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1

Bonjour.

Quelqu'un ici s'est penché sur l'introduction à la stratégie du général André Beaufre ?
A la littérature stratégique en général ? ( Liddell Hart, Clausewitz, Sun tzu évidemment et les 36 stratagèmes notamment ? )

2

Pauvre littérature française...

Valeurs actuelles a écrit:

Le grand remplacement expliqué à mon cheval

Virginie Despentes. Le troisième tome de Vernon Subutex est probablement l’un des livres les plus idiots jamais écrits, ce qui en fait paradoxalement une farce assez plaisante.

Les journalistes ont évoqué une fresque exceptionnelle, une formidable cartographie de la société française contemporaine, une construction romanesque unique digne d’un Balzac. Despentes, nouveau Balzac ! La comparaison a de quoi faire hurler les étoiles. Elle dit tout du gouffre dans lequel la critique littéraire est tombée. La seule évocation qui nous est venue à la lecture de cette trilogie ridicule, laborieusement écrite par une vieille punk embourgeoisée, c’est une botte de foin. On imagine volontiers l’auteur s’en fourrer le museau tout en écrivant ses inepties.

La trilogie se présente comme une chronique de la France d’aujourd’hui. On y suit plusieurs personnages, généralement à peine esquissés, tous transsexuels, drogués, tatoués, ratés tristes et revanchards, qui gravitent autour de Vernon Subutex, un ancien disquaire à qui une star de rock a confié un enregistrement révolutionnaire avant de mourir, et qui va plus ou moins devenir le DJ et le gourou d’une sorte de secte de débiles qui cherchent à atteindre l’extase par la danse. Suspecté d’avoir détourné de l’argent, Subutex quitte la communauté, vexé. Dans le tome précédent, un producteur soupçonné d’avoir assassiné une actrice porno, Vodka Satana, avait été agressé par sa fille, Aïcha, une musulmane pratiquante, et une amie de celle-ci. À présent, celui-ci se venge. Voilà à peu près l’histoire résumée.
Dans son monde enchanté, la société française est dirigée par les nazis

Les lecteurs de Virginie Despentes sont convaincus que leur auteur fétiche est “dérangeante”, quand elle ne fait que dérouler la doxa d’époque sur tous les sujets, et encore le fait-elle avec moins de subtilité que la plupart des médias qui savent s’arrêter juste avant de percuter le réel et d’anéantir leurs positions dogmatiques. Despentes, elle, au grand bonheur des taquins, n’a pas de frein. Elle fonce tête baissée comme un taureau, et le lecteur éprouve alors la divine émotion du toréador frôlé par 500 kilos de bêtise et de méchanceté.

Ainsi, dans son monde enchanté, la société française est dirigée par les nazis : ils sont sur Internet, à l’école privée (on y fait réciter Mein Kampf aux élèves), dans les médias, à gauche, partout ! Les bourgeois sont les pires. Ils considèrent les Noirs comme des singes, veulent éliminer les « pédés », pensent que « la place des femmes est à la maison, et qu’il faut corriger celles qui sortent » (sic !). Ils font croire qu’ils aiment les belles choses alors qu’ils « savent ce qu’ils font lorsqu’ils meublent leurs appartements […] : chaque objet ici hurle à l’attention de ceux qui ne sont pas habitués au luxe : dégage de là sale prolétaire ». Ils ont inventé la laïcité « pour emmerder les immigrés » et soufflent sur les braises de l’islamophobie pour détourner l’attention des pauvres. Et le terrorisme islamiste ? Circulez, y a rien à voir ! Les tueurs du Bataclan se sont « inspirés des films et des jeux de Hollywood » et « aucun des assassins n’était pratiquant ». Quant aux motivations profondes, là encore, rien à voir avec l’islam. Les terroristes sont simplement des humiliés qui se vengent comme ils peuvent : « Les Blancs veulent avoir le droit d’humilier les Arabes. Ils l’ont toujours fait. Ça fait bizarre de penser que maintenant c’est l’inverse. » On sent que le “bien fait” des enfants n’est pas loin !

Quand elle évoque le mâle blanc, Despentes ne se contrôle plus. Elle ressemble à un Bisounours en train de piquer une colère devant son bol de soupe. Le Blanc est ivrogne, menteur, escroc, violeur en puissance, toujours à harceler les filles dès qu’il a bu un verre de trop.
Pour l’écrivain, les migrants sont pourtant la future élite du pays

Bref, l’homme blanc est un porc de toute éternité et il faut le remplacer. Par les minorités : musulmans, homosexuels, transsexuels, drogués, etc. (Chez Despentes, même les dealers des cités sont « super aimables » !) Et par les migrants, bien sûr. C’est donc vers ces « bateaux entiers de beaux gosses » que l’écrivain lorgne avec gourmandise. Despentes n’habite pas la même planète que nous. Sur la nôtre, les marines européennes et les ONG sauvent des migrants et les médias tentent d’éduquer les foules à les accueillir. Sur la sienne, l’Occident coule les bateaux de fortune et les médias, hostiles, ne voient en eux que des terroristes en puissance.

Pour l’écrivain, les migrants sont pourtant la future élite du pays. Et attention, « une élite, une vraie. Pas de la branlette de beau quartier où tout ce qui compte c’est le patrimoine de ton père ». L’un de ses personnages rêve d’ouvrir une école pour eux, de sélectionner les meilleurs et de « les former au capitalisme européen » : « Ça va leur faire bizarre, aux fils à papa, quand vont débouler ses élèves sur le marché du travail. Le pays a besoin de sang neuf. »

La fin du roman vire carrément au sublime. La bande de ratés, drogués, etc. se fait en effet décimer dans un attentat à la grenade et à la kalachnikov commis… par une jeune patriote ! Une fille qui a décidé de massacrer « les jouisseurs et les dépravés » car elle abhorre « l’agonie démocratique […], la France moribonde, blessée par le métissage et la dissolution des moeurs. L’absence de foi. De droiture ». Bref, une catho-facho ! Chroniqueuse extralucide de la France d’aujourd’hui, Virginie Despentes réussit cette gageure de peindre les islamistes en victimes et les catholiques en terroristes. Chapeau l’artiste.

https://www.valeursactuelles.com/cultur … eval-86055

3

Über das Meer de Wolfgang Bauer sur la traversée de la méditerranée par des migrants illégaux.

Extraits en allemand et en français:
http://www.beck-shop.de/fachbuch/lesepr … pt_001.pdf
http://www.telerama.fr/monde/franchir-l … 142288.php

Dans le même genre, en plus ancien (et avec un auteur qui accompagnait vraiment les migrants): http://www.telerama.fr/divers/extrait-d … ,28648.php

4

(C'est Noriega qui m'y a fait penser, car je le confonds tout le temps avec Trujillo.)

Je recommande à tout le monde la lecture de La Fête au Bouc de Vargas Llosa.

5

Pour rire un peu du pypy de chat d'Olivier.

L'Obs a écrit:

“Les Parisiens” : Olivier Py signe un roman illisible et infantile

Avec son quatrième roman, le directeur du Festival d'Avignon repousse les limites du grotesque involontaire.

Au Festival d'Avignon, qu'il dirige depuis trois ans, même dans le «off», même sous la contrainte et même si la compagnie théâtrale était en redressement judiciaire, on ne voudrait pas d'un texte pareil.

Voici en effet, parmi cent autres, quelques dialogues du livre, relevés sous abri, un jour de canicule: «C'est pour être à la hauteur de ton midi que j'ai inventé une nuit polaire», «Tu ne m'as rien appris, mais tu as rendu possible le pacte de mon âme avec l'imprescrit», «Je voudrais poémiser le présent», «Il faut être superficiel par profondeur» ou «La gloire est la clé d'un malheur sans fenêtres» (n'est-elle pas plutôt, la gloire, le toit en chaume d'un bonheur sans Velux?).

Le seul à goûter cette invraisemblable logorrhée criblée de néologismes infantiles (de «l'exagérance» à «la putitude»), c'est le personnage principal, Aurélien, que toutes «ces paroles ravissent au point qu'il se branle de manière philosophique». Une manière où l'on reconnaît bien Olivier Py, auteur authentiquement dramatique, dont «les Parisiens» (Actes Sud, 22,80 euros) est le quatrième et ventripotent roman (540 pages).

“Jouir est un envol éphémère dans la Miséricorde”

Dans cette version queer de «la Comédie humaine», voici donc Aurélien, un Rastignac venu de Dijon afin de conquérir Paris et d'y faire triompher «Pénélope», une pièce qu'il vient d'écrire et dont certains personnages du roman jugent le style «grandiloquent, pompeux, ampoulé», mais les gens sont méchants. Pour parvenir à ses fins et devenir «le roi de cette ville crasseuse», Aurélien écume les backrooms, où on baise, et les lieux de pouvoir, où on se fait baiser, en appelle à Dieu, qui ne répond pas, et s'introduit, sans protection, dans un petit monde culturel - musique, danse, théâtre - où la vanité le dispute à la lâcheté, la perfidie à la jalousie, et qu'il «inonde de son jeune sperme conquérant».

L'occasion, pour l'auteur, de régler ses comptes avec l'ex-ministre de la Culture Frédéric Mitterrand ou de saluer le patron du Français, Eric Ruf. Mais de ce qui aurait pu donner un pamphlet acerbe ou une amusante parodie, Olivier Py a eu la mauvaise idée de tirer une énorme farce mystico-morbido-gay au grotesque involontaire, où l'on apprend que «jouir est un envol éphémère dans la Miséricorde» , que «la musique est La souffrance» et que «le théâtre est le lieu du non-savoir». Somme toute, il n'y a pas plus parisien que ce roman à clés prétendument lancé contre les Parisiens. Preuve, d'ailleurs, qu'il est parisien: c'est un roman illisible.

http://bibliobs.nouvelobs.com/romans/20 … ntile.html

6

C'est un futur. Un de ces jours.

7

Révolution qui n'est jamais venue.

8

Il a bien fait de s'exiler en Irlande, le gusse, parce que le jour de la Révolution, justement, il aurait passé un sale quart d'heure dans les camps de rééducation.

9

Michel Déon, toujours dans les Poneys sauvages a écrit:

En Occident, le Parti communiste a perdu ses chances de déclencher la révolution par la violence et d'imposer la dictature par le prolétariat. Le PC freine ses éléments les plus avancés. Il sait bien qu'une fois au pouvoir, ses échecs, son incapacité économique et sociale, la terreur imposée par sa bureaucratie déclencheraient aussitôt une contre-révolution et l'écrasement d'effectifs grotesques inférieurs à ceux que revendiquait n'importe quel leader d’extrême droite. La force, l'intelligence des communistes est de savoir adapter leurs méthodes de combat au terrain et à l'adversaire. Ainsi tout l'Occident est anti-communiste et tout l'Occident pratique ou approuve la politique communiste dans le monde. La presse capitaliste tremble de passer pour réactionnaire et se livre à une surenchère que les communistes peuvent regarder d'un air narquois. C'est cela qui importe, car l’Humanité, L'Unita ou le Daily Worker n'ont aucune influence, aucune portée. Des journaux de parti rédigés par des imbéciles sans talent pour des imbéciles sans imagination. En revanche, le communisme, quand il travaille hors de sa propre légalité, quand il manœuvre ses atouts secrets, sait s'adresser au talent, sait faire vibrer la corde sensible. Il ne paraît même plus bon qu'à ça. Un parti de pleureurs de choc, de pétitionnaires à sens unique qui ne paraît même plus capable d'accepter la virilité de la lutte, un parti de femelles, diriez-vous... Faire pleurer Margot pour un petit terroriste qui a reçu une paire de gifles quand on a chez soi des camps de concentration, des prisons atroces et une police politique dont le seul nom terrifie le plus innocent citoyen, il faut avouer que c'est un chef-d’œuvre. Tirons notre chapeau, Horace...
De toute façon, il n'y a qu'un critère en politique, c’est la réussite, et en voilà une... Elle n'était possible qu'avec la complicité de la presse et l’astucieuse exploitation de la mode. Grattez la presse et vous trouverez...

10

Michel Déon dans Les Poneys sauvages a écrit:

"[...] J'aurais bien voulu être socialiste, c'est le regret de ma vie.

- Qu'est-ce qui vous en a empêché ? demanda Horace avec une curiosité inattendue.

- Je vous l'ai dit : c'est un parti de pleureurs de choc. Des larmes, des plaintes, des pétitions... La mauvaise foi la plus criarde et la plus insolente. J'aurais voulu adhérer à un parti révolutionnaire, âpre, idéal, violent et avouant sa violence. Un moment, j'ai cru que c'était possible..."

http://www.bullypulpit.fr/wp-content/uploads/2013/04/edwy_plenel.jpg
http://i.f1g.fr/media/figaro/805x453_crop/2016/02/25/XVM4759762a-dbb0-11e5-8b19-ad442bd7c1d0.jpg
http://images.telerama.fr/medias/2016/01/media_136361/histoire-de-la-violence,M290026.jpg
http://www.babelio.com/users/AVT_Louis-Georges-Tin_921.jpeg
https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/a/ab/Harlem_D%C3%A9sir_01.JPG/220px-Harlem_D%C3%A9sir_01.JPG

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Je viens de finir Harry Potter 8.

*soupir*

Pas top.

12

Suis-je le seul à être déçu par le troisième ouvrage de Zoé Shepard (Zoé à Bercy) ? J'étais plié à la lecture des deux premiers, mais je trouve que le dernier part un peu dans tous les sens, entre les retrouvailles peu vraisemblables des protagonistes à Bercy, l'ambiance « chiottarde » comme elle dit (les travers du Don et de Coconne) qui se mêle à une description (critique ?) du fonctionnement de Bercy et des histoires familiales qui viennent se rajouter...

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Travailler à tout prix de Nicolas Chaboteaux et Cédric Porte.

Résumé Amazon:

" Didiiiier... mais il est où ce con ? Vous n'avez pas vu Didier ? De toute manière, je ne sais pas pourquoi je vous pose la question, vous ne savez jamais rien ! (...) Alors, vous ne moufetez pas, vous ne l'ouvrez que pour dire bonjour et au revoir, rien d'autre. Si le client vous pose une question, vous ne répondez pas. Vous n'êtes pas autorisé à parler. "
Après des années de chômage, Cédric et Nicolas retrouvent un boulot. Un parfum d'espérance souffle sur leur vie. Ils sont loin d'imaginer ce qu'ils vont subir. Bienvenue chez MSS, une PME dirigée par une patronne, façon tyran nordcoréen. Ici, règne le management par la terreur : délation, humiliation, contrôle absolu de l'individu. Cédric et Nicolas troquent un enfer contre un autre, plus pernicieux, plus violent. Mais que faire ? Le travail, leur bouée de sauvetage, les attire vers le fond...
Aujourd'hui, pour certains dirigeants d'entreprises, le niveau élevé du chômage constitue une aubaine. D'abord parce que l'adage " un de perdu, dix de retrouvés " n'a jamais été aussi vrai. Ensuite, et surtout, parce que la peur de la précarisation développe chez les individus une aptitude à la soumission hors norme. Une plongée dans les méandres d'une pratique scandaleuse en compagnie de deux salariés qui ont failli y laisser leur santé, leur personnalité, voire leur vie ! Un livre choc, souvent drôle car avec le recul les auteurs ont appris à rire de leurs
déboires, mais aussi un manifeste pour redonner espoir à toutes les victimes du " travailler à tout prix ".

Voir par exemple:
http://www.humanite.fr/travailler-tout- … ent-573537
http://www.lesinrocks.com/2015/04/02/ac … -11696698/
http://www.lalecturienne.com/2015/05/tr … teaux.html

Glaçant... heureusement qu'il existe a contrario des entreprises qui concilient humanisme et (à défaut de modestie) recherche du niveau du MIT avec des dirigeants sans concession :-))

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Au cas où vous voudriez lire le dernier machin de cette ganache fêlée d’Édouard Louis, voici un avertissement :

Marianne a écrit:

Edouard Louis, en toute complaisance

Voici la chronique de Laurent Nunez sur "Histoire de la violence", le nouveau livre d'Edouard Louis, feu Eddy Bellegueule. Elle a été diffusée le 4 janvier sur France Culture, en partenariat avec Marianne, dans l'émission "Demain est un autre jour".

Histoire de la violence, c’est le nouveau livre d’Édouard Louis, feu Eddy Bellegueule, vous vous souvenez, qui avait changé de nom, de ville et de rang, dans son premier texte, pas une autofiction, mais une autobiographie, vraie de vraie. Et c’est donc à un autre texte véridique que nous sommes confrontés en cette rentrée de janvier, puisque comme vient de l’avouer l’auteur dans une interview à Livres Hebdo : « Dans ce livre, il n’y a pas une ligne de fiction ».

On se sent mal à l’aise devant ce genre de remarques, comme si la fiction était une maladie honteuse. Si l’on devait vraiment écrire une histoire de la violence, on commencerait par là : par les brutes qui nous imposent leur vision du monde, en jurant que c’est le réel. Bref, ça commence mal. C’est donc l’histoire d’Édouard, et de ses deux meilleurs amis, Geoffroy de Lagasnerie et Didier Eribon. Ils s’offrent des livres de Claude Simon et de Nietzche, en Pléiade bien sûr. Ils boivent du vin en écoutant de l’opéra. Et puis, un soir de Noël, alors qu’Édouard rentre tranquillement chez lui, il croise un garçon kabyle : Reda. Il a un pantalon de jogging et du shit dans la poche de son pantalon de jogging. C’est Noël, il fait froid, Réda n’est pas mal, alors Édouard l’invite à monter chez lui. Sur le lit, ils discutent, mais Édouard remarque que son téléphone a disparu. Oh ! Reda ! Le jeune kabyle sort un pistolet. Il insulte Edouard Louis. Il étrangle Edouard Louis. Il viole Edouard Louis. Et puis il s’enfuit. (En murmurant tout de même : « Je suis désolé. Pardon. »)

Mais ce n’est pas fini. Hôpital. Commissariat. Edouard Louis révèle tout ce qu’il sait du jeune homme, et même du père de Réda, qui vivait dans un foyer de travailleurs. Longs tunnels sur l’émigration, le racisme, la misère, pour expliquer comment ces choses-là se produisent… Parce que bien sûr Réda n’est pour presque rien dans ses actes. C’est une violence culturelle qui le traverse et qui l’inspire… Pauvre, pauvre marionnette, qui étrangle et viole les gens contre son gré… « La sociologie m’a permis de réaliser que la violence est produite par des structures sociales », assurait déja Edouard Louis, il y a quelques mois. Ben voyons. Vraiment, la sociologie est un sport de béats. En témoigne la critique hallucinante de Télérama : "Son violeur Reda n'est-il pas le dernier maillon d'une longue chaîne de terreurs infligées par l'Histoire et la société à son peuple kabyle, à sa classe de migrants ?"  Et donc ceci expliquerait cela...

Bref, c’est un livre qui nous a beaucoup étonnés, et déplu. Déplu aussi pour sa construction : Édouard raconte ce qui s’est passé à sa sœur, et sa sœur re-raconte tout cela à sa manière. Et comme sa sœur, Clara, est un peu simple et qu’elle n’habite pas à Paris, elle retranscrit la réalité à coups d’idées reçues et de phrases syntaxiquement incorrectes. On trouve donc, sur une même page, imaginez ! - le dialogue de Clara et de son époux – mal construit, fautif, simpliste ; et entre parenthèses et en italiques, les remarques d’Édouard Louis, posées, en bon français, parsemées de subjonctif. Le même artifice apparaissait dans Pour en finir avec Eddy Bellegueule, et déjà beaucoup de critiques déploraient cela. Je parle d’artifice à dessein, et parce que l’auteur dirait qu’au contraire, c’est vrai, « vrai de vrai », que lui parle comme ceci et que sa sœur parle comme cela. Mais j’appelle artifice cette façon de plaquer et d’opposer les deux façons de penser, et d’avoir, comme par hasard, le beau rôle. C’est facile de bien s’en sortir, quand on est celui qui tient la plume et qui publie le livre.

Encore une chose : les mâchoires se serrent lorsque je lis un témoignage où le narrateur recule au moment de porter plainte. « Comment est-ce qu’on peut croire que ce genre de procédure fait du bien ? Je ne voulais pas porter plainte, à cause de ma détestation de la répression, parce que je pensais que Réda ne méritait pas d’aller en prison. » Non ! Trois fois non ! On peut tout de même penser que les violeurs, même s’ils ont eu une enfance très difficile, méritent d’être jugés et condamnés. Il ne s’agit vraiment pas de "répression" ; juste d’être responsable de ses actes. Et voilà : vous voyez ce que ces pages ont fait de moi ? Je vais vous dire un grand secret : je ne serais pas surpris si ce récit participait encore un peu plus de l’extrême droitisation de la pensée en France.

On ferme ce nouveau livre dont on attendait beaucoup dans la tristesse et l’agacement : à quoi bon tant admirer Bourdieu, si c’est pour écrire un livre qu’encensera Zemmour ?

http://www.marianne.net/edouard-louis-t … 39207.html

15

L'actualité donnera peut-être envie de se plonger dans le roman policier Balivernes pour un massacre, l'un des rares ouvrages qui parlent de la procédure d'asile et notamment de la CNDA (il y a aussi eu Le Chemin des morts récemment, mais qui parle d'une époque révolue).



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