@Omar : l'agreg de sciences sociales est académiquement beaucoup plus proche de la socio que de l'éco. L'éco en tant que discipline académique (grosso modo, l'éco formalisée) n'a rien à voir avec l'économie telle qu'elle est enseignée dans sa version sciences sociales qui offre une approche multi-disciplinaire, historique sociologique voire même philosophique, et pas du tout formalisée. D'ailleurs, la plupart des thésards en économie n'ont pas l'agreg de sciences sociales (attention, à ne pas confondre avec l'agreg d'économie qui est une agreg universitaire, après une thèse, non du secondaire !) et il est considéré comme superflu de la passer quand on se lance en éco. Normale sup par exemple n'incite pas ses normaliens éco à la passer.
Je n'ai pas d'a-piori contre l'économie littéraire telle qu'elle est vue en sciences sociales (même si parfois on voit de sacrés guignols !) mais le fait est qu'académiquement parlant, elle n'existe quasimment pas sur le champ (victoire de l'économie dite à l'anglo-saxonne -- alors qu'en réalité les français ont été beaucoup plus tôt dans la formalisation, mais c'est un autre débat).
C'est très différent de la sociologie qui est une discipline plus ouverte et moins formatée (même si les quantitativistes prennent de plus en plus de poids) et qui s'accomode fort bien de cursus divers et bien ancrés dans l'approche sciences sociales. Un agrégé de sciences sociales a d'excellentes bases en socio qui vont vraiment lui servir par la suite; ce n'est pas le cas en éco formalisée.
Par ailleurs, comme tu l'as dit, le fait aussi que la socio est une discipline qui parvient moins à discriminer les étudiants y joue aussi (besoin d'un signal pour repérer les bons); la rareté des postes est un facteur important, au regard du nombre de candidats.
Du fait que les cursus en socio sont très peu sélectifs et finalement peu formateurs, les labos puis les facs ont besoin de gages sur la qualité de leurs étudiants. L'agreg de sciences sociales (très sélective) voire le statut de normalien (encore plus sélectif) est un excellent signal qui est parvenu, par la force des réseaux et des cooptations (il ne faut pas le nier) à s'imposer en socio.
Certaines universités proposent des filières très sélectives en éco (je pense à Toulouse, au magistère de Paris I, à l'Ecole d'Economie de Paris à Jourdan) qui offrent un signal. De telles formations n'existent pas (encore) en socio, d'où l'agreg comme forme de substitution au signal.
Le problème ne se trouve pas qu'au niveau du master mais aussi en thèse, j'ai vu des thésards en socio en conf (et pas des endroits pourris, genre EHESS ou Paris 10) et j'ai été -pour l'immsense majorité -très déçu par les thésards non-agrégés (facile, on les repère vite : pas de plan clair, problématique défaillante, etc.). Encore une fois, je ne généralise pas, mais le fait est que dans la pratique le signal est effectif.
@florisax : cool que tu sois confiant. J'ai un pote à Paris 13 en socio qui m'a dit que pour toute la fac, il y avait deux bourses en sociologie cette année. Dans les faits, beaucoup de thésards dans cette discipline ne sont pas financés, après je n'ai pas idée de la part qu'ils représentent (en revanche je sais que plus de 60% des thésards en socio-anthropo-... qui abandonnent avant la fin de la thèse).
Mais cela ne préjuge en rien de ce que tu peux faire, ne t'en fais pas non plus outre mesure.