Topic: Ena et parcours universitaire

Bonjour,
N'étant nullement issue du sérail, j'ai du mal à me rendre compte dans quelle mesure le concours de l'ENA est accessible aux purs universitaires, d'où ma question : quelles sont à votre avis les chances d'une simple titulaire d'une maîtrise de philo et d'une maîtrise de droit public (obtenues à Paris I)? Je précise que l'idée est de se présenter au concours interne, en passant par la préparation réservée aux fonctionnaires.
En voyant les statistiques, évidemment, il y a un certain découragement, mais les candidats atypiques ont-ils tout de même leur chance? Je pense notamment à l'oral, où il semble qu'une certaine culture du milieu est indispensable, or il m'est impossible de l'acquérir par le simple travail...
Je pose cette question pour affiner mon projet, et ne pas forcément m'embarquer dans une impasse, alors que financièrement et professionnellement, les conséquences seront importantes.
Merci d'avance pour les éventuels conseils/remarques.

Re: Ena et parcours universitaire

Bonsoir,

Etes-vous déjà fonctionnaire ? Si tel est le cas, quel métier exercez-vous ?
Il faut que vous sachiez que le recrutement des futurs élèves de l'ENA tend à se démocratiser ; Sciences Po Paris et sa prep'ENA (je parle également pour les prep'ENA attenantes aux autres IEP) perd depuis quelques année sa situation quasi-monopolistique, au profit notamment de préparations davantage universitaires - je pense en particulier à la prep'ENA ENS-Paris 1. Vous qui fûtes (êtes encore, peut-être) de cette université, avez-vous envisagé cette possibilité ?
En tout état de cause, il ne faut pas vous arrêter à cette idée de l'énarque de réseau. S'il est entendu que la présentation d'un tel concours nécessite une solide culture générale, une haute technicité dans les matières juridiques ainsi qu'une bonne aisance orale, rien n'indique qu'il faille être soi-même du milieu pour intégrer. Vous avez donc vos chances comme tout un chacun, et cela doit fonder votre motivation.

J'attends vos réponses et tâcherai de vous renseigner plus précisément. J'ajoute toutefois n'avoir que de liminaires informations pour ce qui est du concours interne. Mais je suis persuadé que d'autres intervenants, plus avertis, seront à même de prendre le relai.

Cordialement.

Re: Ena et parcours universitaire

64 ScPo sur 82 admissibles cette année, je ne sais pas s'il faut parler de perte de position quasi-monopolistique là...

"Un gamin de 18 ans tutoie une mama en boubou, oubliant qu'on ne donne plus du camarade dans le coin depuis une paie."

Re: Ena et parcours universitaire

C'est question de référence, et cela ne m'étonne guère de trouver ici quelqu'un s'extasiant d'une situation que je juge problématique. Hélas, je parle davantage d'un mouvement que d'un état de fait ("tend", "depuis quelques années").
Je maintiens tout de même que les préparation dispensées en dehors des IEP constituent une alternative intéressante, l'ENA désirant diversifier le profil des élèves qu'elle recrute (c'est du moins ce qu'il ressort de ses derniers rapports).

Cependant, je serais intéressé d'avoir les statistiques d'admissibilité ; pouvez-vous m'indiquer où les consulter ?

Cordialement.

Re: Ena et parcours universitaire

Y'a pas, on sait juste que 64 ScPo sont admissibles, c'est tout  :whistling:

:imotion13:

"Un gamin de 18 ans tutoie une mama en boubou, oubliant qu'on ne donne plus du camarade dans le coin depuis une paie."

Re: Ena et parcours universitaire

Pour préciser un peu : fonctionnaire oui, dans ma 4e année, ce qui signifie que je serai en mesure de présenter le concours interne d'ici 2 ans. Enseigner la philosophie ne m'attirait que peu, sans compter que financièrement, je savais que l'agrégation serait plus lourde (difficile d'obtenir ce concours en un an seulement). Je suis donc instit. Pour autant, je ne voulais pas arrêter les études, et j'ai continué le droit en parallèle de mon travail. A ce stade, j'envisage donc de passer le "pré concours" ENA, qui permet à des fonctionnaires d'être détachés un an pour préparer le concours (alors que faire la préparation de Paris I, à laquelle j'avais songé, nécessiterait d'être en disponibilité, donc sans salaire pendant un an, ce qui n'est pas une possibilité). J'ai cependant observé que les internes issus du ministère de l'éducation nationale qui parviennent à être reçus sont généralement des agrégés justement, et pas simplement des instits...

Re: Ena et parcours universitaire

Bebop a écrit:

Pour préciser un peu : fonctionnaire oui, dans ma 4e année, ce qui signifie que je serai en mesure de présenter le concours interne d'ici 2 ans. Enseigner la philosophie ne m'attirait que peu, sans compter que financièrement, je savais que l'agrégation serait plus lourde (difficile d'obtenir ce concours en un an seulement). Je suis donc instit. Pour autant, je ne voulais pas arrêter les études, et j'ai continué le droit en parallèle de mon travail. A ce stade, j'envisage donc de passer le "pré concours" ENA, qui permet à des fonctionnaires d'être détachés un an pour préparer le concours (alors que faire la préparation de Paris I, à laquelle j'avais songé, nécessiterait d'être en disponibilité, donc sans salaire pendant un an, ce qui n'est pas une possibilité). J'ai cependant observé que les internes issus du ministère de l'éducation nationale qui parviennent à être reçus sont généralement des agrégés justement, et pas simplement des instits...


Je vais te donner mon avis, quand bien même je n'ai jamais ni préparé ni présenté l'ENA. Tu en fais ce que tu veux.

Je pense que ton problème principal dans ton projet ne porte pas sur les connaissances : ayant fait du droit et de la philo tu as déjà de bonnes bases. L'économie à Sciences Po comme à l'ENA étant une très vaste blague, une lecture approfondie du Bénassy-Quéré (Politiques Economiques) devrait te permettre de t'en sortir plus que largement.

Non, ton problème je pense se situe davantage du côté de ton "habitus compétitif" : lors du concours interne tu vas effectivement te retrouver en compétition avec des agrégés, dont la plupart sont normaliens ou alors des faqueux très bien rôdés à l'exercice d'un concours à la française (puisqu'ils ont eu l'agreg); tu peux aussi te retrouver en compétition avec d'anciens "pénarques" (:-)) qui ont préparé l'ENA en externe, ont échoué puis ont intégré la fonction publique différemment et repassent le concours 5 ans après. Alors certes un concours administratif ce n'est pas la même chose que l'agreg, mais tout de même, il y a des points communs.
Un normalien agrégé est une bête à concours formé depuis ses 18 ans à cet exercice très formel (l'agreg comme le concours d'entrée à l'ENS sont parmi les plus difficiles) et il a acquis des réflexes, dont j'ai pu remarquer que l'immense majorité des étudiants à la fac sont dépourvus. Ce n'est pas une question d'intelligence, mais d'entraînement et de formattage.

(Peut-être es-tu déjà passée par une prépa avant la fac, auquel cas ce que je dis ne s'applique pas)

Donc l'avantage d'une prépa type Paris I est qu'elle te formera à cet exercice formel, en sus des connaissances que tu vas acquérir (mais que tu aurais pu avoir par ailleurs, soit dit en passant).

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Re: Ena et parcours universitaire

Merci pour ces remarques, elles correspondent effectivement à la seconde face de mes interrogations (hors le problème "milieu social et culturel"). J'ai fait une hypokhâgne (sortant d'une terminale S, je voulais approfondir ma culture littéraire) mais je n'ai pas poursuivi en khâgne puisque je désirais m'orienter en droit. Donc même si j'étais dans un bon lycée parisien pour cette prépa, et que j'en ai tiré beaucoup de bénéfices, je n'ai pas eu le temps de devenir une "bête à concours"...

Re: Ena et parcours universitaire

RPC a écrit:

L'économie à Sciences Po comme à l'ENA étant une très vaste blague

https://books.google.fr/books?id=e36QuG … p;f=false:

Josef Schovanec a écrit:

les cours d’économie que je fréquentais [en Allemagne], avec des formules mathématiques très compliquées, des profs particulièrement spécialisés, étaient vraiment de l’économie poussée à très haut niveau. Tandis que, à Sciences Po, ce qui se faisait ne paraissait être que du baratin. Le décalage était tellement bluffant que j’ai dû me rendre à l’évidence, malgré mes réticences et mon obéissance à ce que l’on m’avait dit : en fait, à Sciences Po, en économie comme peut-être dans d’autres matières, ce pourrait bien être des charlots.

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