Coke a écrit:Attention, ceci est une vraie question.
Comment les riches, avec un semblant de conscience sociale (de gauche), doivent-ils donc dépenser tout leur argent pour que leurs réflexions gauchistes n'aient pas ce gout salé ?
Ton sous-entendu revient à dire qu'au-delà d'un certain type de revenu, si on veut encore parler d'égalité, vaut mieux tout planquer sur son plan épargne et ne rien dépenser pour "paraître" de gauche.
Je sentais venir ce type de commentaire (légitime au demeurant). On peut même trouver le pendant à droite, où un Smicard se plaindra d'impôts trop élevés sur les entrepreneurs, de droits de succession trop élevés ou bien même réclamera la suppression de l'ISF...
Sentant venir le coup, j'avais effectivement préparé le terrain en soulignant qu'elle fait ce qu'elle veut de son argent.
Après, c'est vrai que les modes de vie ne sont pas toujours raccord avec les idées qu'on défend ou celles auxquelles on croit. Au risque parfois de sonner comme une "dame patronesse" qui parle de "ses" pauvres.
Les plus de vingt ans connaissent très bien la "gauche caviar" qui idéalise le prolo, en parle tout le temps, mais qui en même temps ne supporte pas "les beaufs qui sentent quand même des aisselles".
Je suis volontairement caricatural.
Par exemple, je trouve assez rigolo qu'une personne comme Audrey Pulvar fasse un discours larmoyant sur les Rroms sans n'en avoir peut être jamais vu. Je trouve assez hypocrite que l'élue d'un parti qui entend "faire de la politique autrement et qui annonce qu'il faut que les riches soient mis à contribution du redressement des finances publiques" se fasse prendre les doigts dans le pot de confiture de l'évasion fiscale.
On peut aller plus loin et noter que l'ouvrage de Guilly démontre que dans les quartiers bobos occupés par des "classes progressistes ouvertes aux autres cultures et à la diversité", les classes aisées ont tendance à pratiquer des stratégies d'évitement très poussées quand il s'agit que leurs enfants entrent à l'école primaire. Cela vaut ce que ça vaut, mais effectivement, il étudie les prénoms: en maternelle dans les XVIIIè et XIXè arrondissement, les Fatoumata, Mamadou et Omar côtoient les Matteo, Enzo et Léa. Par contre, au moment du primaire et de l'apprentissage de la lecture, on note que certaines écoles concentrent les noms à consonance étrangère et que d'autres, bénéficiant d'une meilleure réputation, compte une très forte proportion de prénoms eux aussi connotés socialement comme étant ceux de CSP supérieures.
De la même manière, on peut souligner l'hypocrisie de ceux "du show business" qui parlent à longueur de temps d'égalité et de solidarité soient les premiers à pistonner leurs rejetons pour qu'ils deviennent chanteur ou musicien.
J'avais déjà soulevé cette question auprès d'un ami apparatchik PS, bénéficiaire d'un emploi municipal très bien rémunéré dans la culture et qui s'indignait toujours des inégalités, sur ce qu'il faisait lui concrètement pour y remédier et qui avait laborieusement expliqué qu'il "était membre d'une avant-garde éclairée qui dénonçait les inégalités".
Je n'avais pu m'empêcher de penser à d'autres amis de "droite" qui donnent des cours de soutien scolaire ou qui font scribe public sur leur temps libre.
Et effectivement, quand quelqu'un peut se permettre des binocles représentant le salaire annuel d'une personne, je me demande ce qu'elle peut effectivement connaître de la vie des gens qu'elle entend défendre...
Last edited by sabaidee (22-10-2012 13:14:08)
"Les hommes qui disent que les femmes sont frigides sont de mauvaises langues" Guitry