Topic: Faut-il interdire l'extraction de schistes bitumineux ?

Hello le forum,

Je vais être bien scientiste comme le veut free french...

Les schistes bitumineux sont des matériaux qui peuvent être convertis en hydrocarbures et donc être un bon substitut au pétrole, dans la perspective du tarissement des ressources connues de pétrole.

L'UMP veut interdire le gaz de schiste

01/04/2011     | Mise à jour : 19:55   

Le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Christian Jacob, a déposé une proposition de loi pour interdire l'exploitation des gaz de schiste et "abroger" les permis en cours, a-t-on appris aujourd'hui dans son entourage, confirmant une information des Echos.

Le texte de Christian Jacob veut interdire "l’exploration et l’exploitation des mines d’hydrocarbures liquides ou gazeux non conventionnels", "en application du principe de précaution prévu à l’article 5 de la Charte de l’environnement".

"Les permis exclusifs de recherches de mines d’hydrocarbures liquides ou gazeux non conventionnels sont abrogés", ajoute le texte de la proposition de loi, publié sur le site de l'Assemblée nationale. "L’exploration et l’exploitation des huiles et du gaz de schiste ne sont ni sans conséquence pour notre environnement ni sans risque pour notre santé", écrit M. Jacob dans l'avant-propos de son texte.

"Les conséquences environnementales sont extrêmement néfastes: pollution des eaux, de l’air et des sols, consommation considérable d’eau pour la fracturation, émissions de gaz carbonique inférieures seulement à l’énergie charbonnière, destruction du paysage pour installer les puits de forage", ajoute M. Jacob, ex-responsable syndical agricole.

Le PS a également demandé mardi l'interdiction de l'exploration et de l'exploitation du gaz de schiste, dans un communiqué publié à l'issue du bureau national (direction).
L'inscription à l'ordre du jour de l'Assemblée d'une proposition de loi n'est pas automatique.

Exemple typique d'utilisation cavalière du principe de précaution.
Pourquoi l'UMP veut empêcher une telle avancée ?

Re: Faut-il interdire l'extraction de schistes bitumineux ?

Scientiste a écrit:

interdire "l’exploration et l’exploitation des mines d’hydrocarbures liquides ou gazeux non conventionnels"

Jusqu'à ce qu'on connaisse l'importance des réserves dans le bassin parisien. Je ne me fais pas trop de soucis. smile

« Que voulez-vous ? Que j'aille chez vous avec une verge, ou avec amour et dans un esprit de douceur ? » 1 Corinthiens 4:21

Re: Faut-il interdire l'extraction de schistes bitumineux ?

Parce que les populations concernées ont peut que ça foute en l'air leurs paysages ?

Last edited by Elessar (02-04-2011 14:30:38)

Re: Faut-il interdire l'extraction de schistes bitumineux ?

En fait je sais pas si ton message est sarcastique, Scientiste, mais l'extraction des schistes bitumineux c'est de la dévastation écologique à grande échelle. C'est pas une question de principe de précaution.

Re: Faut-il interdire l'extraction de schistes bitumineux ?

A ce sujet, je sais pas si vous avez vu cette vidéo de John Curtis, très instructive :

http://www.youtube.com/watch?v=MAyvoqIN6Fk

Très orientée aussi à mon humble avis.

Il y a également le documentaire Gasland qui a gagné le prix spécial du jury à Cannes (trailer = http://www.youtube.com/watch?v=dZe1AeH0Qz8).

Ça pue la catastrophe écologique cette affaire. Ils me surprennent, en bien, à l'UMP.

Last edited by Kunstler (02-04-2011 17:58:52)

Re: Faut-il interdire l'extraction de schistes bitumineux ?

Okay okay. C'est polluant. Mais comment envisager la gestion de la pénurie de pétrole qui pointe le bout de son nez dans 20 à 40 ans ?

Re: Faut-il interdire l'extraction de schistes bitumineux ?

Scientiste a écrit:

Okay okay. C'est polluant. Mais comment envisager la gestion de la pénurie de pétrole qui pointe le bout de son nez dans 20 à 40 ans ?

Les schistes bitumineux ne représentent pas une alternative viable à moyen terme. Leur exploitation coûteuse va devenir rentable à court terme en raison de l'envolée future du prix du baril, et parce que l'on ne facture pas les dommages (parfois irréversibles) faits à l'environnement. Le fait même de consommer le reste des réserves de pétrole aura des conséquences néfastes, on ne peut pas raisonnablement envisager comme alternative des énergies fossiles encore plus polluantes.

This is a bucket of shit. If someone throws shit at us, we throw shit back at them. We start a shit fight. We throw so much shit back at them so they can't pick up shit, they can't throw shit, they can't DO shit.

Re: Faut-il interdire l'extraction de schistes bitumineux ?

Scientiste a écrit:

Okay okay. C'est polluant. Mais comment envisager la gestion de la pénurie de pétrole qui pointe le bout de son nez dans 20 à 40 ans ?

En sortant de la civilisation de la bagnole ?

Re: Faut-il interdire l'extraction de schistes bitumineux ?

Elessar a écrit:
Scientiste a écrit:

Okay okay. C'est polluant. Mais comment envisager la gestion de la pénurie de pétrole qui pointe le bout de son nez dans 20 à 40 ans ?

En sortant de la civilisation de la bagnole ?

barackobama@whitehouse.gov
hujintao@communistparty.cn
manmohansingh@inc.in

bonne chance

Re: Faut-il interdire l'extraction de schistes bitumineux ?

Concrètement, Christian Jacob envisage un embargo sur le pétrole canadien qui vient de ces schistes (le canada est le 1er producteur de pétrole de sable) ?

Il donne l'exemple en arretant de prendre l'avion et la voiture et prend les transports en commun ?

Il encourage la voiture électrique et lance un programme nucléaire mondial pour produire de l'électricité sans CO2 ?

(on en revient au nucléaire...)

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Re: Faut-il interdire l'extraction de schistes bitumineux ?

La mission d'inspection composée de scientifiques experts (membres du Conseil général de l'industrie, de l'énergie et des technologies (CGIET) ou du Conseil général de l'environnement et du développement durable (CGEDD)) qui vient de rendre son rapport sur la question de l'extraction des schistes bitumineux (à partirdesquels on tire des hydrocarbures dits de "roche-mère") estime «dommageable» pour la France de renoncer à ces hydrocarbures sans une évaluation préalable.

Une semaine après la décision du gouvernement d'abroger tous les permis d'exploration attribués ces trois dernières années et d'exploitation, le débat est relancé. La mission s'est déclarée favorable à «la réalisation de travaux de recherche et de tests d'exploration» dans les régions françaises les plus «prometteuses» (Languedoc-Roussilon particulièrement mais également Auvergne). Le tout à partir «d'un nombre limité de puits expérimentaux» soumis à un «encadrement strict», notamment au regard de la préservation de l'environnement. Je pense que cette procédure proposée respecte le principe de précaution puisqu'il propose bien une période de recherche et d'analyses préalables.

Reste qu'il est vrai que pour le moment, cette extraction pollue et risque de polluer massivement les nappes phréatiques lors de leur extraction, d'où les mobilisations assez importantes dans les zones concernées.

Le rapport utilise la catastrophe de Fukushima pour dire que les schistes restent moins risqués et moins polluants. Ce qui est assez ironique, c'est que l'on dit la même chose sur le nucléaire, relativement aux gaz à effets de serre et aux hydrocarbures.

Le passage important est celui-ci :
«Il reste encore des marges de progrès à réaliser et des approches innovantes à susciter» pour rendre les forages «compatibles avec la protection de l'environnement». Les experts misent sur le fait que, «dans deux ou trois ans, l'expérience acquise, aussi bien dans notre pays qu'en Europe et en Amérique du Nord, permettra de prendre des décisions rationnelles sur l'opportunité d'une exploitation» des gaz et pétrole de schiste en France.

Naturellement, de son côté, José Bové, qui revient en force sur cette question (d'ailleurs parce que sa région est concernée) conteste ces conclusion et parle d'un lobbying. Et il est vrai qu'il faudrait étudier les liens entre les comités d'experts dont sont issus ces scientifiques et l'industrie. De la même façon que pour les médecins qui ont dorénavant une obligation de transparence sur leur liens avec l'industrie pharmaceutique lorsqu'ils prennent des positions publiques sur un sujet médical. Mais reste que le CGIET vient de produire un rapport sur les eco-industries en France donc je vois mal comment on pourrait le taxer d'être contre l'environnement.

D'ailleurs, il faudrait renommer le titre de ce fil : le gouvernement affirme ne pas avoir fermé la porte à cette extraction.

La suite le 10 mai prochain, à l'Assemblée nationale, où sera délibérée une propositions de loi soumise par Christian Jacob (président du groupe UMP).

Re: Faut-il interdire l'extraction de schistes bitumineux ?

Eh bien, finalement, les deux bords politiques y sont défavorables. Je m'incline.

Re: Faut-il interdire l'extraction de schistes bitumineux ?

Laisse pas les autres te dicter tes opinions. C'est pas parce que les deux bords politiques sont d'accord pour quelque chose qu'ils ont raison.

Re: Faut-il interdire l'extraction de schistes bitumineux ?

Intéressante tribune de Claude All-gre sur les schistes bitumineux que l'Europe est la seule zone mondiale à s'interdire d'exploiter. Comme d'habitude, nous nous lions les mains, laissant aux autres espaces économiques les sentiers de croissance des années à venir.

L'Europe a pour une fois une possibilité de trouver de nouveaux secteurs de croissance et je pense qu'il serait vraiment économiquement ruineux de s'interdire de faire ce que tous les autres font. Encore une fois, c'est un problème culturel d'une Europe passéiste qui s'interdit de marcher vers l'avenir avec le reste du monde.

Et si nous continuons comme cela, c'est nous qui finirons par être le Tiers monde...

Monsieur Hollande, n'ayez pas peur des gaz de schiste !
Le Point - Publié le 05/07/2012 à 00:00

On peut exploiter ces gisements en respectant l'environnement. Ne pas le faire serait coupable, affirme Claude Allègre*.

On peut, comme le disait de Gaulle à propos de l'Europe, sauter comme un cabri en répétant : "La croissance, la croissance, la croissance." Mais, n'en déplaise à certains, elle ne viendra pas toute seule ! Les temps ne sont plus ceux de Roosevelt, où une politique de grands travaux, avec ces fameuses constructions de ponts métalliques, permettait de sortir de la Grande Crise. Les infrastructures européennes existent déjà. On ne va pas les empiler les unes sur les autres ! Il faut donc trouver autre chose.

La solution, la seule, l'unique, c'est l'innovation technologique, avec comme condition première l'énergie à bon marché. Mais on ne provoquera pas la croissance si on est hostile au progrès scientifique, au nucléaire, aux OGM, aux nanotechnologies, aux cellules souches... et aux gaz et huile de schiste !

Une telle attitude, hostile ou méfiante vis-à-vis du progrès, tourne le dos à la croissance. Elle génère un sentiment de peur et entraîne un climat de soupçon qui envahit désormais l'Europe et annonce, hélas, son irrémédiable déclin.

Ainsi, alors que la France interdit la recherche et l'exploitation des gaz de schiste, ce combustible fossile est en train de donner à l'Amérique un siècle d'indépendance énergétique, et il va sans doute permettre à la Chine et à l'Inde de sortir de leur dépendance et leur procurer les ressources indispensables à leur développement.

Quelques faits

En France, après l'absurde interdiction de la culture des OGM, qui, soit dit en passant, sont désormais importés du Brésil ou d'Argentine pour nourrir les porcs, le veto mis à la prospection des gaz de schiste va accroître notre dépendance vis-à-vis de la Russie en gaz naturel et nous affaiblir encore un peu plus !

Nos élus considéreraient-ils que l'exploitation des richesses naturelles et les possibles nuisances qui leur sont associées doivent être réservées aux pays du tiers-monde, que l'on continuerait ainsi de piller, et éventuellement de polluer ? N'y aurait-il pas là une forme de résurgence du néocolonialisme, que par ailleurs on dénonce concernant un passé récent ? Si on veut apaiser les esprits et revenir à la raison, peut-être faut-il commencer par rappeler quelques faits.

Les réservoirs de pétrole "classique" sont constitués par des pièges géologiques de natures diverses, mais les roches qui contiennent le pétrole sont en général des grès (c'est-à-dire d'anciens sables compactés) ou des calcaires. Pendant longtemps, la troisième roche sédimentaire la plus importante dans les séries géologiques, à savoir les schistes (dépôts argileux cuits et compactés), constituait le toit imperméable de ces réservoirs. Mais, jusqu'à récemment, il n'avait jamais été considéré lui-même comme un réservoir à part entière.

Deux méthodes

Pourtant, on savait que ces schistes contenaient des gaz sous pression, car leur pénétration, lors d'opérations de forage, était à l'origine d'accidents tragiques. Ce que l'on appelle blow-up dans la terminologie de l'exploitation pétrolière : une explosion brutale, avec projection de boues de forage et de pétrole. Le progrès des techniques d'imagerie associées au forage permet heureusement de faire aujourd'hui disparaître ces accidents. Mais ce que l'on a découvert voilà déjà une quinzaine d'années, c'est que les strates composées de schistes contiennent des quantités considérables de gaz, disséminé sous forme de bulles théoriquement exploitables. Restait à imaginer comment.

Il existe deux méthodes clés pour y parvenir : le forage horizontal et la fracturation hydraulique.

Pendant longtemps, on a foré à l'aveugle, avec comme objectif de le faire le plus verticalement possible. En fait, la plupart du temps, le forage était dévié, détourné, et l'on ne savait pas exactement où on était. Le pas décisif a été réalisé lorsqu'on a su positionner la tête de forage, même lorsqu'elle se situe à des milliers de mètres de profondeur. À partir de là on a pu, de la surface, orienter le forage, et en particulier forer horizontalement. Il faut réaliser que ce progrès technique fut intellectuellement aussi imaginatif que, dans un tout autre domaine, la mise au point des satellites de télévision ! Il a tout simplement révolutionné la prospection pétrolière. Ainsi, supposons qu'on découvre du pétrole à 3 000 mètres sous la place de la Concorde. On pourrait désormais l'exploiter en implantant un forage dans le bois de Vincennes ou la forêt de Rambouillet et en forant horizontalement !

Nappe phréatique

Il devient ainsi possible de forer dans les ensembles stratifiés schisteux et d'en récupérer le gaz. Pour libérer celui-ci, deuxième étape, il faut fracturer la roche en injectant de l'eau additionnée de produits chimiques sous pression et de grains de sable destinés à laisser les fractures ouvertes. Le gaz s'échappe alors des bulles où il est emprisonné et on le récupère à l'aide du forage.

Quels sont les problèmes posés par ces techniques ? D'abord, il faut de l'eau, beaucoup d'eau. Et, bien sûr, il n'est pas question d'assécher les rivières avoisinantes. Mais lorsqu'on est proche de grands fleuves, il faut transporter de l'eau jusqu'au site de forage, et en grandes quantités. Ensuite, il faut bien sûr nettoyer l'eau que l'on récupère en surface avec le gaz. On ne peut la rejeter telle quelle dans le circuit hydrologique, sous peine de le polluer gravement. Deux contraintes essentielles et dirimantes ignorées du ministre de l'Environnement lorsqu'au départ il a octroyé des permis de prospecter sans précaution. Des opérations entreprises à la va-vite qui ont logiquement suscité de vives réactions des milieux écologiques. On peut pourtant analyser les objections et répondre aux craintes qui les accompagnent.

Imposture

On parle de pollution de la nappe phréatique. Rappelons que la nappe phréatique est localisée suivant les lieux à 100 ou 500 mètres sous terre, alors que les gaz de schiste qu'on exploite sont situés entre 2 000 et 3 000 mètres de profondeur. Cela implique que, si le tube de forage est bien étanche, il n'y a aucun risque de polluer la nappe phréatique en la traversant. On a montré à la télévision des images où, après des forages sur les schistes, des gaz inflammables jaillissaient d'un robinet d'eau potable. C'est là un montage assez malhonnête, réalisé à la suite de tentatives très anciennes, qui n'étaient pas le fait de véritables professionnels du forage. Cette situation est aujourd'hui impossible et ces images sont des impostures qui n'ont rien à voir avec la réalité.

Est-ce pour ces mauvaises raisons que l'on a a interdit en France la fracturation hydraulique ? Au nom d'un principe de précaution poussé à l'absurde, car cette technique est utilisée dans le monde depuis quarante ans sans problème particulier. Les États-Unis ont des réglementations de protection de l'environnement plus contraignantes que les nôtres, car aux règles fédérales s'ajoutent celles des États qui sont parfois encore plus astreignantes. Pourtant, dix-neuf États américains ont autorisé la prospection et l'exploitation des gaz de schiste.

Le désastre des sables bitumineux

La mise en chantier de telles exploitations aux États-Unis a révélé une seconde richesse que l'on ne soupçonnait pas, à savoir l'existence, en plus de gaz, d'huile de schiste, elle aussi exploitable en quantités importantes. Ces réserves de gaz et d'huile de schiste représentent pour les États-Unis cent à cent cinquante années d'autonomie en ressources énergétiques. Résultat concret : l'exploitation des schistes est à l'origine de la baisse du prix de l'énergie aux États-Unis.

Ce qui constitue une agression inadmissible à l'environnement, ce n'est pas l'exploitation des gaz ou des huiles de schiste, mais celle des grès bitumineux connus sous le vocable de "tar sand" (sables bitumineux), et dont l'exploitation bat son plein en Alberta, au Canada. Il s'agit là non plus de schistes, mais de grès imprégnés d'une substance pâteuse bitumineuse qu'il faut fluidifier pour aboutir au pétrole. Lorsque ces grès noirs arrivent à la surface, on extrait l'ensemble de la roche, qu'on traite chimiquement pour en tirer la matière organique. Lorsque le gisement est en sous-sol, on essaie de fluidifier le bitume par des réactions chimiques. Dans les deux cas, les techniques ne sont pas encore au point et la pollution est aujourd'hui spectaculaire et désastreuse. Ces opérations conduisent à rejeter des produits chimiques dangereux et des déchets rocheux qui défigurent les lacs et les rivières proches des exploitations de l'Alberta.

Ces types de gisements existent au Canada et au Venezuela, et sans doute en Iran. Si de telles opportunités s'ouvraient en Europe, il faudrait en interdire l'exploitation jusqu'au jour où des techniques efficaces et propres seront au point. Je le dis sans hésitation, car, contrairement à ce que pensent certains, je ne suis en rien un partisan du "business as usual" ni un productiviste borné. Je me soucie de l'environnement plus que quiconque, comme l'a montré autrefois mon opposition au stockage profond des déchets radioactifs.

Modifier le Code minier

Pour en revenir aux gaz de schiste, ils suscitent en Europe des perspectives excitantes. La Pologne et l'Allemagne, mais aussi la France, la Grande-Bretagne et l'Espagne, et sans doute plus encore le Maroc, posséderaient, d'après nos connaissances géologiques, des gisements potentiellement importants. Se priver de ces sources d'énergie, comme on en prend le chemin en France, est une absurdité qui pèserait sur notre avenir !

Comment débloquer cette situation ?

Il y a d'abord un obstacle fondamental qu'il faut lever de toute urgence : le Code minier. En France, le sous-sol appartient à l'État. Si on trouve du gaz de schiste dans votre propriété, on vous exproprie et vous ne gagnez rien. C'est le Code Napoléon. L'individu est piétiné au nom du pseudo-intérêt général, en l'occurrence celui des compagnies pétrolières. Ce n'est pas le cas aux États-Unis ni dans beaucoup d'autres pays. Il faut donc, comme préalable à toute action, modifier de toute urgence le Code minier. Par exemple en décidant qu'en cas de prospection réussie le propriétaire du terrain touche 5 % des bénéfices et que 5 % supplémentaires seront attribués aux collectivités territoriales (communes et départements).

Nouvelle écologie

Il faut en outre élaborer une réglementation stricte sur l'origine de l'eau de forage et son nettoyage ultérieur. Je suis sûr que les compagnies françaises, spécialistes de la fourniture et du traitement des eaux, qui sont les meilleures du monde, peuvent élaborer un protocole de nettoyage et le réaliser. Ce serait d'ailleurs pour elles une bonne affaire, avec de nouveaux marchés à conquérir ! L'attitude responsable, c'est donc à la fois d'exploiter une richesse utile et de protéger l'environnement. Ce n'est pas incompatible !

Après les échecs successifs des conférences sur l'environnement de Copenhague, de Durban, de Cancun et, très récemment, de Rio II, une nouvelle écologie doit naître, avec une attitude et une conception des objectifs à atteindre réellement différentes. Rêvons un peu : pourquoi l'écologie ne deviendrait-elle pas un atout, une vraie force de proposition, plutôt qu'un combat, une guerre permanente ?

CLAUDE ALLÈGRE

Géologue, ancien directeur du BRGM, ancien ministre.

Re: Faut-il interdire l'extraction de schistes bitumineux ?

tu confonds les schistes bitumineux (Canada. Pas de gisement connu en Europe) et le gaz de schiste (exploités aux Etats-Unis, prospection en Pologne...).

Sinon, Claude Allègre est assez décrédibilisé dans la communauté scientifique quand il ne parle pas de son ancienne spécialité.

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Re: Faut-il interdire l'extraction de schistes bitumineux ?

Avec ou sans "bistumeux"... là n'est pas ma question !

En France, ce n'est pas envisageable, et surtout pas dans le Larzac, ou au moins pas encore…

Pourtant ça se fait autant que peut ailleurs (sur La planète), à tour de bras (Cf Canada).

Et tout ça pour quoi ? Pour une tonne de bonnes raisons… actuellement !!

Dans tous les cas, une cause : le besoin en Energie !!!

Et tous les "schémas" disent "tarissables" … sauf iter … grand coup de poker… ou planète des singes…

sic