Bonjour à tous ! Merci aux anciens pour leurs nombreux conseils qui ont grandement facilité ma préparation de l’oral.
Fort de ces nombreux conseils, je m'en allais radieusement ce matin vers le 13 rue de l'Université pour mon entretien. Je postule au master AP filière Culture. Et dans l'ensemble, ça s'est très bien passé.
Mon jury était à l'heure (contrairement à celui de Sécurité Internationale, la salle d'à côté, qui avait plus d'une demi-heure de retard : pas top pour gérer son stress...), et composé de deux hommes, la quarantaine, qui ne se sont pas présentés. Je ne sais donc pas qui ils étaient, sûrement deux profs du master...
J'avais préparé un petit speech sur le modèle de la "motte de beurre" (voir page 24 du topic
), mais je n'ai même pas eu à le déballer : ils m'ont directement mis en confiance (en gros : "pas de pré-requis pour ce master, donc pas de questions de connaissances précises et techniques au programme" + "on va surtout parler de votre projet pro et voir s'il correspond à ce que l'on recherche, voir ce que vous pouvez nous apporter").
Un des deux m'a enchaîné dans la foulée : "Vous vous voyez où dans 10 ans ?" Pas forcément déstabilisant, mais très direct (bien qu'avec le sourire). J'explique mon projet, ce que j'entrevois. Ils continuent sur des trucs très pragmatiques : "quel poste, au sein de quel service ?", "quelle voie pour arriver jusque là ?" (je réponds l'ENA), "une solution de rechange si jamais l'ENA ça ne marche pas ?" (les collectivités territoriales ! Je justifie la place importante des politiques culturelles à cette échelle), "combien d'admis à l'ENA l'année dernière ? Et en procédure externe ?", "Ca fait quel pourcentage d’admis, ça ? ", "Et les épreuves du concours, c’est quoi ?",…
Première série de questions ultra-précises rondement menée (j’avais revérifié tout ça hier soir, heureusement pour moi).
Ils continuent ensuite sur le contenu du master, la maquette et compagnie, avec notamment : "Les enseignements fondamentaux en droit et en éco, vous pensez que c’est vraiment important pour la culture ?" ; ou encore : "Pourquoi le mécénat est moins dans les mœurs en France que dans les pays anglo-saxons ?"
Ils poursuivent sur la diplomatie (que j’aimerais rejoindre plus tard dans ma carrière par la procédure interne) : "Vous parlez de démocratisation culturelle, mais la diplomatie, il n’y a rien de pire comme poste pour ce qui est de la démocratisation culturelle. C’est que du faste et des réceptions !" (je fais une réponse plus nuancée, en deux temps, sur la possibilité de mener une action concrète, même dans un pays étranger, etc.). L’un des deux jurés réagit au quart de tour, tout sourire : "Vous ne trouvez pas ça un peu ringard la défense du français ?" (on rigole, je réponds un truc sur la langue comme véhicule de valeurs, et donc d’une culture ; le moins bidon possible)
Le juré qui m’a fait entrer jette un œil à mon CV : "Je vois que vous avez fait un stage chez une députée… Est-ce que vous croyez qu’un fonctionnaire peut avoir des opinions politiques ?" (je dis que oui, parle de la conviction, tout en nuançant avec le devoir de réserve). "Et est-ce que vous pensez qu’un haut-fonctionnaire joue un rôle politique ?" (réponse un peu similaire où je souligne la proximité avec le Ministre, etc.)
Ils me demandent ensuite de parler de mon échange universitaire. Je m’exécute avec le sourire. Ca fait déjà un peu plus de 25 minutes que l’on parle. Le juré le plus actif des deux, très aimable, me dit qu’il a l’impression que l’on a fait le tour de ma candidature. L’autre le coupe : "Une petite question quand même avant que vous nous quittiez. On a eu beaucoup de candidats, tous aussi bons les uns que les autres. Que doit-on retenir de votre candidature ?" Là encore, j’avais préparé une réponse à cette question (merci le forum, une fois de plus). Je sors mon petit speech. Ils hochent de la tête et ont plutôt l’air d’apprécier. On se quitte en bons termes et avec le sourire.
En somme, un jury on ne peut plus aimable et sympathique, aucune question d’actu et aucune question-piège, des questions très pointues sur le projet pro, et un côté un peu polémique (qui au final aide plutôt puisqu’il permet de prendre le contrepied facilement).
Je considère donc que mon oral s’est bien passé. Je ne me suis pas fait collé, je n’ai pas dit de grosses bêtises : je crois que, personnellement, j’aurais difficilement pu faire mieux. Ce n’est pas pour autant que je serai retenu, mais j’ai au moins mis toutes les chances de mon côté. Il n’y a plus qu’à croiser les doigts et attendre le couperet fatidique du 25 mai.
Merci encore à tous de vos précieux conseils. Bon courage à tous ceux qui ne sont pas encore passés. Si je peux vous donnez un conseil en regard de mon oral : soyez détendus, à l’écoute, et béton sur votre projet pro et vos expériences. Le reste, c’est surtout du détail.