Topic: La politique de la BCE nous amène droit dans le mur
Alors que l'inflation européenne atteint des sommets (révisé en hausse 2,7% officiellement, beaucoup plus sur les produits de première nécessité, le gaz, l'électricité et l'essence et bien sur, l'immobilier) malgré la force de l'euro et la politique de restriction monétaire de la BCE, le commerce extérieur français connaît un déficit annuel de 50 milliards d'euros.
La stratégie de la BCE semble consister à vouloir étouffer l'économie des Etats moins exportateurs, à moindre spécialisation industrielle. Sous le prétexte de devoir freiner l'inflation, elle étouffe le crédit, rend l'argent très cher, et détruit le pouvoir d'achat des Etats et des particuliers. Et cette inflation même qu'elle est censée contenir, elle est plus forte que jamais, et particulièrement dans le domaine immobilier.
Un chiffre est sidérant. Le pouvoir d'achat en m2 à Paris entre 1995 et 2011 a diminé de plus de 50% ! On peut acheter moins de 50% d'espace immobilier avec autant de travail. En bref, le travail ne paie plus. LE pouvoir d'achat esttotalement rogné sur les petites dépenses, et annihilé sur le patrimoine, le capital.
Cela signifie qu'être aujourd'hui en possession de capital est une chance inouïe ! C'est devenu quelque chose de plus en plus inaccessible, que les quelques aides d'Etat à l'accession à la propriété sont loin de parvenir à combler.
Et sur ça, la BCE vient nous raconter qu'elle étouffe le crédit et le pouvoir d'achat pour "défendre l'inflation" ? Vaste blague.
Et face à cette réalité, l'establishment n'a qu'un mot à la bouche : "populisme" ! Il est populiste de dénoncer une stratégie monétaire qui nous amène dans le mur. On le voit dans les autres pays européens qui ont connu une hausse de leur dette (hausse moindre que les Etats-Unis qui, eux, financent ce déficit et cette dette avec de la planche à billets - autre extrême qui n'est pas non plus l'objectif recherché dans ce post), cette stratégie monétaire inflexible, aveugle et idiote, scandaleusement appauvrissante individuelle et stupidement affaiblissante collectivement.
Cette imbécillité monétaire dédouble assez bien, finalement, la stupidité institutionnelle de l'Union européenne, incapable de décider, réfugiée dans le consensus mou aussi confortable qu'un parapluie de fonctionnaire bureaucrate immobile.
L'autre aspect de toute cette affaire, c'est comment le taux d'inflation est truqué pour apparaître pus faible que ce qu'il n'est réellement. Le panier moyen utilisé est différent selon les administration et les enquêtes et ne tient pas compte des éléments les plus importants. En sus, aucune analyse commerciale n'est réalisée, alors que c'est le plus souvent elle qui détermine la dépense (intervention du marketing et des modalités d'achat qui va déterminer le prix réel, etc.)
Bref. Tout ça pour dire qu'il est grand temps que l'on revoir nos mécanismes de décision monétaire et budgétaire européenne. DE la souplesse, de l'adaptation, de l'intelligence, du policy-mix, de la coordination monétaire et budgétaire, etc.
Naturellement, une analyse politique est nécessaire pour envisager les étapes d'une telle modification institutionnelle. L'Allemagne est la plus puissante des nations européennes. Et l'Allemagne ne veut pas payer pour les autres Etats européens. C'est elle qui freine des 4 fers toute avancée dans la détermination de la politique économique, car l'euro fort rend central ce qui fait la force du modèle allemand, l'excellence industrielle exportatrice. Problème, cela réduit à néant d'autres économies. Cela touchera un jour l'Allemagne, qui est elle aussi intégrée aux économies géographiquement proche, même si la mondialisation lui fait un temps croire le contraire. Il faut convaincre l'Allemagne que c'est dans son intérêt de bouger et de permettre une grande relance européenne, en réformant les statuts de la BCE et en permettant un fonctionnement parallèle et commun des politiques budgétaires et monétaires européennes.
Last edited by Petit Coraya (18-04-2011 01:24:11)