notations successifs par les agences sur tout ce qui avait de près ou de loin de la dette européenne. Tout cela fait redévisser le CAC et tous les indices européens (en plus des prises de bénéfices suite à la journée d'euphorie de jeudi dernier).

On apprend également que Georges Papandreou veut faire valider l'accord par référendum en engageant sa responsabilité devant le parlement. Vu l'état d'esprit de la population par rapport à ce qu'elle a vécu comme un tsunami économique, c'est risqué. Même si ne seront validées dans ce référendum que des mesures positives pour la Grèce (les 1000 Md€ et la décote de 50% sur la dette d'ici 2020), les mesures de rigueur ayant été validées au Parlement.


La solution durable pour l'Europe  est politique : les dirigeants de la planète doivent se mettre d'accord pour réfléchir à une stratégie de longue durée visant à la réduction de la dette globale des Etats par des réformes qui mettent fin à des décennies de déficits, du moins qui amènent à un solde net (hors remboursement des intérêts) des Etats et administrations sociales à l'équilibre.

Les solutions sont aussi techniques : comment faire, quel homme pourrait faire bouger les Etats et les administrations, ces entités de millions de personnes pour ramener ces entités à leur gestion d'équilibre et mettre fin au cycle de l'endettement/crises à répétition/appauvrissement collectif ? Il faut reprendre à la base tous les modèles construits au cours des décennies antérieures et repenser les modèles tutélaires afin de remettre la France dans un rail de prospérité et cela passe par la saine gestion des finances publiques, dans un contexte où l'Etat, les collectivités territoriales et les administrations sociales dépense plus de 55% du PIB. Il faudra également réformer, on l'a déjà suffisamment dit dans ce thread et ailleurs, les règles des systèmes financiers afin de les stabiliser.

Et au niveau de la France, et des candidats à la présidentielle, je constate que l'équipe de François Hollande tient compte de cette réalité pour remettre en cause son programme, et le calquer sur les évolutions de la situation. Le gouvernement également d'ailleurs, qui revoie sa prévision de croissance pour 2012. Je crois qu'il y a une union sacrée implicite (légèrement brouillée par quelques uns), sur la nécessité de ne pas laisser passer cette crise et entamer une profonde réflexion sur "jusqu'où pouvons-nous tenir" avec l'accumulation des déficits année après année, dans une dette qui s'approche pour la France et dépasse pour l'Italie les 100% du PIB. Même dans les sondages, les Français ont montré une préoccupation particulière sur ces questions.

La solution est également économique : créer de l'activité, créer de nouveaux métiers, de nouvelles compétences. Créer de nouveaux processus pour créer de la croissance. Et pour cela, l'Etat doit et peut imaginer de nouveaux grands projets, et investir et s'investir dans de nouveaux modèles, quitte à remettre en cause les habitudes. Si c'est pour investir de la sorte, la création de dette est bonne. Si c'est pour alourdir encore des bureaucraties qui tardent à intégrer dans leurs schémas les nouveaux modèles organisationnels, alors la création d'une dette de fonctionnement est à terme, ingérable, et cela, tout le monde doit, en France, le comprendre et les gouvernants doivent y mettre un terme.

L'Europe a éteint l'incendie, mais elle ne fera pas l'économie d'une profonde réflexion sur son organisation publique (sur ses organisations publiques) visant au retour à une situation saine qui permette de se reprojetter vers l'avenir.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: Crise financière de 2011 : crise économique réelle ou système financier défaillant ?

Greg a écrit:

Quant à la question de savoir si une intervention chinoise "menacerait" notre souveraineté : la Chine détient déjà 1130 Md$ de bons du trésor US et je ne crois pas que cela ait affecté de quelque manière la souveraineté américaine.

Au vu du ton des "discussions" sino américaines j'en doute, comme les dirigeants US d'ailleurs. Leur seule chance est l'énormité des montants en cause, qui empêche les chinois d'utiliser jusqu'au bout cette arme de pression. Ce ne serait pas du tout le cas vis à vis de l'Europe et plus particulièrement de pays européens isolés...

Greg a écrit:

JC Juncker a été clair sur ce point : pas de concession politique. Je pense que l'Europe n'a pas tant que cela à se soucier des interventions éventuelles d'Etats extra-européens.

Il ne peut absolument pas dire autre chose, sans même parler de ce que peuvent valoir de tels engagements...

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Re: Crise financière de 2011 : crise économique réelle ou système financier défaillant ?

gustave a écrit:
Greg a écrit:

Quant à la question de savoir si une intervention chinoise "menacerait" notre souveraineté : la Chine détient déjà 1130 Md$ de bons du trésor US et je ne crois pas que cela ait affecté de quelque manière la souveraineté américaine.

Au vu du ton des "discussions" sino américaines j'en doute, comme les dirigeants US d'ailleurs. Leur seule chance est l'énormité des montants en cause, qui empêche les chinois d'utiliser jusqu'au bout cette arme de pression. Ce ne serait pas du tout le cas vis à vis de l'Europe et plus particulièrement de pays européens isolés...

Si tension il y a entre les deux géants, elle concerne d'abord et avant tout le faible niveau du yuan ; c'est donc plus la Chine qui est en situation défensive.

Tu relèves à juste titre le montant en cause qui donne une supériorité du créditeur dans le rapport de force créditeur/créancier. Mais en quoi un montant faible serait un levier plus fort d'influence politique ? Tu crois que l'on laissera quelconque influence à qui que ce soit pour 50 ou même 100 milliards au niveau européen ? Je ne crois pas. 

En tout cas, sur ce référendum grec, le pari de Papandréou constitue un peu un soufflet pour tous ceux qui ont voulu éteindre l'incendie grec. Sa volonté de relégitimation politique au travers de ce référendum pourrait coûter extrêmement cher à toute l'Europe, et particulièrement à la Grèce. Il mise son tapis, mais avec l'argent des autres ! C'est un peu n'importe quoi.

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Re: Crise financière de 2011 : crise économique réelle ou système financier défaillant ?

La Chine est sur la défensive, néanmoins elle ne cède rien bien au contraire, et avant tout du fait de ce levier de pression qu'elle possède sur les USA. Et ce d'autant plus que la situation des USA rend de plus en plus nécessaire le maintien de ce flux d'achats de BT par la Chine. De même elle ne fait pas mystère de sa volonté d'obtenir des européens un soutien voire la reconnaissance de son statut d'économie de marché même si nul n'ignore qu'elle n'en est pas une... Et pour ce qui est de la capacité de l'Europe à résister à la Chine, permets-moi de demeurer sceptique quant à la volonté de nos dirigeants d'accepter le combat!
Pour le référendum grec je n'ai pas trop suivi les termes de l'alternative proposée mais je ne vois pas ce qui peut être espérer de plus...

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Re: Crise financière de 2011 : crise économique réelle ou système financier défaillant ?

gustave a écrit:

Pour le référendum grec je n'ai pas trop suivi les termes de l'alternative proposée mais je ne vois pas ce qui peut être espérer de plus...

L'alternative c'est "validez-vous ou pas le plan d'aide décidé à Bruxelles jeudi dernier". Ca aura lieu en janvier, et donc ça retarde la mise en oeuvre du plan. Ca s'est décidé sans concertation. La France et l'Allemagne voient rouge. Les bourses dévissent (et particulièrement celle d’Athènes).

Et très clairement, par cette décision, la Grèce remet en cause ou en suspend tout ce qui a été réalisé la semaine dernière. C'est la tranche même d'aide à court terme de 8 Md€, prévue début novembre, qui est mise en jeu dans cette décision. On a pas fini de voir les conséquences en cascade qui vont découler de cette décision de lancer un référendum.

C'est un "coup" historique, que l'on étudiera à peu près comme la "question de confiance" de Mendès-France au moment de voter la communauté européenne de défense en 1954, décision qui a durablement mis en un terme aux ambitions d'une armée européenne.

En l’occurrence, ceux que l'on veut aider ont pris seuls une décision qui menace l'édifice européen. C'est une décision démocratique certes (d'aucuns disent une panique devant la rue) qui rappelle que l'Europe ne peut pas se faire sans les peuples, mais un "non" grec constituerait une réplique du "non" français à la Constitution européenne avec des conséquences, économiques cette fois, directes et immédiates : la cessation de paiement de la Grèce. Et l'Europe sortirait durablement affaiblie d'une situation où le destinataire même de la solidarité européenne déciderait de refuser cette solidarité, préférant la solution de l'effondrement et de la cessation de paiement.

D'un point de vue politique et Institutionnel, il est difficilement imaginable d'envisager un système pérenne dans lequel chacun des membres peut bloquer tout le processus. En l’occurrence, Georges Papandréou décide de lier son destin politique à ce plan essentiel pour la Grèce et pour l'Europe. C'est un coup de poker démocratique dont l'issue est incertaine, et qui risque d'ailleurs de rester lettre morte si Papandréou perd sa majorité d'ici là (ce qui est possible, vu qu'il ne dispose que de 153 sièges sur 300), tout en ayant déployé aujourd’hui par sa simple annonce ses effets dévastateurs sur la confiance en la zone euro.

Cette fois, et c'est la première fois que moi, européiste convaincu, j'en viens à estimer cette éventualité, c'est véritablement l'euro qui est menacé. Alors on ne peut qu'attendre des grecs qu'ils votent oui, mais au vu de la situation sociale là-bas, c'est plutôt le non qui semble l'emporter.

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Re: Crise financière de 2011 : crise économique réelle ou système financier défaillant ?

D'ailleurs, il apparaît que c'est la stupéfaction au sein même de la majorité et du gouvernement de Papandréou, relativement à cette décision tout à fait personnelle de lancer une procédure de référendum.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
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Re: Crise financière de 2011 : crise économique réelle ou système financier défaillant ?

Le Figaro a écrit :

Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à la présidentielle, estime également que l'organisation d'un référendum est «un minimum de démocratie». «Il y a eu 13 grèves générales en Grèce et chacune a réclamé un référendum, Georges savait qu'il ne pourrait pas tenir plus longtemps sans consulter le peuple grec. Aucun peuple au monde ne peut accepter de se voir annoncer un futur pareil», a-t-il dit.

Est-ce que c'est normal que Mélenchon appelle Papandréou "Georges" ?

"Rédupliquer, c'est être ce qu'on dit." (S.Kierkegaard)

Re: Crise financière de 2011 : crise économique réelle ou système financier défaillant ?

Entre timbrés, on s'appelle par le prénom...

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Re: Crise financière de 2011 : crise économique réelle ou système financier défaillant ?

zaza's birthday a écrit:

Est-ce que c'est normal que Mélenchon appelle Papandréou "Georges" ?

Tu poses une vraie question. Eh bien, il faut savoir que les hommes de gauche s'appellent par leurs prénoms. C'est d'ailleurs à cela qu'on les reconnaît.

Re: Crise financière de 2011 : crise économique réelle ou système financier défaillant ?

Allez,je suis dur de le traiter de timbré. Voici un excellent article sur le personnage et sa décision(qui va à mon avis mettre un terme à sa carrière politique) :

Une Europe, mais combien de Papandreou?
Par Christian Makarian, publié le 01/11/2011 à 19:42, mis à jour à 19:48



REUTERS/Yiorgos Karahalis
En convoquant un référendum sur l'accord obtenu à Bruxelles, le Premier ministre grec a pris tout le monde par surprise. Même s'il ne faut pas en faire un bouc émissaire, il a brisé la solidarité européenne... si tant est qu'elle existe. L'analyse de Christian Makarian, directeur délégué de la rédaction de L'Express.
Au lendemain de l'annonce surprise de la prochaine tenue d'un référendum en Grèce sur l'accord obtenu à Bruxelles la semaine dernière, il n'est pas complètement honnête de s'en prendre violemment au Premier ministre grec, George Papandreou.
1. Il n'est pas personnellement responsable de plusieurs longues décennies d'incurie, de dessous de table, de chiffres falsifiés, de statistiques arrangées (y compris celles qui ont permis à la Grèce d'entrer dans la zone euro), d'économie parallèle, d'argent au noir, de privilèges fiscaux, de combines et de passe-droits. A tout prendre, Papandreou assume le rôle de "Jack the cleaner" avec un certain courage et encaisse les coups pour le compte de tous ses prédécesseurs.
A lire aussi...
Quelles seront les conséquences d'un référendum en Grèce? A lire ici, le décryptage de L'Expansion

Journée noire sur les places financières... -5,38% à Paris, -5% à Francfort, -4,2% à Madrid et -6,9% à Athènes. Lire le détail ici. 
2. Depuis 18 mois, ce que subit Papandreou dépasse les capacités normales d'un chef de gouvernment en exercice. Affronter l'opinion, faire baisser les salaires des fonctionnaires, avoir pour seul discours et pour seule perspective la nécessité de se serrer la ceinture est invivable pour un peuple comme pour ses responsables politiques. Aucune majorité n'y résisterait. 
Sept gouvernements européens sont déjà tombés en raison de la crise des finances publiques qui ravage le continent. Le fait que le chef du gouvernement cherche un nouveau souffle démocratique en convoquant le peuple à un référendum n'est pas criticable sur le plan démocratique : il cherche à se relégitimer devant le peuple (puisque plusieurs députés le lâchent) et à obtenir un signe de l'opinion. A défaut, il verrait de toute façon sa majorité s'effriter de jour en jour et, au fil des restrictions, le gouvernement finirait par tomber. Il n'est même pas sûr qu'il ne tombe pas dès cette fin de semaine...
3. Ce que vit la Grèce est prototypique de ce qui menace d'autres Etats, seule sa petite taille et une longue tradition de "combines" explique pourquoi c'est plus dramatique qu'ailleurs. La crise grecque révèle les insuffisances endémiques de l'Europe, ses défauts et ses faiblesses systémiques. Lancer le haro sur la Grèce est un moyen hypocrite de désigner un bouc-émissaire pour ses propres maux. Fondre sur Papandreou aujourd'hui n'expliquera pas pourquoi on a tant tardé à réagir depuis début de cette tourmente, en février 2010, ni pourquoi il n'y a plus d'affectio societatis européen. 
4. Le sentiment d'un destin commun, d'un contrat de progrès, d'une communauté d'avenir s'est volatilisé. Au fur et à mesure que les niveaux de vie européens baissent, que les populations démunies souffrent, que les laissés pour compte voient leurs rangs augmenter, la sensation - naguère si rassurante - d'une prospérité générale, susceptible de compenser les déboires individuels, disparaît. L'Europe des valeurs sociales fout le camp, l'Europe politique lui emboîte le pas. En écho, les populismes ne cessent de monter, lesquels se fondent précisément sur le sentiment anti-européen. Cercle vicieux infernal dont il ressort un risque réelle de "renationalisation". Donc, insulter Papandreou, attaquer les pays du "Club Med", est en soi une destruction de l'esprit européen.
5. La manoeuvre politique de Papandreou est cousue de fils blancs, mais elle n'est en rien différente du raisonnement politicien qui anime tous les dirigeants de l'Union. Le Premier ministre grec, hors d'haleine, cherche à se maintenir par une double tactique. D'une part, il contourne et ligote les lobbies anti-réformes (des jeunes gauchistes libertaires à l'Eglise orthodoxe en passant par les armateurs) et les politicards de tous bords qui veulent sauver leurs privilèges fiscaux ou leur siège en focalisant toute la colère populaire sur Papandreou. D'autre part, il prend le peuple en otage en le forçant à approuver le plan de sauvetage européen et à valider l'extrême rigueur qu'il induit. Si jamais les Grecs votaient "non", cela entrainerait la sortie de la Grèce de la zone euro, or le peuple grec est extrêmement attaché à l'euro. En résumé, ou bien vous soutenez le plan et vous reconduisez Papandreou, ou bien vous serez privé d'euro! 
Il n'est pas complètement honnête de s'en prendre violemment au premier ministre grec, disais-je donc... Mais, il n'est en rien honnête de prendre ses partenaires par surprise, comme l'a fait Papandreou. 
Le chef du gouvernement grec a fait preuve d'une grande et authentique fourberie en ne prévenant personne de son initiative de référendum, d'autant plus que ce dernier ne devrait avoir lieu qu'au début de l'année 2012, ce qui suppose encore des mois d'agitation et d"incertitide. Un excellent connaisseur de l'Europe, Jean-Dominique Giuliani, rappelle que la manière dont il a procédé est contraire, non seulement à l'esprit européen, mais aussi au principe de coopération loyale rappelé à l'article 4 du Traité sur l'Union européenne: "Les Etats membres facilitent l'accomplissement par l'Union de sa mission et s'abstiennent de toute mesure susceptible de mettre en péril la réalisation des objectifs de l'Union". Il n'était pas nécessaire de rajouter une couche d'irresponsabilité au désordre actuel. 
Papandreou portera la marque de celui qui a brisé la solidarité européenne alors que celle-ci venait juste de s'exprimer, oh combien douloureusement, au bénéfice de son pays. Ce n'est pas là l'attitude d'un grand homme d'Etat. Heureusement qu'il n'y a qu'un seul Papandreou en Europe. Mais est-ce si sûr?... 
Avec

Re: Crise financière de 2011 : crise économique réelle ou système financier défaillant ?

Autre farce de sandwich grec dansant le sirtaki en donnant un fakelaki au tratziki :

En pleine crise politique, la Grèce change tout son état-major militaire


ATHENES - Le Grèce a annoncé mardi un changement de tout son état-major militaire, au milieu d'une crise politique qui pourrait entraîner la chute du gouvernement après la décision surprise d'organiser un référendum en Grèce sur le plan de sauvetage européen du pays.

Un conseil de sécurité de l'Etat, réuni sous la présidence du Premier ministre Georges Papandréou, a remplacé les quatre têtes de l'armée, le chef d'état-major des armées, les chefs d'état-major de l'armée de Terre, de la Marine et de l'Armée de l'air, et a déchargé de leurs fonctions une douzaine d'officiers de l'Armée et de la Marine, a indiqué le ministère de la Défense dans un communiqué publié dans la soirée.

Une source au sein du ministère a affirmé à l'AFP que les réunions avaient été programmées il y a longtemps, que ce grand remaniement était prévu et n'avait aucun lien avec la situation politique.

Mais les partis d'opposition ont immédiatement attaqué le gouvernement sur cette décision.

Vous êtes finis, laissez les forces armées tranquilles, a ainsi déclaré Margaritis Tzimas, chargée des questions de défense au sein du parti Nouvelle Démocratie (opposition de droite), qualifiant le remplacement de l'état-major d'anti-démocratique.

Les autres partis ont également questionné les motivations du gouvernement.

Ceci renforce le climat d'incertitude et d'inquiétude dans l'opinion publique, a estimé la Gauche démocratique.

L'annonce surprise par M. Papandréou, lundi soir, de la tenue d'un référendum début 2012 et d'un vote de confiance vendredi a rallumé les spéculations sur un départ du Premier ministre et/ou la tenue d'élections anticipées, où le gouvernement ne dispose plus que d'une majorité de 152 députés sur 300 sièges.

Selon un connaisseur des moeurs politiques grecques, les chefs de gouvernement grecs, de quelque famille politique qu'ils soient, changent l'état-major militaire avant une alternance politique anticipée, en nommant des gens jugés favorables à leur camp.

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Re: Crise financière de 2011 : crise économique réelle ou système financier défaillant ?

Greg a écrit:

L'alternative c'est "validez-vous ou pas le plan d'aide décidé à Bruxelles jeudi dernier". Ca aura lieu en janvier, et donc ça retarde la mise en oeuvre du plan. Ca s'est décidé sans concertation. La France et l'Allemagne voient rouge. Les bourses dévissent (et particulièrement celle d’Athènes).

Greg a écrit:

C'est une décision démocratique certes (d'aucuns disent une panique devant la rue) qui rappelle que l'Europe ne peut pas se faire sans les peuples, mais un "non" grec constituerait une réplique du "non" français à la Constitution européenne avec des conséquences, économiques cette fois, directes et immédiates :

C'est assez amusant de voir à quel point la démocratie est piétinée (dans les faits) par ceux qui s'annoncent démocrates (dans les discours). Ca me fait penser au concept du double bind qu'évoquait Orwell pour expliquer comment, en régime dictatorial, on pouvait sans problème penser une chose et son contraire...

On demande à un peuple de s'exprimer sur une question qui les concerne au premier plan. Sans être populiste, quoi de plus normal ? Papandréou était pris entre le marteau (le mécontentement du peuple) et l'enclume (la troika et les marchés). Quelque soit son mouvement, il perdait à tous les coups : 1/ continuer les plans de rigueur sans l'aval de son peuple aurait probablement mené à une révolte et aurait donné une image de lui comme vassal de l'Europe ; 2/ stopper les plans de rigueur conduirait la Grèce dans le mur (sortie de la zone euro du mauvais élève). Il lui fallait donc tenter de concilier le marteau et l'enclume en faisant en sorte que son peuple lui-même prenne son destin en main (et en récupérant au passage sa dignité). Habile coup de poker qui, s'il réussit, lui redonnera la légitimité au sein de son peuple - à qui il doit rendre compte bien avant ses partenaires européens.

Ce que l'Europe peut faire c'est dire clairement à quoi renvoie la question et proposer une interrogation franche et directe du type : "Souhaitez-vous rester dans l'Europe ?" puisqu'en dernier ressort, c'est à cela que renvoie le référendum.

Mais nous voyons à quoi ressemblera l'Europe de demain. Elle ne sera pas politique mais technique; elle fonctionnera comme un système de mutualisation assurantielle et chaque pays membre qui se prendra un certain nombre de mali finira par en être exclu. Le problème c'est qu'en général, assureur et assurés ne sont pas la même personne...

Re: Crise financière de 2011 : crise économique réelle ou système financier défaillant ?

Le référendum en soi ne pose pas souci (pour moi du moins, car la pratique européenne en matière de consultation populaire est malheureusement assez peu démocratique dès lors que l'enjeu est réel), mais le moment et la façon de l'amener interpelle cependant: cacher cette intention à ceux qui, qu'on approuve ou non, vont contribuer à payer et se sont engagés pour une solution approuvée par celui-là même qui va la remettre en cause ne peut être considéré comme loyal et honnête...

"Si le peuple pense mal, changeons le peuple..."

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Re: Crise financière de 2011 : crise économique réelle ou système financier défaillant ?

On demande à un peuple de s'exprimer sur une question qui les concerne au premier plan. Sans être populiste, quoi de plus normal ? Papandréou était pris entre le marteau (le mécontentement du peuple) et l'enclume (la troika et les marchés).

Pourquoi ne pas l'avoir fait avant alors ?!

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Re: Crise financière de 2011 : crise économique réelle ou système financier défaillant ?

Arken a écrit:

Pourquoi ne pas l'avoir fait avant alors ?!

Je n'ai évidemment pas à la réponse à cette question. Mais je dirais que c'était parce qu'il n'était pas encore aussi acculé qu'il l'est aujourd'hui. C'est probablement l'homme qui tient le plus au monde, en ce moment précis, le destin de son pays entre ses mains. Pour ma part, je vois cette opération comme un transfert - légitime - de responsabilité vers son peuple.

Re: Crise financière de 2011 : crise économique réelle ou système financier défaillant ?

LHSLT a écrit:
Arken a écrit:

Pourquoi ne pas l'avoir fait avant alors ?!

Je n'ai évidemment pas à la réponse à cette question. Mais je dirais que c'était parce qu'il n'était pas encore aussi acculé qu'il l'est aujourd'hui. C'est probablement l'homme qui tient le plus au monde, en ce moment précis, le destin de son pays entre ses mains. Pour ma part, je vois cette opération comme un transfert - légitime - de responsabilité vers son peuple.

1° Oui en effet d'après Mélenchon, cité plus haut" il y a eu 13 grèves générale en Grèce et chacune a réclamé un référundum" etc...

2° Pourquoi sans aviser ses partenaires européens, ni personne d'ailleurs ?
C'est donc plus la forme que le fond qui dérange, cette façon de prendre cette décision" à la hussarde".

3° Le "non" à ce référendum n'est pas encore acquis---> janvier. D'ici là il pourrait y avoir bcp de pression médiatique pour faire pencher le vote du côté du "oui"... je ne sais pas... mais prudence...

Sinon la phrase en gras :
C'est très très vien vu ! smile

Il ya quelque chose de beau, de noble, dans cette consultation démocratique. Pour ma part je n'y suis pas insensible.

Last edited by zaza's birthday (02-11-2011 16:25:30)

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Re: Crise financière de 2011 : crise économique réelle ou système financier défaillant ?

Il y aurait eu quelque chose de beau et noble à le faire ouvertement et il y a quelques semaines, comme tu l'as dit. Là, cela fait simplement penser à une défausse en douce....

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Re: Crise financière de 2011 : crise économique réelle ou système financier défaillant ?

Ce coup de Papandréou est soit la plus stupide et la plus absurde décision qui soit (puisqu'elle annule un accord qui aide effectivement la Grèce), soit un véritable coup de génie politique qui permettra de mettre un terme durable au problème grec, d'une façon qui soit acceptée par son peuple. Mais dans tous les cas c'est un coup de poker, au regard d'une situation sociale que Papandréou a eu le mérite de prendre en compte (après 13 grèves générales, c'est compréhensible) mais qui menace clairement ce référendum d'une issue négative. C'est un pari risqué qui engage par fait accompli l'ensemble des partenaires du sommet de Bruxelles.

Et si l'issue de ce référendum est effectivement négative, alors c'est le scénario du défaut et de la cessation de paiement, avec retour à la drachme, dévaluation, et potentiellement bank run des grecs eux-mêmes. Dans l'option optimiste, cette dévaluation permet progressivement un retour des exportations et potentiellement le retour d'un solde des paiements positif, et le lancement d'un nouveau cycle positif. Il y a assez peu de chance que même à long terme, la Grèce connaisse ce chemin optimiste car son économie est insuffisamment spécialisée, et elle importe 4 fois plus qu'elle n'exporte. Et quand bien même à moyen terme une issue est envisageable par le biais du défaut, les conséquences de court terme sont à la fois imprévisibles et potentiellement terribles.

Si au contraire l'issue du référendum est positive, alors l'accord de jeudi dernier, et tout ce qu'il implique dans l'acceptation des réformes de rigueur qui lui sont associées, est démocratiquement validé et les grecs relèveraient fièrement la responsabilité du remboursement des 120% du dette qui leur incomberait après cette validation. Un vote positif nous amènerait dans une situation plus favorable encore que ce qu'elle n'était au lendemain de l'accord de jeudi dernier.

Mais il est clair que d'un point de vue technique le référendum doit avoir lieu le plus rapidement possible, car le reste du monde est de plus en plus indisposé par le manque d'horizon qu'un seul pays est capable d'imposer à l'Europe. D'autre part, il semble que les dirigeants européens sont d'accord pour dire que l'accord de jeudi dernier est "non négociable" et qu'un vote négatif équivaudrait à une sortie de la zone euro ; qu'en conséquence il vau mieux demander aux grecs s'il veulent rester dans la zone euro, ce qui est différent du projet initial de Papandréou. Edit : d'ailleurs sur ce dernier point, le gvt grec a confirmé qu'il interrogerait son peuple sur le plan d'aide, et non sur l'appartenance à la zone euro.

Ce qui est certain, c'est que par sa décision, son coup historique, Georges Papandréou a montré qu'il avait un immense courage et le sens de l'Histoire. On peut regretter la forme (un dédit de l'accord signé quelques jours plus tôt), le fait qu'il ait pris tout le monde par surprise (les membres de son gouvernement même), le fait qu'il ait causé une panique dans cette "surprise du chef". Mais il est clair qu'il devenait de plus en plus difficile de laisser le peuple grec en dehors d'un processus européen qui lui demandait autant de sacrifices.

Edit : il apparaît que les dirigeants européens ne "lâcheront pas" la tranche d'aide de 8 milliards d'euros (que les grecs attendent depuis plusieurs mois) avant le référendum. Ils scellent par ce biais un scénario de cessation de paiement en cas de vote négatif. Et de fait, la Grèce n'entrerait pas en une telle situation avant mi-décembre, donc le référendum devrait avoir lieu avant ce délai. nous assistons tout à fait à cette situation assez inédite sous cette forme de "tutelle" internationale de fait sur un pays pour raison économique.

Last edited by Greg (02-11-2011 20:42:01)

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Re: Crise financière de 2011 : crise économique réelle ou système financier défaillant ?

Je rebondis juste sur deux points :

1/ La Grèce n'exporte pratiquement rien. Donc, à mon avis, une sortie de l'euro serait catastrophique pour la population (inflation, fuite des capitaux, population appauvrie, déroute des banques, mouvements massifs de fuite du pays, etc.). Enfin, disons que ce serait encore plus catastrophique que la rigueur séculaire qui les attend dans le cas contraire...

2/ Non, justement, le référendum ne doit pas avoir lieu tout de suite car sinon c'est probablement l'homme qui sera jugé et le "non" l'emportera. Il a donc besoin de temps pour convaincre sa population et ainsi transformer ce qui paraît être un coup de poker en un pari à l'issue certaine (à mon avis, c'est cela son plan). Ce qui, à n'en pas douter, le ferait entrer dans l'histoire. Au temps court des marchés, il doit opposer le temps long de la démocratie. Pour ma part, je pense que Papandréou est beaucoup plus malin que certains ne le pensent ici...

Re: Crise financière de 2011 : crise économique réelle ou système financier défaillant ?

gustave a écrit:

Il y aurait eu quelque chose de beau et noble à le faire ouvertement et il y a quelques semaines, comme tu l'as dit. Là, cela fait simplement penser à une défausse en douce....

Tu veux dire, avant le plan d'aide de Bruxelles ?

Il paraîtrait qu'il en aurait causé un peu avant :

http://www.france-info.com/monde-europe … 15-15.html

Pour  "défausse", il va rencontrer tous les responsables des institutions européennes ce soir, ce qui ne va pas être une partie de plaisir à proprement parlé.
Il va se retrouver devant" un conseil de discipline" (j'ai lu cela  sur France Info aussi) .Autrement dit , ils vont le" charger", diplomatiquement bien sûr. Et aussi , sans doute lui mettre la pression sur:

Quelle question allez-vous poser à votre peuple lors du référendum? Et quand allez vous le faire M.Papandréou?

Ce qui était prévu au départ à savoir:

Validez-vous ou pas le plan d'aide décidé à Bruxelles le etc...

pourrait se transformer à la suite de cette réunion en: ( plus probable, je pense)

- Est-ce que vous voulez ou non rester dans la zone Euro?

Ce n'est pas du tout pareil, n'est-ce pas? Pour la deuxième question, les Grecs auront beaucoup plus de scrupules à répondre "non ", si la réponse est posée en ces termes, enfin je suppose.

Donc je ne suis pas d'accord avec toi, je trouve cet homme courageux d'affronter les dirigeants Européeens + Mme Lagarde.

Et justement parce que c'est une décision difficile à prendre, il a dû avoir du mal à la prendre, mais même s'il l'a prend tardivement au moins il le fait.

Edit fautes corrigées + j'ai posté en même temps que Greg et LSH..

Last edited by zaza's birthday (02-11-2011 20:45:43)

"Rédupliquer, c'est être ce qu'on dit." (S.Kierkegaard)

Re: Crise financière de 2011 : crise économique réelle ou système financier défaillant ?

@Zaza:
j'approuve le recours au référendum, comme cela a été fait en Islande par ailleurs, mais pas les circonstances de ce recours: si il en a parlé précedemment ce fut bien faiblement, ou d'autres n'ont pas la conscience tranquille... Le recours au référendum sans consultation (au moins pour alerter) ceux qui se sont démenés pour son pays (avec leur intérêt bien compris certes, mais la Grèce est au tout premier chef concernée) ni formulation explicite de celui-ci (comme tu le dis la question ne sera pas neutre) est a minima une faute de solidarité européenne (qui n'est pas seulement un bon sentiment ces jours) et ne résoud rien pour l'heure! Le recours au référendum est une bonne chose, encore faut-il l'employer à bon escient (cf Islande), auquel cas il est un signal d'ailleurs salutaire du fait que la nation est incarnée dans un peuple plus que dans une place boursière.

"Si le peuple pense mal, changeons le peuple..."

Re: Crise financière de 2011 : crise économique réelle ou système financier défaillant ?

http://ce-soir-ou-jamais.france3.fr/?pa … rique=1493 (je n'ai pas encore regardé mais ils évoquent le référendum).

Quand on post on raconte pas sa vie.

173

Re: Crise financière de 2011 : crise économique réelle ou système financier défaillant ?

Et finalement,le référendum aura bien lieu début décembre, et la question fera référence (sans plus de précision) à l'appartenance de la Grèce à la zone euro.

Plusieurs points juridiques sont en suspend. La Grèce peut-elle quitter la zone euro sans quitter l'UE ? Peut-elle simplement quitter la zone euro ?

D'autre part, il y a plusieurs modalités permettant de faire mention de l'appartenance à l'UE. On peut y faire mention seul ("souhaitez-vous que la Grèce continnue d'appartenir à la zone euro ?"). MAis on peut y faire mention avec un autre élément. Exemple : "Validez-vous l'accord européen du 27 octobre, étant entendu qu'en dépend l'appartenance de la Grèce à la zone euro ?".

Il faut encore que Papandréou soit "validé" demain ou vendredi au prochain vote de confiance au Parlement. Si ce n'est pas le cas, toutes ces réunions ne servent à rien. La tactique politique de Papandréou consiste justement, par la sidération qu'a provoqué cette décision de référendum, à braquer le projecteur sur lui pour se rendre "irremplaçable" dans ce processus référendaire. Mais il faut encore que son parlement le suive, ce qui est loin d'être acquis. En cas de chute du gvt Papandréou, la situation évoluerait dans l'incertitude : les marchés estiment que sa démission mettrait un terme au référendum. Les élections anticipées devraient aboutir à un gouvernement que l'on prévoit valider l'accord du 27 octobre sans référendum. L'échec serait alors total pour Papandréou qui avait le choix entre le déshonneur et la démission et qui aura recueilli le déshonneur et la chute. S'il tient au contraire, et qu'il mène à bien le processus référendaire, alors il gagne sur tous les plans.

La situation est consternante dans la mesure où le monde entier est suspendu au choix de 11 millions de personnes, mais ne doit pas nous faire perdre de vue l'objectif de réussite commune des européens face à cette situation où nous sommes de gré ou de force solidaires (au sens social, mais aussi au sens juridique de responsabilité solidaire des associés dans une société...).

Au fait, je me dit que notre anonyme favori doit être plutôt satisfait puisque la situation actuelle va dans son sens : celui d'une cessation pure et simple de paiement (avec de son point de vue une perspective optimiste sur la sortie de crise d'une Grèce hors zone euro - point de vue partagé avec Christian Saint-Ettienne et d'autres économistes par ailleurs). Je reste persuadé que cette solution est la pire possible, mais si le référendum grec ne passe pas, on pourra l'expérimenter en direct donc patience; et nous pourrons alors tous "prendre notre perte" dans la joie et la bonne humeur...

Enfin : l'accord de ce soir devrait calmer le jeu et apporter un peu de visibilité. C'est dans un mois et cela va certainement polariser l'attention du monde entier. Après les primaires PS, le référendum grec ! Reste qu'avec ce sommet, c'est triste à dire, mais les européens passent un chouia pour des branquignols aux yeux de tous les autres membres du G20. Ils étaient venus pour le tapis rouge, les strass, les paillettes, et ils n'auront que la faillite (ou la non faillite) grecque au menu, au beau milieu d'une Croisette désertée de début novembre. Ils seraient touristes qu'ils demanderaient le remboursement du billet !

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

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Re: Crise financière de 2011 : crise économique réelle ou système financier défaillant ?

Tu pourrais développer sur le fait que sortir de l'Euro impliquerait de sortir de l'Union Européenne ?

"Ecarte-toi, gnome fétide. Ma virilité n'a pas la place de passer..."

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Re: Crise financière de 2011 : crise économique réelle ou système financier défaillant ?

Il n'existe pas d'article du traité qui fasse référence à une sortie de la zone euro, alors qu'il existe un opt-out pour l'UE. En gros il n'y a pas d'autre base juridique de sortie. Mais bon, on n'est pas à un "videju" près.

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"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: Crise financière de 2011 : crise économique réelle ou système financier défaillant ?

Greg a écrit:

Il faut encore que Papandréou soit "validé" demain ou vendredi au prochain vote de confiance au Parlement. Auquel cas, toutes ces réunions ne servent à rien.

C'est fort possible puisque Papandréou est en train d'être lâché par son propre gouvernement.

Re: Crise financière de 2011 : crise économique réelle ou système financier défaillant ?

gustave a écrit:

@Zaza:
j'approuve le recours au référendum, comme cela a été fait en Islande par ailleurs, mais pas les circonstances de ce recours: si il en a parlé précedemment ce fut bien faiblement, ou d'autres n'ont pas la conscience tranquille... Le recours au référendum sans consultation (au moins pour alerter) ceux qui se sont démenés pour son pays (avec leur intérêt bien compris certes, mais la Grèce est au tout premier chef concernée) ni formulation explicite de celui-ci (comme tu le dis la question ne sera pas neutre) est a minima une faute de solidarité européenne (qui n'est pas seulement un bon sentiment ces jours) et ne résoud rien pour l'heure! Le recours au référendum est une bonne chose, encore faut-il l'employer à bon escient (cf Islande), auquel cas il est un signal d'ailleurs salutaire du fait que la nation est incarnée dans un peuple plus que dans une place boursière.

Tu as failli me convaincre mais en fait non. smile

1) "s'il en a parlé précedemment ce fut bien faiblement". Qu'il en ait parlé faiblement, peut-être. J'ai néanmoins quelques doutes...
Je pense qu'il a du en parler avant les accords, mais qu'il n'a pas été écouté. Sur quoi je m'appuie pour dire ça?
N. Sarkozy écoute à peine ses conseillers les plus proches alors quant à écouter Papandréou...

Ils n'ont probablement pas voulu l'entendre. Il a accepté le plan d'aide, il lui a été imposé, une mauvaise négociation en somme. D'où le retournement.

2)Je ne m'y connais absolument pas en économie, mais tu as parlé de loyauté et d'honnêteté et j'ai lu un commentaire sur un blog d'un journal qui disait ceci et qui m'a davantage convaincue  smile

" Parler également de loyauté alors que l’Europe n’a pas su garder des taux d’intérêts décents pour la Grèce depuis plus de ans maintenant, n’est pas non plus une logique claire ni une loyauté quelconque. Si nous voulions vraiment aider, on aurait prêté à la Grèce à un taux dit « logique ». Les taux d’intérêt de la Grèce varient entre 10 et 20% !!!"*

Donc pour répondre aussi à Greg sur la question de la loyauté, pour avoir des associés loyaux il faut soi-même être loyal. smile

@lehussard : merci d'avoir posté hier.

*ce qui est dit là a dû être écrit également sur le forum par lehussard ou Canard Laqué mais j'ai eû un peu la flemme de remonter tout le fil ...

"Rédupliquer, c'est être ce qu'on dit." (S.Kierkegaard)

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Re: Crise financière de 2011 : crise économique réelle ou système financier défaillant ?

Une analyse en termes de théorie des jeux aurait été intéressante. D’un côté, on a un Papandreou qui a besoin de temps pour tenter d’orienter le résultat d’un référendum ; et de l’autre, l’Europe (devenue pour l’occasion le porte-parole des créanciers), prenant acte d’un référendum surprise, lui impose de tenir rapidement ce référendum au risque d’en précipiter une issue négative qui pourrait lui être dommageable… je crois qu’on a rarement vu, à une échelle aussi vaste, une situation aussi sous-optimale de coopération. Maintenant, pour que la Grèce reste dans l’euro, il me semble qu’il n’y a que deux options :
1/ Annuler le référendum. Mais cette action ne peut venir de Papandreou lui-même qui perdrait définitivement la face.
2/ Ou l'abandon du ministre par son gouvernement. Ce qui reviendrait indirectement à l'option 1.

zaza's birthday a écrit:

@lehussard : merci d'avoir posté hier.

T'as bien aimé la vidéo ?

Re: Crise financière de 2011 : crise économique réelle ou système financier défaillant ?

LHSLT a écrit:

Une analyse en termes de théorie des jeux aurait été intéressante. D’un côté, on a un Papandreou qui a besoin de temps pour tenter d’orienter le résultat d’un référendum ; et de l’autre, l’Europe (devenue pour l’occasion le porte-parole des créanciers), prenant acte d’un référendum surprise, lui impose de tenir rapidement ce référendum au risque d’en précipiter une issue négative qui pourrait lui être dommageable… je crois qu’on a rarement vu, à une échelle aussi vaste, une situation aussi sous-optimale de coopération. Maintenant, pour que la Grèce reste dans l’euro, il me semble qu’il n’y a que deux options :
1/ Annuler le référendum. Mais cette action ne peut venir de Papandreou lui-même qui perdrait définitivement la face.
2/ Ou l'abandon du ministre par son gouvernement. Ce qui reviendrait indirectement à l'option 1.

zaza's birthday a écrit:

@lehussard : merci d'avoir posté hier.

T'as bien aimé la vidéo ?

Je crois qu'un "oui" est possible si la question est simple et est celle-ci :
"Est-ce que vous voulez oui ou non rester dans la zone euro". Tant qu'on ne connait pas la question posée on ne peut pas véritablement émettre d'hypothèse. Le choix des mots sera crucial dans cette interrogation. C'est mon avis. smile

Sinon, oui j'ai bien aimé l'explication de Daniel Cohen, sur les liquidités, la planche à billet etc, très intéressant ...
(j'ai regardé très rapidement)

"Rédupliquer, c'est être ce qu'on dit." (S.Kierkegaard)

Re: Crise financière de 2011 : crise économique réelle ou système financier défaillant ?

zaza's birthday a écrit:

Je pense qu'il a du en parler avant les accords, mais qu'il n'a pas été écouté. Sur quoi je m'appuie pour dire ça? N. Sarkozy écoute à peine ses conseillers les plus proches alors quant à écouter Papandréou...
Ils n'ont probablement pas voulu l'entendre. Il a accepté le plan d'aide, il lui a été imposé, une mauvaise négociation en somme. D'où le retournement.

Il ne s'agit pas seulement de Sarko en l'occurence, ce qui rend cette version de Papandreou trahi par tous assez improbable, d'autant plus qu'il aurait été assez étrange de n'y associer ni son gouvernement ni son opinion publique!

zaza's birthday a écrit:

2)Je ne m'y connais absolument pas en économie, mais tu as parlé de loyauté et d'honnêteté et j'ai lu un commentaire sur un blog d'un journal qui disait ceci et qui m'a davantage convaincue  smile
" Parler également de loyauté alors que l’Europe n’a pas su garder des taux d’intérêts décents pour la Grèce depuis plus de ans maintenant, n’est pas non plus une logique claire ni une loyauté quelconque. Si nous voulions vraiment aider, on aurait prêté à la Grèce à un taux dit « logique ». Les taux d’intérêt de la Grèce varient entre 10 et 20% !!!"*

Qui aurait prêté? Je ne crois pas que cela soit du ressort de l'UE. Celle-ci ne me semble que fort peui voire pas du tout responsable de l'endettement grec, et heureusement d'ailleurs, le contraire serait plutôt inquiétant quant à la souveraineté nationale! Ce que l'UE aurait pu faire, mais j'aurai du mal à croire que les grecs auraient été preneurs et je ne suis aps sûr que je soit pour, aurait été de contrôler le "train de vie" grec.

"Si le peuple pense mal, changeons le peuple..."

Re: Crise financière de 2011 : crise économique réelle ou système financier défaillant ?

La gauche et la droite (à demi- mot )se disent pour un référendum de la Grèce . Démocratie j'écris ton nom . Soit !

Dans ce cas là , à quand un référendum des pays qui prêtent : Allemagne , France etc  ?! Si les Grecs ont leurs mots à dire , à ce ptit jeu là nous aussi !

Je doute que les allemands soient aussi altruiste que leur chancelière ....

Last edited by Keitaro (03-11-2011 15:50:19)

Si vous avez construit des châteaux dans les nuages, votre travail n'est pas vain ; c'est là qu'ils doivent être. À présent, donnez-leurs des fondations!..

182

Re: Crise financière de 2011 : crise économique réelle ou système financier défaillant ?

Keitaro a écrit:

Je doute que les allemands soient aussi altruiste (sic) que leur chancelière ....

La chancelière altruiste ? Lol.

183

Re: Crise financière de 2011 : crise économique réelle ou système financier défaillant ?

Les Bourses remontent saluant la baisse du taux directeur de la BCE. On s'oriente aussi sûrement vers un retrait du référendum...

Last edited by LHSLT (03-11-2011 17:57:50)

Re: Crise financière de 2011 : crise économique réelle ou système financier défaillant ?

LHSLT a écrit:
Keitaro a écrit:

Je doute que les allemands soient aussi altruiste (sic) que leur chancelière ....

La chancelière altruiste ? Lol.

Certes mais par diplomatie et par obligation , elle est allé à remonte courant , rebrousse poil de son parti et de ses électeurs .
c'est pas le bon mot mais c'est à  relativiser et à contextualiser avec son opinion publique.c'est sur qu'en France elle passerait et passe pour une égoïste.

Si vous avez construit des châteaux dans les nuages, votre travail n'est pas vain ; c'est là qu'ils doivent être. À présent, donnez-leurs des fondations!..

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Re: Crise financière de 2011 : crise économique réelle ou système financier défaillant ?

Following are comments on Thursday by policymakers attending the Group of 20 Summit in Cannes, France, and other euro zone officials, as Europe considered the possibility of Greece leaving the euro.

CHINESE PRESIDENT HU JINTAO

"At this critical moment, the G20 must work to address the key problems, boost market confidence, defuse risks and meet challenges, and promote global economic growth and financial stability.

"We should speed up the adjustment of our respective economic structures and endeavor to achieve fairly balanced growth of the global economy. To keep asking emerging markets to revalue their currencies and reduce exports will not lead to balanced growth. On the contrary, it would only plunge the global economy into a 'balanced recession' and make sustainable growth impossible.

"We should advance the reform of the international monetary system in a steady manner, expand the use of the SDR of the IMF, reform the SDR currency basket, and build an international reserve currency system with stable value, rule-based issuance and manageable supply."

U.S. TREASURY UNDER SECRETARY FOR INTERNATIONAL AFFAIRS LAEL BRAINARD

"Currency has been part of these conversations. I think you will see some language in the action plan on that. I think China is recognizing the role of greater exchange rate flexibility in helping to shift to domestic demand. It is one of the one of the most powerful instruments...that Chinese has at its disposal in the near term."

INDIAN PRIME MINISTER MANMOHAN SINGH

"In India, large segments of the financial sector especially banking and insurance is mostly state owned and equity holders and taxpayers are mostly one and the same. In this environment, it is difficult to see why a financial sector tax, which would only raise the cost of capital even further, would be appropriate."

CANADIAN PRIME MINISTER STEPHEN HARPER

Asked about how the G20 would react if Greece left the euro zone: "Obviously that would be an interesting contingency and we have had some discussion of that. But my expectation is that cooler heads will prevail and the package will be accepted (by Greece) and we'll move forward on that."

EU COMMISSION PRESIDENT JOSE MANUEL BARROSO

"Greece is one of the most economically critical situations a country can find itself in. They are on the brink of bankruptcy ... It's not a time for divisions, but for national unity."

"Our aim is if possible to keep everyone (in the euro zone). It's in our fundamental interest. The markets are very nervous and if a country leaves the euro zone that can give ideas, it's a taboo that is broken."

RUSSIAN PRESIDENT DMITRY MEDVEDEV

"I still hope that the Greek leadership, be that the current government or the coalition government, will have enough moderation to finish this course and finally receive the funds to resolve the massive crisis that hit the Greek economy."

"Our (BRICS) position is such that we need to preserve one of the key reserve currencies. Not only the Europeans, but also Russia and China are interested in the existence of the euro."

FRENCH PRESIDENT NICOLAS SARKOZY

"Most of the talks were devoted to the euro zone."

"The euro is the heart of Europe and Europe is at the heart of French politics. We cannot accept the explosion of the euro, which would be the explosion of Europe. It's perfectly normal that the two founding countries of the euro come to the front line to defend an achievement of our predecessors."

"On Greece, I would simply say that the situation is progressing ... I think I can say that the message directed to the whole of the Greek political class by Germany and France yesterday allowed a new awareness which, if it is confirmed, would be welcomed by everyone.

"The euro implies responsibilities...for all those who participate. There is a solidarity among all its members, but minimum common rules have to be respected. That was the message from the chancellor and me yesterday. I am very happy that there are politicians in Greece who understand this message."

"We have said clearly that we want Greece to stay in the euro, but we cannot wish for this if she does not want it herself."

Earlier, on talks with Obama on a possible global transaction tax: "I think we have a common analysis on how to have the world of finance contribute to resolving today's crisis."

U.S. PRESIDENT BARACK OBAMA

"The most important aspect of our task over the next two days is to resolve the financial crisis here in Europe.

"I agree with President Sarkozy that the EU has made some important steps toward a comprehensive solution, and that would not have happened without Nicolas' leadership.

"But here at the G20 we're going to have to flesh out more of the details about how the plan will be fully and decisively implemented. And we also discussed the situation in Greece and how we can work to resolve that situation as well. The United States will continue to be a partner with the Europeans to resolve these challenges."

WHITE HOUSE DEPUTY NATIONAL SECURITY ADVISER BEN RHODES

"The IMF still has a substantial amount of resources to deal with a range of challenges in Europe and around the world. There are no plans for the United States to provide additional resources ... We can't speak of what other countries may do."

ANDREW MACDOUGALL, CHIEF SPOKESMAN FOR CANADIAN PRIME MINISTER STEPHEN HARPER:

"Canada does not support the tax (on financial transactions). We have an aid program for (the least developed) nations and we do not need another tax. This is not supported by Canada."

BRITISH PRIME MINISTER DAVID CAMERON

"When the world is in crisis, it's right that you consider boosting the IMF.

"No government has ever lost money by lending money to the IMF. What we wouldn't support is the IMF investing directly in some euro bailout fund. That wouldn't be right and we won't back it."

WHITE HOUSE DEPUTY NATIONAL SECURITY ADVISOR MICHAEL FROMAN

"The president made clear that he shares the objectives that Chancellor Merkel and President Sarkozy have in ensuring that the financial sector contributes an appropriate share to the resolution of crisis."

"The administration has proposed one approach to that through the financial crisis responsibility fee. The Europeans have another approach. There is broad consensus between the Europeans that the president met with this morning and ourselves about the ability of each to pursue this in their own way, in whatever way they see to be most effective."

BRITISH G20 OFFICIAL IN CANNES, ANONYMOUSLY

"There's a boost to confidence from having a well-resourced IMF. It would be a global boost to confidence that the IMF, if needed, has enough resources. It's not a substitute for the euro zone dealing with its problems."

RUSSIAN PRESIDENT DMITRY MEDVEDEV

"Europe should aid itself, the European Union has everything for that today -- the political authority, the financial resources and the backing of many countries.

"Countries with excessive debt burdens should immediately start fiscal consolidation. Countries in the eurozone that are viewed by the markets as safe havens should support demand and thus facilitate the situation for their weaker partners.

"The reward system of shareholders and managers of financial institution should be changed step by step. Otherwise the 'Occupy Wall street' slogan will become fashionable in all developed countries. And thus instead of dealing with economic growth, everyone will be busy with what has been created."

"I think the long-anticipated entry of Russia into the WTO would be a good contribution to our common cause. It is fruitful to both us and our partners.

"We are ready to accept certain compromise ideas that have been recently worked out with the participation of Switzerland"

SOUTH AFRICAN FINANCE MINISTER PRAVIN GORDHAN

Asked whether BRICS would avoid exposure to the euro zone crisis until Greek issue is resolved: "Yes, that's the idea."

Asked if Greece could leave the euro: "We hope not. We will tell them that it is up to the euro zone members to sort this out."

TURKISH PRIME MINISTER TAYYIP ERDOGAN

"I welcome decisions taken by EU leaders taken at the recent summit but it is very important to implement them as soon as possible to remove the risks we are faced with.

"We still have serious risks and challenges we need to overcome for the future of the global economy, especially in Europe but also elsewhere with high public debt, unemployment and global imbalances. It is important all G20 countries cooperate even more than before.

"The greatest vulnerability threatening the economy is the sustainability of public debt in developed economies.

"It is very important developed countries have concrete and well planned financial policies and that they are implemented. We have seen the importance of that in context of Europe because there have been inconsistent statements made to the public and some of the budgets did not reflect the realities."

JAPANESE PRIME MINISTER YOSHIHIKO NODA

"I expect Europe to steadily implement measures agreed at the European Union summit meeting in order to help stabilize financial systems in Europe."

CHINESE PRESIDENT HU JINTAO

"We have exchanged views on the global economic situation at the BRICS leaders meeting, we discussed the European debt crisis. Now we could exchange opinions on bilateral issues."

"The existing (euro crisis plan) demonstrates the EU's determination to solve the European debt problem and we hope that the implementation of the plan will address current difficulties in Europe and boost European economic development.

"Europe is the world's largest economy, and there won't be global economic recovery without European economic recovery.

"We hope Europe will be fine."

KREMLIN ECONOMIC AIDE ARKADY DVORKOVICH

"BRICS leaders agreed to maintain close contacts between finance ministers and sherpas to work out a common position of BRICS member states on the eurozone.

"BRICS leaders agreed to carry out regular consultations in IMF and other formats."

GREEK FINANCE MINISTER EVANGELOS VENIZELOS

"Greece's position within the euro area is a historic conquest of the country that cannot be put in doubt. This achievement by the Greek people cannot depend on a referendum."

"If we want to protect the country we must, under conditions of national unity and political seriousness and consensus, implement without any delay the decision of October 26 ... as soon as possible."

EURO GROUP PRESIDENT JEAN-CLAUDE JUNCKER

On the prospect of a Greek exit from euro zone, to Germany's ZDF television: "We are working on the subject of how to ensure there is not a disaster for the people in Germany, Luxembourg, the euro zone. We are absolutely prepared for the situation. We are absolutely prepared for the situation which I describe and which I want to be avoided.

"Everything must be done to try to make sure one member of the 17-member group does not fade away but if this were the wish of the Greeks -- and I think that would be wrong -- then we cannot force the Greeks toward their fortune.

"This is not my favored scenario. I would like Greece to stay on board but Greece must fulfill its obligations."

(Reporting by Laura MacInnis, Alister Bull, Tetsushi Kajimoto, Gui Qing Koh, Luke Baker, Daniel Flynn, Alexei Anishchuk and Catherine Bremer; Editing by Ruth Pitchford)

Re: Crise financière de 2011 : crise économique réelle ou système financier défaillant ?

Sur 20minutes.fr

"AUSTERITE - Le Premier ministre a martelé, lors d'un déplacement en Haute-Savoie, que réduire les dépenses était la seule solution à la dette...

Le Premier ministre François Fillon a estimé ce samedi que le seul moyen de réduire la dette française était de réduire les dépenses de l'Etat. Il s'exprimait lors d'un déplacement à Morzine (Haute-Savoie), au moment où se jouent les arbitrages de l'Elysée pour un nouveau plan d'austérité. Une hausse de la TVA est notamment attendue.

«L'heure de vérité a sonné, il n'est pas utile de s'en prendre aux agences de notation, aux banquiers, aux spéculateurs ou à je ne sais quel bouc émissaire, pas utile de faire croire qu'il y a des trésors cachés pour financer nos dépenses publiques quand on a le record de la dépense publique et le record des prélèvements obligatoires», a indiqué le Premier ministre.

«Le seul programme qui vaille en 2012 c'est le retour à l'équilibre des comptes publics»

«Il n'y a pas d'autre recettes pour réduire l'endettement que de réduire la dépense. Cette réalité est incontournable, le seul programme qui vaille en 2012 c'est le retour à l'équilibre des comptes publics», a-t-il ajouté.

François Fillon promet que le budget de l'Etat pour 2012 sera le plus rigoureux depuis l'après-guerre. Le Premier ministre doit annoncer lundi le plan censé rapport six à huit milliards d'euros pour compenser la révision à la baisse à 1% de la croissance en 2012, et permettre à la France de conserver les capacités d'emprunt à coât modéré.

Bon on voit déjà ce à quoi doit s'attendre notre pauvre France...
Quand même, je n'ai jamais lu une telle ineptie (la phrase que j'ai mis en gras). L'échec de l'austérité n'a-t-elle pas été démontrée en Grèce ? Comment oser présenter l'austérité comme une "réalité incontournable" ? Il faut vraiment être gonflé pour penser qu'on va gober ça alors que la majorité des économistes sont d'accord sur la dangerosité de cette politique.
"Quelle époque terrible que celle où des idiots dirigent des aveugles.”  disait William Shakespeare ...

ps: c'est marrant je trouve car Fillon joue contre son camp en disant qu'il va faire le "plan d'austérité le plus rigoureux depuis 1945". En effet, il admet que la situation financière est aussi urgente et grave que celle d'après guerre. Or, il n'y a pas eu de guerre n'est-ce pas ? Donc il admet que 20 ans de libéralisme économique ont fait autant de dégâts que la Seconde Guerre Mondiale. Vraiment "idiots" ces "élus".

Last edited by nounou (06-11-2011 14:49:01)

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Re: Crise financière de 2011 : crise économique réelle ou système financier défaillant ?

Les grecs sont en train de saborder leur navire, avec leurs querelles politiques d'écoliers. La gauche fait d'un accord de gouvernement un préalable à la démission de Papandréou, la droite fait de la démission de Papandréou un préalable à des discussion pour un gouvernement d'union. Allez faire quelque chose avec ça...

Quand des enjeux si graves sont sur la table, on se comporte avec plus de hauteur de vue...

Edit : 4H plus tard, l'accord est trouvé : Samaras et Papandréou se revoient demain pour désigner le prochain gvt... C'est laborieux...

Un eurogroupe va se réunir demain, et devrait pouvoir entériner l'accord du 26 en demandant à la Grèce de former son nouveau gouvernement d'Union nationale afin de ratifier avant la cessation de paiement mi décembre l'accord sus mentionné et de toucher l'aide que la troïka a conditionné à l'attribution de la tranche d'aide de 8 milliards attendue (depuis fin août maintenant).

Et mercredi aura lieu un vote de confiance de Silvio Berlusconi, que le Parlement italien serait inspiré de remplacer tant il nuit à la crédibilité d'une Italie qui peut faire face à sa dette, mais qui commence à emprunter à des taux excessivement élevés (et on a vu que c'est cette logique de hausse de taux pour cause d'anticipations qui a conduit à la situation grecque auto-réalisatrice d'aujourd'hui).

Le FESF de son côté, va péniblement tacher de lever ses fonds et il semble que les BRIC préfèrent passer par le FMI. Question d'habitude, mais également question de garantie. Aussi, il semble qu'un véhicule spécial d'investissement pour BRIC auprès du FESF pourrait être développé au sein du FMI. Ce même FESF avait du annuler la semaine dernière une émission obligataire, devant les soubresauts des marchés.

Enfin, les grecs semblent s'être mis d'accord, mais devant la versatilité qu'ils ont manifesté cette semaine et qui a désarçonnés leurs plus fervents soutiens, il leur faudra du temps et des efforts pour rétablir une confiance décisive permettant une sortie de crise. L'application de cet accord du 26 octobre sera-t-elle le mythe de Sysiphe hebdomadaire des citoyens des politiques et des marchés européens, où bien peut-on imaginer une fin à la Ulysse, où après une longue et pénible aventure de 2 ans de sommets en sommets et de charybde en Sylla, on pourra retrouver calme et une stabilité ? A court terme j'en doute. A moyen terme, la mise en oeuvre du plan du 26 octobre et le changement à la tête de nombreux Etats permettra probablement d'endiguer la crise européenne. A moyen terme, seule une régulation financière permettra de limiter les excès des anticipations auto-réalisatrices d'une finance robotisée ultra-volatile, décorrélée des valeurs d'entreprises et des fondamentaux, devenue à peu près similaire en terme de structure interfacée au poker sur internet.

Du point de vue des finances publiques, le gouvernement annonce à nouveau de nouvelles augmentations d'impôts de 8 milliards, et il va vouloir se faire passer, durant les mois qui nous séparent de l'élections présidentielle, comme un gouvernement "rigoureux". Ceux qui ont suivi les finances publiques depuis des années savent que ce gouvernement est le gouvernement qui a le plus creusé les déficits publics et accumulé de dette, non pas seulement à cause de la crise, mais aussi parce qu'il a "redistribué" les fonds publics aux 1% les plus riches et qu'il n'a pas, depuis 5 et 10 ans, actionné comme il se devrait l'Etat en tant que locomotive économique, pilote et soutien de grands et de petits projets. Au total, ce quinquennat aura réalisé un véritable transfert de charges des classes pauvres et moyennes, vers les classes aisées...

Last edited by Greg (06-11-2011 23:20:38)

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Re: Crise financière de 2011 : crise économique réelle ou système financier défaillant ?

Les bons du Trésor italiens sont à 6,65 % ce matin ! Des taux pareils constituent des flammèches dans un sous bois asséché en plein mois d'août ! Pour rappel c'est à partir de taux à 7% que le problème grec a explosé, les intérêts exigés par les créanciers devenant bien trop élevés par rapport à l'état de la croissance du pays et donc des recettes publiques, aggravant à court terme la situation du déficit public du pays. C'est cette logique de taux et d'auto réalisation qui fait passer la situation d'une situation gérable à une situation d'effet boule de neige. L'Italie doit encore lever 50 milliards d'ici la fin de l'année, et la BCE est intervenu ce matin pour acheter de sa dette...

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Re: Crise financière de 2011 : crise économique réelle ou système financier défaillant ?

La « Plunge Protection Team » ou le détournement d’un instrument de protection au profit d’une politique de manipulation

- Extrait GEAB N°8 (15 octobre 2006) -



Si vous étiez abonnés au GEAB, vous auriez lu ce qui suit dès le 15 octobre 2006:

Dans ce contexte, une vaste offensive s’est mise en place en terme de communication. Elle reprend les mêmes logiques que celles concernant l’Irak avant l’élection présidentielle de 2004 : empêcher les électeurs de prendre conscience de l’ampleur du désastre en cours en les inondant de nouvelles fictives, en noyant toute « mauvaise » nouvelle objective dans une multitude de « bonnes nouvelles » subjectives (c’est ce qu’un économiste américain a appelé « la transformation des indicateurs en vindicateurs » (1)), en élaborant chaque semaine de nouvelles explications prouvant que l’actualité si « positive » est durable,…

En fait, on assiste depuis deux mois, et pour encore un mois, à un remarquable exercice de guerre psychologique probablement coordonné par le très secret « Working Group on Financial Markets » (Groupe de Travail sur les Marchés Financiers) créé par l’Executive Order 12631 (2) sous Reagan (3) en Mars 1988, ou autrement dénommé par le Washington Post (4), le « Plunge Protection Team » (Equipe de Protection contre les Plongeons). Ce groupe de travail a été créé à la suite de la crise boursière d’Octobre 1987 avec l’objectif de « promouvoir l’intégrité, l’efficacité, la régularité et la compétitivité des marchés du pays, et de maintenir la confiance des investisseurs ».

Ce groupe qui ne produit aucun rapport, n’a aucune visibilité publique et ne détaille ni l’ordre du jour, ni la composition de ses réunions, est dirigé par le ministre des Finances (Henry Paulson) et comprend le président de la Réserve fédérale (Ben S. Bernanke, ancien conseiller de G.W. Bush, nommé à ce poste fin 2005) et les deux présidents des autorités de surveillance des marchés : le président de la Securities and Exchange Commission Christopher Cox (nommé à ce poste par G.W. Bush en 2005), et Reuben Jeffery III (nommé également par G.W. Bush à ce poste, après avoir été son conseiller), un des directeurs de la CPA, autorité américaine de transition en Iraq et également un ancien de Goldman Sachs comme H. Paulson.

Comme on peut le constater, la double influence de l’administration Bush et de la banque Goldman Sachs est totale sur cette entité qui a vocation à coordonner l’action des principaux acteurs publics et privés américains (invités à participer aux travaux du groupe) autour de l’objectif de « bonne santé » des places financières américaines. Avec la disparition de la publication de M3, fin Mars 2006, et de nombreux indicateurs permettant de suivre l’évolution notamment des flux d’actifs en dollars dans le monde, ainsi que les actions éventuelles de la Fed et du Trésor américain sur les marchés (5), ce groupe de travail possède désormais des possibilités d’action accrues puisque non traçables ; et comme indiqué précédemment (cf. note 6), les « hedge funds » semblent être les premiers opérateurs sollicités pour acheter du Dollar et maintenir son cours. Pour combien de temps ? Et à quel prix ? Réponse dans quelques semaines après les élections.

De là à penser qu'une telle organisation aurait pu détourner vers l'Europe l'attention des marchés suite à la dégradation de la notation américaine, le pas est vite franchi.

Re: Crise financière de 2011 : crise économique réelle ou système financier défaillant ?

En fait, ce sont les banques européennes, premières détentrices des titres de dette européenne qui provoquent leur propre chute en paniquant eux-mêmes...

Dette italienne: les banques françaises jouent avec le feu

Face à des taux italiens historiquement hauts, les banques françaises se délestent massivement de leurs obligations souveraines transalpines. Au risque d'aggraver la crise et de se mettre un peu plus en danger... Explication d'un cercle très vicieux.


Sauve qui peut ! Alors que les taux italiens ont battu mercredi un nouveau record, les banques françaises se sont lancées dans une course effrénée à la vente de leurs obligations transalpines. En moins de quatre mois, BNP s'est délestée de 20,7% de son portefeuille de dettes européennes. Sur les 10 milliards revendus, 8,3 milliards correspondaient à de la dette italienne. Au total, les quatre principales banques françaises (BNP Paribas, Crédit Agricole, BPCE et Société Générale) ont ainsi réduit leur exposition au risque souverain italien de 41,1 à 22,1 milliards d'euros fin octobre.

"En revendant ces titres à la BCE ou à des investisseurs privés comme les hedge fund, dont les profils de risque sont plus élevés, les banques essaient d'éviter le scénario grec", explique Yves Marçais, de Global Equities. Voyant les taux italiens monter en flèche, elles veulent éviter que leurs titres n'aient plus aucune valeur, et préfèrent les vendre aujourd'hui un peu moins cher que leur prix d'achat pour éviter des pertes plus importantes demain. Une pure logique de marché en somme : premier parti, premier servi !

Les banques françaises aggravent la crise italienne...

Sauf qu'en faisant cela, les banques françaises ne font qu'aggraver la situation. En effet, ces ventes ont beau se faire sur le marché secondaire (marché où les obligations se revendent et non celui où elles sont émises), ce sont in fine les taux italiens qui flambent: les obligations secondaires se revendent moins cher, ce qui fait augmenter leur taux... du marché primaire. "La vente de milliards d'euros de dette italienne, dont celle de BNP Paribas, a fait bondir le taux de l'obligation à dix ans de l'Italie, atteste ainsi un proche des autorités de régulation européennes auprès du journal le Monde. Il faut se réjouir du fait que les banques assainissent leurs bilans. Mais on entre dans une spirale infernale, difficile à maîtriser".

Les résultats des banques plombés par la Grèce

Le plan de soutien à la Grèce a plombé les résultats des grandes banques françaises, entraînant de lourdes provisions dans les comptes du troisième trimestre. BNP Paribas a payé le plus lourd tribut avec une provision de 2,2 milliards d'euros, contre 784 millions pour BPCE et 333 millions pour la Société Générale. Quant au Crédit Agricole, la dépréciation des titres souverains grecs s'est traduite par un impact de 650 millions d'euros pour le trimestre. Dans l'ensemble les banques ont appliqué une décote de 60% sur leurs titres grecs.

C'est d'ailleurs pour lutter contre ce cercle vicieux que le gouvernement français, Christine Lagarde en tête, avait demandé il y a quelques mois aux banques de conserver leurs titres grecs, malgré la panique sévissant sur les marchés. Mais les établissements français, qui ne supportent plus de voir leur titre laminé en Bourse parce qu'ils sont trop exposés à la dette européenne, ne se feront pas avoir deux fois. Récemment déjà ils ont payé le prix de la solidarité européenne (voir encadré), en acceptant volontairement la décote de 50% sur leurs titres grecs. Et ce alors même que les banques allemandes n'avaient pas eu les mêmes réticences à se délester massivement de leurs obligations helléniques des mois auparavant.

Pour se justifier, les banques font valoir qu'avec les nouvelles contraintes réglementaires, qui les obligent à augmenter leurs fonds propres, elles n'ont guère le choix. Soit elles doivent accepter une augmentation de capital via des fonds publics, scénario qu'elles préfèrent éviter à l'instar des pouvoirs publics, soit elles doivent réduire la taille de leur bilan. Et pour ce faire, la meilleure solution est encore de céder des actifs.

...Et se mettent en péril

A terme toutefois, le risque n'est pas nul pour les banques hexagonales. Déjà parce que la crise italienne pourrait aboutir à une crise de liquidité qui risque de mettre à mal tous les acteurs du système bancaire. Mais aussi parce que les banques françaises présentent un double risque sur l'Italie : elles y sont exposées par leurs obligations souveraines, mais aussi par leurs réseaux sur place. BNP par exemple y détient une importante filiale, BNL, qui fait de la Botte son second marché après la France. Bien que la situation ne soit pas encore comparable à celle de la Grèce -les taux flirtent avec les 7%, alors qu'ils dépassaient les 15% cet été en Grèce - contribuer à l'aggravation de la situation italienne est donc un pari extrêmement risqué.

Pour l'heure le gouvernement français, qui devra évidemment secourir ses banques dans le cas d'un défaut italien, ne semble pas s'en inquiéter. "Peut-être que lui aussi a fini par tirer les leçons du passé, avec notamment la faillite de la banque Dexia, qui a clairement pâti des décisions du gouvernement français d'interdire aux banques de se délester des actifs souverains", estime Yves Marçais. Peut-être aussi tout simplement que la situation n'est pas encore suffisamment catastrophique en Italie, pour que le gouvernement réagisse. Jusqu'à présent, les politiques européens ont en effet prouvé qu'ils n'étaient pas passés maître dans l'art de l'anticipation...

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Re: Crise financière de 2011 : crise économique réelle ou système financier défaillant ?

On m'a reproché ici il y a quelque temps le fait que j'intègre dans certaines de mes analyses sur la crise un aspect psychologique.

Voici un article sur lequel je viens de tomber, fort intéressant, qui va encore plus loin que le "psychologisme" puisqu'il évoque la volonté de certain de bâtir une véritable "neuroéconomie", que l'on ferait bien de tenir compte dans les cours d'économie à l'Université :

Quand les neurosciences bouleversent l'économie
   
La science économique est fondée sur l'hypothèse d'un individu rationnel, que les neurosciences remettent en cause. On comprendra beaucoup mieux l'économie grâce à une meilleure connaissance du cerveau.

Copyright Reuters
Ce n'est que depuis quelques années que l'on fait un lien entre neurosciences et économie, aussi la neuroéconomie en est-elle encore à ses balbutiements. Son développement tient d'une caractéristique que l'on rencontre souvent dans l'Histoire des sciences : les grandes découvertes viennent en général de lieux inattendus. Les idées stimulantes qui séduisent de jeunes chercheurs et quelques vieux universitaires iconoclastes, désireux d'aborder les choses sous un autre angle, viennent de personnes qui apportent un regard entièrement neuf. C'est ainsi que se produisent les révolutions scientifiques.

La neuroéconomie a franchi très récemment un premier cap, avec notamment la publication l'année dernière du livre intitulé "Foundations of Neuroeconomic Analysis " ("Fondations de l'analyse neuroéconomique ") de Paul W. Glimcher, un chercheur en neurosciences. Son titre est modelé sur celui de la thèse de Paul Samuelson, publiée en 1947, "Fondements de l'analyse économique ", un travail qui a participé à une révolution de la théorie économique.

Glimcher dirige le Centre des neurosciences de l'université de New York (NYU) et y occupe maintenant aussi un poste au département d'économie. Mais pour la majorité des économistes, c'est un extraterrestre. Les neuroéconomistes comme lui font des recherches dépassant largement la zone de confort intellectuel des économistes classiques, car ils bousculent certaines conceptions fondamentales de l'économie en les liant à des structures spécifiques du cerveau.

Une grande partie de la théorie économique moderne est basée sur l'hypothèse d'un comportement rationnel des individus, qui cherchent à accroître leur bien-être, ce que les économistes appellent "l'utilité ". Quand Samuelson s'est attaqué à ce sujet dans sa thèse en 1947, il n'a pas examiné le cerveau mais s'est appuyé sur les "préférences révélées ". C'est l'observation de l'activité économique des individus qui révèle leurs objectifs. Selon Samuelson, des générations d'économistes ont basé leurs recherches non seulement sur les structures physiques sous-tendant la pensée et le comportement, mais aussi sur l'hypothèse de la rationalité de ce dernier.

C'est pourquoi Glimcher est sceptique à l'égard de la théorie économique dominante et cherche à expliquer le comportement en étudiant le cerveau. Il veut transformer la théorie "douce " de l'utilité en une théorie "dure " en l'expliquant par le fonctionnement cérébral.

Il cherche en particulier à identifier les structures du cerveau qui traitent les principaux éléments intervenant selon la théorie de l'utilité quand un individu est confronté à des incertitudes au moment de faire un choix :

1° la valeur subjective attribuée aux conséquences d'un choix ;

2° la probabilité de ces conséquences ;

3° leur valeur subjective espérée (le produit de leur valeur subjective par leur probabilité) ;

4° un mécanisme de calcul cérébral qui permet de choisir en fonction de la plus grande valeur subjective espérée.

Ces recherches pourraient aboutir à la conclusion que toute la théorie de l'utilité est fausse, ou qu'à tout le moins elle doit être revue. À elle seule, cette conclusion ébranlerait toute la théorie économique. On sait déjà que les régions du cerveau traitant des choix avec des probabilités connues quant à leurs conséquences ne sont pas les mêmes que lorsque ces probabilités sont inconnues. Mais on ne sait pas comment le cerveau réagit aux situations ambiguës, lorsque les probabilités liées à un choix sont inconnues. C'est là un champ de recherche stimulant qui pourrait nous aider à comprendre par exemple comment les individus réagissent face à l'incertitude et au risque des marchés financiers en temps de crise.

Keynes estimait que l'essentiel du cycle des entreprises dépend des fluctuations de la psychologie des groupes, un phénomène mental incompris des économistes. On finira sans doute par en savoir bien davantage sur le fonctionnement de l'économie grâce à une meilleure compréhension des structures physiques qui sous-tendent le fonctionnement cérébral. Ces structures sont à la base de l'analogie faite habituellement entre cerveau et ordinateur (constitué de réseaux de transistors qui communiquent par des conducteurs électriques). Mais on peut aussi faire l'analogie avec l'économie : un réseau d'individus communicant entre eux par des connexions électroniques et par d'autres voies. Le cerveau, l'ordinateur et l'économie, ces trois entités, traitent des informations fondamentales en coordonnant les activités d'unités individuelles (respectivement les neurones, les transistors et les individus). En améliorant notre compréhension des informations que l'une de ces entités traite, nous améliorons notre connaissance de l'ensemble des trois.

http://www.latribune.fr/opinions/tribun … nomie.html

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