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Un peu triste ? Oh ? Si peu voyons, trois fois rien. Et puis l'art est inutile de toute façon. Sinon, merci, Captain Obvious, pour cette analyse de haut vol qui nous ouvre les yeux.

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Un très bon article sur rue 89 sur la condition des dessinateurs de BD. JE me suis dit que ça figurerauit bien dasn ce thread, à l'occasion du salon d'Angoulême.

Spécial Angoulême : l'insoutenable déliquescence de la bande-dessinée
Par Ga | Dessineux | 24/01/2011 | 19H09
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Dessin de GA

Pendant que Brad Pitt descend les marches de Cannes en costard, avant d'aller rejoindre une escort-girl a moitié nue allongée sur le sofa en cuir de sa suite royale, le dessinateur de BD, lui, après une longue journée de dédicaces sous des tentes mal chauffées, remonte péniblement la rue de la gare d'Angoulême sous la pluie avant d'aller retrouver son hôtesse, une mamie à poil dur, un bol de soupe à l'oignon à la main.

Tel est la destinée du dessinateur de bédé, mais longue et difficile est la route avant d'avoir l'immense privilège de faire partie de la grande famille de la bande dessinée. C'est d'ailleurs très difficile de parler du métier de dessinateur sans faire un état des lieux sévére de ce qui est vendu comme de la culture en France.

Je pourrais effectivement m'étendre un peu plus longuement sur les conditions de travail des auteurs de BD, et tenter de démystifier un peu l'image surannée que s'en font parfois les lecteurs, mais le fait est que l'individualisme forcené inhérent à cette profession place de facto tout contradicteur en porte-à-faux vis à vis de ses collègues et de ses employeurs.

Et puis il serait bien simpliste que de vouloir rendre responsables « les méchants éditeurs » d'une situation qui résulte justement plutôt du « trop plein » d'intermédiaires qu'il y a aujourd'hui entre l'auteur et son éditeur.

Pour bien comprendre comment ça fonctionne, il faudrait que j'explique qu'avant qu'un projet n'aboutisse, l'auteur doit se coltiner un parcours du combattant qui relève plus souvent du merchandising qu'autre chose.

Son travail est -en général- jugé sur des critères commerciaux (qui eux mêmes varient en fonction de ce qui s'est bien vendu ou non l'année précédente), et les dessinateurs (scénaristes, coloristes, etc…) se voient contraints de devoir défendre leurs projets face à une armada de commerciaux qui validera ou invalidera toutes décisions.

Ce qui peut se faire avec ou sans l'accord de l'éditeur ou du directeur de collection, qui sont généralement payés par l'entreprise (au choix, un vendeur d'armes, une télé italienne, un pote de Sarkozy…) à qui appartient la boite d'édition.

Mais même là, avec ce constat, je fais une schématisation un peu simpliste qui risque de dérouter le lecteur lambda, les réseaux de diffusion, et les grandes chaines de distribution avec leurs marges arrières abusives et injustifiées ont eux aussi leurs part de responsabilité dans cette déliquescence de la profession, et par conséquent de la qualité de ce qui est proposé.

Soyons justes et réalistes, il y a encore beaucoup de boites d'éditions qui arrivent à préserver une ligne éditoriale plus ou moins libre et qui parviennent encore à avoir les épaules suffisamment solides pour pouvoir prendre des risques avec des œuvres un peu plus « décalés » ou innovatrices, du moins tant que les rééditions de leurs catalogues se vendent encore.

Les autres survivent. Et enfin, l'auteur à lui aussi sa part de résponsabilité en acceptant de se plier aux exigences du marché.

En même temps, il n'a pas trop le choix, les délais impartis pour livrer un album, ainsi que les grilles de programmes des éditeurs sont devenus si rigides que cela laisse peu de place à la réflexion, l'éditeur étant tenu à un résultat de chiffre immédiat. (Durée de vie d'un album dans les bacs : trois mois, au-delà, si ça ne se vend pas, ça finit chez les soldeurs.)

De son coté, le dessinateur, qui se voit souvent contraint d'enchainer les albums les uns après les autres pour survivre car les tarifs pratiqués aujourd'hui ne lui suffisent plus à vivre et élever une famille, d'autant que les paiements se déroulent en plusieurs phases :

    * l'avance sur droits d'auteur, qui va de 2 000 à 16 000 euros (plus souvent entre 2 000 et 5 000 euros), payé en plusieurs fois sur une période qui peut aller jusqu'à six mois.

      Un tarif qui varie en fonction des éditeurs et du « passif éditorial » de l'auteur, et qui doit -en théorie- vous permettre de vivre le temps de faire un album. Soit, si on veut être raisonnable, pas plus de six mois, sinon c'est plus rentable.

      (Je ne parle pas ici des blockbusters de l'édition qui eux sont payés (un peu) plus, mais il n'y a pas si longtemps que ça, la majorité des auteurs pouvait encore prendre entre un et quatre ans pour faire leur album, et les écarts entre les tarifs n'étaient pas aussi disproportionnés.)

    * les droits d'auteur eux-mêmes, qui sont le pourcentage que vous touchez sur les fruits de la vente de votre album (entre 3 et 10% en général), dont on déduira votre avance, les frais d'impression et de distribution.

      Ce qui veut dire que vous commencerez en gros a toucher de l'argent au bout de 15 000 exemplaires vendus, pour des albums en général tirés entre 2 000 et 5 000 exemplaires, soit à la troisième réimpression… autant dire jamais, quoi.

Donc fort de ce constat, le dessinateur, conscient qu'il ne verra jamais un centime de ses droits à moins de faire un carton, multiplie les petits boulots alimentaires et enchaine les bouquins les uns après les autres, en essayant de vivre de ses avances et espérant qu'il y en ai un qui marche, au détriment d'une liberté de création plus propice à faire un travail plus abouti.

On se doute bien également qu'un dessinateur n'est pas non plus une machine à pondre de la bulle, et que certains projets prennent plus de temps que d'autre, un temps de réflexion qui n'est absolument pas pris en compte par les institutions administratives non plus, contrairement à ce que prévoit le statut d'intermittents du spectacle par exemple.

De quoi décourager le jeune dessinateur en herbe dans la mesure où celui ci n'a droit qu'a trois options de statut :

    * La Maison des artistes, à laquelle on est affilié si l'on a plus de revenus dans l'édition que dans la presse.

    * L'Agessa, lorsque l'on a autant de revenus dans la presse que dans l'édition (en gros quand tu galères de boulots alimentaires en boulots payés au lance-pierres).

    * La carte de presse, lorsque que la majorité de vos revenus proviennent de la presse, mais les journaux ne salarient que très sporadiquement les dessinateurs, pour ne pas dire jamais.

En sachant que ces statuts permettent seulement de bénéficier de la sécurité sociale et de cotiser pour sa retraite. Pas d'aide compensatoire en période de recherches de projets ou d'éditeurs. Pas de droit au chômage non plus, et donc pas de revenus entre deux paiements des éditeurs (dont les délais ne sont pas toujours respectés) ou lors d'une période creuse… pendant laquelle le dessinateur peut au mieux aspirer à obtenir le RSA.

On se doute bien également que dans ces conditions de travail, où la productivité prime sur la qualité, il est non seulement difficile pour un auteur de BD de vivre de son art, mais qu'il devient vite un rouage d'une mécanique qui n'a plus grand-chose à voir avec l'art.

C'est vrai, il y a pleins alternatives, il y a d'autres réseaux, il y a encore des éditeurs indépendants qui survivent et qui luttent contre ce système pourri. Mais là, l'auteur se retrouve contraint de troquer son indépendance financière contre son indépendance artistique, de choisir entre bouffer correctement ou travailler librement.

C'est vrai, dans la musique, le cinéma, la télé ou la littérature, les artistes connaissent cette précarité depuis plus longtemps que le monde de la BD. Au final, le constat peut se résumer à une simple constatation de l'effet dévastateur d'un marché macrophage : celui de la BD n'a pas été épargné.

On pourrait en conclure que c'est comme ça et puis c'est tout, c'est la dure loi du marché. Mais non. Se plier aux règles du marché fait déjà partie du jeu, et c'est déjà un sacerdoce que de devoir y être soumis. La BD a connu un essor bien plus rapide que ses congénéres, à peine a-t-elle eu le temps d'acquérir ses lettres de noblesse (fort tardivement) et la voilà déjà devenue un produit calibré et commercialisable.

Mais le vrai problème est ailleurs. Au delà des dysfonctionnements du monde de l'édition, il faut remettre en cause le fondement même de la distinction entre ce qui est considéré comme culturel ou pas, dans notre société.

Car le vrai cancer des métiers artistiques aujourd'hui, c'est cela, l'appauvrissement de la qualité et le nivellement par le bas des œuvres artistiques qu'imposent les impératifs financiers du marché.

Là, on touche un thème beaucoup plus généraliste -et qui ne concerne pas simplement la bande dessinée- c'est de l'influence du monde de l'entreprise sur le monde de l'art, et donc de ses conséquences sur le public.

C'est là que le sujet devient sensible, car cette réflexion induit que l'on remette en cause l'équation habituelle selon laquelle : « si un produit marche, c'est qu'il a plu, donc c'est que c'est bien », et que donc on considère insidieusement que le consommateur consomme mal, donc on le rend en parti responsable de son propre abrutissement.

C'est pas cool, et ce genre de réflexions ça t'attire des inimités trés vite, tant du coté des lecteurs qui ont l'impression de se faire traiter de crétins, que de celui de la profession qui est choqué rien qu'à l'idée que tu puisses oser remettre en cause leurs « choix artistiques » guidés par on ne sait quel gourou représentant en saucisses.

Le fait est que tant que l'industrie culturelle sera gérée par des entreprises et des commerciaux qui n'ont peu ou prou de rapport avec le monde de l'art, que la qualité sera sacrifié sur l'autel de la rentabilité qu'on continuera de nous vendre comme des paquets de couches, on continuera tous à bouffer de la merde et personne n'en sortira plus propre, ni plus intelligent …

Tout ceci va dans le sens d'une tendance nette ces dernières années, à la précarisation des professions artistiques et intellectuelles d'une part, et à la standardisation du contenu des productions culturelles. Cela concerne autant la profession de journaliste ou d'écrivain, de peintre ou de musicien, même si le statut d'intermittent du spectacle est particulier et ne touche pas aux dessinateurs de BD, mais on observe le même phénomène dans les diverses professions.

Là encore, quand le pur système marchand s'applique dans des domaines où les particularités des œuvres de qualité font qu'elle sont justement uniques et incompatible avec le système commercial, on observe une baisse du niveau de qualité. Le fait que les donneurs d'ordre ne sont quasiment jamais les producteurs des oeuvres amplifie ce phénomène. Et c'est un peu triste.

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un grand merci à tous les deux !

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Il y a aussi la solution d'Amazon, haha. Merci Sabaidee.

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Il est en vente exclusivement à la Fondation Cartier mais je pense qu'il est possible de se le procurer par correspondance. J'ai jeté un coup d'œil sur leur site (assez mal fait, d'ailleurs) et j'ai trouvé cette adresse : vania.merhar@fondation.cartier.com
Normalement, c'est pour l'édition à tirage limité du catalogue mais tu peux toujours la contacter, je suppose, pour l'édition simple, qui est de 49€ (l'édition limitée étant de 350...)

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RPC a écrit:
FDL a écrit:

Tu peux toujours essayer de te procurer le catalogue de l'expo qui est vraiment très beau. On en a pour son argent.

Comment faire ? Je peux le faire acheter par mon père, grand amateur comme moi de bds, mais on peut se le faire envoyer en France ?


http://www.amazon.fr/s/ref=nb_sb_noss? … &ajr=3

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FDL a écrit:

Tu peux toujours essayer de te procurer le catalogue de l'expo qui est vraiment très beau. On en a pour son argent.

Comment faire ? Je peux le faire acheter par mon père, grand amateur comme moi de bds, mais on peut se le faire envoyer en France ?

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Tu peux toujours essayer de te procurer le catalogue de l'expo qui est vraiment très beau. On en a pour son argent.

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FDL a écrit:

Petit aparté, désolé Broz : en parlant de BD, je vous recommande l'expo Moebius, à la Fondation Cartier (Moebius que j'ai vu hier). Assez réussie et intéressante.
Mais y aller plutôt en janvier, vu qu'ils y exposeront de nouvelles planches.

C'est un auteur fabuleux. Je regrette de ne pouvoir me rendre à l'expo. Allez-y !

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Petit aparté, désolé Broz : en parlant de BD, je vous recommande l'expo Moebius, à la Fondation Cartier (Moebius que j'ai vu hier). Assez réussie et intéressante.
Mais y aller plutôt en janvier, vu qu'ils y exposeront de nouvelles planches.

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Lu le dernier Blake & Mortimer. Question ci-dessous pour ceux qui l'auraient déjà lu :

c'est moi où ils ont recyclé un épisode d'Indiana Jones ?

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Demian a écrit:
6pi a écrit:

Bon allez, quelques trucs qui valent la peine d'être lus selon moi :

- Blacksad : la meilleure BD de tous les temps, si si. Les scénarios, juste noirs comme il le faut, sont bien ficelés et retranscrivent fidèlement une certaine ambiance des fifties aux US. Le dessin est quant à lui parfait : des plans très travaillés, inspirés du cinéma, avec un très beau trait et des couleurs somptueuses. Et le rendu des animaux est vraiment sublime....

Heu oui enfin Blacksad c'est bien (surtout le premier d'ailleurs je trouve) mais "meilleur journaliste du monde" et scénario béton n'exagérons rien, justement j'ai l'impression que le niveau du volet scénar est un peu just par rapport à celui des dessins. Ca reste très koouul mais comme tu dis justement ça "retranscrit" peut-être un peu trop une "certaine ambiance des fifties" noire pluvieuse virile franc-tireur solitaire clope café froid feutre imper, entre Burma, Max Payne et James Ellroy - pour le dire vite. Sur le côté plans inspirés du cinéma, pas étonnant du tout comme tu le sais sans doute : http://fr.wikipedia.org/wiki/Juanjo_Guarnido

Je t'accorde que les scénarions sont sans doute moins exceptionnels que les dessins. Pour autant, même si c'est classique, ça reste du classique bien fait.

Après tout dépend de ce qu'on le recherche dans une BD. Evidemment, pour les amateurs d'inédit et d'univers très personnels, faut aller voir ailleurs.

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Comme Sobchak j'avais peur des personnages de Partie de Chasse et de tous les Bilal en fait, en partie parce que je les lisais dans une énorme maison corse, dans une salle à manger froide, carrelée, grise où ils étaient rangés près d'uniformes militaires et le papier sentait le moisi. Il y avait même des vieux Alix qui devenaient flippant aussi (Les Légions Perdues, Le Spectre de Carthage...) car sous couvert de pédérastie en jupettes romaines, ça finissait toujours dans la folie, le poison et le suicide. Sinon Rascar Capac faisait peur, la BD Silence, de Comès (oubliée par mes parents dans la chambre de moi bambin), et les bêtes bizarres de Claude Ponti dont les livres jeunesse psychologisants transpiraient un peu la perversité.

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Hé oui... Comme beaucoup ici je crois, j'apprécie assez Trondheim.

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à en juger par ta signature tu as lu le tome 1 de Donjon toi



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