Paul a écrit:La prep de Paris n'est de toute façon pas si mirobolante, la moitié des cours sont sans intérêt et les sujets de galop ne sont pas toujours très ena-like. J'ai tendence à penser que ce sont les étudiants et non les cours qui lui valent ses bons résultats.
La prep c'est surtout un cadre pour éviter de devenir neurasthénique à force de bosser seul avec tes bouquins face au mur.
Je n'en suis pas si sûre... l'énorme avantage de la prepENA de Paris, c'est aussi et surtout le nombre de praticiens parfaitement au courant des exigences de l'ENA externe qui y dispensent des cours, proximité -culturelle et géographique- oblige. Niveau connaissance, c'est exactement la même chose : les programmes et les biblio sont les mêmes dans tous les IEP. Mais on comprend aisément qu'un IDF ou un conseiller d'Etat n'ait pas forcément envie de se taper deux fois 3 heures de train pour donner un malheureux cours en province. Ce qui explique aussi que la préparation de Paris-I Panthéon Sorbonne, qui prévoit galops d'essai et conférences d'actu par des hauts fonctionnaires de l'administration centrale et des normaliens, réussisse à mener quelques brillants étudiants à l'admission à l'ENA externe chaque année.
D'accord pour le cadre que donne toute prépa en général, mais le monopole de celle de Paris n'est pas forcément dû au hasard ou au niveau particulièrement élevé des étudiants : ce sont bien les enseignants qui font la différence. Il y a trop peu d'énarques et trop d'universitaires dans les IEP de province. Florence Chaltiel - qui enseigne le DPA aux AP - est responsable de la préparation aux concours de Grenoble. Très brillante, docteur et agrégée en droit public, exigeante avec ses étudiants, co-auteur du Verpeaux, mais universitaire quand même. Ne pas pouvoir aborder le concours de manière professionnelle (montrer sa motivation, son intérêt et sa connaissance des corps visés après l'ENA, parler d'un stage dans l'administration) est une des causes de l'échec à l'oral pour les autres. Beaucoup d'admissibles issus initialement de province (Bordeaux surtout) se cassent les dents à l'admission, faute de savoir ce qu'on attend d'eux.
Et puis il y a aussi un facteur psychologique je pense. 54 admis sur 60 en pratique issus de l'IEP de Paris, il y a de quoi décourager les plus motivés, voire les plus brillants. On ne risque pas de réussir à un concours, si on ne s'y présente pas !
(edit : fôte d'haurtograffe)
Last edited by Amy (21-06-2005 16:36:52)
"Si d'une discussion pouvait sortir la moindre vérité, on discuterait moins." (Mamis)