ENA: le classement maintenu en 2010
AFP   
09/12/2009     | Mise à jour : 19:35     | Commentaires  2 | Ajouter à ma sélection
La suppression du classement de sortie de l'ENA, présentée par le gouvernement comme une mesure phare destinée à mieux faire coïncider les besoins des administrations et les profils des élèves, est reportée en raison d'un problème de décret, a annoncé la CFDT.

Le gouvernement avait annoncé en mars que le classement de sortie de l'Ecole nationale d'administration (ENA), qui jusque là conditionnait l'affectation des élèves en fonction de leur rang, devait être remplacé par un recrutement par les administrations sur dossiers d'aptitude anonyme, puis par des entretiens d'embauche. Mais le Conseil d'Etat n'a pas validé certains articles du projet de décret prévoyant la fin de ce classement, et "la promotion 2010 de l'école sera donc encore soumise à ce classement", ont expliqué les fédérations CFDT de la Fonction publique et des Finances dans un communiqué.

Le ministère de la Fonction publique n'avait pas communiqué sur le sujet ce soir. Selon la CFDT, "le conseil d'administration de l'ENA qui se tenait le 8 décembre a été informé que le décret qui devait prévoir la suppression du classement de sortie décidée par le Président de la République ne contiendrait pas les dispositions attendues". Le Conseil d'Etat a précisé "qu'un autre dispositif d'ordre législatif exigeait le maintien de ce classement. Or un décret ne peut changer une loi", a expliqué Damien Leroux (CFDT Finances).

191 = sigma(note épreuve1à5 x coeff épreuve1à5)
ou encore moyenne = 191 / sigma coefficients des 5 épreuves

191 points en 2007. Rien à voir avec les notes de pipo: l'échelle est très ouverte pour permettre une plus grande discrimination entre candidats. C'est une note relative, pas absolue. Admissibilités le 29 octobre me semble-t-il (voir le site de l'ena).

Je n'en ai jamais entendu parler, et j'espère bien que je ne me suis pas embêtée à passer des écrits inutilement pendant deux semaines... mais je ne vois pas au nom de quoi cette passerelle existerait, les épreuves n'étant pas les mêmes, et ça ferait une sérieuse rupture d'égalité entre candidats. Bref, ça existait peut être il y a 20-30 ans... si tu veux en avoir le coeur net, autant poser la question au bureau des concours du Quai d'Orsay.

Bonne chance avec les révisions pour ceux qui passent un été studieux !

... et une certaine "baaaby" qui est la bienvenue également (à moins que ce ne soit un baby?)

Ok bien reçu.
Donc pour l'instant seront présents tomoe et Marie A si j'ai bien compris? Kobayashi, tu passes ton tour?

Je confirme que je n'ai reçu aucune réponse par email, mais la confirmation sur le forum me suffit: j'y serai aussi.

Retrouvons nous à 19h15 devant les portes du 27. Je porterai une sacoche bleue marine.

A demain,

T'as raison, c'est fait. M'enfin si ça n'intéresse personne c'est pas grave non plus...

N'ayant eu aucune réponse à ce jour, je reformule ma proposition: je suis disponible pour discuter du concours, et donc si ça vous intéresse, shoot me an email, on trouvera un horaire qui convienne à tout le monde.

Greg, tu le retentes cette année?

Bonjour aux forumeurs,

Pour ceux qui ne me connaissent pas, je suis une ancienne du forum et de Sciences Po. A quelques mois du concours d'entrée à l'ENA, je propose une séance informelle de conseils /discussion autour d'un verre ouverte à toute personne intéressée par ce concours, mais qui sera sans doute plus utile à ceux qui le passent en septembre.

Vendredi 19 juin 2009
19h15
au Basile

Si vous êtes sûrs de pouloir y assister, merci de m'en informer impérativement en cliquant sur mon pseudo.

Bonjour aux forumeurs,

Pour ceux qui ne me connaissent pas, je suis une ancienne du forum et de Sciences Po. [à la demande populaire, j'ajoute: OUI JE SUIS A L'ENA, promo Zola, reçue après le double diplôme SIPA comme quoi tout est possible)]. A quelques mois du concours d'entrée à l'ENA, je propose une séance informelle de conseils /discussion autour d'un verre ouverte à toute personne intéressée par ce concours, mais qui sera sans doute plus utile à ceux qui le passent en septembre.

Vendredi 19 juin 2009
19h15
devant les portes du 27 rue St Guillaume

Si vous êtes sûrs de pouvoir y assister, merci de m'en informer impérativement en cliquant sur mon pseudo.

B. comme Bouh a écrit:
Fred a écrit:

Après deux tirages au sort malheureux en décembre 2007 puis mars 2008, j'obtiens enfin un studio à la résidence des élèves de l'ENA à la tombola de septembre 2008.
Fin janvier 2009, à trois semaines du retour de stage, message de l'ENA: "désolés, le gestionnaire a mal compté le nombre de studios disponibles. Nous allons procéder à un nouveau tirage au sort." Bingo: choisie parmi 55 personnes pour être éjectée de la résidence. Je suis en stage en Polynésie française, SDF, mes habits d'hiver sont dans les caves de la Résidence, et je rentre dans deux semaines à Strasbourg. VDM

Cette histoire va devenir l'une de mes préférées :

1. Un aléa complet
2. Une promesse non tenue
3. Une erreur monumentale (de 55 places ?!?)
4. Une défausse splendide ("c'est le gestionnaire, hein, pas nous")
5. RAF des conséquences

Tout ça dans le temple de la haute fonction publique française.

Merci, oui c'est vrai j'ai trouvé in extremis un studio à Strasbourg-Perpète-les-oies, mais il est chauffé au moins. Je me dis que je vais sans doute être chanceuse en amour après toutes ces déconvenues!
Attendez j'ai encore des louzes de stage pas mal

Après deux tirages au sort malheureux en décembre 2007 puis mars 2008, j'obtiens enfin un studio à la résidence des élèves de l'ENA à la tombola de septembre 2008.
Fin janvier 2009, à trois semaines du retour de stage, message de l'ENA: "désolés, le gestionnaire a mal compté le nombre de studios disponibles. Nous allons procéder à un nouveau tirage au sort." Bingo: choisie parmi 55 personnes pour être éjectée de la résidence. Je suis en stage en Polynésie française, SDF, mes habits d'hiver sont dans les caves de la Résidence, et je rentre dans deux semaines à Strasbourg. VDM

La dépêche parue dans le Parisien:

Les 112 étudiants de la Promotion 2008-2013 de l'Ena ont choisi le nom de leur parrain: ce sera Robert Badinter. Il n'est pas inédit (Simone Veil a eu droit à cet honneur) mais rare qu'une personnalité vivante soit choisie pour donner son nom à une promotion de la célèbre école nationale d’administration. La “promotion Robert Badinter” a fait ce choix de l’ancien ministre socialiste, père de l’abolition de la peine de mort en 1981 et actuel sénateur des Hauts de Seine, lors de son stage d’intégration qui se déroule ce week-end à Ventron, dans les Vosges.

LOL pour "promo 2008-2013": 27 mois c'est long, mais alors 5 ans ce doit être terrible... je les plains.
Et pan! pour le qualificatif de "parrain" qui n'est pas approprié: "Solidarité" était donc la marraine de la promo 1983 ?

Pas mal... je me demande s'ils ont recueilli l'accord préalable de Badinter, comme c'est de coutume dans ces cas là.

50% des admis à l'ENA ont réussi le concours du premier coup, bien souvent après leur 5A (mais souvent en plus d'un autre diplôme type licence de droit, double dîplôme Sciences Po, ENS...)

Je ne connais pas bien l'INET, mais on dit que c'est une école très prometteuse. Un DGS de collectivité peut avoir beaucoup plus de budget, d'agents et de responsabilités qu'un haut-fonctionnaire de l'Etat. Les élèves de l'INET avec qui on partage 8 mois de scolarité sont des gens passionnés par les enjeux locaux, ont une réelle vocation territoriale, et ne fantasment pas sur l'ENA. Ils bossent leurs dossiers bien plus que nous, et prennent leur scolarité beaucoup plus au sérieux... surtout qu'à la fin ils doivent se "vendre", et la scolarité est donc le dernier moyen de se faire un carnet d'adresse et de faire ses preuves.

Stoogette, tu viens d'être admis(e)?

jesous chraist a écrit:

ils décident sur quels critères les affectation d'ailleurs? c'est dingue on en finit jamais avec la sélection, et surtout de se trainer nos casserolles d'un éventuel échec à un moment ou un autre... enfin j'ai eu la naïveté de croire que quand on rentrait à l'ENA, c'était remise à zéro et tous égaux à nouveau ?!

Pourquoi tu parles de "sélection"? Tout le monde a un stage digne de ce nom, et après à chacun d'en tirer le meilleur. L'affectation tient en grande partie à la motivation de l'élève pour tel ou tel type de stage, ses qualités (langue étrangère) et aussi ses lacunes (le but étant de les combler en l'affectant dans un endroit où il pourra apprendre des choses utiles pour lui - le retour en terre connue est prohibé, par exemple pour moi hors de question de m'affecter aux USA). Chaque stage porte potentiellement en lui le 10/10, il n'y a ni bon ni mauvais stage. Pour le stage préfecture, il y a aussi une part d'aléatoire, parce que franchement entre la Saône-et-Loire et l'Ardèche, c'est difficile de trouver, sauf exceptions, des raisons d'envoyer untel plutôt qu'untel.

Je réponds juste à l'une des questions pas encore abordée je crois: pour le stage Europe, affectation connue mi-janvier pour un départ début février; pour le stage Territoires affectation connue début juin pour un départ fin septembre; pour le stage Entreprise affectation connue en mars pour un départ fin mai, et pour le stage en administration centrale aucune idée.

Si tu as des enfants tu as une chance d'être affecté pas trop loin, mais si tu n'en as pas, tu es quasiment traité comme les célibataires, c'est à dire qu'iils ne prennent pas forcément en compte tes contraintes "familiales". Etre affecté "pas trop loin" en stage Europe, c'est souvent Bruxelles, Madrid ou Rome, hein, pas Paris intra-muros (même si ça existe aussi). N'exagérons rien non plus: la majorité de la promo revient à Paris tous les week-ends lorsqu'on est à Strasbourg, et très souvent lors des stages, même à l'étranger.

Pareil pour le stage en institution UE: tu peux demander, ils en tiendront compte, mais ce n'est pas sûr que tu le décroches. C''est très demandé, et pas de places pour tout le monde.

Aeris, tu devrais ajouter quand même l'application Jetsetter sur Facebook!

Le dernier post de 2008 (23:03 locales en ce 31/12/2008, je viens de rentrer du boulot). Ai passé la soirée entre cellules de garde à vue, cachots de prisonniers, urgences en plein air du CHU et centres d'appels en tous genres. C'est un peu la louze quand même.
Ia ora na i te matehiti api

390 points? Je pense que c'est un peu plus bas que ça, il me semblait que 400 c'était un résultat moyen mais correct. De toutes façons c'est difficile à dire, puisque les notes des admis sont remises individuellement à chacun et que rares sont ceux qui ont fait part de leur total de points.

Quant à l'article de l'Express, il me semble tellement fait de préjugés et anecdotes vieilles de 50 ans qu'il m'est très peu crédible. Déjà un an de scolarité, et à part les quantités d'alcool ingurgitées en soirée et le délire de nos chorégraphies sur Madonna contre l'INET, je nous trouve assez équilibrés.

Les mecs polynésiens sont pas mal non plus... avis aux amatrices de gars baraqués et tatoués !

des choix bateau = des choix attendus: tufts, jhu, gwu, bu, bc, penn, nyu, columbia...
alors qu'il y a de vraies perles autre part: rice, vanderbilt, tous les liberal arts colleges, ann arbor, arizona, etc

Je m'interroge juste sur le fait que les "coups de coeur" soient presque toujours des choix assez bateau... ce n'est pas la faute à l'étudiant, il faudrait qu'on vous informe plus et mieux des autres possibilités.
Quant à la liste interne, attention elle n'est pas vraiment à jour, j'imagine que depuis 2005 de nouveaux échanges ont été conclus.

Question subsidiaire: est-ce qu'Isabelle P. travaille toujours comme assistante au Centre des amériques? Merci!

Bientôt des Polynésiens à Sciences Po... le responsable des anciens Sciences Po à Tahiti a retrouvé ma trace et m'a dit que Ritchie négociait avec 3 lycées tahitiens la mise en oeuvre de conventions ZEP. Delhay serait prêt à donner de sa personne en venant jusqu'ici pour les signer.

Je constate que les documents internes du Centre des amériques se baladent sur le forum (la fameuse liste avec les étoiles), ça fait plaisir...

Bon sinon je me permets d'intervenir sur ce thread avec 3 ans de recul sur ma 3A et quelques mois passés au feu Centre américain : j'ai l'impression de voir tout le temps la même liste quasiment, avec les "grandes" universités de la côte est qui jouissent d'une bonne réputation à Sciences Po. Pourtant il y a des dizaines d'universités et liberal arts colleges excellents que je ne vois jamais dans vos listes.
Ensuite, je vous vois faire des stratégies sur le nombre de places et la difficulté supposée de telle ou telle université. Et si vous abandonniez un peu ces raisonnements en indiquant les choix qui vous plaisent le plus et qui sont raisonnablement à votre portée tout en passant plus de temps sur votre lettre de motivation qui doit être taillée sur mesure pour chaque choix demandé? Quand on lit les dossiers de candidature, on ne pense pas à "il y a tant de places" ou encore "ah tiens il demande un truc méconnu en 6e choix, eh bah il va y aller" mais "est-ce que ce type là, vu ce qu'il vient de raconter dans sa lettre, trouvera ce qu'il cherche dans telle uni et y fera une bonne année?" Le dossier académique sert à aider à la décision, il ne la détermine pas a priori.

Enfin, je vous vois sortir les rankings etc. Mais au risque de vous décevoir, sachez que votre 3A n'a pas vraiment de valeur académique, et que tout ce qu'il vous en restera ce sont des souvenirs, des amis, des expériences. Donc autant choisir une université dans un coin que l'on aime bien, de la taille idéale, qui permette de faire un stage dans un secteur qu'on apprécie, etc. Et ce n'est pas forcément à Penn, Columbia et GWU (qui a une réputation bien meilleure sur ce forum qu'en réalité) qu'on trouvera tout ça. Pour en revenir aux rankings, ils sont faits sur la base de plein d'éléments qui ne vous concernent pas (nombre de publications par doctorant, montant du endowment fund, ratio labos/élèves, etc) : tout ce qui doit vous importer, c'est de savoir si l'uni que vous choisissez propose bien des cours dans votre domaine d'intérêt. La qualité des cours est aléatoire partout, ce n'est pas USNews qui vous garantira un super prof parce que le college est premier dans la liste!

Cela dit, j'étais comme vous il y a quelques années, donc je ne vous jette pas la pierre. Et peut être que depuis mon époque le Centre des Amériques a assez changé pour que le chargé de mission vous propose lui-même des stratégies de listes, c'est dommage.

Si tu prépares les concours, prends sans hésiter "libertés fondamentales" de Stirn. Son bouquin là dessus est remarquable, et c'est un bon prof. Très utile pour préparer l'épreuve de droit public.

Encore un article qui perpétue les légendes urbaines et les mythes. J'ai adoré la phrase sur les jeunes filles qui ne mettent pas de jupes de peur de se faire remarquer.
Et si j'ai bien compris, ce sont les Emile Zola qui seront les derniers à bénéficier du classement de sortie.

2 ou 3 stages + 6 à 10 mois à l'étranger + la scolarité (27 mois dont 13 de stage à forte responsabilité) = une certaine expérience du monde professionnel et de l'administration en fin de compte. Alors qu'un interne s'étant enkysté 5 ans au même bureau peut apporter une valeur ajoutée moindre.

Je crois qu'à la fin de la scolarité, la seule différence reste le talent de manager et la capacité de travail de chacun, et c'est pour ça que je préfère ne pas faire de différence entre externe et interne: il y a de tout partout.

"Ecole d'application de scpo":: Je dirais que c'est une école "sas de formation accélérée à l'administration et au management". Contrairement à ce qu'on pourrait croire, même si l'on y enseigne des matières similaires à sciences po, le vrai but de la scolarité n'est pas de renforcer le socle de connaissances brutes dans ces matières, loin de là. Il s'agit surtout d'apprendre comment fonctionne l'administration au quotidien, de savoir gérer une équipe, et d'assumer prgressivement ses responsabilités de futur chef (de bureau par exemple!)

Pour répondre aux autres posts:

Bien sûr un échec à l'ENA n'est pas un échec dans la vie, et l'on peut tout à fait rebondir très très haut, que ce soit dans le privé ou dans le public. Pour ceux que la fonction publique intéresse, je crois qu'il y a aussi d'autres concours qui mènent à des carrières passionnantes, mais que par snobisme Sciences Po nous décourage de passer: je pense à l'INET, à l'EHESP, à tous les concours du Quai, mais aussi aux IRA. En Bosnie, j'étais la seule énarque à l'ambassade: la Consule était une catégorie B, le numéro 2 était un attaché d'administration, et l'ambassadeur une "simple" secrétaire des affaires étrangères. Les catégorie C faisaient des choses utiles, au service du public, et pour l'anecdote, pouvaient rester en poste à l'étranger presque deux fois plus longtemps que les A soumis à l'obligation du retour périodique en métropole. Je ne dis pas qu'il faille pour autant passer des concours de B ou C après Sciences Po, mais arrêtons de croire qu'il n'y a que l'ENA pour faire une carrière intéressante dans la FP.

C'est pareil ici en préfecture: hormis le corps préfectoral (et encore, pas tous), aucun énarque parmi les directeurs ou chefs de services de l'Etat. Des attachés à la pelle, des ingénieurs des eaux et forêts, etc. J'ai l'exemple d'une attachée (même pas "principale") à qui l'on a proposé un poste de directrice parce qu'elle bosse bien et qu'on lui fait confiance: c'est aussi ça l'administtration, pas un gros machin sclérosé où les gens fuient le travail. Vous seriez étonnés du dévouement des agents et de leur attachement à certaines valeurs qu'on trouve niaises, comme servir ses concitoyens.

Vous disiez: l'ENA n'est pas connue à l'étranger, l'ENA c'est vieux, c'est fini, c'est démodé. Déjà, je tiens à dire que dans les cercles internationaux que j'ai fréquentés, dire qu'on fait l'ENA attire toujours une certaine sympathie et du respect. Mais vous avez raison, l'ENA ce n'est pas Harvard, et d'ailleurs ça n'a jamais été sa vocation. On y forme des fonctionnaires français pour des postes en France, hormis les 3 à 5 CAE recrutés chaque année par le Quai. Et dans l'administration française, quels que soient les articles de rue89 sur l'école, être énarque ça a encore du sens: d'abord parce que contrairement à ce que l'on peut croire les agents n'ont aucun problème avec la hiérarchie et reconnaissent la qualité de A+ à un énarque, donc son autorité, et qu'ensuite ils sont majoritairement d'accord pour dire que l'on a les compétences qui nous permettent de tenir très jeunes des postes à responsabilité. Quand je vois mes camarades de promo, je me dis que la France n'a pas à rougir de ses futurs hauts-fonctionnaires. Et quand je vois comment je suis accueillie sur mes lieux de stage par tout le monde, emplois et catégories confondues, la seule chose que je me dis c'est qu'il va falloir bosser dur pour mériter toute la confiance qu'on met en moi, pas moi en tant que Fred, mais moi en tant qu'élève de l'ENA.

Pour beaucoup, l'énarque type, c'est Chirac, Villepin, Hollande, et cie. Mais l'énarque type, le vrai, le fonctionnaire, c'est avant tout le directeur d'administration centrale, le sous-préfet d'arrondissement, le dircab, le conseiller technique, le conseiller de TA, le 1e secrétaire à Bangkok, etc, toutes sortes de personnes qui portent l'administration avec bien d'autres, et dont vous ne connaîtrez jamais ni le nom, ni la biographie, ni même l'existence!

Dernier point: l'ENA c'est franco-français... oui et non: comme je l'ai dit plus haut c'est effectivement une école qui a vocation à former des fonctionnaires français pour la France. Mais ces fonctionnaires partent souvent en mobilité vers les OIG, l'UE, l'ONU, etc. On les retrouve un peu partout, tout comme ces anciens élèves étrangers qui sont aujourd'hui ministres dans leurs pays d'origine. Venez faire un tour à Strasbourg, vous verrez que l'ENA a accepté la mondialisation et qu'elle l'a pleinement intégrée: 8h de cours de langue obligatoire toutes les semaines, conférences données par des personnalités du monde entier, cours de relations internationales, de questions européennes, voyages d'études à l'étranger, présence d'une quarantaine d'internationaux qui suivent les mêmes cours que les élèves issus des concours, qui d'ailleurs ne sont plus exclusivement français (on a la première élève "uniquement" allemande qui va devenir fonctionnaire pour la FRance dans un an... tout un symbole!). Dans la promo, quasiment tous les externes avaient vécu à l'étranger, certains y ont même grandi, ont des doubles nationalités, nous avons tous fait un stage à l'étranger, etc.

Finalement, ce qui manque le plus à l'ENA, ce sont des sessions "portes ouvertes" où l'on pourra casser ces préjugés... même si dans l'ensemble je crois qu'ils sont surtout le fait d'une élite à la sciences po plutôt que le sentiment réel de la population française, qui a gardé pour ses hauts fonctionnaires une certaine admiration.

Emmanuel Goldstein a écrit:

Siwij, à te lire, il y a bien eu un lien avec le fait qu'il ait selon tes dires, qu'il aurait fait état de ses activités politiques.

Or quelqu'un qui en a et n'en ferait pas état, est un menteur, et je préfère quelqu'un qui joue franc jeu plutôt qu'un "infiltré" qui ne dit pas la vérité sur lui-même...

Bref, c'est un avertissement. D'ailleurs il suffit de lire plus haut le dialogue avec Drac pour comprendre que Greg a payé pour ses positions publiques...

Je t'avais longuement répondu mais ma connexion a foiré: tu crois que c'est un complot?

Je te disais donc, que mentionner ses opinions politiques lors du grand'o ou dans sa fiche de renseignement est aussi incongru à mon sens que d'y faire état de ses préférences culinaires. Ca n'a rien à voir avec le sujet et c'est même carrément déplacé, sauf si ces activités politiques ont eu lieu dans le cadre d'un mandat, d'un emploi ou d'un stage, auquel cas c'est aussi neutre que de dire qu'on a bossé à l'ONU ou à la Sogé, pour peu qu'on montre au jury que "malgré" cette expérience politique intense on a conservé les deux hémisphères de son cerveau. Ca peut même être une preuve de son intérêt pour les questions publiques, qui sont forcément politiques, mais tout est dans la façon de tourner les choses.

Je te disais aussi que j'ai déjà vu de nombreux jury fonctionner, et j'ai même fait partie d'un jury de grand'o blanc pour un concours de la fonction publique d'Etat: tous les membres du jury sont animés par une seule envie: choisir un candidat qui a le "sens du service public" et avec qui on aura plaisir à travailler au quotidien parce que spontanément, on lui fait confiance. Et au quotidien, on se fiche pas mal des opinions politiques de ses collaborateurs! Va faire un tour dans une administration, tu verras...
En tout cas le plus beau compliment qu'un jury peut faire à un candidat, c'est bien "j'aimerais vous embaucher comme collaborateur" et pas "bravo on a les mêmes opinions politiques".

Gardons bien à l'esprit quand même, que même si l'ENA a formé de nombreux hommes politiques, c'est d'abord et avant tout une école de fonctionnaires, et que le fonctionnaire a un devoir de réserve et de neutralité. Alors, évidemment, nous avons tous des opinions politiques et aucun jury ne demande au candidat de ne pas en avoir. Mais tout est dans la façon d'exprimer ses préférences, si tant est qu'on ait besoin de les exprimer ouvertement lors de l'oral: si c'est pour montrer au jury qu'on est obtus ou fermé aux opinions des autres, alors mieux vaut se taire. Le candidat qui réussit est celui qui arrive à donner son avis (sans auto-censure aucune), à s'engager, tout en sachant nuancer son propos au besoin, et en reconnaissant là encore s'il le faut la validité des approches différentes qu'on peut avoir du sujet. Ca vaut pour les opinions politiques, et je crois qu'ont été sanctionnés les candidats qui avaient une vision manichéenne des choses. Un bon fonctionnaire est amené à servir un gouvernement de toute couleur politique, et il doit savoir le faire avec loyauté. J'ai toujours eu encore plus d'estime pour ces préfets, directeurs, ou ambassadeurs dans des postes très exposés, qui ont survécu aux changements de majorité, parce qu'on a reconnu en eux, au delà de l'appartenance politique, des compétences techniques réelles et un sens du discernement qui leur permet d'être des interlocuteurs de confiance. Pour eux, respect. Pour tous les autres qui ne fantasment sur l'ENA que pour aller faire de la politique sitôt le titre d'ancien élève en poche, je trouve que c'est du gâchis et je ne regrette pas que le jury les ait écartés de la compétition. Faire du cabinet ministériel, pourquoi pas, mais ça ne peut pas être un but en rentrant à l'ENA. Et je ne parle pas ici du cas de Greg que je ne connais pas, n'ayant pas assisté à son oral.

Bravo à Brasseur!

@Greg: ta déception est mille fois compréhensible... mais pour avoir connu des échecs dans ma vie je pense que c'est souvent pour le meilleur, même s'il faut du temps pour s'en rendre compte.

Il y a aussi la résidence des élèves...

Dans mon cas, ayant opté pour un long voyage outre-atlantique juste après le dernier oral, je n'ai pas vu le temps passer, mais qu'est-ce que la dernière nuit avant les résultats a été loooooongue! Mais rétrospectivement, ces derniers moments sont de très bons souvenirs finalement.

Brasseur, n'hésite pas à me contacter si tu es admis pour avoir des infos sur les bons plans: deux jours après les résultats on te donne un dossier énorme à remplir et tu dois prendre 10.000 décisions à la minute. Sinon j'ai testé les sacoches offertes à la nouvelle promo: vous serez gâtés, contrairement à nous.

Exactement. Mais si ça peut te rassurer j'étais dans les derniers admissibles...

No problem, you're welcome. Bon courage!

Legranchaif a écrit:
Fred a écrit:

Déjà 11 mois sur 27 et pour le moment je trouve la scolarité vraiment sympa!

Tu peux nous dire tes notes d'écrit et d'oral ?

En quoi ça t'avancerait?

Brasseur a écrit:

Tant mieux !
Tu fais partie de la promo qui est encore classée ?
Il me semble que c'est dans la dernière partie de la scolarité que le rythme des épreuves classantes augmente, et le déplaisir, ou l'usure, en proportion.
C'est juste avant le dernier module, dont on ne peut choisir ni le sujet, ni les élèves avec qui on le traite - ce qui peut parfois déplaire beaucoup, et laisser un sentiment mitigé, dans ce contexte de compétition pour le classement.

Mais les stages, si on sait pourquoi on est là, en effet ce n'est que du plaisir : et plus ou moins la préfiguration de ce qui nous attend.
Même si on pourrait se demander honnêtement, si la durée du stage en préfecture, et pour certains en ambassade n'est pas un peu excessive dans la mesure où la majorité de la promo finira AC... C'est pareil pour les fonctions de contrôle ou juridictionnelles : pas même un petit stage d'observation de quelques semaine c'est dommage.

Je fais partie de la cuvée qui sortira en 2010, la dernière ou avant-dernière à être classée (c'est le flou artistique à tous les niveaux de l'Etat ce sujet). Le rythme des épreuves classantes est assez régulier: trois épreuves tous les 7 mois + une note de stage. 25% des notes ont déjà été communiquées et ça n'a pas altéré la bonne ambiance de la promo. Vous serez étonnés de savoir qu'une majorité de la promo est très ouverte sur les métiers proposés: bien entendu chacun a une idée de ce qu'il aimerait faire dans l'idéal, mais on retrouve très peu l'esprit "les grands corps ou la mort" qu'on peut imaginer. Pour le moment, c'est une logique de compétition contre soi même qui prévaut plutôt que contre les autres, et nous avons eu des épreuves de groupe dans lesquelles il aurait été suicidaire de la jouer perso.

Le stage en ambassade n'ets pas inutile: il a le mérite de faire vivre à toute la promo une expérience intéressante d'expatriation, et c'est une bonne introduction à l'UE et au fonctionnement administratif quotidien. Mais la qualité des stages est très inégale en fonction de l'actualité du pays ou du service d'accueil, et leur utilité "européenne" aussi. Le stage "territoires" est vraiment complet et toujours enrichissant: il inclut aussi une période de stage en collectivité territoriale et/ou en juridiction. Ici je travaille quotidiennement avec les collectivités, je rédige des arrêtés, je fais de l'analyse politique, des discours, j'organise des réunions, je prends des permanences cabinet, etc. C'est un vrai condensé du travail de tous les services de l'Etat et une très bonne préparation au métier d'AC (management d'agents grâce aux intérims, conduite de projets, etc). Le stage en admin centrale: je demande à voir mais en un mois ça ne peut être que de l'observation. Quant au stage en entreprise de 2 mois, il me semble trop court pour mener une mission et trop long pour de l'observation...

Les SAE général et orient appartiennent au même corps, ils n'y a donc aucune différence - théoriquement - dans la progression de la carrière, le salaire, etc. Les SAE-O ont vocation à servir de façon prioritaire dans les pays de la zone Orient (à l'est de l'Alsace quoi), mais en pratique après un ou deux postes dans la zone ils peuvent aller n'importe où, même si l'on revient petit à petit à leur vocation originelle. Ils jouissent d'un prestige légérement plus grand que les SAE-G, surtout parce qu'on les confond avec les Conseillers d'Orient recrutés sur concours mais qui appartiennent au même corps que les Conseillers des affaires étrangères issus de l'ENA.
Le niveau en langue étrangère est très élevé, d'ailleurs je n'ai quasiment pas vu de différence dans la difficulté du texte proposé avec le concours de Conseiller. En revanche la notation semble plus clémente.
Le concours est effectivement en plein remaniement, mais la nature des nouvelles épreuves a été décrite extensivement dans un texte paru sur LegiFrance. Je prédis une chute du nombre d'inscrits la première année, c'est peut être le bon moment de le tenter. Parce que oui, la dernière différence avec SAE-G, c'est qu'il y a jusqu'à 8 fois moins de places ouvertes, soit une place par section et par an...

Sur la carrière: être SAE quand on est jeune c'est super: on devient rapidement 1er secrétaire dans une ambassade de taille moyenne, mais à moins de passer Conseiller en interne, très peu de perspectives de devenir 1er conseiller ou ambassadeur un jour. Les SAE-O actuellement ambassadeurs sont en fait rentrés au Quai via le concours de Conseiller qui s'appelait SAE-O à l'époque (cf le cas JD Lévitte). Question "responsabilités", je réalise que le Quai n'est pas le meilleur endroit pour devenir rapidement un gestionnaire d'équipe: qu'on soit 1er secrétaire ou 1er conseiller, le boulot est quasiment le même mais moins de personnes relisent tes TD et notes verbales avant envoi définitif...

Mais franchement, pour quelqu'un qui veut tenter ce concours tu abuses un peu, le minimum c'est de savoir à quel métier il prépare et de s'informer de l'actualité du Quai d'Orsay...

Déjà 11 mois sur 27 et pour le moment je trouve la scolarité vraiment sympa!

La louze du jour: attendre 23h pour qu'avec le décalage horaire je puisse enfin appeler mon centre de sécurité sociale en métropole afin de régler un problème administratif, alors que je dois me réveiller demain à 5h15... et apprendre que mon dossier est suivi par une personne en vacances cette semaine.

Oui ce doit être spécifique aux missions militaires, parce que 'jai toujours vu plein de stagiaires bi-nationaux autour de moi. En même temps, la binationalité n'est pas un obstacle en soi à l'habilitation...

Aucun problème pour ta double nationalité. Ils sont indifférents à cela, mais si tu connais le pays et/oou tu en maîtrises bien la langue c'est évidemment un avantage.
D'accord pour les pistons: je ne suis pas naïve je sais que ça se passe souvent comme ça. Mais en cas de pépin la responsabilité retombera sur la personne qui aura recruté le stagiaire, et le stagiaire sera bien embêté parce qu'il ne sera pas couvert. Ca aide aussi pour les conventions de stage, les validations de stage, etc. Ce qui arrive plus souvent et qui est mieux,, c'est de postuler directement auprès de l'ambassade pour se faire connaître, puis de postuler en ligne: si l'ambassade veut de toi, elle a toujours moyen de te faire recruter par la voie normale.

Plus utile, oui. Beaucoup plus utile: ça dépend du stage...
Mais si tu veux vraiment en profiter, alors fais le de février à septembre, non?

Désolée de gâcher la fête mais je rappelle que la seule façon de postuler à un stage du Quai, c'est de passer par leur système de candidature en ligne. Cette annonce devrait normalement être postée dans la liste des stages proposés, sinon il faut demander à la mission militaire de la faire publier. Vous pouvez bien entendu vous arranger directement avec l'ambassade, mais en cas de pépin, vous prenez et eux aussi une grosse responsabilité. Mieux vaut donc passer par la voie normale du bureau RH des stagiaires, et officialiser tout ça par une convention de stage.

jesouschraist, je comprends ton enthousiasme, mais tu verras sur ce même site du Quai que des annonces comme ça il y en a très souvent et qu'il n'est pas forcément utile de tout balancer pour un stage de deux mois à pourvoir tout de suite. Attends un moment plus opportun si possible. Dans mon cas, la patience a payé puisqu'au lieu d'aller faire tout de suite ce que je rêvais de faire, j'ai préféré choisir des opportunités peut être moins sexy, mais qui me permettaient de faire de mes "rêves" une vraie carrière professionnelle...

Dernier point, pour être vraiment rabat-joie: ce stage ne te sera pas forcément utile pour intégrer le Quai. Ca ne prépare pas aux épreuves et la durée est trop courte pour apprendre une langue locale. Pour les oraux, un stage MAE de deux mois, ça ne pèse pas lourd non plus. Je ne dis pas que ça t'handicapera, mais privilégie des stages plus longs, si possible hors Quai d'Orsay (rien de pire que quelqu'un qui enchâine les stages courts en ambassade)...

Salut,
Oui, cette année il y avait une stagiaire au COPS, une à l'OTAN, une à l'OSCE, trois à l'UE et dans bien d'autres RP, y compris des RP d'autres pays.

Oui je découvre petit à petit à quel point on entre à un niveau élevé dans les ministères en tant qu'administrateurs civils (souvent chef de bureau, adjoint au chef de bureau à Bercy), en se coupant ainsi d'une carrière de terrain, concrète, qui est laissée à l'échelon subalterne... Dommage, mais heureusement, la scolarité permet de bien connaître ces échelons là et j'essaie d'en profiter un peu. Je réalise aussi à quel point être administrateur civil permet de faire une carrière de manager, d'avoir des agents à gérer, alors que les grands corps et le Quai d'Orsay mènent vers des carrières plutot individualistes, où l'on bosse dans son coin et où il faut attendre la deuxième moitié de carrière pour commencer à avoir des agents à gérer. Mais bon, chacun son truc.