Aller au contenu du Forum

Forum-scpo.com

Le Forum des étudiants de Sciences Po et des IEP


Écrire une nouvelle réponse

Nom d'utilisateur:  Mot de passe:  Identification  |  Inscription

Écrire une nouvelle réponse

Écrire et envoyer votre nouvelle réponse.

Vous pouvez utiliser: BBCode Images Émoticônes

Tous les champs identifiés par (Requis) doivent être complété avant que le formulaire soit envoyé.

Information requise pour les invités



Captcha image. Turn pictures on to see it.
Information requise
Préférences optionelles

Examiner les discussions (La plus récente en premier

1

Hin hin hiiin

http://www.lepoint.fr/presidentielle/sa … 8_3121.php

2

Haha.

Le Figaro a écrit:

Nicolas Sarkozy rejoint le conseil d'administration d'AccorHotels

C'est une reconversion surprise. Après avoir été battu lors des primaires de la droite et du centre en novembre, Nicolas Sarkozy rejoint le conseil d'administration d'AccorHotels. Le groupe a officialisé l'information ce mardi par le biais d'un communiqué de presse.

L'ancien président de la République présidera le comité "stratégie internationale" dont les missions doivent encore être précisées. "Cette nomination s'inscrit dans la volonté de poursuivre le déploiement de la stratégie du groupe et la promotion des marques AccorHotels sur tous les continents ainsi que du savoir-faire inégalé de la France en matière de tourisme", commente le groupe hôtelier. Sébastien Bazin, PDG de l'entreprise, a loué "l'expertise internationale" et la "parfaite connaissance des enjeux géopolitiques mondiaux" de Nicolas Sarkozy.

De son côté, Nicolas Sarkozy s'est dit "très heureux de participer au développement et au rayonnement international d'AccorHotels".

http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2017/0 … hotels.php

3

https://scontent-mad1-1.xx.fbcdn.net/v/t1.0-9/14563383_10154553918172380_2205143692234912621_n.jpg?oh=fe6eee0678bab1af80a2ce653c5500dd&oe=58B784DD

4

C'est ça, les petites phrases censées détruire Sarkozy ? Ma foi, tout ce qu'il dit est vrai, à part peut-être la dernière, et ça me le rend même plus sympathique (il faut dire qu'il partait de loin).

Le Point a écrit:


Le meilleur du pire de Sarkozy selon Buisson

Nicolas Sarkozy craignait la parution du livre de son ex-conseiller. À lire les propos que l'ancien président pensait tenir en privé, on comprend pourquoi.

En privé, l'ancien président se lâche. Ce n'est un secret pour personne. Problème : ces propos sont censés rester... privés. Or, son ex-conseiller Patrick Buisson règle ses comptes (quoiqu'il s'en défende) dans un ouvrage très attendu : La Cause du peuple. Chirac « corrompu », Fillon « pauvre type », Estrosi « abruti », Baroin « acheté trop cher » ... Outre ses révélations, le livre regorge de petites phrases, de grosses vacheries et autres confessions que Nicolas Sarkozy aurait sans doute préféré ne pas voir divulguées. Un vrai jeu de massacre !

    Sur Jacques Chirac

« Il aura été le plus détestable de tous les présidents de la Ve. Franchement, je n'ai jamais vu un type aussi corrompu. [...] J'ai rarement rencontré quelqu'un d'aussi méchant et avide. »

    Sur François Fillon

Après l'inauguration en 2010 par son Premier ministre d'une mosquée : « Pauvre type, minable... Tant qu'il y est, il n'a qu'à venir mercredi au conseil des ministres en babouches et avec un tapis de prière ! »

    Sur Dominique Strauss-Kahn

« Ce type est un dégoûtant personnage. Il n'aime pas les femmes, mais le sexe. Faites-moi confiance. J'ai de quoi le faire exploser en plein vol. »

    Sur François Baroin

« Je l'ai acheté à la baisse. Trop cher, je te le concède, pour un second rôle. » Le propos aurait été tenu en 2010. Aujourd'hui, Nicolas Sarkozy explique que François Baroin sera son Premier ministre en cas de victoire en 2017.

    Sur l'art constituer un gouvernement

En juin 2007 : « Je sais bien que je suis le Tom Cruise du pauvre, mais, enfin Gérard Larcher, ministre, ce n'est pas possible : il est trop laid ! Tandis qu'avec Rachida [Dati, NDLR] et Rama [Yade, NDLR], on va leur en mettre plein la vue. »

    Sur lui-même

En mars 2007 : « Ils s'en moquent, les Français, que je sois sympathique ! Ils veulent que je fasse le job. Est-ce qu'on demande à Rocco Siffredi d'avoir des sentiments ? »

    Sur Carla Bruni

« Crois-tu que notre histoire à Carla et à moi aura un impact favorable sur le moral des Français ? »

    Sur Xavier Bertrand

« C'est un méchant. Dix ans à essayer de placer des assurances en Picardie, dix ans à taper aux portes et à se prendre des râteaux, ça a de quoi vous rendre méchant pour le restant de vos jours. C'est d'ailleurs pour ça que je l'avais choisi. »

    Sur Christian Estrosi

« Cet abruti [...] qui a une noisette dans la tête. »

    Sur Angela Merkel

« Je suis la tête, vous êtes les jambes. » Patrick Buisson assure que la chancelière allemande lui répondait : « Nein, je suis la banque. »

http://www.lepoint.fr/politique/le-meil … 719_20.php

5

Le type complètement déconnecté de la réalité.

Le Figaro a écrit:

Nicolas Sarkozy : "C'est quoi Le Bon Coin ?"

En déplacement dans la région de Lyon pour rencontrer des entrepreneurs, l'ex-président de la République a demandé à un de ses interlocuteurs "C'est quoi Le Bon Coin", rapporte RTL. "L'entrepreneur lui a alors expliqué qu'il s'agissait d'un site de petites annonces très populaire avec un système d'enchères, une précision qui n'a pas entraîné de réaction du président du parti Les Républicains", détaille le reporter Dominique Tenza. Le patron lui expliquait qu'il utilisait cette plateforme pour recruter.

L'interrogation de Nicolas Sarkozy peut faire sourire, d'autant plus que Le Bon Coin constitue le deuxième site internet le plus visité par les Français, avec près de 25 millions de visiteurs mensuels, selon les chiffres de l'ACPM (l'Agence pour les chiffres de la presse et des médias). Créé en 2006, il constitue désormais un acteur incontournable du marché de l'emploi avec 250.000 offres, soit la moitié des offres proposées en France. Chaque mois, 50.000 à 100.000 postes y sont pourvus, selon la direction.

Cette remarque du président du parti Les Républicains n'est pas sans rappeler l'épisode de la "souris" de Jacques Chirac. Ce dernier avait demandé à son ministre Jacques Toubon ce qu'était une souris d'ordinateur, lors de l'inauguration de la bibliothèque François Mitterrand, en 1996.

http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2016/0 … n-coin.php

6

J'ai été davantage estomaqué par sa sortie sur les paquets de cigarettes, terroir de la France, mais ouais, c’était pas mal aussi.

7

Je sais pas pour vous, mais moi, j'ai été pris à la fois d'un fou rire jaune et d'une forme d'estomaquement absolu lorsque j'ai entendu l'ancien Résident de la République affirmer que c'est lui qui a imposé des quotas à Sciences Po à Richard Descoings pour la procédure d'admission ZEP.

Bien sûr, en 2001, lorsque ces conventions ont été créées, Nicolas Sarkozy n'était nulle part. Quelques années plus tard, Richard Descoings déclinera la proposition de Sarkozy d'entrer au gouvernement.

Ce Sarkozy est soit un véritable mythomane qui ne se rend plus compte qu'il ment et s'invente des mondes imaginaires, soit un fou de ne pas se rendre compte à quel point ses mensonges sont transparents, mais aussi et surtout quelqu'un qui est toujours prêt à racler un peu de capital politique sur le dos des morts. C'est vrai avec "Ritchie", mais c'est aussi vrai avec d'autres, notamment les familles de victimes de plusieurs affaires de terrorisme.

8

C'est fou ce que Sarkozy peut ressembler à sa caricature des Guignols...

Le Figaro a écrit:

Le grand mea culpa de Nicolas Sarkozy «sur sa façon d'être»

LE SCAN POLITIQUE- Dans un entretien au Parisien-Aujourd'hui en France, l'ancien président de la République admet avoir commis un certain nombre de fautes de parcours en raison d'un tempérament bouillonnant dont il serait libéré.

«Il y a beaucoup de choses que je referais différemment». Depuis la défaite de 2012, certains réclamaient à cor et à cri un droit d'inventaire sur le quinquennat Sarkozy. Un exercice auquel s'est finalement prêté l'ancien président dans un long entretien au Parisien, et qui tend à montrer qu'à ce sujet là aussi, il a changé, comme il le martèle depuis son retour à la tête de l'opposition. Un examen de parcours qui intervient alors que ses concurrents déclarés pour la primaire de 2016, Alain Juppé et François Fillon, font également entendre leur partition ce vendredi, au terme d'une semaine que le président des Républicains a notamment consacré aux suites à donner à la crise migratoire. Droit dans ses bottes, Nicolas Sarkozy assume l'essentiel de ses grandes orientations de politique intérieure comme sur la scène internationale. C'est surtout sur des aspects de sa personnalité et de son comportement que l'ancien maire de Neuilly concède des regrets.

«Mon caractère ne me porte pas à revenir en arrière. Je ne suis pas nostalgique», affirme d'abord l'ancien président. Avant d'admettre: «Sur moi et ma façon d'être, je changerais, j'ai beaucoup appris de la défaite. Plus jeune, j'étais un peu bulldozer. J'ai tellement de convictions que je vais parfois trop rapidement à la réponse. Le parler-vrai peut devenir un parler-brutal. Et cela peut blesser. Je le regrette après». Des regrets qui portent d'abord sur cet épisode catastrophique pour son image au salon de l'agriculture le 23 février 2008. «Concernant le «casse-toi pauvre con», j'ai des regrets. Car j'ai cédé à la provocation. Une personne m'avait insulté, c'était son droit après tout. Je n'aurai pas dû lui faire de publicité», confie Nicolas Sarkozy.

Le Bristol plutôt que le Fouquet's

«Vous avez vu comme je suis calme maintenant, un vrai toutou», s'amuse l'ancien président. Avant de reconnaître une autre erreur de parcours, au détour d'une boutade. «Le Fouquet's, je n'y vais jamais. Je vous conseille le Bristol, leur chef est fantastique!», lance Nicolas Sarkozy. Autre épisode que le patron de la rue de Vaugirard voudrait bien rejouer: le débat de l'entre deux tour de la présidentielle. «Quand vous êtes président, vous êtes au-dessus, vous n'êtes plus dans la mêlée des combattant. Alors quand vous êtes candidat à nouveau ça peut être difficile de rebrancher les fils», raconte-t-il. Au sujet du «moi président», l'anaphore assassine de François Hollande, Sarkozy reconnaît: «Là où j'ai fait une erreur, c'est de n'avoir accepté qu'un seul débat face à Hollande».

Une compétition dont Nicolas Sarkozy entend bien jouer le match retour: «Le drame de la campagne de 2012 s'est résumé en un mot: le mensonge. Le drame du quinquennat Hollande s'est noué dans ce mensonge. Et tout le débat de la campagne de 2017 portera sur cela. Car la situation est tellement grave que l'on ne peut plus se permettre d'accepter le mensonge», prévient le président des Républicains. S'il refuse encore d'affirmer ouvertement sa volonté de briguer à nouveau la présidence de la République, Nicolas Sarkozy promet toutefois de briser le suspense en septembre 2016.

http://www.lefigaro.fr/politique/le-sca … d-etre.php

9

Intéressante interview, à verser au dossier.

http://revuecivique.eu/articles-et-entr … HZPCXcyL3V
Georges-Marc Benamou : mes leçons de vie avec Nicolas Sarkozy


Georges-Marc Benamou est l’auteur de « Comédie française » (Grasset ; octobre 2014 ; 326 pages), grande fresque décrivant de l’intérieur la haute sphère du pouvoir élyséen, ce qu’il appelle la « Cité interdite » où il a été appelé à « conseiller le Prince », Nicolas Sarkozy, au début de son mandat présidentiel. Celui qui a été co-fondateur de l’ancien magazine Globe s’exprime pour la Revue Civique, sans langue de bois et avec grande vivacité, sur les leçons de son expérience « douloureuse » au sommet de l’État. Et sur ce qu’il tire comme enseignements quant à la personnalité de Nicolas Sarkozy et sa conception de la vie publique, marquée dit-il par de la « violence » et une « vision policière du monde et de la politique ». Entretien.

__________

La REVUE CIVIQUE : Votre passage en « Sarkozie » a été votre épisode de vie « le plus douloureux », avez-vous dit. Pourquoi une telle douleur ?

Georges-Marc BENAMOU : Cela a été une époque douloureuse, oui. Non pas la période de la conquête (de la présidence de la République), avant mai 2007, qui était une période caractérisée par une dynamique, une euphorie, une forme d’espérance aussi. Mais c’est vrai, très douloureuse fut l’entrée dans ce que j’appelle « la Cité interdite », l’Elysée, moi qui arrivais avec une envie d’agir, de réformer, avec une formation d’ancien avocat, une agilité de journaliste : j’ai découvert une ambiance délétère, un théâtre d’ombres, d’impuissance, de conflits, qui ressemblait à ce que Philippe Sollers a appelé « la France moisie ».

Au début du quinquennat de Nicolas Sarkozy, à l’heure où aurait du s’imposer la modernité, l’urgence de la réforme, j’ai assisté au spectacle pitoyable de la grandiloquente haute administration française, née sous Louis XIV et qui n’a cessé de décliner. J’en ai découvert les fantômes.

Votre livre est un témoignage vivant, très bien raconté, de la perception des acteurs de la société civile par la plus haute administration : à l’Élysée, vous le journaliste, écrivain, producteur de films, vous êtes perçu un martien qu’il faut vite écarter des grandes décisions, et même rejeter…

Oui. Il y avait eu pourtant, au début de son mandat, l’engagement de Nicolas Sarkozy de revivifier les cabinets ministériels et le cabinet de la présidence de la République, en prévoyant la nomination d’environ 50% de conseillers issus de la société civile, l’autre moitié provenant de l’ENA ou d’autres grandes écoles. Evidemment, cette promesse n’a pas été tenue : les énarques sont revenus au grand galop, notamment ceux de l’inspection des finances et de la préfectorale. Et je me suis vite rendu compte, physiquement, que toute personne non venue d’un grand corps est perçue comme totalement exogène, illégitime et rejetée comme un greffon. J’ai bien vu que les hommes politiques étaient des paravents et que l’armature de l’Etat est tenue, dirigée au quotidien, par ces grands corps qui sont propriétaires de l’Etat, propriétaires des futurs postes à pourvoir, puisqu’ils occupent tous les postes d’observation. J’ai pu constater qu’au Ministère de la Culture toutes les directions d’institutions ou presque étaient détenues par des énarques : on se demande pourquoi ! Il y a une emprise sur l’Etat, qui devrait d’ailleurs faire l’objet d’études et d’investigations beaucoup plus poussées.

Résultat, les politiques n’ont pas de pouvoir, les grands corps tendent à le monopoliser : je constate que rien n’est vraiment possible, sorti du cimetière du Prince ! Comme le Prince a d’autres choses à faire, rien n’est possible : j’ai assisté à la cogestion entre un Monarque agressif, réformateur, matamore, et une administration immobiliste, qui veut toujours dépenser et accroître son emprise.
« Tout cela conduit à une dépossession du citoyen »

Avec pour résultat, sous Sarkozy, une sorte de conservatisme d’État ?
Totalement. Avec cette logique hallucinante : dépenser moins, pour la haute administration, c’est avoir moins de pouvoir. On le voit aussi actuellement avec la réforme des collectivités locales : on l’a présentée comme permettant de faire des économies mais on découvre qu’il n’en sera rien, et que la nouvelle carte territoriale pourrait même coûter plus cher. De compromis en arbitrages, l’administration, en France, finit par gagner la bataille du pouvoir…

Dans cette « Cité interdite » que je décris dans mon livre, il y a aussi des règles pipées, il y a ce côté « circulez, y a rien à voir », ou « arrêtez de déranger ce petit monde !» Tout cela conduit, en fait, à une dépossession du citoyen.

"Comédie française" Georges-Marc Benamou

Sur le plan humain, vous faites aussi découvrir à vos lecteurs la brutalité du jugement porté par Nicolas Sarkozy sur des personnalités de sa propre famille politique. Par exemple, Jean-Pierre Raffarin, un moment comparé à « une hyène » !
Oui, il y a la violence verbale, c’est vrai. Il y a cette conception brutale, une violence autour de Nicolas Sarkozy pour lequel il n’y a pas de « famille politique », il y a simplement le règne de la terreur et l’idée que c’est la force qui prime. Pendant la campagne 2006-2007, il y a un parti politique hybride, avec un grand corps provincial de notables et une tête bonapartiste. Il n’y a plus de « grande famille », les gens se haïssent, des clans se sont constitués. Du temps de Chirac, il y avait encore cet esprit gaulliste du compagnonnage, cela n’empêchait pas les compétitions et les rivalités, rudes parfois, mais un esprit commun persistait. Cela n’est plus le cas, depuis le surgissement de Sarkozy au pouvoir. Avec lui c’est la violence, la violence, et encore la violence, rien que du rapport de force.

Vous racontez notamment qu’au sommet de l’État, pas moyen pour le Premier ministre François Fillon, contrairement aux règles élémentaires du pouvoir sous la Vème République, d’avoir des réunions régulières en tête-à-tête avec le Président de la République : Nicolas Sarkozy évite tout entretien, seul, avec François Fillon, écrivez-vous
Derrière l’affiche du tandem au pouvoir, il y a cette confidence, qui m’arrive fin novembre 2007 : le Premier ministre n’avait pas réussi à voir le Président de la République en tête à tête depuis six mois ! Tous les rendez-vous prévus normalement avant les Conseils des Ministres avaient été annulés. Parce que Nicolas Sarkozy ne le supportait plus.

Il ne consentait à voir François Fillon qu’en présence d’un homme clé, voire lige, Claude Guéant…
Oui. Claude Guéant, cet étrange Richelieu du XXIème siècle, qui parcourt mon livre. Un personnage, à en croire les gazettes et ses évolutions actuelles, qui est un personnage de roman.
« Guéant est encore le maillon faible et le pivot »

Personnage par lequel tout le système Sarkozy s’est construit ?
Oui. Sachant qu’entre Sarkozy et Guéant, cela n’a pas été tout le temps rose : j’ai assisté à des scènes d’humiliation très fortes, Sarkozy s’est même montré menaçant à l’égard de Guéant. Ce dernier s’en était plaint, notamment auprès de moi. Le jour où il m’a exécuté, il m’a confié que ce n’était pas facile tous les jours pour lui… Mais ils formaient un vrai couple politiquement : une confiance absolue, une information constante, ils s’appelaient quinze fois par heure, une relation père-fils, maître-esclave. Claude Guéant est d’ailleurs encore, selon moi, à la fois le maillon faible et le pivot par lequel tient la Sarkozie.

On a l’impression aussi que le système Sarkozy repose sur des policiers…
Ce qui est étonnant, effectivement, c’est qu’il a placé comme directeur de campagne, pour prendre la présidence de l’UMP, un ancien patron de la police nationale (de juin 2007 à mai 2012), Frédéric Péchenard. Et comme directeur de cabinet, rue de Miromesnil, l’ancien Préfet de police de Paris, le préfet Gaudin. C’est étrange. Je ne suis pas sûr que Clémenceau, au Ministère de l’Intérieur, ait été entouré d’autant de flics.

Cela correspond peut-être à une vision policière du monde, un peu à la Alexandre Dumas, avec des corridors, des stratagèmes, des affaires, des assassinats… hypothèse romanesque, bien sûr, qu’il y a peut-être dans la tête de Sarkozy. Il y a aussi une méfiance de tout. Et une vision vraiment policière de la politique. Chercher à être informé sur tout.

Mais il y a aussi dans cet entourage policier un manque évident de flair politique. C’était le cas avec Guéant hier, et aujourd’hui, dans l’entourage immédiat de Sarkozy : un manque de sens politique. Une déconnexion de la société, un assèchement politique par son entourage.

Autre homme clé de la Sarkozy : Patrick Buisson, ancien directeur du magazine d’extrême droite Minute, qui s’est mué en expert des sondages, que vous qualifiez de « dealer de haine ». Comment ce personnage s’est-il installé au sommet du pouvoir auprès de Sarkozy, au point que ce dernier l’intronise comme son « hémisphère droit » ?
L’influence de Buisson a été totale et continue quasiment pendant tout le règne de Sarkozy. Elle provient du moment, pendant la campagne présidentielle de 2007, que j’ai appelé « la peur bleue » de Sarkozy : la montée de François Bayrou qui a, un moment, semblé pouvoir arriver second au premier tour (devant Ségolène Royal) et battre Sarkozy au second. Dans cette période, les contacts s’intensifient avec Buisson, qu’il connaissait depuis longtemps. Sarkozy cherche une idée, comme le cycliste fourbu cherche la bonne dope. Il tombe sur l’idée du Ministère de l’identité nationale ! Devant la réussite sondagière de cette idée, pragmatique, Sarkozy, à partir de ce moment, choisit presque aveuglément de suivre les conseils de Buisson.

Sur les réformes économiques et sociales, Sarkozy joue la prudence : il y a, dés 2007, un grand décalage de ce point de vue là avec Fillon, même si cette prudence, Sarkozy la masquera derrière la comédie de la réforme. Il joue la carte du régalien, sur des thèmes qui flirte avec l’extrême droite : l’ordre, l’ostracisme des étrangers, des Roms, la xénophobie, tout cela, c’est pour lui faire de la politique et « ça coûte pas cher »…

Comment cette emprise Buisson s’est-elle mise en place à l’Élysée ?
La mise en place s’accélère à partir de fin 2007. Un cercle prend ses habitudes auprès de Sarkozy, il est composé de Buisson, Goudard et Giacometti. Et dans ce tout premier cercle, le plus dominant, le plus actif et le plus influent sur Sarkozy, va indiscutablement être l’ex-lepéniste Buisson.
« Aujourd’hui, ça flotte en Sarkozie, c’est du bric-à-brac »

On a dit qu’il y avait psychologiquement du « gourou » chez Buisson, c’est vrai ?
Il y a du pathétique, à la fois shakespearien et moliéresque. Le pathétique, c’est le Roi perdu qui cherche un axe et une colonne vertébrale. Le moliéresque, c’est le bourgeois gentilhomme époustouflé par la culture de Buisson.

Est-ce que l’objectif, plus ou moins explicite de Buisson, n’était pas, sous couvert d’études d’opinion, de rapprocher les ultras de la droite de l’UMP et l’extrême droite FN ?
Idéologiquement, il est en effet sur la ligne « pas d’ennemi à droite », assumant totalement ce qu’il appelle un populisme chrétien. L’outil était le Prince. Tout cela n’a pas tenu.

Mais cela a duré longtemps, tout le temps du quinquennat. Comment Sarkozy a-t-il pu suivre à ce point cet homme, et l’instrumentalisation des sondages ?
C’était le summum du marketing sondagier : celui qui marque des points (dans l’opinion, d’après les sondages sur commandes) a raison ! Peu importe les moyens, si les sondages sont bons ! Plus on fait du gros rouge, plus on fait du Buisson, plus ça semble marcher, alors pourquoi se priver ?!

Plus ça tache, plus ça marche…vision sur le court-terme, non ?
Oui, c’est cela qui a fasciné Sarkozy mais fait aussi son extrême fragilité, éthique. Sa faiblesse, car Sarkozy a besoin d’un cadre. Cela a été Cécilia. Cela a été Buisson. Demain, on ne sait pas. On voit qu’il n’y a personne, ça flotte donc en Sarkozie, on ne sait pas trop où la barque va aller. C’est un bric à brac.

Ce marketing semble en effet à l’œuvre, on l’a vu lors du meeting face à une salle qui l’intimait d’annoncer « l’abrogation » de la loi sur le mariage pour tous…
Cette séquence est en effet le résumé, en 15 secondes, de mon livre. Ces images, il paraît qu’Alain Juppé les a d’ailleurs repassé plusieurs fois, c’est la quintessence du marketing à très courte vue, qui « ne coûte pas cher », et de la comédie française que je décris et dénonce dans mon livre. Où l’on voit un matamore qui cède devant des gueulards : celui qu’on avait pris pour un grand réformateur est en fait un grand démagogue.

La dureté de Sarkozy ne cache-t-elle pas en réalité une faiblesse, politique et psychologique, qui a été révélée par exemple au moment de sa séparation avec Cécilia où, à peine élu Président de la République, il a fait n’importe quoi, par exemple en allant sur le  yacht de Bolloré pour tenter d’épater celle qui le quittait…
Oui, fausse dureté, vraie fragilité. Dépendance à la mère, dépendance à la femme, celle qui est dans son lit a toujours raison. Vraie faiblesse, en fait. La placidité du Président « normal » Hollande est finalement plus solide, psychologiquement, quoi qu’on pense par ailleurs de sa politique. Sarkozy est plus fébrile, complexé, versatile. Pendant presque un an, au début de son mandat, l’obsession Cécilia va occulter tout le reste. Plus rien n’a d’importance… ce qui montre une conception, finalement assez pathétique, du pouvoir et de la politique.

Propos recueillis par Jean-Philippe MOINET
(26/11/2014)

10

On pense ce qu'on veut de Sarkozy, mais dans ces soi-disant propos off (qui ne cassent pas trois pattes à un canard et qui ne sont qu'anecdotiques), il a raison. Hormis peut-être la première déclaration sur le candidat en 2017. Je ne suis pas si catégorique. Le regard qu'il porte sur lui-même me laisse aussi songeur...

Le Point a écrit:

Sarkozy : "À l'UMP, tous des cons"

Dans un livre intitulé "Ça reste entre nous, hein ?", deux journalistes du "Parisien" livrent leurs conversations régulières avec l'ex-président. Florilège.

Nicolas Sarkozy n'épargne pas son vainqueur de 2012 François Hollande, mais guère plus ses camarades de l'UMP, à lire les confidences distillées pendant deux ans et demi à deux journalistes du Parisien-Aujourd'hui en France. Dans un livre de 271 pages publié mercredi et intitulé Ça reste entre nous, hein ? (Flammarion), Nathalie Schuck et Frédéric Gerschel livrent ce qu'ils présentent comme le contenu de conversations régulières, dont des extraits sont parus mardi sur le site de L'Express. Elles ont eu lieu principalement au "77" (rue de Miromesnil, à Paris, dans les bureaux de l'ex-président) "à plusieurs reprises, jamais moins de deux heures, le plus souvent en tête-à-tête".

Florilège :
Son successeur à l'Élysée

. En 2017, "ce sera Hollande. Ceux qui pensent qu'un autre a sa chance n'ont rien compris au fonctionnement des institutions" (avril 2014).

. Relations franco-allemandes ? "Hollande n'est qu'un amateur."

. Photos estivales au fort de Brégançon : "C'est les Bidochon en vacances."

. "La seule chose que Hollande sait faire, c'est prendre les ministres dans sa main et les tuer" (janvier 2014).

. "Il est mal fagoté, il mange des frites. Quand on fait un métier public, il faut faire attention" (avril 2014).

. Après les photos en casque : "Hollande, c'est le président ridicule."

Valérie Trierweiler

. "Je l'ai toujours trouvée sotte et prétentieuse" (janvier 2014).

. "Ce n'était pas une très bonne journaliste politique et pas une très bonne journaliste culturelle non plus" (janvier 2014).

Manuel Valls

. "Valls candidat ? N'importe quoi... À la limite, Taubira aurait plus de chances que lui à gauche" (janvier 2014).

. "Il devrait porter des lunettes, il a le regard fuyant, il fait un peu illuminé" (avril 2014).

. Comme ministre de l'Intérieur, "il y a une différence fondamentale entre lui et moi : il n'a aucun résultat".

Le parti qu'il veut conquérir

. "À l'UMP, tous des cons."

Son ex-Premier ministre François Fillon

. "Un loser".

. "Il paraît qu'il a beaucoup souffert pendant cinq ans. Peut-être aurais-je dû abréger ses souffrances" (janvier 2014).

Alain Juppé

. "Alain, je l'aime bien. Il a dix ans de plus que moi. Puis-je rêver d'un meilleur rival ? Il me fait passer pour jeune" (avril 2014).

Marine Le Pen

. Des airs de "déménageur", "c'est une masse, elle fait hommasse", "épaisse" (avril 2014).

Lui-même

. "On ne change pas les rayures du zèbre, mais on s'améliore."

Bruno Le Maire :

. "Bac + 18."

. "Quand les gens le voient, ils zappent."

Xavier Bertrand :

. "Ce bon à rien, ce petit assureur."

. "C'est un médiocre, ce n'est pas la reconnaissance qui l'étouffe" (janvier 2014).

. "Lui, ce sera pieds nus, avec des plaies ouvertes, dans les mines de sel."

Dans ce livre, comme le rapporte cette fois Le Parisien Magazine, les auteurs s'attardent aussi sur les conférences rémunérées que donne Nicolas Sarkozy depuis deux ans. D'après eux, "chaque intervention lui rapporte entre 100 000 et 150 000 euros". Ils ont aussi calculé qu'il a "effectué une vingtaine de prestations rémunérées en deux ans et demi. Soit un gain d'environ 2 millions d'euros." "C'est le chiffre qui circule dans la Sarkozie", rapportent-ils.

http://www.lepoint.fr/politique/sarkozy … 745_20.php

11

FDL a écrit:

La baudruche Juppé vendue par le Figaro et le Point (+ la presse de gauche, trop contente de taper sur Sarkozy) se dégonflerait-elle déjà ?

http://www.lepoint.fr/politique/sondage … 320_20.php

Pour la primaire, c'est quand même très biaisé par l'hypothèse (à mon avis un peu saugrenue à ce jour) que Le Maire en serait.

(Selon moi la primaire sera un matche à deux : Sarkozy, et un opposant derrière lequel tous les autres, même Fillon, se rangeront.)

12

La baudruche Juppé vendue par le Figaro et le Point (+ la presse de gauche, trop contente de taper sur Sarkozy) se dégonflerait-elle déjà ?

http://www.lepoint.fr/politique/sondage … 320_20.php

13

Et finir sur l'insupportable eutha-nazie.

14

Hahaha ! Ce vieux Kouchner est définitivement gâteux.

http://www.lefigaro.fr/politique/le-sca … ancais.php

Il aurait dû ajouter que les Français sont nazis. Ça fait toujours son petit effet.

15

Bastien Millot, de Bygmalion, affirme que Sarkozy ne pouvait pas ne pas savoir et donne des preuves du mensonge de l'ex chef d'Etat sur sa "non connaissance" de cette entreprise http://tempsreel.nouvelobs.com/politiqu … rkozy.html

Nicolas Sarkozy ennuyé par une nouvelle affaire, celle du paiement de son amende par l'UMP : http://www.lemonde.fr/societe/article/2 … _3224.html

Nicolas Sarkozy ennuyé par une nouvelle affaire, celle des rétrocommissions sur la vente d'hélicoptères au Kazakhstan : http://www.lemonde.fr/societe/article/2 … _3224.html

Nicolas Sarkozy joue son calimero : http://www.lemonde.fr/politique/article … 23448.html



Currently installed 12 official extensions. Copyright © 2003–2009 PunBB.

[ Généré en 0.091 secondes, 6 interrogations faites ]