251

Re: Le fil des perspectives économiques

Le pouvoir d'achat est en baisse aussi, ça manquait dans ta liste.

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

Re: Le fil des perspectives économiques

Oui, grâce à la modération salariale dans le privé ET dans le public. Ce qu'ont fait les allemands depuis les réformes schroeder, en plus violent.

Last edited by OneAgain (24-12-2013 11:57:51)

253

Re: Le fil des perspectives économiques

C'est une bonne chose. Si les pauvres crèvent, il y en aura moins.

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016

254

Re: Le fil des perspectives économiques

D'autant plus que si le pouvoir d'achat baisse, c'est avant tout à cause de la hausse des prix de consommation; vient ensuite le ralentissement de la masse salariale du fait de l'inflexion des salaires : http://www.insee.fr/fr/themes/info-rapi … e=20131224

Comme je le disais plus haut, le déblocage de l'épargne salariale, par exemple, n'a eu aucun effet sur la consommation (ou très peu) car les dépenses décélèrent, cf. le lien de l'Insee.

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
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Re: Le fil des perspectives économiques

hausse des prix ? L'inflation n'a jamais été aussi basse !

256

Re: Le fil des perspectives économiques

Tu aimes décidément te faire contredire, cher OneAgain :

Insee a écrit:

Les prix de consommation des ménages accélèrent en outre ce trimestre (+0,2 % après –0,1 % au deuxième trimestre), si bien qu’en termes de pouvoir d'achat, le revenu des ménages baisse légèrement (–0,1 %, après +0,5 %)

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
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Re: Le fil des perspectives économiques

"0,2% après -0,1% au premier trimestre" c'est effectivement extrêmement bas !

258

Re: Le fil des perspectives économiques

Tiens, au fait, comme tu aimes les chiffres en baisse, en voici d'autres que tu aurais pu inclure dans ta liste : http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2013/1 … s-1985.php

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
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259

Re: Le fil des perspectives économiques

Avec les taux d'intérêt toujours aux plus bas historiques, la baisse de l'euro, la baisse des prix du pétrole, les premiers effets des réformes de ce quinquennat, et l'établissement encore embryonnaire d'un véritable policy mix européen, il y a un alignement des planètes qui laisse à penser que 2015 pourrait être l'année d'un vrai rebond économique.

Hors les risques géopolitiques, le gros nuage est du côté de la faible inflation et du ralentissement allemand ainsi que de l'atonie Française, rendant déterminantes les actions de la BCE d'un côté et de la Commission de l'autre pour enfin relancer par la monnaie et par les investissements cette économie européenne qui s'est mis jusque là tant de bâtons dans ses propres roues.

Le dernier point d'ombre réside tout entier dans le manque de financement des entreprises en Europe, que ce soit pour les capitaux propres, car tant en valeur qu'en volume, le capital-investissement européen est nettement inférieur à celui des Etats-Unis, ou pour les crédits, et là c'est la propension du système bancaire européen à accroître les crédits aux PME qui est insuffisante, pour tout un tas de raisons structurelles (réglementaires, tenant aux process internes des banques ou psychologiques dans la rétivité à prêter, relativement aux banques américaines, beaucoup plus offensives) qu'il serait bon de contrer dans les années à venir car l'efficacité de la transmission de la politique monétaire dans l'économie en dépend.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

260

Re: Le fil des perspectives économiques

Greg a écrit:

Avec les taux d'intérêt toujours aux plus bas historiques, la baisse de l'euro, la baisse des prix du pétrole, les premiers effets des réformes de ce quinquennat, et l'établissement encore embryonnaire d'un véritable policy mix européen, il y a un alignement des planètes qui laisse à penser que 2015 pourrait être l'année d'un vrai rebond économique.

Fais-moi penser à ressortir cette phrase le 1er janvier 2016.

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
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261

Re: Le fil des perspectives économiques

Mais je n'espère que ça.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

262

Re: Le fil des perspectives économiques

Espérons surtout que ça ne dépende pas littéralement de l'alignement des planètes.

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016

Re: Le fil des perspectives économiques

Toujours un plaisir de passer ici lire les petites piques de FDL (j'espère que tu continueras encore longtemps d'ailleurs !). Mais je suis surpris de ne rien lire sur un sujet aussi important que la numérisation de l'économie et ses conséquences : modification de la chaîne de valeur et appropriation de la relation client par les GAFA & Co qui se placent en intermédiaires entre les industries (musique, taxi, hotellerie, industrie auto, finance, assurance, etc.) et leurs clients. Si RPC passe toujours dans le coin :-)

Quand on post on raconte pas sa vie.

264

Re: Le fil des perspectives économiques

l'énarque Nicolas Colin a écrit un superbe livre sur ce sujet avec Henri Verdier (monsieur données publiques de l'Etat) : L'âge de la multitude

Tu l'as sûrement lu.

265

Re: Le fil des perspectives économiques

Mais oui, accueillons les clandestins, comme le dit Cosse de petit pois, embauchons-les pour pouvoir les payer au lance-pierres et crachons sur les 6 millions de chômeurs que compte déjà la France.
La réaction de l'avocate en droit du travail est éloquente.
"J'aime l'entreprise."

http://tempsreel.nouvelobs.com/economie … medef.html

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

Re: Le fil des perspectives économiques

FDL a écrit:

Mais oui, accueillons les clandestins, comme le dit Cosse de petit pois, embauchons-les pour pouvoir les payer au lance-pierres et crachons sur les 6 millions de chômeurs que compte déjà la France.
La réaction de l'avocate en droit du travail est éloquente.
"J'aime l'entreprise."

http://tempsreel.nouvelobs.com/economie … medef.html

Si on suit ce raisonnement la baisse du temps de travail peut permettre de juguler le chômage. C'est assez facile de rendre les réfugiés responsables de nos malheurs.

It ain’t what you don’t know that gets you into trouble. It’s what you know for sure that just ain’t so.

"Un terroriste ne mérite pas de mourir. Il mérite de vivre l'enfer. A perpétuité. Et seule la déchéance de la nationalité le permet." Greg

267

Re: Le fil des perspectives économiques

Je n'ai pas dit qu'ils étaient responsables de nos malheurs mais que nos malheurs actuels ne nous permettent pas de tous les accueillir.

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
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Re: Le fil des perspectives économiques

bisous aux USA, à l'Australie et au Royaume-Uni qui foutent le bordel en Irak et qui n'en assument pas les conséquences...

269

Re: Le fil des perspectives économiques

Surtout pour les réfugiés Libyens.

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016

Re: Le fil des perspectives économiques

FDL a écrit:

Mais oui, accueillons les clandestins, comme le dit Cosse de petit pois, embauchons-les pour pouvoir les payer au lance-pierres et crachons sur les 6 millions de chômeurs que compte déjà la France.

Pour info toutes les études montrent que les migrants CREENT de la richesse et donc font baisser le chômage.

Et les pays qui accueillent le plus de réfugiés ne sont pas l'Europe ou les USA mais... des pays pauvres, le Kenya et l'Iran: http://www.liberation.fr/politiques/201 … ile_976391

Evidemment il est facile de diviser pour régner en opposant entre eux deux catégories de précaires (les chômeurs et les migrants).

Last edited by antifaf (31-08-2015 02:51:48)

Première, deuxième, dixième génération!
on est tous des enfants d'immigrés!
toutes et tous descendants de réfugiés!

j'emmerde, j'emmerde j'emmerde le fhaine!

271

Re: Le fil des perspectives économiques

antifaf a écrit:
FDL a écrit:

Mais oui, accueillons les clandestins, comme le dit Cosse de petit pois, embauchons-les pour pouvoir les payer au lance-pierres et crachons sur les 6 millions de chômeurs que compte déjà la France.

Pour info toutes les études montrent que les migrants CREENT de la richesse et donc font baisser le chômage.

Et les pays qui accueillent le plus de réfugiés ne sont pas l'Europe ou les USA mais... des pays pauvres, le Kenya et l'Iran: http://www.liberation.fr/politiques/201 … ile_976391

Evidemment il est facile de diviser pour régner en opposant entre eux deux catégories de précaires (les chômeurs et les migrants).

L'Iran, pays pauvre lol. Il était le 18ème pays le plus riche du monde en 2009, crétin.
Quant aux vrais pays pauvres, pourquoi accueillent-ils les réfugiés, à ton avis ? Réfléchis un peu et si tu ne trouves pas, je te donnerai la réponse. Elle est toute simple.

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

Re: Le fil des perspectives économiques

les robots détruisent des emplois.

Il n'y a donc pas forcément un besoin de main d'oeuvre...

(ça ne justifie pas de fermer les frontières).

Re: Le fil des perspectives économiques

Cendrier bancal a écrit:

'Oui c'est un malheur', 'on ne peut pas théoriser un modèle alternatif', 'il n'existe aucune contestation révolutionnaire réaliste', etc.
Je suis attristé par cet abandon de penser et de mener la bataille intellectuelle, pourtant o combien nécessaire. Quand bien même je ne partage pas toutes les valeurs et les idées de la gauche, je souhaite vraiment qu'ils fassent le boulot et apportent une vraie alternative politique, économique et sociale à ce qui est mené actuellement en Europe.

Je ne t'attaque pas personnellement car tu n'as pas de responsabilité publique et ce n'est pas ton rôle de le faire mais finalement cet abandon et ce défaitisme se retrouvent parfaitement chez les grands leaders de la gauche en Europe et ses penseurs (ou du moins ceux que je connais, je ne prétends pas avoir tout lu).
Il faut travailler davantage, se renseigner, réfléchir; débattre et écrire des bouquins. La gauche telle que je la vois et je la lis (à l'exception d'Onfray peut être) est fondamentalement feignante, elle s'enferme dans des postures idéologiques faciles et des discours insupportables de niaiserie (sans vouloir faire d'attaques personnelles déplacées, il suffit de lire quelques interventions de certains forumeurs ici avec lesquels FDL débat pour s'en rendre compte -- sans méchanceté de ma part).

Même si les thématiques qui préoccupent actuellement les représentants d'une certaine gauche ont leur importance propre (l'égalité homme-femme, le choix des programmes à l'école, le mariage pour tous, les migrants; etc.) il me semble indispensable que ces gens-là reviennent aux fondamentaux des grandes questions économiques, d'inégalités de richesse, de détention de patrimoine, de politique monétaire et du crédit, du contrôle du système bancaire, de la politique européenne etc. Finalement, ce sont les idiots utiles du capitalisme financier.  On l'a bien vu avec Tsipras qui met en place les pire politiques d'austérité en Europe, bien pires que celles qui prévalaient avant son arrivée au pouvoir ! Et si demain Mélenchon ou MLP arrivent au pouvoir, il se passera exactement la même chose. Avec des amis comme cela, le peuple n'a plus besoin d'ennemis.
Croire - comme tu le dis - qu'on ne peut pas penser une alternative au capitalisme financier tel qu'il est institué en Europe et aux US est une erreur dangereuse.


l'économiste français Guillaume Duval a une pensée économique assez hétérodoxe

Il a fait récemment une série de 4 petites émissions sur France Culture
http://www.franceculture.fr/personne-gu … duval.html



Daniel Cohen, sans être hétérodoxe a une pensée économique favorables à l'indemnisation et à la formation des chômeurs.


"Il faut retirer cette folie du chômage, dire aux gens que s'ils perdent leur emploi ils ne seront pas seuls."

"On dit : il faut à tout prix réduire le chômage. Ça, c'est rajouter une couche d'insécurité à un monde déjà anxiogène."

L’avenir sera de moins en moins dans le salariat, plus en autonomie, avec plus de fragilité face aux aléas, alors mieux vaut avoir un bon filet de sécurité, organisé et généreux, pour pouvoir se former rapidement dans des métiers encore viables ou futurs.


----- il dit que l'ère de la croissance forte est finie -----

"Pour les pays émergents, les Trente Glorieuses, c'est maintenant !"

"On sait qu'on ne peut pas multiplier par 10 la consommation par habitant des pays riches."

"Le fait le plus troublant de la société actuelle, c'est que c'est la classe moyenne qui subit le changement numérique."

"La moindre des choses que nos gouvernements doivent aux citoyens, c'est d'éviter le yo-yo de la croissance."

"Nous vivons une révolution industrielle absolument inouïe, mais la croissance ne cesse de décliner."


----- il a parlé du progrès technique/technologique -----

"L'idée de progrès a été dépréciée par rapport à l'idée des Lumières, en une idée de progrès matériel."
(Au siècle des Lumières le progrès s'est davantage manifesté par une invitation au progrès moral, vers plus de liberté. Ensuite avec les 2 révolutions industrielles, il s'est manifesté par du progrès matériel).


"La créativité a remplacé l'autorité comme principe productif... or tout le monde ne peut pas être créatif sur un claquement de doigts. L'impératif 'sois créatif ou meurs' ne marche pas."

"Le progrès devient une menace : est-ce que je vais être informatisé ?"

http://www.franceinter.fr/emission-le-7 … ent-inouie

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Dans cette émission radio, Daniel Cohen dit que :

- stresser ses employés est contre-productif économiquement.

Contrairement aux théoriex du PDG de General Electric (Welsh) qui voulait virer chaque année 10% de ses salariés les moins performants.

Concernant la productivité intellectuelle, d'après cette loi empirique : Loi_de_Yerkes_et_Dodson elle varierait en fonction du niveau d’éveil mais trop d’éveil (et de stress?) dégrade les performances mentales à cause de l'anxiété (Courbe en U inversé), mais pas pour des tâches "simples" ou automatiques apparemment. Il faut bien gérer ses tâches aussi, comme essayer de faire les compliquées ou importantes tôt le matin, quand on a le plus d'énergie. Pour les choses répétitives, les faires en début d'après-midi à la digestion ... Le site lifehacker.com donne parfois de bonnes astuces de vie ou de productivité pro. ou perso.


- flexi-sécurité danoise : il faudrait que l'assurance chômage ressemble au régime des intermittents du spectacle même si celui est en déficit.
Comme au Danemark il dit que la première année de chômage les chômeurs
pourraient chercher le même emploi mais que si on est au chômage +
d'un an une formation devrait être payée au chômeur pour qu'il se
reconvertisse.
(+ on cotise + on a des droits et bcp d'indemnisation).

----- Daniel Cohen dans "l'Esprit public" sur France Culture avec Philippe Meyer et Bourlanges -----

http://www.franceculture.fr/emission-l- … 2015-07-26


Présentation de l'émission :

La stagnation séculaire avec Daniel Cohen

"Daniel Cohen, vous êtes professeur à l’Ecole normale supérieure et
vice-président de l’Ecole d’Economie de Paris, que vous avez contribué
à fonder. En plus de vos activités universitaires, vous avez mené une
activité de conseil auprès du Premier ministre au sein du Conseil
d’Analyse Economique ainsi qu’auprès de différents Etats pour la
restructuration de leurs dettes souveraines. Vous avez également écrit
plusieurs ouvrages, dont le dernier, Homo economicus, a reçu le prix
du livre d’économie de l’année 2012. Vous y développez notamment le «
paradoxe d'Easterlin », selon lequel passé un certain niveau de
développement, une hausse de la richesse ne se traduit pas par une
amélioration du bien-être des individus.

Avec vous, nous allons nous intéresser à la question de la croissance
économique, et de ses perspectives  pour l’avenir.

Plusieurs économistes américains, dont Robert Gordon, Larry Summers ou
encore James Galbraith, ont récemment publié articles et travaux sur
une éventuelle « stagnation séculaire ». Selon eux, la période de
croissance que nous connaissons depuis la révolution industrielle
serait une exception historique, une parenthèse enchantée.

Selon l’économiste Barry Eichengreen, quatre facteurs principaux
condamneraient nos économies à une anémie de long terme. En premier
lieu, le développement des pays émergents s’accompagne d’un
accroissement de l’épargne supérieur à celui de la consommation. A
cela s’ajoute un faible appétit pour l’investissement, handicapant une
croissance future, ainsi qu’un ralentissement général de la croissance
de la population mondiale. La dernière hypothèse, énoncée par le
professeur Robert Gordon, serait liée à l’impact de plus en plus
faible de l’innovation sur la croissance. La révolution numérique
aurait en effet moins d’influence sur les facteurs de production que
la machine à vapeur ou l’électricité n’en ont eue en leur temps.

Ces hypothèses de croissance quasi-nulles nécessitent pour beaucoup
une adaptation des économies développées, dont les modèles sociaux
s’appuient sur l’anticipation de la croissance future. Dans leur
ouvrage Croissance zéro, comment éviter le chaos ?, Marie-Paule Virard
et Patrick Artus estiment que la hausse du PIB français ne croîtra pas
de plus de 0.5% par an pendant la prochaine décennie. Si ces auteurs
proposent des mesures sociales-libérales d’urgence, comme la baisse du
SMIC ou le retard de l’âge de la retraite, d’autres regardent ailleurs
et voient dans l’atonie économique une occasion de modifier nos
comportements et de rompre avec le consumérisme.. De plus en plus de
voix s’élèvent en effet pour dénoncer le coût écologique de la
croissance et prônent un modèle économique moins productif et plus
respectueux de l’environnement.

Daniel Cohen, selon vous, la recherche de la croissance est-elle une
quête d’un autre temps ? Devons- nous nous adapter à un monde de
décroissance ou de stagnation en modifiant nos comportements
économiques ? Dans les pays du Nord aux modèles sociaux développés,
faut-il réduire les dépenses publiques afin de favoriser l’innovation
privée et la croissance future au risque d’un accroissement des
inégalités, ou au contraire faut-il les maintenir ou les augmenter
afin d’assurer une protection sociale solidaire ? Nos modèles sociaux
eux-mêmes sont-ils durables dans une situation de hausse quasi-nulle
du produit intérieur brut ? Le PIB, utilisé pour la première fois en
1934, peut-il voir son hégémonie d’indicateur économique de référence
remise en question par une stagnation séculaire ?


quelques notes prises pendant l'interview :

"l'Etat providence doit aider les gens à faire des transitions entre leurs emplois au cours de leur carrière"

"modèle scandinave: le syndicalisme est très puissant en Suède| Il y a des complémentarités à trouver entre travail, salariat et Etat"

travail : "le salariat explose (disparait) : Uber, auto-entrepreneurs. Ce n'est pas la mondialisation ni l'Europe, c'est la loi de Moore"

"les métiers qui existeront toujours: les médecins, les infirmières, les auxiliaires de vie, les profs de TD (pas les "lecturers" qui seront remplacés par des vidéos)"

"la révolut° numérique fait du "cost-cutting": je n'achète 1 voiture, je loue des autolib et l'argent économisé est dépensé en resto"

"la France devrait adopter le modèle danois de chômage très bien indemnisé"

"on devrait payer aux chomeurs des formations"

les retraites par répartition sont une pyramide de Ponzi "elles devraient être indexées sur la (non)-croissance"

"le XXe siècle c'est la complémentarité travail+capital
Au XXIe siècle le robot & le logiciel remplacent la machine"

"les avions ne vont pas vite qu'il y a 40 ans mais ils consomment moins, polluent moins et font moins de bruit"

la révolution numérique substitue le travail des humains par le travail des logiciels et des robots (substituabilité) -> stagnation

la révolution électrique du XXe a donné aux travailleurs des campagnes des moyens de mécaniser leur travail (complémentarité)

"êtes vous prêt à sacrifier l'air conditionné & les antibiotiques pour garder votre smartphone ?"


----- dans cette émission Daniel Cohen dit qu'il faut une politique éco contra-cyclique contrairement à la poliitque pro-cyclique actuelle ------

http://www.franceculture.fr/emission-di … 2015-09-06


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Tu en penses quoi Cendrier ?

Last edited by Free French (23-09-2015 01:49:09)

Re: Le fil des perspectives économiques

Pour cendrier bancal :

Jean Tirole a écrit:

«La concurrence peut servir la gauche»

Pour le prix Nobel français Jean Tirole et l'économiste Etienne Wasmer, pour sauvegarder le modèle social français, le système éducatif, le système de santé publique, la gauche doit remettre en cause une vision simpliste des mécanismes économiques.

Après Thomas Piketty, lundi, Jean Tirole, Prix Nobel d’économie, et Etienne Wasmer, professeur à Sciences-Po, proposent, à une gauche qui semble paralysée en attendant que la croissance advienne et que le chômage baisse enfin, une autre vision d’une politique économique. Les derniers chiffres montrent que l’inversion de la tendance n’est pas pour demain : 3,536 millions de chômeurs en avril, + 0,7 % sur un mois, + 5,1 % sur un an. L’OCDE évoque 2015… Pourtant, tous les paramètres semblent au vert : un euro au plus bas, un pétrole autour de 60 dollars et des taux d’intérêt historiquement bas. Résultat : une croissance de 0,6 % au premier semestre.

Nous avons donc demandé à plusieurs économistes qui se revendiquent à gauche quels seraient les outils propres à réduire le chômage et les inégalités. Tous, dont Jean Tirole et Etienne Wasmer ce mardi, Christophe Ramaux mercredi, Karine Berger, devenue députée, Anne-Laure Delatte ou Brigitte Dormont et Alain Trannoy, passent en revue les outils dont dispose un gouvernement de gauche, alors que la politique de l’offre, le soutien aux entreprises, avec le CICE, le Pacte de responsabilité et les lois Macron semblent sans effet.



Etre progressiste au XXIe siècle, c’est partager un socle de valeurs et d’objectifs redistributifs. Si l’effort et l’initiative, créateurs de richesse collective, doivent être encouragés et récompensés, le manque d’opportunités, les discriminations, les conséquences des ajustements économiques, les mauvaises régulations pénalisent souvent les individus les plus fragiles et doivent être combattus, et la solidarité doit opérer : ceux touchés par la malchance doivent être aidés par la société. Malheureusement, par méconnaissance ou par réflexe, les discours publics semblent parfois accorder plus d’importance à la présence des différents «marqueurs» d’une politique progressiste qu’à sa capacité réelle à atteindre ses objectifs fondamentaux.

Or, et c’est essentiel, de nombreuses politiques «redistributives» se retournent contre les bénéficiaires ciblés. Ou parfois, elles n’ont qu’un impact minime sur ces derniers et coûtent très cher à la société, menaçant à terme le système social auquel nous sommes attachés. En ce sens, l’idéal progressiste conduit à battre en brèche nombre d’idées reçues, thème que nous voudrions illustrer ici.

Première idée reçue : la concurrence desservirait l’idéal progressiste. A titre d’exemple, prenons le secteur des taxis dans les grandes agglomérations. Ceux-ci se sont opposés pendant des décennies à toute évolution de leur statut, protégeant la valeur de leur licence (certes souvent chèrement acquise lorsqu’elle est de deuxième main) et bloquant, quand il le fallait, les rues et les autoroutes pour dissuader toute velléité de réforme. Le monopole de fait de l’exercice du métier a conduit à un service globalement insatisfaisant, avec des tarifs très élevés et peu de taxis aux heures de pointe. Lorsqu’Uber est arrivé en France, le marché a profondément évolué en quelques mois : des jeunes chauffeurs, très souvent issus de l’immigration, très attentifs à la qualité de service, dont le trajet et la tarification sont traçables par l’usager et les pouvoirs publics, ont suscité une demande nouvelle et poussé les taxis traditionnels à s’adapter. Un service de meilleure qualité qui s’ouvre du côté de la demande aux classes moyennes et du côté de l’emploi aux jeunes issus de l’immigration, voilà une politique progressiste, qui, premier paradoxe, passe par une concurrence accrue.

Dans le domaine du logement, une politique visant à protéger les locataires en situation d’impayés est en apparence une politique généreuse. Mais les propriétaires-bailleurs, inquiets des impayés, sélectionneront sévèrement leurs locataires et écarteront les personnes en CDD et les jeunes en l’absence de riches garants. De même, s’il est entièrement légitime de protéger les locataires contre des hausses abusives de loyers en cours de bail, une politique de contrôle des loyers entre deux baux distincts finit toujours par produire un parc de logements pénurique et de pauvre qualité, qui touchera en premier lieu les plus fragiles économiquement. Des politiques de logement en apparence progressistes peuvent aisément se retourner contre les plus fragiles socialement. Deuxième paradoxe.

Dans le domaine du logement toujours, les aides au logement sont de facto le premier outil redistributif en France. Leur montant atteignait 17 milliards en 2013, nettement plus que le RSA et la PPE cumulés. Or, ces aides ont contribué à l’inflation des loyers, l’offre locative n’ayant pas suivi parce qu’on protège la rente foncière et limite les constructions en hauteur dans les grandes villes, là où elles seraient possibles. C’est une bonne nouvelle pour les propriétaires dont les revenus progressent grâce aux aides, mais ce n’est bien sûr pas le public visé par la politique. Les aides au logement, puissant outil réputé de gauche, ne profitent que peu à leurs destinataires et impliquent un coût élevé pour les dépenses publiques, au détriment d’autres usages des fonds publics. Troisième paradoxe.

En matière de marché du travail, une augmentation du coût net du travail au niveau du Smic a pour objet louable de compresser les inégalités salariales ; mais elle crée du chômage, en premier lieu chez les jeunes et les moins qualifiés. De nouveau, ce marqueur présumé d’une politique progressiste se retourne contre les bénéficiaires visés. On ne se pose pas toujours la question de savoir s’il n’existerait pas des politiques alternatives de redistribution qui ne décourageraient pas l’embauche. Des remarques analogues s’appliquent à la judiciarisation des licenciements, qui décourage la création de CDI et a pour effet d’exclure les populations les plus fragiles de l’emploi et en particulier de l’emploi stable. Quatrième paradoxe.

Cinquième exemple paradoxal, le système éducatif français, qui affiche des objectifs égalitaristes (à travers l’uniformisation des programmes et la sectorisation), crée pourtant de très fortes inégalités en faveur des mieux informés et de ceux dont les parents peuvent habiter les quartiers aisés, et au détriment des plus défavorisés. De même, l’absence des frais d’inscription à l’université et dans la plupart des grandes écoles bénéficie en premier lieu aux classes aisées. Nous ne prétendons bien sûr pas que la solution à ces problèmes est simple, mais il est possible d’envisager des études supérieures payantes pour les familles dont les revenus le permettent et de redistribuer une partie de ces recettes sous forme de bourses supplémentaires, comme l’a fait Sciences-Po.

La leçon de ces cinq exemples parmi tant d’autres similaires est double. D’une part, pour savoir si une politique publique est redistributive ou pas, il ne suffit pas d’analyser son histoire ni même de connaître les conditions socio-économiques des publics qu’elle vise. Il faut aussi tenir compte de l’ensemble de ses conséquences : effets d’aubaine (ceux qui bénéficient d’une politique incitative mais qui auraient agi de la même façon en l’absence de cette politique, comme par exemple le cas d’un ménage qui aurait acheté même en l’absence d’un prêt à taux zéro), effets indirects (une telle politique de prêt à taux zéro peut modifier à la hausse les taux d’intérêt consentis par les banques), effets d’éviction (une telle politique peut entraîner une hausse des prix de l’immobilier qui rend l’accès plus difficile aux non-bénéficiaires), incidence fiscale (ceux qui bénéficient d’une subvention peuvent en fait la payer sous une autre forme, par une hausse des prix par exemple) ; la compréhension de ces concepts requiert des évaluations des politiques publiques indépendantes et professionnelles et devrait faire partie intégrante du cursus de base des futurs hauts fonctionnaires et de la formation professionnelle des élus. La seconde leçon est que tous les outils des politiques publiques doivent être mobilisés.

Renoncer à la politique de la concurrence parce qu’elle n’est «pas de gauche» conduit de facto à diminuer le pouvoir d’achat, et à écarter de l’activité économique des publics qu’il faudrait au contraire encourager, comme le montre bien l’exemple des taxis. Enfin, à force d’afficher des réticences vis-à-vis du contrôle des dépenses publiques, nous menaçons la pérennité même de notre système social : une diminution forte des dépenses de santé et d’éducation et la chute des retraites associées à des difficultés financières représenteraient de facto une rupture du pacte républicain.

Une politique progressiste du XXIe siècle doit accepter que l’éducation, l’emploi et la santé soient au cœur de la politique publique et ne soient pas compromis par une méconnaissance des mécanismes économiques. Elle doit faire en sorte que l’Etat prenne toutes ses responsabilités là où les marchés sont défaillants (et seulement là) et protège les malchanceux. L’Etat doit établir les conditions d’une vraie égalité des chances, d’une concurrence saine, d’un système financier ne comptant pas sur des renflouements sur argent public, de la responsabilisation des acteurs économiques vis-à-vis de l’environnement (tarification du carbone), de la solidarité au niveau de la couverture santé, de la protection des salariés peu informés (sécurité au travail, droit à une formation de qualité), etc. Il doit accepter les initiatives de la nouvelle économie, transformant les structures économiques existantes et créant du pouvoir d’achat et des emplois, et renoncer aux entraves multiples favorisant la rente au détriment de l’innovation. C’est ainsi que des centaines de milliers de nouveaux emplois de qualité pourront émerger, que les finances publiques ne mettront pas en danger notre système social et l’indispensable solidarité sans laquelle notre société perd son âme, que le pouvoir d’achat sera amélioré, et que les inégalités diminueront.

Mercredi, le troisième volet de notre série «C’est quoi une économie de gauche», avec Christophe Ramaux, économiste atterré.

275

Re: Le fil des perspectives économiques

Excellent article, merci FF. Pourrait-on avoir le lien ?

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: Le fil des perspectives économiques

Salut FF, je suis vraiment désolé de mon long retard à te répondre mais j'ai été débordé récemment.

En ce qui concerne les analyses de Cohen, c'est comme toujours très intéressant avec une perspective très large. Sur la révolution du logiciel et le remplacement de nombreuses tâches par les machines et les algos, il a tout à fait raison et c'est déjà le cas. Dans un domaine que je connais bien, la finance, les trading desks sont en train de se vider complètement (aussi bien front que back office) des opérateurs humains pour ne garder que quelques quants de haut niveau.

En revanche, le coeur du problème dans tout ça c'est la période de transition : que fait-on des personnes qui n'ont pas le niveau/l'âge/l'envie de s'adapter et d'apprendre de nouvelles choses ? Qui peut sérieusement envisager de reconvertir des employés lambda en développeurs de haut niveau ? Lors des précédentes révolutions techniques, on avait réussi plus ou moins à reconvertir la masse: les paysans vers les ouvriers; les ouvriers vers les services (avec beaucoup de chômage). Mais là on parle potentiellement d'une frange encore plus large de la population, non plus des classes populaires mais des classes moyennes (employés de bureau, fonctionnaires; etc.). C'est potentiellement explosif et j'aimerais bien lire quelqu'un qui propose des solutions. Aghion avait fait un bouquin sur ce sujet en passant ces gens là par pertes et profits...

Sans compter que la relève est loin d'être assurée : quand on voit que le niveau en maths des lycéens ne fait que chuter d'années en années, alors que dans le même temps les exigences scientifiques ne font que s'accroître (par exemple en finance maintenant tout est codé en multi-threading pour gérer les énormes bases, ça demande des connaissances solides en optimisation. Ce n'est plus de la routine pépère des années 1990); je vois mal où on va trouver les gens pour faire ce boulot... ou alors on va continuer à faire comme on fait aujourd'hui. On va les chercher en Inde et en Chine. Pays où, malgré ce que Broz en pense, le système éducatif est beaucoup plus efficace que le notre pour former beaucoup de gens sur ces domaines...

Last edited by Cendrier bancal (30-09-2015 07:46:19)

Re: Le fil des perspectives économiques

Cendrier bancal a écrit:

Pays où, malgré ce que Broz en pense, le système éducatif est beaucoup plus efficace que le notre pour former beaucoup de gens sur ces domaines...

Si on rapporte ce nombre à leur population, le ratio leur est-il favorable ?

It ain’t what you don’t know that gets you into trouble. It’s what you know for sure that just ain’t so.

"Un terroriste ne mérite pas de mourir. Il mérite de vivre l'enfer. A perpétuité. Et seule la déchéance de la nationalité le permet." Greg

278

Re: Le fil des perspectives économiques

Oh pour avoir vaguement expérimenté le système scolaire japonais, et connaître deux-trois choses du système scolaire coréen, clairement Cendrier Bancal n'a pas tort : on est meilleur en maths en Asie. Quand on est scolarisé, bien sûr, mais ça c'est une autre histoire. Je ne suis pas dans les maths, mais je n'ai pas l'impression que le niveau baisse particulièrement. Les exigences restent peu ou prou constantes, et les programmes de maths bougent très très peu.

Et de toute façon la question ne se pose pas vraiment parce que ce genre de carrière n'attire que les élèves qui sont excellent en maths, la moyenne n'a pas vraiment d'importance - or le niveau des excellents n'a quoi qu'il arrive pas baissé. Par ailleurs, et même si je déteste ce système, on a en France les prépas qui compensent très bien un potentiel retard relatif en ce qui concerne les maths.

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016

279

Re: Le fil des perspectives économiques

Broz a écrit:

Je ne suis pas dans les maths, mais je n'ai pas l'impression que le niveau baisse particulièrement.

http://www.francetvinfo.fr/societe/educ … 08497.html

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

Re: Le fil des perspectives économiques

Il me semble que le niveau a bien baissé en mathématiques, en tout cas c'est le bilan tiré par les récentes études PISA. Les programmes peuvent rester les mêmes, les choses évoluent autour de nous. Par ailleurs le système de prépa n'est pas destiné à rattraper un retard général puisqu'il est très ciblé et onéreux.

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281

Re: Le fil des perspectives économiques

Non non je ne dis pas que les prépas rattrapent le niveau général, je dis juste que s'il y a au bac une différence de niveau entre élèves français et asiatiques, cette différence est largement gommée par la prépa, puis certaines formations d'élite. Le niveau des élèves de lycée (qui est la seule chose sur laquelle je peux me prononcer) n'est pas vraiment à mes yeux un élément à prendre en compte pour justifier qu'il y aurait moins de français à ce genre de postes.

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"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

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Re: Le fil des perspectives économiques

Broz a écrit:

Non non je ne dis pas que les prépas rattrapent le niveau général, je dis juste que s'il y a au bac une différence de niveau entre élèves français et asiatiques, cette différence est largement gommée par la prépa, puis certaines formations d'élite. Le niveau des élèves de lycée (qui est la seule chose sur laquelle je peux me prononcer) n'est pas vraiment à mes yeux un élément à prendre en compte pour justifier qu'il y aurait moins de français à ce genre de postes.

Ce n'est vraiment pas clair car:
1/ Les prépas concernent une infime minorité d'élèves, surtout si on ne s'intéresse qu'aux prépas scientifiques dont les débouchés sont les écoles d'info/écoles d'ingé généralistes
2/ Très peu d'ingés deviennent effectivement des développeurs car une grande partie des ingés vont dans le conseil/le management -  c'est la beauté du système français où l'intérêt d'une école ne réside pas dans ce qu'elle t'enseigne mais dans le rang social qu'elle va te permettre d'obtenir. Les grandes écoles qui sortent de très bons développeurs se comptent sur les doigts de la main (ENSIMAG/Telecom/ENSTA avec une ou deux facs atypiques genre Grenoble et PMC). Ca représente vraiment très peu de monde.
3/ Dans le monde de Cohen, il y a des besoins énormes pour ce genre de compétences. A l'évidence et en ce moment même, les boites françaises font déjà appel en masse à des sous-traitants en Inde et en Chine. Et ce n'est pas qu'une question de coût mais aussi parce qu'on ne trouve pas les compétences pour des applications hyper spécialisées.

Par ailleurs je trouve intéressant que tu reconnaisses implicitement que l'évolution du système éducatif en France (avec des réformes qu'il me semble que tu soutiens) ne permette de former l'élite que via les prépas qui sont à l'opposé de toutes tes idées pédagogiques....

283

Re: Le fil des perspectives économiques

Oh je le reconnais ouvertement. Mais le primaire/secondaire n'a pas vocation à former une élite, mais à amener chaque année 700 000 élèves au bac. L'élitisme et la sélection, c'est dans une bien plus grande mesure le supérieur qui s'en charge. Bien entendu les inégalités de départ se répercutent et ce sont les meilleurs élèves/les élèves des meilleurs lycées qui formeront l'élite.

On a un peu d'évolution dans les filières techno du lycée, avec la nouvelle STI2D, mais c'est peu d'élèves, et on ne leur donne pas assez d'ambition. Je suis d'avis qu'on devrait d'abord dissoudre la distinction entre les filières générale et technologique et renforcer les STI2D et surtout leurs débouchés (plus de places en prépa, plus de formations dans le supérieur), comme on devrait rapprocher les ST2S des voies menant en médecine/pharma et pas seulement infirmerie. Evidemment l'éducation nationale est à la bourre par rapport à l'évolution du monde, et ce n'est pas mettre des supports numériques qui va changer grand-chose. Mais encore une fois si l'offre ne suit pas dans le supérieur, c'est encore un autre problème.

Mais là on parle potentiellement d'une frange encore plus large de la population, non plus des classes populaires mais des classes moyennes (employés de bureau, fonctionnaires; etc.). C'est potentiellement explosif et j'aimerais bien lire quelqu'un qui propose des solutions.

La foutue réduction du temps de travail, drastique, qui doit naturellement accompagner l'évolution technologique.

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016

Re: Le fil des perspectives économiques

Mais donc il est totalement utopique à tes yeux d'élever le niveau général du secondaire en mathématiques ? (c'est une question honnête)

It ain’t what you don’t know that gets you into trouble. It’s what you know for sure that just ain’t so.

"Un terroriste ne mérite pas de mourir. Il mérite de vivre l'enfer. A perpétuité. Et seule la déchéance de la nationalité le permet." Greg

285

Re: Le fil des perspectives économiques

Non, absolument pas ! Je ne vais pas me prononcer sur la pertinence des programmes de maths parce que je ne suis pas compétent en la matière, mais il est clair que les résultats peuvent être meilleurs. Mais n'oubliez pas que vous citez PISA, qui se concentre uniquement sur les élèves de 3e ou 2nde (entre 15 et 16 ans), et qu'après s'opère la sélection et qu'en fin de compte, qui fait encore des maths dans l'optique éventuelle d'une carrière scientifique en terminale ? Les S, et les STI2D, soit quoi ? 25 à 30 pourcent des élèves de Terminale ? Et leur taux de réussite au bac est supérieur à celui de leurs collègues, et est en légère hausse ces dernières années. Et pourtant les nouveaux programmes sont sensiblement les mêmes que ceux d'avant. Alors bon, élever le niveau du secondaire...

Car jamais le lycée ne donnera à toute une classe d'âge un niveau suffisant pour rentrer en prépa maths. D'abord parce qu'il y a d'autres filières que S, ensuite parce que cela n'a aucun intérêt. Et pour revenir au sujet qui nous occupe, il n'y a pas de corrélation directe entre maths et développement, mis à part qu'il s'agit de matières de geeks.

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016

Re: Le fil des perspectives économiques

Broz a écrit:

Mais là on parle potentiellement d'une frange encore plus large de la population, non plus des classes populaires mais des classes moyennes (employés de bureau, fonctionnaires; etc.). C'est potentiellement explosif et j'aimerais bien lire quelqu'un qui propose des solutions.

La foutue réduction du temps de travail, drastique, qui doit naturellement accompagner l'évolution technologique.

Je suis d'accord. Quand on y réfléchit bien, il est aberrant de travailler presque autant qu'il y a 50 ans alors que la productivité a été plus que doublée. Mais une telle réforme doit s'accompagner d'une véritable politique de redistribution des richesses tout en conservant les incitations à innover et à entreprendre...

Sur le reste, je ne suis pas convaincu de ton argument de 700 000 élèves au bac. Non pas que ce ne soit pas désirable mais il faut garder en tête que le but de l'école doit être dans la transmission des savoirs et la formation intellectuelle. Faire du bac une finalité, comme Chevènement l'a dit le premier il y a bien longtemps, conduit à des dérives qui reviennent à brader le diplôme pour atteindre des objectifs quantitatifs. Et cela me semble très hypocrite quand dans le même temps le taux d'échec des enfants de classes populaires dans le supérieur explose.

Enfin, j'imagine que tu faisais de la provocation gratuite sur le rapport entre informatique et mathématiques (j'entends les développeurs d'applications - notamment industrielle ou big data -- pas monter un blog sur wordpress) donc je ne vais pas relever le trolling.

Re: Le fil des perspectives économiques

Greg a écrit:

Excellent article, merci FF. Pourrait-on avoir le lien ?

Paru dans Libération et sur www.liberation.fr

Re: Le fil des perspectives économiques

3 articles sur le déclin des maths en France

L'enseignement des maths brûle et on regarde de l'autre côté a écrit:

Alors que des bataillons hystériques de bonnes femmes ou crétins talibanglosaxonnisés exigent de l'anglais quasiment dès la naissance (ça commence maintenant à la maternelle, ça continue en primaire) avec la fin des autres langues (QUI a le droit de ne pas faire d'anglais en 6ème ???), l'enseignement des maths continue de tomber, chuter, couler, s'effondrer.

On en a déjà parlé sur 4 heures de math par semaine en 6ème .. pour l'avenir de la France ?

et sur Najat Vallaud-Belkacem découvre le problème des maths au collège mais n'en résoud pas l'équation pourtant simple

Les récentes statistiques du brevet des collèges montrent l'ampleur du phénomène:

Près de 2 candidats au Diplôme national du brevet (DNB) sur 3 n’obtiennent pas la moyenne lors de l’épreuve finale de maths en 2014

http://cache.media.education.gouv.fr/fi … 402827.pdf

http://www.lesechos.fr/politique-societ … 104021.php

A l'entrée au collège, la 6ème est maintenant considérée comme la fin du cycle CM1, CM2. On ne sait si c'est à cause de ceci mais l'enseignement en maths, avec 4 heures, y est très faible.

La géométrie consiste à savoir tracer des triangles, des médiatrices et un cercle autour. Point de calcul de volumes mais uniquement des surfaces assez simples.

En 6ème, les collégiens révisent l'écriture des nombres en LETTRES. Celui qui aura retenu que MILLE est invariable a une quasi médaille Fields.

Proportionnalité ? Un bien grand mot mais si l'enfant sait faire une règle de 3 en 5ème, il a aussi là un pont d'or qui le couvre.

5 heures de français et même +, 4 heures de sport, 4 heures de LV1 (l'autre mot pour anglais car QUI fait autre chose) et 4 heures de maths .. Viennent ensuite l'Histoire-géo (3 h avec un énorme manuel), puis SVT, techno, musique, etc..

En langue, un collégien peut sans problème atteindre les 13 ou 14 de moyenne sans savoir conjuguer un verbe... Et QUI pourrait lui en tenir rigueur car QUEL intérêt a l'apprentissage d'une langue étrangère quand on a 11 ans ?

Aucun .. contrairement à quelques années plus tard quand on veut découvrir le monde ..

Notons aussi au passage que VUS les progrès des traducteurs automatiques, il y a fort à parier qu'apprendre une langue étrangère sera dans quelques années aussi utile qu'apprendre à conduire (Apprendre des langues pour les parler ne servira bientôt à rien , Skype traduit vos conversations: plus besoin d'apprendre les langues étrangères ), ça servira uniquement pour des besoins culturels.

En revanche, les maths servent à tout.

Quelle matière apprend à raisonner ?

Quelle matière apprend la rigueur ?

Quelle matière apprend qu'un exemple de démontre rien ?

Quelle matière apprend la différence entre une définition et un théorème ?

Quelle matière apprend à combiner des éléments pour construire, imaginer quelque chose ?

Quelle matière est à la base de toutes les sciences ?

Quelle matière peut être enseignée sans beaucoup de moyens ?

Quelle matière permet d'appréhendre ensuite la robotique, l'informatique, le big data, la statistique, etc.. et tout l'univers NUMERIQUE dans lequel nous sommes déjà ?

http://www.webtimemedias.com/article/re … 0320-56114

Pourquoi avoir baissé notre niveau en maths au profit d'une augmentation de l'apprentissage de l'anglais, alors que TOUS les indicateurs montrent que le niveau en anglais ne progresse pas, que l'apprentissage du français en pâtit ?

Comment garder l'excellence de nos grandes écoles d'ingénieurs et de notre recherche en maths si on continue de massacrer la base en primaire et au collège ?

Que font les américains qu'admirent tant celles et ceux qui veulent mettre leurs enfants à l'anglais dès la naissance ? Ils augmentent l'apprentissage des maths .. Comme la Chine, la Corée et tous les pays en pointe dans le numérique.

http://www.tubbydev.com/2015/03/lenseig … C3%A9.html

4 heures de math par semaine en 6ème .. pour l'avenir de la France ? a écrit:

Stupeur en découvrant le nombre d'heures de cours des collégiens.

Non pas le nombre total d'heures de cours mais leur répartition .. (cf Nombre d’heures de cours au collège )

En 6ème, un collégien a autant d'heures de maths que d'heures de langue vivante (à savoir l'anglais tant l' "ouverture" des parents est grande sur les autres langues ...) et de sport .

Le programme d'histoire-géo traverse toute l'antiquité de tous les pays mais le programme de mathématiques se limite à une grosse révision de celui de CM2 + les proportions + un peu de géométrie.

On pourra trouver cohérent que les maths de 6ème appuient sur la règle de trois pendant que l'histoire raconte la guerre de Troie .. mais quand même ?

Est-il normal, est-il logique, est-il "d'avenir" d'avoir si peu de maths vs anglais et sport alors même que:

- nous sommes dans une civilisation dominée par le numérique

- nous sommes dans une civilisation où la plupart des métiers d'avenir sont "techniques"

- l'expérience montre que quelque soit le nombre d'heures d'anglais au collège, le niveau est nul ensuite

- l'expérience montre que l'anglais nécessaire s'apprend rapidement quand on est plus vieux et quand on est mis DANS un pays anglophone

- l'expérience montre que le sport à l'école ne développe quasiment aucune des qualités que devrait développer le sport (voir courir des adolescents est édifiant)

Le collégien qui a des difficultés en maths peut-il avec 4 heures de maths comprendre la nature de ce qu'il a du mal à appréhender ? Non bien sûr ..

4 heures de maths par semaine non seulement sont insuffisantes dans le monde actuel mais aggravent encore plus les difficultés des plus faibles car le travail à la maison compte beaucoup en mathématiques et bien évidemment, les plus faibles ont bien souvent des parents incapables de les aider à s'améliorer.

Il fut un temps où les maths régnaient sur le collège. On entendait alors que nous, français, étions nuls en langues étrangères ou en sport .. mais on se rattrapait avec les maths?

Nous avons augmenté les heures de sport et de langues étrangères.

Nous sommes toujours aussi nuls.

Nous avons baissé le nombre d'heures de maths et nous avons perdu notre domination.

Le nombre d'étudiants attirés par des études scientifiques baisse.

Pas ou peu de start-ups montées par des "matheux" (tiens donc ? Quelles études ont faites les fondateurs de Google, Microsoft, Apple et de quelle "obédience" sont les gens qui font régner ses nouveaux maîtres ??).

Beaucoup de comm et de marketing ..

Beaucoup de raisonnements qui ne reposent sur aucune logique ou généralisent à partir d'un exemple, chose qu'on apprenait à éviter dans les maths de base, au collège.

Beaucoup de chimères, de fumée dont les auteurs ne sont même pas conscients tant ils croient eux-même que 1+1 = 3.. sans même parler de logique floue ;-)

Alors même que les enfants zappent de + en + avec la civilisation moderne et qu'il faudrait compenser à l'école en leur apprenant la rigueur, la persévérance dans UNE direction, chose que seules les mathématiques peuvent leur inculquer facilement, on a réduit le nombre d'heures de mathématiques.

Oui, en théorie, nous nous maintenons (voir cette étude de 2011 sur l'enseignement des mathématiques http://eacea.ec.europa.eu/education/eur … /132FR.pdf ) car l'enseignement est calculé en % du temps total de travail (et souvent par semaine ce qui ignore les différences de vacances) mais cela augure mal du futur.

En 1968, outre les évènements de mai, une révolution plus importante a eu lieu. Les élites étudiantes qui jusqu'alors "faisaient" leur droit ou faisaient des lettres, sont passées aux mathématiques.

Devenir ingénieur est devenu le top. Ce n'est pas sans rapport avec les grandes réussites industrielles de la France des années 60 et 70 et les découvertes scientifiques de notre pays.

Si nous laissons tomber les maths au collège en 2014, inutile de vouloir enseigner le code au lycée et de croire que nous pourrons redresser l'industrie.

Inutile aussi de croire que nous pourrons garder une place dans la finance.

Inutile d'espérer une place dans la révolution connectée qui a commencé et inutile aussi de croire que nos armées pourront continuer à être efficaces même avec des budgets réduits.

Autant la marche forcée vers l'anglais est de la soumission au modèle anglo-saxon qui ne règne que parce que nous nous mettons des oeillères en regardant ce qu'est vraiment le monde (qui existe aussi en Asie, en hispanie, en italianerie, en russophonie, etc..), autant la marche libre des collégiens en mathématiques à raison de 4 heures par jour est un refus de voir l'avenir tel qu'il a déjà commencé.

Bien évidemment, ce ne sont pas les bonnes femmes hystériques et paniquées qui souvent représentent les parents d'élèves qui peuvent comprendre ceci...

Pourtant, en 2006, voici ce qu'on disait déjà à l'Assemblée Nationale  http://www.assemblee-nationale.fr/12/ra … P320_80253

avec notamment:

Les lacunes en mathématiques constatées plus tard chez les étudiants et souvent dénoncées devant la mission - « ils ne savent pas appliquer la règle de trois » - résultent, sans doute, à la fois d'un manque de connaissances de base et d'un manque de compréhension des concepts arithmétiques.

La formation des enseignants, sur laquelle le présent rapport reviendra, est probablement plus déterminante pour améliorer l'efficacité du système scolaire que les querelles sur les programmes.

La tendance - signalée par des inspecteurs généraux - des enseignants du premier degré à s'accommoder dans les matières scientifiques d'un faible niveau d'exigence paraît plus grave que le fait que la division à deux chiffres à décimale ne figure pas au programme de l'école primaire, lequel ne prévoit que la division des nombres entiers.

Qu'a-t-on fait depuis pour améliorer la situation ?

Réforme du collège: et les maths ? Oubliées même dans le débat .. a écrit:

Il y a comme un vent de révolte contre la réforme du collège de la ministre Vallaud-Belkacem mais bizarrement, tout le monde ne parle que de l'abandon des langues mortes et des classes bilangues.

Si il est une matière à pourtant soigner au collège, ce sont les mathématiques.

Au dernier brevet, près de 2/3 des élèves de 3ème n'ont pas eu la moyenne !

http://cache.media.education.gouv.fr/fi … 402827.pdf

http://www.lesechos.fr/politique-societ … 104021.php

Combien d'heures de maths en 6ème ? 4 heures seulement par semaine .

Pourtant, de partout dans le monde et spécialement dans les pays en pointe et qui montent, l'enseignement des mathématiques se renforce.

Nous vivons, que cela plaise ou non, dans une civilisation numérique où la compréhension des choses, afin de pouvoir travailler et s'établir dans la vie, passe par la compréhension de la logique mathématique.

Apprendre à démontrer, comprendre qu'un exemple de démontre rien, qu'une définition ne se démontre pas, apprendre ce que si et seulement si veut dire, apprendre la précision, apprendre qu'il y a UNE solution, apprendre les ensembles, les bijections, les injections, les surjections et donc autant de choses qui évitent les amalgames et erreurs de logique dans la vie de tous les jours: c'est ça les maths !

Apprendre la notion de dérivée, de dérivée seconde et donc l'importance de surveiller l'accélération de la vitesse plutôt que la chose elle-même: c'est ça les maths !

Apprendre à concentrer son esprit pour trouver la solution à des problèmes, à POSER ce qui est connu et ce qui ne l'est pas pour savoir où aller chercher: c'est ça les maths !

Tout ça ne s'apprend pas en 6ème par l'anglais ou l'allemand ou autre langue qui ne peut s'apprendre que lorsque l'enfant est motivé pour découvrir le monde, à savoir plus tard, vers 16 ou 17 ans.

Depuis des années, des bataillons de harpies ont voulu que leurs chers enfants apprennent l'anglais.. 4 h de première langue (donc d'anglais car que peut-on faire d'autre en 6ème ??? Aucune possibilité contrairement à avant), autant que de maths ?!? Des progrès ? Des résultats ? pas mieux qu'avant même si maintenant c'est dès la maternelle que des enfants n'ayant même pas 300 mots de vocabulaire en français se mettent en rang pour apprendre des mots anglais à la façon dont Hitler ou Staline auraient rêvé de mouler leurs peuples !!

Pendant ce temps bien sûr, les pays anglo-saxons ne dépensent pas le temps des élèves pour apprendre des langues étrangères, mais ils font .. des maths ...

En 2006 déjà, à l'Assemblée Nationale un rapport http://www.assemblee-nationale.fr/12/ra … P320_80253 "disait":

Les lacunes en mathématiques constatées plus tard chez les étudiants et souvent dénoncées devant la mission - « ils ne savent pas appliquer la règle de trois » - résultent, sans doute, à la fois d'un manque de connaissances de base et d'un manque de compréhension des concepts arithmétiques.

La formation des enseignants, sur laquelle le présent rapport reviendra, est probablement plus déterminante pour améliorer l'efficacité du système scolaire que les querelles sur les programmes.

La tendance - signalée par des inspecteurs généraux - des enseignants du premier degré à s'accommoder dans les matières scientifiques d'un faible niveau d'exigence paraît plus grave que le fait que la division à deux chiffres à décimale ne figure pas au programme de l'école primaire, lequel ne prévoit que la division des nombres entiers.

Qu'a-t-on fait depuis pour améliorer la situation ?

Rien car nos politiques, de droite ou de gauche, ne sont pas des matheux mais plutôt des littéraires ou des avocaillons, toujours dans l'évitement et le maquillage et sans doute méfiants par rapport aux règles mathématiques si rigoureuses.

Najat Vallaud-Belkacem en est l'archétype: bac économique et sociale, ce qui veut sans doute dire qu'elle n'était pas assez bonne pour aller en série scientifique donc qu'elle ne comprenait pas trop les maths.

Sciences-Po ensuite, surnommé Science pipeau et réservoir de toutes ceux et celles qui n'ont pas réussi à intégrer des classes préparatoires et donc de grandes écoles mais ne trouvent pas non plus la rigueur nécessaire pour suivre des études à la fac.

A raté 2 fois l'entrée à l'ENA..

Comment veut-on ensuite qu'une ministre de ce type COMPRENNE l'intérêt des mathématiques et REDRESSE l'enseignement de ceux-ci, alors même que les filières scientifiques manquent de candidats ..

Peut-être qu'avec la loi du le renseignement, inapplicable sans de gros recrutement d'ingénieurs et ubuesque si c'est Poutine ou une autre puissance étrangère qui fournit ceux-ci, Manuel Valls (qui lui n'a qu'une licence d'histoire) prendra conscience de la nécessité de faire apprendre aux écoliers, aux collégiens, aux lycéens, en premier lieu les MATHEMATIQUES !

Si vous croyez qu'on exagère, trouvez un collégien  de 6ème ou 5ème ou même 4ème et demandez lui de faire une simple règle de 3 ...

Si vous n'avez pas de collégien sous la main, regardez alors simplement, dans le monde de la finance qui gouverne, QUI fait la loi: des matheux, des avocats ou des littéraires ratés ?

Et enfin, regardez les entreprises qui dominent ou vont dominer le monde en regardant le type d'études qu'ont faites leurs fondateurs ..  A tout hasard Brin et Page .. Ou Gates ...

289

Re: Le fil des perspectives économiques

C'est trois fois la même personne qui a écrit ces articles ? Parce que lol lol lol

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016

Re: Le fil des perspectives économiques

Broz a écrit:

Parce que lol lol lol

C est dommage que ta seule reaction soit "lol", alors que je te sais connaisseur des sujets qui touchent a l education. Et c est un sujet important. J ignorais par exemple qu il y a maintenant autant d heures d enseignement des maths que de sport, ce qui est completement dingue...

Et pour toi qui disait qu il n y avait aucun rapport entre maths et informatiques, voici un excellent article que j ai lu il y a quelques jours sur le FT :

FT a écrit:

Things often look least likely to change just before they fall apart. So it is with mathematics education. At first glance, the status quo seems indestructible. How much maths you learn is one of the best predictors of your future income. Knowledge of the subject is deemed so important that many countries (among them the US) offer special visa concessions to foreigners with a grounding in the subject.

Beneath the surface, however, there are serious cracks. Most students dislike maths, do not understand its connection to their later lives and do badly at tests even as the questions grow easier. Universities and employers complain that they cannot find people with the right skills. Maths, as it is taught today, will not be a mainstream school subject in 20 years’ time. Either it will succumb to a hostile takeover or it will be run out of business.

·         

Actually, “mathematics” is the wrong word for much of what is taught in schools. Rather, students learn to calculate. That is an obsolete skill, since almost all calculating is done by computer these days. Except, that is, in educational maths, where almost all of it is done by hand.

A century ago, this might have made sense. Accounting, some physics or some easy-to-model engineering were about the limit of what anyone could hope to accomplish with mathematics. Today, our horizons are wider. Technology means we can develop far more complex models of the real world and gain actionable insights, even where the underlying situations are sophisticated and fuzzy.

Just as in past agricultural and industrial revolutions, technology has changed the art of the possible and the learning needed to master it. Calculation is rarely the obstacle. It is no longer, therefore, the area where most students need to focus their energy.

At its core, maths is a problem-solving process. You specify a real-world problem, develop an abstract representation of it, calculate an answer for the abstraction and then translate back into the real-world language you started with. Before computers, almost all human energy was focused on the third stage: calculating. Now it is usually focused on the other steps instead.

But not in maths education. There, we insist everyone learns to calculate by hand, at least before they use a computer. And we insist they calculate simple, unrealistic problems that are nothing like those they will face outside. We make human imitations of calculating machines. Yet businesses need problem-solvers who are skilled in using modern tools.

Quadratic equations and long division are not of much use in today’s workplace. You need to know how to make machines compute answers to questions you have. You must learn to be sceptical of conclusions drawn from data, and practice solving complex problems with powerful tools.

Computers are being used to drive pedagogical change in all subjects. In maths, however, it is the subject matter itself that needs to change. It would be pointless to use computers to help students learn redundant skills of hand calculation. Teaching the wrong subject, however well or with whatever technology, will not make it right. We need to use computers in maths education as they are used in real-life maths — for doing the calculating.

Britain has reintroduced computer coding into its school curriculum. This is not just a workplace skill but a way to represent mathematical ideas for computation. Coding should be the foundation of a new computer-based maths — perhaps part of the same school subject.

Those who are first to embrace this way of teaching maths will reap the biggest rewards, just as early adopters of universal education in the 19th century did.

In some countries, such as Estonia, enlightened governments have been bold enough to look beyond improving their results on tests such as Pisa, which measure international school systems against an old yardstick of success. In others, industry and universities must provide the impetus.

In 1988 Steve Jobs saw the need for a change in maths and urged educators to focus on “the prose of mathematics without getting lost in the grammar”. To make that vision a reality we need to beat the intransigence of our educational systems whatever the technology.

291

Re: Le fil des perspectives économiques

Nan mais attends, je ne vais pas perdre de temps à répondre aux élucubrations d'un type qui dit littéralement

Najat Vallaud-Belkacem en est l'archétype: bac économique et sociale, ce qui veut sans doute dire qu'elle n'était pas assez bonne pour aller en série scientifique donc qu'elle ne comprenait pas trop les maths.
Sciences-Po ensuite, surnommé Science pipeau et réservoir de toutes ceux et celles qui n'ont pas réussi à intégrer des classes préparatoires et donc de grandes écoles mais ne trouvent pas non plus la rigueur nécessaire pour suivre des études à la fac.
A raté 2 fois l'entrée à l'ENA..
Comment veut-on ensuite qu'une ministre de ce type COMPRENNE l'intérêt des mathématiques et REDRESSE l'enseignement de ceux-ci, alors même que les filières scientifiques manquent de candidats ..

C'est un type qui a un melon pas possible qui a écrit ces lignes, et il ne mérite guère mieux qu'un lol. Je lui en ai mis trois. De plus, c'est un type qui ne sait rien sur rien à l'enseignement des langues, et qui semble avoir un sacré problème avec les femmes. Et qui ne maîtrise même pas le sujet dont il parle, puisque les programmes de maths au collège sont publics, et ils ne correspondent pas à sa description.
Alors certes en sixième le volume horaire des maths et de l'EPS est le même. Et après, il est supérieur en cinquième, quatrième, etc., jusqu'à la Terminale. Et il l'est aussi en primaire. Quant à moi je serais d'avis que les langues vivantes n'ont pas un volume horaire suffisant. Chacun sa marotte, j'ai envie de dire, chacun ses préférences.

Je ne suis pas entièrement d'accord avec ton article - je pense que les maths telles qu'elles sont enseignées aujourd'hui focalisent quand même beaucoup sur la résolution de problèmes. Je ne connais pas les programmes américains, peut-être sont-ils plus théoriques, mais les exercices de maths à la française entraînent à cela et c'est un de leurs objectifs assumés. Cela a un impact par la suite pour les boulots d'ingénieur, de programmeur, etc.
C'est peut-être mon côté linguiste qui me fait penser que des maths, ce n'est guère que le côté formalisme et résolution de problèmes, justement, qui est nécessaire à l'apprentissage du code. Le reste, c'est des langues - une langue particulière, certes, parce qu'elle n'est qu'écrite et s'adresse à un interlocuteur idiot qui ne comprendra pas autre chose qu'une grammaire parfaite, mais une langue quand même.
(J'aime bien cependant le petit coup de pied à PISA)

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016

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Re: Le fil des perspectives économiques

Une très utile publication de l'INSEE pour avoir une vision du tissu économique français :

http://www.latribune.fr/economie/france … 17562.html

1% des entreprises concentrent 55% de l'emploi et 68% de l'investissement
Par Jean-Christophe Chanut  |  28/10/2015, 16:37

Selon l'Insee, les 2,4 millions d'entreprises du secteur marchand ont réalisé en 2013 un chiffre d'affaires global de 3.700 milliards d'euros et une valeur ajoutée de 986 milliards d'euros, soit 52% du PIB.

Tout connaître ou presque sur les entreprises en France. L'Insee , dans sa collection "References" a publié une nouvelle étude sur les entreprises qui comporte une mine d'enseignements. Tour d'horizon.

Combien sont-elles? En 2013, les secteurs principalement marchands non agricoles et non financiers comptent 2,4 millions d'entreprises pour un chiffres d'affaires hors taxe global de 3.700 milliards d'euros et une valeur ajoutée de 986 milliards d'euros, soit 52% de la valeur ajoutée de l'ensemble de l'économie française.

Quelles valeur ajoutée? En 2013, la moitié des 4.200 entreprises de 250 salariés ou plus ont une valeur ajoutée supérieures à 32 millions d'euros. Cette valeur médiane est trente fois supérieure à celles des entreprises de 10 à 249 salariés.Mais, surtout, 1% des entreprises concentrent... 65% de la valeur ajoutée, 55% de l'emploi et 68% de l'investissement.

La crise pour tout le monde? La valeur ajoutée a augmenté pour plus de la moitié des entreprises actives entre 2012 et 2013. Ce sont les plus grandes entreprises qui réalisent le plus de croissance: la moitié de celles de plus de 250 salariés ont augmenté leur valeur ajoutée de plus de 1,6%. A l'inverse, pour la moitié des entreprises sans salarié, la valeur ajoutée a stagné ou diminué, particulièrement pour celle du commerce (- 2,3%) et de l'industrie (-1,5%).

Quel poids pour le CICE? Entre 2012 et 2013, le taux de marge moyen est resté stable après avoir diminué entre 2011 et 2012 (- 1,2 point). Dans le détail, en 2013, le taux de marge moyen a augmenté dans les services aux particuliers (2,2 points), la construction (0,8 point), les transports et l'entreposage (0,5 point) et l'hébergement/restauration (0,4 point). Des secteurs où les salaires sont en moyenne faibles et qui ont donc bénéficié des effets du crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE).

En revanche, du fait de salaires plus élevés, toujours en moyenne, le taux de marge a diminué de 0,1 point dans l'industrie et de 1,6 point dans le secteur de l'information et de la communication.

Recul de l'investissement. L'investissement a reculé à nouveau en 2013 de 1,8%, après - 2,7% en 2012. Ce recul est plus marqué dans les petites entreprises: - 15,5% pour les entreprises sans salarié et -6,4% pour celle jusqu'à 10 salariés. A noter que les 239.000 entreprises créées en 2013 ont investi pour 6,7 milliards d'euros.

Si une entreprise sur deux a investi en 2013, les plus grosses structures investissent presque toutes. En revanche, seules 30% des 1,3 million d'unités entreprises sans  salariés l'on fait.Et la moitié des entreprises de 250 salariés ou plus ont inveti plus de deux millions d'euros. In fine, l'investissement est concentré sur un nombre relativement faible d'entreprise: 1% d'entre elles, investissant chacune plus de 500.000 euros, sont à l'origine de 85% du montant total des investissements.

Des exportations très concentrées.  Sur une population de 2,4 millions d'entreprises hors micro-entreprises et microentrepreneurs, seules 9 % ont exporté, soit un peu moins qu'en 2012. De plus, 1% des entreprises ayant le plus exporté concentrent 97 % des exportations. A noter que la moitié des 24.000 d'entreprises ayant les exportations les plus importantes sont sous le contrôle d'une firme multinationale et cumulent 89 % des exportations de ces entreprises fortement exportatrices.

Il montre aussi :
- que le CICE commence à montrer ses effets positifs, qui seront certainement affermis par les baisses de charges sur le SMIC (Pacte de responsabilité)

- que l'investissement reste insuffisant, d'où l'importance de l'amortissement exceptionnel décidé en avril dernier par Manuel Valls qui devrait le booster (et qui devrait à mon avis être perpétué encore un an ou deux).

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: Le fil des perspectives économiques

C'est en effet un article très intéressant, merci beaucoup de l'avoir partagé.

Il montre aussi :
- que le CICE commence à montrer ses effets positifs, qui seront certainement affermis par les baisses de charges sur le SMIC (Pacte de responsabilité)

Est-ce qu'on a une idée des gains du CICE au regard du coût de ce dernier ? Pour l'instant et d'après ce que j'ai lu il semble que le CICE ait restauré les taux de marges des entreprises à leur niveau de 2007. Espérons que cela se répercute tôt sur l'emploi et l'investissement.

- que l'investissement reste insuffisant, d'où l'importance de l'amortissement exceptionnel décidé en avril dernier par Manuel Valls qui devrait le booster (et qui devrait à mon avis être perpétué encore un an ou deux).

Oui c'est en effet très inquiétant. Outre les mesures fiscales que tu cites il faut aussi mettre en perspective le fait que la baisse de l'investissement public décidée pour des raisons de discipline fiscale n'a pas du tout été compensée par une hausse de l'investissement privé, qui aurait du bénéficier de la conjoncture favorable et des baisses de charge. C'est je pense un des gros problèmes en Europe en général où la vague d'austérité n'a pas été compensée par un engagement du privé. C'est aussi la grosse limite de la politique monétaire: malgré les taux très bas, les entreprises ne s'endettent pas, n'investissent pas, n'embauchent pas. C'est tout le canal dit du financement de la politique monétaire qui est en jeu.

Last edited by Cendrier bancal (31-10-2015 22:13:05)

294

Re: Le fil des perspectives économiques

Je ne savais pas où mettre ça...
C'est beau la démocratie.

Politis a écrit:

Traité de libre-échange transatlantique : la droite conservatrice tance le gouvernement

Les opposants au traité de libre-échange entre l’Europe et les États-Unis, appelé TTIP ou TAFTA, ont reçu ce mercredi un soutien inattendu de la droite conservatrice. Jean-Frédéric Poisson, député LR des Yvelines et président du Parti chrétien-démocrate de Christine Boutin, est intervenu lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale pour dénoncer l’opacité des négociations.

Les députés peuvent consulter le compte-rendu des 10 premières séances de négociation, dans « une salle fermée des services du premier ministre, escortés par un fonctionnaire de Matignon, en déposant leur téléphone portable à l’entrée et avec des sanctions pénales à la clef pour tout parlementaire qui divulguerait des informations recueillies en consultant ce document », a-t-il déploré_._ De telles règles sont imposées par l’Union européenne.

Réponse du secrétaire d’État chargé du commerce extérieur, Matthias Fekl, après une petite pique sur les activités « diplomatiques » du député LR auprès de Bachar El-Assad :

    La transparence est un sujet majeur dans ces négociations.

Le secrétaire d’Etat a défendu l’action de la France qui, à défaut d'ouvrir un réel débat sur le sujet, a obtenu que les comptes-rendus de négociations soient consultables. «La France a été la première à rendre cette salle de lecture opérationnelle», s'est-il félicité.

Dans le cadre de ce traité, l’UE et les États-Unis envisagent « l’harmonisation des normes sanitaires » qui entraînerait la levée de l’embargo européen sur les OGM, le bœuf aux stéroïdes, le poulet chloré, le porc aux anabolisants. Les discussions secrètes entamées en 2013 préparent également la création d’un « tribunal arbitral » qui supplanterait les législations nationales pour régler les différends entre investisseurs et États, les « RDIE ». Plusieurs résolutions ont été votées à l’Assemblée nationale et au Sénat pour que ce mécanisme, qui expose les états à de lourdes amendes, soit exclu des négociations. Il reste néanmoins à l'ordre du jour des négociations.

http://www.politis.fr/articles/2016/02/ … ent-34151/

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

295

Re: Le fil des perspectives économiques

C'est effectivement n'importe quoi ces négociations.

On aurait voulu créer de la défiance gratuitement, juste pour le plaisir, on ne s'y serait pas pris autrement.

Ceux qui ont conçu ce process de négociations sont non seulement de fieffés salopards, mais également de sacrés imbéciles !

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
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296

Re: Le fil des perspectives économiques

La bonne blague...

Le Figaro - Reuters a écrit:

Bientôt un nouveau nom pour le TTIP

L'Autriche et la France vont proposer vendredi de mettre fin aux négociations entre l'UE et les Etats-Unis sur un projet de traité de libre-échange transatlantique (TTIP), pour démarrer de nouvelles discussions sous un nom différent, rapporte le ministre autrichien de l'Economie, Reinhold Mitterlehner. Les ministres du Commerce extérieur de l'UE se réunissent vendredi à Bratislava pour débattre de ce dossier qui suscite de vives inquiétudes dans de nombreux pays de l'UE.

"Les négociations de libre-échange avec les Etats-Unis devraient recommencer sous un nouveau titre et avec des intitulés différents", et être notamment plus transparentes, a dit le ministre au quotidien allemand Die Welt. En lien avec Matthias Fekl, le secrétaire d'État français chargé du Commerce extérieur, l'Autriche défendra un nouveau départ des négociations devant les ministres du Commerce extérieur de l'UE.

Les négociations devraient reprendre après l'élection présidentielle américaine du 8 novembre, estime Reinhold Mitterlehner. Matthias Fekl a confirmé jeudi qu'il demanderait à Bratislava l'arrêt des négociations, en raison d'un "déséquilibre évident" au profit des Américains.

http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2016/0 … e-ttip.php

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
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Re: Le fil des perspectives économiques

Ba ouais, c'est moche le monde hein. En attendant si on ne négocie rien on finira par se faire imposer les normes de libre échange négociées entre les américains et les chinois. Si on arrive à avancer sur la transparence, sur l'équilibre du deal en termes d'accès aux marchés publics et à s'assurer que les ISDS soient cadrés, ça sera un progrès.

It ain’t what you don’t know that gets you into trouble. It’s what you know for sure that just ain’t so.

"Un terroriste ne mérite pas de mourir. Il mérite de vivre l'enfer. A perpétuité. Et seule la déchéance de la nationalité le permet." Greg

298

Re: Le fil des perspectives économiques

- Bons chiffres chinois
- Pétrole coincé dans un espace entre 50 et 60$ qui arrange tout le monde
- euro en baisse, à nouveau
- résultats meilleurs qu'attendus
- beaucoup de liquidités liées à la politique de QE ou de tapering très lent des BC
- Taux extrêmement bas
- Montée en puissance d'une culture et d'infrastructures propices à l'émergence d'innovations techniques ou informationnelle
- Meilleurs usages et amélioration progressive de la capacité de la population à maîtriser les outils techniques et informationnels
- Montée en puissance de nouveaux secteurs : celui des drones et des robots, des nanotechs, des interfaces hommes-machines, etc.

Ca m'a tout l'air d'être un nouvel alignement des planètes.

Il ne suffirait plus que les hommes sachent réfléchir à leurs intérêts communs réduisent le poids des mauvaises gouvernances et des mauvaises réglementations, et évitent de se faire la guerre, et nous pourrions attendre une nouvelle période de prospérité pour le plus grand nombre.

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Re: Le fil des perspectives économiques

Toi qui demande de déconstruire la déconstruction, je vois mal dans quelle mesure tu te réjouis d'une série d'indicateurs (si on peut les appeler comme ça) que tu ne mets pas en perspective. Quasiment tous ces indicateurs peuvent être source d'inquiétude, des prix bas du pétrole aux taux extrêmement faibles.

It ain’t what you don’t know that gets you into trouble. It’s what you know for sure that just ain’t so.

"Un terroriste ne mérite pas de mourir. Il mérite de vivre l'enfer. A perpétuité. Et seule la déchéance de la nationalité le permet." Greg

300

Re: Le fil des perspectives économiques

Hmmmm...

Les prix du pétrole entre 50 et 60$, ce sont des prix modérés mais je ne les qualifierais pas de "bas", vu qu'ils sont descendus à 25$ et qu'aux niveaux actuels, les marges des pays producteurs sont préservées autant que les surplus des pays consommateurs. Fair, donc, à mes yeux. Même les écolos peuvent être satisfaits vu qu'on est juste en dessous du redémarrage des forages de schistes, qui sont en quelque sorte le levier qui maintiendra durablement à ce niveau les prix (allez, ça pourra aller jusqu'à 70$...). Si l'on redescendait en dessous de 40-35$, je dirais que tu aurais raison.

Les taux bas sont durs à avaler pour les banques mais après tout, elles sont suffisamment aller piocher dans les poches des contribuables pour leurs turpitudes des périodes antérieures, et les coquines ont déjà commencé à se refaire avec des frais bancaires devenus parfaitement confiscatoires compte-tenu des services réels qu'ils seraient sensés justifier. Bien sûr on me dira qu'avec les amendes que toutes risquent compte-tenu de leurs non-conformités réglementaires passées et certaienment présentes pour certaines, ça ajoute à leur niveau de risque, mais quelque part, nemo turpitudinem auditur, etc. et en prime, les obligations réglementaires actuelles (hautes, il faut le dire) devraient normalement préserver le monde de nouveaux événements bancaires graves, hors cas d'escroqueries ou de nouveaux montages qui auraient dû être considérés illégaux dès l'origine, des cas toujours possibles. En revanche, les taux bas (et les actions d'open market des BC sur les crédits corporate) contribuent à favoriser le crédit aux entreprises (donc à pousser l'innovation) autant qu'à maintenir à un niveau satisfaisant les prix des actifs et le dynamisme des marchés immobiliers, (et donc la capacité des ménages à accéder à la propriété autant qu'à des placements plus rentables que de laisser son argent dans les mains des gérants de fonds bancaires et autres, qui s'en mettent, il faut bien le dire, plein les fouilles sur le dos des épargnants pour des résultats discutables). Les taux bas présentent beaucoup plus d'avantages que d'inconvénients et font beaucoup plus de gagnants que de perdants.

Concernant les autres indicateurs (résultats meilleurs qu'attendus aux US et en Europe, euro en baisse, bons chiffres chinois, aujourd'hui encore de bons de moral des directeurs d'achats en Europe) non exhaustifs - on peut ajouter le rebond des économies émergentes par exemple - je ne vois pas quels blacks swans ils pourraient masquer.

Les risques actuels sont aujourd'hui à mes yeux plus géopolitiques que purement économiques. Et j'utilise le terme de géopolitique au sens large : du Brexit aux problématiques stratégiques du Moyen-orient, avec la Russie ou en Asie du Sud-Est avec les problématiques intra-pacifiques, celles liées aux migrations internationales, aux retours des nationalismes, et même - et là on revient sur une problématique géo-économique - des inadaptations démocratiques des process visant à développer le commerce international. En clair, les économies repartent, mais les Etats et les Peuples ont de plus en plus de mal à s'entendre entre eux.

Et l'idéologie, les idéologies à la base de ces problèmes d'entente s'opposent - comme d'habitude, en fait, quand on regarde l'Histoire d'un point de vue libéral et pragmatique - à la prospérité des Peuples et des individus.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)