RPC a écrit:
« L'actuelle gestion du CNRS, et ses 40 dernières années, montrent que les docteurs ne sont pas les meilleurs gestionnaires ou stratèges." est une grossière sottise (surtout que la gestion du CNRS a jusqu'il y a peu été confiée presque exclusivement à des administrateurs, dont des énarques !)

Bon alors tout d'abord, que ceux que j'ai pu heurter par la teneur de mes propos, ou leur ton, veuillent bien m'en excuser.
Je viens à récipiscence.

Mais sur le fond, si je crains d'avoir été, excessif, je ne pense pas avoir dit de grosses sottises.
Le CNRS a toujours été essentiellement dirigé par des scientifiques purs, la plupart du temps élus par leurs pairs exclusivement, les seuls anciens d el'ENA étant les SG ou les dir financiers.

En ce qui concerne le CNRS, allez voir l'organigramme et constatez que Présidente, DG, et tous les membres des conseils, sont des chercheurs !
http://www.cnrs.fr/fr/organisme/organisation.htm

et cela ne date pas d'hier. Alors, oui on peut trouver que le CNRS c'est super, et que c'était encore mieux avant. Mais depuis plus de 40 ans la gestion collégiale, voire synodale, et toujours paritaire de cet organisme, par les chercheurs (les représentatns de l'Etat étant considérés comme des ennemis ou des usurpateurs) a laissé bien souvent à désirer.

Est-ce à dire qu'il n'y a pas d'imbéciles à l'ENA ? Non
Est-ce à dire que des anciens élèves de l'ENA gérant le CNRS c'est la panacée ? NON
C'était juste un argument (que je revendique comme pas foncièrement déplacé) pour montrer qu'une gestion uniquement faite d'anciens docteurs, en vase clos, n'est pas un gage d'efficience. voilà c'est tout.

Je précise que j'ai passé de très belles années à l'EHESS, au milieu de directeurs de recherche et de doctorants, à préparer une thèse, et que j'aime les thésards et les chercheurs.
Mais que mon expérience française et européenne m'a montré que ce n'était pas une formation véritablement généraliste, ni qui ouvrait idéalement sur les emplois de gestion et de management public, voilà.

Après quelqu'un qui fait une thèse en management public ou en droit administratif, bien entendu qu'il a sa place dans l'Administration.
(je suis moins sûr concernant une thèse sur la sociologie de tel micro-phénomène, un point technique d'économie pure, ou des sciences dures ; et je ne parle même pas des sciences humaines ou littéraires, mon alma mater à moi, car tout le monde est d'accord, je l'espère - mis à part le formidable enrichissement humain que cela apporte, bon - fermez le ban !)

En ce qui concerne les PhD.
aussi prestigieux soient-ils, garantissent-ils tous des qualités de management, de gestion et les capacités nécessaires au service de l'Etat à des postes de responsabilité ?
Peut-être que oui, en fait, à vous lire ? Je veux bien vous en donner acte...
Il me semblait cependant que leur destin était de former des chercheurs, des scientifiques, pas des pragmaticiens de l'action administrative...
Peut-être un tropisme européen déforme-t-il ma vision, et la formation des PhD est très différente des doctorats français, plus opérationnelle, plus ouverte, plus variée. Si tel est le cas tant mieux pour eux et misère por nous.

Mais en fait, il est vrai qu'on peut faire les deux. Cette année a été reçue à l'ENA une philosophe ayant soutenu sa thèse sur la physique quantique.

J'espère que nos malentendus sont dissipés, je ne voudrais pas voir ma tête mise à prix par le syndicat des PhD.

Une exfiltration réussie
Le RDSE a enfin réussi à trouver une porte de sortie "honorable" à son secrétaire général Pascal-Raphaël Ambrogi.

Il ne vous avait pas manqué que le groupe RDSE avait repris une forte teinte de gauche à la suite du renouvellement sénatorial de septembre dernier. Le président Laffitte battu en septembre avait dû laisser les clés du groupe au sénateur Colin (il semblerait toutefois qu'il ait tout de même conservé un bureau au Sénat) et que sous la houlette de Jean-Michel Baylet s'annonçait un grand remaniement du secrétariat du groupe, notamment avec le départ de son  célèbre secrétaire général.

Accompagné d'une réputation sulfureuse, le secrétaire général se savait près de la sortie et avait fait monter les enchères très haut. Je vous laisse imaginez ce que peuvent donner les indemnités de licenciement de quelqu'un qui avait un salaire dépassant les 10 000 euros et en place depuis 1993.

Vraisemblablement, il a eu gain de cause avec cette nomination au poste d'inspecteur général  de l'administration de l’éducation nationale et de la recherche de 1ère classe au tour extérieur.  Peut-être cela fait- il partie des échanges de bons procédés entre radicaux de gauche et le gouvernement depuis le  mois de juillet dernier ?

Ce bon vieux tour extérieur est décidemment bien pratique lorsqu'il s'agit d'exfiltrer quelqu'un discrètement vers le haut.

extrait du Blog "Le journal d'un assitant parlementaire" du 16 décembre 2008

http://journaldunassistant.typepad.fr/l … ussie.html

jouflu a écrit:
Brasseur a écrit:

Fanny et Fredie

on dit Fannie et Freddie.

Brasseur a écrit:

le choix de diffuser le prêts sub-prime comme renfort à la croissance de al demande domestique depuis 5 ans sur le marché intérieur américain.

Le régulateur a "choisi de diffuser" le prêt subprime? que le crédit ait été largement dérégulé, que la titrisation ait explosé et que les taux aient probablement été articifiellement bas (ce qui servait d'autres objectifs, par ailleurs), certes ; et ça fait bien plus de 5 ans. Mais de là à parler de "choix de diffuser"...

Par ailleurs, il n'y a pas si longtemps (2006), on envoyait des sémillants énarques, inspecteurs des finances de leur état, aux Etats-Unis pour y observer le miracle de la propriété facile, et on parlait de faciliter l'accession au crédit hypothécaire en supprimant le taux d'usure. Ce qui est selon moi une bonne idée si elle est assortie de contreparties (qui a du être repoussée aux calendes grecques) ; mais les énarques ne sont pas à l'abri des petites tentations coupables des financiers américains...

Oui je sais, et je ne suis pas sûr que c'est ce que l'on a fait de mieux, que d'envoyer copier de mauvaises pratiques.

Quant à ceux qui ont pantouflé, en bénéficiant de l'existence de liens étroits avec des entreprises publiques, ou récemment privatisées, ils ne comptent pas au nombre de mes idoles. (j'exclue de cet opprobre, naturellement, ceux qui en vrais entrepreneurs ont fondé des affaires, ou repris des entreprises en difficulté, se jetant à l'eau.)
Il existe parmi les anciens élèves de l'ENA tout un aréopage de tristes sires, dont l'attachement au bien commun et au service public pourrait être interrogé, certes. Cela milite pour renforcer encore le tri en se fondant sur le sens de l'Etat chez les impétrants.

On peut jouer sur les mots, mais le gouvernement américain a considéré que la plus grande facilitation de l'accès aux prêts des populations insolvables était un bon moyen de soutenir le marché intérieur, principal moteur de la croissance américaine.

Qu'un gouvernement français, ou certains de ses conseillers de rencontre, aient choisi de s'inspirer du malheureux exemple américain, ce que je regrette, n'invalide pas mon propos. Ce choix avait été dès l'époque très fortement questionné ici. Et je faisais partie de ceux qui considéraient cela comme le doigt dans un engrenage méphitique.

Le vent de Strasbourg ne souffle pas encore à mes oreilles, et je suis (malheureusement depuis des lustres) sur les positions défendues supra ; n'étant plus exactement un perdreau de l'année.

Le discours sur le fait que l'ENA serait complêtement ringardisée au regard des standards internationaux, ou des nouvelles normes de recrutement des hauts fonctionnaires à l'étranger est à bien des égards un tissu de conneries.

Si l'on montre en exemple la qualité des décideurs publics américains, et cette merveilleuse porosité public-privé, alors il faut aussi assumer la glorieuse déconfiture financière récente, et le monitoring "parfait" de Fanny et Fredie, ainsi que le choix de diffuser le prêts sub-prime comme renfort à la croissance de al demande domestique depuis 5 ans sur le marché intérieur américain.

Si l'on nous montre en exemple l'extraordinaire qualité et renommée de Harvard, et la formidable diversité de ses étudiants, il faut aussi regarder quels sont les droits d'inscription demandés. Alors oui il y a de la diversité parmi les fils et filles de tycoon ou de présidents de pays du Sud.

Il serait bon aussi de considérer la pensée unique dont les Universités américaines sont les véritables alma mater. Elles sont passées avec un bel unisson du keynésianisme aux reaganomics, puis à une apologie de la financiarisation. Je gage que désormais on va y voir apparaître les hérauts de la régulation...

Si l'on aime tant le système de porosité public-privé que l'on trouve aux Etats-Unis et ailleurs, alors il faut revendiquer aussi le spoil system, et demander la fin des statuts de la fonction publique.

Dans toutes ces critiques conte l'ENA j'entends parfois un réflexe corporatiste de gens qui se  disent qu'ils ont fait le mauvais choix d'études, ou qu'ils ont peur (à tort sans doute) de rater le concours.

Si c'est la pensée unique, et le formatage des candidats qui est en cause, j'ai quelques exemples sous la main qui montrent que le public de l'ENA est divers, au moins en ce qui concerne les internes et els troisièmes concours qui constituent la moitié de la promo. Encore plus si on y ajoute les étudiants du cycle international.
Parmi ceux que je connais on trouve : des normaliens, des ex de SciencesPo, de HEC, des ingénieurs, d'autres issus de l'Université.
On trouve des agrégés d'Histoire, d'Eco, de Philo, parmi lequels on trouve aussi des docteurs (Ah les fameux PhD, le graal nord américain, que dis-je ? planétaire de la formation universitaire !)
On trouve aussi des directeurs d'hôpitaux, des douaniers, des directeurs financiers de chaînes de TV, des contractuels du Louvre, des attachés des Eaux et Forêts, des avocats, des directeurs de cabinet Outre-mer, des responsables de laboratoires médicaux, ...

Et pour faire bonne mesure, un petit mot sur les fameux PhD, les doctorats dit sans snobisme.
Les fameux docteurs... Il en existe de très bons, il en existe aussi de très très nuls. Chacun sait que les seuls bons doc' sont ceux qui reçoivent les félicitations à l'unanimité, et dont on demande dans la foulée la publication.
Je connais des docteurs misérables, qui ne sont ni de bons chercheurs, ni de bons profs, et surtout pas de bons gestionnaires ou manageurs.
La recherche ne forme pas à la gestion sur le terrain, ni à l'administration, automatiquement.
Il faut arrêter avec ce fantasme !
Le Doctorat forme des chercheurs, spécialisés, et ultra-compétents dans un champ restreint. Ils peuvent en plus suivre des formations généralistes, mais c'est en plus.
L'actuelle gestion du CNRS, et ses 40 dernières années, montrent que les docteurs ne sont pas les meilleurs gestionnaires ou stratèges.

voilà, je susi un peu énervé, mais rien de personnel !

Je suis très déçu pour l'avant première !

Le directeur de l'Ecole, on l'a vu hier, il avait l'air plutôt calme et pondéré, il m'avait pas l'air d'être un mauvais bougre. Bon le sujet doit être touchy au-delà de ce qu'on imagine.

Le débat je vais pas pleurer dessus mais la projo , je suis très triste.

Jay a écrit:

Félicitations aux nouveaux enarques (de la part de tous les internationaux de la promo)! Ne tardez pas à rejoindre le groupe de la promo 2009-2011 sur facebook.

c'est quoi le nom du groupe stp ?

Pour Greg, je sais que c'est un peu inutile et sans doute inaudible en ces pénibles moments de dire cela, mais qu'il sache que dans 5 ans il pourrait passer et réussir sans difficulté l'interne, avec l'expérience et la maîtrise qu'il a accumulées.
D'ici là il peut découvrir l'administration en réussissant n'importe lequel des concours A  de la FP.
Ce qu'il a appris lui reste définitivement acquis et l'enrichit.
C'est bête à dire mais on grandit plus dans la douleur et l'échec que dans le succès, qui ne fait que nous confirmer dans ce que nous pensions.
Toute ma sympathie, en bref.

C'est bon et TOUS mes potes sont sur la liste en plus !
J'espère qu'on va trouver une maison assez grande pour la louer et la transformer en phalanstère à Strasbourg !

c'est bon.

Yes !

OK, mais c'est un peu hardcore comme initiative...
D'autant plus que pour mettre en oeuvre un tel dispositif dès le début il faudrait un vote à l'unanimité au Conseil.

Elessar a écrit:

Ben non, tu fais un referendum à l'échelle européenne avec double majorité : Etats et citoyens.

OK
donc une constituante qui constitutionne, puis un référendum européen.
Mais on retombe sur le problème d'un Etat qui vote non pour faire parler de lui et qui bloque tout.

Ils n'ont rien de mieux à faire ?
par exemple publier les résultats fissa...

anarchange a écrit:
Elessar a écrit:

Et par dessus tout, c'est la meilleure solution. Parce que "c'est pas démocratique" certes, mais comment il aurait fallu faire pour que ça soit démocratique ?

Une solution simplissime (ouh l'italianisme) et économique : donner un mandat institutionnel (enfin, appelez ça comme vous voulez) au parlement européen prochainement élu (début juin 2009) qui aurait donc 5 ans pour écrire un texte costitutionnel s'appliquant à la fin de son mandat, sans contestation possible.

Est-ce vraiment plus compliqué que de donner l'impression de faire un passage en force?

il faudrait quand même que les peuples ou les parlements ratifient le traité, il me semble, en DIP ?

jesous chraist a écrit:

c'est avec une assoce, le bien nommé Cinéclub BDA de sciencespo (anonymat grilled)

on projette en avant première l'école du pouvoir le mercredi prochain, avec le débat en fucking suspens..

Hein ?
quand ? comment ? Où-ça bon sang !?
Ca coûte combien, on peut réserver des places, aux pieds de qui faut-il se prosterner pour venir ?

Alci a écrit:

Je ne suis pas du tout dans l'optique classe contre classe, réellement wink. La gratuité de l'enseignement supérieur ce n'est pas réellement la gratuité, c'est le fait qu'il est financé collectivement par l'impôt tout comme les musées. Alors oui les riches devraient payer plus d'impôts que les pauvres, c'est en partie le cas, et dès lors le système de gratuité est réellement égalitaire. De plus, l'enseignement supérieur bénéficie à l'ensemble de la société et pas seulement à ceux qui font des études (capital humain tout ça tout ça).

Je reprends l'exemple des musées : comme ce ne sont que les riches, ou les riches étrangers qui y vont, la gratuité n'est pas un outil performant pour atteindre l'objectif de démocratisation culturelle. Au contraire, on baisse les revenus des musées en faisant des cadeaux à des gens qui auraient pu payer.
Pour l'enseignement supérieur : les riches et les classes moyennes supérieures feront des études, à n'importe quel prix, donc c'est social de leur faire payer plus.
Concernant les pauvres il y a d'autres barrières que les droits d'inscription. Les droits peuvent l'être mais c'est pour cela qu'existent bourses et exonérations.
Après on peut discuter des limites des exonérations, et des critères d'attribution comme du nombre de bourses.
Mais je pense que la gratuité n'est pas la solution.
Parce que je pense avec Lacan que si on ne paye pas on ne gagne pas, et il faut accepter l'idée que (no free lunch) l'éducation supérieure n'est pas un bien gratuit, c'est une chose qui a de la valeur, beaucoup, et qui nécessite un investissement, ne serait-ce que par le biais des bourses ou des exonérations.
La question des seuils des droits et des bourses et des modalités de calcul, de la prise en compte des étudiatns indépendants est très délicate, c'est vrai. Il faut retravailler cet aspect.

Alci a écrit:

Par ailleurs je en suis pas du tout convaincu par les arguments sur les étudiants étrangers : ils ne paient la TVA que pendant leur séjour, alors que  les autres l'ont payée depuis leur naissance. Et pusi la TVA n'est pas le seul impôt. Enfin il est légitime de faire une différence entre les européens et les autres, mis à part les cas d'aide au développement, (très spécifiques). On ne va pas subventionner les études avec de l'argent public des Etats-Uniens, des Chinois ou des Indiens, qui vont nous tailler des croupières commerciales ensuite ?

L'argument est faible je te l'accorde (mais il faut quand même garder l'idée en tête).
Je pense que nous avons pas la même optique, je ne vois pas le monde comme une concurrence et du taillage de croupières commerciales et si tu veux qu'on mette de côté les arguments moraux et les principes internationalistes je peux dire tout simplement que l'accueil des étudiants étrangers sans discrimination permet non seulement d'accroître la connaissance internationale de Pipo comme aucune campagne de pub ne pourrait le faire, que cela est un élément fondamental de la Francophonie, que cela aide aux développement économique des autres pays du monde tout en liant une partie des "élites" à la France, et que les externalités positives sont extrêmement fortes pour les étudiants français en terme d'ouverture internationale. Empêcher de nombreux étudiants (Afrique, Asie, Amérique du Sud) de venir à Sciences Po du fait des frais d'inscription, c'est une perte importante en terme de capital humain et d'ouverture internationale que l'augmentation des frais de scolarité pour les étrangers ne compense absolument pas.

Et puis je reste quand même sur l'argument que c'est une discrimination et une préférence communautaire qui me fait bondir. Ca me ferait chier d'aller étudier dans un autre pays et que l'on me fasse payer des frais d'inscriptions 3 fois plus élevés que la moyenne des étudiants du pays. Les étudiants étrangers ne sont pas des machines à fric et il n'y a aucune raison pour qu'on les discrimine en ne prenant pas en compte leurs revenus quand on le fait pour les autres.

Moi la préférence communautaire ne me fait pas bondir.
(je crois faire partie des "bisounours" pro-européens)

Ensuite Harvard fait payer très cher sa scolarité et cela n'a pas tari la venue d'étudiants étrangers.

Pas d'angélisme !
Qui sont les étudiants étrangers ? ni des prolos, ni des défavorisés... Dans les pays pauvres être étudiant signe l'appartenance à la classe favorisée, et l'être à l'étranger aussi, quant à l'être à SciencesPo...
Mais je ne suis pas opposé à des bourses sur critères sociaux et académiques pour les étrangers.
Il existe aussi quelque chose qu'on appelle l'aide au développement qui remplit ces fonctions.
Quand on discute AUJOURD'HUI avec les étudiants étrangers non-communautaires de SciencesPo il n'y en a pas lourd qui ne soient issus de l'upper-class ! Alors je ne suis pas sûr que cette réforme serait un cataclysme, même si je suis aussi, en faveur de la modulation des droits y compris pour les étudiants étrangers.

En fait j'ai l'impression que vouloir s'attaquer globalement et intégralement à cette réforme (un peu mal fichue) fort des turpitudes passées (ou alléguées) de la direction, empêche d'avoir une approche pragmatique de négociation et de contre-proposition. On ne gagne jamais totalement une guerre ou un conflit sans lâcher du lest, je crois.

Super !

C'est plus clair. Nos différends reposent plus sur des convictions ou une vision de la politique et de l'éventail des possibles ; parce que je suis sans doute plus pessimiste ou réaliste que toi.

Je suis particulièrement d'accord avec le point 4, mais à mon sens il n'est en rien relié à la politique des droits : si on fait entrer beaucoup d'étudiants de CSP défavorisées, alors se pose d'autant plus la question du manque à gagner financier ;  la tentation de le répercuter sur les frais des étudiants issus de ménages plus solvables est forte.

Est-ce qu'il n'y aurait pas des positions médianes et plus consensuelles à chercher dans une étude plus fine des tranches du barême et des questions de progressivité, plutôt que cette stratégie à mon sens vouée à l'échec du classe contre classe ?
Je suis convaincu  que la gratuité c'est la subvention donnée aux riches dans l'enseignement supérieur. (comme aussi dans les musées)

Par ailleurs je en suis pas du tout convaincu par les arguments sur les étudiants étrangers : ils ne paient la TVA que pendant leur séjour, alors que  les autres l'ont payée depuis leur naissance. Et pusi la TVA n'est pas le seul impôt. Enfin il est légitime de faire une différence entre les européens et les autres, mis à part les cas d'aide au développement, (très spécifiques). On ne va pas subventionner les études avec de l'argent public des Etats-Uniens, des Chinois ou des Indiens, qui vont nous tailler des croupières commerciales ensuite ?

ce désir désespéré d'exister.

On est d'accord,
sur France Cul' ce matin je sais plus qui disait que la Commission était renvoyée des années en arrière comme un collège technique, à peine chargée du respect des Traités, mais absolument plus décisionnaire, les Etats reprenant la main.

Je pense qu' il faut en revenir à la méthode Monnet et faire de vraies réalisations, avec des solutions de marché, et ensuite essayer de généraliser.

Par exemple je pense qu'une initiative en matière de PESD sous la forme d'une coopération renforcée (ou plutôt strucutrée), au hasard... au large de la Somalie serait un bon moyen.

Ouais.
Je fais amende honorable, il y a plus démocratique, mais c'est rare, et les lenteurs viennent de ce souci démocratique du contrôle à la fois de la volonté des Etats et de la volonté des représentants.
Mais justement si la codécision n'est pas étendue c'est parce que les représentants légitimes des souverainetés nationales refusent d'abandonner des prérogtives considérées comme fondamentales en démocratie.
D'ailleurs les membres des gouvernements au Conseil et les chefs de gouvernement et d'Etat au Conseil européen sont tous élus et légitimes, donc les décisions prises en inter-gouvernemental ne sont pas non plus des oukazes.

D'ailleurs compte tenu de leur attitude et de leur refus des clauses de défense collective et de solidarité (après tout ce qu'on a fait pour eux- comme dirait mon père) on aurait pu à bon droit leur dire ciao.

Bon on garde ces braves gens dans l'UE, je ne suis pas sûr que le bon goût et l'esthétique y gagnent (à part pour les paysages).

Mais la Démocratie ce n'est pas seulement le respect de procédures figées, il y a une dimension processuelle essentielle : on tend vers la démocratie. Il s'agit d'être dans l'esprit plus que dans la lettre.
Si tous les pays d'Europe considèrent que le Traité est conforme au bien commun et au progrès de la démocratie, faire des efforts pour redemander aux Irlandais de voter ce n'est pas anti-démocratique.
Puisqu'on leur demande de voter.
L'imposer sans vote aurait été problématique. certes.

Mais où est-on aller chercher que faire voter était anti-démocratique ? Faut arrêter la culture du soupçon, et regarder ce que c'est des pays anti-démocratiques, et arrêter avec la haine de soi.

Il n'y a pas plus démocratique que le fonctionnement de l'UE où tout est voté, négocié, revoté, ad nauseam, d'où la lenteur de la prise de décision communautaire...

Fred a écrit:

Il y a aussi la résidence des élèves...

merci.
Oui j'ai jeté un coup d'oeil mais les prix sont extravagants par rapport au marché à Strasbourg. A plusieurs pour le prix d'une chambre chacun dans cette "cité U" améliorée, on peut louer un grand appartement...
Bon reste à espérer, et puis peut-être que l'on pourra trouver une solution avec les copains qui partent en mars 09.
à ce soir (?...)

Bouh a écrit:
Brasseur a écrit:

Les Deux Plateaux, 1985-1986, Palais Royal

C'est quand même ballot, un outil visuel que personne ne voit.

l'outil visuel ce sont les bandes verticales noires et blanches alternées de 8,7cm.
on les voit, on ne voit qu'elles, sur les fûts des colonnes,  sur les stores du ministère de la culture, du Conseil et du Français, et sur les lignes horizontales au sol.

ensuite, cet outil visuel est destiné à souligner certains éléments, pas à être exhibé pour lui même.
Au début D. Buren l'utilisait seul pour lui même, sur ses premiers et rares tableaux "classiques" ou panneaux, rideaux...
Mais il est vite passé à une autre utilisation.

faux semblants a écrit:
Brasseur a écrit:

Ca dépend du jardinier, et de l'architecte.

en fait non.
Les colonnes ne sont pas "belles".
Elles ne le seront jamais, ce n'est pas leur fonction ni leur destination.
C'est une oeuvre in situ réussie de Daniel Buren, c'est au-delà du beau.
C'est un chef d'oeuvre, c'est tout.

Et ça permet de faire le tri...
et aux petits enfants de jouer.

Tu peux m'en dire plus sur leur signification, par curiosité ?

parce que la curiosité est une disposition éminemment nécessaire, et sympathique, et que je m'ennuie en attendant, je vais le faire :

Mais aussi parce que Daniel Buren est avec Pierre Boulez le plus grand artiste français vivant internationalement connu...

Les Deux Plateaux, 1985-1986, Palais Royal n'ont pas de signification, au sens de vouloir énoncer un discours, diffuser un message.

Il s'agit d'une commande dans un lieu patrimonial, historique, avec une architecture classique même si composite et en partie adventice.
Le travail de Daniel Buren se caractérise par deux choses essentiellement : la notion de in situ et les bandes alternées verticlaes de blanc et de noir/couleur de 8,7cm qui sont son "outil visuel" auquel il est fidèle depuis ses débuts (avant même la grande manifestations candaleuse de BMPT en 1972).

Son outil visuel et plus tard l'emploi d'aplats de couleurs primaires et de miroirs lui servent à faire surgir ou apparaître des caractéristiques des lieux, des architectures où il intervient, voire des bâtiments ou des oeuvres sur lesquelles il intervient. En ce sens il rend visible l'architecture ou les espaces.

En l'espèce, il travaille sur les horizons de la cour intérieure du Palais Royal, architecture complexe, dotée de colonnades rapportées et hors de toute logique stylistique. Il va donc souligner la présence des colonnes et travailler sur les différents horizons, et les valeurs des hauteurs des bâtiments et des niveaux de sols, présents par un travail sur des colones de différentes tailles, qui dessinent des plans parallèles mais aussi inclinés.
De plus à l'horizon du sol vient s'ajouter un deuxième plan qui est en sous sol, éclairé et parcouru par de l'eau ce qui permet de jouer avec les reflets.
(aujourd'hui c'est la réfection de ces dispositifs qui explique les travaux en cours)

"Les Deux Plateaux", se compose donc d'une colonnade "déconstruite" et d'un sous-sol que l'on aperçoit à travers les grilles, et la nuit quand il est éclairé, et dont on entend le murmure de l'eau. (anacoluthe, sorry)

Buren souligne donc la présence des colonnes, il joue avec le signifiant "colonne = antiquité = ruine", il souligne l'ordre classique par ses bandes alternées dont on retrouve le motif sur les stores des bâtiments avoisinants.
Il propose un "statement" ironique sur l'oeuvre d'art dans l'espace public en utilisant la colonne tronquée, signifiant d'un certain amour du beau classique (et vieux), l'amour romantique des ruines.

et puis et puis...
il crée un environnement qui ne se perçoit pas au premier abord, mais quand on le parcours, quand on joue avec ses perspectives et quand on bénéficie d'une vue surplombante.
voir lien de différentes prises de vues :
http://www.danielburen.com/__db1/3_oeuv … base0.html

Ce n'est sans doute pas la plus belle ni la mieux réussie de toutes les oeuvres de Daniel Buren (qui se comptent par centaines). Mais cela reste un chef-d'oeuvre.

En revanche c'est dans le cadre de la commande publique française l'une des plus fines et qui se fond le mieux dans le site, en le respectant et en dialoguant avec lui. En ce sens c'est un succès.
Qui plus est elle dure ("Etre et durer", comme chez les paras) sans devenir ridicule ou démodée, car elle a un caractère intemporel, classique et contemporaine.

Aujourd'hui les palissades  et les fenêtres de couleur qui dissimulent et montrent les travaux de réfection http://farm4.static.flickr.com/3206/289 … afb2_b.jpg permettent d'imaginer ce qu'aurait pu être une oeuvre à la fois plus ambitieuse et plus conforme au génie de coloriste de Daniel Buren.
Génie qu'il a démontré lors de son exposition "Le musée qui n'existait pas" en 2002 au MNAM-CGP. http://www.danielburen.com/__db1/2_expo … base0.html


Pour finir cette oeuvre fut l'occasion en 1985-86 d'une des plus grandes guerres culturelles franco-parisiennes opposant le parti de la réaction à celui de l'art contemporain, plus généralement droite et gauche, amis avec des transfuges.
Elle s'est traduite par une avancée intéressante du droit administratif.
Elle a aussi donné lieu à un passionnant travail de la grande sociologue Nathalie Heinich, qui a étudié les graffitis présents sur les palissades devenues ainsi Dazibaos de droite (et de gauche marginalement). Heinich Nathalie, 1995, « Les colonnes de Buren au Palais-Royal. Ethnologie d'une affaire », Ethnologie française, XXV, 4, p. 525-541.

La bonne société qui fréquente ces lieux d'ordinaire s'étant jadis illustrée dans un certain tropisme taggueur et, pour le dire vite, vandale, particulièremnet rageur.

une version remaniée du travail de N. Heinich en ligne là :
http://documents.irevues.inist.fr/bitst … 20_193.pdf

Ca dépend du jardinier, et de l'architecte.

en fait non.
Les colonnes ne sont pas "belles".
Elles ne le seront jamais, ce n'est pas leur fonction ni leur destination.
C'est une oeuvre in situ réussie de Daniel Buren, c'est au-delà du beau.
C'est un chef d'oeuvre, c'est tout.

Et ça permet de faire le tri...
et aux petits enfants de jouer.

Si vous voulez rire, mais alors beaucoup, allez écouter Best of today de BBC 4 du 3 décembre 2008

http://news.bbc.co.uk/today/hi/today/ne … 762079.stm

puis descendez jusqu'au numéro 839

que du bonheur.

Sinon les colonnes sont très belles, si !, et en ce moment encore plus avec les jolies palissades et les meurtrières en couleur.
De toute façon c'est mieux que le parking qui les précédait.

FDL a écrit:
Engagé Baleine a écrit:

Et de toute façon l’Angleterre est un curieux mélange de choses infectes et de traits de génie. Comment un pays en même temps avoir le brit-rock et la jelly???

C'est ce qui fait tout son charme. big_smile
Et nous, on a bien d'un côté le champagne, Versailles et Victor Hugo et de l'autre, BHL, les colonnes de Buren et... Frédéric Lefebvre.

pourquoi les colonnes de Buren ?

merci

Alci a écrit:

[...]

A distance, je n'ai pas pu avoir le tract de Sud, si fétiche veut me l'envoyer d'ailleurs mais historiquement oui il y a des bases communes en terme de contre-propositions surtout sur cette question :
1. Ne pas augmenter les frais de scolarité, demande d'augmentation des crédits publics pour l'enseignement supérieur.
2. Avoir une meilleure gestion des dépenses de l'IEP pour pouvoir financer une augmentation des bourses
3. Fin de la discrimination envers les étrangers non communautaires.
4. Augmentation du nombre de boursier via la réforme/suppression du concours d'entrée.

1 - et vous pensez vraiment que dans l'éventualité d'une augmentation du budget de l'ens. supérieur SciencesPo. aurait une quelqconque légitimité à demander plus ?

2 - excellent. Vous faites des propositions d'amélioration de cette gestion ? Parce que'en tant qu'élus au CA vous devez disposer des docs comptables essentiels ?

3. Oui, ça c'est sûr, il faudrait aussi leur proposer un système progressif, mais quand même, les out-UE, ne contribuent pas comme les citoyens de l'UE aux dépenses publiques, c'est un peu la prime au "passager clandestin" non ? Nos systèmes d'ens. sup' sont grandement financés par l'impôt, en plus des droits de scolarité, les étrangers n'y contribuent pas, ça ausi ça relève de l'équité non ?

(D'ailleurs, parce que je n'ai pas tout suivi, quel est le système proposé par RD concernant les ressortissants UE pour la modulation des droits ?)

4. alors là, du point de vue logique, comme du point de vue politique, je ne comprends pas. Soit je suis passé du côté obscur, soit c'est pour tester mon sens de l'humour.

Alci a écrit:

Parce qu'on réfléchit et que l'on est d'accord sur des points qui permettent une campagne commune, c'est aussi simple que cela.

Vous ête d'accord sur le volet contestation du projet, ou aussi sur un volet propositions alternatives ?
En fait c'était ça le sens de ma question, est-ce que vous êtes sur des bases communes en terme de contre-propositions ?

Je ne comprends pas comment à SciencesPo Sud et l'UNEF peuvent faire cause commune.

Il y a quelques dizaines d'années, autant dire il y a des siècles, il y eu un des plus grand film du cinéma soviétique, et de l'histoire du cinéma tout court : Stalker D'Andrej Tarkovski.
Peut-être peut-on espérer en l'humanité et voir un hommage à ce chef-d'oeuvre dans le pseudo cité supra ?

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redondant - j'avais pas vu que quelqu'un avait déjà fait le lien supra.

Merci de ta proposition, c'est très gentil. Je te contacterai.

Heureusement (ou mal-...) je travaille en attendant les résultats.
Mais en fait c'est plus ambiance double peine : l'angoisse de l'attente et l'ennui du travail, avec la peur que cela continue si j'échoue.

En attendant je vais regarder les locations à Strasbourg pour "prendre le pouls du marché".
Si tout va bien notre petite équipe de potes sera toute entière admise et on pourra louer une maison...

Ah j'oubliais :

- une veste de smoking en velours noir de Turnbull & Asser ;
- du MDMA de qualité en cas de succès ;
- un an de Prozac en cas d'échec.

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Il me semble bien que la liste est donnée "par ordre de mérite", ce qui tombe sous le sens particulièrement quand il y a plusieurs inscrits sur liste complémentaire.
Mais je peux me tromper.

FDL a écrit:

Rama Yade, cible à abattre :

Le Figaro - AFP a écrit:

Droits de l'homme : Yade et Kouchner en total désaccord

Le ministre des Affaires étrangères regrette d'avoir demandé un secrétariat d'Etat sur la question. Mais Rama Yade défend son poste, en assurant qu'elle a fait «beaucoup de choses en dix-huit mois».

[...]

"Rama Yade l'a dit elle-même: lorsque Kadhafi est venu, et qu'elle a montré du doigt la diplomatie de +paillasson+ et que malgré tout on a accueilli Kadhafi avec tous les ors et fastes de la République, elle a constaté très rapidement les limites de l'exercice de son ministère", selon le député de l'Aube. Même si, tempère-t-il, "elle apporte beaucoup dans ce gouvernement".

Si Rama Yade avait été une personne un peu plus sympathique, je l'aurais plainte. Mais en fait, non.

Elle n'était pas sympathique mais arrogante et ne cachait pas à autrui l'immense opinion qu'elle se faisait d'elle-même. soit.
Mais sa sortie sur l'intérêt d'être élue au PE signe la cruche franchouille parisienne petit-bras.

Ca ne suffit pas d'être une grande belle femme noire élégante, et sans doute intelligente scolairement, même à droite, même parmi un gouvernement de butors, d'imbéciles ou d'agités dogmatiques.
Il faut avoir un peu de bon sens, et de sens politique, voire (horresco referens) d'humilité, au moins feinte.

Bye Rama !
Une carrière politique qui va marquer le pas avant même d'avoir connu ses premières épreuves électorales.
Si elle ne négocie pas une porte de sortie honorable et discrète, le retour au réel va être un peu délicat, vu le peu d'affection que porte le Sénat à toute personne qui s'est faite remarquer, et qui revient, piteusement.

- Substance de Jacques Selosse ;
- Vieilles vignes françaises de Bollinger, n'importe quel millésime ;
- une truffe de 50g fraîche en direct du Périgord ;
- des flûtes "tommy" de Saint Louis ;
- un manteau de soirée, col châle, de Gieves & Hawkes ;
- une cravate en tricot de laine noire de Marinella, Naples ;
- un abonnement en 1ère cat. pour deux à Bastille et Garnier ;
- un beau tirage encadré de Stéphane Couturier (galerie Polaris) ;
- mon nom en haut de la liste qui paraîtra vendredi à 17H -
- ou même tout en bas ;
- que mes deux copines y figurent aussi ;
- gagner tous mes recours au TA pour les 10 ans à venir ;

pour le plaisir :


J-2

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pour ne pas polluer le site, et faire remonter inutilement ce thread gratuit et très minoritaire (en terme de public concerné) je réponds à la remarque de K. infra  ici :

effectivement !
chaque heure qui passe rend l'attente plus pénible et les conjectures plus hasardeuses.

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Re -- pour les mêmes raisons que supra, en réponse à FS

Merci c'est gentil.

Fred a écrit:
Brasseur a écrit:

Tant mieux !
[...]

Je fais partie de la cuvée qui sortira en 2010, la dernière ou avant-dernière à être classée (c'est le flou artistique à tous les niveaux de l'Etat ce sujet). Le rythme des épreuves classantes est assez régulier: trois épreuves tous les 7 mois + une note de stage. 25% des notes ont déjà été communiquées et ça n'a pas altéré la bonne ambiance de la promo. Vous serez étonnés de savoir qu'une majorité de la promo est très ouverte sur les métiers proposés: bien entendu chacun a une idée de ce qu'il aimerait faire dans l'idéal, mais on retrouve très peu l'esprit "les grands corps ou la mort" qu'on peut imaginer. Pour le moment, c'est une logique de compétition contre soi même qui prévaut plutôt que contre les autres, et nous avons eu des épreuves de groupe dans lesquelles il aurait été suicidaire de la jouer perso.

Le stage en ambassade n'ets pas inutile: il a le mérite de faire vivre à toute la promo une expérience intéressante d'expatriation, et c'est une bonne introduction à l'UE et au fonctionnement administratif quotidien. Mais la qualité des stages est très inégale en fonction de l'actualité du pays ou du service d'accueil, et leur utilité "européenne" aussi. Le stage "territoires" est vraiment complet et toujours enrichissant: il inclut aussi une période de stage en collectivité territoriale et/ou en juridiction. Ici je travaille quotidiennement avec les collectivités, je rédige des arrêtés, je fais de l'analyse politique, des discours, j'organise des réunions, je prends des permanences cabinet, etc. C'est un vrai condensé du travail de tous les services de l'Etat et une très bonne préparation au métier d'AC (management d'agents grâce aux intérims, conduite de projets, etc). Le stage en admin centrale: je demande à voir mais en un mois ça ne peut être que de l'observation. Quant au stage en entreprise de 2 mois, il me semble trop court pour mener une mission et trop long pour de l'observation...

merci pour ces remarques intéressantes.

Visiblement la réforme annoncée n'est pas prête, ce qui était prévisible, et donc on va sans doute repartir pour une promo avec classement...
Bon, c'est peut-être pas plus mal de ne pas avoir à essuyer les plâtres.

C'est pas trop classe ça la délation.
Surtout deux ans après.

Par ailleurs je croyais qu'on garantissait l'anonymat sur ce forum ? Surtout pour des gens qui n'y sont pas présents et se retrouvent jetés en pâture pour des propos anciens (et prescrits.)

Vous ne devriez pas retourner faire vos devoirs jeune homme ?

Broz a écrit:

Il y a des arguments des deux côtés. De l'un bon, la culture générale c'est important etc, mais en même temps un test de culture générale franco-centré c'est un des éléments du racisme institutionnalisé en France, donc bon...

Mon propos initial était dirigé contre le tandem Santini-Président, pas contre l'éventualité de réformer certaines épreuves des concours de recrutement de la FP.

Le propos d'Assouline sont intéressants : recruter des gens qui ne parlent pas français et l'écrivent encore moins, n'ont jamais ou presque lu un seul livre, ne s'intéressent à rien, cela peut occasioner des déconvenues, y compris au niveau macro pour l'Etat et la communauté nationale.

Santini se payant La Princesse de Clèves ne militait pas pour la démocratisation, ils s'attaquait à un certain type de culture, et il tenait un discours dont le sous-texte était assez méprisant.
Par ailleurs personne - je dis personne- n'a raté un concours de catégorie B ou C parce qu'il n'a pas su dire qui était Mme de la Fayette, faut arrêter avec ce hoax.

Ensuite, ce qui est injuste c'est des épreuve sans véritable programme affiché, ou avec un programme trop en décalage avec le contenu des fonctions à occuper. La culture générale peut être le prétexte de toutes sortes de discriminations sur les origines sociales ou géographiques. Je suis le premier à le reconnaître.

Mais Santini héraut de la justice sociale faîtes-moi rire.
Quant au CRAN.. il ont dégradé Aimé Césaire et Senghor et Franz Fanon et... récemment ?

Gambetta a écrit:

Tout à fait, cette opération vise une nouvelle fois à réduire la connaissance et la faculté critique et analytique des citoyens. Le sarkozysme veut amoindrir la culture dans ce pays, C'est une opération fondée sur l'idéologie mondialiste pour laquelle les cultures nationales sont bonnes à jeter aux toilettes.

Je ne suis pas un sectateur de la thèse du grand complot mondialiste dont l'actuel gouvernement serait un affidé.
Je pense que c'est plutôt de la politique médiocre et à courte vue.
A la rigueur c'est une politique anti-sociale fondée sur un mépris de classe : "les subalternes n'ont pas besoin d'avoir accès à la culture pour nettoyer notre merde". Le gouvernement étant convaincu que les élites sauront toutjours préserver un accès à la culture pour leurs enfants, dans d'excellents Lycée publics payés avec l'argent du contribuable où l'on ne rencontre que des fils de.

Je pense aussi qu'il y a sans doute moins de personnes authentiquement cultivées ayant droit au chapitre ou se faisant remarquer dans ce gouvernement.

Je crois que l'ennemi ici c'est la bêtise "au front de taureau" et non pas une tentative idéologique en lien avec le nouvel esprit du capitalisme mondialisé, qui est, au contraire, vous le savez sans doute, plutôt en faveur d'une élévation du niveau de compétence et de qualification des travailleurs pour augmenter leur polyvalence, leur créativité, leur capacité de changement et d'initiative (voire les livres de Luc Boltanski et Eve Chiapello Le nouvel esprit du capitalisme et plus récemment PM Menger, Portrait de l'artiste en travailleur).

Donc pour moi c'est non seulement imbécile mais aussi contraire aux intérêts-mêmes du capitalisme néo-productiviste à organisation souple.
Je crois qu'il y a une part vraiment importante idéologique : la haine des intellectuels et d'un certain type d'élitisme chez certains membres du gouvernement. Mais une vision globale dans le but de lutter contre l'esprit critique, je crois que c'est aller chercher un peu loin dans la "causalité diabolique".

Tant mieux !
Tu fais partie de la promo qui est encore classée ?
Il me semble que c'est dans la dernière partie de la scolarité que le rythme des épreuves classantes augmente, et le déplaisir, ou l'usure, en proportion.
C'est juste avant le dernier module, dont on ne peut choisir ni le sujet, ni les élèves avec qui on le traite - ce qui peut parfois déplaire beaucoup, et laisser un sentiment mitigé, dans ce contexte de compétition pour le classement.

Mais les stages, si on sait pourquoi on est là, en effet ce n'est que du plaisir : et plus ou moins la préfiguration de ce qui nous attend.
Même si on pourrait se demander honnêtement, si la durée du stage en préfecture, et pour certains en ambassade n'est pas un peu excessive dans la mesure où la majorité de la promo finira AC... C'est pareil pour les fonctions de contrôle ou juridictionnelles : pas même un petit stage d'observation de quelques semaine c'est dommage.

Pourtant les insultes, sur ce Forum, c'est la lingua franca ...

Certains individus sont un peu comme Beetlejuice, il suffit de prononcer certains mots-clefs et ils apparaissent aussitôt, sortis d'on ne sait où, alors qu'on les croyait disparus...

immonde ? (comme la fameuse bête éponyme ? - non je plaisante). Carrément ? C'est pas un peu fort ?

C'est peut-être simplement excessif et un peu bêtassou, genre je suis en première année de militantisme à Ras-le-front/PT/LO/SUD/CNT.

Ben il faut reconnaître que à part le style maladroit et quelques comparaisons malheureuses, ce texte compile quelques événements marquants récents très graves.

Est-ce un plan concerté pour rogner petit à petit les libertés publiques et droits fondamentaux ?
Ou bien juste une accumulation de décisions prises selon la tactique du chien crevé au fil de l'eau et de l'hyper-réactivisme du président, qui à chaque fait divers nous fait une loi ?

Peut-être est-ce aggravé aussi par la totale inculture juridique de certains membres du gouvernement et de leurs soutiens, et surtout de leur peu d'appétence pour la pensée libérale (droits des individus, libertés publiques, garanties des droits fondamentaux) comme cela se manifeste dans le traitement des prévenus, des journalistes, ou des questions de concentration dans la presse.
Mais on pourrait ajouter aussi la totale complaisance envers le copinage entre journalistes et politiques et plus généralement entre le monde des affaires et les politiques. (J'en veux pour exemple le cumul absolument incohérent de fonctions et activités de J.F. Coppé.)
Donc oui c'est vrai il se passe des choses très graves qui intéressent les libertés publiques fondamentales, du fait d'une accumulation de réformes conjoncturelles dictées par l'actualité et qui vont toutes dans le sens d'une pensée sécuritaire du social et répressive du pénal.

Peut-être que si la gauche audible s'était un peu plus intéressée à ces questions, si elle avait, en son temps, manifesté plus de respect pour les libertés publiques (une approche libérale des droits et des prérogatives de la puissance publique) on serait un peu moins dépourvus aujourd'hui.
Le problème alors que la loi sur la rétention, et les tentatives du président de passer outre à la fois au Principes généraux du Droit et à la décision du CC, c'est que les socialistes et autres libéraux d'opposition avaient l'air plus préoccupés d'autres choses, et n'en ont pas fait un casus belli absolu, en poussant leur avantage.

Bref mon propos est trop long.
Ce que je veux dire c'est que tous les événements cités sont vrais, ils sont dangereux, il y en a d'autres. Mais est-ce vraiment un plan concerté de subversion de la démocratie ? Je ne le pense pas, c'est plus une maladie dégénérative de la démocratie et du libéralisme politique.
Si il n'y a personne pour défendre l'Etat de droit, victime d'une baisse de ses défenses immunitaires, il succombe tout seul aux infections opportunistes quand elles se présentent. (comparaison hasardeuse, sorry)

Aujourd'hui je crois qu'il faut plus lutter pour la démocratie et la défense des libertés publiques et droits fondamentaux que contre le gouvernement et un prétendu complot.

En fait j'ai perdu mon sang froid, fait preuve d'impétuosité petite bourgeoise et de toute l'arrogance dont la classe intellectuelle favorisée dont je suis issu est coutumière.

Mes respects au ministre éclairé de la fonction publique qui, en fait, faisait un hommage discret et élégant à la révolution culturelle : "les intellectuels aux champs et les paysans pauvres et moyens-pauvres comme seuls vrais professeurs"

http://www.rue89.com/files/mao.jpg

on peut lire distinctement sur les pancartes
"oui j'avoue je suis un cochon de bourgeois ennemi du Peuple et je lis en cachette La Princesse de Clèves"

in Charles de Gaulle, Le fil de l'épée

"La magnificence et la galanterie n'ont jamais paru en France avec tant d'éclat que dans les dernières années du règne de Henri second. Ce prince était galant, bien fait et amoureux ; quoique sa passion pour Diane de Poitiers, duchesse de Valentinois, eût commencé il y avait plus de vingt ans, elle n'en était pas moins violente, et il n'en donnait pas des témoignages moins éclatants.
Comme il réussissait admirablement dans tous les exercices du corps, il en faisait une de ses plus grandes occupations. C'étaient tous les jours des parties de chasse et de paume, des ballets, des courses de bagues, ou de semblables divertissements ; les couleurs et les chiffres de madame de Valentinois paraissaient partout, et elle paraissait elle-même avec tous les ajustements que pouvait avoir mademoiselle de La Marck, sa petite-fille, qui était alors à marier.

La présence de la reine autorisait la sienne. Cette princesse était belle, quoiqu'elle eût passé la première jeunesse ; elle aimait la grandeur, la magnificence et les plaisirs. Le roi l'avait épousée lorsqu'il était encore duc d'Orléans, et qu'il avait pour aîné le dauphin, qui mourut à Tournon, prince que sa naissance et ses grandes qualités destinaient à remplir dignement la place du roi François premier, son père.

L'humeur ambitieuse de la reine lui faisait trouver une grande douceur à régner ; il semblait qu'elle souffrît sans peine l'attachement du roi pour la duchesse de Valentinois, et elle n'en témoignait aucune jalousie ; mais elle avait une si profonde dissimulation, qu'il était difficile de juger de ses sentiments, et la politique l'obligeait d'approcher cette duchesse de sa personne, afin d'en approcher aussi le roi. Ce prince aimait le commerce des femmes, même de celles dont il n'était pas amoureux : il demeurait tous les jours chez la reine à l'heure du cercle, où tout ce qu'il y avait de plus beau et de mieux fait, de l'un et de l'autre sexe, ne manquait pas de se trouver.


Madame de La Fayette, La Princesse de Clèves, incipit.

Voilà pourquoi le membre du gouvernement qui a fait une sortie récente où le ridicule le dispute au misérable est un imbécile sans vergogne doublé d'un butor d'une vulgarité totale. Ce personnage et ses propos sont une insulte à ce que représente la France dans le monde, ou le peu qu'il en reste.

j-9

De l'assistance à l'astreinte : les mutations des relations ... au sein du service public de l'emploi