Re: Marine Le Pen : feu de paille ou lame de fond ?

Ben oui, Matteo et Enzo sont dans le calendrier...

Est-ce ainsi que les hommes vivent ?

Re: Marine Le Pen : feu de paille ou lame de fond ?

AFP a écrit:

Le projet du Front national constitue un danger pour la République pour 60% des Français et 42% d'entre eux, contre 57%, jugent que le parti a changé depuis qu'il est dirigé par Marine Le Pen, indique un sondage OpinionWay réalisé pour la Licra.

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/ … ancais.php

Oder so ähnlich.

Re: Marine Le Pen : feu de paille ou lame de fond ?

http://www.lecanardenchaine.fr/u4732/trim20112.jpg

Oder so ähnlich.

Re: Marine Le Pen : feu de paille ou lame de fond ?

Marine Le Pen ne condamne pas les propos de son père.

« un petit pays sympathique mais qui n'a pas pris la mesure du danger mondial que représentent d'abord l'immigration massive, qui est la cause principale (des attentats), semble-t-il, dans l'esprit de ce fou meurtrier, mais aussi le terrorisme ». « La situation me paraît grave non pas par cet accident d'un individu qui, sous l'effet d'une folie, fut-elle passagère, se met à massacrer ses concitoyens. Ce qui me paraît plus grave et que démontre cette affaire c'est la naïveté et l'inaction du gouvernement norvégien »

Cela démontre bien que l'extrême droite ne change pas : elle est toujours prête à basculer dans l'apologie de crime politique.

C'est inscrit génétiquement dans l'ADN de l'extrême droite et Marine le pen ne fait pas exception à cette réalité, en dépit de ses pas de deux pour donner une image de respectabilité au FN. Mais le grouillot frontiste dont Jean-Marie Le Pen n'a jamsi été que l'émanation directe est indécrottable : saluts nazis, skinheads, anciens de l'OAS, négationnistes secrets, pulsions violentes, et évidemment racisme.

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

Re: Marine Le Pen : feu de paille ou lame de fond ?

AFP a écrit:

Le Mrap a annoncé son intention de porter plainte pour "incitation à la haine raciale" contre Jacques Coutela, candidat FN aux cantonales de mars dans l'Yonne, en raison de textes postés sur son blog où il est fait l'apologie du suspect des attaques d'Oslo. Sur ce blog baptisé "la valise ou le cercueil", Anders Behring Breivik est présenté "comme un résistant, une icône, un nouveau Charles Martel, luttant contre l'invasion musulmane", explique dans un communiqué le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap).

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/ … lainte.php

Oder so ähnlich.

Re: Marine Le Pen : feu de paille ou lame de fond ?

Chloé Leprince a écrit:

Dans une usine en crise, la gauche penche à l'extrême droite
[...]
Socialiste et électeur FN au premier tour

En tout cas au premier tour. Parce qu'il est démuni pour « faire entendre le ras-le-bol ». Et aussi parce que le FN est paré d'une virginité :

    « De droite comme de gauche, il va falloir qu'un homme politique m'explique un jour où est passé notre argent. Si nos pays sont au bord de la faillite, c'est de leur faute à eux, la droite ou la gauche. »
[...]
Il est jeune, nouveau dans l'entreprise aussi. Il est en CDI mais pour lui, « voter FN, c'est voter pour l'emploi ». L'alternative ?

    « Au centre, c'est-à-dire PS ou UMP, c'est voter patron. Et voter à l'extrême gauche, c'est voter ouvrier mais immigration. Donc même si je ne suis pas sûr que ce soit le bon choix, je vote extrême droite en me disant que même si là aussi je vote patron, au moins je vote pour l'emploi. »

http://www.rue89.com/carte-delecteur/20 … ite-222249

Last edited by apokrif (18-09-2011 14:24:19)

Oder so ähnlich.

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Re: Marine Le Pen : feu de paille ou lame de fond ?

Je trouve cette étude sur le profil des maires accordant leur signature au FN un peu limite quand même. Quel est son but en fait ? Savoir que les maires qui signent pour le FN sont issus de la France rurale et donc ? Pourquoi ne le fait-on pas pour le Front de gauche par exemple ? (je n'ai pas pris le NPA, car il ne représente rien).
J'y vois un risque de stigmatisation qui, qu'on soit du FN ou non, peut être dangereux pour la démocratie à la française dont certains se vantent. Déjà que les signatures ne sont pas anonymes...

http://www.lemonde.fr/politique/article … -32280229-[NL_Titresdujour]-20111202-[titres]

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

Re: Marine Le Pen : feu de paille ou lame de fond ?

FDL a écrit:

Savoir que les maires qui signent pour le FN sont issus de la France rurale et donc ?

La question intéressante serait de savoir pourquoi les maires des communes rurales de l'Est et du Nord de la France sont plus enclins à donner leur signature à Marine Le Pen...

Last edited by sabaidee (06-12-2011 15:07:47)

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

Re: Marine Le Pen : feu de paille ou lame de fond ?

sabaidee a écrit:
FDL a écrit:

Savoir que les maires qui signent pour le FN sont issus de la France rurale et donc ?

La question intéressante serait de savoir pourquoi les maires des communes rurales de l'Est et du Nord de la France sont plus enclins à donner leur signature à Marine Le Pen...

Un début de réponse:

Le Monde a écrit:

La "France d’à côté" ne se sent plus représentée

Ce sentiment de "faire marche arrière", combien sont-ils au juste à le partager ? "Jusqu'au milieu des années 2000, on pouvait dire que c'était l'apanage des milieux populaires", répond M. Mergier. Grosso modo la France du "non", celle qui avait voté non aux référendums européens de 1992 et 2005, parce qu'elle se sentait perdante dans la mondialisation. "Aujourd'hui, une partie des classes moyennes est touchée", ajoute-t-il, tout en convenant qu'une définition socioéconomique est insuffisante.

Plus encore que le niveau de revenu en tant que tel, c'est l'image que se font les individus de leur place dans la société qui importe. "La puissance des marchés a engendré un malaise existentiel et diffus. Même certains cadres sont touchés: ils ont le sentiment de subir aujourd'hui une perte de leur valeur personnelle, car l'obligation de rentabilité à court terme remet en cause leur travail", explique M. Mergier.

Pour cerner les contours de cette société hantée par la perte d'identité et la crainte du déclassement, Christophe Guilluy dessine des cartes. Coauteur d'un Atlas des nouvelles fractures sociales (Autrement, 2004), ce géographe distingue deux France. La première est celle des "25 grandes métropoles qui profitent de la dynamique de la mondialisation". Elles vivent un double phénomène d'embourgeoisement et d'immigration. La seconde France inclut l'essentiel du monde rural et périurbain, mais aussi de très nombreuses villes moyennes, touchées par la désindustrialisation et les plans sociaux à répétition.

Selon M. Guilly, cette "France périphérique", caractérisée par "une part plus importante des ouvriers et des employés dans la population, un taux de chômage et d'emploi partiel supérieur à la moyenne nationale et un revenu moyen inférieur au revenu médian", concentrerait environ 65 % de la population. Elle accueille des natifs, mais aussi des migrants qui n'ont pu trouver leur place dans les grandes métropoles.

CRAINTE DE LA MONDIALISATION

L'Ouest, par exemple, a connu récemment d'importants mouvements de population, mais "c'est une géographie qui va se figer, car les logiques foncières sont très fortes : une fois que vous avez quitté la ville, vous n'y revenez plus", explique le géographe. C'est la raison pour laquelle il ne croit plus à la notion de classes moyennes.

"On assiste à la réémergence des classes populaires, à qui on répète depuis 25 ans qu'elles vont profiter de la mondialisation et qui, en réalité, sont en situation de précarité sociale, éloignées des endroits importants et de l'offre scolaire la plus qualifiée. Si l'usine du coin ferme, elles dégringolent. La crise valide leur crainte de la mondialisation", ajoute Christophe Guilly qui, comme Alain Mergier, fait partie des auteurs du récent Plaidoyer pour une gauche populaire (sous la direction de Laurent Baumel et François Kalfon, Le Bord de l'eau, 118 p., 10 euros).

Que fera, en 2012, cette "France qui se sent reléguée, à tous les sens du terme" ? Pour qui voteront ces quelque 40 % d'électeurs qui affirment aujourd'hui ne se reconnaître ni dans la gauche ni dans la droite ? Le vivier est stratégique : si elles ne sont pas reconquises, ces quelque 16 millions de voix peuvent se réfugier dans l'abstention ou le vote Front national. Anne Muxel, chercheuse au Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof), rappelle que les cinq dernières élections – législatives de 2007, municipales de 2008, européennes de 2009, régionales de 2010 et cantonales de 2011 – ont enregistré des records d'abstention. Bouder les urnes devient de plus en plus une façon de sanctionner l'offre politique.

Cependant, depuis le choc du 21 avril 2002, plus personne ne sous-estime le pouvoir d'attraction du Front national dans l'électorat populaire. Son haut niveau aux cantonales de mars – y compris dans certains secteurs de cette France de l'Ouest où le FN était jusque-là inexistant – est souligné par tous les observateurs.

"Politiquement, il s'est produit quelque chose dans cet électorat, un point de rupture", soulignent Alain Mergier et Jérôme Fourquet qui, par des chemins différents, en sont arrivés à la même conclusion : pour une partie de l'électorat populaire, le vote FN n'est plus un vote de sanction ou d'avertissement mais un vote d'adhésion (Le Point de rupture, Fondation Jean-Jaurès, 86p., 6 euros).

LÉGITIMITÉ SAPÉE

La crise de la dette a un effet ravageur : elle sape la légitimité des gouvernants qui semblent courir derrière les marchés. Elle n'est pas appréhendée par le biais des discours politiques mais à travers l'expérience personnelle du surendettement. "L'idée prévaut que c'est une dette pharaonique, qui ne peut trouver de solution dans le cadre économique actuel. Pour rompre le nœud, il faut trancher. Pour beaucoup, cela passe par la sortie de l'euro", observe M. Mergier. Chez les ouvriers et les employés, plus de la moitié des électeurs souhaite la disparition de la monnaie unique, alors que ce sentiment n'est partagé que par un tiers de l'ensemble de l'électorat.

Des entretiens réalisés par Alain Mergier, mais aussi de la récente enquête publiée par François Miquet-Marty, un mot surnage : l'insécurité. Physique, économique, identitaire, liée au vécu et, tout aussi important, à la conviction qu'il s'est produit une rupture dans les règles du jeu. "Quand vous n'avez pas de réseaux, la notion de règle du jeu est vitale, explique M. Mergier. Elle renvoie à la question des habitudes qui, lorsqu'elles sont brisées, induisent la menace de l'imprévisible."

"PEUR D'UNE HÉGÉMONIE"

C'est parce qu'ils ont l'impression que les règles du jeu sont faussées que "les milieux populaires détestent les profiteurs du bas, ceux qui trichent avec les prestations sociales et qui travaillent au noir", explique le chercheur. Et c'est parce qu'ils ont l'impression de subir un processus de destruction des règles de vie commune que "le terme le plus porteur dans leur discours est celui d'islamisation, qui renvoie à la peur d'une hégémonie", assure M. Mergier. "Les milieux populaires sont ceux qui ont été les plus exposés à la mondialisation et au multiculturalisme. Or on ne les a pas armés pour", confirme M. Guilluy.

Pour les candidats qui veulent reconquérir l'électorat populaire, la conjugaison de la question identitaire et de la question sociale est redoutable, car celle qui fait le lien entre les deux problématiques est précisément Marine Le Pen. "Elle colle à la demande. Elle a calé son programme sur la nouvelle sociologie du FN. Elle est passée du libéralisme à l'étatisme", constate M. Guilluy. Dans la revue Etudes, Dominique Reynié, directeur général de la Fondation pour l'innovation politique (proche de l'UMP) et auteur du livre Populismes, la pente fatale (Plon, 280p., 19,50 euros), qualifie le discours de la présidente du FN d'"ethno-socialiste".

"La question de l'extrême droite n'est pas seulement une question politique posée à la droite, c'est aussi une question sociale posée à la gauche", confirme Pascal Perrineau, directeur du Cevipof, qui insiste sur le parallélisme avec l'évolution des extrêmes droites européennes. "Le protectionnisme culturel s'est prolongé d'un ralliement au protectionnisme économique et d'une remise en cause du credo néolibéral du début", dit-il. Pour M. Miquet-Marty, "le grand danger de la période a un nom : le populisme".

Françoise Fressoz et Thomas Wieder

http://www.lemonde.fr/election-presiden … 71069.html

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

Re: Marine Le Pen : feu de paille ou lame de fond ?

Je ne sais pas si c'est le meilleur endroit, mais cette article traduit le désarroi des classes populaire et leurs sentiment d'abandon qui explique en partie la croissance du FN...

Le Monde a écrit:

M. Jean, dans une cité de la région parisienne : "Tout le monde se fout de notre sort"

C'est une cité sans renommée, dans une petite ville de la banlieue parisienne. Des immeubles proprets, de quatre ou cinq étages, pas plus. Il y a un arrêt de bus où les bus s'arrêtent encore. Il y a quelques commerces de proximité, un centre social et un poste de la police municipale. Le centre-ville est à 300 mètres à peine, mais c'est déjà un autre monde. "Ici, monsieur, nous vivons dans une bulle. Nous sommes abandonnés à nous-mêmes."
M. Jean, 75 ans, et Mme Françoise, 64 ans, habitent à quelques numéros l'un de l'autre. Une fois obtenue la promesse de ne pas être reconnus ("Ça peut être risqué pour nous"), la parole se débonde en un flot ininterrompu, pendant plusieurs heures.

M. Jean, un ancien photograveur, est arrivé ici, avec sa femme et son enfant, à la fin des années 1960. La construction des immeubles n'était pas encore achevée. Les voisins étaient alors des fonctionnaires de La Poste ou d'autres administrations, des militaires, des ouvriers de l'usine voisine. "Tout le monde travaillait. On se connaissait. On laissait la porte ouverte." "On causait les uns avec les autres", poursuit Mme Françoise, employée trente-huit ans dans un grand magasin et qui a emménagé en 1986.

"ENTASSÉS DANS DES F3"

Quand tout cela a-t-il commencé à déraper ? "C'est difficile à dire. Quand on s'aperçoit des choses, c'est trop tard." M. Jean situe tout de même le basculement dans les années 1980. La cité a commencé à accueillir des familles délogées des squats de Paris qui entravaient les projets immobiliers de prestige dans la capitale. "Elles ont commencé à s'installer à un bout de la rue et puis ont remonté à chaque appartement libéré. On mettait quatre personnes dans un logement et on en voyait d'autres arriver avec des valises d'on ne sait où. Très vite, les gens se sont entassés dans des F3."

Quand il s'agit de décrire les nouveaux venus, le discours s'embarrasse un peu, les mots deviennent encombrants, le vocabulaire forcément connoté. Alors on cherche, on change : les étrangers, les immigrés, les Noirs, les Africains, les Arabes, les Maghrébins. Les anciens habitants, eux, sont partis, appartement après appartement.

Autres circonvolutions, contorsions de langage pour décrire cette population en fuite : les Français, les Gaulois, les Blancs. Mme Françoise et M. Jean sont restés.

L'ancien photograveur décrit la paupérisation croissante du voisinage. "Plus personne ou presque ne travaille, décrit cet homme investi de fonctions associatives qui lui permettent de pousser les portes fermées. Quand on entre dans certains appartements, y compris ceux des Français qui restent, on voit des choses incroyables, des gens entassés, de la misère."

DROGUE CACHÉE DERRIÈRE LES COMPTEURS

Depuis les années 1990, les petits trafics ont gangrené le voisinage, les cambriolages n'ont cessé de se multiplier. "Je vois des jeunes circuler à bord de voitures comme jamais je ne pourrais en avoir alors qu'ils sont officiellement au RSA. Ici, c'est tout petit. On connaît la situation de chacun." Mme Françoise dit retrouver régulièrement de la drogue cachée derrière les compteurs. Elle ne descend plus seule dans sa cave. Même si sa cité a été épargnée par les émeutes de 2005, elle voit régulièrement de ses fenêtres des voitures brûler sur le parking, notamment au Jour de l'an.

"Grande gueule", comme elle se décrit elle-même, Mme Françoise n'a jamais hésité à expulser les jeunes qui investissaient le hall. Cela lui vaut des déboires. Il y a un mois, sa guimbarde, vieille de 20 ans, a été vandalisée. En mai, elle a été agressée en bas de chez elle, s'est retrouvée avec des points de suture à la tête. "Régulièrement, je me fais insulter."

"Les gamins jouent en toute impunité à des choses qu'ils voient à la télévision ou entendent avec le rap, explique M. Jean. Ils refont l'histoire. Pour eux, on reste les colons. Chez les parents, c'est la loi du silence. Ils n'osent rien dire. Ils ont peur de leurs enfants ou peur de la police parce qu'ils sont en situation irrégulière."

Il y a peu, les deux témoins voient également la religion musulmane prendre la rue. "Depuis un an ou deux, les femmes sortent maintenant avec le voile. La fille de ma voisine s'est mise à le porter, il y a six mois. Ça m'a fait un choc. Les hommes se laissent pousser la barbe et s'habillent à la pakistanaise." Une salle de prière devrait bientôt ouvrir dans la cité.

EN DÉCALAGE

Alors, Mme Françoise et M. Jean ont commencé à se sentir en décalage, pour ne pas dire esseulés. "Nous nous retrouvons enfermés dans un ghetto", résume M. Jean. Ils se sentent intrus dans "leur" cité. "On me conseille de partir, on me dit que je n'ai pas à occuper seule un appartement de 60 m2, dit Mme Françoise, qui a perdu son mari. Je ne demande pas mieux que de me barrer mais je n'en ai pas les moyens."

La veuve dont la retraite est de 1 250 euros, paye 506,95 euros de loyer pour son F4. "Je ne pourrais jamais trouver ça ailleurs avec mes revenus." M. Jean touche 2 100 euros de retraite avec sa femme, et paye un loyer de 652 euros pour un appartement de 82 m2. " Si je pouvais partir, pensez bien que je le ferais. Mais j'ai passé l'âge d'acheter." Alors M. Jean a fait une demande de logement social dans le Var qu'il renouvelle chaque année, sans grand espoir.

"Tout le monde se fout de notre sort", estime M. Jean. C'est sans doute le plus cruel. "La police nous dit qu'elle n'ose pas intervenir car elle craint de mettre le feu aux poudres." Le bailleur social, lui, a ses bureaux dans les beaux quartiers de Paris. "Quand vous vous retrouvez autour d'une table avec ces gens-là, vous sentez que vous n'êtes rien." Un constat amer que ne confirment pas exactement les importants travaux de rénovation entrepris par le bailleur et la municipalité ces dernières années.

"LES POLITIQUES NOUS ONT OUBLIÉS"

Quant aux hommes politiques... Mme Françoise explose d'un rire sardonique. "Ils nous ont oubliés. La cité ne vote pas. La participation atteint à peine 30 %. Alors nous n'intéressons personne." Les deux voisins avaient choisi Nicolas Sarkozy en 2007. "J'y ai vraiment cru", assure M. Jean. Il éprouve aujourd'hui plus que de la déception, de la révulsion pour "cet homme qui nous a trompés, qui a dit qu'il s'occuperait de nous et qui ne s'est occupé que de ses amis les riches".

Aujourd'hui, affirme Mme Françoise, "ce qui se passe à la télé, ce qu'il dit à l'Elysée, on s'en balance, ça ne nous concerne plus". Ils iront quand même voter puisqu'ils l'ont toujours fait. Mme Françoise a arrêté son choix : "Sarkozy ? Il n'y a pas de risque que je me fasse avoir à nouveau. A gauche, il n'y a personne qui puisse vraiment changer les choses. Alors, pour moi, je vous le dis tout net, ce sera Marine Le Pen et tant pis si ça pète."

M. Jean, ancien syndicaliste chrétien, ne peut se résoudre à ce choix. "C'est contraire à mes convictions. Je ne me suis pas encore fixé. Je regrette que le vote blanc ne soit pas comptabilisé." Il soupire. "Pourquoi ces gens-là ne sentent-ils pas que nous n'en pouvons plus ?"

Benoît Hopquin

http://www.lemonde.fr/election-presiden … 71069.html

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

Re: Marine Le Pen : feu de paille ou lame de fond ?

Que pense d'ailleurs Greg de l'action particulièrement démocratique du MJS (entre autre) à Dauphine? Je n'ose imaginer les envolées lyriques de nos résistants professionnels si le service d'ordre du front national s'était montré aussi dynamique...

"Si le peuple pense mal, changeons le peuple..."

Re: Marine Le Pen : feu de paille ou lame de fond ?

Je ne sais pas qui est responsable de cette action, donc je ne m'exprimerai pas dessus. La personne concernée a porté plainte, "laisser la justice faire son travail, dès que nous aurons de plus amples informations, soyez surs que vous serez les premiers informés".

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: Marine Le Pen : feu de paille ou lame de fond ?

Je demandais juste ton avis personnel, pas une parole officielle bien évidemment! Mais as you want!

"Si le peuple pense mal, changeons le peuple..."

Re: Marine Le Pen : feu de paille ou lame de fond ?

Bof, mon avis personnel tu sais... En général, ce genre d'actions plutôt immatures ne font que victimiser les destinataires, et apporter des ennuis judiciaires à leurs auteurs... Efficacité politique zéro. C'est pas mon registre.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: Marine Le Pen : feu de paille ou lame de fond ?

Greg a écrit:

Bof, mon avis personnel tu sais... En général, ce genre d'actions plutôt immatures ne font que victimiser les destinataires, et apporter des ennuis judiciaires à leurs auteurs... Efficacité politique zéro. C'est pas mon registre.

Je plussoie. Surtout à Dauphine - comme Parisot qui écrit contre le FN - c'est complètement contre-productif et participe de l'image "anti-élites" que le FN a toujours voulu renvoyer.

C'est d'autant plus dommage qu'à Dauphine, ils étaient bien armés pour démonter son programme économique...

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

Re: Marine Le Pen : feu de paille ou lame de fond ?

gustave a écrit:

Que pense d'ailleurs Greg de l'action particulièrement démocratique du MJS (entre autre) à Dauphine? Je n'ose imaginer les envolées lyriques de nos résistants professionnels si le service d'ordre du front national s'était montré aussi dynamique...

MJS ?? A ma connaissance, c'est plutôt l'UNEF..

Cours d'économie Prep ENA
https://analysecoblog.wordpress.com/

Re: Marine Le Pen : feu de paille ou lame de fond ?

[video (flash player not installed)]

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
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Re: Marine Le Pen : feu de paille ou lame de fond ?

Ça me fait mal de le dire, mais je pense que ce genre de propos, on peut l'entendre dans n'importe quel parti....

Lolita, light of my life, fire of my loins. My sin, my soul. Lo-lee-ta: the tip of the tongue taking a trip of three steps down the palate to tap, at three, on the teeth. Lo. Lee. Ta

Re: Marine Le Pen : feu de paille ou lame de fond ?

mami a écrit:

Ça me fait mal de le dire, mais je pense que ce genre de propos, on peut l'entendre dans n'importe quel parti....

C'est justement ça : le FN est comme n'importe quel parti (et pas le moins du monde anti-système), avec la composante nationaliste (démago) accentuée. Dire que le jeune des FNJ était dans ma promo (et on le devinait), on va bien rire dans quelques années...

Last edited by Kunstler (22-12-2011 16:05:04)

Re: Marine Le Pen : feu de paille ou lame de fond ?

Kunstler a écrit:
mami a écrit:

Ça me fait mal de le dire, mais je pense que ce genre de propos, on peut l'entendre dans n'importe quel parti....

C'est justement ça : le FN est comme n'importe quel parti (et pas le moins du monde anti-système), avec la composante nationaliste (démago) accentuée. Dire que le jeune des FNJ était dans ma promo (et on le devinait), on va bien rire dans quelques années...

Cela suppose que tu définis le système comme la démagogie, sans même entre dans le détail... Un peu simpliste non? A ce titre il n'existe aucun anti système d'ailleurs de façon quasi ontologique, ni maintenant ni auparavant!
Et surtout je ne vois pas en quoi les paroles montrent une volonté de mentir à l'encontre des volontés réelles, ce qui serait plus problématique.

Last edited by gustave (22-12-2011 16:37:58)

"Si le peuple pense mal, changeons le peuple..."

Re: Marine Le Pen : feu de paille ou lame de fond ?

gustave a écrit:
Kunstler a écrit:
mami a écrit:

Ça me fait mal de le dire, mais je pense que ce genre de propos, on peut l'entendre dans n'importe quel parti....

C'est justement ça : le FN est comme n'importe quel parti (et pas le moins du monde anti-système), avec la composante nationaliste (démago) accentuée. Dire que le jeune des FNJ était dans ma promo (et on le devinait), on va bien rire dans quelques années...

Cela suppose que tu définis le système comme la démagogie, sans même entre dans le détail... Un peu simpliste non? A ce titre il n'existe aucun anti système d'ailleurs, ni maintenant ni auparavant!
Et surtout je ne vois pas en quoi les paroles montrent une volonté de mentir à l'encontre des volontés réelles, ce qui serait plus problématique.

Pourquoi cela supposerait cette définition ? J'avoue ne pas suivre le raisonnement.

Quant à l'anti-système, tu parles des partis, c'est bien cela ?

Re: Marine Le Pen : feu de paille ou lame de fond ?

Kunstler a écrit:

Pourquoi cela supposerait cette définition ? J'avoue ne pas suivre le raisonnement.

Si tu considères qu'un parti n'est pas anti système car démagogique, j'en déduis que le système se définit par la démagogie...

"Si le peuple pense mal, changeons le peuple..."

Re: Marine Le Pen : feu de paille ou lame de fond ?

gustave a écrit:
Kunstler a écrit:

Pourquoi cela supposerait cette définition ? J'avoue ne pas suivre le raisonnement.

Si tu considères qu'un parti n'est pas anti système car démagogique, j'en déduis que le système se définit par la démagogie...

Ah, je vois. Non, je voulais dire que je considère que le nationalisme (à la sauce FN) me semble personnellement démagogique, pas plus. Ce qui fait qu'il n'est pas anti-système, ce sont ses pratiques. D'ailleurs, je vois mal comment on peut attribuer des qualités aux systèmes, tout au plus, aux acteurs du système.

Re: Marine Le Pen : feu de paille ou lame de fond ?

Kunstler a écrit:

D'ailleurs, je vois mal comment on peut attribuer des qualités aux systèmes, tout au plus, aux acteurs du système.

On peut attribuer des qualités aux systèmes, ainsi le système soviétique apportait stabilité et pénurie. Mais cela dépend de ce que l'on appelle "qualité", là chacun se prononce selon ses opinions! Un peu comme définir la démagogie (peut-on dire qu'un parti est aujourd'hui non démagogique?)...

"Si le peuple pense mal, changeons le peuple..."

Re: Marine Le Pen : feu de paille ou lame de fond ?

gustave a écrit:
Kunstler a écrit:

D'ailleurs, je vois mal comment on peut attribuer des qualités aux systèmes, tout au plus, aux acteurs du système.

On peut attribuer des qualités aux systèmes, ainsi le système soviétique apportait stabilité et pénurie. Mais cela dépend de ce que l'on appelle "qualité", là chacun se prononce selon ses opinions! Un peu comme définir la démagogie (peut-on dire qu'un parti est aujourd'hui non démagogique?)...

Oui, j'admets que ça tient la route, mais j'attribuerais davantage les "qualités" du "système soviétique" au parti, qui s'avérait être le seul acteur du système... enfin c'est un peu le problème de Aron (et d'autres), avec en RI celui de l’uni-polarité (effets de structure, ou pas, sur le comportement des acteurs), je ne clame pas pouvoir le résoudre malheureusement.

Et pour répondre à ta question, même si elle est plutôt rhétorique et que c'est matière d'opinion, j'ai du mal à concevoir qu'un parti puisse éviter la démagogie, le problème étant à quelle dose (et à mon goût on frise l'overdose au FN), dans nos sociétés et systèmes démocratiques modernes...

Re: Marine Le Pen : feu de paille ou lame de fond ?

Le parti était loin d'être le seul acteur du système, ce dernier étant un jeu de pouvoirs et contre pouvoirs (armée, KGB, parti, MVD, administration...) comme souvent en ce type de régimes.
Quant à la démagogie je suis d'accord sur sa généralisation quasi obligatoire (je pense que LO est peut-être le seul mouvement épargné) induite par le fonctionnement du système politique, illustré de façon caricaturale par les déclarations du premier minsitre hongrois fin 2006...

Last edited by gustave (22-12-2011 22:29:29)

"Si le peuple pense mal, changeons le peuple..."

Re: Marine Le Pen : feu de paille ou lame de fond ?

gustave a écrit:

Que pense d'ailleurs Greg de l'action particulièrement démocratique du MJS (entre autre) à Dauphine? Je n'ose imaginer les envolées lyriques de nos résistants professionnels si le service d'ordre du front national s'était montré aussi dynamique...

SOS Racisme a écrit:

SOS Racisme porte plainte contre Marine Le Pen SOS Racisme dénonce l’instrumentalisation et la stratégie de fuite et de victimisation de Marine Le Pen, la Présidente du Front National. SOS Racisme n’a jamais demandé l’annulation de son grand oral organisé par une association au sein de l’université Paris-Dauphine, bien au contraire. Nous souhaitions dans la plus pure tradition estudiantine, soumettre à Marine Le Pen à un débat vif et sans concession, et l’interpeller sur les origines, les buts et la nature de son parti, à l’aune de la prochaine élection présidentielle.

http://www.sos-racisme.org/content/sos- … e%E2%80%8F

Les autres organisations intervenues lors de ce "grand oral" ont-elles également contesté la version des faits de MLP ?

Last edited by Bal d'Aquin (25-12-2011 17:14:35)

La révolution orange: Casimir président !

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Re: Marine Le Pen : feu de paille ou lame de fond ?

Il est quand même scandaleux qu'un parti représentant environ 20% de l'électorat ait autant de mal à trouver des parrainages. L’attitude des partis comme l'UMP ou le PS d'appeler leurs élus à n'apporter leurs signatures qu'à leur propre parti est en cela anti-démocratique (tout comme cette procédure de non-anonymat des maires). Les gens comme Hervé Morin sont tout de même plus sensés.

Le Monde a écrit:

"Mobilisation générale" pour les signatures au FN

Marine Le Pen sonne la "mobilisation générale" de ses troupes. C'est en ces termes que la présidente du Front national a voulu, dans un courrier qu'elle vient d'envoyer à tous les cadres du mouvement –dirigeants compris –, "tirer sérieusement la sonnette d'alarme" pour la récolte des 500 parrainages d'élus indispensables pour pouvoir se présenter à l'élection présidentielle. C'est désormais "la priorité absolue" du parti d'extrême droite.

Le FN, qui avait lancé des alertes semblables en 2002 et 2007, assure qu'il ne s'agit pas pour lui, cette année, de forcer l'UMP et le PS à prendre position. Mme Le Pen s'est aussi défendue à plusieurs reprises de vouloir attirer l'attention sur elle en se présentant comme victime d'un déni de démocratie. Les dirigeants du FN regrettent que la recherche des signatures de maires leur fasse perdre "énormément de temps et d'argent" et les empêche de "faire campagne".

Selon nos informations, le FN disposerait à l'heure actuelle de moins de 300 promesses de signature. Ce chiffre comprend les 118 conseillers régionaux et généraux que compte le parti. C'est 70 à 80 promesses de moins qu'en 2007 à la même époque. Au final, cette année-là, le FN avait déposé 507 parrainages au Conseil constitutionnel.

Sachant qu'il y a, selon le FN, 50 % de déperdition entre les promesses et les signatures effectives, le parti de Marine Le Pen dispose potentiellement, à ce jour, d'à peine plus de 200 signatures. D'ici au 16mars, il doit donc en trouver environ 300.

Mme Le Pen fait flèche de tout bois. Un recours au Conseil d'Etat a été déposé, ainsi qu'une question prioritaire de constitutionnalité, à propos de la publication des noms de ceux qui accordent leur parrainage.

TROUS DANS LE MAILLAGE MILITANT

En outre, le dispositif chargé de récolter les paraphes des élus a été renforcé. Dominique Martin, jusqu'alors seul à coordonner la collecte des signatures, ne faisait pas l'unanimité. Il vient d'être rejoint par Michel Guiniot, qui a participé aux récoltes de signatures lors des campagnes de 2002 et 2007.

Le parti lepéniste pâtit aussi de trous dans le maillage militant, conséquence de la scission de Bruno Mégret, en 1998, et du départ de nombreux cadres, que l'afflux de nouveaux adhérents, inexpérimentés, n'a pas compensé.

Tous les dirigeants frontistes sont très inquiets de la situation. Sauf Florian Philippot, le directeur stratégique de la campagne de Marine Le Pen, qui se dit "confiant dans les maires de France, dans ceux des petites communes qui sont de vrais républicains".

Car tous sont d'accord : la période qui s'ouvre est la plus importante pour Mme Le Pen. "On va présenter, jeudi 12 janvier, notre chiffrage du projet. On sera les seuls à le faire. On sort de l'incantation. La différence se fait maintenant", veut croire M. Philippot.

"NOTRE MARGE DE PROGRESSION EST RÉELLE"

Et l'immobilité de Mme Le Pen, dans les sondages, entre 17 % et 20 % des intentions de vote – scores très élevés, mais inchangés depuis le printemps 2011 – n'inquiète pas son entourage. "Notre marge de progression est réelle. 20 % des intentions de vote, c'est un plancher. Marine Le Pen est la seule candidate antisystème, et la campagne officielle nous profite toujours", assure Bruno Bilde, son chef de cabinet.

"Notre socle va bouger dès que les Français auront des points de comparaison. Au PS, ils ont un candidat, mais pas de programme, et à l'UMP, pas encore de candidat, raille Marie-Christine Arnautu, vice-présidente du FN. Il y a une partie des Français qui n'ont rien contre Marine Le Pen, mais qui n'ont pas encore fait leur choix et qui attendent de voir ce qu'il y a en face." "Quand on sera dans la phase “projet contre projet”, ça tournera à notre avantage", conclut Mme Arnautu. Mme Le Pen subirait donc l'effet du flou des programmes de ses concurrents.

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

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Re: Marine Le Pen : feu de paille ou lame de fond ?

FDL a écrit:

Il est quand même scandaleux qu'un parti représentant environ 20% de l'électorat ait autant de mal à trouver des parrainages. L’attitude des partis comme l'UMP ou le PS d'appeler leurs élus à n'apporter leurs signatures qu'à leur propre parti est en cela anti-démocratique (tout comme cette procédure de non-anonymat des maires). Les gens comme Hervé Morin sont tout de même plus sensés.

Je ne vois pas où est le problème: le principe de la démocratie, c'est justement que lees maires n'apportent leur signature qu'au candidat qu'ils souhaitent voir se présenter.

80

Re: Marine Le Pen : feu de paille ou lame de fond ?

Le problème, c'est que la direction d'un parti empêche ses élus d'apporter leurs parrainages pour le candidat qu'ils veulent. Tu prends le problème à l'envers.

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
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Re: Marine Le Pen : feu de paille ou lame de fond ?

Afi a écrit:
FDL a écrit:

Il est quand même scandaleux qu'un parti représentant environ 20% de l'électorat ait autant de mal à trouver des parrainages. L’attitude des partis comme l'UMP ou le PS d'appeler leurs élus à n'apporter leurs signatures qu'à leur propre parti est en cela anti-démocratique (tout comme cette procédure de non-anonymat des maires). Les gens comme Hervé Morin sont tout de même plus sensés.

Je ne vois pas où est le problème: le principe de la démocratie, c'est justement que lees maires n'apportent leur signature qu'au candidat qu'ils souhaitent voir se présenter.

Ah bon, un système où quelques milliers de personnes décident de qui peut se présenter aux suffrages, c'est une démocratie ? Je ne savais pas que les maires étaient le peuple.

(Nice try.)

Cela dit, Papa nous a fait le coup à toutes les présidentielles dont je me souvienne (soit depuis au moins 1995). Je ne vois pas pourquoi la fille se priverait de cette bonne vieille recette qui permet une couverture médiatique incroyable sur un non-événement faisant passer le FN pour une victime.

Ce que je comprends moins bien, c'est la raison pour laquelle les médias tombent immanquablement dans la panneau. Je les soupçonne d'y trouver leur compte (car les Le Pen sont des bons clients).

"Moult a appris qui bien connut ahan"

82

Re: Marine Le Pen : feu de paille ou lame de fond ?

Comme le dit ce passage que j'avais mis en gras :

C'est 70 à 80 promesses de moins qu'en 2007 à la même époque. Au final, cette année-là, le FN avait déposé 507 parrainages au Conseil constitutionnel.

D'autant plus que "Papa" n'avait récolté que 507 parrainages. A 7 près, il ne se présentait pas (7, ce n'est rien du tout...).
Je ne pense pas qu'il s'agisse entièrement d'un bluff, même si cette polémique lui fait beaucoup de pub. Comme quoi les injonctions du PS et de l'UMP ne pas accorder leurs signatures ont un effet boomerang non négligeable.

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

Re: Marine Le Pen : feu de paille ou lame de fond ?

507 déposés = 507 récoltés ? (Je ne connais pas la réponse.)

"Moult a appris qui bien connut ahan"

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Re: Marine Le Pen : feu de paille ou lame de fond ?

Non, je ne pense pas. J'aurais dû dire "déposés", oui, au temps pour moi. Sachant qu'il y a toujours une déperdition. Mais je ne connais pas non plus la proportion.

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
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85

Re: Marine Le Pen : feu de paille ou lame de fond ?

Afi a écrit:
FDL a écrit:

Il est quand même scandaleux qu'un parti représentant environ 20% de l'électorat ait autant de mal à trouver des parrainages. L’attitude des partis comme l'UMP ou le PS d'appeler leurs élus à n'apporter leurs signatures qu'à leur propre parti est en cela anti-démocratique (tout comme cette procédure de non-anonymat des maires). Les gens comme Hervé Morin sont tout de même plus sensés.

Je ne vois pas où est le problème: le principe de la démocratie, c'est justement que lees maires n'apportent leur signature qu'au candidat qu'ils souhaitent voir se présenter.

L'objectif de la règle des parrainages est surtout d'éviter de polluer l'élection avec un trop grand nombre de candidatures fantaisistes.

Et on ne peut effectivement pas dire qu'un système où 20% des électeurs ne pourraient pas voter pour leur candidat(e) pour des questions de parrainage soit très démocratique.

Edit : ah zut j'avais pas vu que ce post avait déjà été relevé.

Last edited by 6pi (11-01-2012 19:48:41)

"Ecarte-toi, gnome fétide. Ma virilité n'a pas la place de passer..."

Re: Marine Le Pen : feu de paille ou lame de fond ?

FDL a écrit:

Non, je ne pense pas. J'aurais dû dire "déposés", oui, au temps pour moi. Sachant qu'il y a toujours une déperdition. Mais je ne connais pas non plus la proportion.

Pardon d'avoir l'esprit tordu (déformation professionnelle), mais la déperdition peut aussi être volontaire je pense.

Si tu pleures pendant trois mois que c'est le drame puis que tu en déposes 600, tu es moins crédible si tu tentes de refaire le coup 5 ans après.

"Moult a appris qui bien connut ahan"

87

Re: Marine Le Pen : feu de paille ou lame de fond ?

Bouh a écrit:

Ah bon, un système où quelques milliers de personnes décident de qui peut se présenter aux suffrages, c'est une démocratie ? Je ne savais pas que les maires étaient le peuple.

Et pour élire ton maire, on ne t'a pas demandé ton avis? Au final, il représente l'avis de milliers de personnes. Et je suis d'accord pour dire que l'on est pas toujours de cet avis collectif.

Mais après, tu as peut-être une autre solution...

Re: Marine Le Pen : feu de paille ou lame de fond ?

Afi a écrit:
Bouh a écrit:

Ah bon, un système où quelques milliers de personnes décident de qui peut se présenter aux suffrages, c'est une démocratie ? Je ne savais pas que les maires étaient le peuple.

Et pour élire ton maire, on ne t'a pas demandé ton avis? Au final, il représente l'avis de milliers de personnes. Et je suis d'accord pour dire que l'on est pas toujours de cet avis collectif.

Mais après, tu as peut-être une autre solution...

Techniquement, non, on ne m'a pas demandé mon avis. J'ai voté pour des représentants au conseil municipal, qui ont élu l'un des leurs. En plus le scrutin municipal (béni soit-il) comporte une très forte prime à la majorité même relative de sorte que, dans un nombre significatif de communes, le maire ne représente pas la majorité de ses administrés.

Des solutions, il y en a certainement d'autres. On pourrait par exemple ne pas publier les noms des signataires.

"Moult a appris qui bien connut ahan"

Re: Marine Le Pen : feu de paille ou lame de fond ?

Selon un sondage TNS/Sofres pour France Info d'aujourd'hui, 30% des Français interrogées affirment partager d'une façon ou d'une autre les idées des Le Pen. Seulement 35% des personnes interrogées affirment rejeter totalement leurs idées. Ces deux chiffres sont révélateur de l'avancée des idées privilégiant le repli sur soi nationaliste et populiste au cours de la dernière décennie et particulièrement au cours des 5 dernières années.

La stratégie de Nicolas Sarkozy vis-à-vis de l'extrême droite se referme sur lui comme un piège. En reprenant le discours de Le Pen, il a dans un premier temps réussi à capter son électorat. Mais dans un second temps, la libération xénophobe, la sur polarisation sur le sécuritaire et l'immigration, l'appel aux réflexes identitaires (notamment au travers du Ministère et du débat sur l'identité nationale), parfois dans un objet de stigmatisation (cf. le vaporeux débat sur l'islam en France qui fit long feu ou pire, la "dégueulasse" politique anti-rom), tous ces éléments portés sur le débat public par le gouvernement et la majorité ont finalement abouti à banaliser, purement et simplement, les idées du Front National.

Et Marine Le Pen, qui arrive avec sa bonne bouille et malgré ses manques criants et manifestes de maîtrise des dossiers, bénéficie au premier chef des conséquences de ce "deuxième effet kiss cool du sarkozysme". Car elle a accompagné cette banalisation "exogène" d'une stratégie "endogène" de "respectabilisation" du FN qui à tort ou à raison tend à élargir "l’assiette", la base de ce qui peut devenir un électorat frontiste.

Autrement dit j'ai très peur de ce premier tour 2012 concernant le score du Front National.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: Marine Le Pen : feu de paille ou lame de fond ?

Greg a écrit:

La stratégie de Nicolas Sarkozy vis-à-vis de l'extrême droite se referme sur lui comme un piège. En reprenant le discours de Le Pen, il a dans un premier temps réussi à capter son électorat. Mais dans un second temps, la libération xénophobe, la sur polarisation sur le sécuritaire et l'immigration, l'appel aux réflexes identitaires (notamment au travers du Ministère et du débat sur l'identité nationale), parfois dans un objet de stigmatisation (cf. le vaporeux débat sur l'islam en France qui fit long feu), tous ces éléments portés sur le débat public par le gouvernement et la majorité ont finalement abouti à banaliser, purement et simplement, les idées du Front National.

La question est de savoir qui de la poule ou de l'oeuf...

Je ne sais pas si Sarkozy a permis le développement de ces sujets ou si au contraire, il a humé l'air du temps (il a d'ailleurs accès aux études des ex-RG et il doit donc avoir des remontées fines sur l'agacement des classes populaires face aux revendications communautaires).

Sarkozy n'avait que peu d'influence en 2002.

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

Re: Marine Le Pen : feu de paille ou lame de fond ?

Bouh a écrit:
FDL a écrit:

Non, je ne pense pas. J'aurais dû dire "déposés", oui, au temps pour moi. Sachant qu'il y a toujours une déperdition. Mais je ne connais pas non plus la proportion.

Pardon d'avoir l'esprit tordu (déformation professionnelle), mais la déperdition peut aussi être volontaire je pense.

Si tu pleures pendant trois mois que c'est le drame puis que tu en déposes 600, tu es moins crédible si tu tentes de refaire le coup 5 ans après.

Non, c'est le conceil constitutionnel qui publie 500 signataires et annonce le nombre de signatures envoyées par les mandants, les partis ne "gèrent" donc en rien leurs signatures comme un capital...

"Si le peuple pense mal, changeons le peuple..."

Re: Marine Le Pen : feu de paille ou lame de fond ?

gustave a écrit:
Bouh a écrit:
FDL a écrit:

Non, je ne pense pas. J'aurais dû dire "déposés", oui, au temps pour moi. Sachant qu'il y a toujours une déperdition. Mais je ne connais pas non plus la proportion.

Pardon d'avoir l'esprit tordu (déformation professionnelle), mais la déperdition peut aussi être volontaire je pense.

Si tu pleures pendant trois mois que c'est le drame puis que tu en déposes 600, tu es moins crédible si tu tentes de refaire le coup 5 ans après.

Non, c'est le conceil constitutionnel qui publie 500 signataires et annonce le nombre de signatures envoyées par les mandants, les partis ne "gèrent" donc en rien leurs signatures comme un capital...

Ok, merci de l'info, je n'étais pas certain que c'était possible.

Cela dit, bien que je sois favorable à une modification, je n'y crois pas davantage cette fois-ci que toutes les fois précédentes.

"Moult a appris qui bien connut ahan"

Re: Marine Le Pen : feu de paille ou lame de fond ?

3 points :

Gambetta a écrit:

saluts nazis, skinheads, anciens de l'OAS, négationnistes secrets, pulsions violentes, et évidemment racisme.

... Sans oublier la troisième loi de Newton (une illustration !!... car les lois humaines sont bien plus compliquées)

Le fait que des personnes venant du monde rural aient tendance à voter fn ne m'étonne pas. Quiconque ayant navigué, aura pu s'en apercevoir ! Je vais me permettre de simplifier (ne pas prendre au pied de la lettre) : Ceux qui sont ghettoïsés (les contre-exemples existent, heureusement), ne souhaitent qu'une chose : une Révolution (à prendre au pied de la lettre) ! Ceux qui ont les moyens de vivre dans + de luxe, de sureté, de bonheur (pour leurs enfants notamment)... ne voient qu'une chose (des barricades, des murs, des sentinelles, des caméras...)

Celà dit, j'espère qu'en 1941 j'aurais eu le courage d'être fn... mais ça n'a rien à voir... y'a un "sacré" distingo

sic

Re: Marine Le Pen : feu de paille ou lame de fond ?

Mayrik a écrit:

  Ceux qui sont ghettoïsés (les contre-exemples existent, heureusement), ne souhaitent qu'une chose : une Révolution (à prendre au pied de la lettre) ! Ceux qui ont les moyens de vivre dans + de luxe, de sureté, de bonheur (pour leurs enfants notamment)... ne voient qu'une chose (des barricades, des murs, des sentinelles, des caméras...)

Surement pour cela que les régions de l'ouest votent peu FN et que celui-ci cartonne dans les banlieues...

Mayrik a écrit:

Celà dit, j'espère qu'en 1941 j'aurais eu le courage d'être fn...

Tu voulais peut-être dire 1940? Mais rassure-toi d'autres aussi en ce temps avaient préféré attendre 1941 voire plus, tu n'aurais pas été seul!

"Si le peuple pense mal, changeons le peuple..."

Re: Marine Le Pen : feu de paille ou lame de fond ?

Mayrik a écrit:

Le fait que des personnes venant du monde rural aient tendance à voter fn ne m'étonne pas.

Es-tu docteur en sociologie électorale pour présenter ce type d'idées reçues comme évidences ?
Sans être méchant avec toi en particulier, on dit tellement de bêtises sur "les électeurs FN"... Il faut lire un peu les travaux sur ce sujet. Beaucoup seraient surpris. (Même s'il est également vrai que le vote FN connaît quelques changements depuis plusieurs années)

Cours d'économie Prep ENA
https://analysecoblog.wordpress.com/

96

Re: Marine Le Pen : feu de paille ou lame de fond ?

Rayan a écrit:
Mayrik a écrit:

Le fait que des personnes venant du monde rural aient tendance à voter fn ne m'étonne pas.

Es-tu docteur en sociologie électorale pour présenter ce type d'idées reçues comme évidences ?
Sans être méchant avec toi en particulier, on dit tellement de bêtises sur "les électeurs FN"... Il faut lire un peu les travaux sur ce sujet. Beaucoup seraient surpris. (Même s'il est également vrai que le vote FN connaît quelques changements depuis plusieurs années)

Le raccourci est un peu facile à mon goût aussi. On ne vote pas FN qu'À la campagne, loin s'en faut.

Rayan, pourrais-tu préciser un peu ce que disent ces travaux ou donner un lien? Ca doit être intéressant à lire.

Re: Marine Le Pen : feu de paille ou lame de fond ?

Afi a écrit:
Rayan a écrit:
Mayrik a écrit:

Le fait que des personnes venant du monde rural aient tendance à voter fn ne m'étonne pas.

Es-tu docteur en sociologie électorale pour présenter ce type d'idées reçues comme évidences ?
Sans être méchant avec toi en particulier, on dit tellement de bêtises sur "les électeurs FN"... Il faut lire un peu les travaux sur ce sujet. Beaucoup seraient surpris. (Même s'il est également vrai que le vote FN connaît quelques changements depuis plusieurs années)

Le raccourci est un peu facile à mon goût aussi. On ne vote pas FN qu'À la campagne, loin s'en faut.

Rayan, pourrais-tu préciser un peu ce que disent ces travaux ou donner un lien? Ca doit être intéressant à lire.

Je suis preneur aussi, s'il y a un lien, et si c'est pas un pavé, comme le Mankiw, à lire.

"Un gamin de 18 ans tutoie une mama en boubou, oubliant qu'on ne donne plus du camarade dans le coin depuis une paie."

Re: Marine Le Pen : feu de paille ou lame de fond ?

Par ex
Beaud Stéphane, Pialoux Michel, Retour sur la condition ouvrière, Paris, Fayard, 1999
Nonna Mayer, Ces Français qui votent FN, Flammarion, 1999

Comme indiqué plus haut, le vote FN a un peu bougé depuis lors (plus d'adhésion, dit-on), mais pas encore eu de mise à jour de la recherche sur ce point, à ma connaissance (je m'y intéressais surtout jusque 2009, moins aujourd'hui).

Cours d'économie Prep ENA
https://analysecoblog.wordpress.com/

99

Re: Marine Le Pen : feu de paille ou lame de fond ?

Rayan a écrit:

Beaud Stéphane, Pialoux Michel, Retour sur la condition ouvrière, Paris, Fayard, 1999

Très bon. Je regrette qu'il ait abandonné ces questions pour se concentrer sur les enjeux sociaux/raciaux (médiatisés) dans le foot.

Re: Marine Le Pen : feu de paille ou lame de fond ?

Je suis amoureux d'Anne-Sophie Lapix, c'est la meilleure interview que j'aie pu voir de Marine Le Pen.

http://www.ozap.com/actu/zapping-marine … pix/438805

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz