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Écrire une nouvelle réponse - "La crise" : le plus vaste hold-up de l'Histoire de l'Humanité... - Le Forum principal des étudiants de Sciences Po et IEP - Forum-scpo.com

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Ca va bien avec le titre de ce topic, et c'est Paul Krugman qui l'écrit.

http://www.rtbf.be/info/article/detail_ … id=9168746

Paul Krugman Publié le samedi 19 décembre 2015 à 07h42

     

En mai 2009, le Congrès a créé une commission spéciale pour étudier les causes de la crise financière. L’idée, c’était d’imiter la fameuse Commission Pecora des années 1930, qui avait utilisé une analyse historique minutieuse pour aider à la mise en place de réglementations qui donnèrent aux Etats-Unis une stabilité financière qui dura deux générations.

Mais rapidement les membres de cette nouvelle commission eurent un but différent. L’on se souvient de la déclaration de George Santayana selon laquelle "ceux qui ne se souviennent pas du passé sont condamnés à le répéter". Ce qu’il n’avait pas dit, c’était que certaines personnes veulent répéter le passé – et que de telles personnes ont tout intérêt à s’assurer que l’on ne se souvient pas de ce qui s’est passé, ou que l’on s’en souvienne mal.

Bien entendu, certains membres de la commission ont tenté d’empêcher la prise en compte de tout récit historique qui pourrait soutenir les efforts de contenir les banques. Ainsi que l’écrivit Peter Wallison de l’American Entreprise Institute, à l’un de ses collègues républicains membre comme lui de la commission, il était important que leurs propos "ne minent pas la capacité de la nouvelle Chambre républicaine à modifier ou à abroger la loi Dodd-Frank", les réglementations financières mises en place en 2010. Peu importe ce qui s’était réellement passé ; le discours officiel, au sens propre, était de raconter des histoires qui allaient aider Wall Street à refaire les mêmes choses.

Ce qui m’amène à un nouveau film que les ennemis des réglementations financières ne veulent vraiment, vraiment pas que vous voyiez.

"Le Casse du Siècle" est basé sur le roman éponyme de Michael Lewis, l’un des rares véritables best-sellers à émerger de la crise financière. J’ai vu une avant-première et je suis d’avis qu’il fait un travail génial à rendre les filouteries de Wall Street divertissantes, à exploiter l’humour noir inhérent à ce qui s’est passé.

Le film réussit ce tour de force en grande partie grâce à sa personnalisation de l’histoire, se concentrant non sur des choses abstraites mais sur des individus hauts en couleur qui ont vu la perversion du système et qui ont tenté de faire de l’argent grâce à cette prise de conscience. Bien entendu, cela requière des explications quant à ce qui s’est passé. Pourtant même les parties d’exposition nécessaires marchent remarquablement bien. Par exemple, l’on apprend à quel point les prêts douteux étaient reconditionnés en des "obligations de dette collatérales" soi-disant sûres grâce à un extrait dans lequel le chef Anthony Bourdain explique comment le poisson de la semaine précédente peut être déguisé en ragoût de la mer.

Mais vous n’attendez pas de moi que je sois un critique de cinéma ; vous voulez savoir si oui ou non le film traite correctement tout ce qui a trait à l’économie, la politique et la finance. Et la réponse est oui, partout où c’est important. Je pourrais pinailler sur quelques détails : le groupe de personnes qui avait identifié que nous étions en train de vivre la plus grande des bulles immobilières, et que cela posait de grande dangers à la véritable économie était plus important que ce que pourrait faire croire le film. Ce groupe comprenait même quelques économistes connus (hum-hum). Mais c’est vrai qu’un grand nombre d’acteurs influents, et soi-disant des personnes faisant autorité telles qu’Alan Greenspan, ont insisté non seulement sur le fait qu’il n’y avait pas de bulles, mais en plus qu’il était possible qu’il n’y ait pas de bulles.

Et cette bulle dont ils niaient l’existence gonfla en grande partie grâce à des montages financiers très opaques qui relevaient dans de nombreux cas carrément de la fraude claire et nette– et c’est un scandale que personne, en fait, n’ait été puni de ces fautes hormis les innocents qui se trouvaient là, à savoir les millions de travailleurs qui ont perdu leur emploi et les millions de familles qui ont perdu leurs maisons.

Alors que le film s’en sort très bien sur l’essentiel de la crise fiscale, la véritable histoire de ce qui s’est passé est très inconfortable pour certaines personnes très riches et très puissantes.

Eux et leurs hommes de main ont d’ailleurs passé des années à propager une vision alternative, que le bloggeur et le gestionnaire de biens Barry Ritholtz appelle The Big Lie. Cette position fait porter toute la responsabilité de la crise financière à – vous l’aurez deviné – la trop forte présence du gouvernement, notamment ces agences gérées par le gouvernement qui poussaient soi-disant trop de pauvres à trop s’endetter.

Peu importe que les soi-disant preuves attestant de cette position aient été complètement démontées, ou qu’avant la crise certains de ces mêmes hommes de main aient attaqué ces mêmes agences parce qu’elles ne prêtaient pas suffisamment aux pauvres, et non parce qu’elles prêtaient trop. Si l’histoire dit le contraire de ce que les intérêts des puissants veulent vous faire croire, eh bien l’histoire n’a qu’à être réécrite. Et cette histoire imaginaire est répétée constamment, notamment dans les média captifs, et ce sans se préoccuper du fait que l’on a la preuve qu’elle est fausse. Bien évidemment, "Le Casse du Siècle" a déjà été l’objet d’attaques au vitriol de journaux contrôlés par Murdoch ; si le film est un succès commercial et/ou s’il remporte des prix, attendez-vous à en voir beaucoup d’autres.

Ce dont il faut se souvenir, lorsque l’on voit de telles attaques, c’est la raison pour laquelle elles se produisent. La vérité, c’est que les gens qui ont fait "Le Casse du Siècle" devraient voir ces attaques comme un compliment : ceux qui attaquent ont clairement peur que le film soit suffisamment plaisant qu’il montre à beaucoup de personnes la vérité. Espérons que leurs craintes soient justifiées.

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Ca calme :

l'ex-PDG de PFGBest condamné à 50 ans de prison pour fraude comptable
Dow Jones le 31/01/2013 à 23:05

NEW YORK (AFP) -- Russell Wasendorf, ex-PDG du courtier de matières premières en faillite PFGBest, a été condamné jeudi à 50 ans de prison pour fraude comptable, détournements de fonds, faux et usage de faux, dans l'une des plus grosses malversations financières récentes aux Etats-Unis.

"Russell Wasendorf, 64 ans, de Cedar Falls (Iowa, centre), a volé plus de 215 millions de dollars de fonds de clients à travers son activité de contrats à termes de matières premières", et a "été condamné à 50 ans de prison", a expliqué le bureau du procureur de Cedar Rapids, dans l'Iowa.

Le fondateur et ex-dirigeant de PFGBest a ainsi écopé de la peine maximale qu'il encourrait. En septembre, M. Russell Wasendorf avait plaidé coupable de fraude, détournement de fond et mensonge aux enquêteurs.

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Bonjour à tous,

ce reviens en cet auguste lieu pour vous suggérer la lecture de "La Société du hold-up : Le nouveau récit du capitalisme" de Paul Vacca, qui constitue une bonne synthèse de ce non moins auguste thread.

Bonnes fêtes,

Gamby

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Les banques espagnoles viennent de réaliser à leur tour un joli hold-up sur les contribuables européens et espagnols puisqu'elles vont se faire renflouer à hauteur de 62 milliards par les mécanismes européens pendant que le gouvernement espagnol annonce 65 milliards de coupes budgétaires.

Après avoir mis 1500 à 2000 milliards d'euros sur la table au terme de dizaines de sommets européens, peut-on penser que la crise est finie ou bien faudra-t-il encore payer pour les calamités bancaires et financières, en mettant sur l'autel sacrificiel des marchés de nouvelles tranches d'aides aux banques ?

Des banques qui d'ailleurs montrent à nouveau leur malhonnêteté avec le scandal du LIBOR par lequel ces dernières se sont entendues pour fixer un taux d'intérêt interbancaire, central car fondant un grand nombre de variations corrélées de taux secondaires ou de valeur de produits dérivés (swap de taux et autres dérivés de taux). Ce sont près de 1000 milliards de dollars de pertes qu'ont causé ces ententes. Mais ce n'est qu'une malhonnêteté de plus dans un milieu où 25% des interrogés estiment qu'il est nécessaire d'être malhonnête pour réussir.

Petite nuance, les banques françaises n'ont ni réalisé de hold-up et sont plutôt en bien meilleure situation que leurs consoeurs européennes. Elles n'ont semble-t-il pas participé au "LiborGate", et elles viennent d'être saluées par S&P (qui les avait pourtant bien mis en difficulté au cours de l'année écoulée) dans leur bonne tenue financière. Elles respectent avant terme Bâle III. Bref, elles méritent qu'on les distingue de bon nombre de leurs collègues d'autres pays et venant de ma part ce n'est pas peu dire.

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Olivier Delamarche est un investisseur "hétérodoxe". Il pense que la marchés financiers sur lesquels il opère courent à la catastrophe.

Je ne soutiens pas 100% de sa position, car d'un certain point de vue, j'estime qu'il exagère, et que les résultats économiques contredisent par de nombreux chiffres son analyse. Sur certains aspects techniques néanmoins, il a indéniablement raison.

A écouter sans modération, avec un regard critique :

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FRANCFORT (Dow Jones)--L'octroi par la Banque centrale européenne (BCE) de prêts à trois ans aux banques européennes n'a pas vraiment servi à soutenir l'économie réelle ou les marchés de la dette souveraine jusqu'à présent, a estimé mercredi l'agence de notation financière Fitch Ratings.

Le crédit en valeur nette diminue, car la plupart des fonds injectés par la BCE lui reviennent, sans aider l'économie réelle, a observé David Riley, directeur de la notation des Etats chez Fitch. "La question de savoir si [les prêts à long terme de la BCE] vont être recyclés dans l'achat d'emprunts d'Etat reste ouverte", a-t-il déclaré lors d'une conférence organisée par l'agence de notation à Francfort.

La BCE a décidé d'allouer des fonds à trois ans - la maturité la plus longue jamais proposée par la banque centrale - afin d'éviter une pénurie de liquidités pour les banques. La demande lors de sa première opération de refinancement à trois ans, qui sera suivie d'une seconde en février, a été massive. Toutefois, au lieu d'utiliser ces fonds pour accorder des crédits, les banques les mettent en réserve. Elles se servent pour cela de la facilité de dépôt à 24 heures de la BCE, avec des montants déposés qui ont franchi des records historiques ces derniers jours.

Dans la mesure où Fitch estime que la crise actuelle dans la zone euro n'est pas une crise monétaire, "il n'est pas raisonnable de s'attendre à ce que la BCE sauve l'euro toute seule", a ajouté David Riley.

Certains responsables politiques ainsi que des analystes souhaitent voir la BCE jouer un rôle plus actif dans la résolution de la crise de la dette souveraine en Europe.

David Riley s'est rallié à leur cause mercredi, en déclarant que "la BCE doit vraiment s'engager plus activement". La BCE a une "grande marge de manoeuvre pour augmenter la taille de son bilan sans déclencher de phénomène inflationniste", a estimé David Riley.

En clair, les 489 milliards injectées aux Banques il y a 1 mois se retrouvent, d'une façon ou d'une autre, sur les comptes des banques au sein de la BCE, et ne sont pas répercutés sur le crédit aux entreprises, aux projets, et éventuellement aux ménages. L'Europe thésaurise, alors qu'il faudrait inventer de grands projets technologiques sectoriels, remettre de l'argent dans les entreprises pérennes en difficulté, recapitaliser certaines entreprises françaises qui ont devant elles de vastes défis (EDF pour le nucléaire, qui devra réinvestir pour prolonger la durée de vie des centrales, etc.), etc. Il aurait été bien plus utile d'utiliser cet argent de la BCE pour financer des projets d'envergure européenne, par la BEI, plutôt que des les avoir donné à des banques qui se sont empressées de les garder sur un compte courant de la BCE... Et pourquoi ne pas mettre en relation cette arrivée d'argent par des projets de politique économique, sociale, environnementale sur lesquels oeuvreraient les administrations européennes. Indépendance de la BCE me répondra-t-on... Si l'on pouvait se départir de réflexion de théoricien pur et parfait de l'économie, bien souvent éloigné des réalités profondes et quotidienne des relations économiques, on verrait que si la BCE travaillait de concert et en cohérence avec les Institutions européennes, on aurait mieux pu utiliser ce quantitative easing à l’européenne. Les Institutions agissent et veulent agir en silo, pour mimer cette indépendance sacralisée des gardiens de la politique monétariste dogmatique. On en a vu, dans cette opération de refinancement "sans affectation économique" au sens propre, les effets pervers de l'indépendance à outrance de la Banque Centrale et de l'absence de concertation entre ceux chargés d'une politique économique européenne et les stratèges de la BCE. Les banques étant les seules interlocutrices de la Banque centrale, leurs biais propres font le biais économique tout entier de tous les secteurs productifs de l'économie réelle. Ainsi, la nécessité de faire monter le core tier one à 9% en fonds propres est certes une juste mesure et va probablement justifier en partie cette "mise en réserve", mais les conditions plus dures de crédit instaurées par les banques dans l'octroi de crédits devrait voler en éclat (c'est justement- l'objet même de ce prêt à trois ans de la BCE aux Banques), et non pas s'ajouter à la situation économique morose.

Autrement dit, les banques jouent un jeu dangereux au regard de leur importance à l'égard de l'économie toute entière en gardant pour elles-mêmes, sans affectation, des fonds qui leur ont été prêtées par la BCE pour éviter le credit crunch, le gel des marchés interbancaires et un éventuel crach obligataire souverain.

Espérons donc que cette mise en réserve ne durera pas trop.

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Un phénomène assez rare se déroule actuellement sur les marchés financiers. Alors que la place parisienne baisse ce matin (-0,7%), la bourse de Franckfort monte pas mal (+1,1%), ainsi que la bourse de Londres (+1,25%). Cela se fait sur fond de chiffres très divergents : le chômage allemand est au plus bas, alors que le chômage des autres pays est au plus haut depuis plus d'une décennie. Au passage, cette hausse du chômage provient tout à la fois certes du manque de relais de croissance, mais aussi de la politique absurde d'exonération de charges sur les heures supplémentaires accompagnée d'une absence de politique innovante de l'emploi (les contrats aidés créés ne sont que des resucées des dispositifs déjà existants).

Par ailleurs, le spread des taux obligataires franco- allemand remonte très rapidement aujourd'hui. Pourquoi ? Parce que les banques "intermédiaires des valeurs du trésor" donc celles qui sont homologuées pour participer aux adjudications obligataires, font les fines bouches, vendent de la dette  française sur le marché secondaire dans la perspective de faire monter les taux lors de la première adjudication 2012 de jeudi (la France prévoit d'emprunter 178 Md€ en 2012 pour financer son fond de roulement ce qui amènera le plafond de variation nette de la dette négociable de l'État à 80 milliards selon la LFI pour 2012)

Ce qui est assez choquant dans ce petit jeu des IVT avec l'AFT, c'est que la BCE leur a fourni des tonnes de liquidités il y a à peine 15 jours, au taux de 1%. Cela signifie que les banques se servent de cet argent pour faire monter les enchères des taux obligataires, alors qu'elles savent bien que cette stratégie se retourne également contre ces banques par deux leviers : par le biais de la valeur du principal de cette dette, qui diminue d'une part et d'autre part parce que c'est ce phénomène qui provoque la défiance des investisseurs des marchés actions dont elles font partie par ailleurs... Elles essayent de se refaire un peu de marge sur les taux, mais elles perdent sur le principal de leurs actifs ! C'est une stratégie absurde. On apprend parallèlement par ailleurs que les taux immobiliers vont augmenter, au point que le magazine Challenge prévoit qu'il redeviendra plus intéressant d'emprunter à taux variables en 2012 plutôt qu'à taux fixe (qui vont atteindre les 5% (et les atteignent déjà en fait avec l'assurance !) ! SAns parler des risques supplémentaires de perte du triple A que cette stratégie fait peser sur l'ensemble de la France, perte qui contribuera à faire encore augmenter les spreads et les taux...

Je disais déjà que j'aurais préféré que cette "new money" apportée par la BCE soit affectée en partie aux Etats, et pas seulement aux banques commerciales, comme cela se fait aux Etats-Unis.

J'entendais hier Jacques Sapir, prévoyant ou souhaitant (on ne sait pas trop), la fin de l'euro comme monnaie unique de la zone euro. Il prône une "monnaie commune", c'est à dire que l'euro ne deviendrait plus qu'une sorte de monnaie d'échange extérieur, alors que les monnaie nationales reviendraient pour les échanges internes à la zone euro. On se demande comment on peut rechercher à alimenter encore plus cette crise que par ces invocations quasi-sacrificielles.

La solution réside encore et toujours en Allemagne, le moteur de l'Europe, mais tant qu'Angela Merkel sera au pouvoir, qu'espérer de sa stratégie égoïste visant à accroître encore et toujours l'écart de situation entre l'Allemagne et ses partenaires de la zone euro ? Dans ce cadre là,  Jacques Sapir n'a pas tort, puisqu'en effet, on reste manchot devant le problème fondamental de la zone euro qui est une incapacité (un manque de volonté surtout) à gérer les chocs asymétriques (problème dont on discute depuis plus de 30 ans - cf. Mudell !!). Il faut que l'Allemagne comprenne que sa stratégie de compétition entre Nations au niveau de la zone euro conduit au suicide de cette même zone euro, et réagisse en lâchant du lest et en permettant une meilleure ré-allocation des moyens d’investissement au niveau européen (par le biais des divers programmes financiers européens - fonds structurels, PIC, PCRD et alii - et d'un grand emprunt européen tourné vers l'investissement dans les pays attaqués). Rigueurs nationales et relance européenne, je crois que c'est là la clef d'un retour à l'équilibre. Encore faudrait-il qu'Angela Merkel assouplisse sa position !!

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Cet article date du début de la crise, mais il me parait tout à fait d'actualité et il correspond bien à l'analyse de ce fil.

Dans quelques semaines, les agences de notation vont nous "dégrader". Je me demande ce qu'attendent les représentants du peuple pour dégrader ces agences.

"Une bande organisée de spéculateurs cherche à faire tomber les pays de la zone euro"
   
Edouard Tétreau, associé-gérant de Mediafin, conseil en stratégie, professeur à HEC, estime que le moment est venu de mettre les spéculateurs hors d'état de nuire.

Les écarts de taux entre l'Allemagne et l'Italie sont à des niveaux historiques. Pourquoi les marchés financiers s'attaquent-ils à ce pays ?

D'abord, ce ne sont pas "les marchés financiers", mais une bande organisée de spéculateurs, mobiles, bien armés et à ce jour anonymes, qui cherchent à faire tomber les pays de la zone euro les uns après les autres. Grâce aux efforts de la BCE et de l'Eurogroupe, cette bande a, à ce jour, raté son coup. Elle a même perdu de l'argent sur la Grèce qui n'a pas fait défaut, contrairement à ce que certaines agences de ratings, étonnamment complices, voudraient nous faire croire. Aujourd'hui, cette bande s'attaque à l'Italie, l'Espagne. Demain, ce sera au tour de la France. Le moment est venu demettreces spéculateurs hors d'état de nuire.

N'est-il pas un peu facile de désigner toujours les spéculateurs ?

Ce qui est facile, c'est de ne pas nommer les choses et de laisser faire. A l'heure actuelle, certains fonds d'investissements et établissements bancaires, américains, britanniques mais aussi européens - c'est un comble - ont un intérêt financier à mettre des pays européens en faillite. Ils le font en achetant des CDS sur les dettes européennes, en vendant des titres à découvert, en alimentant le marché de rumeurs, qui font les choux gras et les gros titres d'une certaine presse financière. La première mesure des autorités de marché et des dirigeants politiques doit être, au nom de la transparence des marchés, de forcer l'identification de ces spéculateurs. Quels fonds ont intérêt à faire tomber l'Europe ? Quels établissements arment ces fonds avec des prêts, ou des titres - parfois à leur insu ? Après avoir rendu public ce listing, il faut -vite- se donner les moyens de blacklister ces institutions. Au nom de quel masochisme devrait-on continuer de les laisser opérer sur le marché européen ? Nous sommes actuellement dans une guerre financière qui ne dit pas son nom. Elle réclame des mesures à la hauteur des enjeux. En résumé : une institution prise en flagrant délit d'attaque sur les dettes souveraines européennes doit se voir interdire l'accès aux marchéseuropéens. Ni plus, ni moins.Dans cette guerre, je suis pour le moins perplexe face à la myopie des marchés financiers, qui tirent quotidiennement sur la zone euro, oubliant que deux Etats souverains ont des finances publiques au moins aussi délabrées que la Grèce : la Grande-Bretagne (un déficit correspondant à 9% du PIB) et les Etats-Unis, qui pourraient faire défaut dans quinze jours sur leur dette, et qui ne savent pas s'ils vont faire 1.500 ou 1.700 milliards de dollars de déficits en 2011. La timidité des américaines agences de notation sur le sujet est aussi curieuse que leurs triple A sur les subprimesde 2008...

Qu'attendent les responsables politiques européens pour réagir ?

Je ne sais pas. C'est maintenant que ça se passe. Cet automne, il sera trop tard. Trois actions doivent être entreprises : 1. Dans les prochains jours, le listing et le "blacklisting" des institutions spéculant contre la zone euro. 2. Une initiative franco-allemande sur les marchés, par exemple un achat massif de dettes souveraines espagnoles et italiennes. Nos amis allemands le savent : si ces pays font défaut, leurs banques sautent. La solidarité européenne est aussi une bonne politique nationale. 3. Avant le 2 août prochain, date à laquelle les Etats-Unis auront atteint leur plafond de dette autorisé par la loi, nomination d'un ministre européen des finances ayant pour mission première la mutualisation des dettes nationales européennes. C'est l'heure de vérité de l'Europe : soit chacun se replie sur son pré carré national, et tout le monde est perdant ; soit nous sortons de la crise par le haut, avec une union fédérale budgétaire et fiscale, et donc politique.

Tout cela nécessite du temps ?

S'il a fallu quelques heures pour décider une opération militaire en Lybie, on peut se donner quelques jours pour endiguer la spéculation, et quelques semaines pour unir les forces des Trésors allemand, français, italien, espagnol. Après, nous aurons le temps de passer aux choses sérieuses : la remise en ordre de nos finances publiques, à commencer par la France ; la responsabilisation de l'Allemagne face à son engagement européen, notamment en termes de défense ; et la constitution des Etats-Unis d'Europe.

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http://www.liberation.fr/economie/01012 … isait-trop
«En seize ans de salle de marché à la Société générale, je n’ai jamais vu une telle situation, totalement délirante, surtout au vu de la communication de la banque sur les valeurs d’éthique, de rigueur et de professionnalisme.» En adressant ce mail à Michel Péretié, patron de la branche trading et investissement de la Société générale (SGCIB), Ghislain Le Mintier, alias «GLM», signe son arrêt de mort en avril. Un mois plus tard, ce trader est licencié pour insuffisance professionnelle....
Les banques sont comme l'orchestre du Titanic, elles continuent à jouer (dans tous les sens du terme) dans une fuite en avant générale, espérant que le désastre sera évité de façon quasi eschatologique...

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[video (flash player not installed)]

On le sentait, mais là, l'analyse est complète sur comment un certain nombre de hedge funds anglo-saxons, rassemblés dans divers dîners en ville, et alliés avec les agences de notation et les analystes de diverses banques d'affaires, ont organisé la crise actuelle dans la foulée des subprimes afin de réaliser de très gros profits sur la baisse de valeur des dettes souveraines (par l'intermédiaire des dérivés, de la vente massive de titre de dette et dans un deuxième temps par la hausse usuraire des taux d'intérêts). Pour ce faire, ils ont poussé à la panique sur ces dettes, en favorisant le climat de défiance à leur égard (leur puissance de marché était bien suffisante pour entraîner un phénomène de cause à effet).

A nouveau, nous faisons face à des crises financières provoquées par quelques acteurs financièrement très puissants qui s'enrichissent grâce à ces opérations en appauvrissant des peuples entiers...

Et face à cela, la réponse allemande, bête et méchante, consiste à aller dans le sens provoqué par ces escrocs à échelle de milliards, en plombant encore plus les Etats attaqués...

Maintenant que la crise s'est contaminée à l'Italie, à l'Espagne, le bénéfice est triplé, quadruplé, car preter à l'Italie à un taux de 6-7%, c'est tout bénef puisque jamais l'Italie ne fera défaut (donc ces taux usuraires sont absolument illégitimes) - cf. son taux d'épargne, la valeur de ses actifs, etc.

Tout cela est orchestré depuis les Etats anglo-saxons, USA et UK, deux Etats qui sont en bien plus grand danger financier que la zone euro.

Si nos politiques voulaient prendre conscience de cela, et contrecarrer ces opérations de billard à trois bandes financières, ils le pourraient, mais ils sont trop stupides et incapables pour le voir, et définir la stratégie de riposte.

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Le problème est que si nous voulons un apport des pays extra-européens, ces derniers ne veulent passer que par le FMI...

Dans l'absolu, je suis d'accord avec l'idée que nos dirigeants ont été et sont toujours incapables de gérer cette crise et que l'on aurait du dès le début de la crise de la dette se servir de nos propres leviers pour faire face à cette situation. C'est assez sidérants d'ailleurs qu'autant de gens que l'on pourrait croire qualifiés, entourés d'armées de conseillers, aient les yeux si encrassés qu'ils soient aussi peu capables de mettre en oeuvre les mesures évidentes de gestion de cette crise, quand les Etats-Unis parviennent à tenir le choc alors qu'ils sont autrement plus endettés que nous et ont une monnaie dont ils ont largement outrepassés les limites du tirage acceptable (mais ils ont plus d'innovation, plus de relais de croissance, plus d'investisseurs prêts à mettre plus sur la table pour développer de nouvelles activités...). Cette affaire n'est qu'une question de crédibilité, et il est évident que faute de prendre les mesures qui s'imposent, et faute de disposer d'institutions fédérales et d'Etats réellement unis, l'Europe a du mal a se construire une crédibilité internationale, alors que nous disposons de la première économie mondiale, de la première monnaie mondiale, et probablement des meilleurs dispositifs d'assurances sociales et des meilleurs infrastructures du monde.

DSK est reparti hier sur son leitmotiv de la "prise de perte", mais de quelle perte parle-t-il ? Nous la prenons chaque jour notre perte  : les banques ont pris leur perte sur la Grèce en acceptant la décote et en ayant provisionné toutes leurs dépréciations d'actifs imposées par des marchés financiers en voie de déroute avancée ; les Etats acceptent leur perte en ayant abdiqué devant la stratégie hémiplégique imposée par Merkel (austérités nationales sans relance européenne) ; les entreprises prennent leurs pertes avec l'augmentation de délais/défauts de paiements consécutifs à la cette crise psychologique ; les salariés prennent leur perte avec la modération salariale et la précarité sociale de fait qui leur sont imposées... J'aurais aimé que DSK précise sa pensée sur cette fameuse perte qu'il faudrait encore se prendre sur le coin de la figure.

Pour le reste, je pense qu'il faut en effet que l'Europe se redresse et prenne en main les moyens dont elle dispose et dont elle persiste à refuser de se servir (l'UE n'a pas de dette, et la BCE a une monnaie surévaluée sur laquelle on a de la marge de manoeuvre de tirage), mais pour cela, il faudrait que les Allemands élisent quelqu'un qui ait une vision un peu plus élargie de la stratégie économique nécessaire que la stratégie étriquée de boutiquier que Merkel nous impose et qui asphyxie l'Europe à court-terme, et que les Français élisent quelqu'un qui sache construire une relation rénovée avec l'Allemagne dans la durée, comme Helmut Kohl et François Mitterrand avaient su la construire, permettant d'aboutir à des accords de longue portée, plutôt que quelqu'un qui croit (ou qui a cru pendant les 3 premières années de son mandat) que c'est en jouant les gros bras que l'on arrive à quelque chose.

Au total, nous sommes toujours au point de départ, après 2 ans de sommets en série. Et tout ce que l'on nous présente comme une avancée, c'est ce qui existe déjà dans le Pacte de stabilité et de croissance (les 3% de déficits limite), et dans le droit européen et Français (à savoir la programmation pluriannuelle des finances publiques...) et de ce point de vue, je partage cette consternation.

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En situation de péril, il n'est plus temps de faire dans la nuance ou la finesse.

Il est temps de neutraliser les traîtres et les usurpateurs qui, au sommet de nos institutions décrépies, menacent notre intégrité économique.

Face à l'incapacité crasse de nos dirigeants, et à l'inaptitude à agir auto-imposée, je n'ai que colère et haine à opposer à nos dirigeants. Particulièrement face à cette chancelière obèse et dogmatique qui bloque tout depuis 2 ans et à cet imbécile de Président, trop bête pour avoir construit une relation franco-allemande équilibrée. Il arrive à la fin de son mandat en situation de queue entre les jambes, ce qui n'aurait pas été le cas si jusqu'ici, il avait construit patiemmentune relation équilibrée et amicale. Et je ne parle même pas de leur refus de s'engager dans un processus de souveraineté à l'américaine ou à la chinoise, où l'Europe prendrait en main son destin, ses pouvoirs, ses forces, ses Institutions.

Et nous sommes à l'arrivée de ce processus, à être obligé de donner 200 milliards au FMI pour que le FMI nous donne de l'argent, alors que nous avons construit un fond qui était au départ créé pour cela.

Pouah !

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Gambetta a écrit:

Mais oui mon chou, continuons à nous indigner de propos, pendant que ce gros tas plein de choucroute saucisses continue de nous ruiner.

Je ne m'indigne pas, je trouve que cette injure est dans la droite ligne de la totalité de tes analyses, toutes en finesse et en nuance.

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Mais oui mon chou, continuons à nous indigner de propos, pendant que ce gros tas plein de choucroute saucisses continue de nous ruiner.

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Gambetta a écrit:

Merkel est une [insulte] et une [insulte], elle est en train par son incompétence et son dogmatisme de ruiner l'Union européenne. Sarkozy est un incapable et un analphabète économique. Ces deux là méritent d'être recouverts par du lisier.

 

Gambetta a écrit:

C'est (...) lamentable.



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