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Écrire une nouvelle réponse - Live-blogging du Congrès parlementaire de Nicolas Sarkozy : le "grand emprunt" - Le Forum principal des étudiants de Sciences Po et IEP - Forum-scpo.com

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1

Pour moi il n´a rien donné de concret... son discours était relativement médiocre et je n´y ai pas vu de solutions...la dette est là et rien de concret est fait pour la diminuer

2

Nicolas Sarkozy lance une offensive médiatique autour de son "grand emprunt". Il va bientôt s'exprimer sur le bilan de cette thématique afin de mettre en valeur une incarnation d'une politique de soutien à l'innovation.

Mais qu'en est-il en réalité ?

D'abord, il faut bien voir que cette opération de communication se déroule dans le contexte politique du lancement de la campagne des primaires socialistes. Il s'agit de "bruiter" cette campagne interne à la gauche, mais ouverte aux sympathisants et à tous les Français. Il s'agit d'incarner un retour sur une politique qui, apparemment, ne peut susciter d'opposition. Le "grand emprunt" a d'ailleurs été rebaptisé en cours de route "investissement d'avenir", afin de mettre l'accent sur l'aspect positif de l'opération et pas l'aspect négatif, la dette supplémentaire générée dans un contexte financier extrêmement contraint.

D'abord, il faut bien voir que ce grand emprunt n'a pas de réalité particulière. En réalité, il s'agit d'une petite tranche de dette générée en fanfare "pour contrer la crise" et réinjecter des liquidités sur des projets d'avenir. Mais du fait de l'universalité budgétaire, tout ceci n'a aucune réalité spécifique, autre que politique et communicationnelle. En effet, cette dette supplémentaire est venue abonder le budget de l'Etat dans son ensemble, et les dépenses induites par feu le "Ministère de la relance", tenu à l'époque par Patrick Devedjian, découlent du budget dans son intégralité. Ce grand emprunt n'a de réalité que conceptuelle.

Pour le reste, concernant les projets qui ont été financés :

- Du point de vue des "grands projets", 52 ont été restenus. On relèvera d'ailleurs avec intérêt que les nanotechnologies sont à l'honneur puisqu'elles sont le premier post. De même que le domaine de la santé, traditionnellement un domaine d'excellence pour la recherche française grâce à l'INSERM et les divers Institut de recherche médicale. L'autre paramètre qui implique ces dépenses de recherche supplémentaire dasn la santé, c'est évidemment le vieillissement de la population et les grands défis de la dépendance pour les années à venir.

- Dans le domaine de l'éducation, 100 projets de laboratoires d'excellence ont été acceptés.

Le speech du Président :

PARIS - Nicolas Sarkozy a indiqué qu'une "vingtaine de milliards d'euros", sur un total de 35 milliards, "auront été engagés" d'ici fin 2011, ajoutant que "près de 1.500 projets" avaient été déposés en un an et demi, lundi, lors d'une conférence de presse sur les Investissements d'avenir.
"D'ici à la fin de l'année, sur les 35 milliards d'euros, c'est une vingtaine de milliards d'euros qui auront été engagés pour des projets précis", a affirmé le président de la République.
La méthode retenue a été celle de la "sélection" par "l'excellence", car "rien n'aurait été pire qu'un saupoudrage inefficace", a relevé M. Sarkozy à propos de ce programme mis en oeuvre en décembre 2009, en réponse à la crise.
"Nous avons décidé de nous appuyer sur des jurys internationaux", a-t-il poursuivi, notant que "le mode de sélection a suscité un véritable engouement des chercheurs et des entrepreneurs".
"Ce sont près de 1.500 projets qui ont été déposés. Jamais il n'y a eu une telle émulation en France", a avancé Nicolas Sarkozy.
Il a en outre dit espérer que ces 35 milliards d'euros investis deviennent "60 à 65 mds grâce au cofinancements des entreprises et des collectivités locales".
"Jamais dans son histoire, la France n'a fait un tel effort au profit de l'investissement", a-t-il répété.

3

En gros, l'Etat va continuer à ponctionner le matelas de la CDC...

Il y avait un article intéressant dans le canard sur ce grand emprunt: apparemment, le tiers des 35 mrds ont déjà été levés sur les marchés financiers par Bercy qui essaye d'éviter une dégradation de la note de solvabilité française. Et aussi, pour que la France ait moins d'argent à lever que l'Allemagne en 2010.

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Finalement :

Emprunt : 60 Mds € si effets de levier
AFP
19/11/2009 | Mise à jour : 12:33

La commission Juppé-Rocard sur le grand emprunt propose un investissement public "tourné vers l'innovation" de 35 milliards d'euros, montant qui pourrait atteindre 60 mds grâce à d'autres financements, selon le rapport remis aujourd'hui à Nicolas Sarkozy, dont l'AFP a obtenu une copie.

Dans ce rapport de 128 pages intitulé "investir pour l'avenir", la commission ne se prononce par sur le montant à emprunter mais uniquement sur les dépenses nécessaires pour financer "sept priorités stratégiques", dont la principale est le soutien à l'enseignement supérieur et à la recherche. Elle n'évoque pas non plus les modalités du futur emprunt (auprès des particuliers ou sur les marchés).

Selon la commission, les "besoins identifiés au titre de ces sept priorités stratégiques correspondent à un investissement de l'Etat de 35 milliards d'euros tourné vers l'innovation". "Par effet de levier vis-à-vis des financements privés, locaux et européens, l'emprunt national devrait finalement correspondre à un investissement total de plus de 60 milliards d'euros", ajoutent les experts pilotés par les anciens Premiers ministres Michel Rocard et Alain Juppé.

5

Finalement, le "grand emprunt" ne se fera qu'auprès des établissements financiers, et non des particuliers.

Diverses raisons ont du motiver ce choix, au-delà du coût de l'emprunt qui serait plus élevé si on l'ouvrait aux particuliers :

- Effet de fuite devant le livret A à 1,25%
- On préfère rester entre grosses organisations, surtout entre organisations qui se sont déjà prêté de l'argent
- rehausser l'image des banques en les mettant à contribution desdits "grands investissements d'avenir".

Cette décision implique plusieurs choses :

- D'abord on va emprunter aux banques à qui on a preté de l'argent il y a 1 an. Cela signifie qu'elles ont déjà les moyens de s'investir à fond dans de gros prêts, ce qui aurait semblé impossible il y a un an.

- Deuxièmement, cela réduit très largement les ambitions proclamées lors du Congrès parlementaire de juin, où Nicolas Sarkozy a voulu reprendre la main. il s'agissait donc bien d'un coup de com', comme toute la gauche l'avait affirmé à l'époque.

- Troisièmement, cet emprunt n'aura finalement rien de particulier, à part que l'on va creuser de 35 milliards environ la dette de l'Etat (déjà à 1400 milliards d'euros sans tenir compte des engagements à long terme de pensions de fonctionnaires).

- Grand emprunt ou pas, l'Etat continue à creuser la dette avec les déficits abyssaux qui sont les nôtres aujourd'hui, qui impliquent de la même manière d'emprunter sur les marchés obligataires.

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Rocard : ses 4 priorités pour le grand emprunt

[ 19/10/09  - 11H00  ] 2 commentaire(s)
Michel Rocard, l'ancien Premier ministre socialiste, dévoile les projets privilégiés par la commission qu'il copréside avec Alain Juppé.           

Les choses sont extrêmement claires : je ne suis pas un rallié, je reste un social-démocrate, j'appartiens toujours à l'opposition. Dans cette commission sur le grand emprunt, par exemple, j'assume la présence et je défends les idées du camp d'en face ! Et je l'assume parfaitement. Sur un certain nombre de sujets, je suis radicalement opposé à la politique du président de la République. Le coeur de l'identité politique, c'est la fiscalité. Eh bien, pour moi, le bouclier fiscal est une erreur sur le fond et une catastrophe quant à son tempo. Mais je vois aussi que Nicolas Sarkozy s'est converti à des idées sociales-démocrates qui n'étaient pas les siennes au départ. Que disent-elles ? Qu'il faut réguler l'économie qui, par nature, est " méchante ". Qu'il ne faut pas faire seulement confiance au marché. On est en plein dedans ! Et s'y ajoute aujourd'hui le défi du réchauffement climatique.

La gestion de la crise a-t-elle été bonne ?

Elle a été en tout cas volontariste. Mais, ce qui est sûr, c'est que la leçon de la crise n'a pas été comprise par les banquiers. Ils disent aux Etats : " Vous avez fait le boulot, maintenant laissez-nous tranquille. " Le système financier mondial est reparti de plus belle, sans réelle régulation. C'est incroyable.

Nicolas Sarkozy a retenu un prix beaucoup plus bas que celui que vous préconisiez pour la taxe carbone. Ne craignez-vous pas qu'il ne reprenne que 50 % de vos préconisations sur le grand emprunt ?

Je vous rappelle qu'en installant la commission fin août, le président nous a dit de faire attention à ce qu'on allait écrire, parce qu'il avait l'intention de reprendre toutes nos propositions. Pour la taxe carbone, l'essentiel, c'était de la créer, et je salue la décision de Nicolas Sarkozy, qui a été de le faire. Il ne s'agit en aucun cas d'une renonciation. Je savais pertinemment que la taxe serait sans doute " mal formée " au début, ou incomplète. Ce fut la même chose pour la TVA. Quand elle est née, en 1953, moins de 50 % du PIB était concerné. Huit ans après, tous les secteurs de l'économie y étaient passés. Sur le taux de la contribution climat-énergie (CCE), le gouvernement a voulu éviter d'avoir deux prix différents, celui des quotas européens, qui avoisine 17 euros, et celui que nous proposions pour la CCE, de 32 euros pour la même chose, la tonne de gaz carbonique. On peut le regretter mais cela se comprend tout de même fort bien.

Cela justifie les exemptions de taxe carbone pour les routiers ou les agriculteurs...

Il est logique d'épargner les routiers ou les taxis, qui doivent pouvoir continuer d'exercer leur métier. Pour les agriculteurs, c'est un peu différent. Il faut revoir plus globalement les aides dont ils bénéficient et la politique agricole menée au niveau européen.

Pensez-vous vraiment que le gouvernement va augmenter la taxe carbone en 2011, alors qu'elle est mal accueillie par l'opinion ?

Je suis confiant sur le fait qu'elle sera relevée soit en 2011, soit en 2012, selon le premier bilan qui sera dressé. Les travaux d'Alain Quinet montrent qu'il faut atteindre 100 euros la tonne de CO2 d'ici à 2030. Le gouvernement a payé le fait que les gens n'ont pas cru à la compensation intégrale. Le débat a été caricaturé. Mais aujourd'hui les modalités sont claires.

Les entreprises bénéficiant du système européen des quotas vont être privilégiées puisque les quotas sont gratuits d'ici à 2012...

Il faut saisir d'urgence la Commission européenne sur la nécessaire modification du système des quotas, qui présente de sérieuses imperfections à l'usage. C'est un marché ultraspéculatif. En outre, une corrélation dangereuse avec les prix du pétrole semble s'opérer.

Revenons au grand emprunt. Vous êtes très sollicités, y a-t-il un risque d'aboutir à un catalogue de mesures, comme pour la commission Attali ?

Certainement pas, ce n'est pas souhaitable et l'état de nos finances publiques ne le permettrait pas. Notre souci sera d'éviter le saupoudrage. Si je faisais l'addition des demandes, même avec un emprunt à 100 milliards d'euros, nous serions très loin du compte ! Or nous estimons que l'emprunt ne devra pas être trop supérieur à 30 milliards d'euros. Avec un montant de cet ordre, le programme d'émission de dette de la France ne sera pas chamboulé en 2010, et il n'y aura pas de changement de perception par les marchés de la qualité de notre signature, qui reste la meilleure en Europe avec celle de l'Allemagne.

Vous n'évoquez plus l'hypothèse d'une souscription auprès du grand public...

Les modalités de l'emprunt ne sont pas de notre ressort, la commission a d'elle-même décliné cet aspect. Notre sentiment est néanmoins qu'il faudrait majorer de 1,5 % la rémunération des souscripteurs pour être sûr du succès de l'opération auprès du grand public. Ce n'est pas raisonnable. Nous préférerions un recours traditionnel au marché.

Est-il raisonnable de lancer un grand emprunt quand d'autres pays programment des plans de redressement ?

L'état des finances publiques est très grave, c'est sûr, et la commission va y consacrer un chapitre dans son rapport. Mais il n'y a pas de raison pour autant d'organiser la panique. Comparons-nous avec les autres. Les Etats-Unis constituent un cas particulier puisque leur endettement global, public et privé, est astronomique mais ils s'en moquent : ils sont protégés par le dollar. Dans la zone euro, la dette augmente partout de façon invraisemblable, en Irlande, en Grande-Bretagne, en Espagne, etc. De nombreux pays voient leur signature menacée. La situation de la France est mauvaise en valeur absolue, mais elle est parmi les moins mauvaises des pays développés. Cela justifie le grand emprunt. D'autant plus que cela fait des années que les investissements publics d'avenir sont sacrifiés. On ne touche pas au salaire des fonctionnaires et c'est logique, l'Etat a du mal à ne pas satisfaire aux demandes du corps médical, des agriculteurs, etc. Les dépenses d'avenir, elles, passent à la trappe. La recherche et l'enseignement supérieur en paient aujourd'hui les conséquences. Une fois de temps en temps, ce n'est pas trop grave, mais quinze ans de suite, c'est le naufrage.

Ne faudrait-il tout de même pas gager l'emprunt sur la baisse de dépenses de fonctionnement ?

Lesquelles ? Comment faites-vous ? Un Premier ministre n'a souvent que deux ans devant lui. Il ne peut faire que peu de choses. Je suis antigaspillage et ce gouvernement paraît plus rigide, plus sérieux que pas mal de ses prédécesseurs. Mais il me semble que l'on est arrivé au bout des économies que l'on peut réaliser sans créer trop de tensions. La règle du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite pénalise des secteurs où il serait nécessaire de remplacer tout le monde.

Quelles priorités commencent à émerger au sein de la commission ?

Nous avons quatre thématiques fortes : la recherche, l'université, le haut débit, la croissance verte. Il s'agit d'abord de maintenir ou d'obtenir un très haut niveau de recherche fondamentale et appliquée en France. Faut-il consolider nos points forts ou rattraper notre retard dans certains domaines ? Je penche plutôt pour la première option. Exemple : la France et l'Europe sont en pointe dans le domaine spatial, mais les Etats-Unis se réveillent et la Chine est offensive. Donner un coup de main à la mise au point d'Ariane 6 s'impose. De même, EADS a commencé des travaux sur l'avion du futur, qui devra être moins lourd pour moins consommer et donc utiliser de nouveaux matériaux. Il y a des besoins considérables d'études, d'expérimentations, il faudra un démonstrateur... Avant que l'industrie ne se lance, la recherche a toute sa place.

Le vieillissement est-il dans votre champ d'investigation ?

Le social n'est pas vraiment de notre ressort. Il ne nous appartient pas de bâtir le cinquième risque de Sécurité sociale pour la dépendance des personnes âgées. Le grand emprunt peut en revanche faciliter la recherche sur la domotique, les médicaments, etc.

Allez-vous développer des programmes publics très ambitieux comme dans les années 1960 et 1970 ?

Le plan Messmer a fait passer la part du nucléaire dans l'électricité produite de 2 % à près de 80 % aujourd'hui. C'était un plan ultramassif ! Nous n'avons rien de pareil en tête et la commission n'a pas une grande sensibilité pour les investissements sur les infrastructures.

Quid du haut débit ?

Il s'agit d'un investissement nécessaire qui peut avoir un impact rapide en termes de croissance et de valeur ajoutée. Mais il n'y a pas non plus besoin de fibre optique sur l'ensemble du territoire.

Ce sera un investissement public pour des bénéfices privés...

Nous sommes très attentifs à cela, car c'est un peu l'état d'esprit de certains lobbys. Il n'est absolument pas question de tomber dans ce travers. Le secteur public n'est pas là pour être racketté ! C'est le credo d'une partie de la pensée capitaliste, foncièrement malhonnête. Il va falloir encore d'autres crises avant que cette culture du mépris de la puissance publique, cette mode monétariste, ne disparaisse.

Que pensez-vous de la situation du Parti socialiste ?

Le PS est un grand malade. Quand on est dans la chambre d'un malade, il est recommandé de ne pas crier. Dans ses meilleures années, il avait 150.000 adhérents. Tous les partis " frères " à l'étranger - en Allemagne, en Autriche, en Suède - ont un nombre d'adhérents bien supérieur. En fait, le PS est une bizarrerie, dès sa naissance.

Il semble que la rénovation soit en cours. Est-il désormais sur la bonne voie ?

Je ne sais pas. Le PS est toujours mal à l'aise avec l'économie de marché. Certains rêvent encore d'économie administrée. Le PS n'a plus de pensée collective depuis très longtemps. François Mitterrand, déjà, avait aggravé cette situation. Le vrai problème de ce parti réside aussi dans l'obligation que se donnent ses dirigeants de parler à l'unanimité. C'est ce qu'a souhaité faire il y a une dizaine de jours Martine Aubry en intégrant tous les grands responsables à sa direction. C'est aussi ce qu'avait réalisé François Hollande, que je soutenais, lors du congrès du Mans. Notre motion associée à deux plus petites avait obtenu 53 %. Nous reconnaissions l'économie de marché et l'urgence de l'Europe. Mais François Hollande a effectué une " synthèse " et remis tout le monde dans le même sac. Depuis, le PS en est toujours là : à essayer de réaliser l'improbable synthèse.

Intéressante interview de Michel Rocard.
Je retiens une chose : il ne s'agira pas d'un emprunt populaire. C'est donc une opération d'emprunt classique, comme l'État le fait couramment en recourant à l'émission de bons du trésor. Rien de nouveau sous le soleil donc, à part un creusement d'une dette déjà dangereusement élevée. il fallait vraiment trouver un "truc" à dire pour le congrès Parlementaire...

7

L'emprunt de Nicolas Sarkozy n'a rien de clair. Quel montant, quelle durée, quels preteurs, comment rembourser ?

Evidemment, comment réduire la dette, on ne se pose pas non plus la question...

Je sens que ça va être une annonce qui va entrainer trois mois de salmigondis déc=laratoire au sein de la majorité, dont on a déjà un petit exemple ici...

L'emprunt Sarkozy fait débat
AP | 23.06.2009 | 17:35

PARIS -- L'idée d'un emprunt national, lancée par Nicolas Sarkozy dans son discours devant le Parlement, suscitait mardi quelques réserves dans la majorité.

C'est l'une des rares annonces faites lundi à Versailles par le chef de l'Etat: lancer à l'automne un emprunt pour financer les "priorités stratégiques" du gouvernement remanié. Nicolas Sarkozy n'a pas précisé les modalités de cet emprunt très politique, qui rappelle ceux lancés en leur temps par Antoine Pinay, Valéry Giscard d'Estaing et Edouard Balladur.

Il en a laissé le soin au gouvernement, à qui il a donné trois mois pour réfléchir aux "priorités nationales" financées par ce nouvel emprunt, en concertation avec les partenaires sociaux et le Parlement. Le montant et les modalités de l'emprunt seront arrêtés à l'issue de ce débat. Seule garantie donnée par M. Sarkozy: ses ressources seront affectées "exclusivement" aux priorités qui seront définies.

Cette garantie n'a pas totalement rassuré les membres de la majorité qui, tout en soutenant le principe, s'inquiètent d'une nouvelle dérive des comptes publics, alors que le déficit atteindra 7% à 7,5% en 2009 et que la dette doit représenter 73,9% du PIB à la fin de l'année. Les spécialistes rappellent que les emprunts lancés directement auprès des Français ont toujours coûté plus cher que l'appel classique aux marchés financiers.

"C'est une bonne chose si l'emprunt est bordé", a commenté le chef de file des députés du Nouveau centre François Sauvadet. "Il ne faut pas que ce soit une idée qui vienne creuser le déficit". Le député NC Charles de Courson, qui avait fait une proposition en ce sens, a suggéré que le taux d'intérêt de l'emprunt soit fixé sur un critère combinant l'inflation et l'augmentation prévue de la richesse nationale.

Les députés UMP insistaient de leur côté sur la nécessité de traquer les dépenses inutiles. Ils présentaient justement mardi les conclusions de leurs Etats-généraux de la dépense publique, menés depuis trois mois dans leurs circonscriptions. Parmi ces propositions figurent la remise à plat des niches fiscales ou la lutte contre les "abus" des arrêts maladie. "Il faut marcher sur ses deux jambes", a souligné le président du groupe UMP Jean-François Copé.

Nicolas Sarkozy a cautionné cette démarche dans son discours de Versailles en demandant au Parlement de "se mobiliser pour identifier tous les dispositifs inutiles, toutes les aides dont l'efficacité n'est pas démontrée, tous les organismes qui ne servent à rien", souhaitant un débat "à la rentrée" et des décisions "avant la fin de l'année".

Pour l'opposition, la cause est entendue. "Quand on dit emprunt, c'est une manière aimable de dire qu'on va encore aggraver le déficit", a déclaré Laurent Fabius. Le député socialiste de Seine-Maritime a ironisé sur "M. Sarkozy", "M. déficits".

"Depuis 2007, la France n'a jamais autant emprunté ni augmenté la dette. Que propose le président de la République? Emprunter plus pour dépenser plus, et demain augmenter les impôts pour rembourser", a lancé lors des questions au gouvernement le président PS de la commission des Finances de l'Assemblée Didier Migaud.

"La dette qui finance de l'investissement, c'est de la dette utile", a répondu Christine Lagarde. La ministre de l'Economie a expliqué que l'emprunt pourrait financer des investissements "dont la rentabilité à court terme n'est pas évidente", comme dans les secteurs du numérique et de la connaissance. AP

Et Lagarde :

Lagarde pour que l'emprunt annoncé par Sarkozy soit mixte
REUTERS | 24.06.2009 | 11:19

Par Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, souhaite que l'emprunt annoncé par Nicolas Sarkozy soit placé pour une part auprès des particuliers et de l'autre sur les marchés financiers.

Cette formule, a-t-elle dit à Reuters, permettrait d'équilibrer les conditions de l'emprunt et de lui donner une forte dimension politique sans fragiliser d'une quelconque manière la signature de la France.

"J'espère qu'on aura un emprunt mixte avec une partie souscription par les Français qui y croient et qui investissent dans l'avenir de notre pays, et puis souscription sur le marché si c'est nécessaire pour bien équilibrer les choses", a déclaré la ministre de l'Economie, en marge de la visite d'un grand magasin parisien à l'occasion de l'ouverture des soldes d'été.

Selon les économistes, l'appel au public coûterait un peu plus cher qu'une opération sur le marché, les taux d'intérêt étant actuellement extrêmement bas (2,89% pour le benchmark français à 5 ans, 3,81% pour 10 ans et 4,47% pour 30 ans).

"Il faut qu'on réfléchisse bien entendu aux taux, on va bien entendu commencer à y travailler", a dit Christine Lagarde.

Nicolas Sarkozy a annoncé lundi que ce futur emprunt financerait les priorités stratégiques nationales qui seront définies à l'issue d'un débat de trois mois.

Christine Lagarde a souligné que "le volume de l'emprunt, ses termes et conditions seront définis après les priorités, la démarche est en deux temps". "Une fois que les priorités seront définies, on calibrera l'emprunt pour y répondre le mieux possible."

PAS DE RISQUE POUR LE TRIPLE A

Faire appel aux Français permettrait de les associer à la politique de sortie de crise, a-t-elle souligné.

"Il y a une grande dimension politique parce que rassembler les Français autour des grands projets nationaux, y compris en souscrivant à un emprunt, c'est un vrai engagement, c'est un engagement pour le pays, c'est un engagement pour l'économie, c'est un engagement pour l'avenir", a-t-elle déclaré.

Interrogée sur le risque de fragilisation de la note AAA de la dette française si elle continuait à croître, évoqué par le premier président de la Cour des comptes, Philippe Seguin, Christine Lagarde a répondu que "la signature de la France est excellente".

"On est triple A, on fait partie des meilleurs emprunteurs, les marchés ne s'y trompent pas vous savez, ils sont très très attentifs et très sensibles. Nous nous sommes aussi très vigilants et on ne gère pas la dette de manière inconsidérée."

"Les grandes priorités nationales vont apporter de la valeur au pays, vont le rendre plus compétitif. Quand vous prêtez à un emprunteur qui devient de plus en plus compétitif, vous êtes très satisfaits de venir prêter et je ne pense pas que ça dégrade d'une quelconque manière la signature de la France."

Le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, a estimé dimanche que les pays européens ne pouvaient plus continuer à accumuler de la dette et qu'ils devaient commencer en 2010 à revenir à l'équilibre.

Face à la dégradation des comptes - le déficit public devrait atteindre au moins 7% cette année - Nicolas Sarkozy a renouvelé sa promesse de faire la chasse au gaspillage, tout en excluant une politique de rigueur qui pénaliserait selon lui la sortie de crise .

Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, s'est prononcé dans ce sens, invitant à réduire graduellement les déficits dès que l'économie repartira, ce qui devrait selon lui se produire en 2010 .

Laurence Boone, chef économiste chez Barclays Capital, avait évoqué mardi une "stratégie mixte" pour le futur emprunt, expliquant à Reuters que "l'appétit pour le risque étant aujourd'hui proche de zéro, le gouvernement n'aura pas de mal à placer son emprunt".

"Les conditions de financement sont aujourd'hui nettement meilleures que lors du précédent grand emprunt de ce type, l'emprunt Balladur de 1993", dont le montant avait dépassé 20 milliards d'euros, avait-elle expliqué.

Laurence Boone a fait valoir que le livret A ou livret d'épargne populaire étaient rémunérés à 1,75% et qu'une petite prime au-dessus de ce taux pourrait rendre l'emprunt attractif auprès du grand public.

Compte tenu des précédents, elle a estimé que l'emprunt pourrait être de l'ordre de 20 milliards d'euros.

Edité par Marc Joanny

8

- CRISE: "La crise n'est pas finie, nous ne savons pas quand elle se terminera" mais "nous
devons tout faire pour que ce soit le plus rapidement possible".

RETRAITE: "Le temps de la décision" sur la réforme des retraites serait "à la mi-2010", et
"toutes les options seront examinées". "Il faudra que tout soit mis sur la table: l'âge de la
retraite, la durée de cotisation et la pénibilité".

- PRISON: "La détention est une épreuve dure, elle ne doit pas être dégradante". "L'état de
nos prisons, nous le savons tous, est une honte pour notre République, quel que soit par
ailleurs le dévouement du personnel pénitentiaire".

En lisant ces 3 passages, je me dis que Sarkozy a l'art et la manière pour avancer des phrases creuses avec lesquelles on peut être que d'accord.

Pendant ce temps Obama (que Sarko semble considérer comme son compétiteur...) a un temps d'avance sur ce dernier:

Pas besoin pour le moment d'un nouveau plan de relance, selon Obama :

Les Etats-Unis n'ont pas besoin pour le moment d'un nouveau plan de relance de l'économie, a déclaré mardi le président américain Barack Obama lors d'une conférence de presse, en estimant que les résultats du premier plan de relance n'étaient pas encore palpables.

Interrogé sur l'éventualité de la mise en place d'un deuxième plan de relance économique après celui de 787 milliards de dollars adopté en février par le Congrès, M. Obama a répondu: "pas maintenant".

"Je pense qu'il est important de voir comment l'économie évolue et quelle efficacité a le premier plan de relance", a dit M. Obama.

Dépêche AFP

A mettre en parallèle avec notre emprunt tardif...

9

Broz a écrit:

Plus j'y pense plus je me dis que pour une première depuis le milieu du XIXe siècle, ce discours était médiocre.

Complètement d'accord. J'appelerai son "intervention" un show (certes sobre) plutôt qu'un discours. Il a voulu prononcer un discours (prophétisant l'avenir, donnant les directions pour le futur, motivant la Nation, etc) qu'il aurait souhaité voir s'inscrire dans l'Histoire... hélas pour lui, je prends le pari que ce ne sera pas le cas.

10

Plus j'y pense plus je me dis que pour une première depuis le milieu du XIXe siècle, ce discours était médiocre.

11

Principaux points du discours du président Sarkozy devant le Congrès

VERSAILLES, 22 juin 2009 (AFP) - Voici les principaux points du discours du président
Nicolas Sarkozy lundi devant le Parlement, réuni en Congrès à Versailles, une première depuis
1848.

- IMPORTANCE DE L'ALLOCUTION: "En m'adressant à vous aujourd'hui, j'ai conscience
d'inaugurer un changement profond dans notre tradition républicaine. C'est un moment
important". "Le temps est venu que s'établissent entre le pouvoir législatif et le pouvoir
exécutif des rapports plus conformes à l'esprit d'une démocratie apaisée" oü "tout le monde
s'écoute et se respecte".

- REMANIEMENT: "Mercredi nous procèderons à un remaniement".

- CRISE: "La crise n'est pas finie, nous ne savons pas quand elle se terminera" mais "nous
devons tout faire pour que ce soit le plus rapidement possible".

- ECONOMIE: Le président a évoqué un emprunt national "pour financer les priorités du
gouvernement". "Le montant et les modalités" de cet emprunt, qui sera lancé "soit auprès des
Français soit auprès des marchés financiers", "seront arrêtés une fois que nous aurons fixé
ensemble les priorités".

- RIGUEUR/IMPOTS: "Je ne ferai pas la politique de la rigueur parce que la politique de
rigueur a toujours échoué. Je n'augmenterai pas les impôts car cela retarderait longtemps la
sortie de crise".

- RETRAITE: "Le temps de la décision" sur la réforme des retraites serait "à la mi-2010", et
"toutes les options seront examinées". "Il faudra que tout soit mis sur la table: l'âge de la
retraite, la durée de cotisation et la pénibilité".

- BURQA : La burqa n'est "pas la bienvenue sur le territoire de la République". "Le problème
de la burqa n'est pas un problème religieux, c'est un problème de liberté, de dignité de la
femme (... ) c'est un signe d'asservissement, c'est un signe d'abaissement". "Nous ne devons pas nous tromper de combat, dans la République la religion musulmane doit être autant respectée que les autres religions",

- PRISON: "La détention est une épreuve dure, elle ne doit pas être dégradante". "L'état de
nos prisons, nous le savons tous, est une honte pour notre République, quel que soit par
ailleurs le dévouement du personnel pénitentiaire".

- LOI HADOPI: Le président a affirmé qu'il "irait jusqu'au bout" de cette loi sur le
téléchargement illégal.

- EDUCATION: Le président a souhaité "que l'on propose une solution à tous les adolescents
qui sortent du système scolaire à 16 ans sans rien" pour "leur éviter de rester en marge de la
société".

- SOCIAL: "J'affirme que tout licencié économique, je dis bien tout licencié économique,
doit pouvoir garder son salaire et recevoir une formation pendant un an".

- TAXE CARBONE: Le chef de l'Etat a confirmé sa "détermination" à avancer sur la taxe
carbone: "plus nous taxerons la pollution plus nous allègerons les charges pesant sur le
travail".

- GRENELLE DE L'ENVIRONNEMENT: est "une révolution verte" qui va donner "une avance
considérable à la France",

- COLLECTIVITES - "Nous ne nous déroberons pas devant la réduction du nombre des élus
régionaux et départementaux". "Nous ne nous déroberons pas devant le problème de la répartition des compétences".
- EUROPE: "Je le dis à mes amis et partenaires européens: la France change, mais je leur dis
l'Europe doit changer aussi. L'Europe ne pourra plus fonctionner après la crise comme elle
fonctionnait avant".

- CONCLUSION:
"Ce que je vous propose c'est le mouvement, ayons le courage de changer. Nous sommes un vieux pays, sur un vieux continent, avec une vieille civilisation (... ) C'est quand la France s'est
convaincue que tout était possible qu'elle a été la plus grande".

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Comme le dit l'ex Ministre Goulard, la France a déjà un emprunt permanent à rembourser, on appelle ça la dette nationale, et la gestion de la dette par le Trésor, qui emet de la dette pour rembourser l'ancienne et la nouvelle (le déficit)...

Cette affaire de Congrès pour le Président, avec débat sans vote, et finalement pas de débat, c'est une grotesquerie complète, une couteuse mascarade aussi inutile qu'anti-républicaine, on croierait voir le Roi venir devant son Assemblée pour lui dire ce qui doit être, et l'Assemblée d'acquiescer. Quant aux hommes de la majorité qui font à longueur de colonnes de la flatterie à Nicolas Sarkozy, c'est à pleurer de l'état mental de notre société.

13

Barney a écrit:

Oui mais Sarko et sa clique ce n'est rien par exemple par rapport au coût annuel du Sénat. L'Etat paie 300M d'euros par ans pour qu'on continue à astiquer les murs de cette maison de retraite. Il ne faut pas forcément croire que la hausse des dépenses dans les ministères depuis 2007 a inventé une pratique, qui apparemment gagne en respectabilité avec le temps qu'on a passé à la pratiquer. Et pour le coup, sur le Sénat la gauche on l'entend pas vraiment.

Ah mais je suis bien d'accord avec toi qu'il faut faire le ménage au sénat. Et à l'assemblée nationale aussi. Jusqu'à il y a peu, ils y payaient des huissiers pour apporter des bouteilles d'eau aux gars du compte rendu pour pas que ces derniers aient à quitter leur place...

14

Je suis assez d'accord avec l'idée qu'un emprunt paraît quelque peu décalé. C'est vrai que les niveaux de déficit et de dette atteignent des abysses, qui sont pris avec complète désinvolture par la clique sarkozyste au pouvoir.

Après, je comprends pas bien comment on peut défendre les dépenses "somptuaires" au moment où tout le monde se serre la ceinture. Comme le dit Barney, ce n'est pas la seule chose qui creuse le déficit, et il faudrait probablement regarder du côté de la réorganisation de l'Etat. Mais la hausse des dépenses somptuaires montrent un état d'esprit général à la tête de l'Etat, qui n'augure pas d'une action en ce sens préconisée par barney.

15

Désolée pour mon post un peu "extrême" sur le chômage, je voulais simplement dire que l'argent part plus dans cela que dans les plaquettes de Dati, et que peut-être il faudrait se poser la question de la rationalisation de tout cela.
(parce que oui, j'ai dans le fond été choquée d'avoir eu un pouvoir d'achat supérieur au chômage que quand j'étais salariée...et que ça ne me motivera peut-être pas OUTRE mesure de retrouver du boulot en décembre prochain....)

Et j'attends toujours le "grand plan cohérent et social qui va nous sauver de la crise" de greg.



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