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1

A partir de maintenant, la Turquie est officiellement une dictature.

2

Il y a des bombes sur la tronche qui se perdent.

L'Orient le jour a écrit:

Erdogan met en garde : "Demain, aucun Européen ne pourra faire un pas dans la rue en sécurité..."

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré mercredi qu'aucun Européen ne pourrait plus "faire un pas dans la rue en sécurité" si l'Union européenne (UE) maintenait envers la Turquie une attitude qu'il a jugée hostile. Murat Cetinmuhurdar/Presidential Palace/Handout via REUTERS
crise diplomatique

La Turquie n'est pas un pays qu'on peut bousculer, dont on peut jouer avec l'honneur, dont on peut expulser les ministres", a grondé le président turc lors d'un discours à Ankara.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré mercredi qu'aucun Européen ne pourrait plus "faire un pas dans la rue en sécurité" si l'Union européenne (UE) maintenait envers la Turquie une attitude qu'il a jugée hostile.

"Je m'adresse une nouvelle fois aux Européens (...) La Turquie n'est pas un pays qu'on peut bousculer, dont on peut jouer avec l'honneur, dont on peut expulser les ministres", a grondé M. Erdogan lors d'un discours à Ankara. "Le monde entier suit ce qu'il se passe de très près. Si vous continuez de vous comporter de cette manière, demain, aucun Européen, aucun Occidental ne pourra plus faire un pas en sécurité, avec sérénité dans la rue, nulle part dans le monde", a-t-il ajouté.

Ces déclarations surviennent alors que les relations entre la Turquie et l'UE se sont fortement tendues ces dernières semaines après l'interdiction de plusieurs meetings pro-Erdogan auxquels devaient participer des ministres turcs en Allemagne et aux Pays-Bas.

En réaction, les dirigeants turcs ont multiplié les invectives envers les capitales européennes. M. Erdogan a ainsi accusé la chancelière allemande Angela Merkel d'avoir recours à des "pratiques nazies", suscitant l'indignation de Berlin. "En tant que Turquie, nous appelons l'Europe à respecter les droits de l'homme et la démocratie", a lancé le chef de l'Etat turc mercredi.

(Pour mémoire : Voile dans l'UE : Erdogan dénonce "une croisade" anti-islam)

Le regain de tension avec l'Europe survient à moins d'un mois d'un référendum, le 16 avril, sur une révision constitutionnelle visant à renforcer les pouvoirs présidentiels en Turquie, qui pourrait permettre à M. Erdogan de rester au pouvoir jusqu'en 2029.

Le président turc est accusé par ses détracteurs de dérive autoritaire, en particulier depuis la tentative de putsch du 15 juillet dernier, suivie de vastes purges qui ont notamment frappé les médias.
Rejetant les critiques européennes au sujet des journalistes emprisonnés en Turquie, M. Erdogan a déclaré: "quand on regarde la liste des noms (de journalistes emprisonnés), il y a des assassins, des cambrioleurs, des pédophiles, des escrocs: de tout, sauf des journalistes!".

Au même moment à Berlin, le nouveau président allemand Frank-Walter Steinmeier a condamné l'attitude des autorités turques à l'égard des médias et demandé la remise en liberté du correspondant germano-turc du quotidien Die Welt dans le pays, Deniz Yücel, incarcéré pour propagande "terroriste".
"Respectez l'Etat de droit ainsi que la liberté des médias et des journalistes! et remettez en liberté Deniz Yücel!", a lancé M. Steinmeier dans un discours le jour de sa prestation de serment au Parlement allemand.

L'ancien chef de la diplomatie allemande s'est dit "préoccupé" par l'évolution de la situation en Turquie après des années de rapprochement avec l'Union européenne.
"Président Erdogan, ne mettez pas en danger ce que vous avez construit avec d'autres!", a-t-il dit, et "arrêtez avec ces comparaisons effroyables avec le nazisme, ne coupez pas le lien avec ceux qui veulent un partenariat avec la Turquie".

https://www.lorientlejour.com/article/1 … urite.html

3

Il ouvre ses frontières ? Ben fermons les nôtres et qu'il garde ses migrants. Et qu'il reprenne tous ses ressortissants. Ah et puis l'UE est son premier client au niveau des exportations (près de 50%) ; on pourrait peut-être réduire la voilure, aussi.

Le Figaro - AFP a écrit:

UE/Turquie: Erdogan menace l'Europe

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a menacé aujourd'hui d'ouvrir les frontières pour laisser passer les migrants voulant se rendre en Europe, au lendemain d'un vote du Parlement européen demandant le gel des négociations d'adhésion de la Turquie à l'UE.

"Ecoutez-moi bien. Si vous allez plus loin, ces frontières s'ouvriront, mettez-vous ça dans la tête", a déclaré M. Erdogan lors d'un discours à Istanbul. Ankara et Bruxelles ont conclu en mars dernier un pacte qui a permis d'endiguer le flux de réfugiés vers les îles grecques. Dans une résolution non contraignante adoptée à une très large majorité à Strasbourg, les eurodéputés ont appelé hier à "un gel temporaire" du processus d'adhésion entamé en 2005 en raison de la répression "disproportionnée" en cours depuis le coup d'Etat avorté de juillet.

Le vote de ce texte survient dans un contexte de fortes tensions entre la Turquie et l'UE, dont les relations, déjà difficiles, se sont dégradées après la tentative de putsch, qui a été suivie de purges d'une ampleur inédite qui ont notamment visé des opposants politiques kurdes et des médias critiques. Les déclarations de M. Erdogan font écho aux craintes européennes que le régime turc ne renonce à appliquer l'accord sur les migrants signé en mars avec l'UE et cesse de bloquer les flux de réfugiés qui tentent d'atteindre l'Europe. La Turquie compte sur son sol 2,7 millions de réfugiés syriens.

En contrepartie du pacte migratoire, Ankara réclame que ses ressortissants soient exemptés de visas pour l'espace Schengen, et a menacé à plusieurs reprises de rompre l'accord avec l'UE si ce dossier n'avance pas. Signe des tensions entre Ankara et l'UE, M. Erdogan a récemment évoqué l'option d'un référendum de poursuivre ou non le processus d'adhésion à l'UE, et un possible rapprochement avec l'Organisation de coopération de Shanghaï (OCS) coparrainé par la Chine et la Russie.

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/ … europe.php

4

Intéressant pour comprendre les motivations du sultan ottoman.

Le Figaro a écrit:

Syrie : l'intervention turque contre Daech est un prétexte pour lutter contre les Kurdes

FIGAROVOX/ENTRETIEN - L'armée turque est intervenue en Syrie à Jarablos, ville tenue par Daech. Pour Gérard Chaliand, il s'agit d'abord pour Erdogan d'empêcher la création d'un Kurdistan syrien sur fond de rapprochement tactique entre Moscou, Ankara et Damas.

Gérard Chaliand est un universitaire et écrivain, spécialiste des conflits armés et des relations internationales et stratégiques. Il a enseigné à l'ENA, à l'École de Guerre ainsi qu'à Harvard, à Berkeley et à Singapour. Auteur de nombreux ouvrages, traduits dans un douzaine de langues, dont l'anglais pour une vingtaine d'entre eux, il a publié dernièrement Pourquoi perd-on la guerre? Un nouvel art occidental (éd. Odile Jacob, mars 2016).

FIGAROVOX. - L'Armée turque est intervenue au Nord de la Syrie pour reprendre à Daech la ville de Jarablos, l'un des derniers points de passage de l'Etat islamique entre la Syrie et la Turquie. Pourquoi la Turquie intervient-elle aujourd'hui?

Gérard CHALIAND. - A Jarablos en Syrie, Erdogan intervient moins pour détruire l'Etat islamique que pour contrer l'avancée des Kurdes. En effet, Jarablos se trouve dans cette zone de Daech prise en tenaille entre les deux régions kurdes d'Afrin et de Kobané. Les Kurdes continuent d'avancer face à Daech et souhaitent faire se rejoindre ces deux régions. Cette jonction était en train de se faire depuis que les Kurdes de Syrie avaient pu se rendre maître de la ville de Manbij il y a quelques semaines. Pour Erdogan, un territoire d'un seul tenant entre les mains des Kurdes de Syrie est une chose absolument non négociable, car ceci signifierait qu'il n'y aurait plus la possibilité d'un passage directe entre la Turquie et la Syrie. C'est donc un prétexte si Erdogan attaque aujourd'hui le Daech, alors qu'en réalité c'est un mouvement qu'il a aidé pendant très longtemps. Depuis, il a envoyé dans cette région d'autres troupes islamistes, formées directement en Turquie, notamment des Turkmènes. Le président turc veut empêcher à tout prix cette jonction kurde et, à cette fin, envoie son armée et d'autres troupes syriennes islamistes contre Daech.

    Le président turc veut empêcher à tout prix la jonction kurde et, à cette fin, envoie son armée et d'autres troupes syriennes islamistes contre Daech.

Dans quelle mesure cette intervention est-elle liée au récent rapprochement entre Recep Erdogan et Vladimir Poutine?

Jusqu'à présent, l'Armée turque n'était pas intervenue au sol et s'était contentée de tirer au mortier parce qu'elle craignait que la Russie ne la bombarde. L'Etat-major à Ankara avait parfaitement conscience que les troupes turques ne pouvaient pas franchir la frontière au risque de se retrouver en position de faiblesse. Recep Erdogan a rendu visite au président Poutine et a obtenu que la Russie ne procède pas à un tel bombardement. En échange, Recep Erdogan reconnaît finalement que le régime de Damas ne tombera pas et que Bachar el-Assad demeurera en fonction, au moins provisoirement. C'est un prêté pour un rendu, un accord tactique, qui arrange Moscou, Ankara et Damas.

Comment le régime de Damas observe-t-il cette intervention de la Turquie contre Daech et, en réalité, contre les Kurdes?

    C'est un prêté pour un rendu, un accord tactique, qui arrange Moscou, Ankara et Damas.

Jusqu'à présent, le régime de Damas était relativement neutre à l'égard des Kurdes de Syrie dans la mesure où ceux-ci ne l'attaquaient pas. Entre Bachar el-Assad et les Kurdes, il y avait une sorte d'accord tacite: «tu ne m'attaques pas, je ne t'attaque pas». Ceci pouvait s'entendre dans la mesure où les islamistes (membres ou non de Daech) sont l'ennemi principal du gouvernement de Damas.

Maintenant que le régime s'est renforcé, surtout depuis l'accord russo-turc, Bachar el-Assad ne veut pas non plus que les Kurdes de Syrie deviennent trop importants. Il partage cette position avec Recep Erdogan. C'est la raison pour laquelle le régime de Damas a attaqué Hassaké au Nord-Est de la Syrie. Cette ville était en partie contrôlée par les troupes de Bachar el-Assad mais se trouve en plein dans la région de Syrie contrôlée par les Kurdes. Sur la question du bombardement d'Hassaké, n'oublions pas ce sont les troupes américaines qui ont aussi directement attaqué les troupes de Bachar. Ils l'ont fait pour permettre aux Kurdes de Syrie de ne pas être bousculés dans cette ville. On est donc dans un imbroglio extrêmement complexe!

    Sur le point précis des Kurdes en revanche, Recep Erdogan et Bachar el-Assad ont bien des intérêts en partie convergents.

Sur le point précis des Kurdes en revanche, Recep Erdogan et Bachar el-Assad ont bien des intérêts en partie convergents. La politique d'Erdogan est une politique extrêmement rapide et vive qui passe d'une alliance circonstancielle à une autre de façon à conserver la main quelles que soient les difficultés. Pour lui, la seule chose non négociable, ce sont les Kurdes de Syrie qui ont partie lié avec les Kurdes turcs du PKK et, de ce côté-là, il a raison.

Avec l'intervention turque, les Kurdes ont-ils militairement la possibilité, après la reprise de Manbij, de continuer d'avancer contre Daech pour unifier entièrement leur territoire tout le long de la frontière Nord de la Syrie?

    Le but des Kurdes n'est plus tellement de prendre Jarablos parce que se heurter aux troupes turques serait une erreur énorme.

Ils ont très peu de temps! Il va falloir qu'ils aillent vite. Leur but n'est plus tellement de prendre Jarablos parce que se heurter aux troupes turques serait une erreur énorme. En passant plus au Sud de Jarablos, ils vont chercher à interdire le passage entre la Turquie et la Syrie et à unifier entièrement les différents territoires kurdes, notamment entre les cantons d'Afrin et de Kobané. S'ils y arrivent, on ne pourra plus passer impunément de Syrie en Turquie. Est-ce que les troupes turques vont avoir l'ordre d'aller plus au Sud pour empêcher ce projet kurde d'un «Rojava» (nom du Kurdistan syrien, ndlr.) unifié? Je n'en sais rien, mais, pour les Kurdes de Syrie, il y a encore une foule de difficultés. Tout le territoire dont il est question - comme la Djézireh, j'y étais l'année dernière - est un terrain absolument plat comme la main. C'est absolument indéfendable! On n'est pas du tout dans la configuration montagnarde qui est celle des Kurdes en Irak ou des kurdes de la région de Hakkari en Turquie.

Cet étonnant rapprochement entre Damas et Ankara sur la question kurde peut-il changer la donne à Alep, capitale économique de la Syrie qui est coupée en deux entre d'un côté le régime, soutenu par la Russie et l'Iran, et de l'autre les rebelles islamistes, soutenus par la Turquie?

    Les troupes que les Américains appellent les rebelles « modérés » peuvent remplir trois hôtels ! Il n'y a pas de mouvement démocratique.

Non, on reste dans le cas de la bataille d'Alep dans une configuration complétement différente. Le régime de Damas qui est appuyé par l'Iran depuis le tout début du conflit n'a absolument pas les mêmes intérêts que la Turquie qui n'a jamais cessé d'appuyer les islamistes. A terme, l'intérêt de la Turquie demeure la chute du régime de Bachar el-Assad et la victoire des islamistes. Car qui sont les «rebelles» soutenus par la Turquie? C'est l'ex Front al-Nosra qui s'est rebaptisé Front Fath al-Sham, c'est le Jaysh al-Islam (Armée de l'islam), c'est Ahrar al-Sham, autrement dit tous les mouvements islamistes qui composent la constellation des islamistes de Syrie. En réalité, les troupes que les Américains appellent les rebelles «modérés» peuvent remplir trois hôtels! Il n'y a pas de mouvement démocratique proprement dit dans ce pays.

Après cinq ans de guerre en Syrie, assiste-on à un début de compromis entre les grandes puissances régionales? Comment se positionnent les Etats-Unis qui soutiennent les Kurdes au sein du Front démocratique syrien tout en se rapprochant des Russes et en se déliant des islamistes?

Il n'y a aucun compromis régional car il n'y a aucune solution en vue pour la Syrie! Il y a certes quelques avancées. Aujourd'hui, les Russes et les Américains sont d'accord pour être opposés aux islamistes. Ils sont aussi globalement d'accord pour être les soutiens des Kurdes de Syrie, à l'exception de l'accord par lequel Moscou reconnaît que les troupes turques peuvent pénétrer à Jarablos sans être bombardées.

    Il n'y a aucun compromis régional car il n'y a aucune solution en vue pour la Syrie !

Pour le reste, les Etats-Unis vont continuer à avoir la même politique, c'est-à-dire ne pas rompre avec la Turquie, qui reste un allié important à terme. La situation est certes tendue aujourd'hui, mais ceci ne devrait pas remettre en cause l'équilibre général. Un exemple de ces tensions: les Américains pourraient avoir retiré leurs armes nucléaires de la base turque d'Incirlik qu'ils utilisent depuis la Guerre froide et qui est un lieu extrêmement stratégique. Du côté turc, il y a une véritable campagne qui vise à désigner les Américains comme étant derrière le coup d'Etat manqué de juillet. D'une façon générale, les théories du complot plaisent beaucoup au Moyen-Orient! A mon avis, dans le cas précis de la tentative de coup d'Etat, les Etats-Unis n'ont pas été mêlés à cette affaire. Ceci dit, il est vrai que les Etats-Unis ont manifesté de l'hostilité à l'égard de la politique d'Erdogan. Ainsi, quand ce dernier s'est rendu aux Etats-Unis pour rendre hommage à Mohamed Ali, lors de ses funérailles, la famille du boxeur a «interdit» au président turc de prendre la parole. Personne ne va nous faire croire que la famille a pu prendre, sans l'accord de Washington, la décision d'interdire à un chef d'Etat de prononcer quelques mots. Un message a été clairement adressé par les Etats-Unis à Recep Erdogan: Washington n'apprécie pas du tout la politique qu'il pratique!

    Les Turcs sont très forts ! Il faut reconnaître que M. Erdogan quoi qu'on puisse en penser par ailleurs est un chef d'Etat qui a beaucoup de talent.

Depuis deux ou trois ans, les agendas de l'Arabie Saoudite et de la Turquie ne suivent plus du tout celui de Washington. Il y a des alliances dont on peut dire - pour rester mesuré - qu'elles sont très ambiguës. En Syrie, on est dans un imbroglio complet où vos soi-disant alliés sont aussi vos adversaires. La Turquie virevolte d'un acteur à l'autre. En quelques années, les Turcs sont passés d'un antisionisme prononcé à des rapports cordiaux avec l'Etat hébreu, d'antagonismes virulents avec la Russie à des excuses officielles pour l'avion qu'ils ont abattu et à un rapprochement avec Moscou, d'une condamnation totale du régime de Damas - après l'avoir soutenu pendant de longues années - à un abandon du départ de Bachar el-Assad comme préalable à toute négoociation. Tout ça, c'est de la tactique diplomatique. Les Turcs sont très forts! Il faut reconnaître que M. Erdogan - quoi qu'on puisse en penser par ailleurs - est un chef d'Etat qui a beaucoup de talent.

http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2016/0 … kurdes.php

5

Barney a écrit:

peut-être, en attendant l'évolution actuelle de la Turquie n'est pas déconnectée de son détachement à ses voisins occidentaux, qui n'est pas non plus déconnecté du processus foireux et humiliant d'adhésion à l'UE. Il ne s'agit pas de pointer des responsables, mais du point de vue des classes aisées laiques en Turquie, il y a un sentiment très fort de rejet de l'Europe qu'on aurait pu éviter. Aujourd'hui Erdogan fait à peu près ce qu'il veut parce que tout le monde le soutient, hormis les kurdes.

Bof, les classes aisées se sont parfaitement accommodées du frèrisme libéral de l'AKP, elles ont en même été les principaux bénéficiaires.

Elles n'ont pas moufté (l'Europe non plus) quant à la répression des laïcs d'extrême-gauche de la place Taksim et n'ont pas été particulièrement remontées du mouvement de remise en cause lent du kémalisme (voile à l'université, fermeture des dortoirs mixtes, reconfessionnalisation des cathédrales-musées et revendication similaire pour Sainte Sophie, purges régulière du haut commandement dans l'armée en s'appuyant sur les Gulënistes, double voire triple jeu en Syrie, Ostpolitik vers le Golfe et l'Asie centrale, ottomanisation de tous les secteurs de la société, etc.).

Pour ce qui est du sentiment de rejet des Turcs, il n'est pas nouveau et il n'est d'ailleurs pas exclusif aux islamistes. Chez les kémalistes, c'est le serment des écoliers tous les matins dans les écoles "Je suis turc, honnête et travailleur. Je suis turc, je suis juste, je suis dur au travail (...) Mon existence est un cadeau à la vie turque. Heureux celui qui se dit turc" et pour les islamistes, c'est l'Oumma et la nostalgie du califat.

Au final, je me demande surtout si l'argument du "il faut intégrer les Turcs à l'UE parce que sinon ils se sentiront rejetés" est recevable par une opinion publique européenne qui y est majoritairement hostile. Cela revient à se mettre à dos les populations des Etats-membres pour ne pas se mettre celles de Turquie à dos.

L'instrumentalisation des réfugiés par la Turquie montre bien qu'elle n'aurait pu intégrer un espace à vocation politique...

6

Greg a écrit:

Broz, je ne crois pas avoir jamais prôné le recul de l'Etat de droit, ni les atteintes à la liberté de la presse.
Tu cautionnes les dizaines de milliers d'arrestations, la volonté de réinstaurer la peine de mort, les fermetures de journaux ?
Mais évidemment, pour les gauchistes comme toi, en France, rien n'est pire qu'un socialiste modéré voire (Ô quel gros mot !) li-bé-ral, hein ?

Moi, non, je ne cautionne rien de tel. Toi, je sais pas, on t'a pas senti particulièrement outré des assignations à résidence de militants écolos pendant l'état d'urgence. J'ai p'têt même le sentiment que tu n'en as rien à carrer.
(Tu n'as plus rien d'un socialiste)

7

sabaidee a écrit:
Barney a écrit:

Du reste, la question de l'appartenance de la Turquie à l'UE se posait il y a des années, aujourd'hui beaucoup moins. Et on a pas à être fiers de la situation à laquelle on a abouti.

Paradoxalement, c'est les différentes réformes imposées à la candidature à l'UE notamment en termes de démocratisation et de place de l'armée dans le gouvernement du pays qui ont permis l'essor des islamistes et de tenir les militaires dans les casernes.

La responsabilité de l'Europe que tu pointes est discutable. Justement, compte tenu de la prégnance du religieux mais aussi de la nostalgie ottomane, l'évolution actuelle de la Turquie démontre bien que son intégration aurait été un échec.

peut-être, en attendant l'évolution actuelle de la Turquie n'est pas déconnectée de son détachement à ses voisins occidentaux, qui n'est pas non plus déconnecté du processus foireux et humiliant d'adhésion à l'UE. Il ne s'agit pas de pointer des responsables, mais du point de vue des classes aisées laiques en Turquie, il y a un sentiment très fort de rejet de l'Europe qu'on aurait pu éviter. Aujourd'hui Erdogan fait à peu près ce qu'il veut parce que tout le monde le soutient, hormis les kurdes.

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Broz, je ne crois pas avoir jamais prôné le recul de l'Etat de droit, ni les atteintes à la liberté de la presse.
Tu cautionnes les dizaines de milliers d'arrestations, la volonté de réinstaurer la peine de mort, les fermetures de journaux ?
Mais évidemment, pour les gauchistes comme toi, en France, rien n'est pire qu'un socialiste modéré voire (Ô quel gros mot !) li-bé-ral, hein ?


FDL, je retourne ma veste, si tu veux, mais je ne trouve pas qu'Erdogan laissait imaginer une telle dérive il y a encore quelques années. L'évolution a été nette, claire et sans bavure. En outre, on était encore dans un régime formellement démocratique, donc les possibilités d'alternance laissaient penser que si dérive il pouvait y avoir, elle serait tempérée. Aujourd'hui, la situation est toute autre.

9

Greg a écrit:

Concernant les Turcs, je les crois victimes, comme en Russie, de ces fièvres collectives, largement provoquées et alimentées par des gouvernants sans respect pour l'Etat de droit et la liberté de la presse, qui ouvrent la voie ensuite à des régimes autoritaires.

Physician, heal thyself.

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Tu es décidément un professionnel du retournement de veste. Erdogan est au pouvoir, d'abord en tant que Premier ministre, depuis 2003. La dérive du régime était largement prévisible et ce, depuis longtemps.

11

Assez d'accord avec Sabaidee sur ce point. J'étais un partisan de l'entrée de la Turquie il y a 10 ans, mais les choses se sont progressivement dégradées et sont devenues aujour'hui impossibles.

L'islamisme (radical, mais également "modéré") ravage tout, les coeurs, les esprits, la démocratie, la raison. Il brasse avec lui l'autoritarisme et forcément l'esprit guerrier ou l'esprit d'assiégement (évidemment puisqu'il s'agit d'une légitimation religieuse de pratiques barbares réprouvées depuis des décennies dans l'espace démocratique, et plus généralement dans la société internationale).

Il nous faut désormais vivre avec cette maladie morale, et s'en prémunir, à l'intérieur, comme à l'extérieur.

Concernant les Turcs, je les crois victimes, comme en Russie, de ces fièvres collectives, largement provoquées et alimentées par des gouvernants sans respect pour l'Etat de droit et la liberté de la presse, qui ouvrent la voie ensuite à des régimes autoritaires.

Triste époque.

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Barney a écrit:

Du reste, la question de l'appartenance de la Turquie à l'UE se posait il y a des années, aujourd'hui beaucoup moins. Et on a pas à être fiers de la situation à laquelle on a abouti.

Paradoxalement, c'est les différentes réformes imposées à la candidature à l'UE notamment en termes de démocratisation et de place de l'armée dans le gouvernement du pays qui ont permis l'essor des islamistes et de tenir les militaires dans les casernes.

La responsabilité de l'Europe que tu pointes est discutable. Justement, compte tenu de la prégnance du religieux mais aussi de la nostalgie ottomane, l'évolution actuelle de la Turquie démontre bien que son intégration aurait été un échec.

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Non mais Juncker est bien président de la Commission, non ?

14

Le Conseil de l'Europe ne dépend pas ni ne fait partie de l'UE.

Du reste, la question de l'appartenance de la Turquie à l'UE se posait il y a des années, aujourd'hui beaucoup moins. Et on a pas à être fiers de la situation à laquelle on a abouti.

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Il me tarde que cette créature monstrueusement bouffie qu'est l'Union européenne implose enfin.

Juncker estime que fermer la porte de l’UE à la Turquie serait une « grave erreur »

http://www.lemonde.fr/europe/article/20 … _3214.html

Un responsable du Conseil de l'Europe soutient les purges en Turquie

https://www.franceinter.fr/monde/un-res … en-turquie



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