Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

FDL a écrit:

Mon dieu, la honte... (cf les deux derniers paragraphes de sa lettre) : http://www.liberation.fr/economie/2013/ … tan_883268

C'est ridicule, surtout la référence à Lafayette et au débarquement...

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

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Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

Ne parlons pas de la menace des foudres de l'administration pour mener la petite vendetta de M. Montebourg. Ce n'est pas mieux que les ministres du budget promettant - et accordant - des contrôles fiscaux à leurs adversaires.

"Moult a appris qui bien connut ahan"

Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

Du patron de Titan ou de Montebourg, je ne sais lequel des deux sort le plus de poncifs et d'absurdités dans sa lettre. On sent bien en tout cas tous les bons préjugés (le français est faignant, indiscipliné, cher ..., sûr que l'ouvrier chinois payé 1 euro de l'heure c'est un formidable élément de notre société actuelle !)

Enfin, la réponse ne s'est pas fait attendre ...

La nouvelle lettre au vitriol du PDG de Titan à Montebourg

    Piqué par la réponse du ministre du Redressement productif, le PDG du fabricant américain de pneus donne dans la surenchère. Washington tente de calmer le jeu.

    Dans une nouvelle lettre cinglante, le PDG du fabricant américain de pneus Titan poursuit sa croisade contre le système français. Piqué par la réponse du ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, à sa première missive, le PDG américain donne dans la surenchère. Maurice Taylor qualifie notamment le gouvernement français «d'extrémiste».

    Alors qu'Arnaud Montebourg avait qualifié l'homme d'affaires «d'extrémiste», la réponse du PDG a été immédiate: «L'extrémiste Monsieur le ministre, c'est votre gouvernement et son manque de connaissances sur la façon de bâtir une entreprise. A aucun moment, Titan n'a demandé de baisser les salaires. Nous avons juste dit que si on voulait être payé pour sept heures de travail, il fallait en travailler au moins six». «Pourquoi le chômage est-il si élevé en France, et particulièrement chez les jeunes? C'est à cause de la politique de votre gouvernement, Monsieur», assène encore Maurice Taylor.

    Les syndicats ne sont pas épargnés par la verve acide de l'homme d'affaires américain: «Votre lettre n'a jamais mentionné pourquoi le gouvernement français n'était pas intervenu pour sauver l'activité agricole de Goodyear. Votre gouvernement a laissé les barjots du syndicat communiste détruire les emplois les mieux rémunérés», lance le PDG.

    Mais l'homme d'affaires semble de plus en plus isolé dans sa critique acerbe du système français. Même Washington est sortie de sa réserve pour tenter de calmer le jeu. Le département d'Etat américain avait ainsi pris position en qualifiant de «réussite» les relations commerciales franco-américaines. «Cela ressemble à une affaire privée et pas à une question entre deux gouvernements. Mais vous connaissez notre relation avec la France, notre plus vieille alliée, nos liens larges et profonds, notamment avec beaucoup d'entreprises américaines qui réussissent en France et beaucoup d'entreprises françaises qui réussissent aux Etats-Unis», a déclaré hier la porte-parole du département d'Etat, Victoria Nuland.

Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

Tosino a écrit:

Du patron de Titan ou de Montebourg, je ne sais lequel des deux sort le plus de poncifs et d'absurdités dans sa lettre. On sent bien en tout cas tous les bons préjugés (le français est faignant, indiscipliné, cher ..., sûr que l'ouvrier chinois payé 1 euro de l'heure c'est un formidable élément de notre société actuelle !)

Oui, enfin, y'en a un qui ne représente que lui-même ou à la limite son entreprise et son conseil d'administration, tandis que l'autre parle au nom d'un pays et ne devrait pas s'abaisser à un tel échange (avec des arguments merdiques qui plus est...).

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

Ah mais là dessus je suis bien d'accord, dire "mais non c'est pas pourri chez nous vu qu'il y a quand même des entreprises américaines", c'est pas le meilleur argument. D'ailleurs c'est moi où il n'y a pas de vraie conclusion à la lettre de Montebourg ?

Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

Surtout cette pusillanime guéguerre de lettres publiques avec un patron controversé n'a aucun sens pour un ministre de ce qui se veut encore un grand pays, si ce n'est chercher à s'attirer de façon on ne peut plus démagogique et infantile quelque pleurnicherie de sympathie...

"Si le peuple pense mal, changeons le peuple..."

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Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

Le Figaro - AFP a écrit:


Florange:"s'il le faut, j'irai seul" (ministre)

Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a confirmé ce matin qu'il n'était pas au courant que le président de la République, François Hollande, se rendra jeudi à Florange, comme l'a publié le Journal du Dimanche. "Je l'ignore", a-t-il affirmé sur i-Télé.

Interrogé sur d'éventuelles craintes du gouvernement de retourner sur un site où les syndicats d'ArcelorMittal accusent François Hollande ne pas avoir tenu les engagements qu'il avait pris pendant la dernière campagne électorale. "Je n'ai pas peur, a-t-il déclaré. S'il le faut, j'irai seul".

http://media.melty.fr/article-1191077-ajust_930/jean-rochefort-en-don-quichotte.jpg

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

On ne peut pas dire que j'idolatre ces gens mais sur ce point...
http://www.la-croix.com/Actualite/Econo … 26-1025941
M. R.: Jamais, dans l’Histoire, aucune génération n’a eu à faire face à autant de défis redoutables que la génération actuelle. Le plus redoutable, qui nous fragilise depuis une trentaine d’années, c’est l’arrêt de la croissance dans tous les pays éveloppés, accompagné de la montée d’un chômage massif, aggravé par une précarisation du travail. Cette année, 82% des contrats de travail signés sont des CDD et si l’on prend toutes les catégories de demandeurs d’emploi, nous sommes à 5 780 000 inscrits à Pôle emploi.

Le retour de la croissance est donc une bonne nouvelle?
M. R.: Les 2% de croissance aux États-Unis sont permis par un déficit public de 8% PIB. En un an, la Banque centrale américaine a créé 900 milliards de dollars pour financer le déficit! Et malgré cela, le chômage n’est stable qu’en apparence: le taux d’activité ne cesse de baisser. En France, nous avons un petit sursaut de croissance à 0,5%, tandis que le chômage continue d’augmenter. Ce frémissement est le résultat d’un printemps tellement exécrable que nous nous sommes beaucoup plus chauffés que d’habitude, si bien que tout le secteur énergétique est en légère croissance sur le premier semestre 2013.

P. L.: Sur le fond, c’est affligeant de voir que l’on sort les trompettes parce que l’on va avoir peut-être + 0,2% sur l’année au lieu de – 0,2%. Le vrai bilan de 2013, c’est que l’on va avoir 400 000 chômeurs de plus et 500 000 personnes qui seront tombées dans la pauvreté. Nous allons passer le cap de dix millions de gens qui vivent en dessous du seuil de pauvreté. Humainement, c’est dramatique, et politiquement, c’est suicidaire.

Mais alors, quelles sont les autres solutions à la crise?
P. L.: Si l’on regarde la courbe du taux de croissance français depuis cinquante ans, on est passé de 5,6% en moyenne annuelle entre 1960 et 1969 à seulement 0,8% en moyenne annuelle depuis le début de la décennie 2010. Parier sur le retour de la croissance, c’est donc se moquer du monde. Aujourd’hui, militons pour une société de justice sociale, d’équilibre, de créativité et de convivialité, sans croissance. Par exemple, il y a eu seulement 301 000 constructions de logements en un an, alors qu’il en manque au moins 800 000.

[...]
M. R.: Le plus grave, c’est qu’un système fondé sur l’argent dévalorise la personne humaine, casse les relations sociales, rend les gens violents et fait disparaître la part non quantifiable de la vie.

"Si le peuple pense mal, changeons le peuple..."

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Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

Petit up de ce fil à la lecture d'une bouteille à la mer, posée dans le jardin de la BCE.

DJ Louis Gallois appelle la BCE à soutenir davantage la croissance
Dow Jones le 11/04/2014 à 14:27



PARIS (AFP)--Le commissaire général à l'investissement Louis Gallois a plaidé vendredi en faveur d'une politique plus expansionniste de la Banque centrale européenne (BCE) pour favoriser la croissance.

"Nous ne pouvons pas nous démarquer des politiques qui ont été menées, au Japon, au GB aux Etats-Unis", a déclaré le futur président du conseil de surveillance du constructeur PSA Peugeot Citroën sur la radio BFM Business.

M. Gallois faisait référence au "quantitative easing" (assouplissement quantitatif), une politique monétaire non conventionnelle utilisée par les banques centrales des pays mentionnés pour soutenir l'activité économique, leurs taux d'intérêts étant déjà au plus bas. Le "QE" permet aux banques ordinaires d'augmenter la masse monétaire.

"Il faut de la création monétaire par la Banque centrale" européenne pour agir sur l'euro dont le niveau "pèse sur la croissance de l'Europe", a souligné M. Gallois.

"Je pense qu'il faut une politique plus expansionniste", a-t-il dit, rejoignant ainsi l'avis du Premier ministre Manuel Valls.

Jeudi, la directrice générale du FMI Christine Lagarde a réitéré ses encouragements à la mise en place de nouvelles actions de la BCE pour ranimer l'inflation.

Le président de la BCE Mario Draghi avait affirmé la semaine dernière que les dirigeants de l'institution étaient "unanimement prêts" à user, si nécessaire, d'instruments non conventionnels.

En vue des élections européennes de mai, M. Gallois a souhaité "une Commission clairement orientée vers la reconquête" pour "faire de l'Europe une zone de croissance".

"Il faut dire à Bruxelles, on va faire des réformes en France alors aidez-nous en stimulant la croissance européenne", a dit celui qui co-préside la Fabrique de l'industrie, un centre de réflexion.

Selon lui, "les pays excédentaires doivent faire l'effort de relancer leur demande interne".

"L'Allemagne le fait mais elle pourrait peut-être le faire plus", a-t-il affirmé.

Comme déjà évoqué, les résultats de toutes les entreprises exportatrices sont affectées par le niveau élevé de l'euro, par rapport aux autres grandes monnaies, particulièrement le dollars soutenu à la baisse depuis 2011 par un QE US qui a à peine commencé à se réduire, et le yen avec les "abenomics" qui ont d'ailleurs commencé timidement à porter leurs fruits, sans que la BCE n'ait à aucun moment suivi le mouvement, à part par des "messages envoyés au marché" par Mario Draghi, et quelques baisses limitées de taux directeur.

Cette politique de la BCE a deux graves conséquences, l'une sur les entreprises exportatrices, affectées par les risques de changes, l'autre sur le niveau d'inflation, désespérément faible (entre 0,8 et 0,5% depuis début 2014).

Il faut que Louis Gallois vienne en soutien à tous ceux qui exhortent la BCE à agir et à engager une intervention expansionniste sur l'économie (elle dispose pour cela d'un arsenal importants de mesures, du rachat d'ABS (Asset backed securities) à un taux négatif de rémunération de la facilité de dépôt accordés aux banques pour contraindre celles-ci à prêter aux entreprises, en passant par une éventuelle opération de refinancement massive (LTRO)) car ils sont régulièrement attaqués dès lors qu'ils évoquent cette évidence : la BCE devrait intervenir à l'image des autres banques centrales mondiales pour initier crédits, anticipations positives et hausse des prix des actifs.

Et ce qui est intellectuellement désespérant dans cette inaction, c'est qu'elle ne tient sur rien d'autre qu'une idéologie composée en forme de fétichisme monétariste, développée en réaction à une crise d'hyperinflation qui a eu lieu au début des années 30 liée à des circonstances qui sont à des années-lumières de la structure actuelle de l'économie mondiale. Cette idéologie sert de soubassement au maintien d'un différentiel de compétitivité hors-prix entre certains pays européens et les autres. Fort heureusement, le nouveau gouvernement allemand issu des dernières élections a assez fortement infléchi cette politique de désinflation par la demande avec des hausses de salaires et une certaine ouverture remarquée des autorités de la Bundesbank à d'éventuelles mesures non conventionnelles de la BCE.

J'ai noté que Manuel Valls a également envoyé ce message dans son discours de politique générale et c'est une excellente chose car, si la BCE renvoie continuellement les responsables politiques à leur devoir d'engager des réformes structurelles, il ne faut pas que les efforts engagés par l'ensemble des pays européens soient laminés par l'impact des changes sur les entreprises et par une spirale désinflationniste qui peut évoluer en déflation durable.

Mais au-delà des actions espérées ou attendus de la BCE, il y a toujours en creux le serpent de mer d'une révision de ses statuts et mandats qui dans un idéal certain seraient revus et corrigés.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

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Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

RIS (AFP) -- Le ministre de l'Economie Arnaud Montebourg réclame à la Commission européenne et à la BCE des "contreparties" à la réduction du déficit public de la France, sous forme de mesures de soutien à la croissance et de lutte contre la cherté de l'euro, dans un entretien au quotidien Les Echos.

"Nous assumons nos responsabilités en ce qui concerne le déficit public", déclare le ministre dans cet entretien mis en ligne mercredi soir, confirmant ainsi l'objectif du gouvernement Valls de ramener le déficit public en dessous de 3% du PIB dès l'an prochain.

"Mais en échange, nous avons des choses à demander à Bruxelles. Nous souhaitons dans l'intérêt de l'Europe et de la France des contreparties à la baisse des déficits : que l'Europe change de cap tant sur la politique monétaire que sur le plan de la relance parles investissements", plaide M. Montebourg.

"Il serait temps que la Commission organise, stimule et relance enfin la croissance européenne. Nous sommes fondés à demander des mesures concrètes. Il faut aider les fantassins nationaux qui font l'effort de rétablir leurs comptes publics nationaux, par un appui aérien de la Banque centrale européenne (BCE). Nous ne pouvons pas, en tant qu'Etat-membre, prendre des décisions difficiles si nous ne sommes pas soutenus par des changements importants au plan de l'Union sur la politique monétaire !", argumente M. Montebourg, appelant à "une réunion rapide de nos partenaires européens pour évoquer le sujet".

"Il faut baisser l'euro, engager une politique monétaire nouvelle, et non plus restrictive mais sur le modèle de celle de la Fed américaine. (...) Mario Draghi, dont il faut saluer les propos du week-end dernier, doit passer aux actes et faire baisser le cours de l'euro. Nous attendons une décision début mai lors de la prochaine réunion de la BCE. La politique non conventionnelle est la solution à nos problèmes. C'est ce que font Obama et Cameron. Leur politique budgétaire est dure mais leur politique monétaire est très souple", ajoute-t-il.

M. Montebourg annonce au passage qu'il va créer un "Conseil pour la croissance et le plein emploi", présidé par l'économiste Jean-Paul Fitoussi,

Peter Bofinger, conseiller d'Angela Merkel, et Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie. Ces trois économistes, connus pour leurs positions anti-austérité, "mèneront le débat économique face à la Commission européenne pour convaincre celle ci de faire évoluer ses dogmes", souligne le ministre.

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Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

d'ailleurs dans cette interview Montebourde a confondu le Conseil de l'Europe (Strasbourg) et le Conseil européen (Bruxelles).

Au plus haut sommet de l'Etat...

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Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

Un bon article du Monde sur l'énorme malentendu de l'euro fort entre ce que certains disent en France et la position de la BCE. Il explique bien que les positions de Montebourg et dans un autre registre celles de Greg (que je viens de découvrir) sont conceptuellement non-fondées et correspondent à une vision complètement erronée et simpliste des mécanismes économiques de base. Il n'y a en particulier aucun rapport, mais vraiment aucun, avec l'hyperinflation allemande des années 30...

L'article n'étant accessible que pour les abonnés, je vous en fais part ici :

Le Monde a écrit:

Il règne ces jours-ci deux malentendus à propos de l'euro. Le premier est typiquement français. Lorsque, dans Les Echos du 17 avril, le ministre de l'économie, Arnaud Montebourg, s'emporte contre l'euro fort, il redoute que le niveau, qu'il juge trop élevé, de la monnaie unique ne nuise à la compétitivité des exportations françaises.

Mais lorsque M. Montebourg se réjouit des propos du président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, qui, quelques jours plus tôt, indiquait qu'un nouveau renchérissement de l'euro déclencherait de nouvelles mesures monétaires, il omet de mentionner un détail crucial. A savoir que M. Draghi ne s'inquiète pas… pour les mêmes raisons que lui.

La préoccupation de ce dernier n'est pas la compétitivité des exportateurs français ou même européens. Il redoute que l'appréciation de l'euro, si elle se poursuivait, n'augmente encore les pressions baissières sur les prix. Car, chaque fois que l'euro monte, le prix des produits importés baisse d'autant. C'est en partie pour cela que l'inflation est tombée à 0,5 % en mars en zone euro.

Le second malentendu concerne les outils que la BCE pourrait, si elle le décidait, mettre en œuvre pour tenter de faire baisser le cours de l'euro. Certains politiques l'appellent à imiter, dès à présent, son homologue américaine en la matière. L'ennui, c'est qu'aucun des outils dont elle dispose ne serait assez puissant. Et que certains auraient des effets secondaires ravageurs.

Prenez l'achat de dette publique. Passons sur les obstacles légaux et politiques à une telle mesure. Si la BCE achetait massivement des obligations publiques allemandes, pour ne citer qu'elles, le taux de ces dernières, aujourd'hui à 1,52 %, plongerait sous la barre de 1 %. Ce qui pousserait au bord de la faillite nombre d'assureurs allemands qui en détiennent en masse, tant elles deviendraient peu rentables.

L'achat de créances d'entreprises titrisées, les fameux ABS ? Ce marché pèse 120 milliards d'euros. C'est-à-dire pas grand-chose. Quand bien même la BCE en rachèterait le quart, l'effet serait anecdotique. Même chose avec une nouvelle baisse du taux directeur, déjà au plus bas (0,25 %) : l'impact serait quasi nul.

FLUX MASSIFS DE CAPITAUX

Car les forces qui poussent l'euro à la hausse sont puissantes. Irrésistibles, même. Il y a d'abord l'excédent commercial toujours plus élevé de la zone eur. Il y a aussi le flux massif de capitaux que les investisseurs internationaux ont rapatrié ces derniers mois des pays émergents en déroute vers le Vieux Continent.

« Il ne faut pas se tromper : ce sont bien ces flux qui ont fait baisser aussi rapidement les taux souverains espagnols, italiens, portugais et grecs », rappelle Patrick Artus, chez Natixis. Et ce sont bien ces flux qui poussent également l'euro à la hausse.

En d'autres termes : pour faire baisser la monnaie unique, il faudrait stopper, voire inverser, ces entrées de capitaux. Mais cela ferait mécaniquement remonter, aussi, les taux souverains des pays périphériques ! Autant dire que le dilemme auquel se trouve confrontée la BCE est cornélien.

« Pour l'instant, elle n'a aucun moyen de le résoudre, car maintenir des taux bas en Espagne ou au Portugal et faire baisser l'euro sont deux objectifs qui appellent des réponses diamétralement opposées », résume M. Artus. N'en déplaise à Arnaud Montebourg…

Last edited by nono (20-04-2014 00:30:15)

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Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

Cet article prend le problème à partir des principes qui guident l'action de la BCE depuis sa création. Le problème est que tout cela serait juste si aucune des autres banques centrales n'avait adopté cette expansionnisme monétaire et que la BCE n'avait pas une attitude "contrariante" par rapport à la tendance mondiale. Le résultat est, outre les difficultés des exportateurs français, une dangereuse faiblesse de l'inflation par ailleurs évoquée dans cet article. Je rappelle tout de même que la BCE affirme avoir un "objectif d'inflation  2%", dont on s'éloigne. Bien sur quand ce chiffre avait été décidé, il l'avait été dans la perspective monétariste de gérer le risque d'une inflation supérieure à 2%. Or nous nous en éloignons, à la baisse, ce qui devrait motiver une action expansionniste de la BCE.

Je suis cependant sensible à l'argument de l'excédent commercial européen. L'Union européenne est effectivement une zone économique très exportatrice... avec des écarts de soldes commerciaux énormes entre l'Allemagne (200 Md€ d'excédent) et la France (60 Md€ de déficit commercial). Mais est-il normal que la France (précisément ses entreprises exportatrices) paie pour l'Allemagne ? Je pense au contraire qu'un vision équilibrée de l'UE impliquerait que l'Allemagne (ou ses représentants au board de la BCE) fasse un effort pour ne pas réduire à néant les efforts français pour redresser la tête.

Il y a par ailleurs une option qui n'est pas évoquée dans cet article : celle d'une facilité de dépôt à la BCE (les comptes des banques à la BCE) à des taux négatifs, de façon à pousser les banques à garder moins de disponibilités, pour les prêter aux entreprises. Concrètement cela signifie que les banques devraient payer pour placer leurs disponibilités à la BCE. Or aujourd'hui, ce sont entre 200 et 300 Md€ selon les variations, qui dorment sur les comptes des banques à la BCE. Il ne s'agirait alors en aucun cas de faire jouer la planche à billet, mais d'utiliser un mécanisme  à impact fort de pur incitation, pour les banques, à jouer leur rôle de financement des l'économie.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

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Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

Greg a écrit:

Je suis cependant sensible à l'argument de l'excédent commercial européen. L'Union européenne est effectivement une zone économique très exportatrice... avec des écarts de soldes commerciaux énormes entre l'Allemagne (200 Md€ d'excédent) et la France (60 Md€ de déficit commercial). Mais est-il normal que la France (précisément ses entreprises exportatrices) paie pour l'Allemagne ? Je pense au contraire qu'un vision équilibrée de l'UE impliquerait que l'Allemagne (ou ses représentants au board de la BCE) fasse un effort pour ne pas réduire à néant les efforts français pour redresser la tête.

Mais justement ! Il me semble clair que si l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, les Pays-Bas, etc. voient leur excédent commercial s'accroître depuis plusieurs trimestres, c'est bien la preuve irréfutable que l'euro n'est pas un problème pour la compétitivité des entreprises européennes, ne crois-tu pas ? Comment expliquer sinon que des pays utilisant la même monnaie que nous s'en sortent mieux ?   Je comprends en revanche que c'est un argument commode pour les hommes politiques français; c'est toujours très utile pour se dédouanner de ses propres responsabilités sur le marché domestique d'accuser toujours Bruxelles ou Francfort. Mais économiquement, il apparaît que cela ne tient pas, comme le prouve très bien l'exemple que tu prends.


Greg a écrit:

Cet article prend le problème à partir des principes qui guident l'action de la BCE depuis sa création. Le problème est que tout cela serait juste si aucune des autres banques centrales n'avait adopté cette expansionnisme monétaire et que la BCE n'avait pas une attitude "contrariante" par rapport à la tendance mondiale. Le résultat est, outre les difficultés des exportateurs français, une dangereuse faiblesse de l'inflation par ailleurs évoquée dans cet article. Je rappelle tout de même que la BCE affirme avoir un "objectif d'inflation  2%", dont on s'éloigne. Bien sur quand ce chiffre avait été décidé, il l'avait été dans la perspective monétariste de gérer le risque d'une inflation supérieure à 2%. Or nous nous en éloignons, à la baisse, ce qui devrait motiver une action expansionniste de la BCE.

Mes obligations professionnelles m'interdisent de commenter les décisions du board de la BCE. Je suis d'accord avec toi cependant que le contexte international est important à prendre en compte mais je soulignerais comme le faisait l'article du monde que les flux de capitaux entrants (qui renforcent l'euro) sont bons pour les pays avec un fort niveau de dette en cela qu'ils font une pression à la baisse sur les taux souverains. C'est même très utile pour la France qui s'endette à des taux très bas : j'ai l'impression qu'il y a une grande incohérence entre les discours de Valls de réduction de la dette et les déclarations de Montebourg sur la monnaie : un euro faible va mécaniquement accroître le poids de la dette et de son service et rendre caducs tous les efforts d'austérité mis en place par la gauche. Clairement, il y a un problème dans les positions économiques françaises.

Greg a écrit:

Il y a par ailleurs une option qui n'est pas évoquée dans cet article : celle d'une facilité de dépôt à la BCE (les comptes des banques à la BCE) à des taux négatifs, de façon à pousser les banques à garder moins de disponibilités, pour les prêter aux entreprises. Concrètement cela signifie que les banques devraient payer pour placer leurs disponibilités à la BCE. Or aujourd'hui, ce sont entre 200 et 300 Md€ selon les variations, qui dorment sur les comptes des banques à la BCE. Il ne s'agirait alors en aucun cas de faire jouer la planche à billet, mais d'utiliser un mécanisme  à impact fort de pur incitation, pour les banques, à jouer leur rôle de financement des l'économie.

Là encore je n'ai pas le droit de commenter sur des possibles outils de politique monétaire mais je souligne simplement que le taux de rémunération réel des réserves excédentaires des banques en dépôt auprès de la BCE est négatif depuis longtemps puisqu'il est égal à 0 en nominal depuis plusieurs trimestres !! http://www.ecb.europa.eu/mopo/implement … ex.en.html

Donc il ne semble pas vraiment clair qu'un abaissement à des taux encore plus négatifs ait un impact significatif sur la quantité de liquidités prêtée par les banques. Et sur le fond, je vois mal comment cela pourrait avoir un impact sur le change qui n'a d'ailleurs jamais été un objectif de politique monétaire pour les banques centrales en régime de change flottant. Comment expliques-tu cela ?

Last edited by nono (21-04-2014 21:50:58)

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Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

nono a écrit:
Greg a écrit:

Je suis cependant sensible à l'argument de l'excédent commercial européen. L'Union européenne est effectivement une zone économique très exportatrice... avec des écarts de soldes commerciaux énormes entre l'Allemagne (200 Md€ d'excédent) et la France (60 Md€ de déficit commercial). Mais est-il normal que la France (précisément ses entreprises exportatrices) paie pour l'Allemagne ? Je pense au contraire qu'un vision équilibrée de l'UE impliquerait que l'Allemagne (ou ses représentants au board de la BCE) fasse un effort pour ne pas réduire à néant les efforts français pour redresser la tête.

Mais justement ! Il me semble clair que si l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, les Pays-Bas, etc. voient leur excédent commercial s'accroître depuis plusieurs trimestres, c'est bien la preuve irréfutable que l'euro n'est pas un problème pour la compétitivité des entreprises européennes, ne crois-tu pas ? Comment expliquer sinon que des pays utilisant la même monnaie que nous s'en sortent mieux ?   Je comprends en revanche que c'est un argument commode pour les hommes politiques français; c'est toujours très utile pour se dédouanner de ses propres responsabilités sur le marché domestique d'accuser toujours Bruxelles ou Francfort. Mais économiquement, il apparaît que cela ne tient pas, comme le prouve très bien l'exemple que tu prends.

Il y a deux points dans ton argumentaire :

1/ Ce n'est pas, à mes yeux, "la preuve irréfutable que l'euro n'est pas un problème pour la compétitivité des entreprises européennes". Il va de soi que cela dépend, entreprise par entreprise, branche par branche, secteur par secteur, et en fait technologie par technologie, entre autre du niveau de substituabilité, de gamme, de différenciation, de spécialisation, etc. Il se trouve que bon nombre de spécialisations françaises (en gros le milieu de courbe de gauss des différentes activités françaises) sont souvent d'un niveau de gamme intermédiaire et d'une substituabilité supérieure aux spécialisations des pays qui ne sont pas impactés par l'euro fort. D'où la répétition des problèmes liés aux changes pour bon nombre d'exportateurs français. Mais la France n'est pas la seule.

D'autre part sur ce même point, l'Allemagne a bénéficié de différents avantages comparatifs : l'euro leur a permis d'importer à moindre coût des produits intermédiaires des pays d’Europe centrale qu'ils transformaient en produits finis exportés. L'Allemagne a par ailleurs massivement dévalué par les salaires, logique qu'elle est en train de tempérer. Des aspects structurels non reproductibles ont beaucoup joué dans cet écart à l'intérieur de la zone euro, écarts dont la réduction pourrait devenir un objectif politique des dirigeants de cette même zone. C'est un choix politique.

La question du taux de change (qui reste, juridiquement, hors du champs de compétence de la BCE on est bien d'accord) frappe différemment chaque économie, chaque secteur, branche entreprises, mais il faut des mécanismes de régulation qui limitent les écarts de variations de la valeur de l'euro, tant à la hausse, au-delà de certains seuils (1,40$ par exemple) qu'éventuellement à la baisse (0,8$, situation qui a existé dans les premières années de l'euro) afin d'éviter que des pans industriels entiers de l'UE ne soient pénalisés outre mesure et de façons trop prolongées.

2/ Les hommes politiques ne se dédouanent pas, en l’occurrence, de leurs responsabilités. Ils disent justement "l'inaction monétaire en situation de désinflation risque d'amoindrir voire de réduire à néant les efforts bien réels pour redresser leur situation financière et celle de la compétitivité de leurs entreprises". Et il semble bien que l'ensemble des pays européens, France et pays périphériques inclus, ont engagé et poursuivent leurs efforts.

On pourrait symétriquement adresser la même critique à la BCE  de ne pas assumer ses responsabilités par son inaction à chaque fois que son Président, tous les premiers jeudi du mois, renvoie les hommes politiques à leurs responsabilités de réformes structurelles. Un partout la balle au centre je dirais.


nono a écrit:
Greg a écrit:

Cet article prend le problème à partir des principes qui guident l'action de la BCE depuis sa création. Le problème est que tout cela serait juste si aucune des autres banques centrales n'avait adopté cette expansionnisme monétaire et que la BCE n'avait pas une attitude "contrariante" par rapport à la tendance mondiale. Le résultat est, outre les difficultés des exportateurs français, une dangereuse faiblesse de l'inflation par ailleurs évoquée dans cet article. Je rappelle tout de même que la BCE affirme avoir un "objectif d'inflation  2%", dont on s'éloigne. Bien sur quand ce chiffre avait été décidé, il l'avait été dans la perspective monétariste de gérer le risque d'une inflation supérieure à 2%. Or nous nous en éloignons, à la baisse, ce qui devrait motiver une action expansionniste de la BCE.

Mes obligations professionnelles m'interdisent de commenter les décisions du board de la BCE. Je suis d'accord avec toi cependant que le contexte international est important à prendre en compte mais je soulignerais comme le faisait l'article du monde que les flux de capitaux entrants (qui renforcent l'euro) sont bons pour les pays avec un fort niveau de dette en cela qu'ils font une pression à la baisse sur les taux souverains. C'est même très utile pour la France qui s'endette à des taux très bas :

Ce ne sont pas en soi ces entrées de capitaux qui allègent les taux souverains. Ils y contribuent de facto naturellement, puisqu'ils participent du solde de la balance des paiements, mais bien à leurs place. Et d'ailleurs, le dollars déprécié ne fait pas particulièrement augmenter les taux des bons du trésor américain.

Ces capitaux qui s'investissent en zone euro recherchent d'abord la stabilité du pouvoir d'achat de leur épargne. Il est certain que la zone euro contraste, du fait de sa politique monétaire, avec l'usage de la planche à billets qui a cours dans le reste du monde. D'ailleurs pour être très clair, je n'ai pas toujours été partisan d'une action monétaire. J'ai toujours dit qu'une première phase de crédibilisation prolongée de l'euro et de la stabilité monétaire de sa zone était incontournable pour garantir sa pérennité. Mais la crise, et la sortie de crise avec ses relances monétaires massives dans les différentes zones monétaires étrangères, sont passées par là.

D'un autre côté, les investisseurs qui achètent de la dette souveraine en France, le font à bas taux non pas parce que l'euro est élevé, mais parce que la signature française bénéficie d'une grande crédibilité, derrière le Bund allemand ou le Treasury Bond US, autant par le contraste avec les pays périphériques qui ont eu un gap de crédibilité pendant quelques années (c'est en train de se résorber) que par la capacité certaine qu'a la France de prélever ses recettes publiques et de gouverner dans un sens qui rassure les créanciers nationaux et internationaux de la France. Je constate d'ailleurs que malgré le retour (en force) sur le marché obligataire des pays périphériques qui en avaient été exclus pendant quelques années, les taux français n'augmentent pas particulièrement.

nono a écrit:

j'ai l'impression qu'il y a une grande incohérence entre les discours de Valls de réduction de la dette et les déclarations de Montebourg sur la monnaie : un euro faible va mécaniquement accroître le poids de la dette et de son service et rendre caducs tous les efforts d'austérité mis en place par la gauche. Clairement, il y a un problème dans les positions économiques françaises.

Je vois deux problèmes dans ce que tu décris là :

- je doute qu'il soit jamais question "d'euro faible". Le taux idéal de l'euro serait compris entre 1 et 1,2-1,25$ pour 1 euro. La demande généralement avancée par les gouvernants français est une diminution d'environ 10% de la valeur de l'euro contre dollars. On serait encore dans ce scénario dans une situation d'euro "élevé", mais qui donnerait de l'oxygène aux entreprises exportatrices françaises.

- il me semble que tu oublies que l'inflation, en réduisant progressivement la valeur réelle de la dette, joue en sens inverse de ce que tu décris.


nono a écrit:
Greg a écrit:

Il y a par ailleurs une option qui n'est pas évoquée dans cet article : celle d'une facilité de dépôt à la BCE (les comptes des banques à la BCE) à des taux négatifs, de façon à pousser les banques à garder moins de disponibilités, pour les prêter aux entreprises. Concrètement cela signifie que les banques devraient payer pour placer leurs disponibilités à la BCE. Or aujourd'hui, ce sont entre 200 et 300 Md€ selon les variations, qui dorment sur les comptes des banques à la BCE. Il ne s'agirait alors en aucun cas de faire jouer la planche à billet, mais d'utiliser un mécanisme  à impact fort de pur incitation, pour les banques, à jouer leur rôle de financement des l'économie.

Là encore je n'ai pas le droit de commenter sur des possibles outils de politique monétaire mais je souligne simplement que le taux de rémunération réel des réserves excédentaires des banques en dépôt auprès de la BCE est négatif depuis longtemps puisqu'il est égal à 0 en nominal depuis plusieurs trimestres !! http://www.ecb.europa.eu/mopo/implement … ex.en.html

Donc il ne semble pas vraiment clair qu'un abaissement à des taux encore plus négatifs ait un impact significatif sur la quantité de liquidités prêtée par les banques. Et sur le fond, je vois mal comment cela pourrait avoir un impact sur le change qui n'a d'ailleurs jamais été un objectif de politique monétaire pour les banques centrales en régime de change flottant. Comment expliques-tu cela ?

La question du change ne serait qu'une conséquence d'une relance monétaire qui aurait pour principal objectif celui de l'inflation, puisque la BCE se refuse à avoir un objectif de taux de change.

Reste que les banques gardent beaucoup trop d'argent qui devrait être relancé d'une manière ou d'une autre dans l'économie par une stimulation du crédit. Et de fait, si les taux de facilité de dépôt sont en réel à valeur négative, et que les banques ne prêtent pas assez, c'est que le taux est encore trop élevé !

Plus globalement, et au-delà de tous les paramètres et contingences économiques, il y a que beaucoup se battent aussi depuis des années pour que l'Europe dispose, au même titre que les autres zones économiques et monétaires du monde, du pouvoir souverain de décider d'une orientation monétaire répondant aux mêmes intérêts, poursuivant les mêmes buts et utilisant l'intégralité de la palette des leviers que les autres banques centrales. Et je crois que lorsque la zone euro aura surmonté les insuffisances des premières années, les turbulences de l'adolescence, et l'arrivée à maturité, nous considèrerons comme évidemment dépassées les contraintes que nous sommes aujourd'hui les seuls à nous imposer à nous-mêmes... Et il y a bien là une question éminemment et au premier chef, politique.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

Reste que les banques gardent beaucoup trop d'argent qui devrait être relancé d'une manière ou d'une autre dans l'économie par une stimulation du crédit. Et de fait, si les taux de facilité de dépôt sont en réel à valeur négative, et que les banques ne prêtent pas assez, c'est que le taux est encore trop élevé !

Comment noyer le poisson en usant d'un pseudo jargon qui n'a ni queue ni tête...
1) les banques ne "gardent" pas trop d'argent. Les LTRO ont été massivement souscrits par les banques des piigs pour financer leurs Etats défaillants.
2) les taux n'ont jamais été aussi bas je ne sais pas comment tu peux encore penser que les baisser davantage changerait quoi que ce soit. On ne fait pas boire un âne qui n'a pas soif. Depuis 2008, l'Europe est entrée dans une phase de désendettement massif et général après les excès des 30 à 40 dernières années en la matière. Etats et entreprises assainissent leurs bilans vitesse grand V, les ménages n'ont aucune envie de s'endetter, la seule chose qui peut faire repartir le crédit ce n'est plus les taux c'est la reprise économique. Or nous nous dirigeons tout droit (si ce n'est déjà fait) vers une période de déflation, avec une croissance 0 à la japonaise et un chômage qui ne risque pas de baisser. Ce qui constitue en fait le pire des scénarios.

Bref, nos problèmes actuels sont structurels bien plus que monétaires.

"Je suis aussi perplexe qu'avant mais à un niveau beaucoup plus élevé."

117

Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

Il faut que je clarifie un point très important que tu n'as pas compris :

Greg a écrit:

La question du taux de change (qui reste, juridiquement, hors du champs de compétence de la BCE on est bien d'accord) [...] puisque la BCE se refuse à avoir un objectif de taux de change

Il n'y a pas de contrainte juridique ou de mandat interdisant à la BCE d'avoir une politique de change. Il s'agit uniquement d'une impossibilité économique : sous un régime de libre circulation des capitaux, si la banque centrale veut conserver l'autonomie de sa politique monétaire domestique (fixation des taux directeurs) elle doit nécessairement laisser flotter son change. En économie on appelle cela le triangle d'incompatibilité de Mundell. L'article originel est un AER 1961 donc un peu technique; tu peux en trouver de bonnes explications en français dans le Politiques Economiques de Benassy et al.

C'est pour cela que je pense que toute la discussion de Montebourg, des hauts-fonctionnaires de Bercy et des politiques français en général est complètement vaine : une politique de change dans une zone de libre circulation des capitaux comme la zone euro n'existe simplement pas.

Sur le reste je passe plus vite :

Greg a écrit:

Il se trouve que bon nombre de spécialisations françaises (en gros le milieu de courbe de gauss des différentes activités françaises) sont souvent d'un niveau de gamme intermédiaire et d'une substituabilité supérieure aux spécialisations des pays qui ne sont pas impactés par l'euro fort. [...]

Tu essayes de me convaincre que la France serait un des seuls pays de la Zone Euro à avoir des exports hyper sensibles au change afin de justifier a posteriori des déclarations d'hommes politiques français. Je signale que l'Italie, qui est économiquement plus proche de nous que l'Allemagne, a dégagé l'an dernier un surplus de 31 milliards d'euros là où notre déficit était de -60 milliards pour une économie de taille et de spécialisation similaire. Sur le fond, ton argument est logiquement correct mais il ne correspond à aucune réalité : les produits hyper sensibles au change sont des produits d'exportation bas de gamme, à faible marge et en général très homogènes. La France réalise ses principales exportations dans l'aéronautique, la chimie, les services, le luxe et l'agro-alimentaire de pointe (vins, bêtes sur pied, etc.) qui sont au contraire des produits très différenciés à forte marge. Deux études récentes (d'un académique dont j'ai oublié le nom) et de la Banque de France (G. Cette, 2012) invalident catégoriquement ta thèse.

Greg a écrit:

Ce ne sont pas en soi ces entrées de capitaux qui allègent les taux souverains. Ils y contribuent de facto naturellement, puisqu'ils participent du solde de la balance des paiements, mais bien à leurs place. Et d'ailleurs, le dollars déprécié ne fait pas particulièrement augmenter les taux des bons du trésor américain.

Ce passage est pour le moins confus... Ca veut dire quoi ils y contribuent "mais bien à leur place" ??
En l'occurence, si !, les entrées de capitaux sont le facteur déterminant d'allégement des taux souverains des pays périphériques car ils correspondent à de l'achat de dette domestique par les étrangers, augmentant la demande pour les titres ce qui accroît les prix. Des preuves statistiques existent, il suffit de consulter le dernier rapport public de la BCE "International Role of the Euro". Pour le lien avec le dollar, tu viens justement de trouver la réponse et de prouver mon point : justement qu'il n'y a pas de baisse des taux car malgré la dépréciation du dollar, les US enregistrent un déficit sur le compte de capital qui correspond donc à des entrées de capitaux !! Ces dernières s'expliquant par la grande profondeur et la liquidité des marchés financiers US.


Greg a écrit:

- il me semble que tu oublies que l'inflation, en réduisant progressivement la valeur réelle de la dette, joue en sens inverse de ce que tu décris.

Je parlais du change donc je sous-entendais la dette étrangère évidemment, la dette domestique n'est pas affectée par le change. En ce qui concerne la détention de dette en devise étrangère, une dépréciation monétaire correspond toujours à un alourdissement de la charge de la dette. C'est ce qui s'est passé en Asie en 1997. Dans la mesure où il ne faut pas espérer une forte inflation en zone euro (pas plus de 2%), une dépréciation sans inflation majeure se traduirait donc uniquement par un alourdissement du poids de la dette.



Trèfle a écrit:

2) les taux n'ont jamais été aussi bas je ne sais pas comment tu peux encore penser que les baisser davantage changerait quoi que ce soit. On ne fait pas boire un âne qui n'a pas soif. Depuis 2008, l'Europe est entrée dans une phase de désendettement massif et général après les excès des 30 à 40 dernières années en la matière. Etats et entreprises assainissent leurs bilans vitesse grand V, les ménages n'ont aucune envie de s'endetter, la seule chose qui peut faire repartir le crédit ce n'est plus les taux c'est la reprise économique.

Trèfle souligne un point très important qui est le contexte de désendettement (deleveraging) des agents européens, voulu par les gouvernements et la Commission. Dans un tel contexte et en effet, vu les taux déjà très bas, c'est l'ensemble des canaux de transmission qui sont paralysés. Le but de la BCE va être de les restaurer via une supervision bancaire unique afin on l'espère d'alléger les bilans des banques de certaines créances douteuses. En revanche, je suis en désaccord sur l'absence de demande de crédits : les dernières enquêtes auprès des petites entreprises (SME) européennes et notamment des pays périphériques ont montré que ces dernières étaient très contraintes et n'arrivent pas à obtenir du financement malgré des taux directeurs historiquement incroyablement bas à 0.25%. Ce qui me semble témoigner davantage d'une rupture des canaux de transmission monétaire plutôt que d'une absence de demande de liquidités.

Greg a écrit:

Et je crois que lorsque la zone euro aura surmonté les insuffisances des premières années, les turbulences de l'adolescence, et l'arrivée à maturité, nous considèrerons comme évidemment dépassées les contraintes que nous sommes aujourd'hui les seuls à nous imposer à nous-mêmes... Et il y a bien là une question éminemment et au premier chef, politique.

Je ne suis pas vraiment convaincu par cette approche très naïve de la politique monétaire d'une banque centrale (l'enfant, l'adolescent et maintenant l'adulte ??). Il y a beaucoup de choses à dire mais je peux t'assurer que la BCE fait face à de très nombreuses contraintes économiques qu'elle doit régler de façon efficace et si possible avec le moins d'idéologie possible. Bien sûr cela ne signifie pas que toute dimension politique est absente loin de là mais la BCE est beaucoup plus pragmatique et technique que ce que l'administration française pense, qui ne voit en elle qu'une sorte de posture idéologique anti-inflation. Le discours de juillet 2012 "whatever it takes", l'OMT, l'achat masif sur le marché secondaire de titres souverains, etc. témoignent du grand pragmatisme de l'institution.

Pour finir sur ce point je me permettrais de citer un extrait de cet édito du Point, que je ne partage pas complètement dans son ensemble mais dont le dernier paragraphe résume à merveille ce que certains pensent à Francfort (j'ai vu l'édito affiché sur une porte d'un collègue non-français francophone aujourd'hui !):

Le Point a écrit:

[...] La crise l'a démontré : il faut plus faire confiance à la puissance d'action et aux propos glacés des banquiers centraux qu'à l'impuissance avérée et aux envolées lyriques de nos dirigeants politiques, fussent-elles prononcées du haut de la tribune de l'Assemblée nationale.

Au vu de la façon dont ils ont géré le pays depuis trente ans, il est stupéfiant de constater avec quelle arrogante audace nos dirigeants politiques se permettent aujourd'hui encore d'expliquer à la BCE ce qu'elle devrait faire

http://www.lepoint.fr/editos-du-point/p … 80_493.php

Last edited by nono (23-04-2014 21:16:00)

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Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

Dow Jones a écrit:

*DJ Draghi (BCE): un nouveau LTRO ou des achats d'ABS pourraient aider à stimuler le crédit - le 24/04/2014 à 11:05

L'appui aérien arrive.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

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Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

nono a écrit:

Il faut que je clarifie un point très important que tu n'as pas compris :

Greg a écrit:

La question du taux de change (qui reste, juridiquement, hors du champs de compétence de la BCE on est bien d'accord) [...] puisque la BCE se refuse à avoir un objectif de taux de change

Il n'y a pas de contrainte juridique ou de mandat interdisant à la BCE d'avoir une politique de change. Il s'agit uniquement d'une impossibilité économique : sous un régime de libre circulation des capitaux, si la banque centrale veut conserver l'autonomie de sa politique monétaire domestique (fixation des taux directeurs) elle doit nécessairement laisser flotter son change. En économie on appelle cela le triangle d'incompatibilité de Mundell. L'article originel est un AER 1961 donc un peu technique; tu peux en trouver de bonnes explications en français dans le Politiques Economiques de Benassy et al.

C'est pour cela que je pense que toute la discussion de Montebourg, des hauts-fonctionnaires de Bercy et des politiques français en général est complètement vaine : une politique de change dans une zone de libre circulation des capitaux comme la zone euro n'existe simplement pas.

Sur un plan purement théorique et le triangle d'incompatibilité, je ne dis pas le contraire.

Mais pourquoi la Fed, la BoJ, la BoE, et alii. se contrefichent allègrement de ces lois théoriques apprises comme toi sur les bancs universitaires et suivent effectivement des objectifs de taux de change, sans le dire ?

La réalité est que les banques centrales suivent des objectifs répondant aux intérêts majeurs de leur zone économique, bien plus que de répondre à des lois économiques fondamentales. La BCE travaille elle à répondre à des objectifs fixés dans ses statuts et mandats, dont on a ôté à l'origine ce qui fait la réalité d'une monnaie et de la souveraineté qui lui est afférente. Nous sommes des moines, qui connaissons bien notre exégèse, notre doxa et nos manuels théoriques, mais nous avons en face de nous des soldats bien armés et prêts à tout pour favoriser leurs intérêts tactiques et stratégiques.


nono a écrit:
Greg a écrit:

Il se trouve que bon nombre de spécialisations françaises (en gros le milieu de courbe de gauss des différentes activités françaises) sont souvent d'un niveau de gamme intermédiaire et d'une substituabilité supérieure aux spécialisations des pays qui ne sont pas impactés par l'euro fort. [...]

Tu essayes de me convaincre que la France serait un des seuls pays de la Zone Euro à avoir des exports hyper sensibles au change afin de justifier a posteriori des déclarations d'hommes politiques français. Je signale que l'Italie, qui est économiquement plus proche de nous que l'Allemagne, a dégagé l'an dernier un surplus de 31 milliards d'euros là où notre déficit était de -60 milliards pour une économie de taille et de spécialisation similaire. Sur le fond, ton argument est logiquement correct mais il ne correspond à aucune réalité : les produits hyper sensibles au change sont des produits d'exportation bas de gamme, à faible marge et en général très homogènes. La France réalise ses principales exportations dans l'aéronautique, la chimie, les services, le luxe et l'agro-alimentaire de pointe (vins, bêtes sur pied, etc.) qui sont au contraire des produits très différenciés à forte marge. Deux études récentes (d'un académique dont j'ai oublié le nom) et de la Banque de France (G. Cette, 2012) invalident catégoriquement ta thèse.

Nous avons effectivement en France une très grande diversité de dotations factorielles spécifiques et un système éducatif produisant d'excellents ingénieurs et diplômés, un système technologique de pointe et des savoirs-faire qui nous donnent des fleurons d'exportation sur tout un tas de secteurs. Mais tu ne peux pas prendre la partie qui marche bien pour le tout.

D'autre part, j'écoute et je regarde toutes les publications de résultats des entreprises françaises et je vois assez peu d'exception à ce que nos entreprises, même les plus performantes, voient leurs chiffres d'affaire affectés par les changes. Je pourrais toutes les citer : ce matin c'était Technicolor, avant hier c'était Safran, etc.

Je trouve donc qu'il y a un certain autisme à ne pas voir cette réalité en s'en tenant à une ligne que tu estimes académique et que j'estime idéologique.

nono a écrit:
Greg a écrit:

Ce ne sont pas en soi ces entrées de capitaux qui allègent les taux souverains. Ils y contribuent de facto naturellement, puisqu'ils participent du solde de la balance des paiements, mais bien à leurs place. Et d'ailleurs, le dollars déprécié ne fait pas particulièrement augmenter les taux des bons du trésor américain.

Ce passage est pour le moins confus... Ca veut dire quoi ils y contribuent "mais bien à leur place" ??
En l'occurence, si !, les entrées de capitaux sont le facteur déterminant d'allégement des taux souverains des pays périphériques car ils correspondent à de l'achat de dette domestique par les étrangers, augmentant la demande pour les titres ce qui accroît les prix. Des preuves statistiques existent, il suffit de consulter le dernier rapport public de la BCE "International Role of the Euro". Pour le lien avec le dollar, tu viens justement de trouver la réponse et de prouver mon point : justement qu'il n'y a pas de baisse des taux car malgré la dépréciation du dollar, les US enregistrent un déficit sur le compte de capital qui correspond donc à des entrées de capitaux !! Ces dernières s'expliquant par la grande profondeur et la liquidité des marchés financiers US.

Rien de confus à cela, et je ne disais pas le contraire de ce que tu dis : les achats de dette européennes par des extra-européens participent de la force de l'euro, mais parmi les autres postes d'entrées de capitaux dans la zone euro (recettes d'exportations, import d'épargne, IDE, rapatriement de capitaux, etc.).


nono a écrit:
Greg a écrit:

- il me semble que tu oublies que l'inflation, en réduisant progressivement la valeur réelle de la dette, joue en sens inverse de ce que tu décris.

Je parlais du change donc je sous-entendais la dette étrangère évidemment, la dette domestique n'est pas affectée par le change. En ce qui concerne la détention de dette en devise étrangère, une dépréciation monétaire correspond toujours à un alourdissement de la charge de la dette. C'est ce qui s'est passé en Asie en 1997. Dans la mesure où il ne faut pas espérer une forte inflation en zone euro (pas plus de 2%), une dépréciation sans inflation majeure se traduirait donc uniquement par un alourdissement du poids de la dette.

ok

nono a écrit:
Trèfle a écrit:

2) les taux n'ont jamais été aussi bas je ne sais pas comment tu peux encore penser que les baisser davantage changerait quoi que ce soit. On ne fait pas boire un âne qui n'a pas soif. Depuis 2008, l'Europe est entrée dans une phase de désendettement massif et général après les excès des 30 à 40 dernières années en la matière. Etats et entreprises assainissent leurs bilans vitesse grand V, les ménages n'ont aucune envie de s'endetter, la seule chose qui peut faire repartir le crédit ce n'est plus les taux c'est la reprise économique.

Trèfle souligne un point très important qui est le contexte de désendettement (deleveraging) des agents européens, voulu par les gouvernements et la Commission. Dans un tel contexte et en effet, vu les taux déjà très bas, c'est l'ensemble des canaux de transmission qui sont paralysés. Le but de la BCE va être de les restaurer via une supervision bancaire unique afin on l'espère d'alléger les bilans des banques de certaines créances douteuses. En revanche, je suis en désaccord sur l'absence de demande de crédits : les dernières enquêtes auprès des petites entreprises (SME) européennes et notamment des pays périphériques ont montré que ces dernières étaient très contraintes et n'arrivent pas à obtenir du financement malgré des taux directeurs historiquement incroyablement bas à 0.25%. Ce qui me semble témoigner davantage d'une rupture des canaux de transmission monétaire plutôt que d'une absence de demande de liquidités.

Oui sur le blocage des canaux de transmission... Les banques !
Mais c'est tellement simple de dire que les entreprises ne veulent pas emprunter, que l'âne n'aurait pas soif... D'un point de vue macro, on peut dire ça pour résumer une réalité qui recouvre des myriades de situations. Mais d'un point de vue microéconomique, c'est totalement faux.

Nul ne nie qu'il y a eu un déleveraging massif ce qui fut assez logique dans la situation de crise financière à partir de 2008.

Mais au niveau micro des milliers et des milliers de PME se plaignent des refus de crédits par les banques. Ce n'est pas pour rien que la médiation du crédit arrive à récupérer plus de 50% de dossiers de refus de crédits jugés illégitimes... Les systèmes de "compliances" internes aux banques sont parfois si pavloviens que l'on se retrouve avec des refus totalement aberrants. Ils découlent certes des ratios de liquidités et de solvabilité qui leurs sont imposés, mais ils sont appliqués parfois avec une totale absence de discernement. D'où l'intérêt de la BPI qui compense un peu la frilosité excessive des banques, mais seulement à la marge compte-tenu de sa puissance financière somme toute assez limitée par rapport aux besoins.

Il faut donc "faire tousser" les banques qu'elles lâchent du lest et soient incitées à financer l'économie. Si un nouveau LTRO peut y contribuer ou la garantie que les crédits aux PME peuvent être rachetés par la BCE, il faut le faire, n'en déplaisent aux bons petits moines de l'orthodoxie bancaire ou monétaire.

nono a écrit:
Greg a écrit:

Et je crois que lorsque la zone euro aura surmonté les insuffisances des premières années, les turbulences de l'adolescence, et l'arrivée à maturité, nous considèrerons comme évidemment dépassées les contraintes que nous sommes aujourd'hui les seuls à nous imposer à nous-mêmes... Et il y a bien là une question éminemment et au premier chef, politique.

Je ne suis pas vraiment convaincu par cette approche très naïve de la politique monétaire d'une banque centrale (l'enfant, l'adolescent et maintenant l'adulte ??). Il y a beaucoup de choses à dire mais je peux t'assurer que la BCE fait face à de très nombreuses contraintes économiques qu'elle doit régler de façon efficace et si possible avec le moins d'idéologie possible.

Guess what : toutes les autorités politiques "font face à de très nombreuses contraintes économiques". Tout le monde est confronté à la même réalité.

Il semble néanmoins que la BCE fasse face à plus de contraintes non pas économiques mais juridiques et idéologiques que les autres banques centrales, et c'est là que le bât blesse.

nono a écrit:

Bien sûr cela ne signifie pas que toute dimension politique est absente loin de là mais la BCE est beaucoup plus pragmatique et technique que ce que l'administration française pense, qui ne voit en elle qu'une sorte de posture idéologique anti-inflation. Le discours de juillet 2012 "whatever it takes", l'OMT, l'achat masif sur le marché secondaire de titres souverains, etc. témoignent du grand pragmatisme de l'institution.

Draghui est très fort parce qu'après les LTRO il a réussi à remplacer l'action par le verbe. il a exceptionnellement bien réussi la communication monétaire de la BCE puisque, pendant une période prolongée, il a pu remplacer l'action par les déclarations.

L'outright monetary transactions program (OMT) est de ce point de vue "extraordinaire" puisqu'il n'a tout simplement pas été utilisé mais la simple possibilité de son utilisation a de facto contribué (parmi d'autres raisons comme l'ajustement des pays concernés...) à réduire de façon accélérée les taux d'emprunts obligataires des pays périphériques.

Mais attention : l'impact de l'arme de la parole se réduit à mesure qu'elle est utilisée sans être suivie d'action.

nono a écrit:

Pour finir sur ce point je me permettrais de citer un extrait de cet édito du Point, que je ne partage pas complètement dans son ensemble mais dont le dernier paragraphe résume à merveille ce que certains pensent à Francfort (j'ai vu l'édito affiché sur une porte d'un collègue non-français francophone aujourd'hui !):

Le Point a écrit:

[...] La crise l'a démontré : il faut plus faire confiance à la puissance d'action et aux propos glacés des banquiers centraux qu'à l'impuissance avérée et aux envolées lyriques de nos dirigeants politiques, fussent-elles prononcées du haut de la tribune de l'Assemblée nationale.

Au vu de la façon dont ils ont géré le pays depuis trente ans, il est stupéfiant de constater avec quelle arrogante audace nos dirigeants politiques se permettent aujourd'hui encore d'expliquer à la BCE ce qu'elle devrait faire

http://www.lepoint.fr/editos-du-point/p … 80_493.php

Oui mais non.

D'abord faire une généralité sur "les dirigeants politiques qui ont dirigé la France depuis 30 ans" n'a tout simplement aucun sens. Ceux qui sont en fonction aujourd'hui n'ont pas dirigé pendant 30 ans. Tout au plus ils ont été présents dans un gouvernement il y a plus de 20 ans pour certains Ministres.

Ensuite, je ne vois pas au nom de quoi les dirigeants politiques qui le souhaitent devraient s'interdire de dire ce qu'ils pensent, et de voir que les autres banques centrales font le job que la BCE se refuse à faire autrement que par des mots.

Enfin la dynamique de réforme engagée aujourd'hui n'a pas eu de précédents. Et c'est justement pour ne pas gâcher le travail et les efforts engagés ou accomplis que beaucoup de dirigeants politiques français demandent aujourd'hui que la BCE vienne en soutien de cet effort en évitant que l'économie européenne ne bascule dans la déflation.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

Un nouveau LTRO ne servira strictement à rien. Le marché interbancaire est paralysé depuis bientôt 6 ans parce que l'Europe n'a pas eu le courage politique de laisser des banques bourrées de créances douteuses faire faillite (ce qui s'est passé dans la douleur aux US n'en déplaise à ses contempteurs). Des banques zombies continuent donc d'exister dans l'indifférence quasi générale sauf que cela est en train de nous entraîner dans le cercle vicieux de la déflation duquel il est très difficile de sortir. Le contexte de désendettement dans lequel nous nous trouvons (y compris chez les acteurs privés, la demande de crédit des entreprises portant sur des financements de court terme plutôt que sur des projets d'investissement de long terme générateurs de croissance économique), est évidemment un frein au crédit, non seulement du côté de la demande mais aussi du côté de l'offre puisqu'il entraîne de facto une contraction des dépôts bancaires. Au-delà de cet environnement peu favorable, la défiance persiste sur le marché interbancaire pour les raisons évoquées plus haut. L'absence de fluidité sur ce marché augmente le coût du risque, le crédit se contracte, les prix baissent, les profits baissent mais tous les prix ne baissent pas en même temps, à commencer par les salaires, les comptes se dégradent, les faillites se multiplient (ou pourquoi le pacte de responsabilité a pour objectif la restauration des marges des entreprises françaises...)...pour les pays dans lesquels des banques zombies ne continuent pas à financer des entreprises zombies par le truchement de la BCE qui fait marcher la planche à billet.

La question n'est donc pas celle des taux mais celle de la solidité (et de la crédibilité !) de l'union bancaire qui est en train d'être mise en place. L'Europe est très affaiblie, l'impression est forte que les intérêts des membres ont rarement été aussi divergents sur autant de sujets : économiques, stratégiques, politiques...il faut que cette nouvelle pierre rétablisse la confiance et cela passe par l'étape cruellement nécessaire et désespérément tardive d'assainissement du système bancaire européen : les banques zombies doivent disparaître du paysage. A cela s'ajoute la question du fonds créé en parallèle et financé par l'industrie bancaire. Comment envisager une seconde que 50 milliards dans 10 ans sont une réponse satisfaisante alors même que les besoins actuels de recapitalisation sont estimés entre 50 et 200 milliards ? C'est risible.

Les banques, par ci, les banques par là, la BCE par ci, la BCE par là, mais ce sont bien les politiques menées actuellement qui sont insuffisantes pour restaurer la confiance, l'investissement et la croissance de demain. Aucune réforme profonde du marché du travail, le fameux pacte de responsabilité et ses insupportables silences (du neuf sur les contreparties ?), le plan d'économies qui n'est qu'un vaste gel des dépenses (bonjour la réforme structurelle), les atermoiements fiscaux...

Dans ce contexte, les résultats des dernières élections sont tout sauf surprenants et les prochaines sont déjà jouées. Triste ironie (mais la sanction n'est-elle pas méritée ?) que de voir, demain, un Parlement européen, ou siégera une majorité de députés hostiles à l'Europe.

"Je suis aussi perplexe qu'avant mais à un niveau beaucoup plus élevé."

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Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

Flanby a de nouvelles lunettes mais elles sont danoises. Qu'en pense Montebourde ?

http://www.lepoint.fr/insolite/hollande … 833_48.php

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

c'est la même monture que Christian de La Mazière dans Le chagrin et la pitié

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Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

Haha ! Pas mal. :)

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
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Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

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Last edited by Free French (30-06-2014 20:32:35)

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Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

FDL a écrit:

Flanby a de nouvelles lunettes mais elles sont danoises. Qu'en pense Montebourde ?

http://www.lepoint.fr/insolite/hollande … 833_48.php

Ce qu'en pense Nono le clown, je ne sais pas, mais en tout cas, les lunetiers français, eux, ne sont pas contents.
Cela dit, je ne suis pas d'accord avec le premier paragraphe de l'article selon lequel cette polémique est due au fait que Montebourde aurait imposé sa "marotte". Je pense plutôt que c'est révélateur, une fois de plus, du "faites ce que je dis, pas ce que je fais". Ces grandes leçons de morale distillées au peuple, par définition attardé, par notre bien-aimée classe politique qui ne se les applique pas. Comme d'habitude.

Le Figaro a écrit:


Les lunetiers rappellent l'importance du made in France à François Hollande

LE SCAN POLITIQUE - La nouvelle paire de lunettes du président de la République est de fabrication danoise. Les lunetiers français voient rouge.

C'est certainement la preuve qu'Arnaud Montebourg a su imposer sa marotte du made in France dans l'opinion. Aussitôt relooké par une nouvelle paire de lunettes danoises, François Hollande est l'objet de critiques des lunetiers français.

Maxime Rolandeau et Ludovic Brochard sont directeurs d'une PME nantaise. Ils ont envoyé mardi une monture sortie de leurs ateliers au président de la République. «Vous êtes, Monsieur le Président, un vecteur d'image important à travers le monde et votre choix de monture peut laisser penser qu'aucune entreprise française n'a pu satisfaire vos exigences. En portant nos lunettes, vous pourriez devenir l'ambassadeur de la lunetterie française», ont écrit les deux entrepreneurs. «La filière française est soumise à une forte concurrence internationale, essentiellement asiatique», expliquent-ils dans les colonnes de Ouest-France.

«Lunettes d'appoint»

L'Elysée a confirmé au Parisien avoir reçu le colis. Une monture en écailles, marron et plus fine. La présidence de la République s'est sentie obligée de préciser que la paire danoise de François Hollande est constituée de verres français Essilor et ... de rappeler l'entreprise nantaise pour commander une paire de lunettes solaires.

Mais voilà qu'une seconde entreprise, orléanaise celle-ci, a elle aussi envoyé sa monture rue du Faubourg Saint Honoré. Sabine Begault Vagner a fait parvenir une «jolie paire bleue et rouge rectangulaire», raconte l'Elysée. «Promis, le président s'en servira comme lunettes d'appoint», assure un collaborateur du chef de l'État.

http://www.lefigaro.fr/politique/le-sca … llande.php

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
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Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

oh putain mais on s'en fout c'est tellement risible et minable comme polémique

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016

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Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

Je ne sais pas si tout le monde s'en fout mais en tout cas, ça excite Jacques Séguéla et surtout Bruno Petit-Petit pour qui ces nouvelles lunettes "campent [Flanby] en héros des sixties au tournant des seventies, et lui offre l'opportunité d'incarner une période simple et tranquille, une rupture avec l'air du temps [...]" (sic), et qui n'oublie bien évidemment pas de baver sur les Zemmour, Polony etc. dont il est publiquement jaloux.

http://leplus.nouvelobs.com/contributio … hirac.html

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
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Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

Bon bon bon. Puisque Greg ne daigne pas saluer avec emphase la dernière action de la BCE je m'en vais vous en toucher un mot. Hier notre Sauveur a offert 400 milliards aux banques sous la forme d'un prêt à 4 ans à un taux ridiculement bas.

Greg a écrit:

L'appui aérien arrive.

L'appui aérien est arrivé en effet. Résultat : il est venu et personne n'en a voulu. A peine 86 milliards souscrits (big fail à moins de 100mds). Oh wait? Ca n'a pas marché ? Pourtant ce n'est pas ce que Greg nous soutenait.

Greg a écrit:

Il faut donc "faire tousser" les banques qu'elles lâchent du lest et soient incitées à financer l'économie. Si un nouveau LTRO peut y contribuer ou la garantie que les crédits aux PME peuvent être rachetés par la BCE, il faut le faire, n'en déplaisent aux bons petits moines de l'orthodoxie bancaire ou monétaire.

En fait, seul Greg a été surpris.

Trèfle a écrit:

Un nouveau LTRO ne servira strictement à rien. Ce sont bien les politiques menées actuellement qui sont insuffisantes pour restaurer la confiance, l'investissement et la croissance de demain. Nos problèmes actuels sont structurels bien plus que monétaires.

Voilà voilà, Draghi l'a fait pour voir et, comme il devait s'en douter, ça a pas marché.

La Tribune a écrit:

Un TLTRO pour rien ?

Il semble donc évident que le TLTRO ne permettra pas de relancer le crédit en zone euro, particulièrement dans le sud de cette dernière. C'est que, globalement, l'accès à la liquidité pour les banques n'est pas un problème majeur, sauf pour certaines banques en Grèce ou à Chypre qui n'ont plus guère accès au marché. Le problème fondamental de la distribution de crédits a deux explications majeures : la crainte des banques de prendre des risques et la faible demande des PME qui, faute de perspectives et de marchés, ne souhaitent ni investir ni prêter.

Alors Greg, tu as pas de nouvelles affirmations péremptoires à nous soumettre ? Quid d'une baisse des taux ?

Last edited by Trèfle (19-09-2014 08:46:11)

"Je suis aussi perplexe qu'avant mais à un niveau beaucoup plus élevé."

Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

C'est pas comme ça qu'on va redresser la France.

It ain’t what you don’t know that gets you into trouble. It’s what you know for sure that just ain’t so.

"Un terroriste ne mérite pas de mourir. Il mérite de vivre l'enfer. A perpétuité. Et seule la déchéance de la nationalité le permet." Greg

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Re: Arnaud Montebourg et le redressement productif français

Hahaha ! Mais quel histrion, ce type.

Le Figaro a écrit:

Contre le «sarkhollandisme», Montebourg se dit «prêt» à revenir en politique

http://www.lefigaro.fr/politique/le-sca … itique.php

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)