Topic: Il faut arreter de créer de la dette publique !

Il semblerait que les Etats créant de la dette vont connaître une année 2011 très difficile. Il faut que les Etats européens prennent conscience des risque d'une routinisation de la création d'endettement pour les Etats s'ils ne sont pas adossés en sous-jacents à des investissements à la hauteur du niveau de dette qu'ils créent chaque année, chaque mois, chaque semaine, et chaque jour. Car le besoin en fond de roulement est énorme pour les administrations, et toute dette a des intérêts qui se cumulent.

Les chiffres et les faits sont connus :

- 1600 milliards de dette pour la France (+ 900 Milliards si l'on ajoute les engagements de pensions)
- Variation nette de la dette : 20 Milliard/an
- Encours des dettes 250 Milliards
- Service annuel de la dette 50 Milliards (presuqe tout l'IRPP)
- Déficit annuel 2009-2010 : 130 Milliards d'euros
- Dépenses publiques : 56% du PIB
- Solde dette sur croissance positif
- Rentabilité des projets sous-jacents à la dette : faible (puisque l'Etat s'est désinvestit de la sphère économique)
- Usage courant de la dette : fonctionnement administratif.

La France doit impérativement recentrer ses efforts sur les investissements en innovation et en formation et vaincre sa propension à créer une dette faiblement innovatrice (à peine 2% du PIB à la recherche) qui le rend dépendante des marchés financiers et du système bancaire. Ca va dans le mur.

La dette est tout à la fois une graisse qui peut être bonne, apporter à un certain moment du développement des sociétés une énergie vitale, mais elle peut tuer le corps qui en as excédé la prise.

Last edited by Emmanuel Goldstein (31-12-2010 04:08:27)

Re: Il faut arreter de créer de la dette publique !

Emmanuel Goldstein a écrit:

La dette est tout à la fois une graisse qui peut être bonne, apporter à un certain moment du développement des sociétés une énergie vitale, mais elle peut tuer le corps qui en as excédé la prise.

C'est mignon ce yakafokon, mais le hic, le gros hic, c'est que pour avoir de l'argent disponible et pour arrêter cette hemorragie, va falloir à un moment qu'on s'occupe des dépenses sociales et tu seras alors le premier à hurler à l'ultra-libéralisme...

Je n'ai pas de chiffres plus récents: mais en 2007, la France était le pays de l'OCDE où les dépenses sociales publiques étaient de loin les plus élevées. Et cela n'a pas dû s'arranger depuis (la population a continué à vieillir, le versement des allocations chômages des fins de droit a été prolongé...etc.).

http://www.oecd.org/document/19/0,3746, … _1,00.html

"Les hommes qui disent que les femmes sont frigides sont de mauvaises langues" Guitry

Re: Il faut arreter de créer de la dette publique !

Le constat de manu pierre d'or vaut aussi pour les États-unis.

Les Etats-Unis ne doivent qu’à leur devise – le tout puissant dollar – d’être en mesure de se financer à prix modique. Leur activisme keynésien tous azimut et autres multiples créations de monnaie « ex nihilo » aux implications hyper inflationnistes auraient effectivement eu pour conséquence directe une brusque remontée de leurs taux d’intérêts (aux effets dévastateurs pour leur économie) si leur billet vert n’était pas la seule monnaie de réserve au monde… En fait, la machine à consommer américaine ne laisse nul choix aux pays exportateurs qui doivent obligatoirement y recycler leurs excédents – naturellement libellés en dollars. En effet, où et comment la Chine pourrait-elle investir ses dollars, résultant de sa balance commerciale largement excédentaire avec les USA, autrement que dans les Bons du Trésor et autres placements américains ? Ce « privilège exorbitant » – authentique impérialisme à peine déguisé – autorise ainsi les gouvernants successifs de ce pays à abuser de toutes sortes de pratiques et de manipulations aux effets incontestablement pervers sur le pouvoir d’achat de leurs citoyens US et sur les coûts de financement de leur train de vie.

En effet, à quoi bon subir une vie de privations et de rigueur, s’inquiéter des déficits publics – fussent-ils astronomiques – ou économiser les stimuli keynésiens tant que les Bons du Trésor américains sont (encore) l’objet de toutes les convoitises de la part des nations entretenant des excédents ? Les chantres de la dépense et des relances par les déficits (deficit spending) – comme Paul Krugman – ne prétendent-ils en effet pas que la dette nationale américaine est, du haut de ses 9’300 milliards de dollars, nettement inférieure au P.I.B. du pays ? … sans toutefois prendre la peine de mentionner que ce P.I.B. de 14’700 milliards ne produit que 2’200 milliards de revenus annuels et est donc insuffisant à assumer ne serait-ce que le financement de cette dette ! Il est vrai que les implications potentielles des dettes publiques américaines – qui excèdent 400% de l’ensemble des revenus fiscaux annuels du pays – sont étourdissantes tant il est clair que le gouvernement des Etats-Unis n’est nullement en mesure d’honorer les seuls intérêts sur l’ensemble des Bons émis par sa Trésorerie. 

C’est donc dans cette conjoncture de cataclysme annoncé que, tout naturellement, il émet de nouveaux Bons afin de s’acquitter des intérêts échus grâce aux nouveaux fonds levés. Ce faisant, il monétise encore et toujours plus sa dette, payant ses créanciers avec l’argent emprunté auprès d’autres, le tout dans une monnaie qui ne tient plus que par la grâce de ces nations excédentaires trop engagées aujourd’hui aux Etats-Unis pour pouvoir seulement oser se permettre faire machine arrière… La situation est pourtant limpide : le défaut de paiement américain – c’est-à-dire la faillite – est aujourd’hui suspendu à l’évolution des taux d’intérêts. En d’autres termes, l’incapacité de l’Etat fédéral US à honorer ses dettes est actuellement provisoirement masquée par le service modique de ces dettes du fait de taux d’intérêts très bas dont il doit s’acquitter auprès de ses créanciers. 

C’est ainsi que la dette publique US, qui était de 4’900 milliards de dollars à fin 2006, contraignait le pays à payer 240 milliards de dollars au titre des seuls intérêts qui étaient alors autour de 4.9%. Considérons par ailleurs l’endettement à fin 2010, soit 9’300 milliards de dollars, dont la charge – 213 milliards de dollars – était ainsi inférieure du fait de taux tombés à 2.3%… Néanmoins, comment ignorer cette inéluctable bombe à retardement constituée par une dette en augmentation de 87%, en quatre ans, édulcorée simplement par un service de la dette, lui, néanmoins inférieur de 11% par rapport à ce qu’il était à l’époque ? Et comment les Etats-Unis espèrent-ils financer en 2015 leur dette publique qui sera de l’ordre de 15’000 milliards de dollars avec un contexte de taux d’intérêts qui, lui, sera assurément moins favorable ? En fait, des taux US qui retrouveraient simplement leurs niveaux de croisière se traduiraient déjà par un service de cette dette avoisinant 1’000 milliards de dollars ou près de la moitié de l’intégralité des revenus fiscaux de l’Etat fédéral américain.

Est-il utile d’étudier l’hypothèse où les Etats-Unis devront un jour affronter – à l’instar de la Grèce – des taux de l’ordre de 12% sur leurs obligations à 10 ans ? N’oublions jamais que les déboires de l’Europe périphérique proviennent moins de sa dette nominale que du coût de financement de cette même dette ayant mis la faillite à l’ordre du jour. En effet, une augmentation des taux d’intérêts se traduit généralement par une régression du P.I.B., elle-même résultant en une détérioration du ratio dettes / P.I.B…. 

Bref, après les débiteurs subprimes composés par cette armée de citoyens américains qui croyaient naïvement parvenir à assumer la charge d’une dette hypothécaire dix fois supérieure à leurs revenus annuels, prenons conscience d’un glissement aux effets potentiellement dévastateurs, à savoir que le débiteur subprime est aujourd’hui l’Etat américain ! Que ceux qui sont bluffés par des taux d’intérêts insignifiants reviennent à la réalité car ce contexte est appelé à se durcir progressivement tout comme l’anesthésiant des « baisses de taux quantitatives » est condamné à rapidement s’estomper. N’en déplaise à Krugman et consorts – adeptes de l’hyper dépense – et malheureusement pour la Chine et pour les autres pays excédentaires lourdement investis aux USA : la hausse des taux d’intérêts déclenchera l’insolvabilité américaine.
Michel Santi

Edit : pardon j'ai oublié les balises.

EDIT : GAMBETTA ! CITER UN ARTICLE N'EST PAS LE RECOPIER ET METTRE UN LIEN EST REQUIS - Greg

Last edited by Gambetta (12-01-2011 15:38:46)

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

Re: Il faut arreter de créer de la dette publique !

Gland bêta, tu es la plus immonde sous-[biip] qu'il m'ait été donnée de voir sur ce forum.

A la lecture de ton post, je me dis, tiens, c'est bizarre, un point de vue intelligent (discutable bien sûr), très bien illustré avec une bonne compréhension des mécanismes monétaires en jeu. Venant de toi et à la très grande médiocrité des messages dont tu nous as abreuvé auparavant, j'avais de quoi être surpris.

Trois secondes sur Google et je trouve la source de ton message, que tu t'es contenté, pauvre idiot, de recopier au mot près sans en citer une seule fois la source.

Il provient d'un économiste du nom de Michel Santi (de l'IFri) dont l'analyse apparaît à plusieurs endroits comme ici par exemple :
http://www.boursier.com/forum/thematiqu … 29929.html

Bref, on sait que tu es mauvais, inutile de pomper en douce des analyses d'autres personnes compétentes. 

A défaut d'avoir du talent et des idées, essaye au moins de garder une once d'honnêté, biiip

Last edited by RPC (12-01-2011 14:34:46)

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Re: Il faut arreter de créer de la dette publique !

RPC a écrit:

Gland bêta, tu es la plus immonde sous-biiip qu'il m'ait été donnée de voir sur ce forum.

Bref, on sait que tu es mauvais, inutile de pomper en douce des analyses d'autres personnes compétentes. 

A défaut d'avoir du talent et des idées, essaye au moins de garder une once d'honnêté, cbiip

Merde tu m'as devancé!!! J'avais eu la même démarche: pas suffisamment d'énormités, cela ne pouvait être de lui...  smile

Plus prosaïquement, vu le personnage, ça vient de là: http://www.agoravox.fr/actualites/econo … e-du-87076

Last edited by sabaidee (12-01-2011 14:36:15)

"Les hommes qui disent que les femmes sont frigides sont de mauvaises langues" Guitry

Re: Il faut arreter de créer de la dette publique !

Gambetta a écrit:

En effet, où et comment la Chine pourrait-elle investir ses dollars, résultant de sa balance commerciale largement excédentaire avec les USA, autrement que dans les Bons du Trésor et autres placements américains ?

En Euro, en bons du trésor de pays européens, en Yen, en devises asiatiques, en actions occidentales et émergentes, en matières premières, en droits d'exploration pétrolière, en rachat de mines...etc.

"Les hommes qui disent que les femmes sont frigides sont de mauvaises langues" Guitry

Re: Il faut arreter de créer de la dette publique !

Gambetta, voyons, tout étudiant de Scpo qui se respecte se doit de manier le plagiat avec plus de dextérité que tu ne le fais. On apprend ça en première année. Tu me déçois.

"In heaven, everything is fine." (the Lady in the Radiator)
"You'd never guess...There was a fish... in the percolator."
"I like to remember things my own way... not necessarily the way they happened."

Re: Il faut arreter de créer de la dette publique !

Pardon FDL, désolé j'ai oublié les balises.

RPC : on a mal digéré mes analyses libérales hein mon petit chercheur à la bistoukette tordue. T'inquiète pas, tu les aura tes salaires à vie qui te permettront de te biip derrière ton bureau pendant plus de 40 ans !

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

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Re: Il faut arreter de créer de la dette publique !

Gambetta a écrit:

Pardon FDL, désolé j'ai oublié les balises.

C'est pas ma faute: le pot de confiture s'est jeté sur mes doigts, je n'ai rien pu faire!

Avec ou sans balise, tu ne rends pas à Santi ce qui est à Santi et tu t'appropries son papier.

Gambetta a écrit:

RPC : on a mal digéré mes analyses libérales

C'est un bien grand mot!

Re: Il faut arreter de créer de la dette publique !

Décidément je développe des champignons entre les orteils, moi.

Mon analyse sur les dépenses et prélèvements publics, les salaires et le pouvoir d'achat est aussi juste qu'un que le jugement d'une Cour de Cassation, aussi limpide qu'un lac de montagne par ciel bleu. Ce ne sont pas tes gigotements de camisolé de force qui démontreront le contraire.

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

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Re: Il faut arreter de créer de la dette publique !

Gambetta a écrit:

Mon analyse sur les dépenses et prélèvements publics, les salaires et le pouvoir d'achat est aussi juste qu'un que le jugement d'une Cour de Cassation, aussi limpide qu'un lac de montagne par ciel bleu.

Le Lac Nyos pour sûr!

http://www.journaldunet.com/science/env … re/4.shtml

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Re: Il faut arreter de créer de la dette publique !

Gambetta a écrit:

Décidément je développe des champignons entre les orteils, moi.

Mon analyse sur les dépenses et prélèvements publics, les salaires et le pouvoir d'achat est aussi juste qu'un que le jugement d'une Cour de Cassation, aussi limpide qu'un lac de montagne par ciel bleu. Ce ne sont pas tes gigotements de camisolé de force qui démontreront le contraire.


http://img4.hostingpics.net/thumbs/mini_3773421294467807955.jpg

Re: Il faut arreter de créer de la dette publique !

Une tribune de blog qui explicite plutôt très bien l'idée générale de mon premier post :
http://www.francoisdesvignes.over-blog.com/

L’Etat français en faillite : la spécifité française


La France vient de franchir le seuil fatidique de 1700 milliards d’euros d’endettement : elle est en faillite, sinon aujourd’hui, demain, inexorablement.

Cette série d’articles vise à démontrer la spécificité de la dette française quant au cumul de la dette avec l’impôt (I), quant au volume hors contrôle de la dette (II), quant à la structure insoluble de la dette (III) et enfin quant à la philosophie de la dette (IV) qui sont les quatre raisons de son impossible apurement

I LA SPECIFICITE DE LA DETTE & DE L’IMPÔT EN FRANCE

La normalité française

Une dette est un impôt différé et l’impôt une dette évitée.

Il ne faut pas reprocher « l’impôt » à la République : il a toujours existé et chacun comprend sa necessité ; Il ne serait pas sérieux en singeant proud’hon de prétendre que l’impôt en général et celui de la France en particulier est un vol d’Etat.

Sous l’Ancien Régime il éait toujours négocié en fait d’être imposé, le plus souvent par le vote aux Etats généraux. Pareillement, la République n’est pas voleuse au sens où on l’entend habituellement c’est-à-dire que sa gloutonnerie insatiable d’impôts ne constitue pas en soi la preuve de son vol manifeste, aurait-elle enrobé ses vols de promesses inconsidérées.

Et, pour sa défense, il faut dire que cette manière de voir de ses détracteurs, assimilant n’importe lequel de ses impôts au vol, quel qu’en soit le montant, est une démarche à la fois erronnée et démagogique.

Elle est erronnée parce que l’impôt voté par le parlement, censé exprimer la volonté générale, n’a jamais été imposé par surprise ou à l’insu du contribuable. Légalement s’entend.

Certes, ceux qui le votent ne sont pas toujours ceux qui le paient et le simple coup d’oeil sur la composition socio-professionnelle de nos assemblées suffit à démontrer que c’est en définitive plus souvent l’inverse qui se produit : une assemblée dont les membres sont issus par leur formation ou par leur occupation de la fonction publique lato sensu (http://local.attac.org/parisctr/doc...) demandant aux forces vives de la nation de payer l’impôt, une noblesse de fonction républicaine régissant un Tiers-Etat impuissant, sans accès réel aux pouvoirs, définitivement noyautés par eux.

C’est un procédé grossier de confiscation de la démocratie.

Il ne faut donc pas faire le procès de l’impôt même excessif à la République et surtout pas en prétendant que parce que c’est une république son impôt est systématiquement injuste. Ou que parce qu’elle est noyautée par une oligarchie, l’oligarchie ne fait que ce qu’il y a de pire, surtout lorsqu’elle nous impose. C’est vrai que l’oligarchie est toujours arrogante. C’est encore plus vrai que la République est noyautée par elle. C’est vrai que son impôt est injuste comme tout ce qu’elle fait mais pour d’autres causes.

Au fond, aussi longtemps que nous aurons la liberté d’aller et de venir, c’est-à-dire le droit inaliénable de lui claquer la porte au nez quand notre patience et nos deniers seront epuisés, on ne devrait pas parler de vol de la République mais plus sûrement de consentement forcé à l’impôt. L’impôt est certes voté mais le consentement à sa levée auprès des Français au lieu d’être préalable au vote lui est postérieur et au lieu d’être libre est contraint http://www.performance-publique.gou....

Contraint par les discours culpabilisants des élus, jusqu’à la démagogie, à l’adresse des forces vives chargées de le payer, toujours dirigés à l’encontre de ceux qui vont être victimes de la nouvelle mesure, jusqu’au lavage de cerveau. Pour faire accepter ce que tout un chacun sincère finit par trouver inacceptable, les augmentations d’impôts sont toujours presentées comme exceptionnelles et temporaires, toujours avec des taux minimes pour commencer et donc comme tels insuffisants à déclencher une insurrection.

Par exemple, l’impôt sur le revenu a été voté pour la première fois en France le 15 juillet 1914 ; il était de 2 % et à l’époque il avait declenché une vague de protestations sans précédent. Simplement comme seuls 1,7 % des foyers y était assujettis, l’insurrection n’avait pas plus de chances de voir le jour qu’un pétard mouillé de faire sauter l’assemblée qui l’avait voté. Le cancer va faire ses métastases : en 1980, l’impôt sur le revenu est devenu un impôt sur l’activité des personnes, l’immense majorité des Français ne tirant plus, dès cette époque, leur subsistance des fruits de leur épargne mais de leur travail. La tranche supérieure s’elève à 75% et 65% des foyers fiscaux y sont soumis.

Les dangers insurrectionnels ou d’exil fiscal sont alors réels à cause du caractère confiscatoire des tranches élevées et pour prévenir ces risques d’exode (car les riches ne montent jamais sur les barricades pas plus en 89 qu’aujourd’hui) les taux refluent pour la première fois de leur histoire en 2000, sous un gouvernement de gauche, et en 2007, sous un gouvernement de droite. Sous l’effet de l’émigration des riches de l’hexagone le taux marginal d’imposition est ramené à 40%, les droits de succession sont allégés : César n’obéit qu’à la menace.

Et ne craint que deux choses : sa solitude qui le rend vulnérable. Et notre union déterminée qui nous rend invincibles.

Aussi, César en soumettant tout le monde à l’impôt, et de plus en plus, a-t-il ruiné l’impôt !

Ce qu’il recommence à faire après avoir tenté de s’amender en cherchant à revenir sur les baisses consenties antérieurement, le bouclier fiscal lui coûtant trop cher, aujourd’hui ceci, demain cela http://www.lepoint.fr/economie/fill...

Une dette est un impôt différé et l’impôt une dette évitée.

Du côté de la dette, une critique de son montant, de sa structure ou de sa periodicité, au seul pretexte qu’elle serait française ou républicaine, ne serait pas plus légitime.

La dette est inhérente à l’Etat et à la guerre, les Etats finançant toujours leurs guerres par la dette, les ressources ordinaires de l’impôt étant insuffisantes à financer leurs engagements militaires ce qu’illustre le graphe suivant, celui de l’endettement du Royaume Uni :



Ainsi, la dette britannique a représenté jusqu’à 300% de leur P.I.B. au lendemain des guerres napoléoniennes et de la seconde guerre mondiale, des chiffres bien supérieurs à ceux que nous connaissons aujourd’hui.

La spécificité française ne vient même pas, contrairement au titre annoncé, à ce qu’elle serait en faillite car, sur ce terrain, si le fait est d’ores et déjà indéniable comme il sera démontré, la France ne sera pas la première à essuyer une faillite par exemple celles, retentissantes et en chaine, de Philippe d’Espagne en 1557, 1575, 1596, 1607, 1627 à comparer à celle partielle de la France en 1797 avec le vote de la loi du "Tiers consolidé", une littote signifiant que seul le tiers de la dette serait payée (et non sera) http://fr.wikipedia.org/wiki/Tiers_....

En matière de dette publique ou d’impôts ces tendances, mouvements de balanciers, coups de force et boomerangs ne sont donc pas spécifiques à la République.

Car au fond, tous les Etats à toutes les époques adoptent des procédures analogues avec plus ou moins de bonheur et d’intelligence c’est-à-dire de mesure et de justice.

La spécificité française

La spécificité française est ailleurs. La spécificité républicaine encore autre part. Ni l’une ni l’autre ne permettrait de qualifier la République de voleuse. De suicidaire oui, de voleuse non.

La specificité française vient de ce qu’elle a toujours été en guerre depuis sa création en ce sens que chaque génération a connu sa guerre, ayant à chaque fois mobilisé l’essentiel des forces vives du pays. Très tôt, l’Etat s’est donc construit sur des nécessités de guerre et l’impôt levé l’a été à des fins de financement de la guerre. Dans cette culture de guerre, même lorsque la France est en paix, elle est encore en guerre, en après-guerre ou en avant-guerre.

Aussi, même lorqu’elle est en paix, elle n’oublie pas la guerre. Au contraire, même en paix, elle ne sait que réparer la guerre précédente et préparer la suivante. Quand elle ne se trouve pas d’ennemis à l’étranger, elle s’en découvre à l’intérieur ; quand ils n’existent pas, elle se les fabrique : guerre étrangère, guerre civile, guerre religieuse, guerre coloniale, guerre de décolonisation, guerre des croisades, en guerre, en avant-guerre, en pré-guerre et en après-guerre, dans sa culture de guerres tout est prétexte à des guerres et sa diplomatie se réduit le plus souvent au nombre de ses canons (http://francoisdesvignes.over-blog.com/).

Aussi, la spécificité française est d’être traditionnellement surimposée et d’avoir en temps de paix une rentabilité de l’impôt et de l’Etat déplorables : ni l’un ni l’autre ne sont institués pour la paix et pour tout dire, en temps de paix, hors leurs environnements naturels, l’impôt ne sait plus comment se justifier et l’Etat ne sait plus comment se tourner.

Total des prélèvements obligatoires, en % du PIB, dans quelques pays de l’OCDE, en 2005 :


La France est traditionnellement surimposée par rapport à ses voisins car plus qu’eux elle finance des guerres.

Et c’est donc par l’endettement, toujours, qu’a été financé cet effort de guerre, le budget étant traditionnellement à peine équilibré c’est-à-dire sans les marges de manoeuvres nécessaires à des engagements extérieurs pour fait de guerre.Puis pour le service de la dette et le remboursement des emprunts de guerre par une tradition de surtaxation par rapport à ses voisines.

Mais retenez bien que le "Puis" est très important : d’abord le surendettement pour financer cette belliciste ; suivi de la surimposition pour le remboursement, jamais les deux à la fois. (en principe).

L’anomalie républicaine

La guerre étrangère en moins, le système est donc resté inchangé de nos jours et le tableau supra autant que la remise en cause récente des allègements fiscaux illustrent tristement cette vérité.

Sauf que le système s’est en plus aggravé pour cause de guerre économique : notre système d’imposition est non seulement un des plus lourds du monde mais notre endettement atteint 80 % du P.I.B après les plans de relance, en constante augmentation depuis 1981 où il n’était que de 20% :



Pour le dire autrement, nous sommes encore plus en état de cessation des paiements que Louis XVI qui comparé à nous l’était à peine... quand nous le sommes absolument.

Et contrairement à l’idée communément reçue nous sommes les seuls dans cette situation si exceptionelle (et tragique) et pourtant si typiquement républicaine. Car nos voisins, eux, sont soit surendettés soit surimposés mais jamais les deux à la fois.

Nous si.

C’est la nouveauté de l’exception française.

La spécificité française s’est d’être soit surimposée soit surendettée pour fait de guerre et l’anomalie républicaine, phénomène nouveau, sans précédent, c’est d’être surimposée ET surendettée sans aucun motif de guerre à avancer c’est-à-dire STRUCTURELLEMENT en banqueroute.

Par exemple, un Japonais est surendetté à hauteur de 200 % et plus de son P.I.B. Mais il est de ceux les moins imposés : en fait il a fait payer son impôt par la dette.



Un Suédois est surimposé. Mais il est "sous-endetté" ou à tout le moins dans un processus d’apurement de sa dette même si le Danemark fait beaucoup mieux qu’elle. En fait, chez eux les générations futures seront libres de toute dette.



Le vrai mal français, sa triste exception, est dans ce cumul : l’Etat a surimposé les parents et surtaxés les enfants. Les parents parce qu’ils paient l’impôt, les enfants parce qu’ils devront rembourser la dette.

Dira-t-on, demain est un autre jour. C’est vrai. Même si ce n’est pas très moral. Et d’autres avant nous ont dit « Après nous le déluge ».

Si les budgets (Etat, collectivités territoriales et protection sociale) mangent 50% du P.I.B. chaque année, sans pour autant être en équilibre, et s’il faut en plus rembourser le capital des dettes d’hier pour un montant égal à 80 % du P.I.B., comment voulez-vous avec 100 payer 130 ? On va étaler la dette ? Si vous voulez.

Mais déjà nous optons pour des solutions « subsahariennes ». La qualité de notre signature va s’en ressentir. Mais admettons : rééchelonnement de la dette sur dix ans.

Mais alors parlons franc : nous avons bien volé les générations futures en leur imposant une dette que nous avons déjà entièrement consommée ! Et si nos budgets ne sont toujours pas en équilibre, autant dire les choses clairement et honnêtement : nous sommes en banqueroute.

C’est cela l’exception française. Ou plus exactement républicaine.

La dernière fois que nous y avons été confrontés, nous avons fait quatre choses : on a ruiné tout le clergé en leur volant tout ce qu’ils avaient pour un maigre profit. On a récidivé avec les biens des émigrés sans beaucoup de profit additionnel. Et donc comme cela ne suffisait pas, on a fait une troisième chose : on a spolié les banques avec la loi du tiers consolidé de 1797 en ne s’engageant plus à leur payer que le tiers de ce qu’on leur devait. Comme cela ne suffisait toujours pas, on a fait la chose que l’on savait le mieux faire : on a fait la guerre à l’Europe entière pendant quinze ans imposant à nos vaincus des indemnités de guerre colossales.

Pour en définitive aboutir à un désastre à la fois militaire, Waterloo, et démographique ; la France devra attendre un siècle pour se remettre des saignées des guerres révolutionnaires et impériales, entamant un siècle d’instabilité et de division, politique, morale, économique : toujours à partir de cette date l’astre France est descendu dans le firmament des nations alors même qu’en essuyant des éclipses comme celle de la guerre de cent ans la France était toujours montée dans le concert des nations avant cette date.

Aussi, ne croyons pas qu’une dette est une dette et qu’on finit toujours par la rembourser.

Aujourd’hui, pour la France, encore moins qu’hier : elle a perdu le droit de se mettre en faillite en perdant sa monnaie ; pour des raisons analogues, et de bon sens qui l’honorent, elle ne peut davantage spéculer sur la fuite en avant guerrière ; elle ne peut pas augmenter les impôts sans asphyxier pour de bon le pays ; elle ne peut non plus augmenter son endettement, le seul service des intérêts étant déjà devenu le premier poste du budget, avant celui de l’Education nationale, 40 % de son montant, que l’impôt sur le revenu lui-même ne permet plus d’amortir.

Sire, gardez-vous à droite ! Sire, gardez-vous à gauche ! Elle avance un pas de plus dans l’endettement, elle tombe ! Elle recule dans l’imposition, elle s’écroule ! Elle relance, elle s’effondre ! Elle serre toutes les vis, elle s’asphyxie !

Elle vient, avec le service des intérêts de la dette devenu premier poste du budget, de perde toute liberté de manoeuvre.

Le signe de croix est son seul salut et l’enfer qu’elle vient d’ouvrir son seul avenir.

II LE VOLUME HORS CONTROLE DE LA DETTE

1700 milliards de dette publique est un montant hallucinant mais, pour autant, nous ne devrions pas en soi être impressionné par ces chiffres lorsque l’on sait qu’au lendemain des guerres napoléoniennes le Royaume-Uni avait fait grimper son taux d’endettement à 250/300% de son P.I.B.

Dans notre dernier article, nous avons tenté de démontrer que plus que l’importance de la dette en elle-même c’était son cumul avec des taux d’imposition élevés, sans pour autant parvenir à des budgets en équilibre, qui devait nous inquiéter, car, perdant ainsi la totalité de nos marges de manoeuvre, inexorablement nous courrons vers la faillite.

Aujourd’hui, ce que nous allons tenter de démontrer, c’est la vitesse à la quelle nous courrons sans jamais néanmoins perdre de vue que la masse de la dette a par elle-même un effet synergétique et qu’ainsi, si le volume de la dette en lui-meme n’explique pas les causes, il en accélère les conséquences.

Donc, le volume de la dette : les républicains (pardon d’être royaliste) disent souvent que la dette française est certes importante mais moindre que celle des Etats-Unis. Si l’on parle de dette publique, et de pourcentage de P.I.B., c’est absolument faux. Nous sommes un des pays les plus enettés au monde. L’assertion choque, cela ne fait pas très plaisir mais la vérité n’est pas là pour nous flatter mais nous éclairer : la France est en 14e position des pays les plus endettés avec un taux d’endettement de 83%, soit dans le peloton de tête des cancres, avec le Zimbabwe, la Belgique, la Grèce. Le Japon est encore loin "au dessus" d’elle mais, au regard de nos taux respectfs d’imposition, ce n’est pas une consolation.

Enfonçons le clou, vous ne me croiriez pas sinon : même l’Egypte et le Portugal, exsangues, sont mieux placés que nous en termes de pourcentage de leur P.I.B., de peu il est vrai (15e et 16 places). Où sont les U.S.A malgré la politique interventionniste de Obama dans ce consert de la dette ? Pas si mal placés, en 36e position, avec un taux d’endettement de 59 %. On comprend mieux pourquoi Obama sourit au Ouistiti quand le Ouistiti prétend lui donner des leçons de vertu du haut de ses talonnettes. Il faut aller sur ce lien pour méditer le tableau et prendre la mesure de nos menteurs

En définitive, les chiffres exacts ne nous intéressent pas, la comparaison des masses d’endettement entre pays nous édifie seul ; un bon croquis et tout est dit :



Cette mappemonde de l’endettement est assez récente. Pourtant, elle est déjà dépassée. Les choses vont si vite. En effet, comme nous savons que nous venons de franchir le taux de 80 % de dette publique, il nous faudrait normalement recolorier la carte en plus foncé chez nous et plus clair chez quelques uns de nos voisins : nous sommes dans le mauvais sens ; le Canada, par exemple, est maintenant à 34 % de taux d’endettement. Bien vert.

Or, nous savons bien que, au jour du dernier jour de la crise, seuls les "verts" seront vainqueurs avec une capacité d’endettement intacte pour profiter à tout va de la reprise. Au contraire, "les marrons" devront mobiliser toutes leurs énergies restantes à l’apurement des dettes de leurs ainés sans rien pouvoir consacrer à leurs investissements qui seuls leur permettraient de prendre une juste part à la prospérité retrouvée. Et quand nous voyons où sont les plus "verts" et encore plus, ceux qui s’en approchent et ceux qui s’en éloignent nous comprenons deux choses : pourquoi nous avions l’air si étonnés à l’instant et pourquoi, subitement, nous sommes devenus tout pâles et le sommes restés depuis....

D’autant que notre progression dans l’endettement est logarithmique, son logarithmique étant l’illustration la plus évidente de notre défaut de maitrise, de notre nouvel état de failli :



Ca ne durera pas : prolongez la courbe, vous saurez quand nous mourrons.

C’est pour cela que nous n’avons plus les moyens de savants raisonnements mais devons seul en revenir à nos bons instincts : nous devrions avoir le reflexe d’arrêter le maudit compteur p http://cluaran.free.fr/dette.html pour le faire repartir dans l’autre sens. Ce n’est pas le volume qui nous a rendu tout blanc à l’instant. C’est la progression logarithmique du volume. L’absence de contrôle de la dette ; qu’on nous cache, à nos dépens. C’est le sens et la vitesse du compteur qui nous fait passer du débat à l’ultimatum.

Mais les chiffres de l’endettement de la nation sont tels qu’ils sont au-delà de la compréhension de notre entendement moyen. Le chiffre exact ne nous intéresse d’ailleurs pas, seul le chiffre signifiant nous intéresse, c’est-à-dire par ordre de grandeur et par habitant. On peut faire plus clair en faisant plus simple : en vous demandant de lire ce qui suit en « sautant » les chiffres entre parenthèses, eux seuls exacts mais insuffisamment parlants car « illisibles ».

Sans même regarder ce qui reste dans l’assiette de nos voisins, pratiquement les prélèvements obligatoires en France tournent autour de 50 % du P.I.B. (44%). Selon les dernières publications de l’I.N.S.E.E., fin 2008, la dette de la France représentait à l’époque environ 70% (68 %) du PIB, soit 1300 milliards (1 328 milliards d’euros). Elle a cru de 10% (9,8 %) en un an. La quantité de revenus injectés dans l’économie par les mesures de relance en 2009-2010 a été proche de 45 milliards d’euros, soit 2 % (2,4 %) du PIB. La dette a continué son inexorable ascension : après avoir atteint 80% en 2009 (77,1 %), elle a atteint 85 % du PIB en 2010 (84 %). Le déficit budgétaire atteint traditionnellement trois fois les montants consacrés à la relance (141 milliards d’euros) et sera donc reconduit peu ou prou en 2011. Ce qui signifie qu’à la vitesse du seul déficit budgétaire, la France augmente son endettement de 10% par an (8%). Personne n’est devin mais il est vraisemblable, à moins d’un retournement improbable de conjoncture, qu’à l’horizon 2012, l’endettement sera proche de 120% du P.I.B. Lequel P.I.B. au mieux stagnera. D’autant que tous ces malheureux chiffres ne tiennent pas compte des 900 milliards d’euros de retraite des fonctionnaires non provisionnés à ce jour, soit 45 points d’endettement supplémentaires. C’est plus une dette, c’est un brasier.

Ces chiffres astronomiques sont au-delà de notre compréhension.

On peut donc faire encore plus simple : que l’endettement soit « calé » entre 80 et 100% ou 120% du P.I.B. et notre imposition « stabilisée » autour de 50% du P.I.B. veut donc dire, au bas mot, que chaque Français est aujourd’hui publiquement endetté dans une fourchette de 120-130% de ses revenus annuels : les 50 % d’impôts auxquels il faut rajouter un bon 70% d’endettement, si vous voulez bien admettre qu’aucun Etat n’est totalement vierge de toute dette, même pas l’excellent élève russe. Et pourquoi cette addition entre les choux de l’impôt et les carottes de la dette ? Parce que ce sont les mêmes légumes : l’impôt payé est une dette évitée et la dette contractée,un impôt différé.

Donc au bas mot nous sommes à 130 % d’endettement public, soit bien au dela des 1700 milliards.

Le F.M.I. a calculé le P.I.B. par habitant en 2008 à 34 215€. Chaque Français est donc endetté publiquement de 41 000€, arrondis à 40 000€ correspondant aux 120% de 34 215€. Sur ces 40 000€, il en paye chaque année 50/120 en impots (17 000€) et reconduit les 70/120 restants soit (23 000€) en dettes différées qui ne cessent donc d’augmenter.L’écart de 3000 € avec les chiffres pris sur le compteur de la dette provient de ce que nous laissons 10 % de dettes résiduelles à l’Etat. Sinon, le compteur a raison : nous devons 26 000 € par habitant.

On raisonne « par personne » ce qui est faux. Le bébé, mamie sont comptés comme contributeurs dans le raisonnement "par habitant". C’est démagogique. Il faut raisonner par « feu », foyer fiscal. Dans ce cas, comme il y a environ 17 000 000 de foyers fiscaux imposables en France, le hasard fait très bien les choses : chaque foyer, après avoir payé ses impôts, est encore endetté d’environ 100 000 €

L’autre manière de prendre le calcul est de dire que la famille française est composée de papa, maman et de deux enfants si bien que les chiffres deviennent....quatre fois supérieurs ! Chaque famille française EN PLUS de son endettement privé doit le 1er janvier de chaque année : 160 000€ = 68 000€ + 92 000€. (Puisqu’ils ont bien été quatre à gagner "en moyenne" 40 000€ etc). Et donc, le 31 décembre, si tout va bien, la famille lambda ne doit « plus que » et « seulement » 92 000€ en espérant que l’Etat, les collectivités territoriales et notre système de protection sociale n’aient pas aggravé la dette entre temps ce qu’ils ne manquent pourtant jamais de faire. Bon, 100 000 euros.

Beaucoup de Français vont penser n’avoir jamais payé 68 000€ d’impôts par an, somme supérieure à leurs salaires. Non, mais si nous ne les avons pas payés c’est parce qu’on nous les a volés en amont !!! Sans que nous nous en apercevions. Par exemple, en les camouflant dans notre bulletin de paye sous le terme « cotisations patronales » qui ne sont que des cotisation ouvrières payées par le patron en notre nom sans que nous le sachions. « La cotisation patronale » n’est que le salaire des employés detourné par le patron sur ordre de Marianne. Vous voulez savoir combien vous auriez pu toucher si on ne vous avait pas volé en amont ? C’est très simple : au bas mot le double de ce que vous avez effectivement touché en aval. Vous voulez le verifier ? Additionnez les cotisations ouvrières et patronales de votre fiche de paie. Le vol ne concerne pas les fonctionnaires ? Il ne concerne pas les pauvres ? Qui par hypothèse n’en seraient pas victimes ? C’est faux : le P.I.B. est la richesse commune de la nation ce que produit l’effort conjugué de tous. Puisque le F.M.I. l’a calculé pour la France en 2008 à 34 215€ par habitant dans notre exemple du foyer fiscal cela donne un revenu moyen familial de 34 215€ x 4 = 136 860€ par famille. Vous voyez, on retombe sur les mêmes chiffres. Vous ne saviez pas que vous gagniez autant ? Ni que ce qui était apparemment gratuit vous coûtait si cher ? On vous a trompé ? C’est exact : mais bien au-delà de ce que vous pensez, ce que nous verrons sur d’autres pages...

En attendant, royaliste lucide ou républicain sincère, père, mère de famille ou célibataire, nous devons 100 000 €. En plus de notre endettement personnel.

Vous comprenez maintenant, Ouistiti, pourquoi nous sommes devenus si pâles, tout d’un coup, en apprenant ces chiffres et si définitivement en colère après vous tous puisqu’il résulte de ces chiffres que vous nous avez tous escroqués.

Depuis 30 ans.

III LA STRUCTURE INSOLUBLE DE LA DETTE

Dans deux précédents articles, ici et là, nous avons tenté de démontrer que, quelle que soit l’importance de la dette, la France n’étant pas forcément la moins bien placée sur ce chapitre, la spécificité de sa dette lui sera fatale :

parce qu’en plus d’être endettée, elle est trop lourdement imposée pour pouvoir inverser son processus d’endettement et,

parce que la progression exponentielle de sa dette vient de l’acculer à rembourser les intérêts de ses emprunts par l’emprunt, devenu depuis peu premier poste de son budget, toutes situations typiques du failli.

Le dérapage de la dette est d’abord un dérapage de sa gestion

Aujourd’hui, nous allons tenter de démontrer que cette triste situation n’est pas conjoncturelle mais structurelle, rationae temporis et rationae materiae.

Rationae temporis car cette situation dure depuis plus de trente ans, au-delà des partis et des majorités, avec une imperturbable constance.

Et rationae materiae, quelle que soit l’entité publique, toutes administrations confondues, État central, collectivités locales et organismes de protection sociales

Lendettement cumulé, précision importante, est la conséquence d’un déficit structurel de gestion, toutes administrations confondues de l’ordre de quelques pour cent par an qui se chiffrent en milliards d’euros (144 en 2009) situation qui va se dégradant au fil des ans.

Ce graphisme met ensuite en évidence que, contrairement aux idées reçues, ce sont les organismes de protection sociale qui semblent vouloir contenir avec le plus de pugnacité la tendance à l’augmentation de la dette : en effet, c’est la seule entité publique qui, d’une année sur l’autre, réussit à diminuer la taille de son endettement, même si cette diminution n’a pu toujours s’inscrire dans la durée.

Et au contraire, c’est frappant sur ce graphique, le gouvernement et les administrations centrales semblent avoir pris le parti de laisser courir la dette, les colonnes bleues et violettes n’ayant cessé de progresser depuis trente ans.

A cause d’eux, encore plus que du fait des collectivités locales, malgré les efforts louables des organismes de protection sociale, l’endettement public est structurel, une enflure grandissante au fil des ans.

Et nous voilà donc sur la structure de la dette.

Partant d’une métaphore géologique, on pourrait dire que l’endettement n’est que la conséquence de l’empilement des couches successives de nos ratés annuels de gestion, c’est-à-dire d’une augmentation de la dette sans contrepartie d’actifs et à raison même de cette absence de contrpartie, une dette aussitôt oubliée une fois consommée, et comme consommée sur l’instant, sur l’instant oubliee, cause unique de son renouvellement.

Mais à ce stade, si le mécanisme du renouvellement annuel de la dette est constaté, il n’est pas expliqué.

J’avance deux explications possibles à cette dérive : Napoléon, la durée des mandats ; la cause historique et la cause électorale.

Napoléon :

Nos administrations et établissements publics ont trouvé logique depuis Napoléon, qui les avait conçus à cette fin, de s’organiser comme le sont les armées : centralisation et organigramme pyramidal pour l’architecture, discipline et ordre pour le mode de fonctionnement.

Dans un pays en guerre, ce système rend des services incomparables. Si je n’avais pas peur d’être déplacé, je vous dirais que le régime de Vichy a été de l’avis unanime des occupants d’une redoutable efficacité dans sa traque des populations juives pendant la seconde guerre mondiale, non parce que les pétainistes étaient tous des fous furieux antisémites (les nazis l’étaient pour eux même si certains l’étaient plus qu’eux), non plus parce que les Français étaient majoritairement antisémites (les Polonais l’étaient bien plus qu’eux même si certains l’étaient plus qu’eux) mais parce que le régime de Vichy avait utilisé son administration « militarisée », toute faite d’ordre et de discipline, pour la mettre au service de la déportation.Procédé en soi parfaitement odieux, je vous l’accorde, mais ce n’est pas le sujet.

La question est : d’où l’administration tenait-elle cette efficacité si redoutable ? Uniquement à cette règle militaire qui veut que du général au simple soldat tous les ordres soient exactement, immédiatement et complètement exécutés. C’est comme un véhicule : il ne doit y avoir aucun jeu dans les rouages, quel que soit leur nombre, zéro indépendance.

Cela suppose un encadrement à chaque échelon ,chargé de relayer l’ordre et contrôler son exécution et donc une organisation pyramidale. Ce système est contre nature car l’initiative et l’indépendance sont le propre de l’être humain. S’il n’en était pas ainsi nous serions encore dans les arbres. Pourtant de cette discipline à zéro indépendance/initiative dépend la victoire de l’armée et la survie de votre compagnie en temps de guerre. Pour faire respecter cette discipline à zéro initiative, les armées utilisent la menace du poteau d’exécution : pour ceux qui préfèrent risquer une balle dans le dos devant l’ennemi douze balles dans le coeur par les amis. Cela donne de très bons résultats ; en temps de guerre s’entend. Et dans l’armée de préférence.

L’administration française, organisation civile militarisée par Napoléon et deux siècles de guerres, pour ne parler que de ceux-là, a donc fonctionné comme une armée estimant que la seule question de la moralité de l’ordre de la rafle était en elle-même un acte de rebellion et de désobéissance grave, un manque de loyauté à l’égard du chef à qui l’on doit respect, discipline et obéissance, en plus de la confiance aveugle, et non de discuter ses ordres, le subordonné ne pouvant en aucun cas se livrer à cette liberté de juger sa hiérarchie mais seulement lui obéir jusqu’au sacrifice de sa personne.

On ne pourrait pas croire qu’une telle rigidité puisse être transposée dans l’administration civile ou qu’elle puisse durablement y fonctionner. Et pourtant non seulement elle a très bien fonctionné mais encore nous n’avons dû qu’à la Providence et à la fin de la guerre que l’on n’ait pas fait faire à nos fonctionnaires des choses encore plus horribles ,si ce fut possible.

Et l’administration continue de fonctionner sur ce modèle et au-delà, tous nos établissements publics, pro ou péri administratifs, tout ce qui de près ou de loin touche à l’Etat ou ses prérogatives : à une différence ou un handicap près.

La différence c’est que l’armée est un outil de guerre qui, pour son efficacité, réclame les échelons intermédiaires, c’est-à-dire un corps ininterrompu de relais, du commandemant à l’exécutant ; c’est très lourd, très cher. Justifié pour l’armée. Indispensable en temps de guerre. Mais dans l’administration en temps de paix....ça fait certes une administration organisée (normalement) mais surtout des entités sur-hiérarchisées, des univers où pour un opérationnel vrai vous avez au bas mot 3,5,7,9 fonctionnels contrôleurs. Une surcroissance de l’encadrement au détriment de l’opérationnel. C’est-à-dire une entité radicalement contre-productive, au contraire de l’armée ; malgré tout le dévouement de ses membres, à l’instar de l’armée.

Le recouvrement de l’impôt est ainsi en France parmi les plus chers du monde, et à services égaux l’hôpital est beaucoup plus cher que la clinique à tel point qu’il a fallu prévoir deux tarifs, un public avantageux et un privé calculé à la corde, pour ne pas faire sombrer d’un coup tous nos établissements hospitaliers dans la faillite. Malgré ce cocon protecteur, l’hôpital continue de faire des pertes sans pouvoir complètement assumer ses missions et la clinique des profits sans jamais refuser un malade.

Sur le coût de gestion de l’administration fiscale, qui a fait couler beaucoup d’encre depuis le rapport Lepine il n’est pas discuté que des progrès ont été entrepris mais néanmoins sans obtenir les résultats escomptés.

En gros, pour cent unités de recettes notre administration après avoir caracollé autour d’un coût d’1,60 % ne parvient pas à percer le plancher d’1,20 % soit un coût de recouvrement bien supérieur à ses homologues qui eux s’échelonnent entre 0,70 et 1,00.

Donc en 2007, elle est descendue à 1,20 %. C’est presque bien. C’est beaucoup mieux que le Japon, autre administration impériale, qui tourne autour de 1,50. Mais au rythme des grapillements annuels, c’est beaucoup trop lent surtout par rapport à ses voisines et encore plus si elle désire les devancer en efficacité pour cause d’impécuniosité.

Surtout lorsque l’on sait que l’administration fiscale, de toutes les administrations, a été celle à s’être lancée le plus complètement et le plus durablement dans les réformes, faisant de ses coûts de gestion sa bête noire, effort qui, par la constance et les résultats, mérite d’être salué.

Aussi, pour bien faire, il faudrait démonter Dame publique et parapublique et lui supprimer le plus possible de rouages intermédiaires pour l’alléger au plus possible et ainsi lui permettre de descendre ses coûts . Voeu pieux : on ne peut pas démonter la machine sans la casser. On a bien tenté des réformes d’allègement de ci de là. En vain. Toujours plus lourde, toujours plus contrôleuse et contrôlée, la machine suit sa propre logique, faisant des fonctionnaires ses premières victimes, et les meilleurs d’entre eux, ceux qui ont des idées pour l’améliorer, de pures martyres.

La seule parade que l’on ait inventée est une absurdité en même temps qu’une démonstration et un aveu d’impuissance : la privatisation. Tant que l’on est resté dans les services marchands, pratiquement la privatisation des nationalisations antérieures, les choses se sont plutôt bien passées. Mais une fois arrivés sur le périmètre des compétences régaliennes de l’Etat cette solution n’est plus sérieusement envisageable : comment privatiser la police, la justice, l’armée ? Sans même aller jusque-là, des services marchands, par exemple les transports, restent dans la sphère de l’Etat, par exemple la S.N.C.F., tout simplement parce qu’il n’est pas possible de les privatiser autrement qu’à la marge, c’est-à-dire sur ses filiales, avec d’ailleurs des coûts indirects de cohérence.

Mais il faut néanmoins espérer qu’avec le temps et la volonté, nous terminerons dans toutes les administrations là où l’administration fiscale a si bien commencé, gagnant, année après année, des petits points de coût de gestion, un travail de ramasse miettes et d’alègement des structures, jusqu’à l’équilibre de gestion.

Une oeuvre possible donc ; mais de longue haleine.

Pourtant, cela ne marchera pas parce que cela ne durera pas : à cause des politiques.

La durée des mandats

Ce que met en évidence ce deuxième graphique c’est que la dette des collectivités et organismes publiques est inversement proportionnelle à la durée des mandats électifs de ceux qui les dirigent.



On ne changera pas le système électif non plus que la durée des mandats.

Pourtant, si nous voulions libérer nos élus de leur dépendance alccolique au prêt, le plus sûr moyen serait d’en supprimer la cause : leur peur de la non réélection. Le tableau démontre en effet que la dérive du recours au prêt est inversement proportionnelle à la durée des mandats.

Les organismes de sécurité sociale et de protection gèrent et contienent du mieux qu’ils le peuvent le deficit qui chez eux d’ailleurs n’est pas de gestion, même si certainement des progrès pourraient être faits sur ce ce terrain. Ils ne sont pas élus.

Les dirigeants des collectivités territoriales, dotés de mandats longs et peut-être moins menacés par la non réélection que les politiques "nationaux", soit qu’ils n’en vivent pas, soit, bien qu’en en vivant, leur charisme personnel ait plus de poids dans l’ élection que la politique elle même, ne sont donc pas condamnés à la surenchère des offres et des propositions si mangeuses de finances.

Certes, eux aussi, comme tout politique, ont recours à ces procédés clientélistes , qui pour la piscine,qui pour la voie rapide ou le ramassage des ordures ménagères. Certes, ils seront obligés, une fois arrivés au pouvoir, comme tout politique, de financer leurs promesses par l’emprunt surtout s’ils ne veulent pas se faire traiter de menteurss et ainsi ruiner leur carrière.

Mais d’une part, le cycle de la promesse n’intervient qu’une fois tous les six ans, et d’autre part, la proximité des électeurs oblige à des devoirs de sincèrité et de pédagogie, tous garde- fous qui n’existent plus ou moins dans la sphère de la politique "centrale".

La parisienne.

Chez " la parisienne" ce que montre le graphe, c’est que les défauts y sont démultipliés, et les garde-ous absents.

En effet, on vote et on gouverne au niveau national ; on ne finance plus les piscines municipales, mais par exemple les 35 heures. La moindre augmentation, le moindre avantage, même justifié, toujours intéressé par la réélection, se chiffre en huit zeros et plus d’emprunt. Au rythme non pas d’une mais de deux élections : la présidentielle, la législative ; pas pour six ans mais selon un cycle de cinq ans sans compter les élections intermédiaires à la réélection présidentialo-législative pour lesquels quelques mesures financées par l’emprunt seront votées , par "soutien", "pour tenir les territoires".

Des prêts en rafale.

De ce point de vue,il faut regarder la concordance des dates entre les deux élections, la présidentielle et la législative, comme une amélioration certaine de notre système dont les experts nous diront peut-être, plus tard, combien elle nous a fait économiser d’emprunts.

Tout cela sans aucun garde fou, même pas celui de la proximité car, dans "la Parisienne", il y a au moins un accord tacite, rendu nécessaire pour les besoins de la réélection : on n’évite de parler de la dette en évitant de se la reprocher mutuellement, le cannibalisme n’étant pas un mode ordinaire de conquête ou de maintien au pouvoir.

Quand, décidemment, l’emprunt sent trop mauvais,que la nation demande des comptes quand on lui demande des efforts, la Parisienne a sa réponse toute prête : la situation est sous " contrôle". Elle n’ose pas ajouter "son". Elle vous laisse le supposer.

A la lecture du graphe, le mensonge est peut être sous (son) contrôle, la situation certainement pas

Vous pouvez la croire ou non. Décider d’aller voter ou de vous abstenir. Ce sera pareil : en votant pour le camp adverse vous voterez pour leurs frères de lait. Et en vous abstenant, vous ne ferez la démonstration, qu’au fond, ils n’ont besoin que de leurs votes pour s’élire.

Cruelle vérité de leur démocratie.

Ce pourquoi, aussi longtemps qu’ils voudront reconduire leur réélection, ils reconduiront leur recours systématique à l’emprunt, leur modèle suicidaire.

Jusqu’à la ruine totale de nos finances.

Par instinct de leur survie.

A nos seuls dépens.

La spécificité structurelle de la dette de l’Etat français.

François DESVIGNES

Mis à part quelques coquille, je trouve que l'analyse est exacte.
La production de dette est devenu un mécanisme continue et sans fin étant donné le fonctionnement même de la gestion de la dette.

L'Etat est en train de ruiner sa nation, et ce ne seront pas les fonctionnaires qui en subiront les conséquences, mais les citoyens, que l'on va continuer à pressurer en leur prenant tous le simpôts inclus près de 70% de leurs salaires.

Déjà, Contributions sociales + TVA = environ 30% du revenu (20,6% des dépenses + 12,1% du revenu)
Je mets de côté les charges salariales qui sont un salaire différé (encore que, il faudrait être sur que les système social français ne s'effondre pas entre nos cotisations qui payent les retraités actuels, et les prestations que l'on est en droit d'attendre à l'avenir...)
- Ajoutez l'impôt sur le revenu on arrive sans difficulté à près de 40-50% du revenu imposé, sans même être astreint à un barême de tranche éléevée d'IRPP.

Par ailleurs, le constat sur l'inefficacité administrative totale est parfaitement justifié. Tous ceux qui ont fait des stages dans l'administration savent à quel point les administrations pullulent de postes inutiles, que comme il est dit, il y a 3-9 controleurs pour un opérationnel, qu'il est impossible de suggérer quelque amélioration... Bref, le système Français est complètement inadapté au monde actuel.

Et nous finirons pas le payer cher un jour.

Last edited by Emmanuel Goldstein (09-03-2011 19:07:16)

Re: Il faut arreter de créer de la dette publique !

Intéressant : Le plafond de la dette américaine doit être levé faute de quoi les Etats-Unis seraient dans l'incapacité (théorique) de payer les intérêts de cette dette.

Exemple des risques qui pèsent sur une économie dont l'endettement public atteint des sommet, malgré un financement de cette dette en papier-monnaie.

Tim Geithner a donc déclaré aujourd'hui qu'il fallait absolument que ce plafond soit levé faute de quoi l'économie américaine allait au devant de grande catastrophes.

Autrement dit, ce que vit la Grèce est ce qui pourrait arriver aux Etats-Unis si le dollar perdait sa crédibilité internationale. Pour info, la Grèce vient d'annoncer une nouvelle série de mesures de restriction et d'économie budgétaires (23 Md€ entre 2013 et 2015, en effet, son déficit va être revu à la hausse, passant de 9,6 à 10,2% du PIB). La Grèce veut réduire à 44% du PIB ses dépenses d'Etat qui sont aujourd'hui à 53%. Pour info, nous sommes en France à 56% du PIB avec 950 milliards d'euros de dépenses publiques en France (hum hum). PArallèlement, il s'agit de faire passer les recettes de 38% à 43% (elles sont de 49% en France). Il est vrai que la Grèce connait une particularité d'avoir une économie informelle extrêmement importante (officiellement 25%, mais probablement plus en réalité, d'où les chiffres faibles par rapport à la France). D'ailleurs, les recettes recouvrées en 2011 sont inférieures de 8% à l'année dernière, ce qui signifie non seulement que l'efficacité du recouvrement ne s'améliore pas en Grèce, mais aussi que du fait de la rigueur budgétaire, l'économie tourne au ralenti. Tout cela intervient dans un cycle de baisse du PIB (- 6,5% en 2009, - 4,5% en 2010, -3,5 cette année). Les termes de restructuration de dette sont employés.


En tout cas, en face, on a une accumulation assez incroyable de devises en Chine : ce sont 3000 milliards de dollars. Multiplication par 17 de cette masse monétaire en 10 ans. Les besoins de crédits de la Chine s'élèvent en réalité à 500 Md€ ou 780 Md$ (5 fois moins). De quoi combler beaucoup de déficits européens et américains (d'ailleurs, la Chine détient déjà 1150 Md$ de bons du trésor américains). Enfin, en terme nominaux, car en terme réels, cette accumulation de devises à amené à la Cine à une situation d'inflation très rapide et très intense. Car la Chine veut stériliser ces devises en excès en augmentant les réserves obligataires des banques (de 20%, de quoi faire blêmir un banquier européen). La Chine commence à comprendre qu'elle sacrifie son économie interne pour les besoins de l'export, export qui crée un gap de plus en plus prononcés entre les bénéficiaires de cette ouverture et les délcassés. Elle veut donc combattre cette inflation. Et là, attention aux revirement économiques brutaux. Car le jour où la Chine s'effondrera...

Last edited by Scientiste (18-04-2011 01:55:12)

Re: Il faut arreter de créer de la dette publique !

Depuis mon message précédent, Moody's a mis en garde les Etats-Unis sur leur capacité à rembourser leur dette.

De toute façon, avec la stratégie multi-decennale de la planche à billets, une très vaste crise meance. Signe du caractère tendu de la situation, l'or est à 1500 € et certains pensent que ça pourrait continuer (même si je pense qu'à côté de l'immobilier, l'or est un actif "stupide" et que ceux qui mise sur ce levier pour se garantir se trompent lourdement : cout de stockage, improductivité, absence de rendement hors plus-value ; c'est encore plus bête s'il s'agit d'options spéculatives sur l'or).

En bref, il se peut qu'un big one monétaire affecte le monde dans quelque temps. J'espère faire un diagnostic à la con, mais si ce n'est pas le cas, et si en effet le dollars perd sa crédibilité, on va au devant d'une très grave crise.

D'ailleurs, j'ai entendu dire de la bouche de personnes bien informées que l'une des raisons qui ont poussé les Etats-Unis à participer aux opérations en Libye sont liées au fait que Kadhafi faisait pression pour revenir à l'étalon-or, étant donné la faiblesse du dollars. D'autres pays y pensent (la Chine qui verrait la valeur faciale de ses bons du trésor américain chuter si le dollars s'effondre). Enrte nous, je ne crois pas que l'on puisse envisager sérieusement reveni à létalon-or.

En revanche la création d'une monnaie de transaction internationale assise sur un panier de monnaies de premier plan me paraît tout à fait adaptée pour garantir au monde entier une monnaie crédible. Evidemment, les Etats-Unis ne voudront jamais cela puisque la planche à billet leur permet de financer leurs déficits jumeaux. Mais à mon humble avis, c'est ça ou le big one monétaire à un horizon de 5 ans. Sauf évidemment si la Fed arrete le quantitative easing, et restreint lme crédit ce qu'à mon avis elle ne fera jamais vu la situation économique générale aux USA...

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Re: Il faut arreter de créer de la dette publique !

Scientiste a écrit:

D'autres pays y pensent (la Chine qui verrait la valeur faciale de ses bons du trésor américain chuter si le dollars s'effondre).


Je n'ai jamais entendu parler d'un retour à l'Etalon-or pour la Chine (et ce serait d'ailleurs pour elle une énorme erreur). D'où tires-tu cela ??

Re: Il faut arreter de créer de la dette publique !

Il faut que les Etats européens cessent de s'exposer aux hausses de taux d'intérêt, pendant cette période de défiance sans véritable raison des investisseurs dans laquelle nous sommes.

Pour cela, il leur suffit de cesser d'émettre de nouveaux titres de dette. Cela créerait un choc contraire, où les investisseurs diminueront les atux qu'ils exigent au moment des émissions obligataires d'Etats.

Les Etats doivent donc se mettre en situation de siège : on réduit les dépenses, de façon à pourvoir tenir pendant quelques mois sans emprunter. Vous verrez les taux diminuer. Et pour ça, pas de secret, il faut dégraisser les bureaucraties monstrueuses de Bercy, celles de l'éducation nationale, la police, et l'armée ! Dès que l'Etat sera revenu à une situation où il fait face à ses dépenses sans avoir besoin d'emprunter, il pourra envisager par la suite de recommencer à emprunter à des taux soutenables.

Re: Il faut arreter de créer de la dette publique !

Arrêter d'emprunter. Là, demain. Haha.  lol

"What we have today is a generation of people that have been raised believing in Evolution, which says rights come from the government.", Kent Hovind

Re: Il faut arreter de créer de la dette publique !

bankmaster a écrit:

Il faut que les Etats européens cessent de s'exposer aux hausses de taux d'intérêt, pendant cette période de défiance sans véritable raison des investisseurs dans laquelle nous sommes.

Pour cela, il leur suffit de cesser d'émettre de nouveaux titres de dette. Cela créerait un choc contraire, où les investisseurs diminueront les atux qu'ils exigent au moment des émissions obligataires d'Etats.

Les Etats doivent donc se mettre en situation de siège : on réduit les dépenses, de façon à pourvoir tenir pendant quelques mois sans emprunter. Vous verrez les taux diminuer. Et pour ça, pas de secret, il faut dégraisser les bureaucraties monstrueuses de Bercy, celles de l'éducation nationale, la police, et l'armée ! Dès que l'Etat sera revenu à une situation où il fait face à ses dépenses sans avoir besoin d'emprunter, il pourra envisager par la suite de recommencer à emprunter à des taux soutenables.

Pourquoi pas l'inverse ? On fait une règle constitutionnelle : 1 € qu'on prévoyait d'emprunter ? C'est 1 € qu'on prélève sur les revenus, en commençant par les plus riches jusqu'à ce qu'ils n'aient que l'équivalent d'1,5 SMIC par mois et en finissant par les plus pauvres jusqu'aux personnes touchant 1,5 SMIC qui ne seraient pas surimposées.
Effet radical, je suis sûr que les marchés aimeraient beaucoup - les traders un peu moins.

Re: Il faut arreter de créer de la dette publique !

Rayan a écrit:

Arrêter d'emprunter. Là, demain. Haha.  lol

Oui, je sais, je comprends. Tout cela est devenu mécanique, prévu, une logique implacable. Des adjudications faites et refaites, c'est devenu une routine, l'Etat émet de la dette comme on va au toilettes.

Mais ça ne peut plus marcher ! C'est fini, terminé, le robinet du crédit à l'Etat se tarît, ça coûte trop cher, ce n'est plus soutenable.

Alors continuons la routine !Ca me rappelle ce lucky luke où les soldats, assiégés, et sans vivres, continuaient la corvée de plonge sans qu'il n'y ait plus de patate, afin que le rituel et les apparences soient sauvegardées.

Le problème est justement que nous soyons incapables de modifier notre logiciel pour cesser de créer de la dette publique.

Re: Il faut arreter de créer de la dette publique !

Oui mais il faut sortir de la dépendance aux marchés sans pour autant fermer tous les services publics. Il faut que ce soit progressif, autrement on va tomber dans une récession sans nom.

"What we have today is a generation of people that have been raised believing in Evolution, which says rights come from the government.", Kent Hovind

Re: Il faut arreter de créer de la dette publique !

Rayan a écrit:

Oui mais il faut sortir de la dépendance aux marchés sans pour autant fermer tous les services publics. Il faut que ce soit progressif, autrement on va tomber dans une récession sans nom.

Le problème est que nous allons vers une récession encore plus grave si nous n'empêchons pas l'incendie de la dette de se déclarer comme en Italie par exemple.

La France a une dette de presque 85% du PIB et le remboursement des intérêts d'emprunt est devenu le premier poste de dépenses de l'Etat. Nous sommes à la bordure de la zone dangereuse franchie par l'Italie (120% de dette), les USA (presque 100%), et la Grèce (120% après la décote), et avec la contagion psychologique sur le marché obligataire, dont nous avons vu hier une forme de prolégomènes inquiétant, il se pourrait que les effets d'une défiance se produise sur les taux avant le franchissement de cette ligne rouge, alors que la dette est apparemment à un niveau pourtant encore soutenable pour la France.

En bref, il est encore temps de changer de stratégie d'endettement, mais cela passe par un gel ou une réduction des dépenses publiques afin de revenir à un niveau où nous n'aurions plus besoin d'emprunter, du moins à un niveau où la dette diminuerait (solde primaire net excédentaire).

Evidemment, il y a aussi la possibilité de créer de la croissance, afin de soutenir cette dette, mais pour le moment, il semble que les pays développés ont atteint un seuil où le coût du capital (et du travail) devient très élevé pour innover et croître et il est de plus en plus coûteux et difficile de générer de la croissance en France et en Europe. C'est d'ailleurs cet effet ciseau entre la difficulté de trouver des relais de croissance et l'arrivée de l'endettement à un niveau difficilement soutenable, qui produit la défiance des investisseurs sur les dettes européenne, défiance que je persiste à estimer largement excessive.

Cette crise doit permettre de repenser le rôle de l'Etat dans l'économie, en tant que prestataire de services publics, et non en tant qu'autorité quasi mystique, conception fétichiste que garde une grande partie de la fonction publique afin de conserver son statut légal que l'on connaît bien et qui mine notre modèle économique et menace, par accumulation des défauts et d'erreurs passées, notre avenir.

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Re: Il faut arreter de créer de la dette publique !

louf a écrit:

Pourquoi pas l'inverse ? On fait une règle constitutionnelle : 1 € qu'on prévoyait d'emprunter ? C'est 1 € qu'on prélève sur les revenus, en commençant par les plus riches jusqu'à ce qu'ils n'aient que l'équivalent d'1,5 SMIC par mois et en finissant par les plus pauvres jusqu'aux personnes touchant 1,5 SMIC qui ne seraient pas surimposées.
Effet radical, je suis sûr que les marchés aimeraient beaucoup - les traders un peu moins.

En gros tout le monde entre 1 SMIC et 1,5 SMIC. C'est amusant comme projet de société.

"Ecarte-toi, gnome fétide. Ma virilité n'a pas la place de passer..."

Re: Il faut arreter de créer de la dette publique !

L'Espagne a emprunté à presque 7% ce matin (6,975%) pour des obligations à 10 ans ! Pour rappel, sa dette n'est que de 68% du PIB... Au banc des accusés, les régions espagnoles, dont l'autonomie fait craindre aux investisseurs une impossibilité de contrôle sur leur gestion, alors même que le gouvernement espagnol a prévu d'inscrire une règle d'or d'endettement dans sa constitution (ne pas dépasser 60% du PIB).

Cela signifie que nous assistons bel et bien à une extorsion de fonds de fait sur le marché obligataire.

On sent qu'il y a de la manipulation de cours derrière tout cela, des ventes de bons européens du trésor de la part des banques, précipitant la hausse des taux obligataires.

Tant que nous ne sortirons pas de la logique de déficits sans fin, nous serons à la merci de ces logiques assez sauvages. Pour info, l'Europe prévoit de lever 85 milliards d'euros d'ici la fin de l'année. Ca va être chaud.

Last edited by bankmaster (17-11-2011 12:05:52)

Re: Il faut arreter de créer de la dette publique !

Et que penser de la monétisation ?

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Re: Il faut arreter de créer de la dette publique !

Ce serait une très bonne solution, et la BCE a déjà commencé à le faire de façon mesurée, aber Deutschland will nicht, et Angela Merkel l'a redit hier !

Une autre solution serait de mutualiser une partie des dettes, notamment celles détenues par les autres Etats européens, en les convertissant en eurobonds.

Reste que l'Allemagne s'y oppose.

Il devient temps de se demander si l'Allemagne ne joue pas un jeu dangereux, en bloquant toute évolution et de ce fait en appauvrissant ses voisins, en ayant entraîné cette spirale psychologique de défiance, pour ne pas assumer les problèmes européens dont son industrie a largement bénéficié depuis la naissance de l'euro.

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"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: Il faut arreter de créer de la dette publique !

Greg a écrit:

aber Deutschland will nicht

C'est tout simplement renversant cette propension française à ne jamais rien assumer: c'est la faute des banquiers, des agences de notation, de l'Allemagne, de la Grèce et de je ne sais qui d'autre. Cela me fait penser à ces gens surendettés qui expliquent que franchement s'ils se sont surendettés c'est parce que les produits faisaient trop envie et que la pub de Cofidis était vraiment trop persuasive.

Je comprends complètement la position de l'Allemagne qui en a chié durant toutes les années 2000 en effectuant des réformes structurelles draconiennes (réformes Hartz du marché du travail, hausse de 2% de la TVA, atonie de la demande intérieure) pour absorber l'Allemagne de l'Est et retrouver une compétitivité à l'international.

Les Allemands se sont retroussé les manches en négociant entre patrons et syndicats, en réformant leur tissu industriel au moment même où nous faisions les 35 heures et où Chirac accusait le gouvernement Jospin de ne pas partager la "cagnotte" d'une croissance forte du PIB.

Et maintenant, alors qu'on s'est assis sur les critères de Maastricht que nous avions signé, on demande aux Allemands de payer pour une Europe du Sud qui a eu un comportement de cigale : payant par l'endettement, non de l'investissement, mais bien des dépenses de fonctionnement et la "paix sociale" et, ce, alors même que nos parts de marché dans le commerce mondial dévissaient.

Les Allemands paieront je n'en doute pas une seconde, par contre, ils ne le feront que si les pays d'Europe du Sud acceptent leurs conditions draconiennes. Et c'est relativement normal.

"Les hommes qui disent que les femmes sont frigides sont de mauvaises langues" Guitry

Re: Il faut arreter de créer de la dette publique !

sabaidee a écrit:

Les Allemands paieront je n'en doute pas une seconde, par contre, ils ne le feront que si les pays d'Europe du Sud acceptent leurs conditions draconiennes. Et c'est relativement normal.

On est complètement d'accord sur la nécessité d'un rétablissement des comptes des Etats surendettés, mais que font-ils, actuellement, les pays du sud ? Une cure de rigueur ma foi sans précédent, qui aboutit à une dépression de l'activité à court terme. Cette rigueur est nécessaire, mais il faut faire face à l'incendie. Il faut marcher sur deux jambes. D'ailleurs, qui "n'assume pas", comme tu le dit, la dette ? A gauche comme à droite en France, en Grèce comme en Italie tout le monde est ok pour mettre en place des plans d'ajustement budgétaire. Même le PS vise une réduction de 18 milliards de dépenses, au sein d'un plan de 50 milliards d'économies (les deux plans du gouvernement actuel ne représentent que 18 milliards et je ne tiens pas compte du cadeau de 2,2 milliards d'euros aux plus favorisés sur l'ISF réalisé il y a 6 mois).

Par ailleurs, il n'est pas simplement question que" l'Allemagne paye", permets-moi, mais le problème est un peu plus complexe.  L'euro fort a très largement avantagé l'Allemagne, qui a réussi à faire de la zone euro une zone mark, et il a parallèlement très largement désavantagé tous les autres partenaires sur le plan du commerce extérieur. L'Allemagne a remplacé les dévaluations compétitives (à juste titre critiquées car elles constituaient une forme de concurrence déloyale) par une surévaluation compétitive pour elle-même. Désolé mais les européens ont eux-aussi bien payé la facture jusqu'ici.

En outre, une utilisation de la BCE pour monétiser plus de dette n'entamerait pas réellement la compétitivité de l'Allemagne, particulièrement sur les secteurs où elle est très spécialisée et compétitive en terme de qualité des produits. Elle ne pourrait par ailleurs que bénéficier d'une diminution des déficits commerciaux des Etats européens actuellement pénalisés à l'export par l'euro fort (ces Etats étant les premiers partenaires commerciaux de l'Allemagne justement). Donc dire qu'une monétisation équivaut à un "l'Allemagne paiera" n'est pas tout à fait juste. L'allemagne est attachée à la stabilité monétaire autant pour des raisons économiques que culturelles

Que l'Allemagne pose des conditions, c'est tout à fait normal, mais le problème est que l'Allemagne freine une résolution des problèmes depuis 2 ans maintenant, et personne ne voit comment l'Europe peut sortir du cycle rigueur (nécessaire) - dépression (subséquente) si l'Allemagne ne lâche pas du lest et ne prend pas conscience qu'il y a une tempête à passer, et que transitoirement, il faut mettre le paquet. Alors à un moment, il faut trouver une solution : soit la relance monétaire (ce que Rayan appelle la monétisation), soit une mutualisation des dettes souveraines en accompagnement d'une profonde réforme des Etats en difficulté.

Disons que je suis d'accord avec toi sur le pan "rigueur" exigée, mais le ralentissement d'une solution globale dure maintenant depuis trop longtemps, et en jouant la montre de cette façon depuis 2 ans, la situation s'aggrave et s'aggrave encore. Ce sont maintenant les taux d'intérêt obligataires qui augmentent dangereusement (7% pour l'Italie - pays en état de solde primaire excédentaire - et pour l'Espagne -endettée à seulement 67% !), contribuant par ailleurs à alourdir la facture desdits Etats et potentiellement à sceller une impossibilité finale de gestion de cette dette.

L'Allemagne n'a aucunement intérêt, pas plus que la Grèce, à sortir de la zone euro. Il faudra bien qu'elle prenne conscience, un jour, que nous sommes bien dans le même bateau, et qu'elle aurait autant à perdre que les autres à un sabordage généralisé.

Maintenant, je ne veux pas laisser croire dans mon message que je condamne l'Allemagne. Oui, elle a fait de gros efforts, et oui, elle est parvenue à se poser en modèle. Elle a d'ailleurs largement surmonté le décalage - qui était enseigné il y a encore quelques années - entre sa puissance économique et sa puissance politique. Mais elle est en train, par son intransigeance politique de mettre en danger la situation de toute l'Europe et à terme, par contagion, sa propre situation.

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"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: Il faut arreter de créer de la dette publique !

Les Français ne veulent pas prêter à la France, selon un sondage
- Publié le 28/11/2011 à 23:27

PARIS (Reuters) - Deux Français sur trois ne sont pas disposés à acheter des obligations pour financer la dette publique, selon un sondage Harris interactive pour Jolpress et Image&Stratégies publié par La Tribune, à paraître mardi.

Selon cette enquête, moins d'un tiers des sondés indiquent qu'ils seraient certainement (6%) ou probablement prêts (24%) à racheter de la dette française à des taux équivalents à ceux du marché.

Les sympathisants de la droite, et ceux dont les revenus sont les plus élevés, sont sans surprise, plus disposés, à hauteur de 45%, à acheter de la dette française en direct.

Mais une large majorité des jeunes, des catégories modestes et des sympathisants de la gauche s'y refusent dans une proportion de 60 à 70%. "Exit donc l'espoir d'un grand emprunt populaire qu'avait caressé, un temps, Nicolas Sarkozy l'année dernière", écrit La Tribune.

Autre enseignement du sondage: alors que l'Allemagne fait pression pour un transfert du pouvoir budgétaire à un niveau fédéral, une majorité écrasante (64%) se dit attachée à la souveraineté nationale et souhaite que "chacun des Etats de la zone euro puisse prendre des initiatives individuelles face à la crise sans nécessairement avoir l'accord de tous les partenaires européens".

Pour autant, près de la moitié des personnes interrogées (45%) reconnaît la nécessité de "plus de contrôle des budgets par la Commission européenne".

L'idée de renforcer l'efficacité du pacte de stabilité, qui sera sur la table du prochain sommet européen des 8 et 9 décembre, ne choque pas, souligne le quotidien économique.

En revanche, les Français se montrent très sévères sur la gestion de la crise par les institutions européennes. Seulement 16% jugent qu'elles ont été efficaces pour affronter les menaces sur la zone euro.

Ce sondage été effectué du 25 au 28 novembre auprès d'un échantillon de 1.567 personnes, représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus.

Gérard Bon

Je crois que les Français veulent que l'Etat cesse de créer de la dette publique, plutôt que continuer à participer à cette fuite en avant de la dette publique automatique.

Re: Il faut arreter de créer de la dette publique !

Pierre Moscovici a écrit:

la dette publique est un ennemi du pays

Bonne entrée en matière...