Topic: La montée des populismes dans le monde

Je prends ici le mot populisme dans son sens noble et large, à savoir en vrac (mais sans que tous ces critères doivent forcément être réunis à chaque fois) : le rejet des élites par les peuples, des centres par les périphéries (pour reprendre la distinction qu'opère Chantal Delsol, spécialiste du phénomène), du supranational par le national, du clivage droite-gauche, de la mondialisation au profit de l’enracinement, du hors sol et d'une culture globalisée au profit de retour aux sources et des traditions, de l'ouverture à celui du besoin de frontières etc. Populisme marqué également par le besoin d'un changement radical, quelle que soit la forme qu'il prenne. Je ne prends certainement pas le mot populisme dans son sens péjoratif, celui qui est vilipendé et qui sert d'insulte dans la bouche des partis "installés", qu'on appelle "partis de gouvernement", ceux-là même contre lesquels ce phénomène se construit.
Comme on en a parlé précédemment, on a décelé plusieurs signes : le non aux référendums de 2005, le Brexit, l'élection de Trump, celle de Dutertre qui peut s'y rattacher par certains aspects, les succès électoraux de Podemos, du Mouvement 5 Étoiles, de Ukip, du FN et j'en passe. En attendant la probable élection de Norbert Hofer en Autriche en décembre et la présence au second tour de Marine Le Pen à la présidentielle, voici deux autres signes qui peuvent s'y apparenter, en Bulgarie et en Moldavie :

Le Figaro - AFP a écrit:

Bulgarie: un pro-russe gagne la présidentielle

Roumen Radev, candidat prorusse soutenu par l'opposition socialiste, a remporté dimanche le second tour de l'élection présidentielle en Bulgarie avec 59,4% des voix contre 36.2% pour sa rivale Tsetska Tsatcheva, candidate du parti de centre droit GERB (au pouvoir), selon les résultats partiels officiels.

Près de la totalité des bureaux de vote (99,3%) ont été comptabilisés.

Le Premier ministre de centre droit Boïko Borissov, dont le gouvernement n'a pas de majorité parlementaire, a confirmé dimanche soir son intention de démissionner, décision qui risque de plonger le pays dans l'instabilité et de conduire vraisemblablement à des législatives anticipées au printemps.

"Dès que le parlement siégera, nous remettrons la démission du gouvernement", a annoncé Borissov à la presse.

Roumen Radev, ex-général de l'armée de l'air bulgare âgé de 53 ans, est novice en politique.

Son message anti-immigration et favorable à l'abandon des sanctions européennes contre Moscou, a rencontré un écho inattendu parmi les Bulgares à l'heure où l'Union européenne doit composer avec le Brexit et la montée des partis nationalistes.

Roumen Radev, surnommé par certains le "général rouge", a bénéficié du mécontentement suscité par le gouvernement de centre-droit de Boïko Borissov dont les efforts en matière de lutte anti-corruption et dans la réforme du secteur public auront été jugés trop lents.

Pour autant, Radev, qui parle couramment anglais, allemand et russe, a promis de maintenir son pays à la fois dans l'UE et dans l'Otan.

"La principale conclusion, c'est que l'espoir et le désir de changement l'ont emporté sur la peur, que Borissov et le GERB ont tenté de propager", a estimé Jelio Boïtchev, haut responsable du Parti socialiste.

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/ … tielle.php

Le Figaro - Reuters a écrit:

Moldavie: le nouveau président veut chasser le gouvernement pro-européen

Le candidat pro-russe Igor Dodon, vainqueur de l'élection présidentielle en Moldavie, a annoncé aujourd'hui sur une chaîne de télévision russe qu'il allait proposer des élections législatives anticipées l'an prochain.

Dans un entretien par téléphone à la chaîne Rossiya 24, Dodon a expliqué que cette initiative visait à se débarrasser de l'actuel gouvernement pro-européen afin que lui et ses alliés puissent mettre en oeuvre leurs projets.

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/ … ropeen.php

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

Re: La montée des populismes dans le monde

Le prochain sur la liste :

Le Point a écrit:

Italie : un référendum aussi dangereux que le Brexit
La perspective d'un échec de Matteo Renzi au scrutin du 4 décembre inquiète les marchés. Ils redoutent l'arrivée du Mouvement 5 étoiles hostile à Bruxelles.

Matteo Renzi ayant clarifié qu’il n’entendait pas rester à son poste en cas de défaite, le scrutin du 4 décembre s'est transformé en un vote de confiance envers le chef du gouvernement.

L'Italie a la fièvre. Thermomètre de la confiance de la communauté financière internationale, le spread, le différentiel entre le taux d'intérêt des obligations d'état allemandes et italiennes, est passé de 115 points en août 2016 à plus de 180 points au cours des derniers jours. Certes, la péninsule est encore loin des 574 points atteints en décembre 2011 lors de la longue agonie du gouvernement de Silvio Berlusconi, et les experts situent à 200 points le seuil au-delà duquel le rhume se transforme en grippe carabinée. Mais le signal envoyé par les marchés est clair : le référendum constitutionnel du 4 décembre prochain qui propose de réformer le Sénat et de simplifier le processus législatif les inquiète.

Les investisseurs internationaux ne sont pour autant pas devenus des exégètes de la Constitution italienne. C'est la lecture politique d'une possible victoire du « non » qui a retenti comme une alarme dans les salles de marché : Matteo Renzi ayant clarifié qu'il n'entendait pas rester à son poste en cas de défaite, ce scrutin s'est transformé en un vote de confiance envers le chef du gouvernement. Si le « non » l'emporte, la péninsule replongerait alors dans l'instabilité politique, elle qui a déjà connu 67 gouvernements en 70 ans… Or le chaos politique ferait du Mouvement 5 étoiles (M5S) le favori des prochaines élections. Et la première initiative d'un gouvernement M5S serait d'induire… un référendum sur la permanence de la péninsule dans la zone euro...

Tous les ingrédients d'une tempête économique

Si ce scénario relève encore de la fiction, le référendum du 4 décembre constitue finalement un pari politique risqué dans un cadre économique déjà peu rassurant. Depuis le début du XIXe siècle, la croissance italienne est la moitié de la croissance moyenne en Europe. La compétitivité des entreprises italiennes a augmenté de 5 % quand elle a augmenté de 40 % aux États-Unis, de 30 % en France et en Grande-Bretagne, de 15 % en Espagne et au Portugal. En outre, 40 % des créances douteuses de toute la zone euro sont détenues par des banques italiennes.

Pour les deux bibles de l'establishment financier mondial, le Financial Times et le Wall Street Journal, la tempête parfaite qui menace la péninsule risque de gagner tout le continent. « Le 5 décembre au matin, l'Europe risque de se réveiller avec la menace de se désintégrer à court terme », écrit le Financial Times. Pour le Wall Street Journal, « une victoire du non influencerait le climat politique pour 2017 [année d'élection en France et en Allemagne, NDLR] sur tout le continent européen. Le scrutin italien est plus important que le Brexit. »

Sauver le soldat Renzi

Les grandes institutions font donc ce qui est en leur pouvoir pour sauver le soldat Renzi de ce mauvais pas. Barack Obama et Angela Merkel ont soutenu les réformes engagées par le gouvernement transalpin. La Commission européenne a renvoyé à l'après-scrutin son jugement, qui ne pourra qu'être sévère, sur le projet de budget italien 2017. La banque d'Italie a abandonné son devoir de réserve pour affirmer la nécessité de réformer le bicaméralisme parfait, comme le propose le référendum. La confindustria, le syndicat patronal, met en garde contre une chute du PIB de 1,7 % en cas de victoire du non.

Des efforts qui risquent de se révéler contre-productifs. Alors qu'il avait été élu pour « envoyer à la casse la vieille politique », Matteo Renzi apparaît désormais comme le représentant de la grande finance, des institutions et des élites. Une étiquette lourde à porter quand souffle le vent du populisme.

http://www.lepoint.fr/europe/italie-un- … 3_2626.php

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
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Re: La montée des populismes dans le monde

La démocratie, c'est bien quand le peuple pense correctement (c'est-à-dire comme les politiques et les médias). Autrement, c'est mal. Dans ce dernier cas, supprimons donc les élections et les référendums. Pour faire tomber la fièvre, rien de plus efficace que de casser le thermomètre.

http://www.huffingtonpost.fr/2016/12/03 … et-le-vot/

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
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Re: La montée des populismes dans le monde

L'Italie a apparemment voté massivement contre le projet de réforme constitutionnelle de Matteo Renzi (qui vient de démissionner).

Vous pensez quoi de cette analyse :

http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2016/1 … uro-12.php

On en est là ?

Last edited by Arken (05-12-2016 00:50:34)

Re: La montée des populismes dans le monde

Et hop ! Un de moins dans le jeu de quilles. Au suivant.

https://scontent-cdg2-1.xx.fbcdn.net/t31.0-8/15304347_10211152655394506_4100205603454697208_o.jpg

Pour Sapir, ce n'est pas la première fois qu'il annonce la fin de l'euro. Elle pourrait peut-être être envisageable (encore que...) si Grillo accède au pouvoir mais j'en doute.

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
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Re: La montée des populismes dans le monde

Le Figaro a écrit:

Législatives aux Pays-Bas : un test en pleine vague populiste

Geert Wilders, leader de l'extrême droite néerlandaise et Mark Rutte, premier ministre de droite. Les deux hommes sont les principaux adversaires de ces législatives.

FOCUS - Près de 13 millions de Néerlandais se rendent aux urnes ce mercredi pour désigner leurs députés.

Les Pays-Bas inaugurent une série de votes cruciaux en Europe. Les Néerlandais doivent désigner mercredi 15 mars leurs nouveaux députés. Français et Allemands suivront quelques mois plus tard. Les élections bataves font donc figure de test en cette période marquée par le populisme, après le Brexit et l'élection de Donald Trump. D'autant que les thèmes portés par le candidat d'extrême droite, Geert Wilders, tels que le rejet de l'islam, de l'immigration ou sortie de l'Union européenne, ont occupé une bonne part du débat électoral.

• Un système proportionnel particulier

Les 150 députés néerlandais sont élus tous les 4 ans, à la proportionnelle. Cette élection comporte plusieurs particularités:

- Il n'y a qu'une seule circonscription: le pays. Les députés sont donc élus au niveau national.

- Le seuil théorique pour obtenir un siège est extrêmement bas: un score de 0,67% est théoriquement suffisant pour être représenté à l'Assemblée ce qui ouvre la porte à de nombreux partis.

- Malgré la proportionnelle, les électeurs choisissent pour quel député ils votent. Chaque parti propose une liste de candidats. En général, le leader du parti figure en première position de la liste. La dernière place est souvent occupée par une personnalité qui souhaite apporter symboliquement son soutien à la liste. Pour voter, les électeurs doivent prendre le bulletin de vote correspondant au parti qu'ils ont choisi. Ils doivent ensuite cocher le nom du député auquel ils souhaitent apporter leur voix. Les députés sont ensuite choisis en fonction du résultat du parti et de la place du candidat sur la liste. Cependant, si un candidat situé bas dans la liste remporte un certain nombre de suffrages populaires, l'ordre peut être chamboulé et la personne concernée peut remporter un siège au détriment d'une autre mieux placée.

• Un duel annoncé

Vingt-huit formations politiques sont en lice. Selon les dernières tendances, seule une douzaine pourraient obtenir des sièges. Mais le match principal se joue entre le leader d'extrême droite, Geert Wilders (PVV), et le premier ministre libéral, Mark Rutte (VVD). Les sondages donnent une légère avance à ce dernier, qui brigue un troisième mandat et se présente comme la seule alternative crédible à Wilders. Un résultat obtenu suite à une forte droitisation de sa campagne au cours des dernières semaines. Un chemin qu'il n'est pas le seul à avoir emprunté puisque nombre de partis se sont positionnés sur la question des «valeurs néerlandaises». La gauche, quant à elle, est en chute libre.

Les petits partis, loin d'être insignifiants, grignotent, élection après élection, les scores des plus grands. Il y a trente ans, les trois plus grandes formations se partageaient 80% des voix. Aujourd'hui elles ne regroupent plus que 40% des électeurs. La conséquence de ce morcellement de l'électorat, c'est qu'il devient bien plus compliqué de former une coalition.

• Une coalition indispensable

Une fois élus, les 150 députés se réuniront le 23 mars. Leur premier acte: désigner un «informateur» dont la mission est de sonder les partis et leurs leaders dans le but de former une future coalition. Cette dernière est absolument nécessaire car aucun parti n'est en mesure d'emporter la majorité absolue, fixée à 76 députés. Une fois la coalition potentielle dessinée, l'informateur désigne un «formateur», généralement le leader du parti ayant récolté le plus de suffrages. Au total, ces négociations peuvent durer des semaines, voire des mois, avant la nomination effective d'un gouvernement.

• L'hypothèse Geert Wilders

Geert Wilders vient de la droite traditionnelle, du VVD, parti de l'actuel premier ministre, principal adversaire de l'homme à la tignasse peroxydée. Il a fondé son Parti pour la liberté (PVV) en 2006, récupérant les graines semées par Pym Fortuyn, homme politique atypique assassiné quelques années plus tôt. Il réalise depuis régulièrement des scores entre 10 et 15%. Le PVV n'est pas une formation traditionnelle. Wilders en est l'unique membre, écartant ainsi tout risque de contestation interne.

Pour ces élections législatives, le leader de l'extrême droite batave a longtemps fait la course en tête dans les sondages. Il a réussi à placer ses thèmes de campagne au centre du débat politique, promettant notamment d'interdire la vente du Coran, de fermer les mosquées, de sortir de l'Union européenne ou de fermer les frontières. Si Wilders a perdu la première place dans les sondages au profit du premier ministre Mark Rutte, il pourrait bien réaliser cette année un score record. Pour le moment, le meilleur score du PVV à des élections législatives a été de 15,5% en 2010. En 2009, il a réalisé 17,29% aux européennes. Il est cependant très improbable qu'il accède au poste de premier ministre : de nombreux partis ont déjà annoncé qu'ils refuseraient de gouvernement avec lui.

Deux options probables s'ouvrent donc pour l'avenir:

- Le PPV pourrait, comme en 2010, soutenir un gouvernement sans y participer.

- Le PPV, bien que polarisant une partie importante de l'électorat, pourrait être cantonné au rôle d'opposition contestataire, à l'image du Front national en France.

http://www.lefigaro.fr/international/20 … uliste.php

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)